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Citations de : Pierre Corneille

Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces. – J’ai le coeur au-dessus des plus fières disgrâces; – Et l’on peut me réduire à vivre sans bonheur, – Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur.

Le Cid (1636), II, 1, le comte

Qui m’aima généreux me haïrait infâme.

Le Cid (1636), III, 4, Rodrigue

Qui change une fois peut changer tous les jours.

Que le plaisir se goûte au sortir des supplices!

La Veuve (1634), III, 8, Clarice

Que je meure au combat, ou meure de tristesse, – Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu.

Le Cid (1636), I, 6, Rodrigue

Qu’une femme hargneuse est un mauvais voisin!

La Galerie du Palais

Qu’un monstre tel que vous inspire peu de crainte!

Psyché, III, 3, Psyché à l'Amour

Prends un siège, Cinna, prends et sur toute chose – Observe exactement la loi que je t’impose.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes: – Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.

Le Cid (1636), I, 3, le comte

Pleurez, pleurez, mes yeux et fondez-vous en eau! – La moitié de ma vie a mis l’autre au tombeau.

Le Cid (1636), III, 3, Chimène

Père dénaturé, malheureux politique!

Polyeucte (1643), V, 6, Sévère

Paraissez, Navarrais, Mores et Castillans.

Le Cid (1636), V, 1, Rodrigue

On va d’un pas plus ferme à suivre qu’à conduire.

Imitation de Jésus-Christ, I, ch IX

On a peine à haïr ce qu’on a bien aimé – Et le feu mal éteint est bientôt rallumé.

Sertorius (1662), I, 3, Sertorius

Oh! combien d’actions, combien d’exploits célèbres – Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres.

Le Cid (1636), IV, 3, Rodrigue

O soupirs, ô respect! oh! qu’il est doux de plaindre – Le sort d’un ennemi quand il n’est plus à craindre!

La mort de Pompée (1643), V, 1, Cornélie

O rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!

Le Cid (1636), I, 4, Don Diègue

O Ciel! Que de vertus vous me faites haïr!

La mort de Pompée (1643), III, 4, Cornélie

Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort – Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.

Le Cid (1636), IV, 3, Rodrigue

Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse.

Le Cid (1636), III, 5, Don Diègue

Non, je ne pleure point, Madame, mais je meurs.

Suréna, V, 5, Eurydice

Nérine: – Votre pays vous hait, votre époux est sans foi: – Dans un si grand revers que vous reste-t-il? – – Médée: – Moi, – Moi, dis-je, et c’est assez.

Médée (1635), I, 5

Un bienfait perd sa grâce à le trop publier: – Qui veut qu’on s’en souvienne, il le doit oublier.

Théodore

Qui n’a que ce qu’il doit a peu de perte à faire.

Théodore

Un bien acquis sans peine est un trésor en l’air.

La Suite du Menteur

Mais qui parle beaucoup dit beaucoup de sottises; – Et quand il a dessein de se mettre en crédit, – Plus il fait d’effort, moins il sait ce qu’il dit.

La Suite du Menteur

… quiconque prend se vend.

La Suite du Menteur

L’amour est un grand maître, il instruit tout d’un coup.

La Suite du Menteur

Ah! que loin des yeux – Les moments à mon coeur deviennent ennuyeux! – Et que je reconnais par mon expérience – Quel supplice aux amants est une heure d’absence!

Le Menteur

La curiosité souvent dans quelques âmes – Produit le même effet que produiraient des flammes.

Le Menteur

Un menteur est toujours prodigue de serments.

Le Menteur

Chaque moment d’attente ôte de notre prix, – Et fille qui vieillit tombe dans le mépris.

Le Menteur

Mourir pour le pays est un si digne sort, – Qu’on briguerait en foule une si belle mort.

Horace (1640), II, 3, Horace

Moins un homme sent son mal, plus il est malade.

Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, – Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître.

Le Cid (1636), II, 2, Rodrigue

Marquise, si mon visage – A quelques traits un peu vieux, – Souvenez-vous qu’à mon âge – Vous ne vaudrez guère mieux.

Poésies diverses, LVIII, Stances à Marquise Du Parc

Mais quoi? toujours du sang, et toujours des supplices!

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 2, Auguste

Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour; – Plus l’offenseur est cher, plus grande est l’offense.

Le Cid (1636), I, 5, Don Diègue

Mais le trône soutient la majesté des rois – Au-dessus des mépris, comme au-dessus des lois.

Médée (1635), II, 3, Créon

Ma plus douce espérance est de perdre l’espoir.

Le Cid (1636), I, 2, l'infante

Les gens que vous tuez se portent assez bien.

Le Menteur, IV, 2, Cliton

Les exemples vivants ont bien plus de pouvoir; – Un prince dans un livre apprend mal son devoir.

Le Cid (1636)

Les esprits généreux jugent tout par eux-mêmes.

Théodore, IV, 1, Placide

Le vrai savoir donne plus lieu de trembler que de s’enorgueillir.

Le temps est un grand maître, il règle bien des choses.

Sentorius, II, 4, Viriate

Le temps aux plus belles choses – Se plaît à faire un affront, – Et saura faner vos roses – Comme il a ridé mon front.

Poésies diverses

Le sujet d’une belle tragédie doit n’être pas vraisemblable.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), Au lecteur

Le reste ne vaut pas l’honneur d’être nommé.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

Le pire des Etats, c’est l’Etat populaire.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, Cinna

La violence est juste où la douceur est vaine.

La raison et l’amour sont ennemis jurés.

La Veuve (1634), II, 3, la nourrice

La jalousie aveugle un coeur atteint, – Et, sans examiner, croit tout ce qu’elle craint.

Le Menteur

La grâce est aux grands coeurs honteuse à recevoir.

La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne.

La comédie n’est qu’un portrait de nos actions et de nos discours, et la perfection des portraits consiste en la ressemblance.

La Veuve (1634), Au lecteur

L’empire est quelque chose, et l’Empereur n’est rien.

Attila, I, 2, Valamir

Que vouliez-vous qu’il fît contre trois?

Horace (1640), III, 6, Julie

Je vous aime – Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même.

Polyeucte (1643), IV, 3, Polyeucte

Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée.

Polyeucte (1643), V, 5, Pauline

Je suis Romaine, hélas! puisqu’Horace est Romain.

Horace (1640), I, 1, Sabine

Je suis maître de moi comme de l’univers: – Je le suis, je veux l’être.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste

Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées – La valeur n’attend pas le nombre des années.

Le Cid (1636), II, 2, Rodrigue

Je sais ce que je vaux, et crois ce qu’on m’en dit.

Poésies diverses, Excuse à Ariste

Je ne veux point de rois qui sachent obéir.

Nicomède (1651), III, 2, Laodice

Je ne fais rien du tout quand je pense tout faire.

Je ne dois qu’à moi seul toute ma renommée, – Et pense toutefois n’avoir point de rival – A qui je fasse tort en le traitant d’égal.

Poésies diverses, Excuse à Ariste

Je ne cherche en aimant que le seul bien d’aimer.

La Veuve (1634), II, 4, Philiste

Je me défendrai mal: l’innocence étonnée – Ne peut s’imaginer qu’elle soit soupçonnée.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 4, Rodogune

Je le ferais encor si j’avais à le faire.

Le Cid (1636), III, 4, Rodrigue ainsi que dans Polyeucte (1643), V, 3

Je demeure stupide.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Cinna

Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

Le Cid (1636), III, 4, Chimène

Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse: – Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse; – Toujours quelques soucis en ces événements – Troublent la pureté de nos contentements.

Le Cid (1636)

J’en accepte l’augure et j’ose l’espérer.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste

Il m’a fait trop de bien pour en dire du mal, – Il m’a fait trop de mal pour en dire du bien.

Poésies diverses (Ecrit, en 1642, sur Richelieu, à l'occasion de sa mort.)

Il faut bonne mémoire après qu’on a menti.

Le Menteur, IV, 5, Cliton

Hélas! je sors d’un mal pour tomber dans un pire.

Le Menteur, III, 2, Alcippe

Fuyez un ennemi qui sait votre défaut.

Polyeucte (1643), I, 1, Néarque

Faut-il tant de fois vaincre avant que triompher!

Polyeucte (1643), V, 3, Polyeucte

Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux.

Horace (1640), II, 8, le vieil Horace

Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, Auguste

Et le moindre moment d’un bonheur souhaité – Vaut mieux qu’une si froide et vaine éternité.

Et le combat cessa faute de combattants.

