Acceuil / Citation

Citations de : Jean le Rond d' Alembert

Celui qui dit que deux et deux font quatre, a-t-il une connaissance de plus que celui qui se contenterait de dire que deux et deux font deux et deux?

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Que ne coûtent point les premiers pas en tout genre? Le mérite de les faire dispense de celui d’en faire de grands.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Pour avoir le droit d’admirer les erreurs d’un grand homme, il faut savoir les reconnaître, quand le temps les a mises au grand jour.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

On nuit plus aux progrès de l’esprit en plaçant mal les récompenses qu’en les supprimant.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La nature de l’homme, dont l’étude est si nécessaire, est un mystère impénétrable à l’homme même, quand il n’est éclairé que par la raison seule.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Je défie la calomnie, et je la mets à pis faire.

Lettre à Voltaire, 26 octobre 1762

Les bontés dont Votre Majesté me comble me dédommagent de cette injustice.

Lettre au roi de Prusse, 7 décembre 1779

Ce petit maraud, en arrivant à Paris, est entré en qualité de décrotteur bel esprit chez un comte de Lautrec, qui avait des procès.

Lettre à Voltaire, 26 décembre 1772

Ce tribunal respectable qui ne s’embarrasse guère que le peuple ait du pain, pourvu qu’il ait les sacrements, est un décrotteur d’Orléans, appelé Chaumeix, qui est venu à Paris il y a six mois avec des sabots.

Lettre à Voltaire, 24 février 1759

Le libraire Panckoucke, qui voit toujours ses cent mille écus en l’air par la déconfiture de l’Encyclopédie, se propose d’aller incessamment vous rendre ses hommages.

Lettre à Voltaire, 12 avril 1770

M. de Lagrange est jeune, et je suis presque vieux; son ardeur est naissante, et la mienne décline.

Lettre au roi de Prusse, 11 juillet 1766

Vous trouverez, à la fin de l’article Goût, des réflexions sur l’application de l’esprit philosophique aux matières de goût, où j’ai tâché de mettre de la vérité sans déclamation; car je déteste la déclamation.

Lettre à Voltaire, 28 janvier 1757

Quoique, à dire vrai, je ne sois pas tombé de bien haut, je me sens déchu et tout prêt à déchoir encore.

Lettre au roi de Prusse, 24 juillet 1780

Les sots, qui déchireraient Corneille s’il n’était pas mort, et qui seront bien aises de vous déchirer, parce que vous êtes vivant.

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

Enfin son goût pour cette nation (Anglais) était si décidé qu’il en préférait même la cuisine à la nôtre trop justement célèbre dans toute l’Europe.

Eloges, Milord Maréchal

Sa gloire, cruellement obscurcie par la fin de son règne, au moins si on en juge par les événements.

Eloges

L’esprit y est toujours naturel et exempt de ce jargon ridicule, à la fois puéril et barbare, dont plusieurs de nos pièces modernes sont si cruellement infectées.

Eloges, Boissi

Une guerre longue et cruelle, inutile à l’Autriche, funeste à la France, profitable aux seuls Anglais, et glorieuse au seul roi de Prusse, qui, après l’avoir soutenue pendant sept ans contre la moitié de l’Europe, l’a terminée sans perdre un village.

Eloges, Milord Maréchal

Ainsi Descartes l’a regardé (un corps céleste) comme ayant été autrefois un soleil, obscurci et étouffé depuis par une croûte épaisse dont il s’est couvert.

Abus de la critique

On sait combien l’abbé Suger, aussi grand homme d’Etat que l’abbé de Clairvaux était grand orateur, s’opposa à cette croisade malheureuse que Louis le Jeune entreprit par le conseil de saint Bernard.

Abus de la critique

Il en est de l’esprit et du goût comme de la philosophie; rien n’est plus rare que d’en avoir, plus impossible que d’en acquérir, et plus commun que de s’en croire beaucoup.

Essai sur la société des gens de lettres

Si la critique est juste et pleine d’égards, vous lui devez des remercîments et de la déférence; si elle est juste sans égards, de la déférence sans remercîments; si elle est outrageante et injuste, le silence et l’oubli.

Apologie de l'étude

Jusqu’à ce qu’on en ait la preuve, ses confrères de l’Académie et du clergé ne sont-ils pas en droit de crier au mensonge?

Apologie de Clermont Tonnerre

La nation française qui crie si aisément et qui plus aisément encore se lasse de crier.

Destruction des jésuites

Votre Majesté n’a point d’idée du déchaînement général des hypocrites et des fanatiques contre la malheureuse philosophie.

Lettre au roi de Prusse, 14 mai 1773

Votre Majesté a fait, depuis quarante ans de règne, tout ce qu’il faut pour se faire respecter de ses amis et de ses ennemis.

Lettre au roi de Prusse, 8 juin 1780

Il est vrai qu’il n’y en avait eu que trois mille cinq cents de vendus en quatre ou cinq jours.

Lettre à Voltaire, 22 septembre 1767

Il y a longtemps, à dater du ministère du cardinal de Fleury et même de plus loin, qu’elles (les lettres) sont en France sans encouragement et sans considération.

Lettre au roi de Prusse, 22 août 1772

Il (Voltaire) a pris ce jésuite pour lui dire la messe et pour jouer avec lui aux échecs; je crains toujours que le prêtre ne joue quelque mauvais tour au philosophe et ne finisse par lui damer le pion et peut-être le faire échec et mat.

Lettre au roi de Prusse, 20 juin 1768

La cycloïde a un grand nombre de propriétés très singulières; et celle d’être la courbe de la plus vite descente n’est pas une des moins remarquables.

Eloges, Bernoulli

Dans l’ordre de nos besoins et des objets de nos passions, le plaisir tient une de nos premières places, et la curiosité est un besoin pour qui sait penser.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

On peut voir, dans les oeuvres de Fontenelle, une lettre curieuse de ce philosophe sur cet opéra de Bellérophon, qui n’était pas de cet inimitable poète lyrique (Quinault) et qui était presque digne d’en être.

Eloges, La Motte

Valentin Conrart, premier secrétaire de l’Académie française, n’avait point fait d’études; c’est ce que nous apprend un passage curieux de l’histoire de l’Académie par l’abbé d’Olivet.

Eloges, Marivaux

Quoique livré presque uniquement à des études et à des ouvrages ecclésiastiques, il n’avait pas entièrement abandonné la culture des lettres.

Eloges, Fleury

Des idées creuses, soi-disant profondes, revêtues d’un style de rhéteur ou d’écolier, qu’on appelle de l’éloquence et quelquefois du sublime.

Eloges, Marivaux

On sait que le crépuscule, quelle qu’en soit la cause, commence le matin et finit le soir, quand le soleil est à 18 degrés au-dessous de l’horizon.

Eloges, Bernoulli

Le crédit impérieux qui voudrait envahir avec orgueil et violence des honneurs destinés à la réunion du mérite et des vertus.

Eloges

Il faut que les sujets espèrent en Dieu et que les souverains le craignent.

Eloges, Bossuet

Aucun physicien ne doute aujourd’hui que la mer n’ait couvert une grande partie de la terre habitée.

Abus de la critique

Qu’on interroge les écrivains de génie sur les plus beaux endroits de leurs ouvrages, ils avoueront que ces endroits sont presque toujours ceux qui leur ont le moins coûté, parce qu’ils ont été comme inspirés en les produisant.

Mélanges littéraires

Quoique enlevé au commencement de sa course, il n’est point d’âme sensible et vertueuse qui ne doive envier une mort telle que la sienne.

Eloges, la Trem

Dans le cours d’environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu’il partagea à peu près également entre les deux théâtres.

Eloges, Marivaux

Lorsque la comédie du Glorieux fut donnée au théâtre, il courut, contre cette pièce et contre l’auteur, des couplets qui eurent alors toute la vogue passagère assurée aux satires.

Eloges, Destouches

L’avis courant que leurs complaisants ont soin de leur dicter, est toujours le leur, parce qu’ils n’en ont point à eux.

Essai sur la société des gens de lettres

On opina par boules sur la punition qu’il (l’abbé de Saint-Pierre) avait encourue; toutes les boules, à l’exception d’une seule, furent pour l’exclure de nos séances; cette boule courageuse fut donnée par Fontenelle.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Il (la Faye) fut outragé dans les fameux couplets qui causèrent les malheurs du poëte célèbre J. B. Rousseau; mais il ne se vengea de l’outrage que par le mépris.

Eloges, la Faye

Sa conversation était légère, agréable et instructive par le grand nombre d’hommes et de peuples qu’il avait connus, elle était coupée comme son style, pleine de sel et de saillies, sans amertume et sans satire.

Eloges, Montesquieu

La cosmologie ou science de l’univers se distribue en uranologie ou science du ciel, en aérologie ou science de l’air, en géologie ou science des continents, et en hydrologie ou science des eaux.

Oeuvres

La critique qui restitue dans les auteurs les endroits corrompus, donne des éditions…

Rien n’est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d’un grand écrivain, le motif des arrêts qu’il a prononcés contre lui-même.

Eloges, Despréaux

Quinault, méprisé par Despréaux si injustement, est non-seulement le plus naturel et le plus tendre de nos poëtes, mais le plus pur et le plus correct de tous.

Dialogue, poésie et philosophie

Les corps, aussi peu infaillibles que les particuliers, payent comme eux le tribut à l’erreur et à la fragilité humaine.

Eloges, J. Test. de Mauroy

Dès l’âge de vingt ans, le jeune Montesquieu préparait déjà les matériaux de l’Esprit des lois, par un extrait raisonné des immenses volumes qui composent le corps du droit civil.

Eloges, Montesquieu

Le fameux problème que les géomètres ont appelé problème des trois corps, parce qu’il consiste à déterminer l’orbite d’un corps céleste attiré par deux autres.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La patrie de Despréaux sera quelque jour l’objet d’une importante controverse d’érudition.

Eloges, Despréaux

Les controverses théologiques qui troublent souvent l’Eglise et l’Etat.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Comme il était contrefait, cette partie du public qui ne laisse jamais échapper l’occasion d’une plaisanterie bonne ou mauvaise dit que l’académie avait choisi Esope pour remplacer La Fontaine.

Eloges, Clérembault

C’est être le bienfaiteur des princes et, par contre-coup, du genre humain qu’ils gouvernent, que de ne jamais perdre de vue, en écrivant l’histoire, le respect superstitieux qu’on doit à la vérité.

Réflexions sur l'histoire

La contravention est aux choses, la désobéissance aux personnes.

Synonymes

Les différents contrastes qu’offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d’imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l’art et de la nature.

Portrait de Melle de Lespinasse

La contrariété singulière des faits qu’il racontait sur sa naissance avec des pièces authentiques sur cet objet.

Le respect me force à me taire, la reconnaissance m’y oblige, l’autorité m’y contraint.

Synonymes

En ce genre c’est presque une marque sûre de n’avoir pas rencontré le vrai que de trouver des contradicteurs ou d’en trouver qui le soient longtemps.

Eloges, Dumarsais

Le principe, que tout se fait dans la nature par degrés insensibles, est celui que Leibnitz et ses sectateurs ont appelé loi de continuité.

Eloges, Bernoulli

Ce vaste univers que nous appelons monde corporel ou la nature.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Cette multitude nombreuse, éblouie et subjuguée par les décorations extérieures, et à qui un cordon en impose plus qu’un bon ouvrage.

Eloges, Clerembaut

Ce roman (Télémaque), que Fénelon avait uniquement destiné pour le duc de Bourgogne, son élève, vit le jour par l’infidélité d’un domestique qui en avait pris une copie.

Eloges, Fénelon

On assure que, dès le lendemain de l’expulsion des jésuites, les convulsionnaires ont commencé à la prédire; c’est ainsi qu’ils ont toujours prophétisé.

Destruction des jésuites

La folie des convulsions, qui avait causé des querelles dans le parti même (des jansénistes), avait achevé de les avilir en les rendant ridicules.

Destruction des jésuites

Constamment opposé au zèle amer et fanatique de la plupart des convertisseurs de son temps, il était persuadé qu’on ne devait faire usage ni de l’autorité ni même de la crainte contre ceux des réformés qui ne donnaient aucune espérance de changement.

Eloges, Fléchier

Il (Fléchier) se plaint de ce que les nouveaux convertis, qui, étant protestants, n’allaient point aux spectacles, y allaient depuis leur conversion.

Eloges, Fléchier

L’auteur a un mérite infaillible pour être lu, le mérite rare de faire conversation avec son lecteur.

Eloges, abbé de Choisy

On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même; car la conviction réelle est la suite de l’évidence.

Mélanges littéraires

Bossuet et Ferry, qui étaient amis avant leur dispute, continuèrent de l’être après avoir écrit l’un contre l’autre; rare et digne exemple à offrir aux controversistes de toutes les religions.

Eloges, Bossuet

On donne la continuation de l’ouvrage d’un autre et la suite du sien.

Synonymes

La continuation de l’histoire de l’Académie, éloge rare dans un continuateur, soutient le parallèle avec avantage.

Eloges, d'Olivet

Ce sentiment continu tient à l’impression vive et profonde que vos chagrins vous ont laissée.

Portrait de Melle de Lespinasse

Il en conclura que les lois de la statique et de la mécanique, telles que l’expérience les donne, sont de vérité contingente, puisqu’elles seront la suite d’une volonté particulière et expresse de l’être suprême.

Dynamique

Milord Maréchal aimait à conter, mais ne contait jamais qu’à propos, avec simplicité, quoique avec finesse, et surtout avec ce bon goût qui écarte les détails inutiles.

Eloges, Milord Maréchal

Ces détails doivent trouver grâce aux yeux des lecteurs philosophes, par la quantité de traits intéressants et curieux que les mémoires contiennent.

