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Citations de : René-Guy Cadou

J’écris pour des oreilles poilues, d’un amour obstiné qui saura bien, un jour, se faire entendre.

Usage interne (1951)

J’aimerais assez cette critique de la poésie: la poésie est inutile comme la pluie.

Usage interne (1951)

Tu es une grande plaine parcourue de chevaux Un port de mer tout entouré de myosotis Et la rivière où le nageur descend A la poursuite de ton image Tu es l’algue marine et la plante sauvage.

Hélène ou le règne végétal (1952)

Je cherche surtout à mettre de la vie dans mes poèmes, à leur donner une odeur de pain blanc, un parfum de lilas, la fraîcheur d’une tige de sauge.

Hélène ou le règne végétal (1952)

Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères Où nous allions tous deux enlacés par les rues.

Poésie, la vie entière (1976)

L’aéroplane est vieux, l’automobile est vieille Seul le vrombrissement mélodieux d’une abeille Est jeune…

Hélène ou le règne végétal (1952)

Penche toi à l’oreille un peu basse du trèfle Avertis les chevaux que la terre est sauvée Dis leur que tout est bon des ciguës et des ronces Qu’il a suffi de ton amour pour tout changer.

Poésie, la vie entière (1976)

On écrit d’abord pour se connaître, puis pour se reconnaître, enfin pour se disculper.

Usage interne (1951)

Toute poésie tend à devenir anonyme.

Usage interne (1951)

Les poèmes les plus surprenants surprennent d’abord par l’absence de surprises.

Usage interne (1951)

L’émotion du poète ne vient pas de ce qu’il voit mais de ce qu’il endure.

Usage interne (1951)

Quand tu es loin de moi tu es toujours présente Tu demeures dans l’air comme une odeur de pain Je t’attendrai cent ans mais déjà tu es mienne Par toutes ces prairies que tu portes en toi.

Hélène ou le règne végétal (1952)

Mais je marche et je sais que tes mains me répondent O femme dans le clair prétexte des bourgeons Et que tu n’attends pas que les fibres se soudent Pour amoureusement y graver nos prénoms.

Hélène ou le règne végétal (1952)

Fais vite Ton ombre te précède et tu hésites Derrière toi on marche sur tes jeux brisés On referme la porte Et les heures sont comptées Mais la vie la plus courte Est souvent la meilleure.

Années-lumière (1941)

La solitude je la vois pour moi dans l’insignifiante compagnie des gens de lettres.

Usage interne (1951)

Je ne conçois pas de poésie sans un miracle d’humilité à la base.

Usage interne (1951)

La poésie est inutile comme la pluie.

Usage interne (1951)

La poésie n’est rien que ce grand élan qui nous transporte vers les choses usuelles, usuelles comme le ciel qui nous déborde.

Usage interne (1951)