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Citations de : Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

Oui, elle était brune, brune de cheveux jusqu’au noir le plus jais, le plus miroir d’ébène que j’aie jamais vu reluire sur la voluptueuse convexité lustrée d’une tête de femme, …

Les Diaboliques (1874), Le plus bel amour de Don Juan, IV

Sacré nom de Dieu! fit en même temps le rieur à mi-voix, mais pas de manière cependant qu’on entendit pas, près de là, le blasphème et l’autre irrévérente parole.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

O puissance de la vie intime, magie d’être ensemble, influence du rapprochement des coeurs qui s’aiment, dans les quatre pas d’un salon!

Une vieille maîtresse (1851)

Il y a pour les esprits impurs de terribles indécences dans le tableau de Michel-Ange, et on trouve dans plus d’une cathédrale de ces choses qui auraient fait couvrir les yeux d’un protestant avec le mouchoir de Tartuffe.

Une vieille maîtresse (1851), Préface

Génie toujours à moitié voilé, l’Impertinence n’a pas besoin du secours des mots pour apparaître; sans appuyer, elle a une force bien autrement pénétrante que l’épigramme la plus brillamment rédigée.

Du Dandysme et de Georges Brummel (1845)

Les crimes de l’extrême civilisation sont certainement plus atroces que ceux de l’extrême barbarie par le fait de leur raffinement, de la corruption qu’ils supposent, et de leur degré supérieur d’intellectualité.

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

Demandez-leur le nombre d’incestes (par exemple) enterrés dans les familles les plus fières et les plus élevées, et voyez si la littérature, qu’on accuse tant d’immorale hardiesse, a osé jamais les raconter, même pour en effrayer!

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

On y alimente ses rêveries en entendant le grillon – cette cigale de l’âtre de l’homme, – qui chante dans la cendre chaude, comme la cigale de l’été chante dans les blés brûlés de soleil.

Une vieille maîtresse (1851)

Le dimanche, un pauvre bout de Cours où, après la messe de midi, quand il faisait beau temps, les mères allaient promener et exhiber leurs filles jusqu’à deux heures.

Les Diaboliques (1874), Le rideau cramoisi

Il était raisonneur, sophiste, déclamatoire, surtout impertinent.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

Ses cheveux, appesantis par la chaleur, croulaient lourdement sur sa nuque dorée, et elle était belle ainsi, déchevelée, négligée, languissante à tenter Satan et à venger Eve!

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

Les natures au coeur sur la main ne se font pas l’idée des jouissances solitaires de l’hypocrisie, de ceux qui vivent et peuvent respirer la tête lacée dans un masque.

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, III

Cet Hercule souillé qui remue le fumier d’Augias et qui y ajoute.

A propos de l'Assommoir.

Ce tutoiement si divin sur les lèvres d’une femme qui vous aime, et qui devient la plus sanglante des innsolences dans la bouche d’une créature.

La séduction suprême n’est pas d’exprimer ses sentiments, c’est de les faire soupçonner.

Il avait pour lui le respect d’un homme qui a pesé la vie dans tous les trébuchets du mépris et qui trouvait que rien n’est plus beau, après tout, que la force humaine écrasée par la stupidité du destin.

Les Diaboliques (1874)

Le mot naïf et étonné de la Borghèse, quand on lui demanda comment elle avait bien pu poser nue devant Canova: «mais l’atelier était chaud! il y avait un poêle!»

Les Diaboliques (1874)

Depuis Pascal peut-être, il n’y eut jamais de génie plus épouvanté, plus livré à l’effroi et à ses mortelles agonies que le génie panique d’Edgar Poe.

En donnant le nom à un enfant, il faut penser à la femme qui aura un jour à le prononcer.

Les Diaboliques (1874)

Il y avait là un dessous que je ne comprenais pas. Leur délire, leur dévorement d’eux-mêmes étaient-ils donc si grands qu’ils ne voyaient plus rien des prudences et des précautions de la vie?…

Les Diaboliques (1874), Le bonheur dans le crime

Inquiète de ce qui allait suivre, la sollicitude de la baronne avait sans doute fait à sa fille quelque signe de furtive départie, et elle avait disparu.

