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Citations de : Julien Gracq

Les grandes religions monothéistes, Israël comme l’Islam, ont jeté les images au feu et n’ont gardé que le livre. La parole est éveil, appel au dépassement; la figure figement, fascination.

En lisant, en écrivant (1981)

Cette divination stupéfiante de la femme amoureuse qui comprend tout de l’homme, sauf l’érection.

Cité par Georges Perros dans Papiers collés (1979), II.

Cette chose plus compliquée et plus confondante que l’harmonnie des sphères: un couple.

Un beau ténébreux (1945)

La vérité flâne derrière le mensonge.

Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation.

Que j’aimerais … qu’on serve les fatalités de sa nature avec intelligence: il n’y a pas d’autre génie.

Un beau ténébreux (1945)

Notre idée de l’immortalité, ce n’est guère que la permission pour quelques-uns de continuer à vieillir un peu une fois morts.

Préférences

C’est par ses admirations surtout que le symbolisme a été grand. Il a mis presque tout son génie à choisir ses patronages.

Préférences

Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler!

Lettrines

Quand on légifère dans la littérature, il faut avoir au moins la courtoisie et la prudence de dire aux oeuvres «Après vous…»

Lettrines

Quand il n’est pas songe, et, comme tel, parfaitement établi dans sa vérité, le roman est mensonge …

Lettrines

Il y a des stylistes en gros et en détail: Balzac est un styliste en gros.

Lettrines I (1967)

Albert quitta le château et s’enfonça dans les funèbres solitudes de la forêt.

Au château d'Argol (1939)

Il m’est arrivé bien souvent … de gommer, dans mes conversations avec Breton, de laisser même tout à fait dans l’ombre, les dissentiments assez nombreux que je pouvais avoir avec lui.

Carnets du grand chemin (1992)

Vous connaissez ces devinettes enfantines où une silhouette se dissimule dans les branches d’un arbre, les fissures d’un rocher, qu’on cherche à découvrir.

Un beau ténébreux (1945)

La direction du souterrain que coupaient à chaque instant des coudes brusques les désorienta très vite complètement.

Au château d'Argol (1939)

Le cyprès: intrusion sévère, violemment protestataire, de l’univers des solides parmi la folle agitation féminine, hystérique, des feuilles et des vergettes à chaque instant mises en émoi par le vent.

Carnets du grand chemin (1992)

Marseille, sous les pluies froides de ce printemps de 1941, était comme une correspondance de métro à six heures du soir, où chacun hâtait le pas à travers les rues encombrées vers sa filière personnelle.

Carnets du grand chemin (1992)

Une lueur froide et minérale décapait les contours des arêtes de pierre dure.

Le Rivage des Syrtes (1951)

Un nouveau clivage social prenait vie sous son regard.

Le Rivage des Syrtes (1951)

J’appris par les journaux qu’un bolide avait traversé le ciel de la Loire et semblait s’être abîmé à une centaine de kilomètres en mer.

Un beau ténébreux (1945)

Le coeur de Nantes battra toujours pour moi avec les coups de timbre métalliques des vieux tramways jaunes virant devant l’aubette de la place du Commerce …

Lettrines

Nous établissions nos quartiers dans un petit bar de la plage. On y déjeunait sans apprêts à midi sur le sable, à l’ombre d’un grêle parasol.

Carnets du grand chemin (1992)

L’odeur apéritive de liesse et de vacances, qu’est pour moi depuis l’enfance l’odeur de la résine.

Lettrines II (1974)

La jeunesse d’Allan a été entourée certainement d’une prodigalité de luxe, de ce luxe aéré, capricieux, un peu irréel.

Un beau ténébreux (1945)

Le sommeil d’une femme qu’on regarde intensément conjure autour d’elle une innocence, une sécurité presque démente: il m’a toujours paru inconcevable de s’abandonner ainsi les yeux fermés à des yeux ouverts.

La Presqu'île (1970), Le roi Cophetua

Rien n’était vacant et ouvert, accueillant au piéton comme les routes de la France occupée.

Lettrines II (1974)

Le texte certifiait le caractère pacifique du porteur et, en l’accréditant, priait expressément qu’on lui accordât les égards et le traitement officiel réservés aux parlementaires de guerre.

Le Rivage de Syrtes (1951)