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Citations de : Marceline Desbordes-Valmore

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre. Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre, Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau. N’écris pas !

Les Séparés

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire : Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ; Que je les vois brûler à travers ton sourire ; Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur. N’écris pas !

Les Séparés

Vers ton âme attirée Par le plus doux transport, Sur ta bouche adorée Laisse-moi dire encor : Comme je t’aime en mes beaux jours, Je veux t’aimer toujours.

Romances (1830), Le Serment

Sois d’un coeur qui t’adore L’unique souvenir ; Je te promets encore Ce que j’ai d’avenir. Comme je t’aime en mes beaux jours, Je veux t’aimer toujours.

Romances (1830), Le Serment

Donne-moi l’espérance ; Je te l’offre en retour. Apprends-moi la constance ; Je t’apprendrai l’amour. Comme je t’aime en mes beaux jours, Je veux t’aimer toujours.

Romances (1830), Le Serment

Idole de ma vie, Mon tourment, mon plaisir, Dis-moi si ton envie S’accorde à mon désir ? Comme je t’aime en mes beaux jours, Je veux t’aimer toujours.

Romances (1830), Le Serment

L’âme doit courir Comme une eau limpide ; L’âme doit courir, Aimer et mourir.

Les Pleurs (1833), La Sincère

Au rivage, où jamais n’aborda l’Espérance, Il cherche, mais en vain, quelque fruit savoureux.

Album du jeune âge (1829)

Se reprendre à des biens perdus, C’est marcher au flot qui recule.

Elégies et Poésies nouvelles (1825), Les Pleurs

Peut-être un jour voix tendre et voilée M’appellera sous de jeunes cyprès : Cachée alors au fond de la vallée, Plus heureuse que lui, j’entendrai ses regrets.

Poésies (1830)

Vous ne rejetez pas la fleur qui n’est plus belle, Ce crime de la terre au ciel est pardonné, Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle, Non d’avoir rien vendu, mais d’avoir tout donné.

Poésies (1830), Elégies, Refuge

O père, Votre enfant qui pleurait vous l’avez entendu! Je vous obtiens déjà puisque je vous espère Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.

Poésies (1830), Elégies, Refuge

La mort est dans l’adieu d’un ami veritable.

Poésies (1830), Au Sommeil

Savez-vous qu’un jour L’homme est seul au monde? Savez-vous qu’un jour Il revoit l’amour? Vous appellerez, Sans qu’on vous réponde; Vous appellerez, Et vous songerez!…

Poésies (1830), Elégies, Qu'en avez-vous fait?

Quand on n’a pas souffert on ne sait rien encore, On ne veut confier son coeur qu’à l’avenir.

Poésies (1830), Elégies, A Mademoiselle Georgina Nairac

C’est un bonheur d’aimer, c’en est un de le dire. Amour, prends ma couronne, et laisse-moi ma lyre.

Poésies (1830), Elégies, La Nuit d'hiver

Courez vers votre mère; Portez-lui votre amour, vos baisers et vos fleurs: Ces trésors sont pour elle, et pour moi sont les pleurs.

Le Livre des mères et des enfants (1840), Le Pélican, ou les Deux Mères

J’ai rencontré l’Amour, il a brisé ma lyre; Jaloux d’un peu de bruit, il a brûlé mes vers.

Poésies (1830), Elégies, La Nuit d'hiver

Vous aviez mon coeur, Moi, j’avais le vôtre: Un coeur pour un coeur; Bonheur pour bonheur!

Pauvres Fleurs (1839), Qu'en avez-vous fait?

Ce n’est pas tout d’aimer, l’amour porte des armes. C’est le roi, c’est le maître, et pour le désarmer, Il faut plaire à l’amour, ce n’est pas tout d’aimer!

Poésies inédites (1860), Amour divin rôdeur, glissant entre les âmes

Mon âme se prend à chanter sans effort; A pleurer aussi tant mon amour est fort! J’ai vécu d’aimer, j’ai donc vécu de larmes; Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes.

Poésies inédites (1860), Rêve intermittent d'une nuit triste

Pour moi l’amour est un tourment, La tendresse m’est douloureuse. Ah! Que je voudrais être heureuse! Que je voudrais être autrement!