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, III

Je tremblais qu’elle ne tuât l’amour dont j’étais altéré encore.

Une vieille maîtresse (1851)

Mesnilgrand, le chef d’escadron «dégommé», comme disent les gens qui déshonorent tout, avec leur bas vocabulaire.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

Toujours est-il qu’elle était vertueuse; sa réputation défiait la calomnie.

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, II

Rien du dedans n’éclairait les dehors de cette femme. Rien du dehors ne se répercutait au dedans.

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, II

Elle s’arrêta. De livide, elle était devenue pourpre. La sueur lui découlait des tempes. Elle s’enrouait. Etait-ce le croup de la honte?…

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

Elles cherchaient peut-être à corporiser leurs rêveries, ce qui est aussi difficile que de spiritualiser ses sensations.

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, I

Pour un catholique, je vous trouve profanant, dit-elle lentement, mais un peu crispée, et je vous prie de m’épargner le détail des soupers de vos coquines.

Les Diaboliques (1874), Le plus bel amour de Don Juan, I

Pour des gens qui avaient roulé la guerre et les femmes; et quelles femmes! ce fut une sensation nouvelle que cette créature à qui, comme on dit avec une expression vulgaire, mais énergique, «on aurait donné le bon Dieu sans confession».

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

Si tout homme ment, toute femme ment aussi mais beaucoup mieux.

Dans les choses où le coeur n’est plus, la main n’est jamais puissante.

Pensées détachées

Il y a toujours des chevaliers dans ce monde. Ils ne redressent pas les torts avec la lance mais les ridicules avec la raillerie.

Dans toute poésie il y a une lutte secrète entre l’infini du sentiment et le fini de la langue dans laquelle cet infini se renferme sans se limiter.

Les poètes

Les philosophes ne sont vraiment forts que les uns contre les autres. Sans leurs erreurs mutuelles, que seraient-ils?

Si le tact était à vendre, il n’y a que ceux qui en ont qui en achèteraient.

L’ami: «Je ne comprends pas votre sévérité pour ce spectacle. Le public l’adore.» – – Moi: «Oui, mais il est le seul.»

Il y aura toujours de la solitude pour ceux qui en sont dignes.

Le Bonheur dans le crime (1874)

C’est la seule école de style, mon fils. Ce qu’ ils font avec leur corps nous devons le faire avec notre esprit.

Avant de choisir le prénom d’un garçon, pensez toujours a la femme qui aura a le murmurer plus tard.

Le mépris, le plus grand sentiment et le seul que valent réellement les hommes!

Il avait vécu cette niaise première jeunesse qui fait de l’homme le Jocrisse de ses sensations, et pour qui la première venue qui passe est un magnétisme.

Le jeu, c’était la grande affaire de ces anciens nobles, taillés dans le patron des grands seigneurs, et désoeuvrés comme de vieilles femmes aveugles. Ils jouaient comme des Normands, des aïeux d’Anglais, la race la plus joueuse du monde.

Les Diaboliques (1874)

M. de Karkoël n’ota pas ses gants, qui rappelaient par leur perfection ces célèbres gants de Bryan Brummell, coupés par trois ouvriers spéciaux, deux pour la main et un pour le pouce.

Les Diaboliques (1874)

Ce fruit tardif, le seul qui mûrisse sans devenir doux.

A Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le Diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l’entretenir.

Les Diaboliques (1874)

En conversation, il gravait le mot. Il avait le style lapidaire, et même lapidant, car il était né caustique, et les pierres qu’il jetait dans le jardin des autres atteignaient toujours quelqu’un.

Les Diaboliques (1874)

On voit dans le coeur des femmes par les trous qu’on fait à leur amour-propre.

Les marbres sont nus, et la nudité est chaste. C’est même la bravoure de la chasteté.

