Acceuil / Citation

Citations de : Johann Wolfgang von Goethe

On prend chacun dans le monde pour ce qu’il se donne; mais il faut se donner pour quelque chose. On supporte plus volontiers les gens incommodes que les hommes insignifiants.

Maximes et réflexions

C’est une grande faute de se croire plus que l’on est, et de s’estimer moins qu’on ne vaut.

Maximes et réflexions

Le véritable obscurantisme ne consiste pas à s’opposer à la propagation des idées vraies, claires et utiles, mais à en répandre de fausses.

Maximes et réflexions

Le classique est la santé, le romantique la maladie.

Maximes et réflexions

Si l’on pouvait abolir la mort, il n’y aurait rien à dire. Abolir la peine de mort serait difficile. Mais si cela arrivait, on serait bientôt forcé de la rétablir.

Maximes et réflexions

Lorsque nous rencontrons quelqu’un qui nous doit de la reconnaissance, nous nous le rappelons sur-le-champ. Combien de fois rencontrons-nous des personnes à qui nous devons de la reconnaissance, sans y penser?

Maximes et réflexions

Tout devient inintelligible pour celui qui a peur des idées.

Maximes et réflexions

Un gai compagnon dans un voyage à pied vaut un carrosse.

Maximes et réflexions

Mystérieuse au grand jour, la nature ne se laisse point dévoiler, et il n’est ni levier ni machine qui puisse la contraindre à faire voir à mon esprit ce qu’elle a résolu de lui cacher.

Faust (1806)

Il n’y a personne à qui il ne reste assez de forces pour exécuter ce dont il est convaincu.

Maximes et réflexions

La vanité est une ambition toute personnelle; ce n’est pas pour ses qualités réelles, ses mérites et ses actions, que l’on veut être estimé, honoré et recherché, mais pour soi-même; aussi, la vanité convient-elle surtout à la beauté frivole.

Maximes et réflexions

C’est quelque chose de terrible pour un homme distingué que de voir un sot tirer vanité de ses rapports avec lui.

Maximes et réflexions

Nous voyons l’avenir par un seul côté, le passé nous apparaît sous plusieurs faces.

Maximes et réflexions

La superstition est la poésie de la vie; c’est pourquoi il n’est pas mal que le poète soit superstitieux.

Maximes et réflexions

La superstition est inhérente à l’homme. Si l’on veut la bannir complètement, elle se réfugie dans les plis et les recoins les plus singuliers de l’âme, d’où elle sort pour reparaître tout-à-coup lorsqu’on se croit le plus sûr de soi.

Maximes et réflexions

La lecture de Shakespeare est dangereuse pour les talents naissants. Il les force à le reproduire et ils s’imaginent se produire eux-mêmes.

Maximes et réflexions

Le roman est une épopée subjective dans lequel l’auteur se permet de traiter le monde à sa manière. La question est seulement de savoir s’il a une manière à lui; le reste se trouve de soi-même.

Maximes et réflexions

Il ne faut pas penser que la raison puisse devenir populaire. Les passions et les sentiments peuvent devenir populaires; mais la raison sera toujours le partage de quelques hommes d’élite.

Maximes et réflexions, Réflexions sur la littérature, la poésie, etc.

Ecrire l’histoire est une manière de se débarrasser du passé.

Maximes et réflexions

Il n’y a pas de grand homme, dit-on, pour son valet de chambre; mais cela vient simplement de ce que le grand homme ne peut être reconnu que par ses pairs. Le valet de chambre saura probablement bien apprécier ses égaux.

Maximes et réflexions

Mythologie: Luxe de croyance.

Maximes et réflexions

Une collection d’anecdotes et de maximes est pour l’homme du monde le plus grand trésor, lorsqu’il sait semer les premières avec habileté dans la conversation et se rappeler les dernières à propos.

Maximes et réflexions

La femme est l’unique vase qui nous reste encore où verser notre idéalité.

Entretiens, Eckermans

L’homme le plus heureux est celui qui peut relier la fin de sa vie avec son commencement.

Tout bien considéré, la philosophie n’est que le sens commun en langage amphigourique.

Maximes et réflexions

L’imagination qui, déployant la hardiesse de son vol, a voulu, pleine d’espérance, s’étendre dans l’éternité, se contente alors d’un petit espace, dès qu’elle voit tout ce qu’elle rêvait de bonheur s’évanouir dans l’abîme du temps.

Faust (1806)

Nature! que ne suis-je un homme, rien qu’un homme vis-à-vis de toi! Oh! ce serait alors la peine de vivre.

Le Second Faust

Les idées audacieuses sont comme les pièces que l’on déplace sur un échiquier: on risque de les perdre mais elles peuvent aussi être l’amorce d’une stratégie gagnante.

Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.

L’éternel féminin – Nous attire vers le haut.

Le Second Faust

Ecraser l’innocent qui résiste, c’est un moyen que les tyrans emploient pour se faire place en mainte circonstance.

Faust (1806)

… je ne trouve rien de plus ridicule au monde qu’un diable qui se désespère.

