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Citations de : Louis Poirier, dit Julien Gracq

Les livres ont leurs racines, comme les plantes, et comme celles des plantes, elles sont souvent sans grâce et sans couleur.

La Forme d'une ville (1985)

Nous connaissons tous ces livres qui nous brûlent les mains et qu’on sème comme par enchantement – nous les avons rachetés une demi-douzaine de fois, toujours contents de ne point les voir revenir.

La Littérature à l' estomac (1950)

Tu vieilliras comme moi, Aldo, et tu comprendras. Il n’arrive pas de choses singulières. Il n’arrive rien. Peut-être n’est-il pas bon qu’il arrive quelque chose.

Le Rivage des Syrtes (1951)

Un Etat ne meurt pas, ce n’est qu’une forme qui se défait. Un faisceau qui se dénoue. Et il vient un moment où ce qui a été lié aspire à se délier, et la forme trop précise à rentrer dans l’indistinction.

Le Rivage des Syrtes (1951)

La forme d’une ville change plus vite, on le sait, que le coeur d’un mortel.

La Forme d'une ville (1985)

Dans le silence des arbres, à peine distinct de celui des étoiles, ils vécurent une nuit du monde dans sa privauté sidérale, et la révolution de la planète, son orbe enthousiasmante parut gouverner l’harmonie de leurs gestes les plus familiers.

Au château d'Argol (1939)

En amour, lui disait-il, tu as la tactique de Napoléon : on s’engage et puis on voit.

Un balcon en forêt (1958)

L’âme monte quelque fois au bord des lèvres.

La Presqu'île (1970)

Tout grand paysage est une invitation à le posséder par la marche.

En lisant, en écrivant (1981)

Ce que les personnages laissent pressentir, ce vers quoi on devine qu’ils sont en marche, compte infiniment plus que ce qu’ils sont.

En lisant, en écrivant (1981)

Si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.

En lisant, en écrivant (1981)

Littérature: quelle folie d’investir le meilleur de soi-même dans un art dont le médium, la langue, en continuelle évolution, reste à la merci de l’usage qu’en feront, année après année, quelques dizaines de millions d’analphabètes.

Carnets du grand chemin (1992)

Le rassurant de l’équilibre, c’est que rien ne bouge. Le vrai de l’équilibre, c’est qu’il suffit d’un souffle pour faire tout bouger.

Le Rivage des Syrtes (1951)

A mesure que s’éloigne la liturgie traditionnelle, je trouve un charme neuf aux hymnes latines et aux proses des offices d’autrefois qui chantent encore dans ma mémoire.

Carnets du grand chemin (1992)

Une pièce fonctionne ou ne fonctionne pas: exigence qui s’applique beaucoup moins clairement à un roman.

Entretiens (2002), Entretiens avec Bernhild Boie