Les Diaboliques (1874)

L’égalité, cette chimère des vilains, n’existe vraiment qu’entre nobles.

Les Diaboliques (1874)

C’est la seule école de style, mon fils. Ce qu’ils font avec leur corps nous devons le faire avec notre esprit.

A Paul Bourget.

C’était un joueur de la grande espèce, un homme dont la vie (véritable fantasmagorie d’ailleurs) n’avait de signification et de réalité que quand il tenait des cartes …

Le Dessous de cartes d'une partie de whist

C’était le jeu, la dernière passion des âmes usées.

Le Dessous de cartes d'une partie de whist

La Providence a voulu que, pour les raisons les plus hautes, l’homme aimât la terre où il est né, comme il aime sa mère, fût-elle indigne de son amour.

Une histoire sans nom

Un mystère, c’est la plus profonde chose qu’il y ait pour l’imagination humaine.

Une histoire sans nom

La Haine est comme l’amour, elle veut voir…

Une histoire sans nom

Sait-on bien juste à quel point il faut peu de talent pour réussir?..

Disjecta membra

Où les historiens s’arrêtent, ne sachant plus rien, les poètes apparaissent et devinent.

Une page d'histoire

Les crimes de l’extrême civilisation sont certainement plus atroces que ceux de l’extrême barbarie.

Les Diaboliques (1874)

Les bêtes ne sont pas sottes, elles ne peuvent qu’être bêtes.

Omnia

Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages.

L’idéal économique des bourgeois est d’augmenter indéfiniment le nombre des consommateurs.

Omnia

L’avantage de la gloire – avoir un nom trimbalé par la bouche des sots!

Disjecta membra

Etre poli avec un sot, c’est s’en isoler. Quelle bonne politique!

Disjecta membra

Etre belle et aimée, ce n’est être que femme. Etre laide et savoir se faire aimer, c’est être princesse.

Disjecta membra

Etre au-dessus de ce qu’on sait, chose rare. L’érudition par-dessus c’est le fardeau, par-dessous c’est le piédestal.

Disjecta membra

Dans une société qui devient de plus en plus matérialiste, le confesseur, c’est le médecin.

Disjecta membra

C’est surtout ce qu’on ne comprend pas qu’on explique.

L'Ensorcelée

Les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l’ennui tend toujours à s’accroître.

Une vieille maîtresse

Les êtres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur coeur comme un verre plein, que le moindre mouvement peut faire déborder ou briser.

Les Diaboliques (1874)

(Zola, …) l’auteur de l’Assommoir, cet Hercule souillé qui remue le fumier d’Augias et qui y ajoute.

Le Roman contemporain

Je n’ai pas besoin des sourires noyés d’Hermangarde, de cette bonne pâleur que le bonheur étend sur les joues des femmes dont le coeur est plein … pour m’attester qu’elle est admirablement aimée.

Une vieille maîtresse (1851)

Les acteurs sont des artistes autant et plus que les autres …

Le Théâtre contemporain

Cependant, c’est un égoïste bien arrêté.

Premier memorandum

Le père Rieulf était, pour elle, ce quelque chose d’inexpliquable et d’absolu qu’on appelle une antipathie.

Une histoire sans nom

J’observe que depuis quelque temps les premiers moments qui suivent le réveil sont beaucoup moins angoissés qu’autrefois …

Premier memorandum

C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.

Pensées détachées

Ai plus causé qu’à l’ordinaire, ce qui m’a valu un compliment d’amabilité de la maîtresse de maison.

Premier memorandum

C’était un grand vieillard très sec, droit comme un mât de vaisseau, qui tenait altièrement tête à la vieillesse.

Les Diaboliques (1874)

L’âme damnée des chouans et des prêtres, qui lui avaient allumé le sang, qui l’avaient fanatisée et rendue folle …

Les Diaboliques (1874)

Son ondoyante taille profilait d’alliciantes ombres sur les draperies qu’elle éclairait en passant.

