Acceuil / Citation

Citations de : Jean-Louis Fournier

Je n’oublie pas le bruit que tu faisais en ouvrant le rideau de la chambre après la sieste. Je l’ai ouvert ce matin, il a fait du bruit mais pas le même qu’avant. Je ne vais plus l’ouvrir je vais rester dans l’ombre.

Veuf (2011)

Tu as été ma plus belle qualité, j’espère ne pas avoir été ton plus gros défaut.

Veuf (2011)

Avant, je brûlais ma vie à feu vif. Maintenant, je laisse mijoter, à feux doux. C’est plus long, mais c’est meilleur.

Mon dernier cheveu noir (2006)

Vous savez comment on appelle le curriculum vitae d’un vieux? Des archives.

Mon dernier cheveu noir (2006)

Vous savez comment on s’aperçoit qu’on est vieux? Quand, même bronzé, on reste moche.

Mon dernier cheveu noir (2006)

Moins on a de souffle, plus on a de bougies à souffler. Soupire le centenaire.

Mon dernier cheveu noir (2006)

Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort… Je crains que ce soit héréditaire.

Mon dernier cheveu noir (2006)

Comme Cyrano de Bergerac qui choisissait de se moquer lui-même de son nez, je me moque moi-même de mes enfants. C’est mon privilège de père.

Où on va, papa ? (2008)

De toute façon, on dit toujours «un beau bébé». Un bébé n’a pas le droit d’être laid, en tout cas, on n’a pas le droit de le dire.

Où on va, papa ? (2008)

Si les enfants ont besoin d’être fiers de leur père, peut-être que les pères, pour se rassurer, ont besoin de l’admiration de leurs enfants.

Où on va, papa ? (2008)

J’aurais bien aimé être instituteur, apprendre des choses aux enfants sans les ennuyer. J’ai fait pour les enfants des dessins animés que les miens n’ont pas vus, des livres qu’ils n’ont pas lus.

Où on va, papa ? (2008)

Le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un enfant, c’est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses.

Où on va, papa ? (2008)

Chaque seconde sur Terre, une femme met un enfant au monde. … Il faut absolument la retrouver et lui dire qu’elle arrête, a ajouté l’humoriste.

Où on va, papa ? (2008)

J’ai une hostie collée au palais. Je n’ose pas bouger la langue, je n’ose pas remuer les mâchoires, parce que si je mords dedans, il paraît que ça va saigner. Je ne peux pas me servir de mon doigt pour la décoller, c’est interdit, c’est un péché mortel.

J'irai pas en enfer (2001)

Les malheurs, ça vient toujours du ciel. C’est peut-être pour ça qu’on les appelle des tuiles.

J'irai pas en enfer (2001)

Nul n’est censé ignorer la joie.

Grammaire française et impertinente

Pourquoi celui qu’on appelle contremaître est-il toujours d’accord avec le maître.

Grammaire française et impertinente

Il y a aussi ceux qui disent : L’enfant handicapé est un cadeau du ciel. Et ils ne le disent pas pour rire. Ce sont rarement des gens qui ont des enfants handicapés. Quand on reçoit ce cadeau, on a envie de dire au Ciel : Oh ! fallait pas…

Où on va, papa ? (2008)

Chaque seconde sur Terre, une femme met un enfant au monde… Il faut absolument la retrouver et lui dire qu’elle arrête, a ajouté l’humoriste.

Où on va, papa ? (2008)

C’est étrange, les gens n’osent pas parler de bonheur à celui qui vient d’avoir un grand malheur.

Veuf (2011)

Il paraît que les malheurs arrivent à ceux qui ne s’y attendent pas, à ceux qui n’y pensent pas. Alors, pour que ça n’arrive pas, on y a pensé…

Où on va, papa ? (2008)

Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort, je crois que c’est héréditaire.

Ca m'agace (2012)

Quand je parle de mes enfants, je dis qu’ils ne sont pas comme les autres. Ça laisse planer un doute. Einstein, Mozart, Michel-Ange n’étaient pas comme les autres.

Où on va, papa ? (2008)

Les journées sont longues depuis le 12 novembre. J’aurais dû récupérer tes cendres, faire un grand sablier pour les mettre dedans, je t’aurais regardé passer le temps.

Veuf (2011)

Tu rangeais tout et je ne retrouvais rien. Aujourd’hui, je n’ai plus rien à perdre.

Veuf (2011)

Depuis que la rayonnante Sylvie s’est éteinte, il fait sombre dans la maison, je vis dans la pénombre. J’ai eu beau changer les ampoules, j’ai eu beau en mettre des plus puissantes avec plein de watts, il fait toujours sombre.

Veuf (2011)

On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste.

Veuf (2011)

Je voudrais t’écrire, je ne sais pas où. Les enfants qui envoient leur lettre au Père Noêl marquent sur l’enveloppe Ciel.

