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Citations de : Maurice Genevoix

Arrêt brusque, piétinement sur place. Nous y sommes : Rupt-en-Woëvre. Le régiment forme les faisceaux dans un champ, au seuil du village. Je ne comprend rien à la situation : je m’oriente à peine. Il est deux heures du matin.

Ceux de 14 (1949)

Admettre que les racines de l’art plongent dans un terreau magique, c’est peut être s’ouvrir un chemin vers les prestiges de la fleur, ses enchantements, ses sortilèges.

Images pour un jardin sans murs (1956)

Allez atteler un âne avec le harnais d’un cheval ! Je sais que l’âne aime les chardons. Si j’avais à pêcher l’âne, je mettrais des chardons à ma ligne : un enfant de deux ans comprendrait.

La Boîte à Pêche (1926)

Braconner n’est pas voler… On est ce qu’on est mais faut la justice.

Raboliot (1925)

Il les comptait jusqu’à vingt-cinq, ne sachant dénombrer au-delà: il vendait ses grenouilles dix sous le quarteron. Quand il avait atteint vingt-cinq, il recommençait à compter.

La Boîte à Pêche (1926)

Les mass media qui nous conditionnent, loin d’élargir les perspectives, les ont rétrécies ou fermées.

Bestiaire sans oubli (1971)

Je suis gendarme, tu entends, crapule! Et je te l’apprendrai si tu veux faire le mariolle!

Raboliot (1925)

Il attendait, allongé sur sa natte, grignotant quelque boulette de riz, caressant de la paume les deux noix de kola qu’il offrirait tout à l’heure aux garçons. De penser à leur fraîche amertume, la salive lui coulait dans la bouche.

Fatou Cissé (1954)

La bruyère aux clochettes mortes qui s’effritent et tombent en poussière aussitôt que nos doigts les effleurent.

Forêt voisine (1931)

Ils avaientmis, devant la chandelle, un écran de carton.

La Dernière Harde (1938)

C’était seulement le mois de mars, un temps d’éclaircies fugitives que coupaient de hargneuses giboulées.

La Dernière Harde (1938)

La route, maintenant, était chargée de monde. Les bûcheux des hameaux, les femmes des écarts perdus étaient venus par petits groupes.

Forêt voisine (1931)

On entendait le souffle de la bête, un ébrouement rauque et profond comme en ont les chevaux abattus.

Forêt voisine (1931)

Il soulevait du bout de l’ongle, le duvet neigeux et doux qui se gonflait à la gorge de l’oiseau, qui lui ouatait le ventre et les cuisses.

Raboliot (1925)

Il y a aujourd’hui cette résistance unique, cette poussée de la Loire dévalante, et qu’il faut vaincre avec la ligne fragile.

La Boîte à Pêche (1926)

Une pitié lui venait au coeur devant ce dérisoire ennemi, ce bout de fillette maigrichonne, mouillée de pluie sous ses guenilles.

Raboliot (1925)

A peu de temps de là, vers l’heure où la mer découvre, Cissé descendit à la côte. C’était jour de grande marée: tout le village était dans les roches basses.

Fatou Cissé (1954)

La bruine ruisselait toujours, sous un ciel uniforme et gris qu’enténébrait lentement l’approche du crépuscule.

Forêt voisine (1931)

Loin alentour la coupe s’éploie au soleil d’août. C’est une coupe déjà ancienne, traversée de grands clairs où la lumière joue librement dans le vent tiède des soirs dété.

Forêt voisine (1931)

Et très loin, perceptible pourtant comme si l’oiseau nous suivait de son vol, tinte l’appel sonore du coucou.

Forêt voisine (1931)

Il communiait avec ces sentiments limpides que la cité laissait monter vers lui, par les voix, les regards, les mains tendues de ses représentants.

Forêt voisine (1931)

Elle se levait, massive, la tête auréolée par sa coiffe paysanne plaquée derrière l’occiput, ronde et blanche comme fromage frais.

Raboliot (1925)

Je dois d’abord penser aux yeux. Peut-être est-ce simlplement un battement des paupières, un clin des cils blancs du cerf qui a révélé toute l’image.