Le Cid (1636), IV, 3, Rodrigue

Et je dirais que je vous aime, – Seigneur, si je savais ce que c’est que d’aimer.

Psyché, III, 3, Psyché

Devine, si tu peux, et choisis, si tu l’oses.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), IV, 4, Léontine

Cinna, tu t’en souviens, et veux m’assassiner.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.

Le Cid (1636), IV, 3, Rodrigue

Ce n’est que dans le sang qu’on lave un tel outrage; – Meurs ou tue …

Le Cid (1636), I, 5, Don Diègue

Attale a le coeur grand, l’esprit grand, l’âme grande, – Et toutes les grandeurs dont se fait un grand roi.

Nicomède (1651), II, 3, Nicomède

Amour, sur ma vertu prends un peu moins d’empire!

Suréna, I, 2, Eurydice

Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre: – Toute votre félicité – Sujette à l’instabilité – En moins de rien tombe par terre; – Et comme elle a l’éclat du verre, – Elle en a la fragilité.

Polyeucte (1643), IV, 2, Polyeucte

Albe vous a nommé, je ne vous connais plus.

Horace (1640), II, 3, Horace

Ah! pour être Romain, je n’en suis pas moins homme.

Sertorius (1662), IV, 1, Sertorius

Ah! ne me brouillez point avec la République…

Nicomède (1651), II, 3, Prusias

Adieu, trop malheureux et trop parfait amant.

Polyeucte (1643), II, 2, Pauline

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Le Cid (1636), II, 2, le comte

A raconter ses maux souvent on les soulage.

Polyeucte (1643), I, 3, Stratonice

A qui venge son père, il n’est rien d’impossible. Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.

Le Cid (1636), II, 2, Rodrigue

A quatre pas d’ici je te le fais savoir.

Le Cid (1636), II, 2, Rodrigue

A moi, Comte, deux mots.

Le Cid (1636), II, 2, Rodrigue

A force d’être juste, on est souvent coupable.

La mort de Pompée (1643), I, 1, Photin

Va, cours, vole et nous venge.

Le Cid (1636), I, 5, Don Diègue

… Quand une femme a le don de se taire, – Elle a des qualités au-dessus du vulgaire.

Le Menteur, I, 4, Cliton

Et le désir s’accroît quand l’effet se recule. – Car ce n’est pas régner qu’être deux à régner. – Je suis romaine, hélas! puisque mon époux l’est.

Polyeucte (1643), I, 1, Horace

Rodrigue: – Qui l’eût cru! – Chimène: – Qui l’eût dit?

Le Cid (1636), III, 4

Vous ne passerez pour belle – Qu’autant que je l’aurai dit.

Poésies diverses

Voir le dernier Romain à son dernier soupir, – Moi seule en être cause, et mourir de plaisir!

Horace (1640), IV, 5, Camille

Va, je ne te hais point.

Le Cid (1636), III, 4, Chimène

Un vieillard amoureux mérite qu’on en rie: – Mais le trône soutient la majesté des rois – Au-dessus des mépris, comme au-dessus des lois.

Médée (1635), II, 3, Créon

Un tas d’hommes perdus de dettes et de crimes.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

Un peu de dureté sied bien aux grandes âmes.

Suréna, V, 3, Suréna

Un monarque a souvent des lois à s’imposer; – Et qui veut pouvoir tout ne doit pas tout oser.

Tite et Bérénice (1670), IV, 5, Tite

Un coeur est trop cruel quand il trouve des charmes – Aux douceurs que corrompt l’amertume des larmes.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 1, Emilie

Trêve, mes tristes yeux, trêve aujourd’hui de larmes.

Attila, IV, 6, Ildione

Toujours, l’ambition déplaît quand elle est assouvie.

Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge!

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 1, Cléopâtre

Tel donne à pleine mains qui n’oblige personne: – La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne.

Le Menteur, I, 1, Cliton

Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime.

Horace (1640), V, 3, Tulle

Ta vertu m’est connue.

Polyeucte (1643), I, 4, Félix à Pauline

Sur mes pareils, Néarque, un bel oeil est bien fort.

Polyeucte (1643), I, 1, Polyeucte

Soyons amis, Cinna, c’est moi qui t’en convie.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste

Source délicieuse, en misères féconde, – Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés?

Polyeucte (1643), IV, 2, Polyeucte

Si mourir pour son prince est un illustre sort, – Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort!

Si l’amour vit d’espoir, il périt avec lui – C’est un feu qui s’éteint, faute de nourriture.

Le Cid (1636)

Seigneur, si j’ai raison, qu’importe à qui je sois?

Nicomède (1651), I, 2, Nicomède

Seigneur, de vos bontés il faut que je l’obtienne; – Elle a trop de vertus pour n’être pas chrétienne.

Polyeucte (1643), IV, 3, Polyeucte

Rome, si tu te plains que c’est là te trahir, – Fais-toi des ennemis que je puisse haïr.

Horace (1640), I, 1, Sabine

Rome, l’unique objet de mon ressentiment! – Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant! – Rome qui t’a vu naître et que ton coeur adore! – Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore!

Horace (1640), IV, 5, Camille

Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis.

Sertorius (1662), III, 1, Sertorius

Rodrigue, as-tu du coeur?

Le Cid (1636), I, 5, Don Diègue

Rentre en toi-même, Octave, et cesse de te plaindre. – Quoi! tu veux qu’on t’épargne et n’as rien épargné!

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 2, Auguste

Quoi? vous vous arrêtez aux songes d’une femme?

Polyeucte (1643), I, 1, Néarque

Quoi? Vous ne pouvez pas ce que peut une femme?

Tite et Bérénice (1670), V, 2, Domitie à Tite

Dorante: – Cependant accordez à mes voeux innocents – La licence d’aimer des charmes si puissants. – – Clarice: – Un coeur qui veut aimer, et qui sait comme on aime – N’en demande jamais licence qu’à soi-même.

Le Menteur

Un amant a fort peu de quoi se satisfaire – Des faveurs qu’on lui fait sans dessein de les faire: – Comme l’intention seule en forme le prix, – Assez souvent sans elle on les joint au mépris.

Le Menteur

J’estime plus un don qu’une reconnaissance: – Qui nous donne fait plus que qui nous récompense.

Le Menteur

Et quiconque se plaint cherche à se consoler.

La mort de Pompée (1643)

Que venir, voir, et vaincre, est même chose en moi.

La mort de Pompée (1643)

Un coeur né pour servir sait mal comme on commande.

La mort de Pompée (1643)

Mais c’est une imprudence assez commune aux rois – D’écouter trop d’avis, et se tromper au choix.

La mort de Pompée (1643)

Les bravades enfin sont des discours frivoles, – Et qui songe aux effets néglige les paroles.

La mort de Pompée (1643)

Je perdrai qui me perd, ne pouvant me sauver.

La mort de Pompée (1643)

Le temps de chaque chose ordonne et fait le prix.

La mort de Pompée (1643)

Je ne le vois que trop, Photin et ses pareils – Vous ont empoisonné de leurs lâches conseils: – Ces âmes que le ciel ne forma que de boue…

La mort de Pompée (1643)

Car c’est ne régner pas qu’être deux à régner.

La mort de Pompée (1643)

Qui punit le vaincu ne craint point le vainqueur.

La mort de Pompée (1643), I, 1, Photin

Quand on craint d’être injuste, on a toujours à craindre; – Et qui veut tout pouvoir doit oser tout enfreindre, – Fuir comme un déshonneur la vertu qui le perd, – Et voler sans scrupule au crime qui le sert.

La mort de Pompée (1643)

Quand on veut soutenir ceux que le sort accable, – A force d’être juste on est souvent coupable.

La mort de Pompée (1643)

C’est peu d’aller au ciel, je veux vous y conduire.

Polyeucte (1643)

Et lorsqu’on dissimule un crime domestique, – Par quelle autorité peut-on, par quelle loi, – Châtier en autrui ce qu’on souffre chez soi?

Polyeucte (1643)

Quand le crime d’Etat se mêle au sacrilège, – Le sang ni l’amitié n’ont plus de privilège.

Polyeucte (1643)

Qui chérit son erreur ne la veut pas connaître.

Polyeucte (1643)

Qui n’appréhende rien présume trop de soi.

Polyeucte (1643)

La vertu la plus ferme évite les hasards.

Polyeucte (1643)

Il est bon qu’un mari nous cache quelque chose, – Qu’il soit quelquefois libre, et ne s’abaisse pas – A nous rendre toujours compte de tous ses pas.