Une vieille maîtresse (1851)

O de la puberté la terrible démence ! Qui ne les connut pas ces amours de treize ans ? Solfatares du coeur qui brûlent en silence, Embrasements, étouffements !

Poussières (1854)

Ses étreintes avaient cette langueur et cette force qui étaient pour moi un langage.

Les Diaboliques (1874)

Il savait qu’il jouait un jeu hasardeux, difficile, qu’avec des femmes d’une civilisation raffinée, l’amour ne ressemble plus guère aux bucoliques des premiers temps.

L'Amour impossible (1841)

Les coeurs qui ont aimé sont incorrigibles.

L'Amour impossible (1841)

Il pensait que les coeurs qui ont aimé sont incorrigibles, et il se sentait un grand espoir.

L'Amour impossible (1841)

L’ennui est peut-être chez les femmes le besoin d’avoir de l’amour.

L'Amour impossible (1841)

Il faut mentir aux passions pour les exciter.

L'Amour impossible (1841)

La vanité faisait en lui tort à l’amour. En elle, au contraire, la vanité aurait servi l’amour, si l’amour eût pu exister.

L'Amour impossible (1841)

Dans notre temps, les hommes véritablement fats et d’une certaine valeur de vanité sociale ne font plus la moindre avance aux femmes, mais se renferment avec elles dans un bégueulisme dégoûté et convenable tout ensemble, qui est du plus majestueux effet.

L'Amour impossible (1841)

Dans la civilisation de la femme, une épaule cassée est plus qu’un coeur brisé, sans nul doute.

L'Amour impossible (1841)

Les gouvernements ne sont pas faits d’une autre pâte que les hommes auxquels ils commandent.

Les oeuvres et les hommes (1860-1909)

L’ironie est un génie qui dispense de tous les autres et même de ce dont tous les autres ne sont pas dispensés, c’est-à-dire de coeur et de bon sens.

Memoranda, Journal intime 1836-1864

Cet Hercule souillé qui remue le fumier d’Augias et qui y ajoute !

Les oeuvres et les hommes (1860-1909)

Jamais le souvenir de l’amour n’avait plus ressemblé à l’amour de toutes les réalités de l’existence, la plus puissante, c’est la chimère du passé.

Une vieille maîtresse (1851)

On parle plusieurs langues, mais on ne cause que dans une seule.

Lettre, à Guillaume Stanislas Trébutien

Je ne dis point que cela n’est pas incensé puisque cela est inutile, mais c’est beaux, comme tant de choses incensées !

Les Diaboliques (1874)

On parle plusieurs langues mais on ne cause que dans la sienne.

Lettre, à Guillaume Stanislas Trébutien

Il n’y a que la mort qui soit vivante dans ce singulier monde qu’on appelle la vie !

Memoranda, Journal intime 1836-1864

Les livres ne ressemblent-ils pas aux chemins dont la longueur ne se mesure pas au nombre de pas qu’ils nous obligent à faire, mais à l’intérêt ou à l’ennui de la pensée, pendant qu’on les fait.

Les oeuvres et les hommes (1860-1909)

Les loups ne se mangent pas entre eux, dit un proverbe ; mais le proverbe ne dit vrai que quand les loups sont sur leurs pattes, tandis que, même la faim au ventre, les lions ne touchent pas, de leurs nobles ongles, à un autre lion abattu.

Un prêtre marié (1864)

J’ai en moi la puissante dissimulation de ma race qui est italienne, et je me bronzais, jusque dans les yeux, pour qu’il ne pût pas soupçonner ce qui fermentait sous ce front de bronze où couvait l’idée de ma vengeance.

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

On ne fumait pas alors au 27e, si ce n’est entre soldats, au corps de garde, quand on jouait la partie de brisque sur le tambour…

Les Diaboliques (1874), Le rideau cramoisi

Mais, la principale raison qui décida de cette martiale fête d’un assaut, fut la réputation d’une ville qui s’était appelée «la bretteuse» et qui était encore, dans ce moment-là, la ville la plus bretteuse de France.

