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Citations de : Pierre Drieu la Rochelle

La confession la plus circonstanciée n’épuise jamais le contenu essentiel d’un homme et il vaut mieux franchement renoncer à dire beaucoup que de prétendre avoir tout dit parce qu’on a révélé tous les faits.

Sur les écrivains (1964)

Certes, je ne renonce pas à rêver ma vie, mais je prétends aussi vivre mes rêves.

L'Homme couvert de femmes (1925)

La décadence, toujours la décadence… La vie est une perpétuelle décadence depuis le début.

Les Chiens de paille (1944)

Il paraît qu’à Liège les Allemands ont employé une arme nouvelle, un hélicoptère qui descend perpendiculairement des charges de bombes sur les ouvrages.

Journal, 15 mai 1940

«Je vais savoir ce qu’est la mort.» Voilà la pensée qui fulgura dans mon cerveau.

La Comédie de Charleroi (1934)

J’essayai de parler à Blow: il me répondit sur un ton nouveau: j’étais un ennemi, un faux frère, un hypocrite.

La Comédie de Charleroi (1934)

Et ils sont mal ficelés. L’un perd sa cravate, l’autre sa molletière.

La Comédie de Charleroi (1934)

A peine on est un peu tranquille dans ce creux: pan. Le 2e bataillon vient de se faire enfoncer: il faut contre-attaquer.

La Comédie de Charleroi (1934)

Nous nous égaillions par groupes dans les taillis et nous saccagions, après tant d’autres trésors, le trésor sylvestre du pays.

La Comédie de Charleroi (1934)

Les Allemands, du point de vue de la vitalité élémentaire, du dynamisme brutal, sont déclassés par les Russes comme nous le sommes par eux.

Journal, 2 janvier 1942

L’adjudant qui a joué un rôle effacé, regarde au loin tristement; il prétend qu’il pense tout le temps à sa femme. Sa femme a bon dos.

La Comédie de Charleroi (1934)

Par exemple, toutes les femmes qui sont ici, je ne peux pas les désirer, elles me font peur, peur. J’ai aussi peur devant les femmes qu’au front pendant la guerre.

Le Feu follet (1931)

On nous criaille de derrière qu’il faut avancer et se déployer. Mais on reste ployé.

La Comédie de Charleroi (1934)

A vingt-deux ans, peu déniaisé, retenu par des timidités ou des dégoûts, militaire depuis longtemps, ne connaissant guère que le bordel, j’avais le sentiment de mon infériorité comme amant, ce qui se paye.

La Comédie de Charleroi (1934)

Elle semblait, toujours satisfaite de ces audiences médiocres, ignorer qu’il aurait pu y en avoir d’autres un peu plus difficiles.

La Comédie de Charleroi (1934)

Hitler aurait dû s’assurer l’Afrique avant d’attaquer la Russie.

Journal, 1 mars 1943

Aussitôt notre tir se calme. Il n’y a que nos mitrailleuses … qui continuent d’arroser le terrain.

La Comédie de Charleroi (1934)

Je m’avançais, débraillé, sans armes … me dandinant parmi mes camarades qui pliaient sous leur arroi.

La Comédie de Charleroi (1934)

Les volontaires, en ce début de guerre – et sans doute, à la fin y en aurait-il encore – se poussaient comme une queue au théâtre. Beaucoup étaient appelés, peu d’élus.

La Comédie de Charleroi (1934)

Je vis arriver nos deux régiments d’artillerie dans un galop apocalyptique.

La Comédie de Charleroi (1934)

Bientôt ils revinrent à leur tanière amochée.

La Comédie de Charleroi (1934)

Il regrettait les soirées de Paris, ce moment délicieux de sept heures du soir, quand on est libre et qu’on peut choisir entre mille plaisirs et que l’ivresse s’offre comme une compagne folle et bavarde.

Gilles (1939)

Dès 1916, j’avais su décrocher la blessure heureuse. Une blessure pas assez grave pour m’empêcher de vivre, assez grave pour en faire accroire.

La Comédie de Charleroi (1934)

La plus grande joie d’une femme, dont elle peut tirer les conséquences sensuelles les plus profondes, c’est la certitude que lui donne un homme de sa virilité morale.

Gilles (1939)

Il avait fait des pieds et des mains pour obtenir une bonne chambre et je le trouvai en train de donner de largent à un camarade qu’il délogeait.

La Comédie de Charleroi (1934)

Ma forfanterie leur semblait sans avenir. Il y avait quelque chose d’excessif en moi, qui leur annonçait le dégonflement.

La Comédie de Charleroi (1934)

Les Allemands séduits par la facilité se remettaient à tirer. Et comment. Quelle dégelée de balles. C’est si facile de déchirer un centimètre de chair avec une tonne d’acier.