Eloges, Trublet

Encore cette paix ne dura-t-elle que peu, parce que de part et d’autre les contendants voulaient la guerre, dont ils avaient besoin pour faire parler d’eux.

Eloges, cardinal d'Estrées

Plusieurs sciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines; mais, dans l’ordre historique des progrès de l’esprit, on ne peut les embrasser que successivement,

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Plus philosophe que Démocrite, il se contentait de voir le ridicule de ses contemporains, et ne daignait pas en rire: on eût dit qu’il contemplait de la planète de Saturne cette terre que nous habitons.

Eloges, Terrasson

Sûr se construit avec de et avec dans; certain se construit avec de seulement.

Synonymes

Ils (les Italiens) sont un exemple de ce qu’un peuple peut devoir aux seuls bienfaits de la nature, comme les Anglais de ce qu’il peut devoir aux seuls bienfaits d’une bonne constitution.

Eloges, Mirabeau

On dit un amant heureux et fidèle, un amant malheureux et constant; le premier est engagé, l’autre ne l’est pas.

La philosophie a préparé en silence leur destruction (des jésuites); les jansénistes ont sonné la charge, et la justice a consommé l’ouvrage.

Eloges, Fleury

Le consistoire, établi pour veiller sur les moeurs, n’inflige que des peines spirituelles.

Gouvernement génevois

Cette considération personnelle, qui ne s’accorde ni au rang ni au génie même, mais à la vertu seule, et dont on doit être d’autant plus jaloux qu’on est plus exposé par ses talents ou par ses dignités au jugement de ses contemporains.

Eloges, abbé de Choisy

Un courtisan accrédité est un homme considérable; Corneille était un grand homme; on dit: de grands talents et un rang considérable.

Synonymes

Nous craignons qu’on ne nous soupçonne de conniver à ses blasphèmes.

Histoire de l'Académie française

Obscurément confiné au fond de sa province.

Eloges, Trublet

Massillon lui en avoua la cause; se confessa, comme le berger de la Fable, du petit grain d’ambition qu’il avait eu.

Les liaisons de notre académicien avec plusieurs évêques qui se reposaient même sur lui de la confection de leurs mandements.

Eloges, Trublet

L’abbé de Choisy alla en Italie comme conclaviste du cardinal de Bouillon, après la mort de Clément X.

Eloges, abbé de Choisy

Celui (le parlement) qu’on y avait substitué était trop mal composé pour pouvoir subsister avec la confiance et la considération publiques, nécessaires à des magistrats.

Lettre au roi de Prusse, 31 octobre 1774

On apprend d’abord à étendre une pensée, à circonduire et allonger des périodes.

Le burlesque, si justement avili depuis, était alors fort à la mode.

Le public ne doit trouver ni mauvais, ni étrange que nous demandions l’attache des théologiens.

M. l’abbé Mongin, vainqueur dans trois concours, fit encore, avec l’applaudissement de la compagnie, un autre essai de son éloquence.

Combien Bossuet n’eût-il pas applaudi l’instruction si sage et si touchante que notre jeune monarque adressa aux curés de son royaume!

Il est certain que, dans une de ses notes sur Longin, Despréaux semble préférer assez ouvertement Racine à Corneille.

Eloges, Segrais

Trop de lecture peut étouffer le génie.

Toute musique qui ne peint rien n’est que du bruit.

L’esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu’il voit au-delà.

Les qualités littéraires étaient relevées et même sanctifiées dans l’archevêque de Rouen par toutes les vertus épiscopales, par la vie la plus exemplaire, et la plus tendre bienfaisance pour les malheureux.

Eloges, Colbert

A la profession épineuse de journaliste, le président Cousin en joignit une autre, qu’il exerça avec la même probité, celle de censeur royal.

Eloges, L. Cousin

En attendant, je vais pousser, comme je pourrai, le temps avec l’épaule jusqu’au printemps, où j’irai revoir…

Lettre à Voltaire, 15 octobre 1776

Je sais, sire, qu’un héros tel que vous envisage ce dernier moment (la mort) avec tranquillité.

Lettre au roi de Prusse, 29 janvier 1768

Environné de fainéants orgueilleux qui regardent l’ignorance oisive comme l’apanage et presque le titre de leur noblesse.

Eloges, Saint-Aulaire

On est jaloux de ce qu’on possède et envieux de ce que possèdent les autres.

Synonymes

On pourrait, ce me semble, représenter l’envie, égorgeant d’une main un génie vivant, et de l’autre offrant de l’encens à un génie qui n’est plus.

Cette entreprise fera beaucoup d’honneur à l’entrepreneur, à l’Académie et à la nation.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1761

On peut lui reprocher (au président Rose) cependant d’avoir, par amitié pour Despréaux et Racine, retardé l’entrée de Fontenelle à l’Académie française.

Eloges, Rose

Il (Boileau) ignorait jusqu’aux termes les plus communs de la langue des sciences exactes.

Eloges, Despréaux

Il craignait que les amis qui leur restaient à la cour n’obtinssent du roi qu’il évoquât à lui seul le jugement de cette affaire.

Destruction des jésuites

L’évidence appartient proprement aux idées dont l’esprit aperçoit la liaison tout d’un coup.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Il mourut comme était mort Fénelon, et comme tout évêque doit mourir, sans argent et sans dettes.

Eloges, Massillon

La seconde inégalité, appelée par quelques-uns évaction, est proportionnelle au sinus du double de cette même distance, moins l’anomalie moyenne de la lune.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

L’évacuation au collége de Clermont nous occupe beaucoup plus que celle de la Martinique.

Lettre à Voltaire, 4 mars 1762

Fontenelle et Lamotte ont écrit en prose avec beaucoup de clarté, d’élégance, de simplicité même, mais Lamotte avec une simplicité plus naturelle, et Fontenelle avec une simplicité plus étudiée.

Eloges, La Motte

Je commence par mettre aux pieds de Votre Majesté la reconnaissance du jeune étudiant qu’elle a bien voulu honorer de ses bontés.

Lettre au roi de Prusse, 26 octobre 1761

L’abbé d’Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre (Voltaire).

Eloges, d'Olivet

Dans son voyage d’Italie, il se lia étroitement avec le cardinal Corsini, qui fut depuis Clément XII.

Eloges, Montesquieu

L’être suprême enfin, placé entre les rois oppresseurs et les peuples opprimés, pour effrayer les rois et venger les peuples; tel est l’objet de ce Petit Carême, digne d’être appris par tous les enfants destinés à régner.

Eloges, Massillon

Il les éclairera sur le caractère de notre langue, sur ses entraves et ses ressources, sa richesse et son indigence, la sagesse de ses lois et la singularité de ses bizarreries.

Eloges, d'Olivet

A travers ce jargon si entortillé, si précieux, si éloigné de la nature, Marivaux a su conserver un mérite dont on doit lui savoir d’autant plus de gré qu’on le croirait incompatible avec un pareil langage.

Eloges, Marivaux

Ce sont les hommes inspirés qui éclairent le peuple, et les enthousiastes qui l’égarent.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

C’est ce même enthousiasme prêt à se communiquer à l’auditeur qui met tant de différence entre l’éloquence parlée, si on peut se servir de cette expression, et l’éloquence écrite.

A l’égard des personnes qu’un zèle sincère, quoique mal entendu, pourra indisposer contre moi, j’en respecterai la cause sans en craindre et sans en approuver l’effet.

Abus de la critique

Malgré cette apologie, l’historien grec restera du moins entaché d’hérésie aux yeux de la postérité catholique.

Eloges, L. Cousin

C’est ainsi qu’un célèbre écrivain qui n’est ni spinosiste ni déiste, s’est vu accuser dans une gazette sans aveu d’être l’un et l’autre, quoi qu’il soit aussi impossible d’être tous les deux à la fois que d’être tout ensemble idolâtre et juif.

Je crois bien que ce Lalli était un homme odieux, un méchant homme, si vous voulez, qui méritait d’être tué par tout le monde, excepté par le bourreau.

Lettre à Voltaire, 23 juin 1766

L’exagération qui, en voulant agrandir les petites choses, les fait paraître plus petites encore.

Eloges, Fléchier

Sans fortune, sans espérance, et presque sans ressource, il se réduisit à un genre de vie fort étroit.

Eloges, du Marsais

Je ne le vois pas bien affermi sur ses étriers.

Lettre à Voltaire, 17 octobre 1760

Ne craignez rien, cette canaille ne fera pas fortune; le dogme qu’ils prêchent et la morale qu’ils enseignent sont trop absurdes pour étrenner.

Lettre à Voltaire, 2 mars 1764

Ne fût-ce… que, quand ce ne serait que… Despréaux est pour eux une grande autorité, ne fût-ce que parce qu’il est mort.

Latin des modernes

Aussi disait-on de Fontenelle qu’il avait été le patriarche d’une secte dont il n’était pas.

Eloges, Despréaux

S’il était possible qu’elle (l’Encyclopédie) s’imprimât dans le pays étranger, en continuant, comme de raison, à se faire à Paris…

Lettre à Voltaire, 28 janvier 1757

La faiblesse de ma tête toujours vide et étonnée m’empêcherait, quand je l’oserais, de suivre plus loin ces réflexions.

Lettre au roi de Prusse, 9 mars 1770

Il (Voltaire) vient de nous donner une tragédie qui est encore un ouvrage étonnant pour son âge.

Lettre au roi de Prusse, 23 mars 1778

Notre courtisan philosophe, si ces deux mots peuvent aller ensemble, aimait à raconter cette histoire.

Eloges, Rose

Malgré la réclamation des magistrats, la bulle (Unigenitus) fut enregistrée; tout plia, de gré ou de force, sous le poids de l’autorité royale.

Destruction des jésuites

Les règles des probabilités sont en défaut lorsqu’elles proposent, pour trouver l’enjeu, de multiplier la somme espérée par la probabilité du cas qui doit faire gagner cette somme.

La passion de l’étude, ainsi que toutes les autres, a ses instants d’humeur et de dégoût comme ses moments de plaisir et d’enivrement.

Apologie de l'étude

Le mot de l’énigme est, ce me semble, que la distribution des fortunes dans la société est d’une inégalité monstrueuse.

Lettre au roi de Prusse, 30 avril 1770

Je baise bien tendrement vos pattes, et si, je les exhorte à ne se laisser ni brûler, ni engourdir.

Lettre à Voltaire, 15 octobre 1776

On peut comparer les malheureuses productions de cette espèce à ces jours affligeants de l’hiver, où un brouillard épais, joint à une gelée pénétrante, semble à la fois engourdir et contrister tous les êtres vivants.

Eloges, Crébillon

Vous avez encore un autre défaut, c’est de vous prévenir, et, comme on dit, de vous engouer à l’excès en faveur de certains ouvrages.

Portrait de Melle de Lespinasse

L’ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés, à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu’ils racontent.

Réflexions sur l'histoire

Quand on voit combien les querelles si souvent excitées dans le sein du christianisme ont enfoui de talents utiles.

Destruction des jésuites

M. Adam ignorait et cachait son mérite avec le même soin que tant d’autres se donnent pour étaler et pour enfler le leur.

Eloges, Jacques Adam

Je vous prie de regarder mes réflexions comme des enfants perdus que j’ai jetés en avant sans m’embarrasser de ce qu’ils deviendraient.

Lettre à Voltaire, 22 février 1764

Cette subtilité exaltée et fugitive, souvent plus propre à énerver le goût qu’à le raffiner.

Eloges, d'Olivet

On peut dire d’un orateur qu’il joint la force de raisonnement à l’énergie des expressions.

Synonymes

La dispute ne roulait guère que sur ces endroits des anciens, dont nous ne sommes en état d’apprécier exactement ni les beautés ni les défauts.

Eloges, Charles Perrault

Me voilà endossé de l’oraison funèbre de Gresset; je me tirerai de tout cela comme je pourrai.

Lettre à Voltaire, 27 décembre 1777

Si le prédicateur religieux pouvait offrir dans ce prince si catholique et si dévot (Jacques II) le plus édifiant émulateur des héros monastiques.

Eloges, Roquette

Croyez-vous que la hauteur, un héros, tout le camp ennemi, et mille autres heurtements semblables ne soient pas plus écorchants qu’une simple rencontre de voyelles que nos règles interdisent?

Lettre à Voltaire, 26 mars 1770

Je viens de remettre à l’ami Thiriot une copie de ma petite drôlerie, que vous me paraissez avoir envie de lire.

Lettre à Voltaire, 22 septembre 1760

La compagnie de Jésus est dans de mauvais draps.

Lettre à Voltaire, 31 mars 1762

Tous eurent le courage de lui être fidèles; et lui, de ne pas douter qu’ils ne le fussent.

Eloges, Milord Maréchal

M. de Mairan, mon double confrère à l’Académie française et à celle des sciences, vient de mourir à quatre-vingt-treize ans.

Lettre au roi de Prusse, 21 avril 1771

Je me traîne encore, ce me semble, à une assez petite distance du rivage dont il me repousse.

Lettre au roi de Prusse, 28 octobre 1765

Encore une lettre, direz-vous, mon cher maître! oui vraiment, et c’est pour vous divertir d’une idée qui m’a passé par la tête.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1776

Je ne comprends pas, je vous l’avoue, pourquoi on veut empêcher de répandre dans le royaume et en Europe quatre mille exemplaires de l’Encyclopédie, lorsqu’il y en a déjà quatre mille de distribués.

Lettre à Voltaire, 9 mars 1770

Le temps fera distinguer ce que nous avons pensé d’avec ce que nous avons dit.

Lettre à Voltaire, 21 juillet 1757

L’accueil si contradictoire et si disparate fait au comte de Neuilly et au duc de Surrey.

Que plus d’une fois des raisons dirimantes ont ou gêné les vues de la compagnie ou repoussé son suffrage.

