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Citations de : Roman Kacew, dit Romain Gary

Le patriotisme c’est l’amour des siens; – Le nationalisme, c’est la haine des autres.

Un journal a écrit que ce qui nous manque, aux jeunes, c’est une guerre, ce qui ne nous apprend rien sur les jeunes, mais en dit long sur les vieux.

Adieu Gary Cooper (1969)

Personne n’est jamais arrivé à résoudre cette contradiction qu’il y a vouloir défendre un idéal humain en compagnie des hommes.

… quand je serai grand j’écrirai moi aussi les misérables parce que c’est ce qu’on écrit toujours quand on a quelque chose à dire.

La vie devant soi

Les psychiatriques sont des gens à qui on explique tout le temps qu’ils n’ont pas ce qu’ils ont et qu’ils ne voient pas ce qu’ils voient, alors ça finit par les rendre dingues.

La vie devant soi

Il ne faut pas pleurer, mon petit, c’est naturel que les vieux meurent. Tu as toute la vie devant toi.

La vie devant soi

C’est pas la peine de discuter avec les drogués, ils n’ont pas de curiosité.

La vie devant soi

Je pense que pour vivre, il faut s’y prendre très jeune, parce qu’après on perd toute sa valeur et personne ne vous fera de cadeaux.

La vie devant soi

Lorsqu’il n’y a personne pour vous aimer autour, ça devient de la graisse.

La vie devant soi

Quand elle marchait, c’était un déménagement.

La vie devant soi

… les cauchemars, c’est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant.

La vie devant soi

Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui font du bien dans le monde, mais ils font pas ça tout le temps et il faut tomber au bon moment. Il y a pas de miracle.

La vie devant soi

– C’est là que je viens me cacher quand j’ai peur. – – Peur de quoi, Madame Rosa? – – C’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur, Momo. – Ca, j’ai jamais oublié, parce que c’est la chose la plus vraie que j’aie jamais entendue.

La vie devant soi

J’ai toujours rêvé d’avoir un trésor caché quelque part où il serait bien à l’abri de tout et que je pourrais découvrir chaque fois que j’avais besoin.

La vie devant soi

Les gens tiennent à la vie plus qu’à n’importe quoi, c’est quand même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu’il y a dans le monde.

La vie devant soi

… plus on a rien et plus on veut croire.

La vie devant soi

C’est toujours dans les yeux que les gens sont les plus tristes.

La vie devant soi

… sommeil du juste. … Je crois que c’est les injustes qui dorment le mieux, parce qu’ils s’en foutent, alors que les justes ne peuvent pas fermer l’oeil et se font du mauvais sang pour tout.

La vie devant soi

Dans la vie c’est toujours la panique.

La vie devant soi

Maudite technologie pensa-t-il: la technologie est le trou du cul de la science.

La Tête coupable

Quand on se fait vieux, on se réveille chaque matin avec l’impression que le chauffage ne marche pas.

Il ne faut pas avoir peur du bonheur. C’est seulement un bon moment à passer.

Rien ne vaut la peine d’être vécu qui n’est pas d’abord une oeuvre d’imagination, ou alors la mer ne serait plus que de l’eau salée…

Les Cerfs-volants (1980)

La liberté avait de tout temps exigé des sacrifices, mais il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’aimer une femme pouvait être aussi un apprentissage de liberté.

Les Cerfs-volants (1980)

Je ne sais pas ce que cela veut dire, espérer avec lucidité. Aimer est une aventure sans carte et sans compas où seule la prudence égare.

Clair de femme (1977)

Rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l’humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que des pingouins.

La Promesse de l'aube (1960)

Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours.

La Promesse de l'aube (1960)

S’il est une part humaine qui ne peut pas se passer d’imaginaire, c’est notre part d’amour.

La nuit sera calme (1974)

Qu’on l’avoue ou pas, dans la vie, on mise toujours sur l’arrivée des secours.

Clair de femme (1977)

Les vérités ne sont pas toutes habitables. Souvent, il n’y a pas de chauffage et on y crève de froid.

Clair de femme (1977)

Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on donne et plus il vous reste.

Clair de femme (1977)

S’il y a une chose impardonnable, c’est de ne pas pardonner.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Quand on a aimé quelqu’un, il reste toujours quelque chose.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Quand vous êtes heureux, ça donne de l’importance à la vie, et alors on a encore plus peur de mourir.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je n’avais d’yeux que pour lui, et tu ne vois jamais vraiment un mec quand tu ne vois que lui.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je ne sais pas pourquoi il l’appelait petite salle d’attente, peut-être qu’il avait quelque part une grande salle d’attente où on pouvait attendre encore plus longtemps et c’est bon pour l’espoir.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je suis pour la protection des espèces dans leur ensemble, car c’est ce qui manque le plus.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je signale ça à cause de cette idée de Chuck sur l’impuissance, pour montrer qu’il y a toujours quelque chose à faire et que nous ne sommes pas condamnés à rester le cul nu.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

C’est toujours bon d’avoir quelque chose qu’on peut imaginer. Il est vrai que des fois ça monte trop haut et après on se casse la gueule. Moi j’ai souvent remarqué qu’il y a quelque chose avec la réalité qui n’est pas encore au point.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je suis un fana des dictionnaires. C’est le seul endroit au monde où tout est expliqué et où ils ont la tranquillité d’esprit. Ils sont complètement sûrs de tout, là-dedans.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’enjeu, ici, n’était pas sa vie personnelle mais celle de trois milliards d’hommes. C’était agréable de sentir qu’on n’était pas tout seul.

Charge d'âme (1977)

Ce qui nous est connu est suffisamment inquiétant pour que nous puissions accepter de courir le risque de l’inconnu.

Charge d'âme (1977)

Toujours la technologie. La technologie était le trou du cul de la science.

Charge d'âme (1977)

Vous êtes là, il y a clair de femme, et le malheur cesse d’être une qualité de vie.

Clair de femme (1977)

Nous crevons de faiblesse, et cela permet tous les espoirs. La faiblesse a toujours vécu d’imagination. La force n’a jamais rien inventé, parce qu’elle croit se suffire. C’est toujours la faiblesse qui a du génie.

Clair de femme (1977)

Et je ne vous dis pas que l’on ne peut pas vivre sans amour: on peut, et c’est même ce qu’il y a de si dégueulasse.

Clair de femme (1977)

Quand on a deux corps, il vient des moments où l’on est à moitié.

Clair de femme (1977)

Deux désespoirs qui se rencontrent, cela peut bien faire un espoir, mais cela prouve seulement que l’espoir est capable de tout…

Clair de femme (1977)

Si je pouvais vous faire rire quelques instants à mes dépens, je me sentirais mieux: prêter à rire, il n’y a rien de plus généreux.

Clair de femme (1977)

Je n’étais pas un assassin qui revenait rôder sur les lieux du crime, le lieu lui-même est un très vieux criminel, depuis qu’il tourne autour du soleil.

Clair de femme (1977)

La vérité était que la vie nous avait jetés aux orties, l’un et l’autre, et c’est toujours ce qu’on appelle une rencontre.

Clair de femme (1977)

Je ne crois pas aux pressentiments, mais il y a longtemps que j’ai perdu foi en mes incroyances. Les «je n’y crois plus» sont encore des certitudes et il n’y a rien de plus trompeur.

