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Citations de : Louis Calaferte

N’obéissez pas. N’obéissez pas. N’obéissez pas. Vous n’avez de supérieurs nulle part. L’obéissance est une maladie. Vous ne devez l’obéissance à personne – qu’à la vie!

L'homme vivant (1994)

En profondeur ou dans l’étendue, l’art doit être déchirure. Le but supérieur de l’art est le fracassement.

Circonstances (1989), Carnets XI

L’important n’est pas tant de réfléchir que de déchaîner des forces. Ce n’est pas à la sagesse que doit aspirer l’artiste, mais à plus de folie, plus d’audace, plus de liberté.

Circonstances (1989), Carnets XI

C’est aux nuls, aux impuissants et aux lèche-culs professionnels que profite en France le commerce du papier de librairie.

Situation (1991)

La télévision est instrument d’émasculation. La télévision est faite pour que vous restiez des imbéciles mal informés et dociles. La télévision est la poubelle des pouvoirs.

Situation (1991)

La police avait soigneusement pris et repris nos empreintes.

Partage des vivants (1953)

Lubresco, mains aux poches, très rigide, le torse droit, souriait en Empereur.

Requiem des innocents (1952)

On va bouffer? J’ai les crocs, moi! Je boufferai quelque chose de bon!… On y va?

Partage des vivants (1953)

Blaise, le crétin, ouvrait des yeux pesants d’incompréhension. Il pleurait sans un reniflement, les épaules tombées comme pour s’excuser de ses pleurs. Ses larmes d’innocent versées dans ce tumulte se paraient d’un sens majestueux et prophétique.

Requiem des innocents (1952)

Impossible de ne pas évoquer, comme malgré soi, le petit chat qui dort à la jonction légère de ces lignes de lingerie.

No man's land

Nous n’étions que des bêtes malfaisantes, museaux au vent, flairant une proie.

Requiem des innocents (1952)

Tout est séparé par des infinis.

Miroir de Janus (1980-1981), Carnets V (1993)

La règle, me semble-t-il, est simple : l’art a fonction de troubler.

Miroir de Janus (1980-1981), Carnets V (1993)

Je voudrais que tes yeux soient des choses qui me touchent la peau.

La Mécanique des femmes (1992)

La passion est par excellence acte de vie. Ce qui n’en procède pas dépérit inévitablement.

Droit de cité (1992)

Ce dont, dans sa diabolique pesanteur, le monde s’évertue à nous dépouiller, c’est de la passion, qui seule glisse au niveau de la Création.

Droit de cité (1992)

Je pense que rien au monde n’est plus féroce, vicieux, criminel qu’un enfant.

Requiem des innocents (1952)

Ma vie se définit et se déroule sans que je la pense. Ce n’est point qu’elle m’échappe, mais plutôt qu’elle me semble accordée en vue de tel ou tel accomplissement attendu, si bien que c’est une direction qui m’entraîne. Ma vie se vit sans moi.

Le jardin fermé (1994), Carnets XVI

Le sexe est le plus étrange apanage de la création. Hallucinant parce qu’il coule directement de la pensée.

Septentrion (1963)

L’artiste qui sacrifie tout à son art a pour alliées des forces occultes.

Le chemin de Sion (1956-1967), Carnets I

On vivait dans l’instant. En évitant les bourres, ces sans-tripes qui nous eussent volontiers crochetés au premier tournant de rue, et coups dans la gueule, et dépôt à la suite. Ils nous avaient en plein dans leur mauvais oeil, les vaches!

Partage des vivants (1953)

L’animal affamé, ça soulève les consciences les mieux accrochées. Ca donne à parler et à réfléchir. C’est drôle! C’est à qui se débrouillera le plus diligemment pour rapporter la bouffetance à la bête chavirante.

Partage des vivants (1953)

En baratinant les bignolles du coin, c’est bien la fin du monde si on ne déniche pas ici ou là, un toit pour nous abriter.

Requiem des innocents (1952)

On possédait mon père à la flatterie. Aussi vaniteux que bête, il s’engageait bénévolement à donner sa vie ou sa liberté en échange d’un mot bien placé et flatteur pour ce qu’il croyait être son honneur.

Requiem des innocents (1952)

Le bifteck et les légumes, les cigarettes, il nous donnait tout cela, comme si tout cela eût été naturel, sans en parler jamais. Le toit et la bectance.

Partage des vivants (1953)

Le bruit de la chute nous arrêta momentanément de travailler.

Requiem des innocents (1952)

Rester un esprit vivant. Ne croire ni aux formules honorifiques ni aux fonctions. Vivre comme on éclaterait. Etre de la jeunesse en action. Se foutre du monde et hurler.

Situation (1991)

Les révoltants dessous organiques de la beauté.

Choses dites (1997)

Les idéologies m’importent peu. Je suis du côté de la dignité de l’homme.

Choses dites (1997)

La vérité, c’est que nous sommes que quelques uns à ne pas pouvoir se passer de liberté.

Paraphe

Il n’y a pas de mesure à la mesure des mots. Il ne viendrait à personne l’idée de mettre un frein à la clarté nue de midi en été. Les mots. Silex et diamant.

Septentrion (1963)

Elle avait un cou de cygne, des yeux de chatte, un regard d’aigle, une taille de guêpe, des jambes de gazelle, un tempérament de lion, un caractère de chien. Pourtant, ce n’était qu’une femme.

Choses dites (1997)

Ou le siècle à venir sera celui du refus, ou il ne sera qu’espace carcéral.

Choses dites (1997)

Moderne: Future vieillerie.

Choses dites (1997)

Poésie: Musique intime.

Choses dites (1997)

Ils croient le chaos inorganisé.

Choses dites (1997)

La guerre n’est rien que le produit de l’ignorance des uns, de la crapulerie des autres et de la férocité de tous.

Choses dites (1997)

Vacances: Drogue populaire.

Choses dites (1997)

Xénophobie: Démangeaison des prolétaires et des commerçants.

Choses dites (1997)

Touriste: Idiot de passage.

Choses dites (1997)

Etat: Gangstérisme officialisé.

Choses dites (1997)

Amertume: Vice de vieillard.

Choses dites (1997)

Tout ce que je dis n’a aucune importance comme tout ce que je ne dis pas.

Paraphe (1974)

Je suis pour qu’on sanctionne l’impudeur des femmes enceintes. Qu’on m’épargne ces obésités obscènes.

Paragraphe (1974)

Je suis du bois dont on fait les cercueils.