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Citations de : Théodore Agrippa d' Aubigné

Tous nos parfaits amours réduits en un amour – Comme nos plus beaux jours réduits en un beau jour.

Les Tragiques (1616)

Le riche a la vengeance, et le pauvre a la mort.

Les Tragiques (1616)

Estre craint par amour et non aimé par crainte…

Les Tragiques (1616)

Courtisans, qui jetez vos dédaigneuses vues – Sur ce chien délaissé, mort de faim par les rues, – Attendez ce loyer de la fidélité.

Mémoires

Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise.

Les Tragiques (1616)

Satan fut son conseil, l’enfer son espérance.

Les Tragiques (1616)

Retire-toi dans toi, parais moins, et sois plus.

Les Tragiques (1616)

Quand la vérité met le poignard à la gorge, il faut baiser sa main blanche, quoique tachée de notre sang.

Histoire universelle

Notre temps n’est rien plus qu’un ombrage qui passe.

Les Tragiques (1616)

Mes sens n’ont plus de sens, l’esprit de moi s’envole, – Le coeur ravi se tait, ma bouche est sans parole: – Tout meurt, l’âme s’enfuit, et reprenant son lieu – Extatique se pâme au giron de son Dieu.

Les Tragiques (1616)

Chacun au bien aspire, Chacun ce bien désire, Et le désire sien.

Les Aventures du baron de Faeneste (1630)

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise, Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs, Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs, Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

Hécatombe à Diane

Là nous n’avons besoin de parure nouvelle, Car nous sommes vêtus de splendeur éternelle; Nul de nous ne craint plus ni la soif ni la faim, Nous avons l’eau de grâce et des anges le pain.

Les Tragiques (1616)

Les temples du païen, du Turc, de l’idolâtre, Haussent au ciel l’orgueil du marbre et de l’albâtre. Et Dieu seul, au désert pauvrement hébergé, A bâti tout le monde, et n’y est pas logé!

Les Tragiques (1616), Misères

Bienheureux ceux-là qui dépouilleront les bestialités!

Hercule chrétien

Mes désirs sont desja volez outre la riveDu Rubicon troublé: que mon reste les suivePar un chemin tout neuf, car je ne trouve pasQu’autre homme l’ait jamais escorché de ses pas.

Les Tragiques (1616), Misères

Il ne sort des tyrans et de leurs mains impures – Qu’ordures ni que sang.

Les Tragiques (1616)

Qui a péché sans fin souffre sans fin aussi.

Vos seins sentent la faim et vos fronts la sueur.

Les Tragiques (1616)

J’aime l’hiver qui vient purger mon coeur de vice, – Comme de peste l’air, la terre de serpents.

Cet épineux fardeau qu’on nomme vérité.

Les Tragiques (1616)

Ce siècle, autre en ses moeurs, demande un autre style.

Les Tragiques (1616)

Car l’espoir des vaincus est de n’espérer point.

Hécatombe à Diane

Mais le vice n’a point pour mère la science, – Et la vertu n’est pas fille de l’ignorance.

Les Tragiques (1616)

L’homme est en proie à l’homme, un loup à son pareil.

Les Tragiques (1616)

L’air n’est plus que rayons tant il est semé d’anges.

Les Tragiques (1616)

J’aime à voir de beautés la branche déchargée – A fouler le feuillage étendu par l’effort – D’Automne, sans espoir leur couleur orangée – Me donne pour plaisir l’image de la mort.

Stances

Et le soleil voyant le spectacle nouveau – A regret éleva son pâle front des ondes, – Transi de se mirer en nos larmes profondes.

Les Tragiques (1616)

Désirs, parfaits amours, hauts désirs sans absence, – Car les fruits et les fleurs n’y font qu’une naissance.

Les Tragiques (1616)

Criez après l’enfer: de l’enfer il ne sort – Que l’éternelle soif de l’impossible mort.

Les Tragiques (1616)

Comme un nageur venant du profond de son plonge, – Tous sortent de la mort comme l’on sort d’un songe.

Les Tragiques (1616)

Combien des maux passés douce est la souvenance.

Stances

Cité ivres de sang, et encore altérées, – Qui avez soif de sang, et de sang enivrées, – Vous sentirez de Dieu l’épouvantable main: – Vos terres seront feu, et votre ciel d’airain.

Les Tragiques (1616)