Vous avez bien raison, mon cher maître; on veut toujours dire mieux qu’on ne doit dire; c’est le défaut de presque tous nos écrivains.

Lettre à Voltaire, 26 janvier 1767

J’ai un estomac qui me joue d’aussi mauvais tours que si je l’obligeais à digérer tout ce qui se fait et tout ce qui se dit en France.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1764

Digérer un peu et rire beaucoup, voilà à quoi je borne mes prétentions.

Lettre à Voltaire, 29 août 1764

Cette engeance, qui ne connaît, comme vous le dites si bien, que deux dieux, l’intérêt et l’orgueil.

Lettre au roi de Prusse, 10 juillet 1775

Si j’avais des coups de bâton à lui donner, ce serait comme Alcidas à Sganarelle, dans le Mariage forcé, avec de grandes protestations de respect et de désespoir d’y être obligé.

Lettre à Voltaire, 31 juillet 1762

Je vous exhorte là-dessus au désaveu le plus authentique.

Lettre à Voltaire, 13 décembre 1756

Les jansénistes sont un peu déroutés de leur voir tant de conscience, dont ils ne les soupçonnaient pas.

Lettre à Voltaire, 2 mars 1764

Nous serons les derniers à faire ce que nous avons écrit et ce que les autres nations exécutent.

Lettre au roi de Prusse, 11 octobre 1781

On m’accusera peut-être de vouloir déprimer Racine; ma réponse sera courte.

Il sera encore plus difficile de crier efficacement économie à nos déprédateurs que de crier modération à Voltaire et de le persuader.

Lettre au roi de Prusse, 10 novembre 1771

Or est-il que Ravaillac, Grégoire VII et consorts, assassins et déposeurs de rois, n’étaient brin philosophes.

Lettre à Voltaire, 18 juin 1773

Comme ce dépérissement (du corps) est une suite de mon âge de soixante-quatre ans, de longs travaux dont ma pauvre tête est fatiguée…

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Il y aurait plus de crimes dans un monde où il n’y aurait ni peines ni récompenses, comme il y aurait plus de dérangements dans une montre dont les roues n’auraient point toutes leurs dents.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Palissot avait fait une comédie intitulée le Satirique, dans laquelle il se déchirait lui-même à belles dents, pour pouvoir déchirer à son aise les philosophes.

Lettre à Voltaire, 2 juillet 1770

Il me parut, comme à vous, un assez bon diable, et d’ailleurs je lui trouvai quelques connaissances mathématiques.

Lettre à Voltaire, 22 décembre 1759

L’archevêque vient de faire contre lui (J. J. Rousseau) un grand diable de mandement qui donnera envie de lire sa profession de foi à ceux qui ne la connaissent pas.

Lettre à Voltaire, 8 septembre 1762

Les affaires de Bohême ont bien changé de face depuis un mois; voilà, je crois, ma pension à tous les diables; mais j’en suis d’avance consolé.

Lettre à Voltaire, 21 juillet 1757

Soyez sûr, quelque chose qu’ils fassent, qu’homme, Dieu, ange, ni diable ne m’en feront pas dire davantage.

Lettre à Voltaire, 20 janvier 1758

Il (Voltaire) a profité de la circonstance d’un contrôleur général vertueux et zélé pour le bien, pour demander que le pays de Gex où il habite ne soit plus dévoré par les financiers.

Lettre au roi de Prusse, 23 février 1776

Je ne connais au monde qu’un seul homme qui, arrivant en ce moment à Paris, eût partagé avec M. de Voltaire l’enthousiasme et l’admiration publique, et cet homme, sire, je vous le laisse à deviner.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

J’ai des étourdissements et un affaiblissement de tête qui m’annoncent le détraquement de la machine.

Lettre à Voltaire, 25 janvier 1770

Quelle perte, sire, comme l’observe très bien votre majesté, quand nous aurons le malheur de la faire! j’en détourne ma pensée.

Lettre au roi de Prusse, 23 février 1776

L’essentiel, pour être le moins mal possible, est de se soumettre à sa destinée.

Lettre au roi de Prusse, 15 décembre 1780

Il est sûr que ce pauvre prêtre qui dessèche les marais Pontins…

Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1782

Je vois que Votre Majesté a toujours une dent secrète contre la géométrie.

Lettre au roi de Prusse, 6 mars 1771

A l’égard du contrôleur général, que Dieu absolve, il me fait aussi perdre à moi environ cinq à six cents livres, et c’est le denier de la veuve.

Lettre à Voltaire, 26 octobre 1770

Je n’ai jamais vu en lui (Mallebranche) qu’un assez bon démolisseur, mais un mauvais architecte.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1764

Songez qu’un vivant qui critique un mort en possession de l’estime publique, doit avoir raison et demie pour parler, et se taire quand il n’a que raison.

Lettre à Voltaire, 10 octobre 1761

Il y a dans les sciences plusieurs places honorables, comme il y a, si l’on en croit l’Evangile, plusieurs demeures dans la maison du Père céleste.

Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1765

Il se propose des observations d’histoire naturelle qui pourraient bien donner le démenti à Moïse.

Lettre au roi de Prusse, 30 juin 1764

S’il était possible qu’elle (l’Encyclopédie) s’imprimât dans le pays étranger en continuant, comme de raison, à se faire à Paris, je reprendrais demain mon travail; mais le gouvernement n’y consentira jamais.

Lettre à Voltaire, 28 janvier 1757

Je m’attends à un grand déluge d’esprit.

Lettre à Voltaire, 9 avril 1761

Le voilà délivré des maux de la vie et, comme disait Fontenelle, de la difficulté d’être…

Lettre au roi de Prusse, 21 avril 1771

Je touche délicatement à des matières délicates.

Lettre à Voltaire, 3 mars 1766

Afin que la cour de Turin, qui n’a pas voulu le retenir, et qui est pourtant fâchée de l’avoir perdu, ne s’imagine pas que M. de la Grange, en arrivant à Berlin, ait commencé par essuyer un dégoût apparent.

Lettre au roi de Prusse, 12 septembre 1766

Que deviendrait-elle si à la guerre de mer où elle est engagée, une guerre de terre se joignait encore?

Lettre au roi de Prusse, 15 décembre 1780

Cette année 1762 me paraît grosse de grands événements politiques et civils.

Lettre à Voltaire, 31 mars 1762

Les fanatiques grinceront les dents et ne pourront pas mordre.

Lettre à Voltaire, 13 mai 1759

A quoi servirait-il d’avoir tant d’honnêtes gens dans le ministère si les gredins triomphent encore?

Lettre à Voltaire, 28 août 1775

Cet homme si gratuitement célébré par le philosophe de Ferney, était à la tête de la cabale.

Lettre au roi de Prusse, 22 août 1772

Le contrôleur général, à qui j’ai offert mes services à condition qu’ils seraient gratuits, me disait il y a quelques jours qu’il voudrait bien faire quelque chose pour moi.

Lettre au roi de Prusse, 10 juillet 1775

Que de vérité et de sagesse dans tout ce que Votre Majesté dit sur cette philosophie des stoïciens, plus grande que nature et si peu propre, avec ses grands mots et ses principes exagérés, à soulager ceux qui souffrent!

Lettre au roi de Prusse, 9 août 1782

Ce prince de Brunswick a été ici fort goûté et fort fêté de tout le monde, et il le mérite.

Lettre à Voltaire, 23 juin 1766

Sans préjudice des gourmades à poing fermé que vous leur appliquez si bien d’ailleurs.

Lettre à Voltaire, 14 juillet 1767

La petite diatribe que je vous envoie a été fort applaudie à la représentation; mais gare la lecture.

Lettre à Voltaire, 24 janvier 1778

Je ne doute pas qu’il n’en soit de même de la fille de garde-robe qui a pris le nom de sa maîtresse, la femme de Czarowitz.

Lettre au roi de Prusse, 2 mars 1772

Je suis plutôt spectateur que patient dans cette galère où je me tiens les bras croisés.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1780

Leur ineptie, comme le dit très bien Votre Majesté, fera gagner aux Allemands et aux Hollandais l’argent que la France perdra de gaieté de coeur.

Lettre au roi de Prusse, 16 février 1782

A tout prendre, je crois que l’ouvrage gagne à la lecture.

Lettre à Voltaire, avril 1757

Je suis persuadé, sire, que ce voyage serait très avantageux pour M. Bitaubé, que son poème y gagnerait beaucoup.

Lettre au roi de Prusse, 25 avril 1774

Sans courir absolument la poste vers l’autre monde, j’en gagne tout doucement le chemin.

Lettre au roi de Prusse, 21 avril 1771

Vous avez su que les Calas ont pleinement gagné leur procès; c’est à vous qu’ils en ont l’obligation.

Lettre à Voltaire, 26 mars 1765

Ses guerres (de Louis XIV) souvent très injustes, son faste, son orgueil, son intolérance, sa révocation de l’édit de Nantes, son dévouement aux jésuites, tout cela, sire, met contre lui un furieux poids dans la balance.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Je ne puis trop conjurer Votre Majesté de faire rendre aux mânes de Voltaire, dans l’église catholique de Berlin, les honneurs funèbres que les Velches s’obstinent à lui refuser.

Lettre au roi de Prusse, 14 avril 1781

Les talents éminents et peu considérés dans leur patrie ressemblent assez à ce pauvre indigent qui, n’ayant rien à manger avec son pain, le mangeait à la fumée d’une boutique de rôtisseur.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Cette froideur est le grand défaut, selon moi, de presque toutes nos pièces de théâtre.

Lettre à Voltaire, 10 octobre 1761

Un mépris profond de toutes les frivolités qui occupent et dégradent si fort la plus grande partie de la noblesse française.

Lettre au roi de Prusse, 27 septembre 1773

Les fripons qui faisaient sous ce ministre le commerce du blé au préjudice du peuple ne peuvent souffrir un ministre qui ne les laisse pas friponner.

Lettre au roi de Prusse, 27 mai 1775

Vous avez beau faire, mon cher philosophe; vous n’en ferez jamais (du duc de Richelieu) qu’un vieux freluquet, bien peu digne d’être célébré par une plume telle que la vôtre.

Lettre à Voltaire, 18 mai 1765

M. Séguier a dit en plein foyer qu’ils avaient lu la pièce, et qu’ils n’y avaient rien trouvé de répréhensible.

Lettre à Voltaire, 6 mai 1760

Au reste, le fourrage qu’ils ont fait est peu de chose, et le discours n’y perdra rien ou presque rien; il n’y a pas en tout la valeur de six lignes effacées.

Lettre à Voltaire, 21 juillet 1767

Raton n’a rien à craindre pour ses pattes, et il n’y a pas de quoi fouetter un chat dans la petite espièglerie qu’il vient de faire.

Lettre à Voltaire, 4 février 1773

Devant cet arrêt foudroyant l’abbé Raynal s’est mis à couvert et hors de France.

Lettre au roi de Prusse, 3 mars 1782

Je puis assurer à Votre Majesté que ces mots précieux à la raison ont fait autant de fortune que son bel éloge de l’impératrice reine.

Lettre au roi de Prusse, 30 mars 1781

Il (Corneille) a un nom très respecté, il est mort; voilà déjà une raison bien forte (je ne dis pas bien bonne) en sa faveur.

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

Je suis toujours étonné que vous ne sentiez pas votre force et que vous ne traitiez pas tous les polissons qui vous attaquent comme vous avez fait Aliboron.

Lettre à Voltaire, 4 août 1767

Je fus hier pour la troisième fois à Tancrède; tout le monde y fond en larmes, à commencer par moi, et la critique commence à se taire.

Lettre à Voltaire, 22 septembre 1760

Larcher, qui vous a contredit sur je ne sais quelle sottise d’Hérodote, mais qui, au fond, est un galant homme, tolérant, modéré, modeste, et vrai philosophe dans ses sentiments et dans sa conduite.

Lettre à Voltaire, 26 décembre 1772

L’opéra, qui vient d’être brûlé de fond en comble.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Quant à nos sottises intestines, elles commencent à foisonner un peu moins dans ce moment-ci.

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

Ne critiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison.

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

Ma santé est toujours flottante.

Lettre au roi de Prusse, 3 juillet 1767

Quand ma pauvre âme sera plus calme et moins flétrie, je vous parlerai des autres chagrins que je partage avec vous.

Lettre à Voltaire, 24 juin 1776

On sait, on croit du moins que cette princesse aimait la paix, au moins sur la fin de ses jours.

Lettre au roi de Prusse, 15 décembre 1780

Les ennemis de la raison font dans ce moment assez sotte figure.

Lettre à Voltaire, 31 mars 1762

En voulant donner une traduction plus fidèle, il craint de gâter un ouvrage qui a eu du succès.

Lettre au roi de Prusse, 10 décembre 1773

La nature m’a fait naître faible, tandis qu’elle a donné à Votre Majesté des fibres proportionnées à la vigueur et à l’étendue de son génie.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1780

Il laisse à une nation belliqueuse comme la française le soin de ferrailler envers et contre tous.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1674

Avez-vous lu un ouvrage intitulé Dialogue sur le commerce des blés? il excite ici une grande fermentation.

Lettre à Voltaire, 25 janvier 1770

Il me semble qu’il ne faut pas, comme Fontenelle, tenir la main fermée quand on est sûr d’y avoir la vérité.

Lettre au roi de Prusse, 9 mars 1770

Le roi Alphonse disait, à propos du fatras des cercles qu’avait imaginés l’astronomie ancienne, que, s’il avait été au conseil de Dieu quand il fit le monde, il lui aurait donné de bons conseils.

Lettre au roi de Prusse, 17 août 1771

Je ne sais, mon cher maître, par quelle fatalité je n’ai reçu que depuis deux jours votre lettre du 19 octobre.

