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Citations de : Régis Debray

Dieu est Lumière, seul l’homme est photographe.

Vie et mort de l'image (1992)

A quinze ans, Manuel s’est juré de récuser toute utopie, de ne jamais croire que c’était arrivé.

L'Indésirable (1975)

J’ignorais ses tendances anarchisantes autant que lui mes velléités trotskysantes.

L'Indésirable (1975)

Matérialiste, quand tu disais film, tu pensais d’abord acétocellulose – le meilleur des combustibles pour mélanges incendiaires.

L'Indésirable (1975)

Les nuages fuient à l’accéléré, happés par l’entonnoir du ciel vers un insaisissable point de fuite.

L'Indésirable (1975)

Entre une pratique sans tête et une théorie sans jambes, il n’y aura jamais à choisir.

Le défi de l’époque, c’est de pratiquer sans avoir la foi. Si nous ne le relevons pas, l’époque va nous passer sur le corps.

L'Indésirable (1975)

La nature colle à l’Histoire comme le passé à l’avenir et l’inconscient au conscient.

Critique de la raison politique

Engage-toi et supporte.

Critique de la raison politique

Les idées dominantes d’une époque sont comme le mobilier ou les tableaux des appartements de la classe dominante: ils datent de l’époque précédente.

Les rendez-vous manqués

Je sens peut-être le fagot, mais ils puent encore le Saint-Office.

L'Indésirable (1975)

Eh bien, je vais te le donner mon credo, version non expurgée, longtemps, trop longtemps mise à l’index.

L'Indésirable (1975)

Il finit par ne plus entendre le bruit de crécelle sur la carrosserie. Coque ou tourelle ? Sous-marin ou blindé ? L’habitacle résiste, étanchéité garantie.

L'Indésirable (1975)

En fait de musée, c’est plutôt un arsenal. Ou bien un musée de la guerre, mais sans espingoles ni pistolets à crosse nacrée. La guerre moderne, la vraie: celle des fantassins.

L'Indésirable (1975)

Une autoroute centrale se ramifiant tout au long en échangeurs superposés, boucles et trèfles au dessin compliqué.

L'Indésirable (1975)

La cuiller appuie contre le creux de sa paume et il savoure cette pression avec une exaltation secrète, en entretenant pour lui-même un inutile suspense.

L'Indésirable (1975)

Le point décisif, c’est de savoir si le demi-million de chômeurs qui croupit dans cette ville va tourner aux coupe-jarrets ou aux sans-culottes.

L'Indésirable (1975)

Tu as catalysé le mal, nettoyé le champ opératoire, précipité l’inéluctable.

L'Indésirable (1975)

Tel employé de l’ambassade des Etats-Unis arrivait à la préfecture comme un représentant de commerce avec son attaché-case.

L'Indésirable (1975)

Les bidonvilles s’insinuent au coeur des beaux quartiers aseptisés.

L'Indésirable (1975)

On finit toujours par ressembler à ce que l’on combat.

Le Code et le glaive (2011)

D’où vient que chaque fois qu’un bourg informe se transforme en cité, ou un semis de villes en nation, s’élève d’un espace plan délimité un sémaphore en houlette – obélisque, flèche, colonne, rostres, statue de la Liberté, tour Eiffel ou montagne sacrée ?

Eloge des frontières (2010)

Le mur interdit le passage; la frontière le régule. Dire d’une frontière qu’elle est une passoire, c’est lui rendre son dû: elle est là pour filtrer.

Eloge des frontières (2010)

Un peuple, c’est une population, plus des contours et des conteurs.

Eloge des frontières (2010)

Toute frontière, comme le médicament, est remède et poison. Et donc affaire de dosage.

Eloge des frontières (2010)

Renoncer à soi-même est un effort assez vain: pour se dépasser mieux vaut commencer par s’assumer.

Eloge des frontières (2010)

Le réel, c’est ce qui nous résiste et nargue nos plans sur la comète.

Eloge des frontières (2010)

Nous sommes liés à l’absolu par toutes nos fibres. Non tant au pouvoir absolu qu’à ce dont il découle: le savoir absolu. Tant que l’absolu s’incarna dans le siècle, nous pouvions nous battre heureux.

L'Indésirable (1975)

L’adolescent devient adulte via le grand écran; l’adulte, adolescent via le petit.

Vie et mort de l'image (1992)