Clair de femme (1977)

C’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur, Momo.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Les gens tiennent à la vie plus qu’à n’importe quoi, c’est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu’il y a dans le monde.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

J’aurais préféré avoir un père que ne pas avoir un héros.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Un jour, mon valet de chambre, Maurice, qui ne pardonne rien à la poussière, soulèvera délicatement mon sourire, lui donnera quelques coups de plumeau et le déposera sur l’étagère de la salle de bains parmi mes autres articles d’hygiène.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Je me demande si ce n’est pas ça, le vrai, le très grand amour: deux êtres qui ne se rencontrent pas.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Dieu, on connaît ses limites, ça ne va jamais très loin, mais avec les hommes, c’est illimité, ils sont capables de tout.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Mais je vais vous dire quelque chose, entre nous, dans le plus grand secret: Dieu n’est pas un homme.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

La différence entre les Allemands héritiers d’une immense culture et les Simbas incultes, c’est que les Simbas mangeaient leurs victimes, tandis que les Allemands les transformaient en savon. Ce besoin de propreté, c’est la culture.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Nous savons que Dieu n’est pas inaccessible à la pitié. Il a ses moments de distraction, comme tout le monde: parfois, il oublie un homme, et ça fait une vie heureuse.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Moi je veux bien admettre que nous sommes peut-être des survivants d’une époque révolue, et que le poids des réalités ignobles nous fera bientôt disparaître de la planète, un peu comme les éléphants, tenez.

Les Racines du ciel (1956)

Les hommes meurent pour conserver une certaine beauté de la vie. Une certaine beauté naturelle…

Les Racines du ciel (1956)

Aimer est une aventure sans carte et sans compas où seule la prudence égare.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Je ne me souvenais même plus de mes autres amours, peut-être parce que le bonheur est toujours un crime passionnel: il supprime tous les précédents.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Cet antisémitisme est dû en partie à la comédie d’arabisme et d’islamisme que se jouent les extrémistes noirs à la recherche d’un ailleurs spirituel.

Chien blanc (1970)

Puis j’ai voulu aller ailleurs mais je ne savais pas où, alors je suis resté là à glandouiller.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Mais avec deux ou trois francs d’argent de poche par jour, il est difficile de fréquenter, comme on dit dans le Midi.

La Promesse de l'aube (1960)

Malheureusement, ma mère n’était pas femme à garder pour elle ce rêve consolant qui l’habitait. Tout, chez elle, était immédiatement extériorisé, proclamé, déclamé, claironné, projeté au-dehors.

La Promesse de l'aube (1960)

Ou bien elles se foutent dans la Seine avec leur nouveau-né, ou bien c’est leur Jules qui joue du couteau et les surine avec son eustache.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je m’empresse aussi d’ajouter que le béotien que je suis s’incline respectueusement devant le complexe d’Oedipe.

La Promesse de l'aube (1960)

Le rire est le propre de l’homme.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Lorsque la police avoue son impuissance, je me sens tout regaillardi: il y a de l’espoir.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

La véritable tragédie de Faust, ce n’est pas qu’il ait vendu son âme au diable. La véritable tragédie, c’est qu’il n’y a personne pour vous acheter votre âme.

La Promesse de l'aube (1960)

Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais.

La Promesse de l'aube (1960)

J’en arrivais presque à conclure qu’un pseudonyme ne suffisait pas, comme moyen d’expression littéraire, et qu’il fallait encore écrire des livres.

La Promesse de l'aube (1960)

Ils sont tellement habitués à renifler leur petite ordure que lorsque quelqu’un a besoin de respirer un bon coup, de se tourner enfin vers un objet vraiment important, grand, qu’il faut sauver à tout prix, ça les dépasse.

Les Racines du ciel (1956)

Ils ne pouvaient donc imaginer à quel point la défense d’une marge humaine assez grande et généreuse pour contenir même les géants pachydermes pouvait être la seule cause digne d’une civilisation.

Les Racines du ciel (1956)

Le règlement de comptes entre les hommes frustrés par une existence de plus en plus asservie, soumise, et la dernière, la plus grande image de liberté vivante qui existât encore sur terre, continuait à se jouer quotidiennement dans la forêt africaine.

Les Racines du ciel (1956)

Les gens se sentent tellement seuls et abandonnés, qu’ils ont besoin de quelque chose de costaud, qui puisse vraiment tenir le coup. Les chiens, c’est dépassé, les hommes ont besoin des éléphants.

Les Racines du ciel (1956)

Il avait aussi le plus grand respect de l’humour parce que c’était une des meilleures armes que l’homme eût jamais forgées pour lutter contre lui-même.

Les Racines du ciel (1956)

Il avait malgré tout une croix de guerre avec étoile, ce qui n’était pas mal à l’époque, pour un biffin.

La Promesse de l'aube (1960)

Moi la vie je veux pas lui faire une beauté, je l’emmerde.

La vie devant soi (1975)

Un soir, j’étais sorti sur le pont et, accoudé au bastingage, je regardais le sillage phosphorescent du navire.

La Promesse de l'aube (1960)

Dans un fauteuil, près des rideaux, un gaillard athlétique en jeans, maillot de corps, biceps, chaussures de basket, lisait un journal de bandes dessinées.

Clair de femme (1977)

Cette inaptitude atavique à désespérer, qui est en moi comme une infirmité contre laquelle je ne puis rien, finissait par prendre l’apparence de quelque heureuse et congénitale imbécilité …

La Promesse de l'aube (1960)

On s’est toujours étonné de mon amour excessif pour les chiens: ils ont ceci de commun avec nous qu’ils ne savent pas ce qui leur arrive. Nous, on répond à cette ignorance par des chefs-d’oeuvre et eux, en remuant la queue.

L'Affaire homme (2005)

Tout romancier est en rivalité, en concurrence avec la vie. Or, la vie n’est pas capable de «style», c’est-à-dire, de préméditation. C’est le seul avantage que l’art possède sur la vie.

L'Affaire homme (2005)

On a dit que les émeutiers n’avaient aucun dessein. C’est assez juste: ils ne faisaient que vomir le monde.

L'Affaire homme (2005)

Les communistes chinois démolissent la Chine ancienne de manière mille fois plus implacable et efficace que n’aurait pu le faire l’Occident.

L'Affaire homme (2005)

Si les hommes de notre temps ne trouvent pas aux problèmes qui déchirent le monde de solutions fraternelles, c’est peut-être la condamnation des hommes de notre temps, ce n’est pas une condamnation de la fraternité.

L'Affaire homme (2005)

Elle prenait donc la précaution de ne jamais quitter la maison sans une prescription épinglée en évidence sous son manteau: «Je suis diabétique. Si one me trouve évanouie, prière de me faire absorber les sachets de sucre qui sont dans mon sac. Merci».

La Promesse de l'aube (1960)

Un intolérable sentiment de privation, de dévirilisation, presque d’infirmité, s’empara de moi.

La Promesse de l'aube (1960)

A ce début de réussite, il manquait un élément de transcendance, de merveilleux, un deus ex machina qui viendrait transformer notre premier succès en une victoire définitive et écrasante sur l’adversité.

