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Citations de : Khalil Gibran

On ne peut atteindre l’aube, sinon par le sentier de la nuit.

Le sable et l'écume (1926)

L’oubli est une forme de liberté.

Le sable et l'écume (1926)

Le souvenir est une forme de rencontre.

Le sable et l'écume (1926)

Une perle est un temple bâti par la douleur autour d’un grain de sable. Quelle nostalgie bâtit nos corps et autour de quels grains?

Le sable et l'écume (1926)

«Toi et le monde dans lequel tu vis n’êtes qu’un grain de sable sur le rivage infini d’une mer infinie.» Et dans mon rêve je leur réponds: «Je suis la mer infinie, et tous les mondes ne sont que des grains de sable sur mon rivage.»

Le sable et l'écume (1926)

Je marche éternellement sur ces rivages, entre le sable et l’écume. Le flux de la marée effacera l’empreinte de mes pas, et le vent emportera l’écume. Mais la mer et le rivage demeureront éternellement.

Le sable et l'écume (1926)

Dans le coeur de tout homme et de toute femme, il est un peu de sable et d’écume. Mais certains d’entre nous livrent ce qui demeure caché dans le plumage de leur coeurs, d’autres en éprouvent de la honte. Quand à moi, je n’en rougis point.

Le sable et l'écume (1926)

Arrivé à la fin de ce que tu dois savoir, tu es au seuil de ce que tu devras ressentir.

Le sable et l'écume (1926)

Nul homme ne peut tracer la frontière entre nécessaire et superflu.

Le sable et l'écume (1926)

Le verbeux m’a appris le silence, le fanatique la tolérance et le cruel la bonté. Etrange, je ne leur éprouve guère de la reconnaissance.

Le sable et l'écume (1926)

Lorsque tu atteins le coeur de la vie, tu n’es ni moins vil qu’un criminel, ni moins noble qu’un prophète.

Le sable et l'écume (1926)

L’esprit le plus ailé ne peut échapper aux envies de la vie.

Le sable et l'écume (1926)

Ouvre l’oeil et regarde, tu verras ton visage dans tous les visages. Tends l’oreille et écoute, tu entendras ta propre voix dans toutes les voix.

Le sable et l'écume (1926)

Si l’hiver disait, le printemps est dans mon coeur, qui croirait l’hiver!

Le sable et l'écume (1926)

La voix de la vie en moi ne peut atteindre l’oreille de la vie en toi. Parlons afin de peupler notre solitude.

Le sable et l'écume (1926)

La moitié de ce que je dis est dénué de sens, mais je le dis afin que l’autre moitié puisse t’atteindre.

Le sable et l'écume (1926)

La réalité d’autrui ne peut résider en ce qu’il te révèle. Ainsi, si tu parviens à le comprendre, n’écoute pas ce qu’il dit, mais écoute plutôt ce qu’il ne dit.

Le sable et l'écume (1926)

La signification de l’homme ne réside pas en ce qu’il atteint, mais plutôt en ce qu’il brûle d’atteindre.

Le sable et l'écume (1926)

Un beau jour, je parlai de la mer au ruisseau, et le ruisseau me considéra comme un fabulateur. Un autre jour, je parlai du ruisseau à la mer, et la mer me considéra comme un diffamateur.

Le sable et l'écume (1926)

Ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l’amour, car l’amour, s’il vous trouve digne, dirige votre cours.

L’enfer est dans un coeur vide.

Lorsque l’amour nous frôle, tout de mansuétude vêtu, nous le fuyons apeurés, ou nous nous cachons en des endroits obscurs, ou encore nous le poursuivons et, en son nom, commettons le mal.

La voix de l'éternelle sagesse (1963)

Une seule âme contient les espoirs et les sentiments de l’Humanité tout entière.

La voix de l'éternelle sagesse (1963)

Combien généreuse est la vie pour l’homme, mais combien l’homme se tient éloigné de la vie!

En amitié, toutes pensées, tous désirs, toutes attentes naissent sans paroles et se partagent souvent dans une joie muette.

Que la douceur de l’amitié soit faite de rires et de plaisirs partagés.

Emplissez chacun la coupe de l’autre, mais ne buvez pas à la même coupe.

Que ne suis-je un arbre sans fleurs ni fruits, – Car la peine causée par l’abondance est plus amère que la stérilité, – Et la douleur du riche dont on ne veut rien accepter – Est plus cruelle que celle du mendiant qui ne reçoit rien de personne.