Veuf (2011)

Mathieu et Thomas n’auront jamais de Carte Bleue ni de carte de parking dans leur portefeuille. Ils n’auront jamais de portefeuille, leur seule carte, ce sera une carte d’invalidité.

Où on va, papa ? (2008)

C’est triste de penser qu’il faut attendre le pire pour enfin comprendre. Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu’il fait en partant ?

Veuf (2011)

Maintenant tous les matins je me réveille seul. Je ne me souviens plus tout de suite de la triste nouvelle, comme si tu remourais tous les matins.

Veuf (2011)

Il faut les comprendre, ils sont obligés d’être sérieux toute la nuit, ils ont besoin, dans la journée, de se détendre. Alors ils font des bêtises.

Où on va, papa ? (2008)

Quand on n’a pas eu de chance, il faut prendre l’air malheureux, c’est une question de savoir-vivre. J’ai souvent manqué de savoir vivre…

Où on va, papa ? (2008)

Si vous voulez laisser un bon souvenir, attention à ne pas mourir trop vieux.

Mon dernier cheveu noir (2006)

Ca me manque de ne pas pouvoir te parler de moi. Je vais devoir apprendre à me parler tout seul.

Veuf (2011)

J’ai retrouvé des billets de banque dans ton porte-monnaie, je n’ose pas les utiliser, j’aurais l’impression de te voler. C’est complètement idiot, d’autant que j’ai payé de ma poche les Pompes funèbres. Tu me les dois. Trois mille euros.

Veuf (2011)

Quand papa il était petit, il avait aussi renoncé à Satan et à ses pompes, mais je crois que Satan il a jamais renoncé à papa.

Il a jamais tué personne mon papa (1999)

Avec mes enfants, on ne craint jamais de se répéter, ils oublient tout. Avec eux, jamais de lassitude, ni d’habitude, ni d’ennui. Rien ne se démode, tout est nouveau.

Où on va, papa ? (2008)

J’étais toujours sidéré de voir dans les restaurants des couples qui ne se disaient pas un mot, sauf, quelquefois, passe-moi le sel.

Veuf (2011)

Elle a été ma cale, elle m’a empêché de tomber, je me suis tenu droit à ses côtés. Elle m’a décapé, elle m’a poli, elle m’a fait briller. En échange, je l’ai fait rire. Pleurer aussi.

Veuf (2011)

Quand on n’a pas eu de chance, il faut avoir le physique de l’emploi, prendre l’air malheureux, c’est une question de savoir-vivre.

Où on va, papa ? (2008)

On dit bêtement heureux. C’est pas si bête d’être heureux.

Ca m'agace (2012)

Devant le malheur, on n’est jamais à la même place. Comme au théâtre, il y a ceux qui sont au premier rang, aux places les plus chères, et ceux qui sont derrière. On ne peut pas être malheureux à la place de quelqu’un.

Ca m'agace (2012)

Tout ce que les machines compliquées de la Salpêtrière n’ont pas réussi à faire, moi, je le fais avec des mots. Je te réanime.

Veuf (2011)

Quand on a reçu un don, on a des obligations. Souviens-toi de la parabole des talents dans l’Evangile. Tu imagines la tête du père de Mozart si, à vingt ans, Wolfgang lui avait dit : J’arrête la musique, je voudrais être footballeur ?

La Servante du Seigneur (2013)

Quand je pense que je suis l’auteur de ses jours, des jours terribles qu’il a passés sur Terre, que c’est moi qui l’ai fait venir, j’ai envie de lui demander pardon.

Où on va, papa ? (2008)

Ils en avaient marre les enfants d’ouvrir leurs cadeaux. Il y en avait trop. Nous sommes les enfants gâtés et gavés qui à Noël n’ouvrent plus leurs cadeaux.

Trop (2014)

Aimer n’est pas un verbe pour tous les jours. C’est un verbe fragile, on a très rarement l’occasion de l’utiliser. Comme le service en cristal de bonne-maman. On le garde précieusement dans le buffet de la salle à manger.

Poète et paysan (2010)

Oscar Wilde a écrit que le cerveau de celui qui n’a que des certitudes arrête de fonctionner, croire est tellement médiocre. Je ne veux pas que son cerveau arrête de fonctionner. Un cerveau en marche cherche à comprendre et, forcément, il doute.

La Servante du Seigneur (2013)

Sectaire, ça commence comme sécateur, ça coupe. Ca coupe des parents, ça coupe des amis, ça coupe du monde professionnel, ça coupe du monde tout court.

La Servante du Seigneur (2013)

L’enfant est un cadeau de Dieu, il tombe du ciel. Comme les tuiles.

Mouchons nos morveux (2002)

Si Dieu n’avait pas créé les pommes, Cézanne était condamné à peindre des compotiers vides.

La Servante du Seigneur (2013)

L’humour, c’est une parade, un baroud d’honneur devant la cruauté, la désolation, la difficulté de l’existence.

La Servante du Seigneur (2013)

L’humour bleu ciel et rose bonbon, ça n’existe pas. L’humour c’est noir.

