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Citations de : Philippe Besson

Cette trop grande sensibilité, cet orgueil parfois mal placé, ce n’était rien d’autre que de la fragilité. On n’a rien compris à James Dean si on n’a pas compris sa fragilité. C’était du verre.

Vivre vite (2015)

Je pense qu’on ne survit pas à la mort de sa mère. Bien sûr, on continue à respirer de l’air, à grandir, à sourire. Mais c’est mort à l’intérieur. On a quelque chose de mort à l’intérieur.

Vivre vite (2015)

Je me demande parfois quelle femme elle est aujourd’hui. Oui, que deviennent ceux que nous avons aimés et perdus ?

La Trahison de Thomas Spencer (2009)

Elle oublie sa tristesse, pour un moment. Cette tristesse des femmes seules, qu’on suppose courageuses parce qu’elles ne se plaignent pas, mais qui saute aux yeux de quelque jeune inconnu, parfois, au beau milieu d’une foule.

Les Amants (2005)

Ca vous arrive de ne pas savoir où puiser la force de continuer ?

Une bonne raison de se tuer (2012)

Les plages sont, du reste, les seuls lieux qui ne nous déçoivent jamais et que la mémoire ne salit pas.

L'Arrière-saison (2002)

Elle se demande si les couples qui ont la météo pour sujet de conversation sont ceux qui n’ont plus rien à se dire ou sont, au contraire, les plus solides.

De là, on voit la mer (2013)

Et puis, le temps guérit de tout et ne laisse à la surface que les images que nous voulons bien conserver.

En l'absence des hommes (2001)

Elle a la légèreté des femmes coupables ayant occulté leur culpabilité.

De là, on voit la mer (2013)

Il dit : Mais je te préfère maintenant avec ce corps alourdi, les traits affaissés, la peau crevassée. Je t’aimerais moins s’il n’y avait pas tout ce temps sur toi, toutes ces années. Je pense même que je ne t’aimerais pas du tout.

De là, on voit la mer (2013)

Personne ne dit : Je vais très mal. Je vais me pendre, sauf à être parfaitement dépressif, ou à vouloir attirer l’attention, ou à être un geignard professionnel. Tout le monde dit qu’il va bien. Tout le monde est élégant.

Une bonne raison de se tuer (2012)

L’océan c’est la turbulence, c’est aussi l’interminable, l’inintelligible, l’inattaquable. Une pureté qui gronde. Une immensité qui gouverne. Un horizon qui se déchaîne.

Une bonne raison de se tuer (2012)

Elle persiste à ne pas vouloir voir que les histoires qu’elle invente sont plus proches de la réalité que la vérité elle-même.

De là, on voit la mer (2013)

C’est accablant en fait, il se trouve toujours quelqu’un pour te raconter ce que tu ne souhaites pas entendre et qui va t’anéantir, pour t’enfoncer un poignard entre les côtes, tout en prétendant n’avoir pour intention que de te secourir.

Se résoudre aux adieux (2007)

Je ne suis qu’une femme fuyant les souvenirs qui inlassablement la rattrapent.

Se résoudre aux adieux (2007)

Tu es seul, je regarde ta solitude et ta pauvreté, elles me font plaisir, on a les vengeances qu’on peut.

Se résoudre aux adieux (2007)

Et, à l’instar des vrais scélérats, nous avons décidé de vivre cachés, dissimulés aux regards, dérobés aux jugements. Nous n’éprouvions pas de honte mais nous redoutions l’opprobre, le déferlement de haine et de mépris, les crachats.

La Trahison de Thomas Spencer (2009)

On n’écrit jamais pour les autres, jamais. On n’écrit que pour soi. On prétend dialoguer mais tout n’est que soliloque.

Se résoudre aux adieux (2007)

Un soldat mort, c’est un monde qui s’écroule assurément. Et deux corps qui roulent dans la chaleur d’un lit, c’est un monde qui renait. Pense aux renaissances, aux reconquêtes. Ne meurs pas. Ne meurs pas.

En l'absence des hommes (2001)

Cela pèse lourd, une absence. Bien plus lourd qu’une disparition. Parce que avec les morts, c’est commode, on sait qu’ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font espérer.