Faust (1806)

Un regard de toi, une seule parole m’en dit plus que toute la sagesse de ce monde.

Faust (1806)

… une parfaite contradiction est aussi mystérieuse pour les sages que pour les fous.

Faust (1806)

Naturellement, quand un Dieu se met à l’oeuvre pendant six jours, et se dit enfin bravo à lui-même, il en doit résulter quelque chose de passable.

Faust (1806)

Les pauvres gens ne soupçonnent jamais le diable, quand même il les tiendrait à la gorge.

Faust (1806)

Aie confiance en toi-même, et tu sauras vivre.

Faust (1806)

Mon bon ami, toute théorie est sèche, et l’arbre précieux de la vie est fleuri.

Faust (1806)

… chacun n’apprend que ce qu’il peut apprendre; mais celui qui sait profiter du moment, c’est là l’homme avisé.

Faust (1806)

… un bon vivant qui philosophe est comme un animal qu’un lutin fait tourner en cercle autour d’une lande aride, tandis qu’un beau pâturage vert s’étend à l’entour.

Faust (1806)

Qu’est-ce que le monde peut m’offrir de bon? Tout doit te manquer, tu dois manquer de tout! Voilà l’éternel refrain qui tinte aux oreilles de chacun de nous, et ce que, toute notre vie, chaque heure nous répète d’une voix cassée.

Faust (1806)

… l’homme, ce petit monde de folie …

Faust (1806)

La main qui samedi tient un balai, est celle qui dimanche vous caresse le mieux.

Faust (1806)

Le miracle est l’enfant le plus chéri de la foi.

Faust (1806)

Ce qui ne sert point est un pesant fardeau, mais ce que l’esprit peut créer en un instant, voilà ce qui est utile!

Faust (1806)

Mais le monde! le coeur et l’esprit des hommes!… Chacun peut bien désirer d’en connaître quelque chose.

Faust (1806)

C’est une grande jouissance que de se transporter dans l’esprit des temps passés, de voir comme un sage a pensé avant nous, et comment, partis de loin, nous l’avons si victorieusement dépassé.

Faust (1806)

Ah! Dieu! l’art est long, et notre vie est courte!

Faust (1806)

Tout homme qui marche peut s’égarer.

Faust (1806)

J’ai étudié la philosophie, – La jurisprudence et la medecine, – Et même, hélas! la théologie – Laborieusement d’un bout à l’autre. – Et voici que, pauvre fou, avec toute ma science, – Je ne suis pas plus sage qu’auparavant.

Faust (1806), I

L’épée nue s’arrête au moment de frapper… Il accomplit des miracles, l’amour enveloppé de prière.

Nouvelle

L’air frais des champs; voilà notre vraie place; il semble que là l’esprit de Dieu entoure l’homme de son souffle, et qu’il soit soumis à une influence divine.

Conversations, 1829

L’excellent est tout juste assez bon pour l’enfant.

Ce n’est pas tant pour avoir laissé quelques ouvrages que pour avoir agi, et vécu, et porté les autres à agir et à vivre, qu’un homme reste manquant.

Mémoires

Ce n’est pas assez de faire des pas qui doivent un jour conduire au but, chaque pas doit être lui-même un but en même temps qu’il nous porte en avant.

Conversations, 1823

Celui qui joue avec la vie – n’arrive jamais à rien.

Xénies

Aussi longtemps que tu n’auras pas saisi ceci: meurs et deviens! – Tu ne sera qu’un triste compagnon sur une terre sans lumière.

Nostalgie bienheureuse

La nature et l’art semblent se fuir et, avant qu’on y songe, ils se sont retrouvés.

Nature et art

Ma nature est ainsi: j’aime mieux commettre une injustice que tolérer le désordre.

Le Siège de Mayence

Plus de lumière!

Dernières paroles de Goethe sur son lit de mort, et dont le sens est contreversé.

Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils pourraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capables d’être.

On aime les filles pour ce qu’elles sont, les fils pour ce qu’ils promettent d’être.

Dichtung und Wahrheit (1811-1830)

La hauteur nous attire, mais non les degrés qui y mènent; les yeux fixés sur la lune, nous cheminons volontiers dans la plaine.

Tout s’arrangerait parfaitement bien si l’on pouvait faire les choses deux fois.

Celui qui ne sait aucune langue étrangère ne sait pas sa propre langue.

Maximes et réflexions

Il vaut mieux faire la chose la plus insignifiante du monde, que de passer une demi-heure sans rien faire.

Maximes et réflexions

Ici et aujourd’hui commence une ère nouvelle de l’histoire du monde, et vous pourrez dire que vous y avez assisté.

La Campagne de France

Fermez vos coeurs avec plus de soin que vos portes.

Gotz von Berlichingen

Celui-là seul mérite la liberté et la vie – Qui doit chaque jour les conquérir.

Second Faust, grande cour d'entrée du palais

J’aime celui qui rêve l’impossible.

Second Faust, le bas Pénéios

Tout ce qui passe n’est que symbole.

