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Citations de Pierre Rabhi extraites de ses ouvrages

Biographie de Pierre Rabhi

Pierre Rabhi est un agriculteur, penseur et écrivain français né en 1938 en Algérie. Il est l’un des pionniers de l’agriculture écologique en France.

Âgé de 4 ans, il perd prématurément sa mère. Son père, forgeron et poète, le confie alors à un couple de français travaillant dans leur village natal. Agé de 16 ans Rabhi se convertit au christianisme et prend le prénom de « Pierre ». Lorsque la guerre d’Algérie éclate en 1954, ce dernier est fâché avec son père d’adoption, mais également avec son père biologique qui lui reproche de s’être converti. Pierre décide alors de partir s’installer à Paris.

Il y trouve un emploi d’ouvrier et rencontre sa future épouse Michelle, avec qui il mûrit le projet de quitter la capitale et sa vie urbaine. En 1960 ils s’installent en Ardèche. Il travaille alors comme ouvrier agricole et découvre les principes de l’agriculture biologique et écologique. Dès 1972, fort de ses nouvelles connaissances et aspirations en rupture avec l’agriculture intensive, il applique avec succès ces nouveaux fondements au sein de sa propre ferme.

A partir de 1978, une certaine reconnaissance lui est témoignée au travers de son savoir-faire. Pierre Rabhi peut alors faire partager son expérience. En 1978 il est chargé de formation au sein du CEFRA et œuvre à transmettre ses connaissances en France, en Europe, et en Afrique.

A partir de 1988, il ne cessera d’être l’instigateur d’une multitude de mouvements destinés à tenter de redonner une autonomie alimentaire aux pays en difficulté. Il sera à l’origine de programmes visant à éduquer les populations pour une meilleure gestion de leur terre nourricière et rédigera des ouvrages visant à réveiller les consciences sur l’importance de modifier nos comportements en adoptant un comportement plus respectueux de la nature.

Les citations ci-dessous sont tirées de ses différents ouvrages.

La part du colibri : l’espèce humaine face à son devenir. Editions de l’aube- 2006

Comment se fait -il que l’humanité, en dépit de ressources planétaires suffisantes et de prouesses technologiques sans précédent, ne parvienne à faire en sorte que chaque être humain puisse se nourrir, se vêtir, s’abriter (…) ?

On peut manger bio, recycler ses déchets et ses eaux usées, se chauffer à l’énergie solaire et exploiter son prochain. Cela n’est pas incompatible.

Un bœuf peut nourrir 1 500 personnes, la nourriture qui lui est donnée pourrait en nourrir 15 000.

J’ai décidé de donner à ma vie une orientation conforme à ce qui me paraissait être une logique réaliste (…) Ressaisir son propre destin pour le mettre en conformité avec ses convictions et ses aspirations représentait pour moi un acte d’authentique liberté

Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation qui n’est pas de produire et consommer jusqu’à la fin de nos vies mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes.

L’humanité est-elle enfin capable de mutualiser ce qu’elle a généré de meilleur pour éviter le pire ?

Le temps n’est plus à la prise de conscience, mais à des règles, des décisions et des actions honnêtes et déterminées.

Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que de la terre.

La nature reste maîtresse du jeu.

Un jour dit la légende, il y eu un immense incendie de forêt (…). Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu (…) le tatou agacé lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? ». « Je le sais » répond le colibri « mais je fais ma part ».

Manifeste pour la Terre et l’humanisme : pour une insurrection des consciences. Actes sud- 2008

Une agriculture qui ne peut produire sans détruire porte en elle les germes de sa propre destruction.

Plutôt que proclamer des vérités interprétables de mille manières selon les convenances de chacun, je préfère nous inviter mutuellement à nous unir pour servir et promouvoir des valeurs simples…

La vache herbivore, ruminant comme chacun sait, a été rendue folle par une alimentation de carnivore.

La conscience est probablement ce lieu intime où chaque être humain peut en toute liberté prendre la mesure de sa responsabilité à l’égard de la vie.

Vers la sobriété heureuse. Arles – Actes sud – 2010

Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l’argent ne se mange pas.

…certains d’entre nous se rendent dans des casernes, pendant que d’autres travaillent dans de petites ou de grandes « boites ». Même pour nous divertir, nous allons en « boites », et comment ? Dans nos « caisses », bien sûr ! Il y a même les « boites à vieux «, avant que notre itinéraire s’achève, lui aussi, dans les boites ultimes, en un repos que plus rien ne peut plus troubler.

Nos connaissances ont pu nous expliquer comment une humble graine germe et perpétue la vie, mais n’ont jamais élucidé le pourquoi de la vie.

J’entends par beauté celle qui s’épanouit en générosité, équité et respect. Celle-là seule est capable de changer le monde, car elle est plus puissante que toutes les beautés créées de la main de l’homme, qui, pour foisonnantes qu’elles soient, n’ont pas sauvé le monde et ne le sauveront pas.

Il ne suffit pas de se demander : « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? », il faut également se poser la question : » Quels enfants laisserons-nous à notre planète ? »

Mais il est parfois des désirs inaccessibles, faute de moyens nécessaires pour les combler. Cela engendre des frustrations mais peut aussi puissamment stimuler l’envie de les acquérir, ce qui bénéficie à la dynamique de l’immodération.

