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Citations de : Théodore de Banville

Il est mort sans avoir à son lit solitaire – Une timide épouse échevelée en pleurs.

Les Exilés

Larges roses de feu, comme on en voit en rêve, – Et dont le fier carmin, d’un sourire enchanté, – Ressemble à du sang frais sur le tranchant d’un glaive.

Les Exilés

Et toi, mon maître, ô fier Ronsard, – Enthousiaste du doux art, – Amant d’Hélène, – Qui jadis nous émerveillais – Sur les roses et les oeillets – De son haleine!

La République est jeune et fière – Et ne punit que les bourreaux; – Elle marche dans la lumière. – La République est un héros.

Idylles prussiennes

Sur ses larges bras étendus, – La forêt où s’éveille Flore – A des chapelets de pendus – Que le matin caresse et dore.

La balade des pendus

Pétrir de belles créatures, – Et sur d’éblouissants amas – De damas – Eparpiller des chevelures.

Et leurs lèvres s’ouvrir comme des fleurs sanglantes.

Les princesses

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux, – Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille – Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

Heureux celui qui, sans paresse, – L’oeil clair et les cheveux flottants, – Dit ces mots si doux: «Ma maîtresse», – Avec des lèvres de vingt ans!

Rimes dorées

Toi, vieux Gaulois et fils du bon Villon, – Vide ton verre et baise ta maîtresse.

Enfin, de son vil échafaud, Le clown sauta si haut, si haut Qu’il creva le plafond de toiles Au son du cor et du tambour, Et, le coeur dévoré d’amour, Alla rouler dans les étoiles.

Odes funambulesques (1874), Variations lyriques, Le Saut du tremplin

Nous sommes les tendres lapins Assis sur leurs petits derrières.

Sonnailles et clochettes (1891), Lapins

Nous n’irons plus aux bois, les lauriers sont coupés.

Les Cariatides (1843), Livre IV, Nous n'irons plus aux bois

Je comprends l’Amérique, et aussi le peuple américain, dont Victor Hugo a dit, en son langage de dieu indigné: Peuple à peine ébauché, nation de hasard, Sans tige, sans passé, sans histoire et sans art!

Léviathan-Hôtel

Pour qu’une strophe existe, il faut qu’elle soit faite, c’est-à-dire qu’on ne puisse pas en séparer les parties sans la briser, sans la détruire complètement.

Petit Traité de poésie française (1871)

Cette fois, par exemple, on éclata. Le rire, Sonore et convulsif, orageux et profond, Joyeux jusqu’à l’extase et gai jusqu’au délire, Comme un flot de cristal montait jusqu’au plafond.

Odes funambulesques (1857), Gaietés, Belle Véronique

Et l’essaim des jeux et des ris, Doux vol qui folâtre et se joue, Niche sous la poudre de riz Dans les roses de votre joue.

Odes funambulesques (1857), La voyageuse

Voici les beaux palais où sont les hétaïres, Sveltes lys de Corinthe ou roses de Milet, Qui, dans des bains de marbre, au chant divin des lyres, Lavent leurs corps sans tache avec un flot de lait.

Odes funambulesques (1857), Ville enchantée

Mieux vaut cent fois jeter nos vers au feu Et fuir bien loin de ce métier de galère.

Odes funambulesques (1857)

Monsieur, mime Pierrot, vous êtes trop bon, et vous êtes même joli, pour un birbe accablé de caducité.

Odes funambulesques, Les Folies-Nouvelles

On mourra de dégoût si l’on ne prend pas, de-ci de-là, un grand bain d’azur.

Odes funambulesques

Et ceux qui ne font rien ne se trompent jamais.

Odes funambulesques, Occidentales

Enfin, de son vil échafaud, – Le clown sauta si haut, si haut, – Qu’il creva le plafond de toiles – Au son du cor et du tambour, – Et, le coeur dévoré d’amour, – Alla rouler dans les étoiles.

Odes funambulesques

Au fond du vin se cache une âme.

«Cherchez les effets et les causes», – Nous disent les rêveurs moroses. – Des mots! des mots! cueillons les roses!

Les Cariatides

Parfois notre grand-mère, – La veuve aux chers soucis, – Qui fut si belle et qui mourut si jeune, – Se montrait sur le seuil, – Le front pâli comme par un long jeûne, – Triste et douce, en grand deuil.

Toute Eve a l’air d’un soleil – Qui brûle, et sur chaque jambe – Un bas céleste et vermeil – Flambe.

Le front pâli par un long jeûne, – Triste et douce, en grand deuil.

Odelettes

Ce bon élixir, le café – Met dans nos coeurs sa flamme noire.

Rondels

Et sur chaque jambe – Un bas céleste et vermeil – Flambe.

Sonnailles et clochettes

C’est la sagesse, aimer le vin, – La beauté, le printemps, le printemps divin, – Cela suffit. Le reste est vain.

A l’heure où les étoiles – Frissonnant sous leurs voiles – Brodent le ciel changeant – De fleurs d’argent.

A la Font-Georges

Tels nous sentions, irrésolus, – De vivants désirs, qui n’ont plus – Rien de physique, – Couler en nous comme des flots – Avec le rythme et les sanglots – De la musique.

Louanges d'Antoinette

Vous en qui je salue une nouvelle aurore, … – Jeunes hommes des temps qui ne sont pas encore…

Les Cariatides

Sans la justesse de l’expression, pas de poésie.

Petit Traité de poésie française