Lettre à Voltaire, 18 novembre 1771

Je crains qu’il ne faille dire bientôt de ce titre-là ce que Jacques Rostbif dit du nom de monsieur: il y a trop de faquins qui le portent.

Lettre à Voltaire, 9 avril 1761

J’ai bien peur qu’il (le Commentaire sur Corneille) n’excite de grandes clameurs de la part des fanatiques; car la littérature a aussi les siens.

Lettre à Voltaire, 2 mars 1764

Ils faisaient à cette cour un exposé faux, et par conséquent dangereux des forces que le parti de ce prince avait en Ecosse et en Angleterre.

Eloges, Milord Maréchal

Je vis, il y a quelques jours, la lettre exposée en vente aux Tuileries.

Lettre à Voltaire, 15 octobre 1776

Elle étouffa pourtant enfin, non la violence, mais l’explosion de sa colère.

Eloges, Destouches

La manie de tout expliquer que l’amour des systèmes avait introduite.

Réflexions sur le goût

Votre Majesté avait bien voulu abréger de moitié le temps de sa prison; ce terme est expiré, et il y es encore, à ce qu’il croit, contre vos ordres.

Lettre au roi de Prusse, 10 avril 1767

Le plus simple raisonnement prouve qu’il y a un être éternel, quoique nous ne puissions concevoir ni un être qui a toujours été ni un être qui commence à exister.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

On m’a assuré, ce qui pourrait bien être, que l’archevêque de Paris avait fait consulter un savant canoniste, pour lui demander si Voltaire n’était pas dans le cas de l’exhumation, et que le canoniste avait répondu qu’on s’en gardât bien.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

Nous ignorons si M. de la Chaussée exerça, en effet, cette vengeance de l’injure qu’il avait reçue.

Il me semble qu’on peut former quelques doutes sur le rapport établi par Newton entre les forces que le soleil et la lune exercent sur la terre.

Je ne veux plus parler de cette exécration qui me rend odieux le pays où elle s’est commise.

Lettre à Voltaire, 11 août 1766

Les remarques de l’abbé d’Olivet déplurent surtout à un satirique (l’abbé Desfontaines) plus fameux que célèbre, et plus caustique que juste.

Synonymes

On dit qu’ils (les jésuites) prouvent dans un de ces mémoires que le parlement a falsifié et tronqué les passages de leurs constitutions.

Lettre à Voltaire, 31 octobre 1761

Si c’était pour négocier la paix, il viendrait ici faire une bonne oeuvre; car nous en avons grand besoin, à la façon dont nous faisons la guerre.

Lettre au roi de Prusse, 30 juillet 1781

J’espère qu’il pourra encore, comme il le dit, donner quelque façon à la vigne du Seigneur.

Lettre au roi de Prusse, 9 avril 1773

Vous avez bien fait de n’y pas peindre le genre humain tout à fait de face; ce triste visage n’est pas bon à être vu de face dans toute la difformité de ses traits.

Lettre à Voltaire, 12 février 1763

Il ne peut y avoir que deux sortes d’esprits qui se suffisent à eux-mêmes, l’extrême génie qui n’existe point, et l’extrême cottise qui n’existe que trop.

Essai sur la société des gens de lettres

Combien de lectures inutiles dont nous serions dispensés par de bons extraits!

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Je dirai cependant de votre extérieur ce qui me paraît frapper tout le monde, que vous avez beaucoup de noblesse et de grâces dans tout votre maintien.

Portrait de Melle de Lespinasse

L’émigration d’une horde de fanatiques expulsés par d’autres.

Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1765

Il n’avait point fait une étude particulière des beaux-arts, mais l’expression dont brillent les chefs-d’oeuvre en ce genre saisit infailliblement tout homme de génie.

Eloges, Montesquieu

Je serais porté à croire que j’ai tort, si nous différions dans l’essentiel.

Lettre au roi de Prusse, 10 avril 1767

Faisons mieux, ne proscrivons rien, laissons la scène ouverte à tous les sujets et à tous les talents; essayons tout et conservons ce qui le mérite.

Eloges, la Chaussée

Dans ce siècle où l’on a mis le nom d’Esprit à la tête de tant d’ouvrages qui souvent démentent leur titre, la plupart de nos compilations périodiques pourraient être intitulées, l’Esprit des ignorants et des sots.

Eloges, L. Cousin

L’esprit de système est dans la physique ce que la métaphysique est dans la géométrie.

Exercé dans la connaissance des hommes et dans l’art de manier les esprits, le cardinal d’Estrées en fit un usage heureux dans plusieurs conclaves.

Eloges, cardinal d'Estrées

L’esprit des corps porte malheur aux meilleurs esprits.

Lettre à Voltaire, 14 juillet 1767

Le faux bel esprit tient de plus près qu’on ne croit à la barbarie.

Eloges, Terrasson

Notez que le dit Caveirac est l’auteur de l’apologie de la Saint-Barthélemy, pour laquelle on ne lui a pas dit plus haut que son nom.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1763

Il me semble que la science des esprits appartient bien plus à la théologie révélée qu’à la théologie naturelle.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Celui (le mot) d’escorbarderie pour signifier un adroit mensonge.

Destruction des jésuites

Vous savez sans doute la grande nouvelle de l’excommunication de l’infant duc de Parme par notre saint-père le pape, pour avoir attaqué l’immunité des biens ecclésiastiques.

Lettre à Voltaire, 18 février 1768

Malgré la pluralité des suffrages, j’aurais eu l’exclusion de la part de la cour, si les marques de bonté et d’estime que j’ai reçues des étrangers et surtout de Votre Majesté n’avaient été ma sauvegarde.

Lettre au roi de Prusse, 22 août 1772

L’art plus grand encore d’exciter à la fois le rire et les larmes sans qu’on se repente d’avoir ri, ni qu’on s’étonne d’avoir pleuré.

Eloges, Destouches

Ils sont moins l’ornement que l’exception de l’indéfinissable espèce humaine, qui, dans le reste de ses individus, semble n’avoir été qu’ébauchée par la nature.

Eloges, Despréaux

La querelle des sacrements refusés aux jansénistes a été la première étincelle de l’embrasement.

Destruction des jésuites

Les Lettres Provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût et de style.

Destruction des jésuites

Les empires, ainsi que les hommes, doivent croître, dépérir et s’éteindre.

Eloges, Montesquieu

Comme il (Massillon) parlait la langue de tous les états en parlant au coeur de l’homme, tous les états couraient à ses sermons.

Eloges, Massillon

Quelle différence de ce plaisir estropié, si je puis parler de la sorte, à celui que le même air ferait éprouver, s’il était chanté dans le goût et l’esprit qui lui conviennent.

La véritable estime est celle qui est distribuée par des hommes dignes d’être estimés eux-mêmes.

Essai sur la société des gens de lettres

M. Pigal prendra, dans les deux escarboucles dont la nature vous a fait des yeux, les feux dont il animera ceux de votre statue.

Lettre à Voltaire, 30 mai 1770

De là cette foule d’érudits profonds dans les langues savantes jusqu’à dédaigner la leur, qui, comme l’a dit un auteur célèbre, connaissaient tout dans les anciens hors la grâce et la finesse.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

L’abbé Alary, quoique formé par ce savant, digne du seizième siècle, n’eut garde de l’imiter, ni dans sa critique un peu brutale, ni dans ses préventions érudites, ni dans ses opinions hasardées ou dangereuses.

Eloges, Alary

Il erra cinq à six mois, toujours poursuivi et toujours tranquille, dans les montagnes et les petites îles au nord de l’Ecosse.

Eloges, Milord Maréchal

Tout mérite d’être lu dans le traité des tropes, jusqu’à l’errata; il contient des réflexions sur notre orthographe, sur ses bizarreries, ses inconséquences et ses variations.

Eloges, du Marsais

Une société considérable de philosophes et de gens de lettres, du nombre desquels je suis, ont résolu, sire, d’ériger à M. de voltaire une statue.

Lettre au roi de Prusse, 6 juillet 1770

Que pense Votre Majesté de la belle équipée que nous venons de faire devant Gibraltar (siége infructueux)?

Lettre au roi de Prusse, 11 octobre 1782

Tout le monde convient qu’il y a équilibre entre deux corps quand les produits de leurs masses par leurs vitesses virtuelles, c’est-à-dire par les vitesses avec lesquelles ils tendent à se mouvoir, sont égaux de part et d’autre.

La faveur que l’ode semble avoir perdue, l’épître paraît l’avoir gagnée.

Réflexions sur la poésie

Rien n’est plus propre à nourrir, si l’on peut parler ainsi, la réputation d’un homme de lettres et quelquefois même à la fonder, au moins pour un temps, qu’un grand commerce épistolaire.

Eloges, Bouhier

Un autre reproche qu’on peut faire à Marivaux dans ses romans, c’est de s’y être permis de trop longs épisodes; celui de la religieuse, dans Marianne, occupe lui seul plus d’un volume.

Eloges, Marivaux

Abuser de l’esprit philosophique, c’est en manquer.

Réflexions sur le goût

Athalie fut peu goûtée lorsqu’elle parut imprimée pour la première fois; Racine crut de bonne foi qu’il avait manqué son sujet, et il l’avouait sincèrement à Despréaux, qui lui soutenait au contraire qu’il n’avait rien fait de mieux qu’Athalie.

Eloges, Despréaux

Le célèbre Prior avait, par les plus sages moyens, préparé cette paix d’Utrecht, si désirée des peuples et si retardée par les manoeuvres ou l’ineptie des politiques.

Eloges, Destouches

Il a voulu dire seulement que les Prussiens n’auraient pas eu tant de succès s’ils n’eussent été que braves, et s’ils n’eussent eu à leur tête un général aussi consommé dans les manoeuvres militaires, devenues aujourd’hui plus nécessaires que jamais.

Lettre au roi de Prusse, 14 août 1772

La manoeuvre est principalement fondée sur les lois de la résistance des fluides, et ces lois n’étaient encore que peu connues.

Eloges, Bernoulli

On assure qu’en 1718, lorsque la France déclara la guerre à l’Espagne, le manifeste fut fait par Fontenelle, sur les mémoires du ministre, et revu par Lamotte.

Sa manière de voir (de Marivaux) lui faisait choisir dans chaque sujet le côté piquant, et sa facilité d’écrire lui fournissait le moyen de le peindre.

Eloges, Marivaux

Il (Lamotte) a fait jusqu’à des mandements d’évêques, à qui, comme de raison, il a bien gardé le secret, et qui ont encore eu plus de soin de le lui garder.

Eloges, La Motte

On assure que le pape cordelier se fait beaucoup tirer la manche pour abolir les jésuites.

Lettre au roi de Prusse, 7 août 1769

Si, dans l’état de faiblesse où je suis, je trouvais quelque moment lucide, j’en profiterais à l’instant pour satisfaire mon coeur.

Lettre au roi de Prusse, 19 septembre 1779

Pour éviter toute équivoque, et ôter aux journalistes allemands tout prétexte de dire là-dessus, à leur ordinaire, quelques lourdes sottises.

Lettre au roi de Prusse, 9 février 1780

Quoique ces loups (les fanatiques) soient à craindre, la philosophie, avec un peu d’adresse, viendra à bout de leur arracher les dents.

Lettre à Voltaire, 14 août 1767

J’aime mieux être ignorant avec elle (Votre Majesté), que d’en savoir si long avec l’auteur du Système de la nature sur des choses où l’on ne sait rien.

Lettre au roi de Prusse, 3 janvier 1771

Deux choses charment l’oreille dans le discours, le son et le nombre: le son consiste dans la qualité des mots; et le nombre dans leur arrangement.

Mélanges littéraires

Je ne reçois plus de vos nouvelles que de loin en loin, et je trouve cela très mauvais.

Lettre à Voltaire, 18 septembre 1862

La littérature est dans la plus déplorable situation où elle ait jamais été.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1773

Je ne suis, sire, qu’un pauvre géomètre littérateur, tant bon que mauvais, qui souffre à la fois et de ses reins et de son estomac.

Lettre au roi de Prusse, 15 septembre 1780

Je n’entretiendrai pas Votre Majesté de toutes les sottises qui se font, et qui se disent, et qui se lisent ou ne se lisent pas, dans le séjour que j’habite.

Lettre au roi de Prusse, 9 octobre 1778

Nous recevons aujourd’hui (à l’Académie française) l’évêque de Limoges qui ne sait pas lire, et Batteux qui ne sait pas écrire, mais en revanche nous avons un directeur qui sait lire et écrire, qui s’en pique du moins.

Lettre à Voltaire, 9 avril 1761

J’ai su par M. le baron de Grimm que Votre Majesté, ne pouvant écrire de la main droite, avait pris le parti d’écrire de la main gauche, afin que ses affaires n’en souffrissent pas.

Lettre au roi de Prusse, 7 décembre 1779

Je me suis mis entre les mains du plus habile médecin de ce pays-ci, et, dans ce moment, la nature ou lui me soulage.

Lettre au roi de Prusse, 11 octobre 1782

Quant à l’ouvrage, il est maigre, mais il est aisé de lui donner de l’embonpoint dans une seconde édition.

Lettre à Voltaire, 23 juin 1766

L’étendue immense des contrées abruties par le mahométisme le lui faisait regarder (à l’abbé de St-Pierre) comme un des plus grands fléaux de l’espèce humaine.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Vous voulez, lui dirais-je, former un enfant qui doit vivre parmi des magots, et vous voulez en faire un géant: cela n’est pas praticable; le géant choquera les magots, qui se réuniront tous contre lui, et le chasseront de chez eux à coups de pierres.

Les pensées sublimes sont rares, et ne peuvent être suppléées, ni par la magnificence des mots, cette magnificence si pauvre quand celle des choses n’y répond pas, ni par ce beau désordre qu’on n’a pu jusqu’ici bien définir.