Le Jardin du prophète

Bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, vous n’y trouverez bien souvent que des chaînes.

Nos vêtements dissimulent beaucoup de notre beauté, et ne cachent point ce qui n’est pas beau.

Puissiez-vous accueillir le soleil et le vent avec plus de votre peau, et moins de vos vêtements. Car la main de la vie est dans le soleil, et son souffle est dans le vent.

Tout ce qui vit est conçu dans la brume et non dans le cristal. – Et qui sait si le cristal n’est pas une brume en déclin?

Le Prophète

Si tu confies au vent tes secrets, ne te plains pas s’il les révèle aux arbres.

Lorsque la main d’un homme effleure la main d’une femme, tous deux touchent à l’éternité.

Aimez-vous vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une alliance qui vous enchaîne l’un à l’autre.

Un arbre qui grandit dans une caverne ne porte pas de fruits.

Ne pensez pas que vous pouvez influencer le cours de l’amour; car c’est l’amour, s’il vous en trouve digne, qui influencera le cours de votre vie.

Sagesse n’est pas sagesse lorsqu’elle est trop fière pour pleurer, trop sérieuse pour rire et trop pensive pour parler.

Vos enfants ne sont pas vos enfants, – Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même.

Le Prophète

Si tu es blessé par autrui, tu peux oublier la blessure. Mais si tu le blesses, tu t’en souviendras toujours.

La perplexité est le début de la connaissance.

Le premier baiser, c’est l’union de deux fleurs parfumées afin que de leurs senteurs mêlées, il naisse une troisième âme.

Fiez-vous à vos rêves, car en eux est cachée la porte de l’éternité.

Le désir est la moitié de la vie. L’indifférence est la moitié de la mort.

Tous nos mots ne sont que miettes qui tombent du festin de notre esprit.

Le sable et l'écume (1926)

Ne dites pas: «J’ai trouvé la vérité», mais plutôt: «J’ai trouvé une vérité».

Vous travaillez pour pouvoir aller au rythme de la terre et de l’âme de la terre. Car être oisif c’est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession de la vie, qui avance majestueusement et en fière soumission vers l’infini.

Celui qui ne porte sa moralité que comme son meilleur vêtement ferait mieux d’être nu.

Le Prophète, De la religion

Nos larmes les plus sacrées ne recherchent jamais nos yeux.

Le sable et l'écume (1926)

L’art est un pas de la nature vers l’Infini.

Le sable et l'écume (1926)

Lorsque je me tins devant toi, tel un miroir limpide, tes yeux plongèrent dans les miens et contemplèrent ton image. – Alors tu me dis: «Je t’aime.» – Mais en vérité, tu t’aimais en moi.

Le sable et l'écume (1926)

Si tu révèles ton secret au vent, tu ne dois pas lui reprocher de le révéler à l’arbre.

Le sable et l'écume (1926)

La tristesse n’est rien d’autre qu’un mur qui s’élève entre deux jardins.

Le sable et l'écume (1926)

Le compréhensif m’attribue la compréhension et l’ennuyeux m’attribue l’ennui. Je pense que tous deux ont raison.

Le sable et l'écume (1926)

Une beauté grandiose me conquiert, – mais une beauté plus grandiose m’en libère.

Le sable et l'écume (1926)

Le fanatique est un orateur, sourd comme un pot.

Le sable et l'écume (1926)

Le désaccord pourrait être le chemin le plus court entre deux opinions.

Le sable et l'écume (1926)

Combien noble est celui qui ne veut être ni maître ni esclave.

Le sable et l'écume (1926)

Point de religion ni de science sans esthétique.

Le sable et l'écume (1926)

La racine est une fleur qui dédaigne la gloire.

Le sable et l'écume (1926)

La mort n’est pas plus proche du vieillard que du nouveau-né; la vie non plus.

Le sable et l'écume (1926)

Quand tu chantes, sache que l’affamé t’entend avec son ventre.

Le sable et l'écume (1926)

Un beau jour, je parlai de la mer au ruisseau, et le ruisseau me considéra comme un fabulateur. – Un autre jour, je parlai du ruisseau à la mer, et la mer me considéra comme un diffamateur.

Le sable et l'écume (1926)

N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs?