Second Faust, scène finale

Méphisto – – Je suis l’esprit qui toujours nie, et c’est avec justice: car tout ce qui existe est digne d’être détruit; il serait donc mieux que rien n’existât.

Premier Faust

Méphisto – – Mon bon ami, toute théorie est grise, mais vert et florissant est l’arbre de la vie.

Premier Faust, cabinet d'étude

Est classique ce qui est sain, romantique ce qui est malade.

Conversations avec Eckermann

Une activité sans bornes, de quelque nature qu’elle soit, finit toujours par faire banqueroute.

Maximes et réflexions (1833)

La tempête s’élance de la terre aux mers et des mers à la terre, et les ceint d’une chaîne aux secousses furieuses; l’éclair trace devant la foudre un lumineux sentier.

Faust (1806), Prologue dans le ciel

Il n’est rien de sensé qui n’ait été déjà pensé, on doit seulement tâcher de le penser encore une fois.

Maximes et réflexions (1833)

Comment peut-on se connaître soi-même? Jamais par la méditation, mais bien par l’action. Cherche à faire ton devoir et tu sauras ce que tu vaux. Mais qu’est-ce que ton devoir? L’exigence du jour.

Maximes et réflexions (1833)

L’humanité doit être considérée comme un homme immortel qui incessamment réalise des idées nécessaires, et par là domine l’accidentel.

Maximes et réflexions (1833)

Au fond, on ne sait que lorsqu’on sait peu; avec le savoir croît le doute.

Sentences en prose

J’aime celui qui désire l’impossible.

Premier Faust

Ah! ce vide! ce vide épouvantable que je sens là dans mon sein! Souvent je me sis: si je pouvais, ne serait-ce qu’une fois, la serrer sur mon coeur, tout ce vide serait oublié.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Croyez-moi, mes amis, il en est des beaux-arts comme de la vertu; celui qui ne veut pas les aimer pour eux-mêmes, qu’il y renonce.

Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister (1796)

L’homme pressé cherche la porte et passe devant.

Le seul homme vrai est l’homme nu…

Le monde est si vide si l’on n’y imagine que montagnes, fleuves et villes, mais d’y savoir quelqu’un avec qui l’on s’entend, avec qui l’on peut vivre en silence, c’est ce qui fait de ce globe un jardin habité.

Un bâtiment doit avoir trois caractéristiques: un bon emplacement, des fondations sûres et une exécution sans faille.

On a déjà pensé à tout; le problème est d’y penser de nouveau.

Même les plus solides rochers vascillent.

Accepter un bon conseil, c’est accroître sa propre performance.

Lorsque les idées manquent, il y a toujours un mot pour sauver la situation.

Nul ne s’est jamais perdu dans le droit chemin.

Parler est un besoin, écouter est un art.

Si un arc-en-ciel dure un quart d’heure, on ne le regarde plus.

Maximes et réflexions

Etre adulte c’est avoir pardonné à ses parents.

Tolérer, c’est offenser.

Maximes et réflexions

Que je suis heureux d’être parti!

Werther (1774)

Je suis une partie de cette force qui veut toujours le mal et produit pourtant le bien.

Faust (1806), Méphistophélès

Je crois que l’homme rêve uniquement pour ne pas cesser de voir.

Les Affinités électives (1809)

Tout est plus simple qu’on ne peut l’imaginer et en même temps plus enchevêtré qu’on ne saurait le concevoir.

Sentences en prose

L’homme tremble devant les maux qui ne l’atteidront pas et pleure continuellement les biens qu’il n’a pas perdus.

Faust (1806)

La majorité… se compose d’un petit nombre de meneurs énergiques, de coquins qui s’accommodent, de faibles qui s’assimilent et de la masse qui suit cahin-caha, sans savoir le moins du monde ce qu’elle veut.

Sentences en prose (1870)

Rien ne trahit autant le caractère des gens que les choses dont ils se moquent.

Maximes et réflexions

On aurait des enfants tout élevés, si les parents étaient élevés eux-mêmes.

Maximes et réflexions

La clarté, c’est une juste répartition d’ombres et de lumières.

Maximes et réflexions

Souffler dans la flûte, ce n’est pas en jouer, il faut mouvoir les doigts.

Le plus noble bonheur de l’homme qui pense, c’est d’avoir exploré le concevable et de révérer en paix l’inconnaissable.

Sentences en prose (1870)

Les mathématiques ne peuvent effacer aucun préjugé.

Pensées (1815-1832)

S’il fallait étudier toutes les lois, on n’aurait pas le temps de les transgresser.

Maximes et réflexions

L’enfer même a ses lois.

Faust (1806)

On ferait beaucoup l’aumône si l’on avait des yeux pour voir le beau geste que fait la main qui reçoit.

Maximes et réflexions

Le plus pur bonheur du monde renferme un pressentiment de souffrance.

Le Juif errant (1774)

La première et la dernière chose qu’on doive exiger du génie, est l’amour de la vérité.

Maximes et réflexions (1833)

Il n’y a pas d’autre moyen de se défendre contre la supériorité d’autrui que d’aimer.