La Promesse de l'aube (1960)

C’est important quand on fait une déprime de sentir qu’il y a quelqu’un qui s’intéresse à vous au bout du fil et attend anxieusement de vos nouvelles. Ca vous donne de l’intérêt.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

J’ai pris encore un croissant. Elle préférait les tartines. C’est vrai que la France est coupée en deux. Il y a ceux qui préfèrent les tartines et ceux qui préfèrent les croissants.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Nous eûmes la chance que le diagnostic du médecin fût rapide et sûr: il s’agissait d’une crise de coma hypoglycémique, due à une trop forte piqûre d’insuline.

La Promesse de l'aube (1960)

Je suis absolument désolé de t’avoir réveillé mais… je suis saoul. Oui, c’est ça, je suis bourré.

Clair de femme (1977)

Derrière lui, sur une étagère, il y avait un de ces affreux petits bouddhas bleus et obèses dont l’expression de sagesse est une invitation à finir dans la graisse.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Les putes que Madame Rosa connaissait personnellement avaient disparu à cause du changement de génération. Comme elle vivait du bouche-à-oreille et qu’elle n’était plus recommandée sur les trottoirs, sa réputation se perdait.

La vie devant soi (1975)

Le poil de chameau au col relevé, le vieux Borsalino au large bord rabattu gaillardement sur l’oeil droit …

Clair de femme (1977)

La pauvreté est un refus de partager la grande fraternité de la merde.

Manuscrit inédit de Pseudo dans Lire, septembre 1981.

Il y a des juifs qui mourront avec le sentiment d’avoir échappé à la mort.

La Danse de Gengis Cohn (1965)

L’humanité n’est même plus une légende, elle est un mythe.

Manuscrit inédit de Pseudo dans Lire, septembre 1981.

Il n’y a pas de commencement, j’ai été engendré, chacun son tour et depuis, c’est l’appartenance.

Pseudo (1976)

Etre associal, c’est être.

Pseudo (1976)

La plus cruelle façon de m’oublier, ce serait de ne plus m’aimer.

Clair de femme (1977)

Quand on pense tout le temps contre le pognon, on pense vraiment beaucoup trop au pognon.

Pseudo (1976)

L’Amérique, maintenant, c’est Freud, l’angoisse, le doute et la merde.

Adieu Gary Cooper (1969)

La réaction est la meilleure alliée de la révolution.

Lady L. (1963)

Nous savons que Dieu n’est pas inaccessible à la pitié. Il a des moments de distraction, comme tout le monde: parfois il oublie un homme et ca fait une vie heureuse.

La Danse de Gengis Cohn (1965)

Je n’arrive pas toujours à appliquer à ma vie les préceptes de mes livres, mais tout ce livre est l’histoire de gens qui ne savent pas désespérer.

A la parution de son livre Les Cerfs-volants en 1980.

Deux malheureux qui ont fait une erreur d’aiguillage et qui se sont trouvés ensemble…

Clair de femme (1977)

Les choses les plus difficiles à guérir, ce ne sont pas les maladies.

La vie devant soi (1975)

Le bonheur, je vais pas me lancer là-dedans avant d’avoir tout essayé pour m’en sortir.

La vie devant soi (1975)

Que le fils du duc de Glendale put ainsi s’abaisser (à faire de la politique) lui paraissait vraiment choquant. Gouverner était un métier d’intendant et il était normal qu’un peuple choisit ses domestiques, c’était cela après tout la démocratie.

Lady L. (1963)

Sans imagination, l’amour n’a aucune chance.

80% de l’énergie, autant dire: nos couilles, sont dans le tiers monde.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Il faut toujours connaître les limites du possible. Pas pour s’arrêter, mais pour tenter l’impossible dans les meilleures conditions.

Charge d'âme (1977)

Les hommes vieillissent toujours mal quand ils restent jeunes.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

La révolte des jeunes bourgeois contre la bourgeoisie est condamnée au canular ou au fascisme.

Adieu Gary Cooper (1969)

Monsieur Hamil m’avait souvent dit que le temps vient lentement du désert avec ses caravanes de chameaux et qu’il n’était pas pressé car il transportait l’éternité.

La vie devant soi

La frigidité, c’est lorsque la morale et la psychologie couchent ensemble.

Clair de femme (1977)

Je ne sais pas ce que c’est, la féminité. Peut-être est-ce seulement une façon d’être un homme.

Clair de femme (1977)

Mon pays avait une voix que la vie semblait avoir créée pour son propre plaisir, car j’imagine que la vie aussi a besoin de gaieté, à l’en juger par les fleurs des champs, qui sourient tellement mieux que les autres.

Clair de femme (1977)

Quand un homme est fini, cela veut dire surtout qu’il continue.

Clair de femme (1977)

La fellation peut évidemment être utilisée comme une caresse dans le cours normal de l’étreinte, mais certainement pas comme une méthode de réanimation.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Quant au nationalisme, il y a longtemps que ça devrait plus exister que pour les matches de football.

Les Racines du ciel (1956)

Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de déblaiement, ils préparent des salubrités futures.

La nuit sera calme (1974)

J’ai écouté le silence, car c’est toujours lui qui chante le dernier.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Le juste milieu. Quelque part entre s’en foutre et en crever. Entre s’enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier. Ne pas se durcir mais ne pas se laisser détruire non plus. Très difficile.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

On peut toujours compter sur un gentleman lorsqu’il s’agit de ne pas comprendre une femme.

Les Racines du ciel (1956)

Le dernier mot n’existe pas en politique, vous le savez bien.

Les Racines du ciel (1956)

Je n’ai pas besoin d’une armée, dit-il. Les idées n’ont pas besoin de troupes: elles font leur chemin toutes seules. Mais s’il y a un accrochage, il faut être en uniforme pour avoir droit à un communiqué sérieux.

Les Racines du ciel (1956)

L’Afrique perdra lorsqu’elle perdra les éléphants. Comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie?

Les Racines du ciel (1956)

Il est possible que ce qu’on appelle la civilisation consiste en un long effort pour tromper les hommes sur eux-mêmes.

Les Racines du ciel (1956)

Et on ne peut pas juger les hommes pour ce qu’ils font quand ils enlèvent leur pantalon. Pour leurs vraies saloperies, ils s’habillent.

Les Racines du ciel (1956)

Qui donc a dit que tout ce qui est féminin est homme, tout ce qui est masculin est femme? Personne.

Clair de femme (1977)

Lorsqu’on a aimé une femme de tous ses yeux, de tous ses matins, de toutes les forêts, champs, sources et oiseaux, on sait qu’on ne l’a pas encore aimée assez et que le monde n’est qu’un commencement de tout ce qui vous reste à faire.

Clair de femme (1977)

Tout à l’heure, vous allez me quitter, mais il y a des instants qui ont de la mémoire. L’éphémère vit d’éclairs et je ne demande pas au bonheur une rente.

Clair de femme (1977)

La faiblesse a toujours vécu d’imagination. La force n’a jamais rien inventé, parce qu’elle croit se suffire. C’est toujours la faiblesse qui a du génie.

