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Citations de : Paul Bourget

Il était demeuré là … absorbé dans une contemplation dont l’ivresse inondait son âme d’une joie presque surhumaine.

Un Divorce (1904)

Une révolution est toujours inaugurée par des naïfs, poursuivie par des intrigants, consommée par des scélérats.

On ne peut douter du doigt de Dieu, car il se l’est mis dans l’oeil indiscutablement en créant le monde.

Cosmopolis (1893)

Il faut plaindre tous ceux qui n’ont pas eu de mère, – Car leur espoir est triste et leur joie est amère.

Les Aveux

Le flirt est le péché des honnêtes femmes et l’honnêteté des pécheresses.

Se découvrir un style, c’est tout simplement avoir le courage de noter les mouvements de son moi.

Essais de psychologie contemporaine

Les souffrances extrêmes ont les intuitions infaillibles de l’instinct.

Le Disciple

Le flirt, c’est l’aquarelle de l’amour.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Si grandes que soient les charges qui pèsent sur Robert Greslou, elles reposent sur des hypothèses.

Le Disciple (1889)

Pour elle, de son côté, il était de nouveau l’enfant qu’elle avait porté dans son sein, la chair de sa chair.

Un Divorce (1904)

Il y a contre lui des présomptions terribles, il n’y a pas une certitude absolue.

Le Disciple (1889)

Un vrai mariage consiste dans la libre union de deux êtres qui associent leurs destinées par leur choix personnel.

Un Divorce (1904)

Un flot d’idées silencieusement amassées dans l’arrière-fond de son être intime.

Un Divorce (1904)

Un garçon de vingt-trois ans … chez lequel des convictions tout idéologiques avaient comprimé, jusqu’ici, les ardeurs du coeur et des sens.

Un Divorce (1904)

Et quel printemps! Il faut avoir connu l’âpreté de l’hiver dans ces montagnes.

Le Disciple (1889)

La vague et confuse appréhension d’une menace suspendue sur son coupable bonheur s’était changée en une vision épouvantée, presque hallucinatoire …

Un Divorce (1904)

C’est un proverbe courant que les antipathies sont réciproques.

Le Disciple (1889)

Pour elle l’union libre est la vraie formule de la vie conjugale, celle qui affranchira l’homme et la femme, non pas de la moralité, mais du mensonge.

Un Divorce (1904)

Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on a vécu.

Le Démon de midi

Il est rare qu’un homme soit lancé dans la bataille des idées sans vite devenir le comédien de ses premières sincérités.

Le Disciple

Se donner des raisons pour ne pas aimer, c’est pour un malade, se démontrer qu’il est misérable d’être malade. Il en est plus misérable, et aussi malade.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Plus on lutte contre un sentiment, plus on y pense, et y penser, c’est l’exaspérer.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Pour certains physiologistes, l’âme est la maladie du corps. C’est alors la maladie sacrée dont parlaient les anciens. Mourons-en plutôt que de vivre sans elle.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Chaque fin d’amour est comme un déménagement. Cela ne va pas sans casse. Au dixième, combien y a-t-il de meubles en état ?

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Ce qui prouve que l’expérience ne sert à rien, c’est que la fin de nos anciennes amours ne nous dégoûte pas d’en commencer d’autres.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

L’amour est une maladie, et le malade le plus sage, pour cette maladie-là comme pour les autres, est celui qui, n’ayant jamais lu un livre de médecine, ne sait pas ce qu’il a, et qui souffre sans penser, comme une bête.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Une femme vous est toujours reconnaissante de vous avoir lâché.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Pour un fou, le pire des malheurs est de ne pas être fou tout à fait, et, pour un amant, de juger son amour.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Vouloir se guérir d’une femme que l’on adore en la quittant, c’est vouloir se guérir de la soif en ne buvant pas.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Dire seulement tout bas : Quand j’aurai cessé d’aimer… c’est avoir cessé d’aimer.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Sacrifies un plaisir à une femme, elle vous en voudra, et elle aura raison. S’il y a pour vous quelque chose d’agréable hors d’elle et loin d’elle, vous ne l’aimez plus.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Pour deux amants, s’aimer du même amour est le premier bonheur, le second est de cesser de s’aimer en même temps.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Du civilisé au sauvage, il y a tout juste la distance qu’il y a de l’amour à la jalousie. On trouvera un jour des instruments pour mesurer ces infiniment petits.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

