Acceuil / Citation

Citations de : Tahar Ben Jelloun

Il ne faut pas subir. Quelle est cette loi qui dit qu’on doit subir l’autre? N’oublie pas, tu es ton propre capital. Il n’y en a pas d’autre.

Le bonheur conjugal (2012)

Il n’y a pas de choc des civilisations, il n’y a que le choc des ignorances.

Le bonheur conjugal (2012)

L’amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier.

Eloge de l'amitié (1996)

Comme par miracle, je sentais mon état se transformer. Je ne voyais plus la maison comme une prison. Je me sentais libre et stimulée pour me battre contre ce monstre. Le sentiment de liberté se manifeste avec plus de force dans une prison.

L'auberge des pauvres (1997)

Si un jour on me disait: Tu es obligé de choisir entre rêver et voir, je choisirais sans doute rêver. Je pense qu’avec l’imagination et le rêve on supporte mieux la cécité.

L'auberge des pauvres (1997)

Rêver, c’est peut-être la chose la plus nécessaire qui soit. Plus nécessaire encore que de voir.

L'auberge des pauvres (1997)

Abdiquer? autant disparaître! A quoi bon devenir si petit que plus personne ne vous remarque? La relation à deux n’était donc possible qu’à condition d’être une ombre.

Le bonheur conjugal (2012)

Toute dépression est une rupture brutale, une confrontation avec soi dans la solitude. Si ça ne prévient pas, comment faire pour l’éviter?

L'auberge des pauvres (1997)

Le couple, c’était une fusion où un plus un égale un.

Le bonheur conjugal (2012)

Un artiste ne peut avoir de certitudes. Tout son être, tout son travail sont habités par le doute.

Le bonheur conjugal (2012)

Nous sommes des voleurs; notre bonheur est notre secret; notre amour est notre survie; nous refusons d’être des naufragés; nous vivons cet amour et nous savons que nous serons un jour des êtres inconsolables.

Le bonheur conjugal (2012)

Doit-on traîner avec soi jusqu’à la mort ceux qui vous ont condamné à vivre?

La Nuit sacrée (1987)

Il me disait, ce n’est pas l’amour fou, c’est l’amour lent, lent mais sûr.

Le Dernier Ami (2004)

J’eus le coup de foudre, un petit tremblement de terre, une tempête dans le coeur, une avalanche d’étoiles et de lumière.

Le Dernier Ami (2004)

Le temps est ce que nous sommes. Il est sur notre visage, dans nos silences, dans notre attente. Méritons le temps de la patience et des jours où rien n’arrive.

La Nuit sacrée (1987)

Je suis tombée comme une mauvaise pluie, celle que l’on n’attend pas, celle qu’on craint parce qu’elle pourrit les semences.

La Nuit sacrée (1987)

La pudeur, c’est cela! Ne pas regarder l’homme en face; ne pas soutenir son regard par soumission, par devoir, rarement pas respect ou à cause de l’émotion.

L'Enfant de sable (1985)

Un livre c’est la naissance d’un voyage, le tracé d’un itinéraire.

Harrouda (1973)

Aimer, c’est célébrer en permanence la rencontre de deux solitudes.

Le premier amour est toujours le dernier (1995)

Apprendre à aimer sa solitude. Savoir se retirer dans un roc qui préserve la tendresse. Déjouer la dépendance pour que la possession devienne écran de transparence. Aimer, c’est célébrer en permanence la rencontre de deux solitudes.

Le premier amour est toujours le dernier (1995)

Chaque enfant est une parole prise à la nuit une caresse du temps petite éternité de l’aube sortie d’un ventre.

L'Enfant de sable (1985)

L’amitié est un bien supérieur à toutes les vertus. Sache que je suis et serai toujours dans cette amitié avec toi, pour toi, confondu en toi.

La Prière de l'absent (1981)

Il s’était demandé pourquoi, dans l’esprit des enfants d’aujourd’hui, la bonté était signe de faiblesse. Fallait-il être dur, autoritaire et injuste pour être fort, pour être respecté, admiré?

Au pays (2009)

Tu as mon âme et mon coeur, mais mon corps appartient à la terre et au diable qui l’a dévasté.

L'Enfant de sable (1985)

On ne se méfie jamais assez des nuits claires et douces. L’âme se laisse séduire, abdique et se retrouve brisée.

L'auberge des pauvres (1997)

Il avait l’habitude de dire: Les mots ne mentent jamais; ce sont les hommes qui mentent; moi, je suis comme les mots!

Le Dernier Ami (2004)

Au Maroc, le sens de la famille prime sur l’amitié. On défend d’abord sa tribu avant ses compagnons de route.