Polyeucte (1643)

Tant qu’ils ne sont qu’amants nous sommes souveraines, – Et jusqu’à la conquête ils nous traitent de reines, – Mais après l’hyménée ils sont rois à leur tour.

Polyeucte (1643)

La gloire et le plaisir, la honte et les tourments, – Tout doit être commun entre de vrais amants.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Que la vengeance est douce à l’esprit d’une femme!

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Et qu’enfin la clémence est la plus belle marque – Qui fasse à l’univers connaître un vrai monarque.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Qui pardonne aisément invite à l’offense; – Punissons l’assassin, proscrivons les complices. – Mais quoi? toujours du sang, et toujours des supplices! – Ma cruauté se lasse, et ne peut s’arrêter; – Je veux me faire craindre, et ne fais qu’irriter.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

On n’est point criminel quand on punit un crime.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Les bienfaits ne font pas toujours ce que tu penses; – D’une main odieuse ils tiennent lieu d’offenses: – Plus nous en prodiguons à qui nous peut haïr, – Plus d’armes nous donnons à qui nous veut trahir.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Quand la perte est vengée, on n’a plus rien perdu.

Horace (1640)

Un oracle jamais ne se laisse comprendre; – On l’entend d’autant moins que plus on croit l’entendre; – Et, loin de s’assurer sur un pareil arrêt, – Qui n’y voit rien d’obscur doit croire que tout l’est.

Horace (1640)

Qui veut mourir, ou vaincre, est vaincu rarement.

Horace (1640)

Le devoir d’une fille est dans l’obéissance.

Horace (1640)

Quoiqu’à peine à mes maux je puisse résister, – J’aime mieux les souffrir que de les mériter.

Horace (1640)

Je crains notre victoire autant que notre perte.

Horace (1640)

Ainsi de notre espoir la fortune se joue: – Tout s’élève ou s’abaisse au branle de sa roue. – Et son ordre inégal, qui régit l’univers, – Au milieu du bonheur a ses plus grands revers.

L'Illusion

Ma passion m’aveugle, et pour cette conquête – Croit hasarder trop peu de hasarder ma tête. – C’est un feu que le temps pourra seul modérer; – C’est un torrent qui passe et ne saurait durer.

L'Illusion

L’amour dont la vertu n’est point le fondement – Se détruit de soi-même, et passe en un moment;

L'Illusion

Qui cache sa colère assure sa vengeance;

L'Illusion

Un rien s’ajuste mal avec un autre rien;

L'Illusion

Souvent je ne sais quoi que le ciel nous inspire – Soulève tout le coeur contre ce qu’on désire, – Et ne nous laisse pas en état d’obéir – Quand on choisit pour nous ce qu’il nous faut haïr.

L'Illusion

… Un amour véritable – S’attache seulement à ce qu’il voit aimable.

L'Illusion

Nous donnons bien souvent de divers noms aux choses: – Des épines pour moi, vous les nommez des roses.

L'Illusion

Je vais t’assassiner d’un seul de mes regards …

L'Illusion

A qui sait bien aimer il n’est rien d’impossible.

Médée (1635)

Prendre l’ordre à mourir d’une main ennemie, – C’est mourir, pour un roi, beaucoup plus d’une fois.

Médée (1635)

Où le péril égale, et passe le plaisir, – Il faut se faire force, et vaincre son désir.

Médée (1635)

J’eus toujours pour suspects les dons des ennemis, – Ils font assez souvent ce que n’ont pu leurs armes.

Médée (1635)

Celui-là fait le crime à qui le crime sert.

Médée (1635)

Souvent je ne sais quoi qu’on ne peut exprimer – Nous surprend, nous emporte, et nous force d’aimer – Et souvent, sans raison, les objets de nos flammes – Frappent nos yeux ensemble et saisissent nos âmes.

Médée (1635)

Quiconque sans l’ouïr condamne un criminel – Son crime eût-il cent fois mérité le supplice, – D’un juste châtiment il fait une injustice.

Médée (1635)

N’accusez point l’amour ni son aveuglement; – Quand on connaît sa faute, on manque doublement.

Médée (1635)

Qui peut, sans s’émouvoir, supporter une offense, – Peut mieux prendre à son point le temps de sa vengeance – Et sa feinte douceur, sous un appât mortel, – Mène insensiblement sa victime à l’autel.

Médée (1635)

La peinture et la poésie ont cela de commun entre beaucoup d’autres choses, que l’une fait souvent de beaux portraits d’une femme laide, et l’autre de belles imitations d’une action qu’il ne faut pas imiter.

Médée (1635) (Epître de Corneille à Monsieur P.T.N.G.)

Qui veut tout retenir laisse tout échapper.

La Place Royale

Nous ne sommes point redevables à celui de qui nous recevons un bienfait par contrainte, et on ne nous donne point ce qu’on ne saurait nous refuser.

La Place Royale, A Monsieur

Qu’en l’attente de ce qu’on aime – Une heure est fâcheuse à passer!

La Suivante

Qu’aisément un esprit qui se laisse flatter – S’imagine un bonheur qu’il pense mériter!

La Suivante

J’avais peur d’en trop dire; et cruelle à moi-même, – Parce que j’aime trop, j’ai banni ce que j’aime.

La Suivante

Si j’ai feint pour toi quelques feux, – C’est à quoi plus rien ne m’oblige: – Quand on a l’effet de ses voeux, – Ce qu’on adorait se néglige.

La Suivante

On néglige aisément un homme qui néglige.

La Suivante

Qui ne peut rien prétendre a droit d’abandonner.

La Suivante

Vous n’êtes pas encore au point où je vous veux: – Et toute amitié meurt où naissent de vrais feux.

La Suivante

Que l’amour aisément penche à la jalousie! – Qu’on croit tôt ce qu’on craint en ces perplexités, – Où les moindres soupçons passent pour vérités!

La Suivante

Je ne réplique point à des gens en colère.

La Galerie du Palais

C’est n’aimer qu’à demi qu’aimer avec réserve.

La Galerie du Palais

La force de l’amour paraît dans la souffrance.

La Galerie du Palais

Chacun fait ce qu’il peut, et ce n’est pas merveille – Si, comme avec bon droit on perd bien un procès, – Souvent un bon ouvrage a de faibles succès.

La Galerie du Palais

Il n’en faut point douter, l’amour a des tendresses – Que nous n’apprenons point qu’auprès de nos maîtresses.

La Galerie du Palais

L’amour le plus parfait n’est pas un mariage; – Fort souvent moins que rien cause un grand changement, – Et les occasions naissent en ce moment.

La Galerie du Palais

Nous n’avons qu’un honneur, il est tant de maîtresses! – L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir.

Le Cid (1636)

Et de quoi que nous flatte un désir amoureux, – Toute excuse est honteuse aux esprits généreux.

Le Cid (1636)

La moitié de ma vie a mis l’autre au tombeau, – Et m’oblige à venger, après ce coup funeste, – Celle que je n’ai plus sur celle qui me reste.

Le Cid (1636)

Qu’on est digne d’envie – Lorsqu’en perdant la force on perd aussi la vie!

Le Cid (1636)

Le trop de confiance attire le danger.

Le Cid (1636)

Et lorsque le malade aime sa maladie, – Qu’il a peine à souffrir que l’on y remédie!

Le Cid (1636)

Je sens couler des pleurs que je veux retenir; – Le passé me tourmente, et je crains l’avenir.

Le Cid (1636)

Quoi qu’on fasse d’illustre et de considérable, – Jamais à son sujet un roi n’est redevable.

Le Cid (1636)

Monsieur, pour conserver ma gloire et mon estime, – Désobéir un peu n’est pas un si grand crime.

Le Cid (1636)

Mon mal augmente à le vouloir guérir.

Le Cid (1636)

L’amour est un tyran qui n’épargne personne.

Le Cid (1636)

Le cuisant souvenir d’une action méchante – Soudain au moindre mot nous donne l’épouvante.

La Veuve (1634)

Le monde est un chaos, et son désordre excède – Tout ce qu’on y voudrait apporter de remède.

La Veuve (1634)

Nous donnons aisément ce qui n’est plus à nous.

La Veuve (1634)

Ma flamme est toute pure, et sans rien présumer, – Je ne cherche en aimant que le seul bien d’aimer.

La Veuve (1634)

L’absence ne fait mal que de ceux que l’on aime.

La Veuve (1634)

Loin de vous il n’est rien qu’avec plaisir je voie, – Tout me devient fâcheux, tout s’oppose à ma joie: – Un chagrin invincible accable tous mes sens.