Maximes et réflexions (1833)

Une dépendance volontaire est la position la plus belle ; mais comment serait-elle possible sans l’amour ?

Maximes et réflexions (1833)

Il existe une politesse du coeur ; elle est parente de l’amour ; c’est d’elle que naissent les manières les plus aisées dans la société.

Maximes et réflexions (1833)

L’amitié ne peut s’engendrer que d’une manière pratique et c’est par là seulement qu’elle devient durable.

Maximes et réflexions (1833)

La plus folle de toutes les erreurs est celle de ces braves jeunes gens qui s’imaginent perdre leur originalité en reconnaissant des vérités que d’autres ont déjà reconnues avant eux. La beauté ne peut jamais avoir la conscience d’elle-même.

Maximes et réflexions (1833)

Trouver partout le bien et l’apprécier, c’est en cela que se montre l’amour de la vérité.

Maximes et réflexions (1833)

C’est seulement lorsqu’on ne voit pas de terme à sa pensée, qu’il faut penser.

Maximes et réflexions (1833)

Celui qui ne redoute rien et qui marche hardiment, sent, à mesure qu’il avance, les hautes facultés de son esprit se développer, et goûte une jouissance délicieuse.

Maximes et réflexions (1833)

C’était mon destin de faire le tourment des personnes dont j’aurais dû faire la joie.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

On ne peut pas toujours être un héros, mais on peut toujours être un homme.

Un grand sacrifice est aisé, mais ce sont les petits sacrifices continuels qui sont durs.

Les Affinités électives (1809)

Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être.

Les Affinités électives (1809)

L’architecture, c’est de la musique figée.

Beaucoup de gens se plaignent de l’immoralité de notre temps mais qui empêche les gens qui veulent être moraux de l’être?

On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin.

Rien ne vaut ce jour d’aujourd’hui.

Chaque pas vers un but doit être lui-même un but.

La moitié d’une orange goûte aussi sucré qu’une orange entière.

La liberté et la vie ne sont gagnées que par ceux qui les reconquièrent chaque jour.

Pour moi, le plus grand supplice serait d’être seul en paradis.

Pensées (1815-1832)

En réalité, on sait seulement quand on sait peu. Avec le savoir augmente le doute.

Il est possible que tous les faux-pas conduisent à un bien inestimable.

Annales (1830)

Il est bien certain que dans ce monde rien ne rend un homme nécessaire si ce n’est que l’amour.

Si les singes savaient s’ennuyer, ils pourraient devenir des hommes.

Annales, notes quotidiennes et annuelles de 1822 à 1825 (1830)

Saluez la chapelle sacrée; – Alors soudain, tout s’éclaire, et se colore, – Les ornements historiés aussitôt resplendissent, – Une noble lumière produit tous ses effets.

Les Poèmes

Les poèmes sont des vitraux! – Si, de la place on regarde dans l’église, – Tout est sombre et ténébreux… – Mais pénétrez à l’intérieur!

Les Poèmes

Un bon Allemand à défaut d’aimer les Français, aime boire le vin français.

On a toujours bien assez de temps lorsqu’on l’emploie bien.

Quel est le meilleur gouvernement? Celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes.

Toutes les spéculations sont grises, mn ami, – Mais éternellement vert est l’Arbre d’or de la vie.

Faust (1806)

Une vie inutile est une mort anticipée.

Iphigénie en Tauride

La littérature nationale, cela n’a plus aujourd’hui grand sens; le temps de la littérature universelle est venu, et chacun doit aujourd’hui travailler à hâter ce temps.

Conversations, 1827

Allons, par-dessus les tombeaux, en avant!

A son ami Zelter, 1831.

Toute théorie est grise, mais vert et florissant l’arbre de la vie.

Le talent se développe dans la retraite; le cractère se forme dans le tumulte du monde.

Tasso

Autrefois, un roi de Thulé – Qui, Jusqu’au tombeau fut fidèle, – Reçut, à la mort de sa belle, – Une coupe d’or ciselé.

Faust (1806)

Persévérez, et tenez-vous toujours ferme à l’heure présente. Chaque moment, chaque seconde est d’une valeur infinie, car elle est le représentant d’une éternité tout entière.

Conversations, 1823

Toute oeuvre d’opposition est une oeuvre négative et la négation, c’est le néant. Il ne faut pas renverser, il faut bâtir.

Conversations, 1825

L’homme heureux ne croit pas qu’il arrive encore des prodiges; c’est dans le malheur qu’on apprend que le doigt de Dieu dirige les bons vers le bien.

Hermann et Dorothée

Les braves gens ne savent pas ce qu’il en coûte de temps et de peine pour apprendre à lire. J’ai travaillé à cela quatre-vingts ans, et je ne peux pas dire encore que j’y sois arrivé.

Conversations avec Eckermann

Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile: la vérité guérit le mal qu’elle a pu causer.

Le devoir, c’est d’aimer ce que l’on se commande à soi-même.

Perte d’argent, perte légère; perte d’honneur, grosse perte; perte de courage, perte irréparable.

Si tu ne veux pas que les choucas t’assiègent de leurs cris, ne sois pas la boule d’un clocher.