En amour, il n’y a qu’une sagesse : croire, – et cette sagesse est une folie.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Pour un amant qui aime avec tout son coeur, une infidélité connue de sa maîtresse offre encore cette douceur qu’il peut lui prouver son amour en lui pardonnant.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Aimer par le coeur, c’est avoir d’avance tout pardonné à ce qu’on aime.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

En amour, la seule victoire est la fuite. C’est un mot du plus grand des psychologues modernes : Napoléon.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Nous pouvons tous, plus ou moins, fredonner comme dans la chanson populaire : Le bouquet de jalousie Fleurira toute la vie…

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Ce ne sont pas les trahisons des femmes qui nous apprennent le plus à nous défier d’elles. Ce sont les nôtres.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Dans un coeur qui aime vraiment, ou la jalousie tue l’amour, ou bien l’amour tue la jalousie. C’est le contraire dans la passion.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Il n’y a probablement rien de plus vieux que la vieille âme d’un jeune homme ou d’une jeune femme moderne.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

On trahit un coeur qui aime vraiment, on ne le trompe jamais.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Pour un coeur passionné, la pire douleur est de ne pas suffire au coeur qu’il aime.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

On n’aime jamais comme l’on est aimé ; aussi l’art d’être heureux en amour consiste-t-il à tout donner sans rien demander. C’est le mot profond de Philine à Wilhelm, dans Goethe : Si je t’aime, est-ce que cela te regarde ?

Physiologie de l'amour moderne (1883)

En amour, les grands malheurs et les grands bonheurs ont pour cause des nuances de sentiment.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Apprendre à connaître les femmes, c’est apprendre à connaître par avance le détail du mal qu’elles vous feront, sans aucun moyen de vous en garantir. Cette science-là consiste à augmenter la misère de l’amour par la prévision lucide de cette misère.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

La rose coupée sur sa tige peut rester fraîche et pure. La rose, même en bouton, même sur le rosier, mais tripotée, est pire que fanée.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Une femme qui a vraiment aimé, autant dire souffert, regarde flirter les autres avec les yeux d’une mère qui a perdu un enfant et qui voit des petites filles jouer à la poupée.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Femme qui flirte, homme qui s’y complaît, signe de peu de tempérament, comme le goût de l’aquarelle chez un peintre. Je réserve cette préciosité pour une feuille d’album : Le flirt, c’est l’aquarelle de l’amour.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

On estimerait certaines femmes d’avoir un amant par plaisir.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Dalila a dû trahir Samson avec l’espérance d’éprouver une sensation entre ces bras qu’elle allait livrer aux chaînes.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Le coeur fait de la femme un être sublime, les sens dans leur brutalité en font un être vrai. Le monstre commence avec la froideur morale et physique, dans le cerveau.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Je ne crois au mot : je t’aime, que lorsqu’il est écrit t’h-é.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

L’homme se venge sur les femmes tendres de n’avoir pas été aimé des coquines. Il appelle cela être devenu très fort.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Dix-neuf fois sur vingt, pour une femme, mettre de son coeur au jeu de l’amour, c’est jouer aux cartes avec un filou et des pièces d’or contre des pièces fausses.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Maîtresse, s. F., terme d’outrage par lequel une femme flétrit les personnes de son sexe avec qui un homme fait ce qu’il ne voudra jamais ou ne veut plus faire avec elle.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Maîtresse, s. F., terme d’outrage par lequel un homme flétrit la conduite d’une femme qui a eu l’imprudence de se donner à lui ou à quelqu’un de ses semblables.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Le coeur d’un homme a toujours l’âge de son sexe.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Un bonheur qui a passé par la jalousie est comme un joli visage qui a passé par la petite vérole. Il reste grêlé.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Toute caresse sans conséquence risque de diminuer votre pouvoir sur une femme.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

La société ne peut pas se passer de la théorie du Bien et du Mal, qui pour nous n’a d’autre sens que de marquer un ensemble de conventions, quelquefois utiles, quelquefois puériles.