Réflexions sur la poésie

Les magistrats, dans quelque circonstance et pour quelque grand intérêt de corps que ce puisse être, ne doivent jamais être que magistrats, sans parti et sans passions comme les lois, qui absolvent et punissent sans aimer ni haïr.

Eloges, Montesquieu

J’aimerais mieux être magister de Chaillot ou de Vaugirard, que président de la plus brillante académie étrangère.

Lettre à Voltaire, 13 août 1765

Madame de Montespan, disait-il (l’abbé Testu), parle comme une personne qui lit, madame de Thianges comme une personne d’esprit qui rêve, et madame l’abbesse de Fontevrault comme une personne qui parle.

Eloges, Testu

L’homme est libre, en ce sens, que, dans les actions non machinales, il se détermine de lui-même et sans contrainte.

Lettre au roi de Prusse, 2 août 1770

Il faut dire de lui comme le régent disait d’un homme qui prenait force lavements à la Bastille: il n’a que ce plaisir-là.

Lettre à Voltaire, 3 janvier 1765

Il y a à la fois relâchement et spasme (dans ma maladie); les docteurs y perdront leur latin, et moi l’espérance.

Lettre au roi de Prusse, 28 avril 1783

Quand ma vessie me fait souvenir qu’elle n’est pas une lanterne, comme dit le proverbe, je relis les lettres du roi philosophe.

Lettre au roi de Prusse, 3 mars 1782

Vous êtes bien bon de vous lamenter pour des hommes qui vous verraient brûler en riant.

Lettre à Voltaire, 12 mai 1767

Il faut prendre le parti de laisser aller les choses et les hommes.

Lettre au roi de Prusse, 8 novembre 1771

Que ne justifie-t-on pas quand on le veut?

Lettre à Voltaire, 31 juillet 1762

Avez-vous lu un très bon discours sur l’administration de la justice criminelle, prononcé au parlement de Grenoble par un jeune avocat général nommé Servan?

Lettre à Voltaire, 26 juin 1767

La joute d’Arlequin et de Scapin, qui se menacent avec grand bruit, se donnent quelques coups de bâton, et s’enfuient chacun de leur côté.

Lettre au roi de Prusse, 16 juin 1769

Croyez-vous à la lettre de M. d’Ossun lue en plein conseil, et qui marque que les jésuites avaient formé le complot d’assassiner, le jeudi saint, bon jour, bonne oeuvre, le roi d’Espagne et toute la famille royale?

Lettre à Voltaire, 4 mai 1767

Les lauriers que vous cueillîtes, il y a seize ans, à pareil jour, dans les plaines de Lignitz.

Lettre au roi de Prusse, 15 août 1776

Enfin, dans l’idée de surface, je fais encore abstraction d’une des deux dimensions qui la composent, et il me reste l’idée de ligne.

Mélanges de littérature, d'histoire et de philosophie

Je connais l’ouvrage sur les lettres de cachet; il serait meilleur si l’auteur, qui n’est pas Linguet, y avait moins prodigué les lieux communs et les déclamations.

Lettre au roi de Prusse, 28 avril 1782

Des ministres dont vous avez tout lieu de vous louer.

Lettre à Voltaire, 26 octobre 1762

Quand elle (Votre Majesté) sera un peu plus libre, j’aurai l’honneur de lui écrire plus au long, et de donner un libre cours aux témoignages d’admiration.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1778

Je ne sais si cette liberté (de la presse) doit être accordée; mais je pense que, si on l’accorde, elle doit être sans limites et indéfinie.

Lettre au roi de Prusse, 2 mars 1772

Il est bien juste que la philosophie et les lettres aient quelques consolations au milieu des persécutions qu’elles souffrent.

Lettre à Voltaire, 9 août 1777

Oh! la belle lettre, mon cher maître, que vous venez d’écrire à frère Damilaville sur l’affaire du malheureux Sirven!

Lettre à Voltaire, 26 mars 1765

Il me semble que l’empereur d’aujourd’hui traite un peu lestement les prêtres, les moines et les papes.

Lettre au roi de Prusse, 11 mai 1781

Je ne connais que légèrement Helvétius; mais je ne puis m’empêcher d’être indigné de la barbarie avec laquelle on le traite.

Lettre à Voltaire, 6 mai 1760

Un don léger fait à ce jeune homme par Votre Majesté pour l’encourager dans ses études, serait digne du grand roi qui honore et protége les lettres d’un bout de l’Europe à l’autre.

Lettre au roi de Prusse, 30 juillet 1781

Il y a aujourd’hui vingt années, jour pour jour, que Votre Majesté se couvrait de gloire dans les plaines de Torgau.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1780

Mme de la Ferté-Imbaut, qui joue la dévotion, mais qui ne joue pas la sottise.

Lettre à Voltaire, 15 octobre 1776

Votre Majesté, qui a eu la bonté de me marquer la satisfaction de ma nouvelle et très mince dignité de secrétaire de l’Académie française, ne peut pas s’imaginer toutes les intrigues qu’on a fait jouer pour m’en écarter.

Lettre au roi de Prusse, 22 août 1772

Pompignan se fera peut-être prier; mais laissez-moi faire, il payera, ou il verra beau jeu.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1773

Je ferai comme Simonide, qui, n’ayant rien à dire de je ne sais quel athlète, se jeta sur les louanges de Castor et de Pollux.

Lettre au roi de Prusse, 14 mai 1773

Les jansénistes, que la destruction des jésuites avait déjà rendus insolents, et qu’elle rendrait dangereux, si la raison ne se pressait de les remettre à leur place.

Lettre au roi de Prusse, 28 octobre 1765

Jamais peut-être il n’y a eu un plus triste exemple de la jactance et de la légèreté françaises.

Lettre au roi de Prusse, 11 octobre 1782

Quand, fatigué de travail ou de société, ce qui arrive bientôt, je me trouve avec moi-même et isolé comme je le suis.

Lettre au roi de Prusse, 27 février 1777

Vous pouvez rendre un grand service à la philosophie, en intercédant auprès de M. de Choiseul pour le pauvre abbé Morellet.

Lettre à Voltaire, 18 juillet 1760

L’intention doit au moins faire excuser l’action.

Lettre au roi de Prusse, 28 novembre 1777

Cette intelligence dans l’homme et dans les animaux est-elle distinguée de la matière, ou n’est-elle qu’une propriété dépendante de l’organisation?

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Nous sommes ici fort occupés des insurgents, et fort impatients de voir quel sera le succès de la campagne décisive qui va s’ouvrir.

Lettre au roi de Prusse, 28 avril 1777

Des insomnies presque continuelles m’annoncent une disposition inflammatoire qui terminera vraisemblablement par me faire prendre congé de ce meilleur des mondes possibles.

Lettre au roi de Prusse, 20 novembre 1772

Elles (vos lettres) me sont, sire, plus nécessaires que jamais; elles font toute ma consolation, et raniment l’insipidité de ma vie.

Lettre au roi de Prusse, 30 mars 1781

Vous sentez, mon cher maître, tout ce qu’il y a d’insidieux dans ce projet.

Lettre à Voltaire, 16 février 1774

L’Académie française vient d’arrêter d’une voix unanime que la lettre dont Votre Majesté m’a honoré serait insérée dans ses registres.

Lettre au roi de Prusse, 12 août 1770

Tous les inquisiteurs ne sont pas à Lisbonne.

Lettre à Voltaire, 31 mars 1762

L’inoculation du roi et de la famille royale, à laquelle on était bien loin de s’attendre il y a un mois, prouve que la raison est écoutée, et donne tout à la fois bon espoir et bon exemple.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1774

Que dites-vous de ce bel arrêt du parlement de Paris pour consulter la faculté de théologie sur l’inoculation, cette même faculté qu’il a déclaré ne pouvoir être juge en matière de sacrements?

Lettre à Voltaire, 7 août 1763

Vous pourriez, au lieu des grossièretés inlisibles publiquement que vous citez de Shakspeare, y substituer quelques autres passages ridicules et lisibles.

Lettre à Voltaire

Le curé de Saint-Etienne du Mont a dit publiquement qu’il l’aurait enterré (Voltaire) dans son église entre Racine et Pascal, qui en effet y sont inhumés.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

J’ai été aux informations, et j’ai su que le nombre de ses partisans est en effet considérable.

Lettre à Voltaire, 12 décembre 1770

La matière est incréable, par conséquent incréée, par conséquent éternelle.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Le césar Joseph, comme Votre Majesté l’appelle, est actuellement, dit-on, incognito à Versailles.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Je m’empresse d’avoir l’honneur de répondre à sa dernière et charmante lettre, malgré l’impression qui me reste encore de deux ou trois accès de fièvre qui m’ont laissé de la faiblesse.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Je fais scrupule de l’importuner trop souvent par mes lettres.

Lettre au roi de Prusse, 18 décembre 1769

Les imans et les muphtis de toutes les sectes me paraissent plus faits qu’on ne croit pour s’entendre; leur but commun est de subjuguer, par la superstition, la pauvre espèce humaine.

Lettre au roi de Prusse, 14 juin 1771

Vous ai-je dit ce que le roi de Prusse me mande dans une lettre du 8 de décembre? «J’ai reçu un ambassadeur du général des ignatiens qui me presse pour me déclarer ouvertement le protecteur de cet ordre.»

Lettre à Voltaire, 9 janvier 1773

Cet orateur s’appelle Boismont, et non pas Beaumont, et n’a de prêtre que ce qu’il en faut pour être apte et idoine à posséder des bénéfices.

Lettre au roi de Prusse, 30 juillet 1781

Notre Salomon a de l’humeur, et je le crois mécontent ou malade.

Lettre à Voltaire, 27 décembre 1777

J’ai commencé par les croquignoles, je continuerai par les coups de houssine, ensuite viendront les coups de gaule, et je finirai par les coups de bâton.

Lettre à Voltaire, 27 avril 1765

Si vous le présentez à quelqu’un de nos sociniens honteux, gardez-vous bien de prononcer mon nom.

Lettre à Voltaire, 27 septembre 1759

La part qui me revient de cette gloire ou de cette honte est si petite, que je ne cours pas après, et que j’en fais les honneurs à qui voudra.

Lettre au roi de Prusse, 16 mai 1772

Votre Majesté croira-t-elle qu’on a fait la défense la plus rigoureuse à tous les journalistes de dire un seul mot à l’honneur de M. de Voltaire?

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

Ne devrait-on pas dire que c’est une puérilité, et souvent un défaut contraire à la simplicité et à la naïveté du style, que le soin minutieux d’éviter les hiatus dans la prose comme le pratique l’abbé de la Bletterie?

Lettre à Voltaire, 11 mars 1770

Notre poésie même me paraît ridicule sur ce point; on rejette: j’ai vu mon père immolé à mes yeux; et on admet: j’ai vu ma mère immolée à mes yeux, quoique l’hiatus du second vers soit beaucoup plus ridicule.

Lettre à Voltaire, 11 mars 1770

L’érudition est hérissée dans les uns, et agréable dans les autres.

Un ouvrage sur Homère qu’il (Villoison) prendrait la liberté de présenter à Votre Majesté, s’il ne craignait que le grec dont cet ouvrage est hérissé ne la fit reculer deux pas en arrière.

Lettre au roi de Prusse, 25 avril 1774

J’aime mieux lui parler de la hausse de nos fonds publics, qui est incroyable depuis que le nouveau contrôleur général est en place.

Lettre au roi de Prusse, 27 mai 1775

Nous avons été très contents de vos remarques sur les Horaces; beaucoup moins de celles de Cinna, qui nous ont paru faites à la hâte.

Lettre à Voltaire, 8 septembre 1761

L’abbé de St-Pierre est l’auteur d’une expression qui commence à prendre faveur; c’est le mot de gloriole, si bien adapté à cette vanité puérile qui ne vit, si on peut parler de la sorte, que de la fumée la plus légère et la plus prompte à s’exhaler.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Cette inquisition enchaîne et glace tous les esprits.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1780

Oui, en vérité, mon cher maître, notre théâtre est à la glace; il n’y a dans la plupart de nos tragédies, ni vérité, ni chaleur, ni action, ni dialogue.

Lettre à Voltaire, 31 octobre 1761

Ce que Votre Majesté me fait l’honneur de m’écrire sur la philosophie exaltée et exagérée des stoïciens, est sans comparaison plus à mon usage que cette philosophie gigantesque et imaginaire.

Lettre au roi de Prusse, 21 juin 1782

Dans ce moment si remarquable, où vous jouez, sire, aux yeux de toute l’Europe, le rôle vraiment digne de vous, de défenseur de l’Allemagne et de protecteur du corps germanique.

Lettre au roi de Prusse, 31 mars 1778

Votre Majesté traite un peu trop mal la géométrie transcendante; j’avoue qu’elle n’est souvent, comme Votre Majesté le dit très bien, qu’un luxe de savants oisifs…

Lettre au roi de Prusse, 29 janvier 1768

Tous les esprits justes, précis et clairs appartiennent à la géométrie.

Lettre au roi de Prusse, 6 mars 1771

Il faut gémir sur le sort de l’humanité, qui ne permet pas qu’un seul homme ait à la fois tous les talents et toutes les vertus.

Lettre au roi de Prusse, 17 août 1771

Vous verrez dans mon discours un petit mot de correction fraternelle pour ce gentilhomme qui était présent, et qui, à ce que je crois, l’aura sentie, car je ne gâte pas ces messieurs.

Lettre à Voltaire, 2 janvier 1769

Il y a partout des gâte-métier et cet écrivain en est un.

Lettre à Voltaire, 24 janvier 1778

Tous crient de concert haro sur le premier qui osera se moquer des sottises sur les quelles ils s’accordent.

Lettre à Voltaire, 22 février 1764

La naïveté peut montrer des défauts, mais jamais des vices, et c’est pour cela qu’on dit une grossièreté naïve, et qu’on ne dit point une méchanceté naïve.