Les Diaboliques (1874), Le bonheur dans le crime

Tout à coup, un boute-selle furieux sonna, appelant aux armes. C’était l’ennemi qui nous surprenait et qui avait égorgé au couteau, silencieusement, nos sentinelles. Il fallait sauter à cheval.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

Il n’y avait pas non plus, dans cette petite ville où le luxe s’est accru maintenant comme partout, un seul hôtel où nous puissions avoir une table passable d’officiers, sans être volés comme dans un bois.

Les Diaboliques (1874), Le rideau cramoisi

Quel délicieux livre à écrire, les bêtises des plus grands esprits!

Pensées détachées

Fut-ce cet air-là qui commença son impopularité parmi ses camarades? Toujours est-il qu’il devint, en très peu de temps, la bête noire du régiment.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

La littérature moderne, à laquelle le bégueulisme jette sa petite pierre, a-t-elle jamais osé les histoires de Myrrha, d’Agrippine et d’Oedipe …

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

Si les souverains de l’Europe n’avaient pas aujourd’hui de bien autres affaires à démêler, ils pourraient charger de quelque pièce nouvelle un écu déjà si noblement compliqué …

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, I

L’homme qui maniait les cartes ainsi devait être leur maître… Il y avait dix ans de tripot dans cette foudroyante et augurale manière de donner.

Les Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, II

Une chose qui prouve admirablement en faveur de notre société actuelle, c’est qu’autant on se perd corps et âme dans le mariage, autant on reste à la surface du monde, au sein de l’amour le plus profond et le plus vrai.

L'Amour impossible (1841)

Un homme gagne cent pour cent aux yeux de toutes les femmes quand il passe pour avoir cette rareté grande, une véritable passion dans le coeur.

L'Amour impossible (1841)

Que de jeunes filles qui, dans la vie, rampent sur le sol comme des guirlandes tombées, et qui, plus tard, s’élancent et se tordent autour du tronc aimé et prennent alors leur vraie beauté de lianes ou de guirlandes…

Une histoire sans nom (1882), II

Les amoureux sont comme les somnambules; ils ne voient pas seulement avec les yeux, mais avec le corps tout entier.

Une vieille maîtresse (1851), VII

Les petits soins sont les grands pour les femmes.

Une vieille maîtresse (1851), VI

La moralité de l’artiste est dans la force et la vérité de sa peinture. En peignant la réalité, en lui infiltrant, en lui insufflant la vie, il a été assez moral: il a été vrai.

Une vieille maîtresse (1851), Introduction

La renommée, cette sourde sonneuse de fanfares, qui ne s’entend pas elle-même quand elle sonne, car souvent elle s’interromprait.

De l'Histoire

A mesure que les peuples montent en civilisation, les gouvernements descendent en police.

Pensées détachées

Les plus grands hommes en politique (comme à la guerre) sont ceux qui capitulent les derniers.

Lettres à Tébutiens

Les grands hommes sont comme les plus belles fleurs. Ils croissent sous le fumier et à travers le fumier que jettent sur eux les envieux et les imbéciles.

Disjecta membra

Ajusté des deux côtés par des milliers de fusils, de pistolets et de carabines …, il n’avait pas été atteint.

Les Diaboliques (1874)

Je me mettais en grande tenue, – toutes aiguillettes dehors.

Les Diaboliques (1874)

La marquise Guy de Ruy – une vieille mécontente, aux yeux bleus, froids et affilés, mais moins froids que son coeur et moins affilés que son esprit.

Les Diaboliques (1874)

Habillé tantôt … allé chez A… qui m’a trouvé adorablement mis, ce qui me fait presque autant de plaisir que de me trouver spirituel.

Premier memorandum

Les hommes, ces Narcisses, se mirent toujours un peu eux-mêmes dans les admirations qu’ils ont.

Philosophes et écrivains religieux

Le nom, ce dernier soupir qui reste des choses!