La Veuve (1634)

La confidence avec un bon ami – Jamais, sans l’offenser, ne s’exerce à demi.

La Veuve (1634)

Un crime attire l’autre, et, de peur d’un supplice, – On tâche, en étouffant ce qu’on en voit d’indice, – De paraître innocent à force de forfaits.

Clitandre

Un corps peut-il guérir, dont le coeur est malade?

Clitandre

Allons; ma volonté n’a de loi que la tienne; – Et l’amour, par tes yeux devenu tout-puissant, – Rend déjà la vigueur à mon corps languissant.

Clitandre

Qui se venge en secret, en secret en fait gloire.

Clitandre

Je crains ce que je cherche, et je ne connais pas – De plus grand heur pour moi que d’y perdre mes pas.

Clitandre

Un homme dont les biens font toutes les vertus – Ne peut être estimé que des coeurs abattus.

Mélite

Je meure, s’il n’est vrai que la moitié du monde – Sur l’exemple d’autrui se conduit et se fonde!

Mélite

Une fausse louange est un blâme secret: – Je suis belle à tes yeux, il suffit, soit discret; – C’est mon plus grand bonheur, et le seul où j’aspire.

Mélite

En matière d’amour, rien n’oblige à tenir; – Et les meilleurs amis, lorsque son feu les presse, – Font bientôt vanité d’oublier leur promesse.

Mélite

… Elle a je ne sais quoi – Qui ne peut consentir que l’on demeure à soi.

Mélite

Pauvre amant, je te plains qui ne sais pas encore – Que bien qu’une beauté mérite qu’on l’adore, – Pour en perdre le goût, on n’a qu’à l’épouser.

Mélite

Mais encore faut-il «être bien né»!

Le Cid (1636)

Le peuple ici vous aime, et hait ces coeurs infâmes;Et c’est être bien fort que régner sur tant d’âmes.Mais votre frère Attale adresse ici ses pas.

Nicomède (1651), I, 1, Laodice

C’est peu de dire aimer, Elvire: je l’adore.

Le Cid (1636), III, 3, Chimène

Comte, sois de mon prince à présent gouverneur:Ce haut rang n’admet point un homme sans honneur;Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne,Malgré le choix du roi, m’en a su rendre indigne.

Le Cid (1636), I, 4, Don Diègue

L’unité d’action consiste, dans la comédie, en l’unité d’intrigue.

Discours des trois unités d'action, de jour, et de lieu

Il est nécessaire que chaque acte laisse une attente de quelque chose qui se doive faire dans celui qui le suit.

Discours des trois unités d'action, de jour, et de lieu

Procule: – – Que venez-vous de faire? – – Horace: – – Un acte de justice: un semblable forfait veut un pareil supplice.

Horace (1640), IV, 6

Assurez-vous sur moi, je vous suis toute acquise.

Médée (1635), II, 1, Nérine

Et dans les doux torrents d’une allégresse entière – Tu verras s’abîmer tes maux les plus amers.

La toison d'or, Prologue

L’inceste où malgré vous tous deux je vous abîme, – Recevra de ma main sa première victime.

Oedipe (1659), V, 10

Faites qu’elle aime ailleurs et punisse son crime – Par ce désespoir même où son change m’abîme.

Pertharite, roi des Lombards (1652), II, 1

L’autre, par Néron dans le vice abîmé, – Ramènera ce luxe où sa main l’a formé.

Othon (1664), III, 3

Sous mes pas, c’est creuser un abîme.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 1

Pour moi qui ne vois rien dans le trouble où je suis, – Qu’un gouffre de malheurs, qu’un abîme d’ennuis.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 4

La main qui me tue – Rend sous mes déplaisirs ma constance abattue.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 4

Pison a l’âme simple et l’esprit abattu.

Othon (1664), II, 4

Je demeure immobile et mon âme abattue – Cède au coup qui la tue.

Le Cid (1636), I, 1

Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre.

Sertorius (1662), IV, 2

Je t’adopte pour fils, accepte-moi pour père.

Héraclius, empereur d'Orient (1647), V, 3, Phocas

Leur abord fut bien prompt, leur fuite encor plus prompte.

Le Cid (1636), IV, 1, Elvire

De sa haine aux abois la fierté se redouble.

Sophonisbe (1663), V, 8, Lépide

J’en laissai deux sans vie et mis l’autre aux abois.

Oedipe (1659), I, 6, Oedipe

Et ces esprits légers, approchant des abois, – Pourraient bien se dédire une seconde fois.

Nicomède (1651), IV, 2, Nicomède

Ah! quel âpre tourment! quels douloureux abois!

Médée (1635), V, 5, Créuse

Unissons ma vengeance à votre politique – Pour sauver des abois toute la république.

Sertorius (1662), I, 3, Aristie

Mais pardonne aux abois d’une vieille amitié, – Qui ne peut expirer sans me faire pitié, – Et laisse-moi, de grâce, attendant émilie, – Donner un libre cours à ma mélancolie.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 2, Cinna

Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjects – Ont voulu s’ennoblir par de si hauts projets.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 4

De quoi peut satisfaire un coeur si généreux – Le sang abject et vil de ces deux malheureux?

La mort de Pompée (1643), IV, 1

On te croirait toujours abattu sans effort.

Le Cid (1636), II, 2

Et du premier revers la fortune l’abat.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 5

Abattons sa superbe avec sa liberté.

La mort de Pompée (1643), I, 1

Et j’abattrai d’un coup sa tête et son orgueil.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), III, 3

Il a de votre sceptre abattu le soutien.

Le Cid (1636), II, 9

Pour le faire tomber, j’abattrai son appui.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 1

Et cet abattement que lui cause la peste.

Oedipe (1659), V, 1

Ce monarque étonné à ses frayeurs déjà s’était abandonné.

Nicomède (1651), V, 8

Trône, à t’abandonner je ne puis consentir.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 1

Apprends de leurs indices – L’auteur de l’attentat, et l’ordre, et les complices; – Je te les abandonne…

La mort de Pompée (1643), IV, 4

Mais je m’étonne fort de voir à l’abandon – Du prince Héraclius les droits avec le nom.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), II, 8

L’épargne de mon père entièrement ouverte, – Lui met à l’abandon tous les trésors du roi.

Médée (1635), II, 4

(Elle) lui gagnerait le coeur d’un prince libéral, – Et de tous ses trésors l’abandon général.

Médée (1635), II, 2

J’abandonnai mon âme à des ravissements…

Horace (1640), I, 3

Peut-elle s’abaisser jusqu’à souffrir ma vue?

Pertharite, roi des Lombards (1652), II, 4

De moment en moment son âme plus humaine – Abaisse sa colère et rabat de sa haine.

Médée (1635), III, 2

Car enfin n’attends pas que j’abaisse ma haine.

La mort de Pompée (1643), III, 5

Disposez de sa main, et pour première loi, Madame, ordonnez-lui d’abaisser l’oeil sur moi.

Tite et Bérénice (1670), IV, 3

Jamais étoile, lune, aurore, ni soleil, – Ne virent abaisser sa paupière (du dragon) au sommeil.

Médée (1635), II, 2

Un peu d’abaissement suffit pour une reine.

Nicomède (1651), V, 7

A ce que je puis voir, vous avez combattu, Prince, par intérêt plutôt que par vertu.

Nicomède (1651), II, 3

Ce grand coeur qui paraît au discours que tu tiens.

Le Cid (1636), II, 2

Viens, suis-moi, va combattre et montrer à ton roi – Que ce qu’il perd au comte, il le retrouve en toi.

Le Cid (1636), III, 6

Il est ce que tu dis, s’il embrasse leur foi; – Mais il est mon époux, et tu parles à moi.

Polyeucte (1643), III, 2

Quelque effort que l’on fasse à rompre vos beaux noeuds.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), I, 4

J’attire en me vengeant sa haine et sa colère; – J’attire ses mépris en ne me vengeant pas.

Le Cid (1636)

Ou laissez-moi périr, ou laissez-moi régner.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Nos plaisirs les plus doux ne vont pas sans tristesse.

Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères!

Le Cid (1636)

Ma mort était ma gloire, et le destin m’en prive…

La mort de Pompée (1643)

Et la mort ou l’exil ou les abaissements – Seront pour vous et moi ses vrais remercîments.

Othon (1664), II, 4

A l’une ou l’autre enfin votre âme à l’abandon – Ne lui pourra jamais refuser ce pardon.

Pertharite, roi des Lombards (1652), IV, 1

A de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre.