Eloge de l'amitié (1996)

L’amitié, elle, est beaucoup plus solide: si un parent peut toujours se dérober, ce n’est pas le cas d’un ami. Sans dévouement, le mot amitié lui-même perdrait tout son sens, pas le mot parenté.

Eloge de l'amitié (1996)

On est toujours l’étranger de quelqu’un. Apprendre à vivre ensemble, c’est cela lutter contre le racisme.

Le Racisme expliqué à ma fille (1997)

Le racisme est un comportement qui constitue à se méfier, et même mépriser, des personnes ayant des caractéristiques physiques et culturelles différentes de nôtres.

Le Racisme expliqué à ma fille (1997)

La mort est un vaisseau porté par les mains des jeunes filles ni belles ni laides qui passent et repassent dans une maison en ruine, sous le regard incrédule et méfiant de celui qui, d’une main sûre, repousse cette image.

Jour de silence à Tanger (1990)

Penser à l’autre, savoir être présent quand il le faut, avoir les mots et les gestes qu’il faut, faire preuve de constance dans la fidélité, c’est cela l’amitié, et c’est rare.

Eloge de l'amitié (1996)

Vous savez, il vaut mieux partir du principe que l’homme et bon, s’il se révèle mauvais, c’est lui qui se fait mal. C’est une question de sagesse.

Partir (2006)

Les traductions sont comme les femmes. Lorsqu’elles sont belles, elles ne sont pas fidèles, et lorsqu’elles sont fidèles elles ne sont pas belles.

«Toujours présente, jamais pesante», telle devrait être la devise de toute amitié.

Eloge de l'amitié (1996)

Seuls les yeux ne vieillissent jamais: l’âge passe et ne touche pas le regard.

L'auberge des pauvres

Trop de raison dans les sentiments, ça les abîme souvent.

L'auberge des pauvres

Nous sommes tous sourds quand cela arrange notre bonheur. Cela repose un peu de ne pas tout entendre.

L'auberge des pauvres

C’est dans l’irrégularité, la clandestinité, le cambriolage que le plaisir est intense; pas dans la préméditation.

Interview dans Lire, Mars 1999.

Le désert est un malentendu, un mauvais lit pour le sommeil et le songe, une page blanche pour la nostalgie.

Sahara

Il faut dire et redire la laideur qui mène le monde.

Interview dans Libération, 11 Mars 2000.

La passion est un excès de vie, un excès de lumière, impossible à étaler dans un quotidien.

Entretien avec Catherine Argand, Mars 1999.

Et lui répondait: «Le désir de l’amour engendre l’amour.» Elle disait: «Mon corps porte tant et tant de cicatrices; j’ai besoin de douceur et de tendresse qui fermeront mes blessures.»

L'auberge des pauvres (1997)

Un vieux a le droit de se répéter: c’est un acquis et un privilège de l’âge.

L'auberge des pauvres (1997)

L’absence est une ride du souvenir. C’est la douceur d’une caresse, un petit poème oublié sur la table.

Moha le fou, Moha le sage (1978)

La corruption c’est aussi le manque de dignité, c’est l’absence de scrupule, c’est l’exploitation des gens sans défense.

Amours sorcières (2003)

Il fallait être indifférent tout en réagissant quand c’était nécessaire. L’indifférence n’était pas l’absence mais la répudiation de tout sentiment.

Cette aveuglante absence de lumière (2001)

Il y a des gens qui hurlent quand ils menacent. La colère trouble leurs sentiments. Il y en a d’autres qui parlent sans hausser le ton et ce qu’ils disent vous atteint plus.

La Nuit sacrée (1987)

Hélas, je n’ai jamais eu les yeux aussi ouverts. Je suis atteinte de lucidité comme d’une sale maladie qui ne veut pas guérir. C’est douloureux, la lucidité. On voit les choses exactement comme elles sont, non comme elles devraient être.

Les Raisins de la galère (1996)

Je considère qu’un ami est celui qui ne ment pas, ne fait pas semblant et parle avec toute la sincérité, la franchise que l’amitié véritable requiert.

Eloge de l'amitié (1996)

Avec les objets … il suffit de savoir s’y prendre; ne pas les brutaliser. Moi aussi, il ne faut pas me brutaliser.

Jour de silence à Tanger (1990)

Ils ne m’auront pas. Je ne serai jamais la petite Beur qui passe à la télé pour dire combien elle est assimilée, intégrée, rangée.

Les Raisins de la galère (1996)

On est tous à la recherche d’une frontière, une ligne claire entre le rêve et le réalité.