Clair de femme (1977)

Le temps est une belle ordure, il vous dépiaute alors que vous êtes encore vivant, comme les tueurs de bébés phoques.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Quand on n’a pas le coeur bête, c’est qu’on n’a pas de coeur du tout.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

C’est une terrible solitude de perdre un être aimé, mais c’est une solitude encore plus terrible de n’avoir jamais perdu personne.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Les chrétiens, dans leurs rapports avec Dieu, ils ne vont jamais jusqu’à l’engueulade. Les juifs si. Ils Lui font des scènes de ménage.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La plus grande révolution des temps modernes, c’est cette soudaine et aveuglante visibilité du monde.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

C’est un sale truc, être toujours jeune, quand on vieillit…

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

L’univers était né d’une goutte d’ironie dont l’humanité n’est qu’un des sourires.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Entre Freud et Marx, on passe son temps à faire connaissance avec son «je…».

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

S’il était possible de s’orienter avec clarté dans les ténèbres de l’inconscient, il n’y aurait pas d’inconscient.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

La lucidité est une des grandes sources méconnues du rire. Les prises de conscience, ça peut être d’un drôle. Il n’y a que les fleurs qui sentent bon sans savoir pourquoi…

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Les meilleurs moment sont toujours les petits.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

C’est ce qu’il y a de bête avec la maturité, ça vient toujours trop tard.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Les hommes, c’est la vanité masculine avant tout.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

A quoi ça sert de passer sa vie à vivre si on ne peut pas profiter de la vie à la fin?

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

On ne devrait jamais permettre à ceux qui ont été quelqu’un de devenir quelque chose.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Dès que je la quittais, elle grandissait à vue d’oeil. Je marchais dans la rue et je souriais à tout le monde, tellement je la voyais partout.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La chose la plus dure pour une femme, c’est de vivre sans tendresse…

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Quand on ne pense pas assez aux autres, on pense trop à son propre cas.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’amour, la vie, c’est du pareil au même et c’est une très jolie chanson.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’espoir est ce qui compte avant tout quand on est jeune, et quand on est vieux aussi, il faut pouvoir s’en souvenir.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Il n’y a d’ailleurs rien de tel que la vérité pour aider à mentir.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

La conversation est une des formes les plus méconnues du silence.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Les endroits où l’homme place son honneur, c’est incroyable… Les couilles devraient pousser sur la tête, comme une couronne…

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

L’attachement à la vie est un des plus grand méfaits de l’amour.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

La fin du monde va provoquer une chute à la Bourse, c’est certain. En cas d’Apocalypse, achetez de l’or…

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Le monde se meurt de l’envie de naître. Notre société s’est épuisée à réaliser les rêves du passé.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

«Vivre», ce n’est ni respirer, ni souffrir, ni même être heureux, vivre est un secret que l’on ne peut découvrir qu’à deux.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Vivre est une prière que seul l’amour d’une femme peut exaucer.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Il y a la virilité et il y a l’infection virile, avec ses millénaires de possession, de vanité et de peur de perdre.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Dès qu’un homme se met à me parler «femmes», au pluriel, sur un ton de complicité masculine entre connaisseurs de viande sur pied, je ressens à son égard une montée de haine presque raciste.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Les hommes meurent parfois beaucoup plus tôt qu’on ne les enterre.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Il y a déjà eu tant d’appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu’il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que les bouteilles.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

C’était très exactement ce que j’entendais par fidélité: lorsqu’on fait passer l’amour avant le plaisir.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Je ne sais pas ce que je vois au juste dans les yeux des bêtes, mais leur regard a une sorte d’interpellation muette, d’incompréhension, de question, qui me rappelle quelque chose et me bouleverse complètement.

La Promesse de l'aube (1960)

Parfois je lève la tête et regarde mon frère l’Océan avec amitié: il feint l’infini, mais je sais que lui aussi se heurte partout à ses limites, et voilà pourquoi, sans doute, tout ce tumulte, tout ce fracas.

La Promesse de l'aube (1960)

Elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis.

La Promesse de l'aube (1960)

Je suis un vieux mangeur d’étoiles et c’est à la nuit que je me confie le plus aisément.

La Promesse de l'aube (1960)

La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n’a plus rien à vous donner.

La Promesse de l'aube (1960)

Il m’a toujours fallu le réconfort d’une féminité à la fois vulnérable et dévouée, un peu soumise et reconnaissante, qui me donne le sentiment d’offrir alors que je prends, de soutenir alors que je m’appuie.

La Promesse de l'aube (1960)

Difficile à faire dans le génie, je n’arrivais qu’à manquer de talent. Il est difficile lorsqu’on se sent le couteau sur la gorge, de chanter juste.

La Promesse de l'aube (1960)

Le monde s’était rétréci pour moi jusqu’à devenir une feuille de papier contre laquelle je me jetais de tout le lyrisme exaspéré de l’adolescence.

La Promesse de l'aube (1960)

Le bonheur est accessible, il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu’on aime avec un abandon total de soi.

La Promesse de l'aube (1960)

Dans mes désespoirs, toujours aussi rageurs que passagers, je me tourne contre l’extérieur et non contre moi-même, et j’avoue que loin de me couper l’oreille comme Van Gogh, c’est aux oreilles des autres que je songerais plutôt à mes bons moments.

La Promesse de l'aube (1960)

La prochaine fois qu’on insulte ta mère devant toi, la prochaine fois, je veux qu’on te ramène à la maison sur des brancards. Tu comprends? … Je veux qu’on te ramène en sang.

La Promesse de l'aube (1960)

Je suis convaincu que les frustrations éprouvées dans l’enfance laissent une marque profonde et indélébile et ne peuvent plus jamais être compensées.

La Promesse de l'aube (1960)

Si on pouvait mourir de honte, il y a longtemps que l’humanité ne serait plus là.

La Promesse de l'aube (1960)

Je vois la vie comme une grande course de relais où chacun de nous, avant de tomber, doit porter plus loin le défi d’être un homme.

La Promesse de l'aube (1960)

Décidé à faire dans le génie, je n’arrivais qu’à manquer de talent.

La Promesse de l'aube (1960)

Mon égocentrisme est en effet tel que je me reconnais instantanément dans tous ceux qui souffrent et j’ai mal dans toutes leurs plaies.

La Promesse de l'aube (1960)

L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive.

La Promesse de l'aube (1960)

La véritable tragédie, c’est qu’il n’y a pas de diable pour vous acheter votre âme.

La Promesse de l'aube (1960)

Je ne sais pas parler de la mer. Tout ce que je sais, c’est qu’elle me débarrasse soudain de toutes mes obligations. Chaque fois que je la regarde, je deviens un noyé heureux.

La Promesse de l'aube (1960)

Par ce suprême échec que l’art est toujours, l’homme éternel tricheur de lui-même, essaye de faire passer pour une réponse ce qui est condamné à demeurer comme une tragique interpellation.

La Promesse de l'aube (1960)

La vérité meurt jeune. Ce que la vieillesse a «appris» est en réalité tout ce qu’elle a oublié.

La Promesse de l'aube (1960)

Je feins l’adulte, mais, secrètement, je guette toujours le scarabée d’or, et j’attends qu’un oiseau se pose sur mon épaule, pour me parler d’une voix humaine et me révéler enfin le pourquoi et le comment.

La Promesse de l'aube (1960)

J’ai beau me consoler en pensant qu’aucun trône n’est solide à l’époque actuelle, le petit prince en moi continue à s’étonner.

La Promesse de l'aube (1960)

Il y a longtemps que je ne crains plus le ridicule; je sais aujourd’hui que l’homme est quelque chose qui ne peut pas être ridiculisé.

