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Albert Camus

Les meilleures citations d’Albert Camus

Biographie d’Albert Camus

Albert Camus (1913-1960) est un philosophe français, né en Algérie.

Il fait ses études à Alger et commence des études de philosophie après son bac, en 1932.

En 1935, Camus s’engage politiquement et rejoint le Parti communiste algérien (PCA) qu’il quittera deux ans plus tard. Il s’essaye ensuite au théâtre, écrit et adapte plusieurs pièces et au journalisme, ce qui lui permet d’exprimer son idée de la justice et de défendre la paix.

Camus devient connu en 1942, suite à la publication du Mythe de Sisyphe et de l’Etranger.

Contrairement à son ancien ami Jean-Paul Sartre, Albert Camus décide d’accepter la récompense du prix Nobel qui lui est offerte en octobre 1957. Il a alors 44 ans. Il dédie alors son discours à Louis Germain, l’instituteur qui lui a fait découvrir la philosophie.

Les oeuvres de Camus sont riches et variées et il est souvent reconnu comme le philosophe de l’absurde de l’amour et de la révolte.

Albert Camus décède tragiquement en 1960 dans un accident de voiture.

Citations connues d’Albert Camus

L’Envers et l’Endroit (1937), essai

Il n’y a que l’amour qui nous rende à nous mêmes.

A la fin d’une vie, la vieillesse revient en nausées. Tout aboutit à ne plus être écouté.

Les jeunes ne savent pas que l’expérience est une défaite et qu’il faut tout perdre pour savoir un peu.

Mais c’est curieux tout de même comme nous vivons parmi des gens pressés

Noces (1939) recueil d’essais et d’impressions sur l’Algérie

Il n’y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir.

Le contraire d’un peuple civilisé, c’est un peuple créateur.

Car les mythes sont à la religion ce que la poésie est à la vérité, des masques ridicules posés sur la passion de vivre.

Et vivre, c’est ne pas se résigner

Tout ce qui exalte la vie, accroît en même temps son absurdité

Le Mythe de Sisyphe (1942) essai sur l’absurde

Comme les grandes œuvres, les sentiments profonds signifient toujours plus qu’ils n’ont conscience de le dire.

Pour un esprit absurde, la raison est vaine et il n’y a rien au-delà de la raison.

Vivre une expérience, un destin, c’est l’accepter pleinement.

Pourquoi faudrait-il aimer rarement pour aimer beaucoup ?

Et c’est bien là le génie : l’intelligence qui connaît ses frontières.

Ne pas croire au sens profond des choses, c’est le propre de l’homme absurde.

Tous les spécialistes de la passion nous l’apprennent, il n’y a d’amour éternel que contrarié.

Il n’est guère de passion sans lutte.

Il n’y a d’amour généreux que celui qui se sait en même temps passager et singulier.

Créer, c’est vivre deux fois.

Pour l’homme absurde, il ne s’agit pas d’expliquer et de résoudre, mais d’éprouver et de décrire.

L’artiste au même titre que le penseur s’engage et se devient dans son œuvre.

L’œuvre d’art naît du renoncement de l’intelligence à raisonner le concret.

L’Étranger (1942), roman

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.

Tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Du moment qu’on meurt, comment et quand, cela n’importe pas, c’était évident.

Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre.

Il n’était même pas sûr d’être en vie puisqu’il vivait comme un mort.

La Peste (1947), roman

La presse, si bavarde dans l’affaire des rats, ne parlait plus de rien. C’est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre. Et les journaux ne s’occupent que de la rue.

Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n’est pas éclairée.

[…], le vice le plus désespérant [est] celui de l’ignorance qui croit tout savoir et qui s’autorise alors à tuer.

[…] il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort.

[…] il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.

Les Justes (1949) Pièce en 5 actes

La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre.

Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu’il faut.

Chacun sert la justice comme il peut. Il faut accepter que nous soyons différents. Il faut nous aimer, si nous le pouvons.

Alors choisissez la charité et guérissez seulement le mal de chaque jour, non la révolution qui veut guérir tous les maux, présents et à venir.

Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites.

Pour nous qui ne croyons pas à Dieu, il faut toute la justice ou c’est le désespoir.

On commence par vouloir la justice et on finit par organiser une police.

Si la seule solution est la mort, nous ne sommes pas sur la bonne voie. La bonne voie est celle qui mène à la vie, au soleil. On ne peut avoir froid sans cesse.

Marche ! Nous voilà condamnés à être plus grands que nous-mêmes. Les êtres, les visages, voilà ce qu’on voudrait aimer. L’amour plutôt que la justice !

Le bonheur ? — Sentir la main d’un homme avant de mourir.

L’Homme révolté (1951), essai

Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.

L’intelligence dans les chaînes perd en lucidité ce qu’elle gagne en fureur.

La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent

La Chute (1956), essai

La vérité est que tout homme intelligent, vous le savez bien, rêve d’être un gangster et de régner sur la société par la seule violence. Comme ce n’est pas aussi facile que veut bien le faire croire la lecture des romans spécialisés, on s’en remet généralement à la politique et l’on court au parti le plus cruel.

L’homme est ainsi, cher monsieur, il a deux faces: il ne peut pas aimer sans s’aimer.

N’attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.

Le Premier Homme (1994), publié par sa fille, roman inachevé

Personne ne peut imaginer le mal dont j’ai souffert… On honore les hommes qui ont fait de grandes choses. Mais on devrait faire plus encore pour certains qui, malgré ce qu’ils étaient, ont su se retenir de commettre les plus grands forfaits. Oui, honorez-moi.

Et ce qu’il désirait le plus au monde, qui était que sa mère lut tout ce qui était sa vie et sa chair, cela était impossible. Son amour, son seul amour serait à jamais muet.

La noblesse du métier d’écrivain est dans la résistance à l’oppression, donc au consentement à la solitude.

BONUS : citations extraites du discours de réception du prix Nobel de littérature, 1957

Les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.