Vivre vite (2015)

On ne renonce jamais vraiment aux espoirs les plus insensés.

L'Arrière-saison (2002)

Il y a des femmes qui, en perdant leurs hommes, se perdent elles-mêmes.

L'Arrière-saison (2002)

Le chagrin, ça nimbe. Et puis ça éloigne de soi tout soupçon de méchanceté et de médiocrité.

Se résoudre aux adieux (2007)

Que le temps passe plus vite, quand l’ennui l’étire.

Se résoudre aux adieux (2007)

Il est des incuriosités qui ressemblent à s’y méprendre à des abandons.

Les Jours fragiles (2004)

Il croit que l’Histoire ne sauvegarde que la gravité, le désespoir ou la mélancolie. La légèreté sera balayée selon lui. «L’eau de rose ne se conserve pas: on ne se souvient que du sang».

Les Jours fragiles (2004)

Je me souviens enfin de cette phrase prononcée alors que j’étais une enfant encore: «Quand on a fait l’expérience de la liberté, comment y renoncer?»

Les Jours fragiles (2004)

Les hommes d’ici ne sont pas très causants. Ils ne se confient pas volontiers, sûr, ce sont des êtres de peu de mots, de peu de gestes. Ils marchent à l’économie. Des sentiments aussi, ils sont économes.

Un instant d'abandon (2005)

Il nous arrive d’être ébahis devant des montagnes, des océans, des soleils, d’être impressionnés par ce qui est hors de notre portée, par ce que nos esprits seraient incapables de concevoir.

Un instant d'abandon (2005)

On a le droit de bâtir sa vie sur un pressentiment.

Un instant d'abandon (2005)

Simon vient d’apprendre ce qu’est la précarité, ce que c’est que de tout perdre en un instant.

Une bonne raison de se tuer (2012)

Il faudrait toujours rester sur ses gardes. Et ne pas oublier que ceux qui veulent nous nuire sont peu traversés par des états d’âme.

La Maison atlantique (2014)

Il faudrait toujours rester sur ses gardes. Et ne pas oublier que ceux qui veulent nous nuire sont peu traversés par les états d’âme.

La Maison atlantique (2014)

Je lui ai murmuré que je l’aimais. C’est la phrase qui m’est venue. Ce n’est pas une phrase que j’employais souvent. Parfois, on est submergé, les mots déboulent sans qu’on les commande.

Un homme accidentel (2008)

Les lieux sont aussi des liens. Et ils sont notre mémoire.

Les Jours fragiles (2004)

Partir, c’est un arrachement, une manière d’amputation. Rompre, c’est une violence. Dans l’expatriation, on perd nécessairement une part de soi.

Les Jours fragiles (2004)

Nous sommes ainsi faits : une fois qu’on nous a indiqué quel cadeau nous allons recevoir, nous ne brûlons que d’une seule envie, c’est de le recevoir, et au plus vite.

L'Arrière-saison (2002)

Endosser la responsabilité d’un échec, c’est le plus sûr moyen qu’on ne vous le reproche pas, qu’on n’ose pas vous le reprocher.

L'Arrière-saison (2002)

Les larmes, c’est un langage. C’est aussi ce qui fait se ressembler les gens, puisque les visages du chagrin sont un seul visage.

L'Arrière-saison (2002)

On se tait parce que les larmes, ça coule terriblement mieux dans le silence.

L'Arrière-saison (2002)

Et pour ce rire, combien de larmes? J’en perçois enfin le sens.

Un instant d'abandon (2005)

On échappe à rien. Pas plus à son passé qu’à ce qu’on est profondément.

Un instant d'abandon (2005)

Je n’ai pas d’âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant.

Un instant d'abandon (2005)

Les défaites consenties sont comme de petites victoires.

Se résoudre aux adieux (2007)

La vie, c’est cela. Une résignation muette au malheur et un consentement à la facilité.

La Trahison de Thomas Spencer (2009)

On n’écrit jamais pour les autres, jamais. On n’écrit que pour soi.

Se résoudre aux adieux (2007)

Il y a des traits qu’on n’enlève pas aux gens, qu’ils portent sur eux toute leur vie, malgré la vieillesse, malgré la laideur, malgré les épreuves. Cela peut être la douceur. Ou l’enfance. Ou le malheur.