Le sable et l'écume (1926)

Le seul qui ait été injuste envers moi est le frère de celui envers qui j’ai été injuste.

Le sable et l'écume (1926)

La pitié n’est que justice amputée.

Le sable et l'écume (1926)

Si ton coeur est un volcan, comment espères-tu que fleurissent tes mains?

Le sable et l'écume (1926)

Seule une grande peine ou une grande joie peuvent révéler ta vérité. – Si tu désires être révélé, tu dois danser nu au soleil ou porter ta croix.

Le sable et l'écume (1926)

Tu ne vois que ton ombre lorsque tu tournes le dos au soleil.

Le sable et l'écume (1926)

Si tu ne comprends pas ton ami en toutes circonstances, jamais tu ne le comprendras.

Le sable et l'écume (1926)

Tout homme aime deux femmes: – l’une est création de son imagination, – l’autre n’est pas encore née.

Le sable et l'écume (1926)

L’amour est le voile entre aimé et amant.

Le sable et l'écume (1926)

Le génie n’est que le chant du rouge-gorge à l’aube d’un printemps indolent.

Le sable et l'écume (1926)

L’inspiration chante toujours. – L’inspiration n’explique jamais.

Le sable et l'écume (1926)

Si tu chantes la beauté, même dans la solitude du désert, tu trouveras une oreille attentive.

Le sable et l'écume (1926)

Si tu éprouves le désir d’écrire, et nul autre que l’Esprit n’en détient le secret, tu dois maîtriser connaissance, art et magie: – la connaissance des mots et leur mélodie, – l’art d’être sans fard, – et la magie d’aimer ceux qui te liront.

Le sable et l'écume (1926)

Ouvre l’oeil et regarde, tu verras ton visage dans tous les visages. – Tends l’oreille et écoute, tu entendras ta propre voix dans toutes les voix.

Le sable et l'écume (1926)

Il faut toujours connaître la vérité, et parfois la dire.

Le sable et l'écume (1926)

La moitié de ce que je te dis est dénué de sens, mais je le dis afin que l’autre moitié puisse t’atteindre.

Le sable et l'écume (1926)

Notre esprit est roche, notre coeur est ruisseau. – N’est-il pas étrange que la plupart d’entre nous choisissent de recueillir l’eau plutôt que de la laisser s’écouler?

Le sable et l'écume (1926)

Tu es aveugle. Je suis sourd-muet. – Que ta main touche la mienne et que la communication soit.

Le sable et l'écume (1926)

Vous parlez quand vous cessez d’être en paix avec vos pensées.

Vous donnez peu lorsque vous donnez de vos biens. C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment.

Votre ami est la réponse à vos désirs.

Le Prophète

Vos enfants: vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.

Nous ne vivons que pour découvrir la beauté. Tout le reste n’est qu’attente.

Le sable et l'écume (1926)

La pensée est un oiseau d’espace qui dans la cage des mots saura peut-être déployer les ailes, mais pas voler.

L’amitié est toujours une douce responsabilité, jamais une opportunité.

Le sable et l'écume (1926)

En tout homme résident deux êtres: l’un éveillé dans les ténèbres, l’autre assoupi dans la lumière.

Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son coeur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu’on appelle l’amour.

Celui qui peut mettre le doigt sur ce qui sépare le bien du mal est celui-là même qui peut toucher les pans de la toge de Dieu.

C’est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve son matin et se rafraîchit.

Le Prophète (1923)

Avec le premier baiser naît cette vibration magique qui portera les amants du monde mesurable dans le monde des rêves et des révélations.

L'oeil du prophète (1991)

Celui qui porte sa moralité comme son plus beau vêtement ferait mieux d’aller nu. Le soleil et le vent ne feront pas d’accroc dans sa peau.

Le Prophète (1923)

Hommes et femmes ne peuvent récolter l’amour qu’après une triste et révélatrice séparation, une amère patience et des efforts désespérés.

L'oeil du prophète (1991)

Ne croyez pas que vous pouvez diriger le cours de l’amour. Car si l’amour vous trouve dignes, lui-même guidera votre coeur.

L'oeil du prophète (1991)

L’amour est la seule liberté qui soit au monde, car il élève si haut l’esprit que les hommes et les phénomènes de la nature ne peuvent altérer son cours.

L'oeil du prophète (1991)

L’amour est la seule fleur qui croît et qui fleurit sans l’aide des saisons.