La Promesse de l'aube (1960)

Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer.

La Promesse de l'aube (1960)

La vie est pavée d’occasions perdues.

La Promesse de l'aube (1960)

Je devais un jour opter pour la littérature, qui me paraissait le dernier refuge, sur cette terre, de tous ceux qui ne savent pas où se fourrer.

La Promesse de l'aube (1960)

Le destin: cette bataille perdue qu’il ne nous est même pas permis de livrer.

Chien blanc (1970)

Il paraît qu’il ne faut pas avoir peur du bonheur. C’est seulement un bon moment à passer.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Le bonheur est connu pour ses états de manque.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La fraternité. C’est la seule chose que les femmes et les hommes n’ont encore jamais essayé ensemble. Il n’y a pas d’orifice.

Clair de femme (1977)

Un très grand amour, ce sont deux rêves qui se rencontrent et, complices, échappent jusqu’au bout à la réalité.

Europa (1972)

Il avait poinçonné des tickets de métro quarante ans de sa vie, il y en a qui prennent le métro mais lui, c’est le métro qui l’a pris.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.

La Promesse de l'aube (1960)

Il croyait secrètement à un bonheur possible, caché au fond de la vie et qui viendrait soudain tout éclairer, à l’heure même du crépuscule.

Les oiseaux vont mourir au Pérou (1968)

La seule tentation que personne n’est jamais parvenu à vaincre: celle de l’espoir.

Les oiseaux vont mourir au Pérou (1968)

Parce que tout était tellement parfait dans cette symphonie nordique de pâleur et de mer je craignais d’interrompre un de ces moments qui peuvent durer toute une vie, pour peu qu’il y eût mémoire.

Les Cerfs-volants (1980)

Ils ressemblaient à tous les amoureux qui ont choisi leur bonheur personnel, oubliant le reste du monde.

Charge d'âme (1977)

Le bonheur à deux exige une qualité très rare d’ignorance, d’incompréhension réciproque, pour que l’image merveilleuse que chacun avait inventée de l’autre demeure intacte, comme aux premiers instants.

Charge d'âme (1977)

Le seul signe de vieillissement était une impatience grandissante avec l’éphémère: il avait hâte d’être rendu.

Charge d'âme (1977)

Il est moins grave de perdre que de se perdre.

Chien blanc (1970)

Il existe aujourd’hui une nouvelle casuistique qui vous dispense, à cause du Biafra, à cause du Vietnam, à cause de la misère du tiers-monde, à cause de tout, d’aider un aveugle à traverser la rue.

Chien blanc (1970)

Le regard neuf de l’enfant sauve même les trottoirs de l’usure.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Les poings serrés disent seulement l’impuissance des poings et le courage lui-même est sujet à caution, parce qu’il aide à vivre.

Clair de femme (1977)

Dans la vie, toutes les réussites sont des échecs qui ont raté.

Clair de femme (1977)

Le couple, celà signifie un homme qui vit une femme, et une femme qui vit un homme.

Clair de femme (1977)

J’ai connu tant de femmes, dans ma vie, que j’ai pour ainsi dire toujours été seul. Trop, c’est personne.

Clair de femme (1977)

Sous sa chevelure épaisse et emmêlée, son visage semblait toujours tombé du nid. Je cherchais quelque chose à dire, puisqu’il faut toujours recourir aux mots pour empêcher le silence de parler trop fort.

Les Cerfs-volants (1980)

La vérité, c’est qu’il y a une quantité incroyable de gouttes qui ne font pas déborder le vase.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La médecine doit avoir le dernier mot et lutter jusqu’au bout pour empêcher que la volonté de Dieu soit faite.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’ironie est toujours une bonne garantie d’hygiène mentale.

Pseudo (1976) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Chez une personne, les morceaux les plus importants sont le coeur et la tête et c’est pour eux qu’il faut payer le plus cher.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Rien n’est blanc ou noir et le blanc, c’est souvent le noir qui se cache et le noir, c’est parfois le blanc qui s’est fait avoir.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Et je sais également qu’en pressant des âmes comme des tubes de pâte dentifrice, on finit toujours par faire sortir quelques gouttes de pureté.

Les Racines du ciel (1956)

Je pense que si le christianisme n’était pas tombé entre les mains des hommes, mais entre les mains des femmes, on aurait eu aujourd’hui une tout autre vie, une tout autre société, une tout autre civilisation.

Le Sens de ma vie. Entretien (2014)

La liberté est fille des forêts. c’est là qu’elle est née, c’est là qu’elle revient se cacher, quand ça va mal.

Education européenne (1945)

L’Europe a toujours eu les meilleures et les plus belles Universités du monde. C’est là que sont nées nos plus belles idées, celles qui ont inspiré nos plus grandes oeuvres : les notions de liberté, de dignité humaine, de fraternité.

Education européenne (1945)

Qu’est-ce que c’est, le fascisme ? – Je ne sais pas exactement. C’est une façon de haïr.

Education européenne (1945)

Il n’y a pas d’art désespéré – le désespoir, c’est seulement un manque de talent.

Education européenne (1945)

La force n’a jamais rien inventé, parce qu’elle croit se suffire.

Clair de femme (1977)

C’est toujours la faiblesse qui a du génie.

Clair de femme (1977)

L’humour est l’arme blanche des hommes désarmés. Il est une forme de révolution pacifique et passive que l’on fait en désamorçant les réalités pénibles qui vous arrivent dessus.

Le Sens de ma vie. Entretien (2014)

J’ai l’impression d’avoir été vécu par ma vie, d’avoir été objet d’une vie plutôt que de l’avoir choisie et en plus de cela, avec la notoriété, on est donc manipulé par la vie elle-même.

Le Sens de ma vie. Entretien (2014)

Les droits de l’homme ce n’est pas autre chose que la défense du droit à la faiblesse.

Le Sens de ma vie. Entretien (2014)

Après avoir longuement hésité entre la peinture, la scène, le chant et la danse, je devais un jour opter pour la littérature, qui me paraissait le dernier refuge, sur cette terre, de tous ceux qui ne savent pas où se fourrer.

La Promesse de l'aube (1960)

Il faut se méfier d’un excès de lucidité et de bon sens : la vie y laisse quelquefois ses plus belles plumes.

Les Cerfs-volants (1980)

Tu ne sais pas ce que c’est, aimer quelqu’un vraiment. On ne pardonne rien et pourtant on pardonne tout.

Les Cerfs-volants (1980)

La seule obligation sacrée que j’attribue à l’art ou à la littérature, c’est la recherche des vraies valeurs. Je crois qu’il n’y a rien de plus important pour un écrivain, dans la mesure où il se soucie de la vérité.

La nuit sera calme (1974)

Instinctivement, sans influence littéraire apparente, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus.

La Promesse de l'aube (1960)

Je ne vois pas à quoi ça sert de rêver en arrière et à son âge elle ne pouvait plus rêver en avant.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je riais intérieurement. Déjà l’humour était pour moi ce qu’il devait demeurer toute ma vie : une aide nécessaire, la plus sûre de toutes.

La Promesse de l'aube (1960)

Moi je pense que lorsqu’on vit avec quelqu’un de très moche, on finit par l’aimer aussi parce qu’il est moche.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Le temps ne vous fait pas vieillir mais vous impose ses déguisements.