L'Ensorcelée (1854)

Les passions font moins de mal que l’ennui, car les passions tendent toujours à diminuer tandis que l’ennui tend toujours à s’accroître.

Une vieille maîtresse (1851)

L’ennui … laisse tomber d’acérés dédains sur vos lèvres.

Ce qui ne meurt pas

Cet accouchement clandestin d’un enfant qui n’avait pas de père.

Une histoire sans nom

La plus belle destinée: avoir du génie et être obscur.

Pensées détachées

Il n’y a que la gloire qui dispense de la politesse.

Disjecta membra

L’expérience, ce fruit tardif – le seul fruit qui mûrisse sans devenir doux.

Les oeuvres et les hommes (1860-1909)

Comme dès que j’aime je suis inquiet, – tout amour est père de l’inquiétude.

Lettre, à Guillaume Stanislas Trébutien, 28 décembre 1854

Et avec la fierté d’une bassesse qui était sa Vengeance, elle ajouta: «Je ne suis qu’une fille à cent sous».

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

Souvent je ne pouvais m’empêcher de croire que ce qui me donnait, en pensant à elle, la troublante cuisson de tels désirs, était un de ces faits pathologiques et monstrueux qui dominent également la science de l’homme et sa volonté.

Une vieille maîtresse (1851)

Comment fallait-il appeler cette puissance? Etait-ce de l’amour? A coup sûr, c’était de l’amour à son aurore; car l’amour commence par l’admiration naïve ou cachée, la préoccupation incessante, beaucoup de désirs et un peu d’espoir.

L'Amour impossible (1841)

Le passé, cette nostalgie du temps, comme le mal du pays est la nostalgie de l’espace.

Une vieille maîtresse (1851)

Il était étranglé! Les noirs lui avaient jeté autour du cou ce terrible lazo avec lequel on étrangle, au Mexique, les tauraux sauvages.

Les Diaboliques (1874), La vengeance d'une femme

Nous étions même d’assez mauvais sujets, joueurs, libertins, coureurs de filles, duellistes, ivrognes au besoin, et mangeurs d’argent sous toutes les espèces.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

La mer montait toujours et le havre, submergé, se confondait dans la nappe d’eau verte qui gagnait au loin, frangée d’écume, le long des grèves.

Une vieille maîtresse (1851)

Mes élégants amis, qui jetaient toujours un peu leurs maîtresses par les fenêtres quand ils en étaient dégoûtés.

Une vieille maîtresse (1851)

Je lui ai dit quel rang vous teniez dans la fashion parisienne.

Une vieille maîtresse (1851)

Et alors elle recommençait de se débattre dans le problème qu’elle voulait résoudre et qui l’étranglait comme un noeud.

Une histoire sans nom

Enfin, vous voilà! lui dit-elle, et ne voulant pas faire de cet enfin un reproche, elle ajouta … «je vous attendais pour le thé».

Une vieille maîtresse (1851)

J’avais déjà remarqué que les êtres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur coeur, comme un verre plein, que le moindre mouvement peut faire déborder ou briser.

Les Diaboliques (1874), Le bonheur dans le crime

Elle s’efforça, mais l’effort n’est pas la force!

Une histoire sans nom

Et elle demeura la tête dans ses mains, effondrée, mais ses yeux intérieurs – ces yeux que nous avons pour voir dans la nuit de nos âmes – étaient fixés sur cette pensée soudaine: «Aimerait-elle?»

Une histoire sans nom

Le comte est riche. Il peut vivre grandement partout. Pourquoi ne pas filer avec cette belle diablesse (en fait de diablesse, je croyais à celle-là) qui, pour le mieux crocheter, a préféré vivre dans la maison de son amant …

Les Diaboliques (1874), Le bonheur dans le crime

Il était d’origine grecque; et sa beauté l’aurait fait croire, car il était beau, et, le Diable m’emporte! peut-être trop pour un soldat.

Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athées

Mahomet est une des trois ou quatre figures qui dominent l’humanité et son histoire.

Les oeuvres et les hommes (1860-1909)