L'oeil du prophète (1991)

Le premier regard, c’est l’instant qui sépare l’enivrement de la vie et son éveil, la première lueur qui éclaire les régions intimes de l’âme, la première note magique jouée sur la corde d’argent de notre coeur.

L'oeil du prophète (1991)

Le premier regard est le moment fugitif qui abolit devant l’âme des chroniques du temps, qui révèle à l’oeil les actions de la nuit et le travail de la conscience.

L'oeil du prophète (1991)

Du premier baiser : c’est le premier verset du chant de la vie.

L'oeil du prophète (1991)

Du premier baiser : c’est le lien qui relie l’obscurité du passé à l’éclat du futur, le lien entre le silence des sentiments et leur mélodie.

L'oeil du prophète (1991)

Du premier baiser : c’est la ligne qui partage le doute, trompant l’esprit et attristant l’âme, et la certitude qui inonde de joie l’être intime.

L'oeil du prophète (1991)

Du premier baiser : c’est la première goutte bue dans la coupe remplie du nectar de la vie.

L'oeil du prophète (1991)

Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour un carcan : Qu’il soit plutôt mer mouvante entre les rives de vos âmes. Remplissez, chacun la coupe de l’autre, mais ne buvez pas la même.

Le Prophète (1923)

Votre corps est une harpe pour votre âme. A vous d’en tirer une douce musique ou des sons confus.

Le Prophète (1923)

Votre maison est votre corps élargi. Elle grandit au soleil et dort dans la quiétude de la nuit. Et son sommeil n’est pas sans rêves. Votre maison ne rêve-t-elle pas ? Et en rêve ne quitte-t-elle pas la ville pour le bosquet sur la colline ?

Le Prophète (1923)

Hier n’est que le souvenir d’aujourd’hui, et demain le rêve d’aujourd’hui.

Le Passant d'Orphalèse (2001)

Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ce sont les fils et les filles du désir de Vie. Ils arrivent à travers vous mais non de vous. Et quoiqu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Le Passant d'Orphalèse (2001)

Puissent les vallées être vos rues et les verts sentiers vos allées, afin que vous puissiez vous chercher les uns les autres à travers les vignes et revenir avec les parfums de la terre dans vos vêtements.

Le Passant d'Orphalèse (2001)

Rester l’un avec l’autre, mais pas trop près l’un de l’autre : car les piliers du temple sont éloignés entre eux.

Le Prophète (1923)

N’oubliez pas que la terre prend plaisir à sentir vos pieds nus et que les vents aspirent à jouer avec vos cheveux.

Le Prophète (1923)

Tu écris des chansons à la surface de l’eau, puis tu les effaces. Ainsi fait le poète quand il crée.

La voix de l'éternelle sagesse (1963)

L’amour ne donne rien que lui, ne prend rien que lui, l’amour ne possède pas et ne veut pas l’être ; car il se suffit à lui-même.

L'Art de la Sagesse (2008)

N’oubliez pas que la pudeur sert de bouclier contre les regards impurs. Et quand l’impur n’est plus, que devient la pudeur sinon une souillure de l’esprit ?

Le Prophète (1923)

Nous choisissons nos joies et nos peines bien avant de les éprouver.

Le sable et l'écume (1926)

Ecoutez la femme quand elle vous regarde non quand elle vous parle.

Le Prophète (1923)

Lorsque deux femmes parlent elles ne disent pas grand chose, quand une femme parle elle dit tout de la vie.

Le Prophète (1923)

L’amour qui ambitionne autre chose que la révélation de son mystère n’est pas amour mais un filet jeté, lequel n’attrape que l’inutile.

Le Prophète (1923)

Mais vous qui êtes forts et rapides, veillez à ne pas boiter devant les boiteux, en croyant vous montrer gentils.

Le Prophète (1923)

Toute connaissance est vaine, s’il n’y a pas travail. Et tout travail est vide, s’il n’y a pas amour. Et lorsque vous travaillez avec amour, vous liez vous-même à vous-même, et aux uns et aux autres. Le travail est l’amour rendu visible.

Le Prophète (1923)

Votre maison est votre corps déployé. Elle s’épanouit au soleil et dort dans le silence de la nuit.

Le Prophète (1923)

Les esprits qui demeurent dans l’éther n’envient-ils pas à l’homme sa douleur ?