Lady L. (1963)

Le désespoir est toujours une soumission.

Les Cerfs-volants (1980)

Le patriotisme, c’est d’abord l’amour des siens, le nationalisme, c’est d’abord la haine des autres.

Pour Sganarelle (1965)

Il m’a souvent paru qu’à partir d’un certain degré de sérieux, de gravité, un homme, dans la vie, est un infirme, on a toujours envie de l’aider à traverser la rue.

Les Racines du ciel (1956)

Le plus grand effort de ma vie a toujours été de parvenir à désespérer complètement. Il n’y a rien à faire. Il y a toujours quelque chose en moi qui continue à sourire.

La Promesse de l'aube (1960)

On dit que la sagesse s’empare de nous avec l’age.

Les Cerfs-volants (1980)

L’expression même premier amour, par définition, signifie quelque chose qui est appelé à finir.

Les Cerfs-volants (1980)

L’amour n’était pas le sens de la vie mais seulement son petit bénéfice.

Les Cerfs-volants (1980)

Je commençais à comprendre que ce que je ressentais n’était pas, comme on dit, monnaie courante, et que pour les sains d’esprit, l’amour n’était pas le sens de la vie mais seulement son petit bénéfice.

Les Cerfs-volants (1980)

Toutes les grandes sensibilités sont un peu prémonitoires.

Les Cerfs-volants (1980)

La seule obligation sacrée que j’attribue à l’art ou à la littérature, c’est la recherche de vraies valeurs, je crois qu’il n’y a rien de plus important pour un écrivain.

Les Cerfs-volants (1980)

Il n’est que trop facile de prouver que la tolérance conduit parfois tout droit à l’intolérable et que sur ce chemin là, on est trop souvent mené par le bout du nez.

Les Cerfs-volants (1980)

Je commençais cependant à m’éveiller à l’idée qu’il ne suffisait pas d’aimer mais qu’il fallait aussi apprendre à aimer.

Les Cerfs-volants (1980)

Tu sais, parfois, le meilleur moyen d’oublier quelqu’un, c’est de le revoir.

Les Cerfs-volants (1980)

Il y a toujours cette vieille expression on vit d’espoir, mais je commence à croire que c’est surtout l’espoir qui vit de nous.

Les Cerfs-volants (1980)

Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La loi c’est fait pour protéger les gens qui ont quelque chose à protéger contre les autres.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

On ne vit que de ce qui ne peut mourir.

Clair de femme (1977)

Quand on joue au con, on est sûr de gagner.

Les Racines du ciel (1956)

On mettra sûrement en vente un jour des comprimés d’humanité. On en prendra un à jeun le matin, dans un verre d’eau, avant de fréquenter les autres. Alors là, du coup, ça deviendra intéressant et on pourra même faire de la politique.

Les Racines du ciel (1956)

Il y a une mortalité terrible chez les sentiments.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

J’ai parfois l’impression que l’on vit dans un film doublé et que tout le monde remue les lèvres mais ça ne correspond pas aux paroles. On est tous post-synchronisés et parfois c’est très bien fait, on croit que c’est naturel.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Il cherchait à cacher son manque d’assurance sous cet excès d’autorité qui est toujours le dernier recours de la faiblesse.

Les Enchanteurs (1973)

Les souvenirs, c’est une chanson que l’on se chante quand on n’a plus de voix.

Les Enchanteurs (1973)

Les femmes sont vulnérables au murmure de l’âme et l’art de la séduction est fait de délicatesse.

Les Enchanteurs (1973)

Qu’est-ce donc que l’amour sinon une oeuvre d’imagination ?

Les Enchanteurs (1973)

Jamais, dans mes frustrations, tout ce qui fait de moi un homme n’interpella avec plus de rageuse et vaine sauvagerie ce qu’à défaut de mot plus ignoble nous appelons le destin : cette bataille perdu qu’il ne nous est même pas permis de livrer.

Chien blanc (1970)

Il n’y a rien de plus terrible que de ne pas pouvoir désespérer.

Chien blanc (1970)

Ca m’est complètement égal qu’on interdise Rembrandt aux aveugles, Dostoïevski aux illettrés et Bach aux sourds…

La nuit sera calme (1974)

La culture n’a absolument aucun sens si elle n’est pas un engagement absolu à changer la vie des hommes. Elle ne veut rien dire. C’est une poule de luxe.

La nuit sera calme (1974)

J’ai le goût du merveilleux. Ce sont des restes d’enfance. Il n’y a pas de création sans ça.

La nuit sera calme (1974)

Elle m’ouvrit la porte, vêtue de transparence, tenant encore dans ses bras un de ces bouquets de fleurs qui partent toujours à la recherche d’un coeur et ne trouvent qu’un vase.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

L’amour passe par des temps très difficiles. Il y a une crise d’imagination, et sans imagination, l’amour n’a aucune chance.

La nuit sera calme (1974)

Pour moi, l’explication c’est le pire ennemi de l’ignorance.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Au moins, lorsqu’on ne comprend pas, il y a mystère, on peut croire qu’il y a quelque chose de caché derrière et au fond, qui peut soudain sortir et tout changer, mais quand on a l’explication, il reste plus rien, que des pièces détachées.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Un homme qui est bien dans sa peau est ou bien un inconscient ou bien un salaud. Personne n’est dans sa peau sans être aussi dans la peau des autres et cela devrait tout de même poser quelques problèmes, non ?

La nuit sera calme (1974)

Je sais bien que c’est ta mère, mais c’est tout de même beau, un amour comme ça. Ca finit par vous faire envie… Y aura jamais une autre femme pour t’aimer comme elle, dans la vie. Ca, c’est sûr.

La Promesse de l'aube (1960)

Il me fallut bien du temps pour comprendre que rien ne vaut à un homme plus de récompenses que l’art de rassurer.

Les Enchanteurs (1973)

Pour moi, toute la notion de profondeur de l’homme n’a de profond que sa prétention.

La nuit sera calme (1974)

J’ai toujours été plus sensible aux femmes jolies qu’aux femmes belles les femmes belles ont toujours l’air de n’avoir besoin de personne.

Chien blanc (1970)

Pour devenir une encyclopédie vivante il suffit d’être un autodidacte de l’angoisse, c’est ce qu’on appelle somme totale de toutes les connaissances.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Souviens-toi, plus tard, quand tu seras grand, que les monstres les plus redoutables sont invisibles. C’est justement ce qui les rend si dangereux. Il faut apprendre à les flairer.

Les Enchanteurs (1973)

Le Temps, qui ne peut souffrir ce qui dure, a contre les livres une dent particulièrement féroce. Il craint par-dessus tout ces porteurs de germes, germes d’éternité où les idées demeurent vivantes et toujours prêtes à jaillir.

Les Enchanteurs (1973)

Les idées me font parfois penser aux graines trouvées sous les glaciers après des millénaires, qui redeviennent fécondes dès qu’elles sont rendues à l’air libre et à la lumière, et se remettent à vivre, à s’épanouir et à triompher.

Les Enchanteurs (1973)

Ils étaient frères de race, mais d’une race plus vraie que toutes celles qu’inventent la haine et la petitesse de ceux qui cherchent plus bas que soi, afin de se sentir supérieurs.