Le Cid (1636), I, 3

L’amour que j’ai pour vous est tout à votre gloire.

Don Sanche d'Aragon, II, 2, Carlos

Soyez prêt à demain.

Le Cid (1636), IV, 5

Je deviendrais suspect à parler davantage.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 4

A les défendre mal je les aurais trahis.

Le Cid (1636), II, 2

J’en ferais autant qu’elle à vous connaître moins.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 4

J’entreprendrais sur elle à l’accepter de vous.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), III, 4

Abandonner mon camp en est un (crime) capital, – Inexcusable en tous et plus au général.

Nicomède (1651), II, 2

Un service au-dessus de toute récompense – A force d’obliger tient presque lieu d’offense.

Suréna

Quand le bras a failli, l’on en punit la tête.

Le Cid (1636)

Plus l’offenseur est cher, et plus grande est l’offense.

Le Cid (1636)

Un prince dans un livre apprend mal son devoir.

Le Cid (1636)

Je sais ce qu’à mon coeur coûtera votre vue, – Mais qui cherche à mourir doit chercher ce qui tue.

Suréna

Où dois-je recourir, – O Ciel, s’il faut toujours aimer, souffrir, mourir?

Suréna

Il faut des images.

O qu’il n’est pas de ceux dont l’esprit à la mode – A l’humeur d’un amy jamais ne s’accommode, – Et qui nous font souvent cent protestations – Et contre les effects, ont mille inventions!

La Veuve (1634)

Il ne faut craindre rien quand on a tout à craindre.

Héraclius, empereur d'Orient (1646)

Qui se laisse outrager mérite qu’on l’outrage; – Et l’audace impunie enfle trop un courage.

Héraclius, empereur d'Orient (1646)

On n’aime point à voir ceux à qui l’on doit tout.

Nicomède (1651)

Le trop de promptitude à l’erreur nous expose.

Plus le péril est grand, plus doux est le fruit.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur et un devoir.

Le Cid (1636)

Le seul bruit de mon nom renverse les murailles, – Défait les escadrons, et gagne les batailles.

L'Illusion comique (1635-1636)

Nous mourrons à toute heure; et dans le plus doux sort, – Chaque instant de la vie est un pas vers la mort.

Tite et Bérénice (1670), V, 1

J’ai souhaité l’empire et j’y suis parvenu.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640)

Pratiquez vos conseils ou n’en donnez pas.

Je prendrai part aux maux sans en prendre à la gloire; – Et je garde, au milieu de tant d’âpres rigueurs, – Mes larmes aux vaincus, et ma haine aux vainqueurs.

Horace (1640)

Ci-gît Jean qui baissait les yeux – A la rencontre des gens sobres – Et qui priait tout bas les dieux – Que l’année ait plusieurs octobres.

Il est doux de mourir après ses ennemis; – Et, de quelque rigueur que le destin me traite, – Je perds moins à mourir qu’à vivre leur sujette.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

Qui se venge à demi court lui-même à sa peine: – Il faut ou condamner ou couronner sa haine.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

Souvent qui tarde trop se laisse prévenir.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre; – Qui l’ose réveiller peut s’en laisser surprendre.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

Si vous voulez régner, faites régner l’amour.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

Il est des noeuds secrets, il est des sympathies, – Dont par le doux rapport les âmes assorties – S’attachent l’une à l’autre, et se laissent piquer – Par ces je ne sais quoi qu’on ne peut expliquer.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

La haine entre les grands se calme rarement; – La paix souvent n’y sert que d’un amusement.

Rodogune, princesse des Parthes (1644)

Pour la cause de Dieu s’offrir en sacrifice, – C’est courir à la vie, et non au supplice.

Théodore

On retire souvent le bras pour mieux frapper. – Qui veut que je la trompe a droit de me tromper.

Théodore

L’amour va rarement jusque dans un tombeau – S’unir au reste affreux de l’objet le plus beau.

Théodore

Les visages souvent sont de doux imposteurs. – Que de défauts d’esprit se couvrent de leurs grâces! – Et que de beaux semblants cachent des âmes basses!

Le Menteur

J’appelle rêveries – Ce qu’en d’autres qu’un maître on nomme menteries.

Le Menteur

Monsieur, quand une femme a le don de se taire, – Elle a des qualités au-dessus du vulgaire.

Le Menteur

O combien d’actions, combien d’exploits célèbres Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres, Où chacun, seul témoin des grands coups qu’il donnait, Ne pouvait discerner où le sort inclinait!

Le Cid (1636), IV, 3, Don Rodrigue

Je dois tout à mon père avant qu’à ma maîtresse: Que je meure au combat, ou meure de tristesse, Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu.

Le Cid (1636), I, 6, Don Rodrigue

Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi; Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

Le Cid (1636), III, 4, Chimène

On est toujours trop prêt quand on a du courage.

Le Cid (1636), IV, 5, Don Diègue

Ton adorable intégrité, O Vierge mère, ainsi ne souffre aucune atteinte, Lorsqu’en tes chastes flancs se fait l’union sainte De l’essence divine à notre humanité.

Louanges de la Sainte Vierge

Votre grade hors du commun Incommode fort qui vous aime.

Poésies diverses, X

Comme tout ce discours n’était que fiction, Je cachais mon retour et ma condition.

Le Menteur (1644), V, 6, Dorante

Ne déguisons plus rien, cher Philiste: il est tempsQu’un aveu mutuel rende nos voeux contents.

La Veuve (1632), II, 4, Clarice

Les mystères de cour souvent sont si cachésQue les plus clairvoyants y sont bien empêchés.

Nicomède (1651), III, 4, Laodice

C’est à vous de choisir mon amour ou ma haine.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), III, 4, Rodogune

Près d’un esprit si chaud et si fort emporté,Suréna dans ma cour est-il en sûreté?

Suréna, général des Parthes (1674), V, 1, Orode

Qu’au reste les veneurs, allant sur leurs brisées, ne forcent pas le cerf, s’il est aux reposées; qu’ils prennent connoissance, et pressent mollement, sans le donner aux chiens qu’à mon commandement.

Clitandre ou l'Innocence persécutée (1631), II, 4, Floridan

Il vous prit quelque argent, mais ce petit butin à peine lui dura du soir jusqu’au matin; et pour gagner Paris, il vendit par la plaine des brevets à chasser la fièvre et la migraine, dit la bonne aventure, et s’y rendit ainsi.

L'Illusion comique (1636), I, 3, Alcandre

Vous êtes généreux; soyez-le jusqu’au bout.

Polyeucte martyr (1642), IV, 5, Pauline

Mon coeur outré d’ennuis n’ose rien espérer. Un orage si prompt qui trouble une bonace d’un naufrage certain nous porte la menace: je n’en saurois douter, je péris dans le port.

Le Cid (1636), II, 3, Chimène

Il est trop bon mari pour être assez bon père.

Nicomède (1651), III, 4, Laodice

Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?

Le Cid (1636), I, 4, Don Diègue

Je peindrai cette ardeur constante et légitime De retrancher le luxe et d’extirper le crime.

Poésies diverses

La plus fausse apparence a droit de nous troubler.

Suréna, général des Parthes (1674), I, 1, Eurydice

Source de tous les biens, inépuisable et pure,Maître des hommes et des dieux,Cher auteur des maux que j’endure,Etes-vous pour jamais disparu de mes yeux?

Psyché (1671), IV, 4, Psyché

Dorante:- Je disois vérité.Cliton:- Quand un menteur la dit, en passant par sa bouche elle perd son crédit.

Le Menteur (1644), III, 6

Je sais ce que je suis et ce que je me dois.

Don Sanche d'Aragon (1650), I, 1, Dom Elvire

Qu’un feu jadis si beau n’en devienne pas moindre:rendez-lui votre coeur, et recevez sa foi;vivez heureux ensemble, et mourez comme moi;c’est le bien qu’à tous deux Polyeucte desire.

Polyeucte martyr (1642), IV, 4, Polyeucte

De mille désespoirs mon coeur est assailli.

La Place Royale

Ce qui naît d’un moyen périt par son contraire;Tout ce que l’un a fait, l’autre peut le défaire;Et dans la lâcheté du vice où je te voi,Tu n’es plus gentilhomme, étant sorti de moi.

Le Menteur (1644), V, 3, Géronte

Je vous demande pardon si je vous débite avec tant de franchise ma pensée sur les présents que vous m’avez faits.

Lettres

Garrottez ce maraud; les couples de vos chiensVous y pourront servir, faute d’autres liens.