Le sable et l'écume (1926)

Ne pensez pas que vous pourrez diriger le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve digne, dirigera votre cours.

Le Prophète (1923)

Lorsque tu te sépares de ton ami, ne t’affliges pas; car ce que tu préfères en lui peut apparaître plus clairement en son absence, comme la montagne apparaît plus clairement à l’alpiniste quand il l’aperçoit de la plaine.

Le Prophète (1923)

Vous juger selon vos échecs serait reprocher aux saisons leur inconstance.

Le Prophète (1923)

En vérité la soif de confort tue l’ardeur de l’âme, et suit alors ses funérailles en ricanant.

Le Prophète (1923)

Il en a toujours été ainsi de l’amour, il ne connaît sa véritable profondeur qu’à l’instant de la séparation.

Le Prophète (1923)

Ne pensez pas que vous pourrez diriger le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve dignes, dirigera votre cours.

Le Prophète (1923)

Ton ami est la réponse à tes besoins. Il est le champ que tu sèmes d’amour et récoltes en rendant grâces. Il est ta table chargée de mets et ton âtre. Car tu viens à lui affamé et le recherches pour la paix.

Le Prophète (1923)

Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie.

Le Prophète (1923)

Quand l’amour vous fait signe, suivez le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et quand il vous parle, croyez en lui.

Le Prophète (1923)

L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même. L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé. Car l’amour suffit à l’amour.

Le Prophète (1923)

Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus: Car les piliers du temple se tiennent à distance, Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l’ombre l’un de l’autre.

Le Prophète (1923)

De même que les cordes du luth sont seules pendant qu’elles vibrent de la même harmonie. Donnez vos coeurs, mais pas à la garde l’un de l’autre. Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.

Le Prophète (1923)

Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu. Mais laissez l’espace entrer au sein de votre union. Et que les vents du ciel dansent entre vous.

Le Prophète (1923)

Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours. Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.

Le Prophète (1923)

L’Ultime Vérité transcende la Nature et ne peut passer d’un être humain à un autre par la voie de la parole. Pour transmettre sa portée aux âmes qui s’aiment, la Vérité choisit le Silence.

La voix de l'éternelle sagesse (1963)

Car comme il en a toujours été, c’est seulement à l’heure de la séparation que l’amour connait sa propre profondeur.

Le Prophète (1923)

Aujourd’hui n’est que la mémoire d’hier, et demain le rêve d’aujourd’hui.

Le Prophète (1923)

L’âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.

Le Prophète (1923)

Vos vêtements dissimulent une grande part de votre beauté, mais ils ne cachent pas ce qui n’est pas beau.

Le Prophète (1923)

La première pensée de Dieu fut un ange. Le premier mot de Dieu fut un homme.

Le sable et l'écume (1926)

Le souvenir est une forme de rencontre. L’oubli est une forme de liberté.

Le sable et l'écume (1926)

Quand ma coupe est vide, je me résigne à ce qu’elle le soit; mais quand elle est à moitié pleine, j’en suis contrarié.

Le sable et l'écume (1926)

Si autrui rit de vous, vous pouvez avoir pitié de lui; mais si vous riez de lui, vous ne pourrez jamais vous le pardonner. Si autrui vous blesse, vous pouvez oublier la blessure; mais si vous le blessez, vous vous en rappellerez toujours.

Le sable et l'écume (1926)

Comment puis-je perdre foi en la justice de la vie, quand les rêvent de ceux qui dorment sur du duvet ne sont pas plus beaux que les rêves de ceux qui dorment à même le sol ?

Le sable et l'écume (1926)

L’amour qui n’exulte pas sans cesse meurt peu à peu.

Le sable et l'écume (1926)

La pitié n’est destinée qu’aux coupables: l’innocent, lui, s’attend seulement à ce que justice soit faite.

Les Esprits Rebelles (1908)

Tous peuvent entendre mais seuls les être sensibles comprennent.

Le Prophète (1923)

Vos enfants ne sont pas vos enfant. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.

Le Prophète (1923)

Si le temps n’est qu’illusion, les illusions ne durent qu’un temps!

Le Prophète (1923)

L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même. L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Le Prophète (1923)

Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir la joie.

Le Prophète (1923)

Votre douleur est ce par quoi se brise la coquille de votre entendement. Et comme il faut que le noyau du fruit se rompe pour que le coeur du fruit s’offre au soleil, ainsi vous faut-il connaître la douleur.