La Comédie de Charleroi (1934)

Pendant tout ce temps, j’oscillais entre mon nationalisme théorique d’avant l’armée et ma pratique de défilage, de lâchage.

La Comédie de Charleroi (1934)

Ces balles, c’est du minerai, sorti des entrailles de la terre, qui vous jaillit à la figure. Et c’est conjointement une convulsion de cette société.

La Comédie de Charleroi (1934)

Nous nous reconnaissions comme des braves, comme de ceux qui sont le sel d’une armée. Et chacun devenait encore plus brave en regardant l’autre.

La Comédie de Charleroi (1934)

Ils voient que je suis bourgeois jusqu’au bout des ongles et pourtant homme.

La Comédie de Charleroi (1934)

On parle de la guerre. Nous nous rendons compte qu’on nous a encore une fois bourré le crâne.

La Comédie de Charleroi (1934)

Je reçus pour cette soirée une invitation qui me venait d’un ancien camarade, devenu gros bonnet dans le commerce des visons. Je me décidai à en profiter.

La Comédie de Charleroi (1934)

Nous étions des bêtes. Qui sentait et criait? La bête qui est dans l’homme, la bête dont vit l’homme. La bête qui fait l’amour et la guerre et la révolution.

La Comédie de Charleroi (1934)

Les dieux naissent avec les hommes, meurent avec les hommes, mais ces races emmêlées roulent dans l’éternel.

Le Feu follet

Le suicide c’est la ressource des hommes dont le ressort a été rongé par la rouille.

Le Feu follet

La guerre moderne est une révolte maléfique de la matière asservie par l’homme.

La Comédie de Charleroi

L’extrême civilisation engendre l’extrême barbarie.

Les Chiens de paille

Ceux qui agissent, bâtissent et dépensent profitent des trésors accumulés par ceux qui rêvent, qui prient et qui amassent.

Journal d'un homme trompé

… Sans dieux ni maîtres, ceux-là étant morts, ceux-ci n’étant pas encore nés, nous n’avons que notre jeunesse.

Mesure de la France

Il me semble que si j’arrivais à tuer tout à fait le désir de possession que je refoule si péniblement, je nierais mon amour.

Cité par Pierre Andreu et Frédéric Grover dans Drieu la Rochelle (1979).

Le drame de l’amitié entre les hommes, c’est tout le coeur de la politique.

Dans Drieu la Rochelle ou le Séducteur mystifié (1978) de Dominique Desanti.

Le XXe siècle ne finira pas sans avoir vu d’étranges réconciliations.

Cité par Pierre Andreu et Frédéric Grover dans Drieu la Rochelle (1979).

Les lendemains sont faits de ce qu’a vu la majorité et de ce qu’a vu la minorité.

Cité par Pierre Andreu et Frédéric Grover dans Drieu la Rochelle (1979).

On reste avec ses parents comme plus tard avec une femme. Les habitudes tournent parfois en passions.

Etat civil (1921)

Il ne peut y avoir qu’un court instant, une fois par siècle, cinq minutes par siècle où un intellectuel se trouve d’accord avec un mouvement politique. Dans le premier beau jour d’une révolution.

Les Allemands sont des cons; moi aussi; je veux mourir avec eux.

Dans Drieu la Rochelle ou le Séducteur mystifié (1978) de Dominique Desanti.

La Russie, c’est le Tsar ET le Communisme.

Cité par Pierre Andreu et Frédéric Grover dans Drieu la Rochelle (1979).

C’est très laid les scrupules. C’est ce qui défigure le criminel.

Gilles (1939)

Nous saurons qui nous sommes quand nous verrons ce que nous avons fait.

Le Chef

La vie n’allait pas assez vite en moi, je l’accélère. La courbe mollissait, je la redresse. Je suis un homme. Je suis maître de ma peau, je le prouve. Un revolver, c’est solide, c’est en acier. C’est un objet. Se heurter enfin à l’objet.

Le Feu follet (1931)

Le suicide, c’est un acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres.

Le Feu follet (1931)

Claudel est le seul écrivain vraiment sain depuis le Moyen Age, qui soit aussi vraiment grand. Etrange et miraculeux réveil des forces dans cette France exténuée.

Notes pour comprendre le siècle (1941)

On peut dire qu’il n’y a pas un seul chrétien en France depuis Pascal jusqu’à Léon Bloy, surtout pas dans l’Eglise.

Notes pour comprendre le siècle (1941)

La Saison en Enfer est un des écrits les plus importants de la littérature française. Par-dessus l’énorme trou creusé par le rationalisme, la Saison rejoint les Pensées de Pascal et rétablit le pont coupé.

Notes pour comprendre le siècle (1941)

Je ne renonce pas à rêver ma vie mais je prétends aussi vivre mes rêves.

L'Homme couvert de femmes (1925)