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Citations de : Yves Bonnefoy

Pour avoir voulu libérer, il rend esclave.

Rimbaud par lui-même

Le silence est comme l’ébauche de mille métamorphoses.

Rimbaud par lui-même

Le feu qui nous réchauffe dit qu’il n’est pas le vrai feu.

L'Improbable

Le dormeur est une ombre, lui qui ouvre sa porte aux ombres.

L'Improbable

L’aliénation la plus grande est aussi ce qui peut conduire, si quelque barrière cède, à la plus extrême poésie.

Arthur Rimbaud (1961)

La salamandre surprise s’immobilise Et feint la mort. Tel est le premier pas de la conscience dans les pierres Le mythe le plus pur, Un grand feu traversé, qui est esprit.

Poèmes, Lieu de la salamandre

Plutôt le lierre, disais-tu, l’attachement du lierre aux pierres de sa nuit: présence sans issue, visage sans racine.

Poèmes 1947-1975 (1978), L'été vieillisant

C’était comme en labour de terre difficile L’instant nu, déchiré Où l’on sent que le fer trouve le coeur de l’ombre Et invente la mort sous un ciel qui change.

Poèmes 1947-1975 (1978), Le feuillage éclairé

Aimer la perfection parce qu’elle est le seuil, Mais la nier aussitôt connue, l’oublier morte, L’imperfection est la cime.

Poèmes 1947-1975 (1978)

Une torche est portée dans le jour gris. Le feu déchire le jour. Il y a que la transparence de la flamme Amèrement nie le jour.

Poèmes 1947-1975 (1978), Le visage mortel

La tête quadrillée les mains fendues et toute En quête de la mort sur les tambours exultants de tes gestes.

Poèmes

Longtemps ce fut l’été. Une étoile immobile Dominait les soleils tournants. L’été de nuit Portait l’été de jour dans ses mains de lumière Et nous nous parlions bas, en feuillage de nuit.

Poèmes 1947-1975 (1978), L'été de nuit

Eternité du cri De l’enfant qui semble Naître de la douleur Qui se fait lumière.

Poèmes 1947-1975 (1978), La Terre

Ici, dans le lieu clair. Ce n’est plus l’aube,C’est déjà la journée aux dicibles désirs.

Hier régnant désert (1958), Ici, toujours ici

La connaissance est le dernier recours de la nostalgie.

L'Improbable

Il y a des yeux grands ouverts au secret des yeux fermés.

L'Improbable

Il y a des mirages de la clarté.

L'Improbable

Il n’est plus de désert puisque tout est en nous.

L'Improbable

Il est aisé d’être poète parmi les dieux.

L'Improbable

Fils du savoir, le péché est le père du savoir.

L'Improbable

Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence.Désoeuvre ce regard qui méconnaît la nuit.

Poèmes 1947

Donne-moi ta main sans retour, eau incertaineQue j’ai désemppierrée jour après jourDes rêves qui s’attardent dans la lumière.

Dans le leurre du seuil (1975), Deux barques

Au-dessus de nous deux, qui avons vouluLe noeud, le déliement, une énergie s’accumula entre deux hauts flancs sombres.

Poèmes 1947

L’invisible … ce n’est pas la disparition, mais la délivrance du nuisible.

Un rêve fait à Mantoue (1980)

Je célèbre la voix mêlée de couleur grise – Qui hésite aux lointains du chant qui s’est perdu.

Hier régnant désert

Rien n’est vrai qui ne se prouve par la mort.

L'Improbable