Clitandre ou l'Innocence persécutée (1631), IV, 5, Floridan

Quand l’âge dans mes nerfs a fait couler sa glace,Votre rare valeur a bien rempli ma place;Enfin, pour épargner les discours superflus,Vous êtes aujourd’hui ce qu’autrefois je fus.

Le Cid (1636), I, 3, Don Diègue

Il est tard, après tout, de m’en vouloir dédire. Aujourd’hui l’on s’assemble, aujourd’hui l’on conspire; l’heure, le lieu, le bras se choisit aujourd’hui; et c’est à faire enfin à mourir après lui.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 2, Emilie

J’en accepte l’augure, et j’ose l’espérer: ainsi toujours les dieux vous daignent inspirer!

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste

Recevez tout l’honneur qu’on vous doit aujourd’hui: l’ambassadeur romain me demande audience; il verra ce qu’en vous je prends de confiance; vous l’écouterez, prince, et répondrez pour moi.

Nicomède (1651), II, 2, Prusias

Sire, j’y suis venu: cet objet l’a trompée; elle m’a cru vainqueur, me voyant de retour, et soudain sa colère a trahi son amour avec tant de transport et tant d’impatience, que je n’ai pu gagner un moment d’audience.

Le Cid (1636), V, 6, Don Sanche

D’un jeune audacieux punissez l’insolence: il a de votre sceptre abattu le soutien, il a tué mon père.

Le Cid (1636), II, 8, Chimène

L’heureux moment approche où votre destinéeSemble être aucunement à la nôtre enchaînée,Puisque d’un droit d’aînesse incertain parmi nousLa nôtre attend un sceptre et la vôtre un époux.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), III, 4, Antiochus

On entreprend assez, mais aucun n’exécute; il est des assassins, mais il n’est plus de Brute: enfin, s’il faut attendre un semblable revers, il est beau de mourir maître de l’univers.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, Cinna

Malgré sa jalousie et ses vaines menaces, n’êtes-vous pas toujours le maître de ses places? Les siens, dont vous craignez le vif ressentiment, ont-ils dans votre armée aucun commandement?

Sertorius (1662), I, 2, Perpenna

Et rien à négliger: le trop de confiance attire le danger; et vous n’ignorez pas qu’avec fort peu de peine un flux de pleine mer jusqu’ici les amène.

Le Cid (1636), II, 6, Don Fernand

Grenade et l’Aragon tremblent quand ce fer brille; mon nom sert de rempart à toute la Castille: sans moi, vous passeriez bientôt sous d’autres lois, et vous auriez bientôt vos ennemis pour rois.

Le Cid (1636), I, 3, le comte

Ce sont des bibliothèques vivantes, prêtes à fournir diverses recherches sur tout ce qui peut tomber en dispute.

Discours de réception à l'Académie française, 31 janvier 1647

Soudain nous entassons, pour défenses nouvelles,Bancs, tables, coffres, lits, et jusqu’aux escabelles:Nous nous barricadons, et dans ce premier feu,Nous croyons gagner tout à différer un peu.

Le Menteur (1644), II, 5, Dorante

Soyez donc notre avocate, tournez vers nous ces yeux qui ne sont que miséricorde.

Vêpres et Complies

On va d’un pas plus ferme à suivre qu’à conduire; l’avis est plus facile à prendre qu’à donner: on peut mal obéir comme mal ordonner; mais il est bien plus sûr d’écouter que d’instruire.

L'Imitation de Jésus-Christ, Livre 1, chapitre 9

Les nôtres, à ces cris, de nos vaisseaux répondent;Ils paroissent armés, les Mores se confondent,L’épouvante les prend à demi descendus;Avant que de combattre, ils s’estiment perdus.

Le Cid (1636), IV, 3, Don Rodrigue

Nous autres, bénissons notre heureuse aventure:Allons à nos martyrs donner la sépulture,Baiser leurs corps sacrés, les mettre en digne lieu,Et faire retentir partout le nom de Dieu.

Polyeucte martyr (1642), V, 6, Félix

Je l’attaquai par là, par là je pris son âme;Dans mon peu de mérite elle me négligeoit,Et ne put négliger le bras qui la vengeoit:Elle n’a conspiré que par mon artifice;J’en suis le seul auteur, elle n’est que complice.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 2, Cinna

Cependant à Pompée élevez des autels:Rendez-lui les honneurs qu’on rend aux immortels;Par un prompt sacrifice expiez tous vos crimes;Et surtout pensez bien au choix de vos victimes.

La mort de Pompée (1644), III, 2, César

Reprends auprès de moi ta place accoutumée; rentre dans ton crédit et dans ta renommée; qu’Euphorbe de tous trois ait sa grâce à son tour; et que demain l’hymen couronne leur amour.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste

Percé jusques au fond du coeur d’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, misérable vengeur d’une juste querelle, et malheureux objet d’une injuste rigueur, je demeure immobile, et mon âme abattue cède au coup qui me tue.

Le Cid (1636), I, 6, Don Rodrigue

Apaisez donc sa crainte, et calmez la douleur dont son âme est atteinte.Elle revient.

Polyeucte martyr (1642), I, 1, Polyeucte

Honteux attachements de la chair et du monde,Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés?

Polyeucte martyr (1642), IV, 2, Polyeucte

Qui marche assurément n’a point peur de tomber:Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie.Qui craint de le nier, dans son âme le nie:il croit le pouvoir faire, et doute de sa foi.

Polyeucte martyr (1642), II, 6, Polyeucte

L’ambition déplaît quand elle est assouvie, d’une contraire ardeur son ardeur est suivie.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, Auguste

Ce coeur impitoyable à ma perte s’obstine, et dit qu’il m’aime encore alors qu’il m’assassine.

Horace (1640), II, 5, Camille

Pour moi! Mon ennemi! L’objet de ma colère! L’auteur de mes malheurs! L’assassin de mon père!

Le Cid (1636), IV, 5, Chimène

Va, tu l’as pris en traître; un guerrier si vaillantN’eût jamais succombé sous un tel assaillant.

Le Cid (1636), V, 5, Chimène

Que cependant Félix m’immole à ta colère; qu’un rival plus puissant éblouisse ses yeux; qu’aux dépens de ma vie il s’en fasse beau-père, et qu’à titre d’esclave il commande en ces lieux: je consens, ou plutôt j’aspire à ma ruine.

Polyeucte martyr (1642), IV, 2, Polyeucte

Assez d’autres états lui prêteront asile.

Sertorius (1662), II, 4, Viriate

Vous avez trouvé l’art d’être maître des coeurs.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Livie

L’arrogante! A l’ouïr, elle est déjà ma reine,Et si César en croit son orgueil et sa haine,Si, comme elle s’en vante, elle est son cher objet,De son frère et son roi je deviens son sujet.

La mort de Pompée (1644), II, 4, Ptolomée

Va contre un arrogant éprouver ton courage:ce n’est que dans le sang qu’on lave un tel outrage.

Le Cid (1636), I, 5, Don Diègue

Tranchons l’unique espoir où tant d’orgueil se fonde,Et donnons un tyran à ces tyrans du monde;Secondons le destin qui les veut mettre aux fers,Et prêtons-lui la main pour venger l’univers.

La mort de Pompée (1644), I, 1, Ptolomée

Assez et trop longtemps l’arrogance de RomeA cru qu’être Romain c’était être plus qu’homme:Abattons sa superbe avec sa liberté;Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté.

La mort de Pompée (1644), I, 1, Ptolomée

Hélas! Cours après lui, Fulvie, et si ton amitié daigne me secourir, arrache-lui du coeur ce dessein de mourir: dis-lui…

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 5, Emilie

Mon désespoir à tous m’abandonnoit en proie, et lorsque d’Alidor je me vis outrager, je fis armes de tout afin de me venger.

La Place Royalle ou l'Amoureux extravagant (1634), IV, 7, Angélique

Mais si vous connoissez l’amour et ses ardeurs,jamais pour son objet il ne prend les grandeurs:avouez que son feu n’en veut qu’à la personne,et qu’en moi vous n’aimiez rien moins que ma couronne.

Médée (1635), II, 5, Créuse

Je l’ai vu cette nuit, ce malheureux Sévère, la vengeance à la main, l’oeil ardent de colère…

Polyeucte martyr (1642), I, 3, Pauline

Si vous fûtes vaillant, je le suis aujourd’hui,Et ce bras du royaume est le plus ferme appui.

Le Cid (1636), I, 3, le comte

Seigneur, dans sa cour même, et hors de l’Arménie, la vertu trouve appui contre la tyrannie.

