Acceuil / Citation

Citations de : Jeanne Benameur

Ces moments ont existé. Ce bonheur qui a été vécu, rien ne peut faire qu’il ne l’ait pas été. Même la mort. La mort ne balaie rien. Le chagrin peut tout brouiller. Un temps. Comme à chaque fois que l’on est séparé de ceux qu’on aime.

Profanes (2013)

C’est là. Pour toujours. Comment enterre-t-on les souvenirs ? Dans quel charnier les abandonner une bonne fois ? La mémoire est une hyène. Elle fouille, trouve toujours un lambeau à arracher.

Profanes (2013)

Pourtant c’est dans sa propre vie que chacun chemine. L’histoire d’un seul ouvre l’histoire des autres.

Profanes (2013)

Alors elle danse. Il faut qu’elle trace, avec son corps, les lignes qui permettent d’intégrer l’espace. Seule la beauté du mouvement peut la sauver.

Laver les ombres (2009)

A quoi sert de voir le vide ? On est si bien à flotter tant qu’il nous porte. Entre ciel et terre, sur le rien.

Un jour, mes princes sont venus (2001)

Si la femme de Loth avait porté un enfant, elle aurait résisté à l’appel du passé, pour sauver la vie à venir. Anna, elle, était enceinte de la mort de leur fille. Elle ne s’est pas retournée.

Profanes (2013)

Quand je n’ai plus de refuge, je vais dans les mots. J’ai toujours trouvé un abri, là. Un abri creusé par d’autres, que je ne connaîtrai jamais et qui ont oeuvré pour d’autres qu’ils ne connaîtront jamais. C’est rassurant, de penser ça.

Profanes (2013)

Quand mon père est mort. Quand mon père est mort. Une phrase qui commence par ça. Je n’ai pas de suite. Je suis une fille sans suite ? Une fille qui n’arrive pas à suivre.

Un jour, mes princes sont venus (2001)

Ainsi chacun observe l’autre et on ne sait jamais ce qui de nous sera retenu, à notre insu.

Profanes (2013)

Les ouvriers, on a tort de croire qu’ils ne rêvent que du dernier écran de télé ou du barbecue sur la terrasse du pavillon. J’ai côtoyé ici des gens qui avaient des rêves de fou, ils n’en parlaient pas, c’est tout. J’en suis sûr.

Les insurrections singulières (2011)

Les rêves c’est complexe. ça vous envoie là où vous ne devriez jamais mettre les pieds.

Les insurrections singulières (2011)

Elle veut se réduire. Concentrée, il faut respirer le moins possible. C’est une tentative d’amenuisement. Une de plus. Quand on ne peut pas réduire le monde, on se réduit soi-même. Mais on ne disparaît pas si facilement.

Laver les ombres (2009)

La poésie aide au vif de la vie.

Profanes (2013)

Je pense à la joie qu’on avait tuée en elle. – Mais la joie ne meurt jamais. – Tant qu’on continue à faire quelque chose qu’on aime, alors la joie ne meurt pas.

Vivre c'est risquer (2013)

Le monde est acceptable si on voit les choses une par une. C’est l’emmêlement qui ne l’est pas.

Profanes (2013)

Je veux bien risquer ma vie, toute ma vie, pour la parole juste. La vraie. Celle qui met en péril le monde.

Je vis sous l'oeil du chien suivi de L'Homme de longue peine (2013)

Le monde ferme et tranquille c’est une illusion. Bonne pour élever les enfants. Pour ne pas trop s’en vouloir de les avoir collés là, dans la vie.

Je vis sous l'oeil du chien suivi de L'Homme de longue peine (2013)

Tant que la politesse a le dessus, on ne peut rien savoir vraiment des gens. C’est toujours au moment où ça se fendille qu’on sait exactement de quoi le bois est fait.

Profanes (2013)

La liberté est terrible. SI petite pour chacun. La si petite liberté humaine. Et ce désir parfois de l’enfoncer sous la terre. Parce que trop. Si petite mais déjà trop.

Profanes (2013)

J’ai besoin d’autres êtres humains, comme moi, doutant, s’égarant, pour m’approcher de ce que c’est que la vie.

Profanes (2013)

Il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres.