Synonymes

Le théologien naissant ne traita pas avec assez de justice et de lumières une science qui n’est pas aussi inutile qu’il le pensait au théologien même.

Eloges, Bossuet

Le désir si vif et si inutile de connaître l’avenir donna naissance aux oracles des païens.

Eloges, Dumarsais

Votre Majesté n’a pas d’idée de la détestable inquisition qu’on exerce sur tous les ouvrages, et des mutilations intolérables qu’on fait essuyer à tous ceux qu’on croit capables de dire quelques vérités.

Lettre au roi de Prusse, 9 avril 1773

Les noirceurs secrètes, tous les petits moyens que l’ignorance et l’envie savent si bien mettre en usage contre ce qui leur nuit ou leur déplaît, sont employés pour perdre ce dangereux novateur (Rameau).

Les tragédies de l’abbé Abeille étaient données sous le nom du comédien la Thuillerie.

Eloges, Gaspard Abeille

Ce projet n’est pas mûr encore, et je vous en rendrai compte dans quelques mois, si, comme je l’espère, il vient à bien.

Lettre à Voltaire, 4 décembre 1770

Non-seulement elle (la santé) résiste au mouvement prodigieux que Votre Majesté se donne, mais elle en est même affermie et fortifiée.

Lettre au roi de Prusse, 28 juillet 1777

M. le comte de Kalkenstein, que nous n’avons plus depuis la fin de mai, s’est donné de son côté bien du mouvement pour voir la France.

Lettre au roi de Prusse, 28 juillet 1777

Quand on a le malheur d’être dans un pays de persécution et de servitude, au milieu d’une nation esclave et moutonnière, on est bien heureux qu’il y ait, dans un pays libre, des philosophes qui puissent élever la voix.

Lettre à Voltaire, 14 avril 1760

L’image de ce grand homme mourant (Voltaire) m’affecta si profondément, et m’est restée si vivement dans la tête qu’elle ne s’en effacera jamais.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

Il dit que son évêque d’Annecy, qui s’intitule prince de Genève, est cousin germain de son maçon, et que c’est un prélat qui n’a pas le mortier liant.

Lettre au roi de Prusse, 7 août 1769

Cette aventure commence à réconcilier les jansénistes avec l’inquisition, qu’ils haïssaient jusqu’ici mortellement.

Lettre à Voltaire, 31 octobre 1761

Enfin la joie bête et ridicule de tous les fanatiques au sujet de cette mort (de Voltaire).

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1778

Je vous répondrai, mon cher maître, par un proverbe bien trivial mais bien vrai, qu’à laver la tête d’un mort ou d’un Maure, on y perd sa peine.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1773

Savez-vous ce que dit Astruc? ce ne sont point les jansénistes qui tuent les jésuites, c’est l’Encyclopédie, mordieu.

Lettre à Voltaire, 4 mai 1762

Ces deux petits morceaux sont écrits il y a longtemps, et, tout médiocres qu’ils sont, je ne serais pas en ce moment en état de les faire.

Lettre au roi de Prusse, 28 avril 1777

Je serai bien charmé de pouvoir digérer un peu à mon aise ce que j’ai été obligé d’avaler gloutonnement, en mettant, comme on dit, les morceaux en double.

Lettre à Voltaire, 29 août 1764

Je lisais ces jours passés la Morale d’Epictète plus grande que nature.

Lettre au roi de Prusse, 3 mars 1782

La morale est peut-être la plus complète de toutes les sciences quant aux vérités qui en sont les principes et quant à l’enchaînement des vérités.

Mélanges

Je conviens avec votre Majesté que la morale est encore plus intéressante (que la géométrie), et qu’elle mérite surtout l’étude des philosophes.

Lettre au roi de Prusse, 29 janvier 1768

Un étranger qui écrirait en français croirait bien faire que d’emprunter beaucoup de phrases à Molière, et se ferait moquer de lui.

Mélanges, Sur la latinité des modernes

Mille familles peut-être sont à l’aumône par cette banqueroute, qu’on fait monter à près de 40 millions.

Lettre au roi de Prusse, 13 décembre 1782

Voilà nos messieurs du parlement qui recommencent leur train.

Lettre au roi de Prusse, 23 février 1773

Nosseigneurs du parlement l’ont mieux traité (l’auteur de la Philosophie de la nature), parce qu’ils ont eu peur du cri public.

Lettre au roi de Prusse, 28 juillet 1777

L’expérience m’a convaincu que ce monde est une espèce de bois infesté de brigands: l’histoire m’assure de plus qu’il n’a jamais été autre chose.

Mélanges, Réflexions sur l'histoire

Les personnes dont vous parlez le serviraient peut-être, mais très mollement, et les dévots crieraient et l’emporteraient.

Lettre à Voltaire, 18 juillet 1760

Il me semble que Votre Majesté pourrait modifier à quelques égards la supériorité qu’elle donne à Bayle et à Gassendi sur Descartes et sur Leibnitz.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1764

Tel adorateur des anciens qui se garderait bien d’écrire l’histoire comme eux ne craint point de nous répéter qu’ils sont nos modèles en tout genre.

Mélanges, Réflexions sur l'histoire

Non, en métaphysique, ne me paraît guère plus sage que oui; non liquet (la chose n’est pas claire) est la réponse raisonnable à presque tout.

Lettre à Voltaire, 4 août 1770

A la pureté de la diction, l’orateur joint une harmonie douce et facile, quoique pleine et nombreuse.

Eloges, Fléchier

Ma réponse a été bien simple; si M. Tronchin veut vous la communiquer, je me flatte que vous la trouverez raisonnable et mesurée.

Lettre à Voltaire, 11 janvier 1758

On montrait, il n’y a pas encore longtemps, dans un petit collége de Paris, la chambre très mesquine que le futur cardinal (Dubois) y habitait; cette chambre n’était pas aussi révérée que l’a été celle d’Erasme au collége de Montaigu.

Dieu merci, les ennemis de la raison sont aussi bêtes que fanatiques.

Lettre au roi de Prusse, 3 juillet 1778

Il ne faut pas que les jansénistes s’y méprennent: si on a détruit la société (des jésuites), ce n’est ni par amour pour eux ni par estime.

Destruction des jésuites

La postérité eût ignoré jusqu’aux noms de Bavius et Mévius, si Virgile n’avait eu la faiblesse d’en faire mention dans un de ses vers.

Essai sur la société des gens de lettres

Il y a plus de six ans, mon cher et illustre maître, que je ne lis point les sottises menstruelles du Garasse de Trévoux; mais j’entends dire qu’elles n’ont point dégénéré.

Lettre à Voltaire, 24 février 1759

Il est aisé de voir que la ligne menée du soleil à la lune fait presque toujours un angle avec la ligne menée du soleil à la terre.

Ménagez-vous, sire, et conservez-vous pour vos peuples.

Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776

Vous ne sauriez apporter dans cet ouvrage (le Commentaire sur Corneille) trop de soin, d’exactitude et même de minutie.

Lettre à Voltaire, 8 septembre 1761

L’oiseau-mouche, cette charmante miniature Velleius Paterculus, cet écrivain si plein d’esprit, et qui est, si on peut employer cette expression, la miniature de Tacite, comme Florus est celle de Salluste.

Apologie de Clermont Tonnerre

Le roi m’en a remercié; mais les ennemis de la philosophie et des lettres ont fait la mine: je vous laisse à penser si je m’en soucie.

Lettre à Voltaire, 17 décembre 1768

Cette multitude qui ne va pas au théâtre pour observer au microscope les fibres du coeur humain, mais pour en voir à découvert les mouvements et les efforts.

Eloges, Marivaux

Cette méthode de fixer les idées en développant leur formation doit être souvent préférée en philosophie à ce qu’on appelle définition proprement dite, même dans les cas où il s’agit de définir.

Mélanges, etc

De l’histoire, prise par les sens, des vents, des pluies, grêles, tonnerres, la réflexion a passé à la recherche de leurs origines, causes, effets, etc. et a produit la science qu’on appelle météorologie.

Cette lecture succédait à une autre qui avait été très brillante; semée de traits vifs et saillants, et à la suite desquels toute la métaphysique de Marivaux ne parut, si on peut s’exprimer de la sorte, qu’une vapeur imperceptible.

Eloges, Marivaux

Je ne sais quelle métaphysique du coeur s’est emparée de nos théâtres; s’il ne fallait pas l’en bannir entièrement, encore moins fallait-il l’y laisser régner.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La métaphysique a pour but d’examiner la génération de nos idées.

Eléments de philosophie

La pièce, comme nous l’avons dit, était très mesurée dans ses expressions, quoique galante.

Eloges, Saint-Aulaire

Le vrai courage est celui qui combat les ridicules et les vices, ménage les personnes et obéit aux lois.

Essai sur la société des gens de lettres

Il ménage à l’esprit des espèces de repos que tout écrivain qui veut être lu et goûté doit avoir soin de placer de distance en distance, surtout s’il écrit pour des Français.

Eloges, abbé Dubos

Les égards supposent, dans ceux pour qui on les a, des qualités réelles; les ménagements, de la puissance ou de la faiblesse; les attentions, des liens qui les attachent à nous; la circonspection, des motifs particuliers ou généraux de s’en défier.

Synonymes

Les amis de la Motte se plaignaient qu’il n’était pas assez ménagé dans cette pièce, et peut-être leurs plaintes n’étaient-elles pas sans fondement.

Eloges, Lachaussée

Nous avons bien des confrères qui menacent ruine, l’abbé Alary, le président Hénault, Paradis de Moncrif, qui sera bientôt Moncrif de Paradis.

Lettre à Voltaire, 25 janvier 1778

Vous ne me dites rien du mémoire de M. de la Chalotais: c’est, à mon avis, un terrible livre contre les jésuites, d’autant plus qu’il est fait avec modération.

Lettre à Voltaire, 21 mars 1762

Nous avons déjà dit que la mémoire de Crébillon était surprenante: elle le fut jusqu’à la fin de sa vie, il n’écrivait jamais ses pièces qu’au moment où il fallait les faire représenter.

Eloges, Crébillon

Avec de si rares talents pour l’éloquence, la nature avait doué Bossuet d’une mémoire prodigieuse.

Eloges, Bossuet

Que la postérité serait surprise de voir les Voltaire et les Montesquieu déchirés dans la même page où l’écrivain le plus médiocre est célébré!

Mélanges littéraires

J’aurais autant aimé ne pas voir mes chers compatriotes mêlés dans cette plaisanterie.

Lettre au roi de Prusse, 9 octobre 1772

Le cinquième volume de mes Mélanges ne paraît point encore ici.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1767

Vous êtes à la fois gaie et mélancolique, mais gaie par votre naturel, et mélancolique encore par réflexion.

Portrait de Melle de Lespinasse

La nature, qui, en nous condamnant à vivre, nous a laissé deux précieuses ressources, la mort pour finir les maux qui nous déchirent et la mélancolie pour nous faire supporter la vie dans les maux qui nous flétrissent.

Rameau nous a donné non la meilleure musique dont il fût capable, mais la meilleure que nous pussions supporter.

Ma tête, fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes.

Lettre au roi de Prusse, 15 août 1776

La médiocrité des désirs est la fortune du philosophe; et l’indépendance de tout, excepté des devoirs, est son ambition.

Il comparait la médiocrité orgueilleusement modeste et obscurément couronnée dans ces tribunaux subalternes, à ces dieux pénates des anciens, qui n’étaient révérés que dans les maisons où ils présidaient.

Eloges, Moncrif

C’est parce qu’on a senti par les réflexions et comme par l’expérience la distance énorme du médiocre à l’excellent qu’on ne peut plus souffrir le médiocre.

Réflexions sur la poésie

J’aurai recours à la médecine le plus tard que faire se pourra; je la regarde comme la soeur presque jumelle de la métaphysique, par son incertitude.

Lettre au roi de Prusse, 17 septembre 1764

Les sujets de mécontentement que Christine avait ou croyait avoir augmentèrent au point que…

Mécènes orgueilleux des talents médiocres qui les recherchent, et secrets ennemis des talents distingués qui les négligent.

Eloges, Crébillon

La réduction que nous avons faite de toutes les lois de la mécanique à trois, celle de la force d’inertie, celle du mouvement composé et celle de l’équilibre.

Traité de dynamique

La mécanique a deux branches, la statique et la dynamique.

La quantité, considérée dans les corps en tant que mobiles, ou tendant à se mouvoir, est l’objet de la mécanique.

Hartzoeker, dont le goût pour la contradiction était assez décidé, attaqua quelques années après, par les plus mauvaises raisons, le sentiment de Bernoulli.

Eloges, Bernoulli

J’ai cruellement souffert de ma maudite vessie durant une assez grande partie du mois de novembre.

Lettre au roi de Prusse, 13 décembre 1782

Je passais toutes mes soirées chez l’amie que j’avais perdue, et toutes mes matinées avec celle qui me restait encore; je ne l’ai plus, et il n’y a plus pour moi ni soir ni matin.

Lettre à Condorcet sur Mme Geoffrin

Savoir, si, en matière de religion ou même en quelque matière que ce puisse être, il est utile de tromper le peuple.

Lettre au roi de Prusse, 9 mars 1770

Je le trouverais encore assez bien partagé, quand il serait à M. Euler (pour parler mathématiquement) en même proportion que Descartes et Newton sont à Bayle.

Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1765

La quantité abstraite, objet des mathématiques pures, est ou nombrable ou étendue.

J’ai bien quelques matériaux pour ce volume, mais je ne sais quand ma pauvre tête me permettra de les mettre en oeuvre.

Lettre au roi de Prusse, 15 avril 1768

Voilà les marrons que Bertrand voit sous la cendre, et qui lui paraissent très bons à croquer; mais il a la patte trop lourde pour les tirer délicatement.