Un Jour (1976)

Entre Volat et Tancogne existait un pacte tacite, aux clauses multiples et délicates, de ces clauses qu’un papier officiel ne pourra jamais mentionner.

Raboliot (1925)

Autour de chaque chaton semblait flotter une poussière de pollen, une petite clarté blonde que le soleil ne faisait point pâlir.

Forêt voisine (1931)

Il tient un livre où il écrit toutes les chasses, depuis le lancer jusqu’à l’hallali, avec les ruses, les débûchers, les rembûchers … , et à quelle heure juste la curée, et où, et à qui les honneurs et tout.

Forêt voisine (1931)

Il y avait toujours un tonneau de vin rouge dans leur cave, et, dans leur musette de toile, auprès du chanteau de pain, un litre dont le goulot dépassait.

Forêt voisine (1931)

A les écouter, rien n’est bien et il faudrait chambarder tout: nos vieilles loges, notre façon de travailler, notre manger, et la manière d’élever les enfants.

Forêt voisine (1931)

Edmond et Léonard ont posé leurs cartables, deux sacs de faux cuir jaune, tachés d’encre, et qui laissent voir le carton aux coutures.

Raboliot (1925)

Les canes, l’oeil attentif, le col preste, cancanaient à fleur de bec.

Un Jour (1976)

Dans les roseaux, derrière les touffes de verdiaux, contre le tronc bossué des saules, il se cache; il aplatit, supprime sa forme humaine.

La Boîte à Pêche (1926)

Une transparence rôdait dans l’épaisseur du fleuve, à travers quoi, de plus en plus, blondoyait le sable du fond.

La Boîte à Pêche (1926)

Les boches croiront que les sangliers ont baugé ici…

Nuits de guerre (1917)

Tais-toi! dit-il rudement. Ne m’accrassine pas, Sandrine! Me voilà frais, avec celle-ci qui pleure encore!

Raboliot (1925)

Elle suit la mode et ne le regrette point: elle dort au bercement de l’eau, voit l’aube rose, entend chanter «mille rossignols».

Route de l'aventure (1959)

Toute la harde, étroitement serrée, frémissait en renâclant. Elle pivota brusquement sur elle-même: d’autres bêtes arrivaient au galop, biches et cerfs pêle-mêle, les yeux fous, se heurtant dans leur course et soufflant à pleins naseaux.

La Dernière Harde (1938)

Il regardait le sol encombré de brousailles, il déchiffrait sur le terrain, en hâte, un grimoire chargé de sens.

Raboliot (1925)

Les goujons, ventre en l’air, viraient au bord des larges goulots, oscillaient une hésitante seconde, et, d’un coup de queue vif, les nageoires pectorales vibrantes comme des embryons d’ailes, piquaient du nez vers les ténèbres fraîches.

Raboliot (1925)

Et c’étaient des vairons, verts et tigrés de noir, des épinoches hérissées de piquants, négligeable fretin, vermine d’eau douce.

Raboliot (1925)

Il faisait tout à fait jour. Les dernières floches de brume avaient fondu dans l’espace blond.

Forêt voisine (1931)

Des mâtins, d’un seul coup de gosier, engloutissaient des blocs de chair énormes.

Forêt voisine (1931)

Il réparait sa ligne, les doigts tremblant si fort qu’il ne pouvait tourner l’empile à la hampe de l’ameçon, qu’il lui fallait s’arrêter un moment.

La Boîte à Pêche (1926)

Alors Khéba savait que le bateau à feu avait embouqué la passe, tout blanc et glissant vers la rade.

Fatou Cissé (1954)

Des carpes glissent, bombant un flanc qui brille d’un jaune d’électrum.

La Boîte à Pêche (1926)

C’était une charmeraie splendide. Les fûts droits s’élançaient d’un haut jet, à quatre ou cinq fusant de la même souche.

Forêt voisine (1931)

Guerrière, l’Allemagne ? Barbare, l’Allemagne ? Qu’en savez-vous ? …

Ceux de 14 (1949)

Un faix de chaînes lui pesait au garrot, lui nouait aux jambes de traînantes étraves dans cette forêt où ils (l’homme et le chien) rôdaient sans trêve, aussitôt cachés qu’apparus, aussitôt revenus qu’en allés.

La Dernière Harde (1938)