Nicomède (1651), III, 2, Laodice

En est-ce fait, Julie, et que m’apportez-vous?Est-ce la mort d’un frère, ou celle d’un époux?

Horace (1640), III, 2, Sabine

Chimène à vos genoux apporte sa douleur; elle vient toute en pleurs vous demander justice.

Le Cid (1636), II, 7, Don alonse

Conserver un rival dont vous êtes jaloux, c’est un trait de vertu qui n’appartient qu’à vous …

Polyeucte martyr (1642), IV, 5, Pauline

Vous tenez des discours qui sont hors d’apparence; elle me passe en tout, et dans ce changement chacun vous blâmeroit de peu de jugement.

La Galerie du Palais ou l'Amie Rivale (1633), III, 6, Hippolyte

Peut-être, et ce soupçon n’est pas sans apparence, il rallume en son coeur déjà quelque espérance; et croyant bientôt voir Polyeucte puni, il rappelle un amour à grand’ peine banni.

Polyeucte martyr (1642), III, 5, Félix

Apaise, ma Chimène, apaise ta douleur:Fais agir ta constance en ce coup de malheur.

Le Cid (1636), II, 3, l'infante

Notre profond silence abusant leurs esprits, ils n’osent plus douter de nous avoir surpris; ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent, et courent se livrer aux mains qui les attendent.

Le Cid (1636), IV, 3, Don Rodrigue

Toutes les dignités que tu m’a demandéesJe te les ai sur l’heure et sans peine accordées.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

En vain je m’y travaille, et d’un soin inutile, tout cassé que je suis, je cours toute la ville: ce peu que mes vieux ans m’ont laissé de vigueur se consume sans fruit à chercher ce vainqueur.

Le Cid (1636), III, 5, Don Diègue

Amusez-le du moins à débattre avec vous:Faites-lui perdre temps, tandis qu’en assuranceLa galère s’éloigne avec son espérance.

Nicomède (1651), V, 5, Arsinoé

Je verrai leur amour, j’éprouverai sa force, sans flatter leurs desirs, sans leur jeter d’amorce; et s’il est assez fort pour me servir d’appui, je le ferai régner, mais en régnant sur lui.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), III, 3, Rodogune

A la fin je triomphe, et les destins amisM’ont donné le succès que je m’étais promis.

Mélite (1629), IV, 5, Eraste

Je veux que Célidée ait charmé son courage, l’amour le plus parfait n’est pas un mariage.

La Galerie du Palais ou l'Amie Rivale (1633), I, 1, Florice

Dans le bonheur d’autrui, je cherche mon bonheur.

Tant qu’ils ne sont qu’amants, nous sommes souveraines,Et jusqu’à la conquête ils nous traitent de reines.

Polyeucte martyr (1642), I, 3, Pauline

Mais ne te contrains point dans ces rudes alarmes:Laisse allez tes soupirs, laisse couler tes larmes.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), III, 3, Phocas

Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse;il mêle à nos vertus des marques de foiblesse,et rarement accorde à notre ambitionl’entier et pur honneur d’une bonne action.

Horace (1640), V, 1, Le vieil horace

Leur secte est insensée, impie, et sacrilége,et dans son sacrifice use de sortilége;mais sa fureur ne va qu’à briser nos autels:elle n’en veut qu’aux dieux, et non pas aux mortels.

Polyeucte martyr (1642), I, 3, Stratonice

Pleurez l’irréparable affrontQue sa fuite honteuse imprime à notre front;Pleurez le déshonneur de toute notre race,Et l’opprobre éternel qu’il laisse au nom d’Horace.

Horace (1640), III, 6, Le vieil horace

S’il me veut posséder, Auguste doit périr: – Sa tête est le seul prix dont il peut m’acquérir.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 2, Emilie

On garde sans remords ce qu’on acquiert sans crime.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, Cinna

Mais l’acier des bourreaux fut plus prompt à trancher.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), II, 5, Exupère

Je n’accuse personne, et vous tiens innocente.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 4, Rodogune

Vous me connaissez mal: la même ardeur me brûle, – Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Polyeucte martyr (1642), I, 1, Polyeucte

Un homme un peu content et qui s’en fait accroire – Se voyant méprisé, rabat bien de sa gloire, – Et surpris qu’ il en est en telle occasion, – Toute sa vanité tourne en confusion.

La Suite du Menteur, IV, 1, Lyse

Je n’ai point accoutumé de dissimuler mes défauts.

Examen d'Horace

Il s’est en plein sénat démis de sa puissance; – Et si vers toi Pompée a le moindre penchant, – Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance – Et la triste Emilie est morte en accouchant.

Sertorius (1662), V, 2, Aristie

Le roi même est d’accord de cette vérité.

Le Cid (1636), IV, 2, l'infante

Que peut-on m’ordonner que mon bras n’accomplisse?

Le Cid (1636), V, 7, Don Rodrigue

Les accommodements ne font rien en ce point:De si mortels affronts ne se réparent point.

Le Cid (1636), II, 3, Chimène

Il s’est fait admirer tant qu’ont duré ses frères;Mais comme il s’est vu seul contre trois adversaires,Près d’être enfermé d’eux, sa fuite l’a sauvé.

Horace (1640), III, 6, Julie

L’adultère et l’inceste en étaient les plus doux (blasphèmes).

Polyeucte martyr (1642), III, 2, Stratonice

Si le ciel en naissant ne m’a fait grand seigneur, il m’a fait le coeur ferme et sensible à l’honneur, et je suis homme à rendre un jour ce qu’on me prête.

L'Illusion comique (1636)

Est-il quelque défaut que les biens ne réparent ?

Mélite (1629), IV, 1

Si tu l’aimes, apprends que revenir vainqueur C’est l’unique moyen de regagner son coeur.

Le Cid (1636), III, 6, Don Diègue

Le jeu, comme on dit, ne vaut pas la chandelle.

Le Menteur (1644), I, 1, Cliton

Le temps assez souvent a rendu légitime Ce qui semblait d’abord ne se pouvoir sans crime.

Le Cid (1636), V, 7, Don Fernand

L’espoir le mieux fondé n’a jamais trop de forces. Le plus heureux destin surprend par ses divorces ; Du trop de confiance il aime a se venger, Et dans un grand dessein rien n’est a négliger.

Sertorius (1662), II, 2, Sertorius

Aussitôt qu’un sujet s’est rendu trop puissant, Encore qu’il soit sans crime, il n’est pas innocent : On n’attend point alors qu’il s’ose tout permettre ; C’est un crime d’état que d’en pouvoir commettre.

Nicomède (1651), II, 1, Araspe

La joie est bonne à mille choses ; Mais le chagrin n’est bon à rien.

Agésilas (1666), II, 7

A tout oser le péril doit contraindre ; Il ne faut craindre rien quand on a tout à craindre.

Héraclius, empereur d'Orient (1646), I, 4, Pulchérie

Le véritable amour, dès que le coeur soupire, Instruit en un moment de tout ce qu’on doit dire.

Suréna, général des Parthes (1674), II, 2

On n’aime point à haïr ce qu’on a bien aimé. Et le feu mal éteint est bientôt rallumé.

Sertorius (1662)

Je vous connais encore, et c’est ce qui me tue ; Mais cette âpre vertu ne m’était pas connue ; Comme notre malheur elle est au plus haut point : Souffrez que je l’admire et ne l’imite point.

Horace (1640), II, 3, Curiace

Mets la main sur mon coeur, Et vois comme il se trouble au nom de son vainqueur, Comme il le reconnaît.

Le Cid (1636), I, 2, l'infante

Vos larmes vont couler, et votre coeur se presse, Consumez avec lui toute cette faiblesse, Querellez ciel et terre, et maudissez le sort ; Mais après le combat ne pensez plus au mort.

Horace (1640), II, 4, Camille

Le ciel agit sans nous en ces événements, Et ne les règle point dessus nos sentiments.

Horace (1640), III, 3, Camille

Certes, l’exemple est rare et digne de mémoire, De trouver dans la fuite un chemin à la gloire.

Horace (1640), IV, 2, Le vieil Horace

Et je garde, au milieu de tant d’âpres rigueurs, Mes larmes aux vaincus, et ma haine aux vainqueurs.

Horace (1640), I, 1, Sabine

Qui veut mourir ou vaincre est vaincu rarement : Ce noble désespoir périt malaisément.

Horace (1640), II, 1, Horace

Je m’estimais trop peu pour un honneur si grand.

