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Citations de : Olivier Adam

Avec les années je ne m’arrangeais pas. Au lieu de m’endurcir je devenais de plus en plus sensible.

Les Lisières (2012)

Quand j’ai rouvert les yeux nous étions gelés tous les trois, le bruit de la mer était devenu le monde entier, nous contenait, nous digérait et c’était doux d’être ainsi dévorés, ensevelis, noyés, oubliés pour de bon.

Des vents contraires (2009)

Personne n’a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de notre vie, ça devient juste impossible.

Le Coeur régulier (2010)

Elle me montrait des photos et ça lui faisait du bien. Ca lui faisait du bien parce qu’ils revivaient, ses morts ses fantômes, parce que le pire c’était de les ranger dans les tiroirs.

A l' abri de rien (2007)

Aucune plaie ne se soignait auprès d’elle. Ni les leurs ni les miennes. Elle était là et c’était tout, pendant un moment on ferait la route ensemble. Tant que ça nous conviendrait.

Des vents contraires (2009)

De Caroline, il restait des photos, des souvenirs de rien. Mais ce qui restait gravé, c’était le sentiment, l’os du sentiment que chacun éprouvait pour elle. Une chose indéfinissable et abstraite… Ce qui reste gravé, c’est le lien. Une chose physique.

La Messe anniversaire (2003)

J’ai 31 ans et ma vie commence. Je n’ai pas d’enfance et désormais n’importe laquelle me conviendra.

Falaises (2005)

J’avais l’impression que mes enfants étaient désormais séparés de moi par une paroi de verre. Je pourrais toujours les regarder mais plus jamais les toucher ni leur parler. J’étais devenue étrangère. J’étais passée de l’autre côté.

A l'abri de rien (2007)

Cette fois j’allais m’occuper d’eux, m’y consacrer à plein temps, j’allais cesser de vivre à leur côté pour vivre avec.

Des vents contraires (2009)

La pensée s’affaisse aussi bien que les chairs. Et l’esprit se grippe d’être repu. Il ne lui convient que d’être affamé.

Peine perdue (2014)

Vu de près, pris dans le cours ordinaire, on ne voit rien de sa propre vie.

Le Coeur régulier (2010)

Je me sens vide.Tout le temps, je pense à ça. Ce vide à l’intérieur. Je me dis que si je pouvais me sonder en profondeur, m’ouvrir la tête et le coeur et voir dedans, je ne verrais rien. Rien. Du vent, un désert, un champ de glace où rien ne bouge.

Passer l'hiver (2004)

Le silence, par exemple. Ce jour-là comme n’importe quel autre il emplissait tout, me coinçait la gorge dans un étau. Je pouvais le sentir me figer les sangs, me creuser les poumons d’un vide immense. Un cratère sans lave. Un désert.

A l'abri de rien (2007)

Ressemble à une vieille refaite plutôt qu’à une vieille tout court , ajoute le pathétique à l’irréversible.

Le Coeur régulier (2010)

Je me relève et je me dis parfois que le passé est une fiction, qu’on peut en faire table rase, qu’on peut bâtir sur des ruines, et vivre sans fondations. Il m’arrive aussi de penser le contraire.

Falaises (2005)

Je l’ai prise dans mes bras. Je ne savais plus faire que ça. Les mots manquaient, ne restaient plus que les gestes.

Des vents contraires (2009)

Je n’étais plus d’ici. Et puisqu’il semblait acquis que je ne serais jamais non plus d’ailleurs, j’étais désormais condamné à errer au milieu de nulle part.

Les Lisières (2012)

Je l’ai épousé parce qu’il m’aimait et qu’auprès de lui je me sentais en sécurité. Auprès de lui j’avais moins peur.

Le Coeur régulier (2010)

On ne sait jamais rien de ce qui se noue entre les êtres, eux-mêmes souvent l’ignorent, et le découvrent en se perdant.

Falaises (2005)

Mon expulsion du foyer familial m’apparaissait comme un premier pas m’entraînant contre mon gré vers ma propre disparition.

Les Lisières (2012)

Je me trompais, personne ne reste longtemps à la fois dehors et dedans, personne ne tient longtemps en lisière. Ma vie ne formait qu’un même ensemble, pas de compartiments, aucun espace réservé. Une même vie. Peu à peu rognée, corrompue, viciée.

Le Coeur régulier (2010)

Parfois, Achile en a marre. Il n’en peut plus de tout ce bruit. De toute cette agitation. De tout ce désordre. Alors il sort. Il va se promener le long de la rivière.

Achile et la rivière (2011)

Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables.

Les Lisières (2012)

Ce qui reste gravé, c’est la tendresse. Une sensation presque physique.

Je vais bien, ne t'en fais pas (2000)

Que savons-nous de ceux qui nous embrassent alors que nous sommes encore des enfants? Rien. Nous les embrassons en retour et c’est tout…

Falaises (2005)

C’est ça la famille. Des gens qui vivent ensemble sans rien avoir à se dire, qui s’aiment sans raison. C’est ça la famille: une petite meute animale.

La Messe anniversaire (2003)

De l’extérieur on ne sait rien de ce qui se noue entre les êtres, de ce qui se joue dans un couple. On émet des hypothèses, des jugements hâtifs mais au fond on ne sait rien, c’est beaucoup trop profond, beaucoup trop complexe.

Des vents contraires (2009)

Ca m’étonnait toujours cette capacité qu’ont les enfants à oublier, redonner sa chance à qui ne la mérite pas.

Des vents contraires (2009)

Infiniment nous cherchons un abri. Un lieu où le vent siffle moins fort. Un endroit où aller. Et cet abri est un visage, et ce visage nous suffit.

Falaises (2005)

Personne ne fait attention à eux. Personne ne fait attention à personne. Chacun est bien trop occupé à faire impression.

Je vais bien, ne t'en fais pas (2000)