Lettre à Voltaire, 18 janvier 1773

Le roi le crut, et le crut si bien, qu’il en témoigna son mécontentement de la manière la plus marquée.

Apologie de Clermont Tonnerre

La pauvre philosophie se trouverait une seconde fois dans le margouillis dont Dieu et vous la vouliez préserver.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1764

La profondeur et la figure des côtes, les vents et les courants altèrent tellement la hauteur des marées, qu’il n’y a peut-être pas deux endroits sur la terre où elle soit exactement la même.

En vérité, il est abominable de mettre à si bon marché la vie des hommes.

Lettre à Voltaire, 16 juillet 1766

Quelque aguerri que vous deviez être à voir cette robe, puisque vous en nourrissez un (un jésuite) depuis dix ans, je ferais scrupule de vous surcharger de pareille marchandise.

Lettre à Voltaire, 11 mars 1766

Quant à vous, mon cher ami, frappez fort; vous êtes en place marchande pour cela.

Lettre à Voltaire, 13 mai 1759

Ils ressemblent à ce valet de comédie ivre qui, entendant prononcer le mot de maraud, dit naïvement: maraud, voilà quelqu’un qui me connaît.

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1781

Ces cartes particulières seront les différents articles de l’Encyclopédie, et l’arbre ou système figuré en sera la mappemonde.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Il est tout à la fois absurde et malsonnant de vouloir rendre intelligible ce que la foi nous déclare ineffable.

Eloges, Bossuet

Ces malheureux écrivains, ridicules par la vanité au sein même de l’indigence, dont la prétention est d’avoir évité l’esprit dans leurs ouvrages.

Eloges, Destouches

Il (Marivaux) avait le malheur de ne pas estimer beaucoup Molière, et le malheur plus grand de ne pas s’en cacher.

Eloges, Marivaux

Comment un écrivain supérieur sait à la fois enhardir et maîtriser une langue timide et minutieuse.

Eloges, Bossuet

Combien d’hommes illustres en tous genres n’ont eu d’autre maître qu’eux-mêmes, et n’en ont été que plus grands!

Eloges, Perrault

Voilà donc les jésuites chassés de Naples; on dit qu’ils vont bientôt l’être de Parme, et qu’ainsi tous les Etats de la maison de Bourbon feraient maison nette.

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1767

L’événement fera connaître s’ils (les jésuites) sont assez forts pour se maintenir au Paraguai en dépit de l’Espagne.

Destruction des jésuites

Il est évident, comme vous dites, que l’ouvrage est de différentes mains.

Lettre à Voltaire, 4 octobre 1764

Bertrand finit ici sa prose à Raton, et l’exhorte à faire main basse, en vers et en prose, sur les sots dont le meilleur des mondes fourmille.

Lettre à Voltaire, 5 novembre 1776

Il (Boileau) eût fait main basse sur cette rhétorique triviale, qui consiste à noyer un tas de sophismes dans une mer de paroles oiseuses et de figures ridicules.

Eloges, Despréaux

On assure qu’il a (Massillon) laissé une vie manuscrite du Corrége; il ne pouvait choisir pour sujet de ses éloges un peintre dont les talents fussent plus analogues aux siens.

Eloges, Massillon

Votre Majesté sait que toutes les lettres, et à plus forte raison les siennes, sont ouvertes peut-être en dix endroits depuis Berlin jusqu’à Paris.

Lettre au roi de Prusse, 30 janvier 1778

Les ouvreurs de lettres avaient en effet abusé de cette licence.

Lettre au roi de Prusse, 30 janvier 1778

Qu’est-ce qu’une ouverture? c’est la pièce de musique qui commence un opéra et qui doit préparer l’auditeur à ce qu’il va entendre.

De la liberté de la musique

L’ouverture du parlement est un moment intéressant.

Lettre au roi de Prusse, 27 novembre 1777

Cette âme qui ne se croyait plus ouverte qu’à la douleur, trouve encore de la sensibilité en elle pour la reconnaissance qu’elle vous doit à tant de titres.

Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776

Au reste, les endroits outrecuidants ne se trouvent pas dans l’imprimé, et j’en suis fort aise.

Lettre à Voltaire, 3 août 1760

Le parlement se bat à outrance avec les jésuites.

Lettre à Voltaire, 8 septembre 1761

Fontenelle, neveu très zélé du grand Corneille, et que d’ailleurs Racine avait outragé, nous a laissé un parallèle entre ces deux grands hommes, où il met son oncle fort au-dessus de son ennemi.

Eloges, Despréaux

Jean Jacques est un malade de beaucoup d’esprit et qui n’a d’esprit que quand il a la fièvre; il ne faut ni le guérir, ni l’outrager.

Lettre à Voltaire, 9 avril 1761

La cosmétique donnera l’orthopédie, ou l’art de procurer aux membres une belle conformation.

La compagnie avait formé, il y a quarante ans, le projet d’un dictionnaire orthographique pour fixer l’orthographe française; ce projet fut bientôt abandonné.

Eloges, L. Cousin

Cet illustre savant a eu le mérite rare d’orner le savoir par le goût, et de joindre à la littérature profonde la littérature agréable.

Eloges, Bouhier

L’originalité de Dufrény est plus dans les choses, et celle de Marivaux dans le langage.

Eloges, Marivaux

Dufresny, original et neuf sans cesser d’être vrai et naturel.

Eloges, Destouches

On m’a parlé aussi d’un dictionnaire (le Dictionnaire philosophique) où beaucoup d’honnêtes fripons ont rudement sur les oreilles.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1764

Les vers sont une espèce de chant, sur lequel l’oreille est si inexorable, que la raison même est quelquefois contrainte de lui faire de légers sacrifices.

Réflexions sur le goût

Avec un peu d’oreille de la part de l’écrivain, les hiatus ne seront ni fréquents ni choquants dans sa prose.

Mélanges littéraires

Je vous préviens qu’il sera nécessaire de retrancher les ordures de Shakespeare, si vous voulez que l’Académie fasse imprimer l’ouvrage par son libraire.

Lettre à Voltaire, 27 août 1776

La prodigieuse multiplication des ordres monastiques, qui, après avoir été dans les beaux jours de l’Eglise l’asile de l’humilité et de la pénitence, sont devenus si souvent depuis le repaire de l’ignorance et de la fainéantise.

Eloges, Fleury

Elle (Christine) offensa les deux ordres extrêmes du royaume: le clergé, dont elle bravait l’autorité, et l’ordre des paysans dont elle choquait les préventions.

Newton suppose que l’orbite de la lune est à peu près une ellipse, dont il néglige même l’excentricité.

Rien n’est plus utile à un orateur pour se former l’oreille que de faire des vers bons ou mauvais, comme il est utile aux jeunes gens de prendre quelques leçons de danse pour acquérir une démarche noble et distinguée.

Eloges, Fléchier

Il se livra bientôt à un autre genre, où il n’eut ni supérieur ni égal, celui des oraisons funèbres; toutes celles qu’il a prononcées portent l’empreinte de l’âme forte et élevée qui les a produites.

Eloges, Bossuet

Après avoir fait l’occupation orageuse et pénible des plus précieuses années de notre vie, elle (l’Encyclopédie) fera peut-être la consolation des dernières.

Fontenelle avait donné en 1586, d’après le médecin Vandale, l’histoire des oracles, un de ses meilleurs ouvrages, et peut-être celui de tous auquel le suffrage unanime de la postérité est le plus assuré.

Eloges, Dumarsais

Montesquieu partit de Vienne pour voir la Hongrie, contrée opulente et fertile, habitée par une nation fière et généreuse, le fléau de ses tyrans et l’appui de ses souverains.

Eloges, Montesquieu

Tous les gens de lettres, à l’exception de ceux qui sont l’opprobre de la littérature, ne sont pas moins indignés que vous du traitement que j’éprouve.

Lettre à Voltaire, 30 juin 1765

Il est plus aisé d’opprimer que de contenir, et d’exercer un acte de violence qu’un acte de justice.

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1767

Cette précieuse partie de l’Etat, que tant de ministres ont comptée pour si peu de chose, et qu’ils ont opprimée comme on égorge ces animaux faibles et paisibles, qui n’ont ni la force de se défendre, ni même celle de se plaindre.

Eloges, Fouquet

J’écris opéras au pluriel, malgré la décision contraire, parce qu’il me semble que la dernière syllabe de ce mot est longue au pluriel.

De la liberté de la musique

L’examen de ces propriétés forme cette branche de la philosophie dont toutes les autres empruntent en partie leurs principes: on la nomme l’ontologie ou science de l’être, ou métaphysique générale.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Songez donc que Bertrand a les ongles coupés.

Lettre à Voltaire, 26 février 1774

C’est bien assez de me couper les ongles moi-même de bien près, sans qu’un censeur vienne encore me les couper jusqu’au sang.

Lettre à Voltaire, 17 janvier 1765

On riait un moment des épigrammes, et on retournait pleurer au Préjugé à la mode et à Mélanide.

Eloges, la Chaussée

La satire est pour leur personne et la gloire pour leur ombre.

De la liberté de la musique

Il pourrait même, sans un grand raffinement d’amour-propre, être humilié de cette bienveillance dédaigneuse, et se plaindre de ne faire à personne assez d’ombrage pour mériter au moins un ennemi.

Eloges, Saint-Aulaire

Cette légère mortification a fait dire à une dévote janséniste, que leur sort était bien digne d’envie, et qu’ils avaient obtenu la petite-oie du martyre.

Destruction des jésuites

La vanité offusquait ses lumières, qui, d’ailleurs peu étendues et peu actives, même pour ses propres intérêts, n’avaient jamais un pressant besoin de s’exercer.

Eloges, abbé de Choisy

Quand ils en seront là, ils ne chercheront pas le système du monde dans des passages de l’Ecriture mal entendus; et, pour savoir à quoi s’en tenir sur ce sujet, ils préféreront l’observatoire au saint office.

Abus de la critique

Je fais du genre humain deux parts, l’opprimante et l’opprimée; je hais l’une et je méprise l’autre.

Lettre à Voltaire, 18 novembre 1771

Ces sermons, tels que l’auteur les traçait sur le papier, n’étaient pour l’ordinaire que des matériaux dispersés, auxquels son âme entraînée, et, pour ainsi dire, oppressée par son sujet, se chargeait de donner la vie et l’ensemble.

Eloges, Bossuet

Le prélat français sut opposer la prudence à la finesse, la modération aux vains éclats du zèle, l’activité à la lenteur, et la vigueur à l’opiniâtreté.

Eloges, cardinal d'Estrées

Et n’opposa plus à ses ennemis que le travail, le succès et le silence.

Eloges, Crébillon

Le duc d’Orléans, régent, en tout l’opposé de Louis XIV…

Destruction des jésuites

Toutes les sciences, renfermées dans les faits autant qu’il leur est possible et dans les conséquences qu’on en peut déduire, n’accordent rien à l’opinion que quand elles y sont forcées.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Il est arrivé souvent à plus d’un grand homme d’exprimer naïvement la bonne opinion qu’il avait de lui-même.

Eloges, Bossuet

Tôt ou tard les hommes qui pensent et qui écrivent gouvernent l’opinion; et l’opinion, comme vous savez, gouverne le monde.

Les amis mêmes de l’abbé Régnier lui avaient donné le nom de l’abbé Pertinax, parce qu’il avait, dit-on, l’habitude de disputer opiniâtrément dans les assemblées.

Eloges, Régnier Desmarais

La mémoire, la raison proprement dite, et l’imagination sont les trois manières différentes dont notre âme opère sur les objets de ses pensées.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Le bonheur, cet objet de nos désirs, mais qui fuit et repousse la grandeur et les richesses, serait-il donc obscurément attaché à la médiocrité en tout genre?

Eloges, Segrais

On sait qu’un rayon qui passe obliquement d’un milieu dans un autre, ne continue pas son chemin dans la même ligne droite, suivant laquelle il entre.

Eloges, Bernoulli

La durée d’un ouvrage, quelque mérite qu’il ait d’ailleurs, est presque nécessairement liée à celle de son objet.

Destruction des jésuites

Ses dialogues sur l’éloquence, et sa lettre à l’Académie française sur le même objet, renferment les principes les plus sains sur l’art d’émouvoir et de persuader.

Eloges, Fénelon

Je crois qu’on doit écrire au pluriel numéros et non pas numéro; ce dernier mot, quoique tout latin, étant devenu français par l’usage.

Eloges, La Motte

Son état est toujours bien fâcheux; depuis quelques jours cependant il a de meilleures nuits.

Lettre à Voltaire, 22 octobre 1768

Il n’est point de sujet où l’intention de nuire trouve plus de prétextes à s’exercer qu’en matière de religion.

Abus de la critique

L’intérêt de l’humanité demanderait que la puissance spirituelle fût mise nue comme la main.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1773

Les fausses idées qu’on donne de l’éloquence dans nos colléges en apprenant à nos jeunes gens à noyer une pensée commune dans un déluge de périodes insipides.

La traduction qu’il (l’abbé Delille) a entreprise de l’Enéide, prépare un nouveau tourment à l’envie, et de nouvelles sottises aux mauvais critiques.

Eloges, Segrais

L’offensé voulait prouver à l’agresseur, par cette vengeance si noble, qu’au talent de faire des satires. Il joignait le mérite d’en dédaigner l’usage.

Eloges, d'Olivet

L’évêque de Rennes joignait à ses bonnes oeuvres le mérite de les cacher sincèrement et de bonne foi.

Eloges, Vauréal

Il a fallu plusieurs fois se procurer les machines, les construire, mettre la main à l’oeuvre, se rendre, pour ainsi dire, apprenti, et faire soi-même de mauvais ouvrages pour apprendre aux autres comment on en fait de bons.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Les parlements, qui depuis longtemps voyaient de mauvais oeil ces usurpateurs, et qui ne cherchaient qu’une occasion favorable pour s’en défaire, les bannirent du royaume.

