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Citations sur le désir mimétique dans Géométries du désir de René Girard

Le désir mimétique

Le désir mimétique est un concept philosophique et psychologique établit par René Girard, qui place le mimétisme et l’imitation au centre de tout désir. Ce concept est développé dans plusieurs livres de René Girard : Géométries du désir mais également Mensonge romantique et vérité romanesque.

Le désir Girardien, aussi appelé “désir métaphysique” est triangulaire de telle sorte que l’on ne désir pas une personne ou un object directement. Notre désir porte sur ce que désire l’autre, c’est un désir dé gloire. La gloire, c’est l’objet du désir des autres. Cette théorie prend le contre-pied des théories romantiques qui considèrent le désir comme degré suprême du singulier et de l’inimitable et de la théorie de Sigmund Freud qui considère que tous nos désirs sont des désirs refoulés.

La théorie du désir mimétique bouscule les idées reçues dans le sens où nous pensons souvent que nous sommes maîtres de nos désirs. Or, avec le désir mimétique, nous donnons des raisons à une notre désir une fois le choix établi.

Ce concept est déjà fortement exploité par la publicité et le marketing. Montrer un joueur de football porter les vêtements d’une marque, c’est laisser penser que le joueur désir la marque, ce que le consommateur voudra imiter.

Géométries du désir

Géométries du désir est un recueil de sept textes qui reprend et illustre à travers différents exemples la théorie de Girard sur le désir mimétique.

René Girard illustre à quel point le désir mimétique est intemporel et était déjà présent dès le Moyen-Âge. Dans le Chrétien de Troyes, Laudine tombe amoureuse de Yvain sans même ne l’avoir jamais vu. c’est uniquement la gloire et la renommée de Yvain qui l’a attirée.

Girard illustre le rôle de la gloire dans le désir mimétique à travers d’autres exemples comme Roméo et Juliette de Skakespeare, Paolo et Francesca les amants adultère de la Divine comédie de Dante mais aussi à travers les oeuvres de Racine, Marivaux ou Malraux.

Les meilleures citations de René Girard dans Géométries du désir

Chez Chrétien, l’amour courtois n’a rien de spontané ; il est subordonné, de manière volontairement caricaturale, à la compétition pour la renommée. Les femmes tombent amoureuses du chevalier le plus fameux, celui qui jouit du même prestige que celui qu’aurait de nos jours un chanteur célèbre ou un champion de foot.

Quand tout le monde est spectateur au même tournoi, tous les désirs convergent vers le même point. La femme qui épouse le vainqueur se sentira en harmonie avec la foule.

Plus encore peut-être que sur le masochisme, le cercle vicieux mimétique tend à déboucher  sur l’impuissance du voyeur réduit à épier les passions factices des autres. Le “déluge de violence et de pornographie qui s’abat aujourd’hui sur les restes de notre culture” ne signifie pas le triomphe du désir mais son agonie fiévreuse.

L’individualisme n’ignore pas qu’il existe une passions seconde et dérivée mais ce n’est jamais, à ses yeux, la vraie passion, c’est à dire la sienne ou celle de ses modèles. Le génie de Dante, comme celui de Cerventès est lié à l’abandon du préjugé individualiste.

La loi du désir mimétique est la frustration universelle.

Les seuls objets qui restent désirables en permanence sont les objets inaccessibles, ceux qui sont désignés par des modèles trop puissants pour être vaincus.

Les amoureux mimétiques ne peuvent désirer avec constance celle qui répond à leurs avances, de même qu’ils ne peuvent rester insensibles à celle qui affiche son indifférence.

Quelles que soient ses combinaisons, le désir mimétique obéit toujours à cette loi imparable : son intensité est inversement proportionnelle à ses perspectives de satisfaction.

La gloire racinienne est éclat, lumière éblouissante que reflètent les visages tournées vers l’être glorieux… Le désir se définit comme manque de gloire.

Désirer un être c’est lui reconnaître une gloire supérieure, c’est lui donner, en d’autres termes, une excellente raison de ne pas désirer lui-même.

Tout désir est faiblesse ; c’est pourquoi seul le désir qu’on inspire peut racheter la honte de celui qu’on ressent. Les relations réciproques sont un échange de gloires.

A la moindre rupture d’équilibre, les deux partenaires s’engagent dans une dialectique sans issue. Ils ne trouveront plus la stabilité que dans le malheur d’un rapport toujours a-symétrique, non réciproque. L’un d’entre eux est voué à l’humiliation, c’est à dire au désir perpétuellement insatisfait, l’autre, constant objet d’attentions qui l’accablent d’un ennui démesuré, ne trouve même pas de quoi entretenir sa gloire dans le désir déprécié de son amant. Il y a là deux rôles qu’on peut jouer l’un après l’autre ou simultanément car on peut toujours figurer dans deux ou plusieurs systèmes d’opposition.