Horace (1640), II, 2, Curiace

Enfin le terme approche: un jugement inique Doit abuser demain d’un pouvoir tyrannique, A son propre assassin immoler mon amant, Et faire une vengeance au lieu d’un châtiment.

L'Illusion comique (1636), IV, 1, Isabelle

Adieu, trop vertueux objet, et trop charmant, Adieu, trop malheureux et trop parfait amant.

Polyeucte martyr (1642), II, 2, Pauline

A raconter ses maux, souvent on les soulage.

Polyeucte martyr (1642), I, 3, Stratonice

Tel donne à pleines mains qui n’oblige personne: La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne.

Le Menteur (1644), I, 1, Cliton

Et le jeu, comme on dit, n’en vaut pas les chandelles.

Le Menteur (1644), I, 1, Cliton

Julie: – Que voulez-vous qu’il fît contre trois? Le vieil Horace: – Qu’il mourût! Ou qu’un beau désespoir alors le secourût.

Horace (1640), III, 6

Paraissez Navarrais, Maures et Castillans.

Le Cid (1636), V, 1, Don Rodrigue

Mourir pour le pays n’est pas un triste sort, C’est s’immortaliser par une belle mort.

Le Cid (1636), IV, 5, Don Rodrigue

Chimène: – Rodrigue, qui l’eût cru? Don Rodrigue: – Chimène, qui l’eût dit?

Le Cid (1636), III, 4

Ses rides sur son front ont gravé ses exploits.

Le Cid (1636), I, 1, Elvire

Dis-moi donc, lorsqu’Othon s’est offert à Camille, A-t-il paru contraint? A-t-elle été facile? Son hommage auprès d’elle, a-t-il eu plein effet? Comment l’a-t-elle pris? Et comment l’a-t-il fait?

Othon (1664), II, 1, Plautine

Beaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doux.

Horace (1640), V, 2, Tulle

Pensez-y, belle Marquise, Quoiqu’un grison fasse effroi, Il vaut bien qu’on le courtise, Quand il est fait comme moi.

Poésies diverses, LVIII, Stances à la Marquise Du Parc

Qu’on parle mal ou bien du fameux cardinal, Ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien: Il m’a fait trop de bien pour en dire du mal, Il m’a fait trop de mal pour en dire du bien.

Poésies diverses, XXVIII, Vers sur le Cardinal de Richelieu composés à l'occasion de la mort du ...

Quoi? Vous causez sa perte, et n’avez point de pleurs!

Suréna, général des Parthes (1674), V, 5, Palmis

J’ai vécu pour ma gloire autant qu’il fallait vivre, Et laisse un grand exemple à qui pourra me suivre.

Suréna, général des Parthes (1674), IV, 4, Suréna

Quoi, Rome ne veut pas quand vous avez voulu? Que faites-vous, Seigneur, du pouvoir absolu… Ah! si j’en puis juger sur ce qu’on voit paraître, Vous en êtes l’esclave encor plus que le maître.

Tite et Bérénice (1670), III, 5, Bérénice

Il est beau de périr pour éviter un crime: Quand on meurt pour sa gloire on revit dans l’estime; Et triompher ainsi du plus rigoureux sort, C’est s’immortaliser par une illustre mort.

Attila (1667), IV, 6, Ardaric

L’empire, je l’avoue, est encor quelque chose; Mais nous ne sommes plus au temps de Théodose; Et comme dans sa rce il ne revit pas bien, L’empire est quelque chose, et l’Empereur n’est rien.

Attila (1667), I, 2, Valamir

Ah! Ne me brouillez pas avec la République!

Nicomède (1651), II, 3, Prusias

O soupirs! O respect! oh qu’il est doux de plaindre Le sort d’un ennemi quand il n’est plus à craindre!

La mort de Pompée (1644), V, 1, Cornélie

Précipice élevé d’où tombe mon honneur!

Le Cid (1636), I, 4, Don Diègue

On aime point à voir ceux à qui l’on doit tout.

Nicomède (1651)

Je sais ce que je vaux et crois ce qu’on m’en dit.

Poésies diverses

Apprends à te connaître, et descends en toi-même.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

L’ homme est changeant, et souvent il s’ emporte avec empressement vers ce qu’ il veut avoir.

L'Imitation de Jésus-Christ

La conquête est pénible, et la perte facile.

L'Imitation de Jésus-Christ

Les injures ne sont que du vent et du bruit; Et quiconque t’en charge en a si peu de fruit, Qu’il te nuit bien moins qu’à soi-même.

L'Imitation de Jésus-Christ

Je vois d’en haut tout comme père, Prêt à donner la manne au généreux vainqueur; Mais je réserve aussi misère sur misère A quiconque manque de coeur.

L'Imitation de Jésus-Christ

Vous êtes mon unique espoir; Je mets en vous tout mon refuge; Je dédaigne l’appui de tout autre pouvoir; Soyez mon défenseur avant qu’être mon juge.

L'Imitation de Jésus-Christ

Vous donc, qui commandez aux flots, Qui des mers calmez la furie, Venez, Seigneur, venez rétablir mon repos, Accourez au secours d’un coeur qui vous en prie.

L'Imitation de Jésus-Christ

Tout vice aura sa peine à lui seul destinée.

L'Imitation de Jésus-Christ

La vie est un torrent d’éternelles disgrâces.

L'Imitation de Jésus-Christ

Vous êtes son amour, craignez d’être sa haine.

Tite et Bérénice (1670)

Toute votre félicité Sujette à l’instabilité En moins de rien tombe par terre, Et comme elle a l’éclat du verre Elle en a la fragilité.

Polyeucte martyr (1642), IV, 2

Une âme bien née Ne confond pas toujours l’amour et l’hyménée: L’amour entre deux coeurs ne veut que les unir.

Pulchérie (1672)

Une ame bien née ne confond pas toujours l’amour et l’hyménée: L’amour entre deux coeurs ne veut que les unir.

Pulchérie (1672)

S’attacher au combat contre un autre soi-même Attaquer un parti qui prend pour défenseur Le frère d’une femme et l’amant d’une soeur.

Horace (1640), II, 3, Horace

Le Ciel en un moment quelquefois nous éclaire.

Don Sanche d'Aragon (1650), I, 3

J’ai peine à concevoir que le ciel vous envoie Des sujets de chagrin dans la commune joie.

Sophonisbe (1663)

Je satisfais ensemble et peuple et courtisans Et mes vers en tous lieux sont mes seuls partisans; Par leur seule beauté ma plume est estimée: Je ne dois qu’à moi seul toute ma renommée.

Excuse à Ariste (1633)

Si je perds bien des maîtresses, J’en fais encore plus souvent, Et mes voeux et mes promesses Ne sont que feintes caresses.

Chanson

Un coeur digne d’aimer court à l’objet aimable. Sans penser au succès dont sa flamme est capable.

Andromède (1650)

L’occasion est belle, il nous la faut chérir.

Horace (1640), II, 3, Curiace

Pour moi qui ne vois rien dans le trouble où je suis, Qu’un gouffre de malheurs, qu’un abîme d’ennuis.

Rodogune, princesse des Parthes (1644), V, 4, Cléopâtre

La fourbe n’est le jeu que des petites âmes, Et c’est là proprement le partage des femmes.

Nicomède (1651), IV, 2, Nicomède

Seigneur, à vos bontés laissez un libre cours; Qui se vainc une fois peut se vaincre toujours: Ce n’est pas un effort que votre âme redoute.

Tite et Bérénice (1670), II, 2, Domitian

L’amour rend tout permis; Un véritable amant ne connaît point d’amis, Et même avec justice on peut trahir un traître, Qui pour une maîtresse ose trahir son maître. Oubliez l’amitié, comme lui les bienfaits.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 1, Euphorbe

On peut changer d’amant, mais non changer d’époux.

Horace (1640), I, 2, Julie

Aimez pour être aimée, et montrez-lui vous-même, En l’aimant comme il faut, comme il faut qu’il vous aime; Et si vous vous aimez, gagnez sur vous ce point, De vous donner entière, ou ne vous donnez point.

Tite et Bérénice (1670), I, 1

Toutes les dignités que tu m’as demandées, Je te les ai sur l’heure et sans peine accordées.

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, Auguste

Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie Les secrets de mon âme et le soin de ma vie?

Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 2, Auguste

Le véritable amour n’est jamais mercenaire, Il n’est jamais souillé de l’espoir du salaire.

Pertharite, roy des Lombards (1652)

Et je me dis toujours qu’étant fille de roi Tout autre qu’un monarque est indigne de moi.

Le Cid (1636), I, 2, l'infante