La présence est une puissante déesse.

Un cadeau est bien arrivé quand il n’est pas trop mal reçu.

Qui ne connaît pas de langues étrangères ne connaît pas la sienne.

On ne parlerait guère en société si l’on se souvenait du nombre de fois où on a été incapable de comprendre ce que disaient les autres.

Les hommes déprécient ce qu’ils ne peuvent comprendre.

Le grand public pense que les livres, comme les oeufs, gagnent à être consommés frais. C’est pour cette raison qu’il choisit toujours la nouveauté.

Certains livres semblent avoir été écrits non pour nous instruire, mais pour qu’on sache que l’auteur savait quelque chose.

La vie est sérieuse, et l’art est serein.

Wallenstein, Prologue

J’aime mieux une injustice qu’un désordre.

Le Siège de Mayence

Tout ce que j’ai publié n’est que des fragments d’une grande confession.

Mémoires

Fais le bien purement pour l’amour du bien.

Le Divan

Quand je suis assis là, l’idée patriarcale autour de moi prend vie: je les revois, tous les Anciens qui font connaissance et déclarent leur amour auprès de la fontaine, je sens les esprits bienfaisants planer autour des fontaines et des sources.

Werther (1774)

De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l’âme n’a pour assise que l’étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu’à avancer d’un siège vers le haut bout de la table?

Werther (1774)

Méprise bien la raison et la science, suprême force de l’humanité.

Faust (1806)

On use de ce qu’on ne sait point, et ce qu’on sait, on n’en peut faire aucun usage.

Faust (1806)

Tout ce qui affranchit notre esprit sans nous donner les moyens de maîtriser nos passions est pernicieux.

Maximes et réflexions

… la plus belle preuve d’originalité consiste à savoir donner à la pensée d’autrui de si riches développements qu’il n’eût été facile à personne de voir combien elle était féconde.

Maximes et réflexions

Les hommes extraordinaires, comme Napoléon, se placent en dehors de la moralité. Ils finissent par agir comme des phénomènes physiques primitifs, comme le feu et l’eau.

Conversation avec Riemer, 3 février 1807

Alors je dirais au moment : attarde-toi, si tu es si beau ! La trace de mes jours terrestres ne peut s’engloutir dans l’Oeone. Dans le pressentiment d’une telle félicité sublime, je goûte maintenant l’heure ineffable.

Second Faust (1832), V, La grande cour du palais

La résistance, l’opiniâtreté, empoisonnent la plus riche possession, et c’est pour sa peine et sa torture qu’on s’épuise à être juste.

Second Faust (1832), V, Un palais

En allemand, c’est mentir que d’être poli.

Second Faust (1832), II, Une chambre gothique

Vouloir comprendre au grand jour, c’est une véritable niaiserie ; les mystères ont pour élément les ténèbres.

Second Faust (1832), I, Le Palais impérial

On ne peut pas toujours se passer de l’étranger ; les bonnes choses sont souvent loin. Un Allemand ne peut souffrir les Français ; mais pourtant il boit leurs vins très volontiers.

Faust (1806), la taverne d'Auerbach

Je suis l’esprit qui toujours nie, et c’est avec justice : car tout ce qui existe est digne d’être détruit ; il serait donc mieux que rien n’existât.

Faust (1806), cabinet d'étude

Ah ! voici venir le maître ! Maître, le péril est grand ; les Esprits que j’ai évoqués, je ne peux plus m’en débarrasser !

L'Apprenti sorcier (1797)

Il est pourtant bien certain que dans ce monde rien ne rend un homme nécessaire, si ce n’est l’amour.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il en est de la mauvaise humeur tout comme de la paresse, car c’est une sorte de paresse.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Je trouve aussi étonnant que l’on nomme lâche le malheureux qui se prive de la vie que si l’on donnait ce nom au malade qui succombe à une fièvre maligne.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Qui mal se porte n’est bien nulle part.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il n’y a pas au monde de joie plus vraie, plus sensible, que de voir une grande âme qui s’ouvre devant vous.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Qu’est-ce donc que la destinée de l’homme, sinon de souffrir sa condition humaine, de vider son calice jusqu’à la lie ?

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il est plus aisé de mourir que de supporter avec constance une vie pleine de souffrance.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il y aurait moins de souffrances ici bas, si les hommes ne s’appliquaient pas avec tant d’imagination à évoquer les souvenirs des maux anciens, plutôt que de supporter un présent qui leur est indifférent.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Tous les hommes extraordinaires qui ont fait quelque chose de grand, quelque chose qui semblait impossible, ont de tout temps été qualifiés d’ivres et d’insensés.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

La tolérance ne devrait être qu’un état transitoire. Elle doit mener au respect. Tolérer c’est offenser.

Maximes et réflexions (1833)

Connais-tu le pays où les citronniers fleurissent, où, dans la feuillée sombre, rougissent les oranges d’or ? Un vent léger descend du ciel bleu, le myrte croît discret, et le laurier superbe, le connais-tu bien ?

Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister (1796)

Un enfant vit une petite rose, une rosette dans les bois ; elle était jeune et belle comme l’aurore. Il courut vite pour la voir de plus près, puis la regarda avec une grande joie. Rosette, rosette, rosette rouge, petite rose des bois.

Petite rose

Et tant qur tu n’as pas compris Ce : Meurs et deviens ! Tu n’es qu’un hôte obscur Sur la terre ténébreuse.

Divan occidental-oriental (1819), Nostalgie bienheureuse

Il y a des livres qui paraissent écrits, non pour l’instruction du lecteur, mais pour lui apprendre que l’auteur savait quelque chose.

Maximes et réflexions (1833)

Ne dis pas que tu veux donner : donne. Jamais tu ne satisferas une attente.

Maximes et réflexions (1833)

La femme qui a le plus de mérite est celle qui est en état de remplacer le père auprès des enfants, lorsqu’il est absent.

Maximes et réflexions (1833)

La plus insupportable engeance de voleurs, ce sont les sots ; ils nous volent à la fois notre temps et notre bonne humeur.

Maximes et réflexions (1833)

Il faut mieux faire la chose la plus insignifiante du monde, que de passer une demi-heure sans rien faire.

Maximes et réflexions (1833)

Les passions sont des défauts ou des vertus poussées seulement à l’excès.

Maximes et réflexions (1833)

Ne cherchez pas à corriger un esprit commun, il restera toujours le même.

Maximes et réflexions (1833)

Les Indous du désert font voeu de ne pas manger de poisson.

Maximes et réflexions (1833)

Plus d’un homme donne des coups de marteau sur le mur en croyant frapper juste sur la tête du clou.

Maximes et réflexions (1833)

Le plus petit cheveu fait ombre.

Maximes et réflexions (1833)

Le monde n’est-il pas déjà assez rempli d’énigmes, pour qu’on ne transforme pas en énigmes les choses les plus simples.

Maximes et réflexions (1833)

On ne vit réellement que quand on jouit de la bienveillance des autres.

Maximes et réflexions (1833)

La plus grande consolation pour la médiocrité est de voir que le génie n’est pas immortel.

Maximes et réflexions (1833)

Le jaune apporte toujours une lumière et l’on peut dire que, de même, le bleu amène toujours une ombre.

Le Traité des couleurs (1810)

L’esprit me secourt enfin ! Je suis tout à coup inspiré et j’écris consolé : Au commencement était l’action !

Faust (1806)

Il est pourtant vrai que rien dans le monde ne nous rend nécessaires aux autres comme l’affection que nous avons pour eux.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

La foi, l’amour et l’espérance sentirent dans un moment de calme et de mutuelle sympathie un instinct plastique qui les porta à créer une charmante statue, une Pandore dans un sens plus élevé : la patience.

Maximes et réflexions (1833)

Les poètes n’aiment pas à se taire ; Ils veulent se montrer à la foule. Il faut bien qu’on loue et qu’on blâme ! Nul ne se confesse en prose volontiers : Mais souvent on s’épanche sous la rose ; Dans le secret bocage des Muses.

Chansons

Singuliers êtres que les femmes et les enfants ! chacun n’écoute que son caprice, et il faudrait toujours les flatter !

Hermann et Dorothée (1798)

Tu es bien jeune, mais tu n’as pas encore l’habitude, et tu conduis mal tes affaires : je te le dis en confidence ; tu es déjà une catin, sois-le donc convenablement.

Faust (1806)

On a toujours assez de temps quand on en fait un bon usage.

Maximes et réflexions (1833)

Quand nous nous manquons à nous-même, tout nous manque.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Tous les présents, toutes les complaisances du monde, ne dédommagent pas d’un moment de plaisir empoisonné par le dépit d’un tyran envieux.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Grise, mon ami, est toute théorie, Mais vert est l’arbre d’or de la vie.

Faust (1806)

On ne peut pas toujours se passer de l’étranger; les bonnes choses sont souvent si loin! Un bon Allemand ne peut souffrir les Français, mais pourtant il boit leurs vins très volontiers.

Faust (1806)

Qui veut reconnaître et détruire un être vivant commence par en chasser l’âme: alors il en a entre les mains toutes les parties.

Faust (1806)

Méprise bien la raison et la science, suprême force de l’humanité. Laisse-toi désarmer par les illusions et les prestiges de l’esprit malin, et tu es à moi sans restriction.

Faust (1806)

Et pourtant la mort n’est jamais un hôte très bien venu.

Faust (1806)

Nous sommes accoutumés à ce que les hommes déprécient ce qu’ils ne peuvent comprendre, à ce que le bon et le beau, qui souvent leur sont nuisibles, les fassent murmurer; mais faut-il que le chien grogne à leur exemple?

Faust (1806)

Je possède tant de choses! et penser à elle dévore tout. Je possède tant de choses! et sans elle tout se réduit à rien.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il vaut mieux faire la chose la plus insignifiante du monde que de tenir une demi-heure pour négligeable.

Maximes et réflexions (1833)

La sagesse n’est que dans la vérité.