Les Mains libres (2006)

On ne devrait jamais craindre d’être volé. N’est volé que ce que l’on a. Le pire au fond de nous c’est ce qu’on n’a pas. C’est le manque. Et personne ne nous le volera jamais. Personne ne peut voler le manque. Personne. Quel dommage!

Les Mains libres (2006)

Ecrire c’est renoncer et désirer dans le même acte.

Comme on respire (2003)

J’écris des mots. Pour que lève la pâte qui multiplierait autre chose. Pour que le sang batte fort. Vivant. Je suis sûre qu’avec des mots on vit.

Comme on respire (2003)

La lecture est un aliment de choix, pas du maïs à gaver les oies. Et si l’appétit vient en mangeant, il vient aussi à regarder les autres se délecter. Ceux qui lisent parleront de leur lecture à leurs camarades. Leur plaisir se communiquera.

Présent? (2006)

Danser c’est altérer le vide.

Laver les ombres (2009)

C’est peut-être la seule chose qui fait de nos vies des choses singulières dans le fond, le choix du risque qu’on vit. Chacun le sien. Une chose est sûre. Sans risque, on ne vit pas.

Les insurrections singulières (2011)

Il y a des histoires sous chaque pierre de la route mais on ne soulève pas chaque pierre de la route.

Les Reliques (2005)

Le corps humain tout entier, au repos ou en mouvement, est un acte d’amour.

Laver les ombres (2009)

J’ai toujours compris les errants. Les yeux captent une chose du paysage, une autre, une autre encore. Tout est nouveau. Toujours. On se refait.

Les insurrections singulières (2011)

L’amour on ne devrait jamais l’enfermer, ni dans les bouches, ni dans les coeurs. C’est trop vaste.

Profanes (2013)

Les paroles appartiennent à tous. Il n’y a que notre silence qui est unique. Il nous appartient. Seulement à nous.

Les Mains libres (2006)

La mort ne fait jamais de bruit. C’est la vie qui en fait. La vie ça bouge, ça met en risque. Le désir c’est la vie.

Les insurrections singulières (2011)

Pourquoi chaque Etre humain n’a t-il pas le droit à l’art pour apprendre à donner forme à ses émotions? au lieu d’en avoir peur, apprivoiser ce qui transporte?

Présent? (2006)

Sans l’art, un être humain peut crever de douleur. Pourquoi les matières artistiques alors ne sont-elles pas au coeur de tout lieu d’enseignement?

Présent? (2006)

On va à l’école pour apprendre, apprendre, apprendre; apprendre quoi? à grandir? Est-ce que l’élève n’est pas celui qui doit s’élever?

Présent? (2006)

Est-ce qu’aimer, ce n’est pas vouloir rejoindre, sans relâche?

Laver les ombres (2009)

Ca fait peur, le temps mort. Pourtant c’est dans ce temps-là, où en apparence il ne se passe rien, que tant de choses en nous se ramassent pour prendre forme.

Les insurrections singulières (2011)

Ce n’est pas un fossé qu’il y a entre ceux qui croient donner et ceux qui ne peuvent recevoir, c’est une fosse.

Présent? (2006)

Pourquoi la vie des uns ne pourrait-elle pas éclairer celles des autres? Sinon c’est quoi une société.

Les insurrections singulières (2011)

C’est bien ça, la force d’un être humain. Etre capable de savoir le rien, le connaître jusque dans sa chair et traverser, continuer à avoir des rêves.

Les insurrections singulières (2011)

Au creux des paumes c’est déjà tout le corps qui se donne.

Laver les ombres (2009)

Aimer c’est juste accorder la lumière à la solitude et c’est immense.

Laver les ombres (2009)

Mais l’obscurité, on en a besoin. On a besoin de l’opaque. Un humain a besoin de l’obscur. C’est fertile. On ne peut pas vivre toujours dans la clarté des miradors. C’est aveuglant. Ca ne fait pas de lumière.

Les insurrections singulières (2011)

On n’a pas l’éternité devant nous. Juste la vie.

Les insurrections singulières (2011)

La rage c’est ne pas pouvoir aimer ce qu’on désire.

Les insurrections singulières (2011)

Aimer c’est juste accorder la lumière à la solitude. Et c’est immense.

Laver les ombres (2009)