L'auberge des pauvres

Les grands créateurs n’ont pas le monopole de la souffrance.

L'auberge des pauvres

On ne peut aimer que si l’on est ivre de vie.

L'auberge des pauvres

La littérature ne change ni l’homme ni la société. Pour autant, l’absence de littérature rendrait l’homme encore plus infréquentable.

Interview dans Lire, Mars 1999.

La nature crée des différences, la société en fait des inégalités.

L’amitié qui se lit sur les visages et dans les gestes devient comme une prairie dessinée par un rêve dans une longue nuit de solitude.

Eloge de l'amitié (1996)

Il se peut qu’il (le libraire) n’aime pas un livre en particulier mais, de par sa vocation, il aime le livre en général. Si cette amitié n’est pas personnelle, elle est liée à une intimité originelle: celle de la solitude de l’écriture.

Eloge de l'amitié (1996)

Le libraire est l’ami du livre; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il considère assez pour les transmettre aux lecteurs.

Eloge de l'amitié (1996)

… l’amour n’atteint la maturité et la sérénité qu’aidé par l’amitié. Il y faut du temps, de la générosité et de la lucidité.

Eloge de l'amitié (1996)

L’amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d’en partager le poids, et ouvre les portes de l’apaisement.

Eloge de l'amitié (1996)

L’ami est-il celui qu’on peut déranger? Oui, surtout s’il peut être utile.

Eloge de l'amitié (1996)

La politique dénature et ruine l’amitié.

Eloge de l'amitié (1996)

(Jean Genet) m’a donné un seul conseil: en écrivant pense au lecteur; soit simple. Il m’a appris que la simplicité était le signe de la maturité.

Eloge de l'amitié (1996)

Je considère qu’un ami est celui qui ne ment pas, ne fait pas semblant et parle avec toute la sincérité, la franchise que l’amitié véritable requiert. C’est ce que j’appelle l’exigence amicale: dire ce qu’on pense sans, bien sûr, être blessant.

Eloge de l'amitié (1996)

Quand une amitié est bafouée, rien ne peut la reconstituer. Tandis que les blessures d’amour – du désir, de la sexualité – peuvent se cicatriser, celles de l’amitié sont éternelles, définitives.

Eloge de l'amitié (1996)

Respecter une femme, c’est pouvoir envisager l’amitié avec elle; ce qui n’exclut pas le jeu de la séduction, et même, dans certains cas, le désir et l’amour.

Eloge de l'amitié (1996)

Les blessures d’amitié sont inconsolables.

Eloge de l'amitié (1996)

Le temps est le meilleur bâtisseur de l’amitié. Il est aussi son témoin et sa conscience. Les chemins se séparent, puis se croisent.

Eloge de l'amitié (1996)

L’amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus. Une religion qui n’est pas étrangère à l’amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible.

Eloge de l'amitié (1996)

Dire oui à tout et à tout le monde, c’est comme si on n’existait pas.

L'auberge des pauvres

Une bibliothèque est une chambre d’amis.

Eloge de l'amitié (1996)

Quand il y a des certitudes, il n’y a plus d’amour.

Le destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s’y attend pas.

Eloge de l'amitié (1996)

La raison qui ne dort jamais produit des monstres.

La poésie ne peut se permettre l’humour.

Eloge de l'amitié (1996)

La passion est un ouragan, quelque chose de sublime qui précipite le désastre. C’est une histoire qui se termine toujours mal.

La mort n’est rien. Elle délivre le papillon d’une mauvaise toile d’araignée. Ce qui n’est pas tolérable, c’est le tissage qui traverse la peau et le coeur.

La morale, ça ne sort personne de la fosse commune.

La Réclusion solitaire

La liberté n’est rien si elle ne respire pas dans le corps et l’esprit de l’homme, de tous les hommes, sans distinction ethnique, religieuse ou géographique.

La raison n’est pas toujours bonne. Faut pas croire, mais trop de raison dans les sentiments, ça les abîme souvent. Quelqu’un a dit, je crois que c’est un mexicain, que la raison qui ne dort jamais produit des monstres.

L'auberge des pauvres (1997)

Après tout, une forte passion, même quand ça se termine mal, c’est pas mal, ça fout un peu de désordre et beaucoup de vie dans les veines.

L'auberge des pauvres (1997)

Le bonheur ne se trouve ni dans l’effort ni dans la lutte acharnée ; mais réside là, tout proche : dans la détente, dans l’abandon, dans la sérénité et dans la plénitude physique et morale.