Maximes et réflexions (1833)

Tout est combat, lutte: seul mérite l’amour et la vie, celui qui quotidiennement doit les conquérir.

Maximes et réflexions (1833)

Là où les idées manquent, un mot arrive toujours à temps.

Maximes et réflexions (1833)

Le public veut être traité comme une femme; on ne doit lui dire que ce qu’il veut entendre.

Maximes et réflexions (1833)

Il y a des hommes qui s’étudient à découvrir les défauts de leurs amis. Il n’en résulte aucun avantage. Pour moi, j’ai toujours fait attention au mérite de mes adversaires, et j’en ai profité.

Maximes et réflexions (1833)

Un problème difficile à résoudre pour les jeunes talents, c’est de reconnaître le mérite de leurs contemporains plus âgés, sans se laisser entraîner par leurs défauts.

Maximes et réflexions (1833)

Un esprit vraiment libéral est celui qui sait reconnaître le mérite.

Maximes et réflexions (1833)

Rien ne doit être estimé plus haut que le prix d’un jour.

Maximes et réflexions (1833)

Il y a une politesse du coeur; elle est parente de l’amour.

Maximes et réflexions (1833)

Aujourd’hui, aujourd’hui seulement, ne te laisse pas surprendre, et tu auras échappé cent fois.

Maximes et réflexions (1833)

Chaque situation, chaque instant même est d’une valeur infinie, car il est le représentant de toute une éternité.

Conversations avec Eckermann (1836-1848), 1823

L’amour de la vérité se manifeste en ceci, que l’on se montre partout capable de trouver le bien et de le chérir.

Maximes et réflexions (1833)

Qui exige trop, qui se complaît à ce qui est embrouillé, reste exposé aux erreurs.

Maximes et réflexions (1833)

Celui qui est vrai vis-à-vis de lui-même et des autres, et qui le reste, possède la plus belle qualité des plus grands talents.

Maximes et réflexions (1833)

Mais quel bonheur que d’être aimé! Mais aimer, ô dieux, quel bonheur!

Poésies (1815-1827), Bienvenue et adieu

Il me faut chercher hors de ma tombe, Cet objet perdu de mon bonheur, Aimer ce jeune homme, qu’il succombe, Que je suce le sang de son coeur.

Ballades (1787), La fiancée de Corinthe

Quand on est vieux on doit agir plus que quand on était jeune.

Maximes et réflexions (1833)

Faut-il écrire avec un style, un burin, ou une plume? Je t’en laisse le choix libre.

Faust (1806), I

Nul ne m’ôtera ma conviction: qui l’entend mieux que moi garde sa croyance! Il est mal à son aise dans sa peau, celui qui regarde dans son coeur.

Maximes et réflexions (1833)

Il y a une politesse du coeur: elle est parente de l’affection. De cette source découle la plus facile politesse des manières.

Les Affinités électives (1809)

Dans la plénitude du bonheur, chaque jour est une vie tout entière.

Maximes et réflexions (1833)

L’espoir de faire revivre un bonheur passé se rallume toujours une fois dans le coeur de l’homme.

Les Affinités électives (1809)

C’est mon bonheur d’être joyeux, de prendre les choses facilement, de vivre vite, et je ne l’échangerais pas contre la sécurité d’une voûte mortuaire.

Egmont (1789)

L’amour est patiente, elle est douce et bienfaisante; l’amour n’est point envieuse; elle n’est point tumultueuse et précipitée, elle ne s’enfle point d’orgueil, elle n’est point dédaigneuse, et ne cherche point ses propres intérêts.

Faust (1806)

Le proverbe caractérise les peuples, mais commencez par séjourner chez eux.

Pensées (1815-1832)

Rien de plus facile que de flatter le nécessiteux, mais qui peut feindre sans intérêt?

Pensées (1815-1832)

Que dois-je tant aimer? Que dois-je tant haïr? On ne vit qu’en laissant vivre.

Pensées (1815-1832)

Je pars aujourd’hui. Quand je reviendrai, nous chanterons de tout autres chansons. Avec de si belles espérances, l’adieu est comme une fête.

Pensées (1815-1832)

L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.

Maximes et réflexions (1833)

La trame de ce monde est faite de nécessité et de hasard; la raison humaine se place entre les deux et sait les gouverner.

Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister (1796)

Le devoir de celui qui veut éduquer les hommes n’est pas de les préserver de l’erreur mais de guider celui qui s’égare, et même de lui laisser épuiser la pleine coupe de l’erreur; telle est la sagesse du maître.

Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister (1796)

Avec les années augmentent les épreuves.

Maximes et réflexions (1833)

Tout est alors trouvé: je suis à toi et tu es à moi, nous sommes unis pour toujours; que jamais cela ne change!

Second Faust

L’amour, pour rendre heureux les hommes, unit deux personnes; pour combler leur bonheur, il en faut trois.

Second Faust

Ah! ne pourrai-je jamais passer tranquillement une heure sur ton sein, serrer mon coeur contre ton coeur et confondre mon âme dans la tienne!