Il est dommage que le temps passé à essayer de savoir s’il existe une vie après la mort ne soit pas consacré à comprendre ce qu’est la vie, et en comprenant son immense valeur, à agir pour en faire un chef-d’œuvre, inspiré par un humanisme vivant et actif, au sein duquel la modération serait un art de vivre.

Il serait dommage, après avoir été repu de souffrance et de non-sens, de se demander au terme de sa propre vie non pas s’il existe une vie après la mort, mais s’il en existe vraiment une avant la mort, et ce qu’elle représente dans le mystère de la vie.

Vivez avec légèreté sans jamais outrager, l’eau, le souffle ou la lumière. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez-en de la gratitude.

Tout est de plus en plus provisoire et éphémère au cœur d’une frénésie en évolution exponentielle, transformant les humains en électrons hyperactifs, produisant et subissant un stress dont on sait qu’il est à l’origine de graves pathologies.

La vérité n’est pas à débusquer quelque part. Aucune philosophie, aucun dogme ou précepte, aucune idéologie ne peut la capturer, encore moins la mettre en cage. Elle ne se révèle que lorsque nous cessons de spéculer et de nous tourmenter. Nous ne pouvons en être visités que dans l’immobilité et le silence.

Face au « toujours plus » indéfini qui ruine la planète au profit d’une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond.

La vie n’est une belle aventure que lorsqu’elle est jalonnée de petits et grands défis à surmonter, qui entretiennent la vigilance, suscitent la créativité, stimulent l’imagination et, pour tout dire, déclenchent l’enthousiasme, à savoir le divin en nous.

Bien que n’appartenant plus à aucune religion (je leur dois toutefois d’avoir été éveillé à la transcendance), je me suis aperçu que la sobriété heureuse, pour moi, relève résolument du domaine mystique et spirituel.

Il faudrait cesser de jeter un regard condescendant sur l’histoire passée et faire notre miel de ce qu’elle a engendré de meilleur.

La joie de vivre est une valeur suprême à laquelle nous aspirons tous, mais que des milliards de dollars ne peuvent offrir. Elle est une sorte de privilège, le fait d’un prince mystérieux qui l’octroie à la chaumière et peut, à son gré, la refuser au palais le plus somptueux.

Il sera toujours impossible de comprendre la marche du monde sans tenir compte de l’irrationalité humaine.

La prépondérance donnée à l’intellect au détriment de l’intelligence des mains, auxquelles nous devons pourtant notre évolution, est une catastrophe qui fait de nous des infirmes sans que nous en ayons conscience…

Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains.

La planète terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d’un immense désert sidéral. En prendre soin (…), est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit.

En toutes circonstances, gardons la mesure des choses pour que la satisfaction puisse toujours habiter notre âme.

Nous voyons aujourd’hui naître une sorte d’hypermarché de l’information, où tout et son contraire cohabitent (…) Dans l’océan complexe des turpitudes et des vertus, l’honnête citoyen aura de plus en plus de difficulté à se faire une opinion.

Etre belle ou beau, selon les critères des diverses cultures, est un besoin universel (…) Ainsi, élégance, charme et beauté ne sont pas incompatibles avec la sobriété et ne sont pas subordonnés aux niveaux des dépenses que l’on peut y consacrer.

Il ne faut surtout pas minimiser l’importance et la puissance des petites résolutions qui, loin d’être anodines, contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer.

La convergence des consciences. Le passeur – 2016

Je ne sais plus où j’ai découvert le petit conte amérindien du colibri « qui fait sa part ». (…). Mais ce qui a fait son succès, sa notoriété, c’est sa saisissante justesse.

Ce qui est sûr, c’est que nous sommes la seule espèce qui s’autodétruit et qui, de surcroît, détruit sans raison valide.

SAINT EXUPERY –  Puis-je avouer un faible pour ce grand poète blessé ? (…). En évoquant cette grande âme et ce grand esprit, Le Petit Prince s’impose à la mémoire.

L’intuition et la poésie nous font plus évoluer que la pure rationalité. On voit bien que la poésie est partout et on n’attend pas d’elle qu’elle soit rationnelle.

L’humus est le rebondissement de la vie. La vie renaît de cette mort apparente.

J’ai déjà dit que la cravate est, pour moi, l’image même de la strangulation et de la laisse et par conséquent le symbole d’une certaine aliénation.

BONUS : Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde. Versilio – 2012

Ce livre a été écrit par  Audrey Cerdan, Sophie Caillat et Pierre Haski. Il s’agit d’une conversation avec Pierre Rabhi

La modération c’est ajuster l’indispensable et le nécessaire, et réduire le superflu.

Les grands sages ont prôné le silence, espace merveilleux et confortable. Cultiver le silence, c’est se débarrasser de tout argument, de toute justification.

Le bien suprême qu’un être humain puisse avoir, c’est la joie. Sauf que ça ne s’achète pas.

Il faut comprendre que c’est le changement de l’être humain qui va abolir la nécessité de l’indignation. Je peux m’indigner, aller manifester, puis rentrer chez moi et rendre la vie impossible à ma femme et à mes voisins.

L’utopie, pour moi, c’est la transgression : soit on reste pétrifié dans un système, on courbe l’échine, soit on transgresse.

Tout le monde est dépendant de la vie, de la nature. Ça devrait être transversal, le souci majeur d’une collectivité humaine devrait être de préserver la vie.

C’est la fameuse formule de Lavoisier : « Rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme. » C’est ça l’agriculture écologique !