Sur ma mère (2008)

C’est formidable les gens qui ont des certitudes, qui ne doutent jamais. Ce sont des gens en béton. Mais il faut se méfier du béton. La moindre fêlure dans le mur peut entrainer la chute de toute la maison.

L'auberge des pauvres (1997)

C’est l’histoire d’un homme leurré par le vent, oublié par le temps et nargué par la mort.

Jour de silence à Tanger (1990)

La mort, ce n’est rien. Mais tout ce qui rôde autour est insupportable.

Sur ma mère (2008)

La défaite commence à partir du moment où l’adversité parvient à vous faire douter de vous même jusqu’à ce vous vous sentiez coupable et soyez prêt à agir selon sa volonté, à vous pliez à ses exigences.

Le bonheur conjugal (2012)

L’homme qui du désert connaît le secret ne peut vieillir. La mort viendra, tournera autour de la dune puis repartira. Le jour sera sévère, mais la nuit ne troublera point le regard profond de ce visage qui bâtit des demeures dans la patience.

Sahara

Mes yeux sont secs, me dit-il, mais je pleure abondamment à l’intérieur.

La Nuit sacrée (1987)

Le premier amour est toujours le dernier. Et le dernier est toujours rêvé.

Le premier amour est toujours le dernier (1995)

Quand la violence s’installe dans un couple, la vie en commun n’est plus possible tout le reste n’est que rafistolage et mensonge à soi. Divorcer, alors, est la seule solution.

Le bonheur conjugal (2012)

Les deux hommes solides qui l’avaient porté puis disposé dans un fauteuil face à la mer étaient essouflés. Le malade éprouvait lui aussi de la peine à respirer et son regard était plein d’amertume.

Le bonheur conjugal (2012)

Toutes les histoires sont des histoires d’amour, et quand elles se terminent mal, elles échouent là, dans ce sous-sol, comme des épaves, de tristes choses qui se cognent contre le mur de la vie.

L'auberge des pauvres (1997)

Va voir les Marocains qui traficotent comme des nuls, un jour ils se feront choper, ils diront que les Espagnols sont racistes, qu’ils n’aiment pas Los Moros, c’est ça, quand on a plus d’argument il reste toujours le racisme…

Partir (2006)

Oui, soyez heureux en préparant mes funérailles, certes mon corps sera donné à la terre et aux vers, mais mon âme sera chez Dieu, et je ne peux espérer un meilleur sort…

Sur ma mère (2008)

Une femme blessée est une femme dangereuse et imprévisible.

Amours sorcières (2003)

Il avait appris de sa mère qu’il ne fallait jamais se plaindre, d’abord parce que cela ne servait à rien et ensuite parce que ça ennuyait les autres.

Le bonheur conjugal (2012)

La beauté de cette femme était sa grâce et son malheur, sa difficulté d’être, car elle était d’une telle exigence qu’aucun homme ne pouvait ni lui résister ni l’accueillir avec sérénité.

Le Labyrinthe des sentiments (1999)

Le mot et le verbe sont ce par quoi je réalise la non-ressemblance et l’identité.

Les amandiers sont morts de leurs blessures (1976)

Le sentiment de liberté se manifeste avec plus de force dans une prison.

L'auberge des pauvres (1997)

C’est très important le rire, il brise le mur de la peur, de l’intolérance et du fanatisme.

La Nuit sacrée (1987)

Il savait que toute réussite avait un prix. Son père lui répétait souvent : La défaite est orpheline, la réussite a plusieurs pères !

Le bonheur conjugal (2012)

Le mariage n’est rien d’autre qu’une déclaration de guerre célébrée en musique, avec de la nourriture, des parfums, des encens, des beaux habits, des promesses, des chants, etc.

Le bonheur conjugal (2012)

Les regrets et la nostalgie sont les oripeaux de notre faiblesse, notre impuissance. Ce sont des mensonges que nous habillons avec des mots qui nous apaisent et facilitent notre sommeil. Cela rend moins cruelle notre défaite.

Le bonheur conjugal (2012)

La dépression est une quintessence de la solitude dans ce qu’elle peut avoir de plus cruel.

Le bonheur conjugal (2012)

Très souvent le raciste s’aime beaucoup. Il s’aime tellement qu’il n’a plus de place pour les autres, d’où son égoïsme.

Le Racisme expliqué à ma fille (1997)

Quand on ne s’aime pas, on n’aime personne. C’est comme une maladie. C’est une misère.

Le Racisme expliqué à ma fille (1997)

Ceux qui ont peur de la maladie des autres devraient la braver et se familiariser avec ce qui nous attend.

Le bonheur conjugal (2012)