Poésies (1830), Romances, L'Espoir

Le temps ne viendra pas pour guérir ma souffrance, Je n’ai plus d’espérance; Mais je ne voudrais pas, pour tout mon avenir, Perdre le souvenir!

Poésies (1830), Romances, Le Souvenir

Par toi tout le bonheur que m’offre l’avenir Est dans mon souvenir.

Poésies (1830), Romances, Le Souvenir

Mais ce souffle d’amour, ce baiser que j’envie, Sur tes lèvres encor je n’ose le ravir; Accordé par ton coeur, il doublera ma vie. Ton sommeil se prolonge, et tu me fais mourir: Je n’ose le ravir.

Poésies (1830), Romances, Le Réveil

Sur ce lit de roseaux puis-je dormir encore? Je sens l’air embaumé courir autour de toi; Ta bouche est une fleur dont le parfum dévore: Approche, ô mon trésor, et ne brûle que moi. Eveille, éveille-toi!

Poésies (1830), Romances, Le Réveil

Riant portrait, tourment de mon désir, Muet amour, si loin de ton modèle! Ombre imparfaite du plaisir, Tu seras pourtant plus fidèle.

Poésies (1830), Romances, Le Portrait

Je voudrais aimer autrement, Hélas! Je voudrais être heureuse! Pour moi l’amour est un tourment, La tendresse m’est douloureuse.

Poésies (1830), Romances, L'Espoir

Il brisa son image en déchirant mon coeur. – Me rapporterait-il ma douce imprévoyance, – Et le prisme charmant de l’inexpérience? L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu; Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu!

Poésies (1830), L'isolement

Maison de la naissance, ô nid, doux coin du monde! O premier univers où nos pas ont tourné!

La maison de ma mère

N’écris pas ces mots doux que je n’ose plus lire: – Il semble que ta voix les répand sur mon coeur; – Et que je les voix brûler à travers ton sourire; – Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur – N’écris pas!

Les Séparés

Vis-à-vis la mienne – Une chaise attend: – Elle fut la sienne, – La nôtre un instant; – D’un ruban signée – Cette chaise est là, – Toute résignée, – Comme me voilà!

Poésies (1830)

Vous me laissez là, – Dans ma vie amère; – Vous me laissez là, – Et Dieu voit cela!

Poésies (1830)

Je ne demande rien à la foule qui passe, – Il faut au coeur blessé peu de bruit, – Et de mon lit profond d’où nul sanglot ne sort, – Je me console enfin dans les bras de la mort.

Sur le portrait de David d'Angers.

Les enfants sont venus vous demander des roses: – Il faut leur en donner. – – Mais les petits ingrats détruisent toutes choses… – Il faut leur pardonner.

Le Livre des mères

Qui n’a cru respirer dans la fleur renaissante, – Les parfums regrettés de ses premiers printemps.

Poésies (1830)

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses; – Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes – Que les noeuds trop serrés n’ont pu les contenir. – … – Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée. – Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Poésies posthumes (1860)

Il y a des temps où l’on ne peut plus soulever un brin d’herbe sans en faire sortir un serpent..

Correspondance, à Pauline Duchambge, 11 mai 1857

Il ne faut pas compter sur la pitié des hommes quand ils peuvent se donner l’importante joie de punir.

Correspondance, à Prosper Valmor, 17 novembre 1839

Quand je me sens mourir du poids de ma pensée, Quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur, D’un courage inutile affranchie et lassée, Je me sauve avec toi dans le fond de mon coeur !

Mélanges et fragments (1830), L'Absence

Oh ! quand il nous surprend, qu’il est beau, le plaisir ! D’un foyer presque éteint la flamme salutaire Par intervalle encor trompe l’obscurité : Si tu veux écouter ma plainte solitaire, Nous causerons à sa clarté.

Poésies (1830), Elégies, La Nuit d'hiver

Au fond de ton silence, écouter que tu m’aimes C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

Les Séparés

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ; Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent. Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire. Une chère écriture est un portrait vivant. N’écris pas !

Les Séparés

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes. Ne demande qu’à Dieu… Qu’à toi, si je t’aimais ! Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes, C’est entendre le ciel sans y monter jamais. N’écris pas !

Les Séparés