Le Prophète (1923)

En moi le coeur se mit à saigner, car vous ne sauriez être libres tant que votre désir de la liberté n’est pas pour vous un aiguillon et tant que vous parlez d’elle comme d’un but et d’un accomplissement.

Le Prophète (1923)

Vos habits voilent beaucoup de votre beauté, mais ils ne cachent pas toute disgrâce.

Le Prophète (1923)

Les deux ne sont pas séparables. Elles arrivent ensemble, et, quand l’une d’elles s’installe seule à votre table, souvenez-vous que l’autre dort dans votre lit.

Le Prophète (1923) (au sujet de la joie et la tristesse)

J’aspire à l’éternité parce que j’y rencontrerai les poèmes que je n’ai pas écrits et les tableaux que je n’ai pas peints.

Le sable et l'écume (1926)

Si vous vous asseyiez sur un nuage, vous ne verriez pas la frontière entre un pays et un autre. Il est bien regrettable que vous ne puissiez vous asseoir sur un nuage.

Le sable et l'écume (1926)

Puissé-je être un puits sec, au fond duquel les passants jettent des pierres. Car mieux vaut être un puits tari qu’un puits plein d’eau limpide qu’aucunes lèvres ne viennent toucher.

La voix de l'éternelle sagesse (1963)

Le plaisir est chant de liberté, mais n’est pas la liberté. Il est la floraison de vos désirs, mais pas leurs fruits. Il est une profondeur appelant une hauteur, mais il n’est ni le haut ni le profond.

Le Prophète (1923)

N’avez vous pas entendu parler de l’homme qui creusait la terre pour trouver des racines et qui tomba sur un trésor?

Le Prophète (1923)

La vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.

Le Prophète (1923)

Tu es aveugle. Je suis sourd-muet. Que ta main touche la mienne et que la communication soit.

Le sable et l'écume (1926)

Car l’on sait bien que l’amour ignore toujours sa propre profondeur jusqu’au jour des adieux.

Le Prophète (1923)

Le plaisir est un chant de liberté, mais il n’est pas la liberté. Il est l’éclosion de vos désirs, mais il n’est pas leur fruit.

Le Prophète (1923)

La pensée est un oiseau de l’espace, qui dans une cage de mots peut ouvrir ses ailes mais ne peut voler.

Le Prophète (1923)

Cette imperturbable nature qui nous entoure est muraillée entre deux constantes immuables, la vie écourtée, encerclant la mort à l’infini.

Le Prophète (1923)

Vous ne saurez être libres que lorsque même le désir de parvenir à la liberté deviendra pour vous un harnais et lorsque vous cesserez de parler de la liberté comme d’un but et d’un achèvement.

Le Prophète (1923)

Peut-être qu’un enterrement chez les hommes est un repas de noce chez les anges.

Le sable et l'écume (1926)

La solitude est un orage silencieux qui brise toutes les branches mortes, mais qui plante cependant nos racines vivantes plus profondément dans le coeur vivant de la terre vivante.

Le sable et l'écume (1926)

L’Amour et le doute ne se parlent jamais.

Le sable et l'écume (1926)

Le chant qui est silencieux dans le coeur de la mère chante sur les lèvres de son enfant.

Le sable et l'écume (1926)

Le génie n’est que le chant d’un rossignol au début d’un long printemps.

Le sable et l'écume (1926)

On dit que le rossignol se perce la poitrine avec une épine quand il chante son chant d’Amour. Il en est ainsi de nous. Comment chanterions-nous autrement?

Le sable et l'écume (1926)

La pensée est toujours la pierre d’achoppement de la poésie.

Le sable et l'écume (1926)

Si vous chantez la beauté bien que seul au coeur du désert, vous aurez un public.

Le sable et l'écume (1926)

Un poète est un roi détrôné assis parmi les cendres de son palais avec lesquelles il tente de façonner une image.

Le sable et l'écume (1926)

La poésie n’est pas une opinion qu’on exprime. C’est une chanson qui s’élève d’une blessure saignante ou d’une bouche souriante.

Le sable et l'écume (1926)

Il doit y avoir quelque chose d’étrangement sacré dans le sel. Puisqu’il est dans nos larmes et dans la mer.

Le sable et l'écume (1926)

Pendant longtemps vous avez été un rêve dans le sommeil de votre mère, et puis elle s’est éveillée pour vous donner naissance.