Un instant d'abandon (2005)

Je pense à toi, tous les jours. Cela devient une pensée douce et calme. Voilà mon occupation: me rappeler certains moments de toi.

Se résoudre aux adieux (2007)

Je t’écris parce que t’écrire, c’est être avec toi.

En l'absence des hommes (2001)

Est-on la somme de ses peurs, de ses rancunes, de ses chagrins, de ses souffrances? Ou celle de ses étreintes, de ses abandons, de ses désirs, de ses plaisirs? Ou les deux?

Les Jours fragiles (2004)

Si la beauté peut passer ou lasser, si elle peut s’estomper ou finir par ennuyer, le charme, en revanche, ça ne part jamais, c’est là, pour toujours, ça reste, intact.

L'Arrière-saison (2002)

Les intimités les plus violentes demandent à être apprivoisées à nouveau dès lors qu’elles ont été quittées. Il faut refaire tout le chemin une fois qu’on s’en est écartés, repartir de zéro lorsqu’on a perdu la partie, ne serait-ce qu’une fois.

L'Arrière-saison (2002)

C’est ça précisément l’amour d’une mère, cette effusion immense, ce débordement comme on le dit d’un fleuve qui déborde de son lit.

En l'absence des hommes (2001)

Les pires douleurs sont celles que l’on s’inflige.

Un garçon d'Italie (2003)

Le temps guérit de tout et ne laisse à la surface que les images que nous voulons bien conserver.

En l'absence des hommes (2001)

Je crois qu’on survit à tout. Je crois que la vie est plus forte. Je crois que le temps est assassin et balaye les visages du passé en emportant avec lui les épreuves qu’on pensait ne pas pouvoir surmonter.

En l'absence des hommes (2001)

Il ne suffit pas de devenir un autre; il faut avoir le courage de devenir soi.

Retour parmi les hommes (2011)

C’est idiot, je m’en rends compte, d’énoncer les choses de cette manière, d’autant qu’une intuition ne vaut pas certitude, par essence, mais justement il est des intuitions plus sûres que la vérité elle-même.

Se résoudre aux adieux (2007)

Aimer, ce n’est pas gagner à tous les coups. C’est prendre des risques, faire des partis incertains, connaître la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la douleur.

Se résoudre aux adieux (2007)

Aimer, ce n’est pas gagner à tous les coups. C’est prendre des risques, faire des paris incertains, connaître la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la doubler.

Se résoudre aux adieux (2007)

Ce sont les détails qui me crèvent le plus le coeur, ce sont les choses de presque rien, qui se produisent sans que je les prévoie, surviennent sans prévenir, surgissent dans mon quotidien, qui me mettent à terre.

Se résoudre aux adieux (2007)

Avec toi, qu’elle qu’aurait été la manière, je n’aurais pas pu échapper à la souffrance, à la pureté éclatante de la souffrance.

Se résoudre aux adieux (2007)

Je ne crois pas que le luxe donne de l’élégance à la tristesse, il peut parfois la rendre plus supportable, ou figurer son écrin, c’est tout.

Se résoudre aux adieux (2007)

En dépit de mon désir d’atteindre une sorte de tranquillité, je n’ai cessé d’avoir l’esprit traversé de questions. Pourtant, à la fin, je me souviens de cette seule interrogation: est-ce si grave de ne pas aimer, toujours ?

Se résoudre aux adieux (2007)

La timidité chez un homme est une faiblesse charmante.

Se résoudre aux adieux (2007)

Les gens qui ne sont pas capables de jeter, qui hésitent à se séparer de vieilleries qui ne leur sont d’aucune utilité sont d’incurables nostalgiques que le passé entrave.

Se résoudre aux adieux (2007)

Bienvenue à L.A. Au fond, ce n’est rien d’autre qu’un gigantesque puzzle. On assemble les pièces et ça finit par faire une ville.

Un homme accidentel (2008)

Il faut arranger nos souvenirs. Sans ça, la vie n’est pas supportable.

Les jours fragiles

Des nuages noirs formaient des ombres contre les plis de la falaise. A flanc de colline, le phare surplombait les eaux en désordre, froides et lourdes.

Un instant d'abandon (2005)