Les Enchanteurs (1973)

Il m’a expliqué en souriant que rien n’est blanc ou noir et que le blanc, c’est souvent le noir qui se cache et le noir, c’est parfois le blanc qui s’est fait avoir.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

On ne sait pas assez que la faiblesse est une force extraordinaire et qu’il est très difficile de lui résister.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Les sourires sont souvent tristes, il faut se mettre à leur place.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’embarras du choix, c’est l’angoisse.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’amour est peut-être la plus belle forme du dialogue que l’homme a inventé pour se répondre à lui-même.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je sais qu’il existe aussi des amours réciproques, mais je ne prétend pas au luxe.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’appréciation, la satisfaction, l’amitié même que les gens peuvent témoigner à une vulgaire tasse de café, c’est pas croyable.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La joie d’un enfant ou la tendresse d’un couple brillent pour tous, elles sont toujours une place au soleil.

Clair de femme (1977)

Chaque amour heureux porte nos couleurs: il devrait avoir des millions de supporters. Notre fraternité est enrichie par tout ce qui nous éclaire.

Clair de femme (1977)

Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, sans aucun rendement, sans utilité, sans autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps? La liberté elle-même est anachronique.

Les Racines du ciel (1956)

Les hommes ont besoin d’amitié.

Les Racines du ciel (1956)

L’humanité est si belle qu’il faut se contenter de l’aimer et de la servir sans jamais l’examiner d’un oeil trop attentif. Sans quoi, on risque de perdre la vue ou même la raison.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Plus on s’enfonce dans le subconscient de l’homme et plus on est sûr de tomber sur Dieu, et plus on s’enfonce dans le subconscient de Dieu, et plus on est sûr de tomber sur l’homme.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

On peut avoir le goût de l’absolu, de la possession totale – de la solution finale, si vous voulez – sans jamais y parvenir, mais sans se décourager. L’espoir, c’est ça qui compte.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Il y a parfois chez les natures d’élite quelque chose de tellement bien habillé, de si distingué, de soigneusement boutonné que l’on en vient parfois à se demander s’il y a un art plus grand que l’art de se couvrir.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Le renouveau a toujours été d’abord un retour aux sources.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

La violence a toujours été la gesticulation favorite de l’impuissance.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

On a pas le droit de juger une idée sur ce qu’elle devient quand elle se concrétise. Elle n’est pas faite pour ça. Une idée se casse toujours la gueule quand elle touche terre.

Les Clowns lyriques (1979)

Ce qui reste le plus chez les vieux, c’est leur jeunesse.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La France ne peut pas perdre la guerre. C’est impossible. Elle ferma à demi un oeil au-dessus de sa cigarette: – Impossible n’est pas français dit-elle.

Les Cerfs-volants (1980)

Rien de plus dur à vaincre que les préjugés et les préjugés favorables ne sont pas moins tenaces que les autres.

Les Cerfs-volants (1980)

Rien ne me fera concevoir que l’évolution de l’humanité puisse nous pousser à abandonner la liberté. La liberté est un besoin biologique.

Le judaïsme n'est pas une question de sang (2008)

Il sait bien que les vérités absolues n’existent pas, qu’elles ne sont qu’un moyen de nous réduire à la servitude.

La Promesse de l'aube (1960)

Quand on vieillit, on a de moins en moins de chances de tout rater parce qu’on n’a plus le temps, et on peut vivre tranquillement en se contentant de ce qu’on a raté déjà.

Les Cerfs-volants (1980)

Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

On a toujours besoin des autres, on ne peut pas passer sa vie à se détester soi-même.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je suis a priori contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques.

L'Affaire homme (2005)

Il y a une crise d’imagination, et sans imagination, l’amour n’a aucune chance.

La nuit sera calme (1974)

Nous étions en assez bons termes, lui et moi, peut-être justement parce que nous n’avions rien de commun, et que tout ce qui nous séparait établissait entre nous une sorte de lien, par contraste.

La Promesse de l'aube (1960)

Le rire, c’est parfois une façon qu’à l’horreur de crever.

Clair de femme (1977)

L’humour est une dynamite silencieuse et polie qui vous permet de faire sauter votre condition présente chaque fois que vous en avez assez, mais avec le maximum de discrétion et sans éclaboussures.

Les Racines du ciel (1956)

Madame Rosa dit que la vie peut être très belle mais qu’on ne l’a pas encore vraiment trouvée et qu’en attendant il faut bien vivre.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je ne suis pas découragé. Mais mon amour excessif de la vie rend mes rapports avec elle très difficiles, comme il est difficile d’aimer une femme que l’on ne peut ni aider, ni changer, ni quitter.

Chien blanc (1970)

La vraie maison de l’amour est toujours une cachette. La fidélité n’était d’ailleurs pas pour moi un contrat d’exclusivité : elle était une notion de dévouement et de communion dans le même sens des valeurs.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Chaque chef-d’oeuvre indiscutable se fait valeur-patrie. J’établis ici la même différence qu’entre patriotisme et nationalisme : le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres.

Pour Sganarelle (1965)

Car la solitude n’est pas de vivre seul, mais d’aimer seul : ne jamais rencontrer celle qui ne vous aimera jamais, voilà peut-être la définition la plus juste du bonheur humain.

Les Clowns lyriques (1979)

Alors je voudrais savoir : qu’est-ce qu’elle a, la vie ? Qu’est-ce qu’elle a, qui lui permet de vous faire tout avaler et d’en redemander ?

L' angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d' Emile Ajar)

Je savais bien qu’elle rêvait seulement un peu sur mon dos et qu’il ne fallait surtout pas la décourager, car on ne peut rien faire de mieux comme bénévolat que d’aider à rêver.

L' angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d' Emile Ajar)

Je juge les régimes politiques à la quantité de nourriture qu’ils donnent à chacun, et lorsqu’ils y attachent un fil quelconque, lorsqu’ils y mettent des conditions, je les vomis : les hommes ont le droit de manger sans conditions.

La Promesse de l' aube (1960)

Ce que je veux dire, c’est qu’elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis.

La Promesse de l'aube (1960)

Quand on aime comme on respire, ils prennent tous ça pour une maladie respiratoire.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je me suis assis dans l’escalier et j’ai pleuré comme un veau. Les veaux ne pleurent jamais mais c’est l’expression qui veut ça.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La cachette fut terminée aux premières heures de l’aube. C’était une aube mauvaise de septembre, mouillée de pluie : les pains flottaient dans le brouillard, le regard n’arrivait pas jusqu’au ciel.

Education européenne (1945)

Je courrais joyeusement derrière le dépôt de bois où, coiffé d’un tricorne de papier et armé d’un bâton, je défendais l’Alsace-Lorraine, marchais sur Berlin et accomplissais la conquête du monde jusqu’à l’heure du goûter.

La Promesse de l'aube (1960)

« Les cris désespérés sont les cris les plus beaux » figure depuis trop longtemps au programme.

Clair de femme (1977)

Nous avions besoin d’oubli, tous les deux, de gîte d’étape, avant d’aller porter plus loin nos bagages de néant. Deux êtres en déroute qui s’épaulent de leur solitude.