Le sable et l'écume (1926)

Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés, au petit matin, à la table des anges.

Le sable et l'écume (1926)

La tristesse n’est qu’un mur entre deux jardins.

Le sable et l'écume (1926)

Nous choisissons nos joies et nos chagrins longtemps avant de les éprouver.

Le sable et l'écume (1926)

Seuls ceux qui portent des secrets dans leurs coeurs peuvent deviner ceux qui sont enfouis dans les nôtres.

Le sable et l'écume (1926)

Le véritable prince est celui qui trouve son trône dans le coeur du derviche.

Le sable et l'écume (1926)

Je suis la flamme et je suis le buisson sec, et une partie de moi consume l’autre.

Le sable et l'écume (1926)

Le véritable grand homme est celui qui ne domine personne, et qui n’est dominé par personne.

Le sable et l'écume (1926)

Une racine est une fleur qui méprise la renommée.

Le sable et l'écume (1926)

Si je devais choisir entre le pouvoir d’écrire un poème et l’extase d’un poème non écrit, je choisirai l’extase. C’est une poésie meilleure.

Le sable et l'écume (1926)

Celui qui porte sa moralité comme son plus beau vêtement serait mieux tout nu.

Le Prophète (1923)

La beauté n’est pas un besoin mais un ravissement. Ce n’est pas une bouche assoiffée ni une main vide et tendue. Mais plutôt un coeur enflammé et une âme enchantée.

Le Prophète (1923)

La beauté est un doux murmure. Elle parle en notre esprit. Sa voix cède à nos silences comme une faible lumière qui tremble de peur devant l’ombre.

Le Prophète (1923)

La beauté est affaire de puissance et de terreur. Comme la tempête, elle secoue la terre sous nos pieds et le ciel sur nos têtes.

Le Prophète (1923)

La beauté est douce et bonne. Comme une jeune mère un peu embarrassée par sa propre fierté, elle se promène parmi nous.

Le Prophète (1923)

Du mariage : Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une entrave ; qu’il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de vos âmes.

L'oeil du prophète (1991)

De même que le premier regard est pareil à une graine semée par la déesse dans le champ du coeur humain, le premier baiser est la première fleur qui éclot au bout du rameau de l’arbre de vie.

L'oeil du prophète (1991)

Le premier baiser est l’effleurement des lèvres de la rose par les doigts délicats de le brise où l’on entend la rose pousser un long soupir de soulagement et un et un doux gémissement.

L'oeil du prophète (1991)

Le premier baiser est le mot prononcé de concert par quatre lèvres, qu fait du coeur un trône, de l’amour un roi et de la fidélité une couronne.

L'oeil du prophète (1991)

Avec le premier baiser naît la vibration magique qui portera les amants du monde dans le monde des rêves et des révélations.

L'oeil du prophète (1991)

Toute lutte dans la vie n’est que chaos qui aspire à l’ordre. La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes.

Le sable et l'écume (1926)

La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes. Pourtant, elle implante nos racines dans les profondeurs du coeur vivant de la terre vivante.

L'oeil du prophète (1991)

Puissent les vallées devenir vos rues, les sentiers de verdure vos venelles, pour que vous vous cherchiez les uns les autres dans les vignes, et que vous en reveniez avec, dans vos vêtements, le parfum de la terre.

Le Prophète (1923)

La vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre.

Le Prophète (1923)

Ne dites pas : J’ai trouvé la vérité, mais plutôt : J’ai trouvé une vérité.

Le Prophète (1923)

Et il en a toujours été ainsi de l’amour, il ne connaît sa véritable profondeur qu’à l’instant de la séparation.

Le Prophète (1923)

N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre le regard des impurs.

Le Prophète (1923)

Vague et nébuleux est le commencement de toute chose l’aboutissement ne l’est pas.

Le Prophète (1923)

Et puisque vous êtes un souffle dans la sphère de Dieu, une feuille dans la forêt de Dieu, vous aussi, vous devez vous reposer dans la raison et agir avec passion.

Le Prophète (1923)

Dans la douceur de votre amitié, qu’il y ait des rires, et le partage des plaisirs.

Le Prophète (1923)

En amitié toute pensée, tout désir, toute attente naissent et se partagent sans un mot, avec une joie secrète.

Le Prophète (1923)