Le Disciple (1889), II. L'affaire Greslou

La composition n’est pas seulement une qualité littéraire. Elle est une vertu de l’esprit. Que dis-je? Elle est l’esprit même. Elle est tout simplement le don de situer ses impressions, de les classer, de les penser.

Pages de critique et de doctrine (1912), VIII. L'erreur de Tolstoï

La littérature du dix-neuvième siècle est une littérature de science. Cela signifie que le goût de la notation exacte est le trait commun aux maîtres de ce temps.

Etudes et portraits (1891), Réflexions sur le théâtre

Quand on désire pénétrer dans ses sources profondes une oeuvre dramatique, il faut d’abord se demander pour quel public elle a été composée.

Etudes et portraits (1891), Réflexions sur le théâtre

En littérature, on ne subsiste qu’à la condition d’être franchement et complètement un exemplaire poussé à son plus haut point d’un certain état de la nature, ou de la société humaine.

Etudes et portraits (1891), Pascal

L’homme moderne, qu’il veuille construire sa fortune ou écrire un livre, n’a plus de vaste organisme héréditaire où prendre place. Il résulte un cruel abandon, mais aussi une farouche indépendance.

Essais de psychologie contemporaine (1883-1886), Ed. et J. de Goncourt

Chaque génération a sa psychologie, nouvelle par certains traits. Avoir contribué à démêler quelques-un de ces traits me paraît être la plus haute ambition du romancier et de l’auteur dramatique.

Essais de psychologie contemporaine (1883-1886), M. Alexandre Dumas fils

L’homme, en se civilisant, n’a-t-il fait vraiment que compliquer sa barbarie et raffiner sa misère?

Essais de psychologie contemporaine (1883-1886), Stendhal

Barbare ou civilisé, l’homme n’a jamais su ni façonner le monde à la mesure de son coeur, ni façonner ce coeur à la mesure de ses désirs.

Essais de psychologie contemporaine (1883)

Une femme qui a vraiment aimé, autant dire souffert, regarde flirter les autres avec les yeux d’une mère qui a perdu un enfant.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

L’homme qui n’a jamais été ou qui n’est plus aimé vit à l’état de colère permanente contre tous les amants.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

En galanterie, c’est comme au billard, il faut quelquefois viser la blanche pour toucher la rouge.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

L’amour complet suppose la possession, comme le courage suppose le danger. Un amoureux est à un amant ce qu’est un soldat en temps de paix à un soldat qui fait la guerre. Il ne connaît pas son coeur.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Tout amant qui cherche dans l’amour autre chose que l’amour, depuis l’intérêt jusqu’à l’estime, n’est pas un amant.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Prolonger un adieu, c’est dire cent, mille, dix mille adieux, et chacun vous déchire à nouveau toute l’âme. En amour, comme ailleurs.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Osons cette banale réminiscence, tant elle est juste : un amour qui meurt jeune est béni des dieux.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Avec un ancien amour on fait de tout, même un nouvel amour, tout, excepté de l’amitié.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

On n’est vraiment guéri d’une femme que lorsqu’on n’est plus même curieux de savoir avec qui elle vous oublie.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Il y a deux espèces de chrétiens sociaux: ceux dont la pitié émotive court vers la misère pour la soulager, ceux dont la bonté réfléchie cherche à comprendre cette misère, pour la guérir dans ses causes.