Clair de femme (1977)

Elle s’est endormie dans mes bras. Je n’ai jamais reçu de plus beau don que cette facon qu’elle avait de dormir sur ma poitrine dans une attitude de confiance et de sécurité totale.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Quand on a attendu l’amour toute sa vie on n’est pas du tout préparé.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Madame Lola est très belle pour un homme sauf sa voix qui date du temps où elle était champion de boxe poids lourds, et elle n’y pouvait rien car les voix sont en rapport avec les couilles et c’était la grande tristesse de sa vie.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je voyais bien qu’elle ne respirait plus mais ça m’était égal, je l’aimais même sans respirer.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Monsieur Hamil a de beaux yeux qui font du bien autour de lui.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

J’ai léché ma glace. Je n’avais pas le moral et les bonnes choses sont encore mieux quand on a pas le moral. J’ai souvent remarqué ça. Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je l’ai vue descendre du taxi, devant la cantine, la canne à la main, une gauloise aux lèvres et, sous le regard goguenard des troufions, elle m’ouvrit ses bras d’un geste théâtral, attendant que son fils s’y jetât, selon la meilleure tradition.

La Promesse de l'aube (1960)

J’ai voulu la faire rire, car lorsqu’on rit de quelque chose c’est moins sérieux.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Beaucoup de gens se sentent mal dans leur peau, parce que ce n’est pas la leur.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je ne vieillerai jamais, lui annonçai-je. C’est très facile. Il suffit de l’encre, du papier, d’une plume et d’un coeur de saltimbanque.

Les Enchanteurs (1973)

Il passait toutes ses journées au piano et lorsque la musique s’arrêtait, le silence me paraissait, de toutes les oeuvres de Chopin que je connaissais, la plus déchirante.

Les Cerfs-volants (1980)

Des routes toujours plus grandes, pour aller toujours plus loin nulle part.

Les Racines du ciel (1956)

Jusqu’à ce que la création littéraire devînt pour moi ce qu’elle est toujours, à ses grands moments d’authenticité, une feinte pour tenter d’échapper à l’intolérable, une façon de rendre l’âme pour demeurer vivant.

La Promesse de l'aube (1960)

Je n’écris pas pour jeter une ombre plus grande sur la terre.

La Promesse de l'aube (1960)

Le roman et la vie se confondent, ma vie est une Narration tantôt vécue tantôt imaginée et si un journal américain m’a donné le nom de collectionneur d’âmes, c’est que je ne cesse de faire mon plein de je innombrables, par tous les pores de ma peau.

La nuit sera calme (1974)

Sans angoisse, il n’y aurait pas de création. Et je dirais même, il n’y aurait pas d’homme.

Légendes du Je (2009) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar et de son vrai nom)

La seule obligation que j’attribue à l’art ou à la littérature, c’est la recherche de vraies valeurs, je crois qu’il n’y a rien de plus important pour un écrivain, dans la mesure où il se soucie de la vérité.

Les Cerfs-volants (1980)

Je feins l’adulte, mais, secrètement, je guette toujours le scarabée d’or, et j’attends qu’un oiseau se pose sur mon épaule, pour me parler d’une voix humaine et me révéler enfin le pourquoi du comment.

La Promesse de l'aube (1960)

Il ferma les yeux pour mieux sentir ses lèvres sur les siennes et pour qu’il n’y eût plus d’ailleurs, rien que la douceur de la vie au goût de femme.

Les Clowns lyriques (1979)

Et puis il y a un moment où tu commences à sentir que c’est trop tard, que la vie ne va jamais te rembourser, et c’est l’angoisse. C’est ce que nous appelons l’angoisse du roi Salomon.

L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir auprès de chaque fontaine.

La Promesse de l'aube (1960)

Je vois la vie comme une grande course de relais où chacun de nous avant de tomber doit porter plus loin le défi d’être un homme.

La Promesse de l'aube (1960)

Les flics, dans le fourgon, quand ils ont vu que je continuais à ne pas respirer et même à me boucher le nez, m’ont cassé la gueule pour outrages aux représentants des organes respiratoires dans l’exercice de leurs fonctions.

Pseudo (1976) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Moi Madame Rosa je lui aurais promis n’importe quoi pour la rendre heureuse parce que même quand on est très vieux le bonheur peut encore servir.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

Je suis un peu anarchiste. A quatre-vingt ans, c’est assez gênant évidemment. Et romantique, par dessus le marché, ce qui n’arrange rien.

Lady L. (1963)

Un de ces bouquets de fleurs qui partent toujours à la recherche d’un coeur et ne trouvent qu’un vase.

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Vous voulez tuer l’Injustice, mais vous ne tuez que des hommes. Camus a écrit que l’on condamne à mort un coupable, mais qu’on fusille toujours un innocent. Toujours cet infernal dilemme : l’amour des chiens et l’horreur de la chiennerie.

Chien blanc (1970)

La provocation est ma forme de légitime défense préférée.

Chien blanc (1970)

Je ne suis sûr d’absolument rien, nous ne sommes pas mis au monde pour être sûrs.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

C’est parce que l’amour, lui comprend tout, a réponse à tout, résout tout et qu’il n’y a qu’à le laisser faire.

Clair de femme (1977)

Assise sous les grands pins au bord de la Baltique, Lila rêvait d’elle-même, un brin d’herbe entre les dents, et il me semblait que ce brin d’herbe, c’était moi, que j’allais être jeté au vent d’un moment à l’autre.

Les Cerfs-volants (1980)

Tu sais parfois le meilleur moyen d’oublier quelqu’un c’est de le revoir.

Les Cerfs-volants (1980)

Le seul endroit au monde où l’on peut rencontrer un homme digne de ce nom, c’est le regard d’un chien.

Chien blanc (1970)

Nous nous connaissions beaucoup mieux alors, mademoiselle, parce que nous étions jeune. La part de l’inconnu et de l’incompréhensible augmente considérablement avec le nombre d’années…

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)

Lorsqu’on s’occupe des enfants il faut beaucoup d’anxiété, docteur, sans ça ils deviennent des voyous.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

La psychanalyse prend aujourd’hui, comme toutes nos idées, une forme aberrante totalitaire ; elle cherche à nous enfermer dans le carcan de ses propres perversions.

La Promesse de l'aube (1960)

C’est une époque où tout le monde gueule de solitude et où personne ne sait qu’il gueule d’amour. Quand on gueule de solitude, on gueule toujours d’amour.

Clair de femme (1977)

Le blanc et le noir il y en a marre, le gris il n’y a que ça d’humain.

Les Cerfs-volants (1980)

Je sais qu’il existe aussi des amours réciproques, mais je ne prétends pas au luxe.

Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’inaccessible, on le fabrique souvent soi-même.

La nuit sera calme (1974)

J’étais tellement heureux que je voulais mourir parce que le bonheur il faut le saisir pendant qu’il est là.

La vie devant soi (1975) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)

L’Afrique ne s’éveillera à son destin que lorsqu’elle aura cessé d’être le jardin zoologique du monde.

Les Racines du ciel (1956)

Les chemins qui mènent à la liberté et à la dignité humaine passent par bien des abîmes et ne sauraient donc mener d’un seul coup aux sommets…

Les Enchanteurs (1973)

Au fond, si la mort n’existait pas, la vie perdrait son caractère comique.

La Danse de Gengis Cohn (1967)

Je ne savais pas encore que l’incompréhension va toujours plus loin que tout le savoir, plus loin que le génie, et que c’est toujours elle qui a le dernier mot.

Pseudo (1976) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)