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Citations de : Jean-Paul Hameury

La nuit tient toujours les promesses que le jour n’a pas faite.

Fragments (1994)

Tu es l’écran derrière lequel tu te cherches.

Fragments (1994)

Qui se déteste prouve qu’il s’aime encore trop.

Fragments (1994)

Toujours assez ingénieux pour ne pas découvrir ce que nous prétendons chercher.

Fragments (1994)

Nous employons notre intelligence à inventer les remèdes susceptibles de vaincre une maladie que, par ailleurs, nous faisons tout pour aggraver.

Fragments (1994)

Les flèches qui nous blessent sortent toutes de nos carquois.

Fragments (1994)

Des actes d’aujourd’hui, il y a longtemps que les graines ont été semées.

Fragments (1994)

Vouloir être quelqu’un retranche, et se paie au prix fort: sentiment d’exil, solitude, peur de la mort.

Fragments (1994)

Puisses-tu être aussi oublieux de toi-même que tous ceux qui ne se souviennent ni de ton visage ni de ton nom, qui vivent comme si tu n’avais jamais existé.

Fragments (1994)

Le chemin qu’on a emprunté, il faut s’empresser de le rendre.

Fragments (1994)

On pense avoir trouvé une voie quand on n’a fait que changer d’ornière.

Fragments (1994)

Les sentiers battus sont rassurants. Ceux qui les suivent sont persuadés que des chemins aussi fréquentés ne peuvent conduire que là où il faut se rendre.

Fragments (1994)

Il n’est pas plus sûr moyen de s’égarer que de marcher les yeux tournés vers le ciel.

Fragments (1994)

Au sommet de la montagne, tente de grimper encore.

Fragments (1994)

Celui qui contemple la laideur sans la baptiser laideur découvre un autre visage de la beauté.

Fragments (1994)

Le mal que font les hommes prouve moins leur cruauté que leur ignorance.

Fragments (1994)

Il y aura toujours trop de gens pour répondre aux questions que le sage ne se pose plus.

Fragments (1994)

Quand le philosophe s’étonne, le sage s’émerveille.

Fragments (1994)

La tâche d’un vrai maître consiste à enseigner les moyens de se passer de maître.

Fragments (1994)

On peut oublier ce que l’on sait, pas ce que l’on connaît.

Fragments (1994)

Le savoir: accumulations de pierres mal taillées, nombreuses mais disparates. Qui, avec cela, pourrait bâtir une demeure?

Fragments (1994)

Nombreux sont ceux qui se consolent du conformisme de leur vie en cultivant des idées originales.

Fragments (1994)

Nos arrière-pensées ne cessent de se mettre en avant. Et nous les suivons.

Fragments (1994)

Les pensées nous tiennent en laisse.

Fragments (1994)

Pour combattre l’incendie qui fait rage dans notre esprit, il faut parfois recourir aux mots et s’en servir comme contre-feux.

Fragments (1994)

C’est parce qu’il n’y a rien à dire que nous ne cessons de dire.

Fragments (1994)

Nous parlons dans le vide, dans l’espoir que celui-ci, un jour, finira par être rempli.

Fragments (1994)

Possédant le signe, nous croyons posséder la chose.

Fragments (1994)

Ne pas oublier que les mots sont des partis pris.

Fragments (1994)

Il arrive que les mots s’écoulent de notre bouche comme le sang d’une plaie.

Fragments (1994)

L’instant est l’autre nom de l’éternité.

Fragments (1994)

Un battement de cils: un monde est mort, un monde est né.

Fragments (1994)

Le fleuve ne se soucie ni de la source ni de l’embouchure.

Fragments (1994)

Bâtir là où le sol, justement, fait défaut.

Fragments (1994)

Il ne nous manque rien sinon de comprendre que rien ne nous manque.

Fragments (1994)

Nul ne me donnera ce que j’ai déjà. Qui m’ôtera ce que je n’ai pas?

Fragments (1994)

Seul craint la défaite celui qui songe encore à vaincre.

Fragments (1994)

Le désir de pauvreté est un désir de nanti.

Fragments (1994)

Désirer ne plus désirer, c’est encore désirer.

Fragments (1994)

Mesure ta pauvreté non à ce qui te manque mais à ce que tu désires.

Fragments (1994)