La Servante du Seigneur (2013)

La conversion, c’est un brutal éblouissement. Après un éblouissement, on ne voit plus clair, on est aveuglé, on se retrouve dans le noir, comme les lièvres éblouis par les phares d’une automobile.

La Servante du Seigneur (2013)

Peut-être qu’à la différence des piles, les sentiments s’usent quand on ne s’en sert pas.

La Servante du Seigneur (2013)

Je dois être entré dans la phase de cristallisations des souvenirs, dont parte Stendhal. Mes souvenirs continuent à briller comme les étoiles mortes. Le passé me semble parfait, le futur n’est pas très sur, je préfère conjuguer l’irréel du présent.

Veuf (2011)

Je déteste l’imparfait de l’indicatif. Parfois, même, il m’arrive de ne plus aimer le présent.

Veuf (2011)

L’humour est un antalgique, on l’utilise quand on a mal.

La Servante du Seigneur (2013)

Quand vous êtes malheureux, on dirait que la société souhaite que vous le restiez. Définitivement.

Veuf (2011)

J’ai été amputé de toi sans anesthésie. On m’a retiré ma moitié, ce que j’avais de mieux.

Veuf (2011)

Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu’il fait en partant ?

Veuf (2011)

Quand on a reçu un don, on a des obligations. Souviens-toi de la parabole des talents dans l’Evangile. Tu imagines la tête du père de Mozart si, à vingt ans, Wolfgang lui avait dit J’arrête la musique, je voudrais être footballeur ?

La Servante du Seigneur (2013)

Je connais des gens heureux qui ont l’air triste et des gens malheureux qui plaisantent toujours. S’ils plaisantent, c’est peut-être pour être moins malheureux. L’humour est un antalgique, on l’utilise quand on a mal.

La Servante du Seigneur (2013)

Conclure que quelqu’un est heureux est toujours très risqué. On peut avoir tout pour être heureux sauf le bonheur.

La Servante du Seigneur (2013)

Etre heureux ne devrait être conjugué qu’à la première personne du singulier et par le principal intéressé. Il n’y a que lui qui sait s’il est heureux ou pas.

La Servante du Seigneur (2013)

On ne se moque bien que de ce qu’on aime.

Le Petit Meaulnes (2003)

Les petits bonheurs de tous les jours, il n’en veut pas. Il lui faut le grand bonheur. Il n’a pas encore compris que le grand bonheur, c’est justement fait avec tous les petits bonheurs mis bout à bout.

Le Petit Meaulnes (2003)

Les plus dangereux pour la jeunesse sont les vieux cons.

Ca m'agace (2012)

L’ingénieur qui a conçu la poubelle à roulettes a dû se poser la question suivante: comment faire le plus de bruit possible avec une poubelle?

Ca m'agace (2012)

Un vrai humoriste ne rit pas, il fait rire. Le public, qui n’est pas aussi bête qu’il le pense, n’a plus besoin de rire si l’humoriste a ri avant lui. En riant, il commet une faute professionnelle.

Ca m'agace (2012)

Les mots bonne journée sont des mots qu’on a usés, qui n’ont plus de sens, plus de goût, comme les escalopes de dinde industrielle du supermarché. … Si vous avez envie que je passe une bonne journée, ne dîtes rien. Souriez-moi.

Ca m'agace (2012)

Les plus beaux arbres ne donnent pas forcément les plus beaux fruits. Regardez le chêne. Il donne des glands.

Mouchons nos morveux (2002)

L’enfant est un placement à long terme sans intérêt dont on perd le capital au bout de trente années.

Mouchons nos morveux (2002)

Le bébé qui gazouille peut devenir, à quinze ans, l’adolescent qui zigouille.

Mouchons nos morveux (2002)

En pauvre, Fauchon se dit ED.

Les mots des riches, les mots des pauvres (2004)

En pauvre, invitation se dit convocation.

Les mots des riches, les mots des pauvres (2004)

En pauvre, chambre d’amis se dit canapé convertible.

Les mots des riches, les mots des pauvres (2004)

Les vivants ne sont qu’à un endroit à la fois, les morts sont partout.

Veuf (2011)

Mes souvenirs continuent à briller comme les étoiles mortes. Le passé me semble parfait, le futur pas très sur. Je préfère conjuguer l’irréel du présent.

Veuf (2011)

Je n’ai pas de photos de toi, j’ai de la mémoire. Je n’aime pas prendre des photos des gens qui me sont proches, je pense à la douleur que j’aurai à les regarder quand ils ne seront plus là.

Veuf (2011)

Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie.

Veuf (2011)

Un bon souvenir, c’est comme une bonne bouteille, il ne faut pas le boire seul.

Veuf (2011)

J’ai été amputé de toi sans anesthésie. On m’a retiré ma moitié, ce que j’avais de mieux. Je m’arrose de ton parfum pour que tu repousses.

Veuf (2011)