Le Démon de midi (1914), VII. Jacques Savignan

Les éducateurs de grande race éprouvent, à discerner dans un écolier de dix-sept ans les premiers linéaments de la supériorité future, des émotions d’inventeurs et d’artistes.

L'Etape (1902), I. Un amoureux

La coquette spécule alors sur cette loi, que le flirt est un état d’équilibre instable, toujours à la veille d’une culbute d’un côté ou de l’autre.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Savoir aimer, c’est d’abord, c’est toujours, ne pas juger l’être qu’on aime, c’est croire en-lui contre tout et tous.

Voyageuses (1897)

Qu’est-ce que l’amour? N’entrons pas dans son essence. Entre parenthèses, n’entrons jamais dans les essences, puisqu’il n’y en a pas. … L’amour, c’est, au point de la vue purement phénoménal, l’absorption de toutes les forces de l’âme.

Physiologie de l'amour moderne (1883)

Un sentiment naît, grandit, s’épanouit, se dessèche comme une plante, par une évolution parfois ralentie, parfois rapide, toujours inconsciente.

Le Disciple (1889)

Vous ne savez pas parler au peuple. Vous lui prêchez la révolte, et il faut lui enseigner l’esprit de réforme, c’est-à-dire l’amélioration dans l’ordre.

Nos actes nous suivent (1927)

Pour elle, l’union libre est la vraie formule de la vie conjugale, celle qui affranchira l’homme et la femme, non pas de la moralité, mais du mensonge.

Un Divorce (1904)

«L’amour, c’est l’obsession du sexe». Or, comment se combat une obsession? Par la fatigue physique, d’abord, qui suspend, qui du moins diminue le travail de la pensée.

Le Disciple (1889)

Il faut vivre comme on pense, sans quoi l’on finira par penser comme on a vécu.

Le Démon de midi (1914)

La certitude qu’elle allait disparaître lui infligea ce serrement de la gorge, ce spasme de la poitrine qui décèlent le désarroi produit dans notre système nerveux par un choc trop intense.

Un Divorce (1904)

Sans être un fat, je me rendais compte que je n’avais rien pour déplaire, ni dans mon visage, ni dans ma tournure.

Le Disciple (1889)

Le soleil allumait sur les fleurs, les arbres, les herbes, un étincellement de rosée brillante.

Le Disciple (1889)

C’était le désir de m’assimiler des émotions inéprouvées qui m’avait ensorcelé.

Le Disciple (1889)

De semblables hypothèses sont si hasardées que l’on ose à peine les énoncer.

Un Divorce (1904)

Cet engagement, passé entre nous deux, nous l’avons tenu.

Un Divorce (1904)

C’est surtout de la taquinerie. Il s’agit de nous embarrasser pour se divertir ensuite de notre gêne.

Un Divorce (1904)

Lorsqu’une maladie résulte, non pas d’un accident, mais de cette disposition générale qui constitue une diathèse, ses accidents se manifestent, non pas sur un point de l’organisme, mais sur plusieurs.

Un Divorce (1904)

Je dépouillai en moins de quinze jours, la plume à la main, deux cents pages de cette Physiologie de Beaunis emportée dans ma malle.

Le Disciple (1889)

En l’articulant, elle avait précisé et comme concrété un sentiment vague dont elle ne pourrait plus secouer l’obsession.

Un Divorce (1904)

L’éclair de cette intuition l’avait arrêté net dans les concessions de langage qu’il avait commencé de faire au jeune homme pour éviter une querelle.

Un Divorce (1904)

Certaines toilettes, à Paris, par le fini de leur détail et la ligne de leur ensemble, classent une femme aussi certainement qu’un officier son uniforme et ses galons.

Un Divorce (1904)

C’est lui qui a porté l’accusation, c’est lui qui doit la retirer.

Un Divorce (1904)

Ils avaient fait connaissance dans des conditions si accidentelles qu’elles excluaient, de sa part à lui, la préméditation.

Un Divorce (1904)