Faust (1806)

Au saint empire Des firmaments, L’amour n’attire Que les aimants!

Faust (1806)

Tout alentour Portez l’amour! Le coeur se pâme. Verbe de l’âme, Ether de flamme, Partout le jour!

Faust (1806)

A tant faire que d’aimer, j’aime à avoir quelque chose à déshabiller.

Faust (1806)

Le devoir consiste à aimer ce que l’on se commande à soi-même.

Maximes et réflexions (1833)

La demande me paraît bien frivole, pour quelqu’un qui a tant de mépris pour les mots, qui toujours s’écarte des apparences, et regarde surtout le fond des êtres.

Faust (1806), I

Maudite soit d’abord la haute opinion dont l’esprit s’enivre lui-même! Maudite soit la splendeur des vaines apparences qui assiègent nos sens! Maudit soit ce qui nous séduit dans nos rêves, illusions de gloire et d’immortalité!

Faust (1806), I

Les affaires les plus importantes du coeur et de la raison, de l’expérience et de la réflexion ne devraient être traitées qu’oralement.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il suffit d’aimer du fond du coeur un seul être pour que tous les autres nous paraissent aimables.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Il est pourtant vrai que c’est l’amour seul qui dans le monde nous rend indispensable.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Nous, hommes, nous ne conduisons pas notre destinée: tout pouvoir sur nous est laissé aux mauvais esprits; et leur malveillance travaille à notre ruine.

Gotz von Berlichingen

Les hommes se trompent sur eux-mêmes et sur les autres, parce qu’ils prennent les moyens pour le but; car alors un excès d’activité fait tout manquer, ou produit le contraire de ce qu’on attendait.

Maximes et réflexions (1833)

Dans les oeuvres de l’homme, comme dans celles de la nature, c’est principalement le but qui mérite notre attention.

Maximes et réflexions (1833)

Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es; dis-moi de quoi tu t’occupes, je te dirai ce que tu deviendras.

Maximes et réflexions (1833)

Cette question : De quelle idée le poète s’est-il inspiré ? Appartient encore au premier point de vue. Le comment c’est ce que personne ne sait.

Maximes et réflexions (1833)

Anaxagore enseignait que les animaux ont la raison active, mais non la raison passive, qui sert en même temps d’interprète au raisonnement.

Maximes et réflexions (1833)

La jeunesse elle-même, pourvu qu’on lui fasse confiance, atteint, avant qu’on s’en soit aperçu, le niveau des hommes faits.

Faust (1806)

Toute théorie est sèche, et l’arbre précieux de la vie est fleuri.

Faust (1806)

Celui qui se contente de la pure expérience et la prend pour guide possède déjà beaucoup de vérité. L’enfant qui grandit en sait déjà beaucoup dans ce sens.

Maximes et réflexions (1833)

Qu’est-ce que ton devoir ? L’exigence de chaque jour.

Les Affinités électives (1809)

On n’est jamais trompé, on se trompe soi-même.

Maximes et réflexions (1833)

Je suis content et heureux, par conséquent mauvais historien.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Malheur à ceux, m’écriai-je, qui se servent du pouvoir qu’ils ont sur un coeur pour lui ravir les jouissances pures qui y germent d’elles- mêmes !

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

Si nous avions sans cesse le coeur ouvert pour jouir du bien que Dieu chaque jour nous réserve, nous aurions assez de force aussi pour supporter le mal quand il vient.

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

A la fin, les élèves n’en font qu’à leur tête, comme s’ils n’avaient jamais reçu d’éducation.

Faust (1806)

Je me donnerais volontiers au diable, si je ne l’étais moi-même.

Faust (1806)

Personne n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être.

Les Affinités électives (1809)

Leurs tilleuls, je les voudrais pour ma résidence, ces quelques arbres qui ne sont pas à moi, me gâchent la possession du monde.

Faust (1806)

Croyez-vous qu’on vous donne de l’or et des richesses ? Pour vous autres, dans ce jeu, même des jetons seraient de trop. Nigauds que vous êtesa ! Une jolie apparence, et vous voudriez que ce soit la plate vérité.

Faust (1806)

On ménage les vieillards comme on ménage les enfants.

Maximes et réflexions (1833)

L’homme croit d’ordinaire, quand il entend des mots, qu’ils doivent absolument contenir une pensée.

Faust (1806)

Mon parcours d’épouvante m’apporte une récompense bienheureuse, quel néant impénétrable était pour moi le monde !

Faust (1806)

Qui peut penser une idée sotte ou sage que le monde avant lui n’ait déjà pensée ?

Faust (1806)

La nature ne se laisse point dévoiler, et il n’est ni levier ni machine qui puisse la contraindre à faire voir à mon esprit ce qu’elle a résolu de lui cacher.

Faust (1806)

J’appelle classique ce qui est sain, romantique ce qui est malade.

Conversation avec Eckermann, 2 avril 1829

L’homme n’est point né pour résoudre les problèmes du monde mais pour chercher où le problème commence, afin de se tenir dans les limites de l’intelligibilité.

Conversation avec Eckermann, 15 octobre 1825