Destruction des jésuites

Je vois d’un oeil assez froid et philosophique le dépérissement de mes facultés corporelles et intellectuelles.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Il est vrai qu’on dit cela les yeux gros, et cela doit ennuyer les vôtres.

Lettre à Voltaire, 16 octobre 1760

L’ode dont l’orgueil rejette encore plus ce qui est commun dans les expressions que dans les idées.

Eloges, La Motte

D’Alembert a toujours été plus jaloux de se montrer reconnaissant des bienfaits obtenus, qu’empressé d’en obtenir.

Mémoires

L’observation ayant montré bientôt après que les planètes étaient tantôt plus, tantôt moins éloignées du soleil.

Tout a des révolutions réglées, et l’obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumières.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Ah! ma pauvre nourrice, vous qui avez eu tant de soin de mon enfance, qui m’avez mieux aimé que vos propres enfants, vous avec qui j’ai passé vingt-cinq années les plus douces de ma vie.

Aux mânes de Mlle de l'Espinasse

Malherbe nourri de la lecture des excellents poëtes de l’antiquité, et prenant comme eux la nature pour modèle.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

J’ai dit la vérité, et une vérité notoire et publique.

Lettre à Voltaire, 20 janvier 1758

Les notions les plus abstraites, celles que le commun des hommes regarde comme les plus inaccessibles, sont souvent celles qui portent avec elles une plus grande lumière.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Il n’y avait, selon eux, qu’une âme noire qui pût s’attacher de préférence aux sujets qu’il avait choisis.

Eloges, Crébillon

Bientôt, malgré les cris de l’imbécile superstition, on réimprima les noëls.

Eloges, La Monnoye

Fontenelle et Lamotte, toujours mesurés, et par conséquent toujours nobles avec les grands, toujours sur leurs gardes avec eux sans jamais le paraître.

Eloges, La Motte

Ayant toujours pris et porté le titre de noble homme, c’est aux généalogistes à nous apprendre le sens précis de cette expression, surtout dans certaines provinces.

Eloges, Fléchier

Des avantages qui ne puissent être ni disputés ni niés; or c’est ce qu’on trouve dans la naissance et dans la fortune.

Essai sur la société des gens de lettres

Les calculs analytiques des mouvements de la lune ont sans doute été portés à un assez grand degré de précision pour nous convaincre que l’attraction newtonienne est en effet la vraie cause des inégalités qu’on observe dans le mouvement de cette planète.

Guillaume Dubois, né en 1656, était fils ou neveu, car on n’est pas d’accord sur sa généalogie, d’un pauvre apothicaire de Brives-la-Gaillarde, en Limosin.

J’apprends dans le moment que cet agent de la société (des jésuites) vient d’être chassé de Rome, et, ce qui ne vous fera pas moins de plaisir, que l’agent des jansénistes en a été chassé le même jour; cela s’appelle faire maison nette et bonne justice.

Destruction des jésuites

Parce qu’on ne s’égorge qu’à prix d’argent, et que ce nerf de la guerre manque à tous ceux qui la font aujourd’hui.

Lettre au roi de Prusse, 11 octobre 1782

Ils ne nous pardonneraient pas de nous exprimer froidement sur l’étrange néologisme qui dépare même ses meilleures productions.

Eloges, Marivaux

On y trouve plusieurs expressions impropres ou recherchées; ces expressions furent relevées avec l’affectation la plus maligne dans le dictionnaire néologique de l’abbé Desfontaines.

Eloges, Houtteville

Le roi de Prusse, qui croyait la probité bonne à tout, même aux négociations, où tant d’autres rois moins éclairés que lui l’ont jugée au moins inutile.

Eloges, Milord Maréchal

Il (Louis XIV) négligea le seul La Fontaine, et paya par cet oubli le tribut à la royauté.

Eloges, Dangeau

Les bons esprits ne s’intéressent guère moins à voir au naturel et comme en négligé ceux qui ont éclairé leurs contemporains que ceux qui les ont gouvernés bien ou mal.

Eloges, Charles Perrault

Il (M. de Choisy) eut le malheur honorable de déplaire au ministre, et de s’en voir négligé comme il devait s’y attendre.

Eloges, abbé de Choisy

Ces mémoires (de l’abbé de Choisy), quoique fort négligés pour le style, sont peut-être le plus agréable de ses ouvrages.

Eloges, abbé de Choisy

Louis XIV, qui devait à la nature seule toutes ses bonnes qualités et à sa seule éducation tous ses défauts, ne sentait que trop combien cette éducation avait été négligée, pour ne rien dire de plus.

Eloges, Valon

Les lois de l’équilibre et du mouvement, telles que l’observation les fait connaître, sont de vérité nécessaire.

Traité de dynamique

L’existence de Scipion ne sera pas plus douteuse dans dix siècles qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Je suis navré que vous soyez dupe à ce point, et que vous le soyez d’un homme si vil.

Lettre à Voltaire, 13 mai 1773

Le propre du naturel, quand il ne déplaît pas, est au moins d’obtenir grâce.

M. Fléchier, disait un jour Bâville à l’occasion d’un démêlé qu’ils avaient eu, m’a fait changer du blanc au noir. Dites, répondit Fléchier, du noir au blanc.

Eloges, Fléchier

Les circonstances et la nature du gouvernement font les vices et les vertus des nations.

Eloges, Montesquieu

Il est dur de se déplacer à cinquante ans; mais il ne l’est pas moins de rester chez soi pour y essuyer des nasardes.

Lettre à Voltaire, 30 juin 1765

La poésie épique, le madrigal, l’épigramme sont ordinairement de la poésie narrative.

Elle rit un moment de cet aveu, comme je riais quelquefois moi-même avec elle des naïvetés qui, de temps en temps, lui échappaient; car elle avait jusqu’à ce mérite.

Lettre à Condorcet sur Mme Geoffrin

L’ignorance où il était de la plupart des choses de la vie lui donnait cette naïveté qui est un agrément, quand elle n’est pas ridicule.

Eloges, Terrasson

Plusieurs observations de la lune périgée et dans les octans.

Le titre de Père des lettres semble avoir plus contribué à faire oublier les fautes innombrables de François Ier, que le nom bien plus respectable de Père du peuple n’a servi à effacer celles de Louis XII.

Essai sur la société des gens de lettres

Je prie très humblement Votre Majesté de vouloir bien à ses heures perdues, ou plutôt dans ses instants de délassement (car elle n’a point d’heures à perdre)…

Lettre au roi de Prusse, 12 décembre 1766

Cicéron avait fait un ouvrage sur ce sujet (la gloire); quoique son livre soit perdu, il existait encore du temps de Pétrarque, qui en possédait un exemplaire…

Eloges, Saci

Je plains Votre Majesté si elle commence, comme elle prétend, à perdre la mémoire; il y a longtemps que j’ai commencé à la perdre aussi.

Lettre au roi de Prusse, 13 décembre 1782

Vous aurez déjà appris que nous avons perdu Gresset, si le mot perdu n’est pas trop fort pour un homme qui ne disait plus que des orémus.

Lettre à Voltaire, 23 juin 1777

S’il est possible d’achever, dans cette terre de perdition, le monument (l’Encyclopédie) que nous avions commencé d’élever à la gloire des lettres.

Lettre à Voltaire, 8 février 1757

Descartes s’est trompé sur les lois de la percussion.

Traité de dynamique

C’est le sort des pensées d’un grand homme, d’être fécondes non-seulement entre ses mains, mais dans celles des autres.

On avait assuré le roi de Danemark que les philosophes étaient mauvaise compagnie.

Lettre au roi de Prusse, 19 décembre 1768

Le peuple est sans doute un animal imbécile qui se laisse conduire dans les ténèbres, quand on ne lui présente pas quelque chose de mieux.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Cette lettre, qui est si peu celle d’un roi, et qui n’en est pour moi que plus précieuse et plus chère…

Lettre au roi de Prusse, 15 août 1776

Pratiquer la religion sans petitesse, ou la prêcher sans fanatisme.

Eloges, Massillon

Cette perversité de principes, déguisée et comme adoucie par le masque des bienséances.

Eloges, Crébillon

La partie de cette connaissance qui a pour objet le présent et le passé (l’histoire), quoiqu’elle ne soit fondée que sur le simple témoignage, produit souvent en nous une persuasion aussi forte que celle qui naît des axiomes.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Les anciens ont défini l’éloquence le talent de persuader, et ils ont distingué persuader de convaincre, le premier de ces mots ajoutant à l’autre l’idée d’un sentiment actif excité dans l’âme de l’auditeur et joint à la conviction.

Mélanges littéraires

Nous croyons que la démocratie de la république des lettres doit s’étendre à tout, jusqu’à permettre et à souffrir les plus mauvaises critiques quand elles n’ont rien de personnel; il suffit que cette liberté puisse en produire de bonnes.

Encyclopédie

On échange les ratifications d’un traité; on troque des marchandises; on permute des bénéfices.

Synonymes

Quelque périodiste plein d’esprit, car il y en a plus d’un qui entend à demi-mot.

Ce sont plutôt des vers pensés que des vers d’images, tels qu’une ode doit en offrir.

Eloges, Lamotte

Le fruit des travaux successifs et accumulés de plusieurs têtes pensantes.

Eloges, Dangeau

Il alla se jeter à la Trappe, et se crut pénitent parce qu’il était humilié.

Eloges, Lamotte

Ces traits naïfs, mais pénétrants, qui tirent de leur simplicité même le plus touchant intérêt.

Eloges, Fléchier

Combien une douleur pénétrante étend et agrandit l’âme!

Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776

Tout le monde sait qu’un pendule, lorsqu’il est arrivé à son point de repos, passe au delà en vertu de la vitesse qu’il a acquise, pour retomber ensuite de nouveau.

Cause générale des vents

Me voilà enfin, sire, de retour chez mes dieux pénates, jusqu’à présent plus fatigué que guéri.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Il n’y a point de jour où l’on ne fasse cesser quelque vexation ou quelque abus; mais la pelote était si énorme, qu’à peine paraît-elle encore dégrossie.

Lettre au roi de Prusse, 15 septembre 1775

C’est peine perdue que l’éloge ou la satire d’un homme en place.

Lettre à Voltaire, 17 novembre 1762

S’il vous en faut encore une autre (tête), je vous abandonne celles de Pompignan, Fréron et Trublet, que vous avez déjà si bien peignées (dont vous vous êtes tant moqué).

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

S’il y a de la pédanterie à révérer avec superstition l’ancien usage, il y a de la puérilité à le braver avec affectation.

Eloges, Régnier Desmarais

Votre Majesté ne saurait mieux faire que de ressembler à Dieu, qui ne veut pas, dit-on, la mort du pécheur.

Lettre au roi de Prusse, 14 février 1774

Le pays de l’érudition et des faits est inépuisable.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Il est pourtant payé pour en être moins étonné qu’un autre; car il n’a que trop bien appris combien les hommes sont méchants, injustes et cruels.

Lettre à Voltaire, 24 août 1752

Il est mort au mois de janvier dernier dans un village nommé Vitry, tout près de Paris, une femme qui y vivait assez obscurément, et même assez pauvrement, et qu’on assure avoir été la veuve du czarowitz Alexis, que son père le czar Pierre Ier fit mourir.

Lettre au roi de Prusse, 8 novembre 1771

Cet écrivain pauvre a fait, sur le théâtre, la petite fortune de quelques pauvres écrivains.

Eloges, Boissy

Jean-Baptiste Massillon naquit à Hyères en Provence, en 1663, il eut pour père un citoyen pauvre de cette petite ville.

Eloges, Massillon

Le patriotisme dans les âmes vulgaires, je ne dis pas dans les grandes âmes, n’est guère que le sentiment de son bien-être, et la crainte de le voir troubler.

Apologie de l'étude

Je voudrais que les avocats de la famille infortunée des Calas eussent mis dans leurs mémoires moins de pathos et plus de pathétique.

Lettre à Voltaire, 12 février 1763

Ajoutons à la louange de Destouches, que le Glorieux est la première comédie où le pathétique, qui paraît si étranger à ce genre, ait osé s’introduire avec succès.

Eloges, Destouches

Tout le monde sait la patavinité qu’Asinius Pollion a reprochée à Tite-Live; y a-t-il un seul moderne qui puisse nous dire en quoi cette patavinité consiste?

Latin des modernes

Lamotte donna peu de temps après avec Destouches la pastorale d’Issé, qui n’eut pas moins d’applaudissements que l’Europe galante.

Eloges, Lamotte

Il souffre, il est malheureux, il faut bien lui passer quelque chose.

Lettre à Voltaire, 3 janvier 1765

Despréaux a su faire passer dans ses vers les beautés propres à chaque genre dont il donne les règles.

Eloges, Despréaux

Je m’excède, disait-elle, de livres de dévotion, je m’en bourre, et rien ne passe.

Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776

Vous avez beau faire, mon cher maître, vos vers passeront à la postérité; mais le nom de votre maréchal (le maréchal de Richelieu) n’y passera pas.

Lettre à Voltaire, 27 avril 1765

La barbarie dure des siècles, il semble que ce soit notre élément; la raison et le bon goût ne font que passer.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Le peu de charmes de son style servit de passe-port à la hardiesse de ses idées.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Le passage du Rhin en 1672, passage tant célébré, quoiqu’assez peu digne de l’être.

Eloges, Régnier Desmarais

Ce qu’on pourrait faire peut-être de plus glorieux pour elle (l’Encyclopédie), ce serait la liste de ses partisans et de ses adversaires.

Encyclopédie

Toutes ces infamies nous déshonoreraient aux yeux de l’Europe et de la postérité, si l’Europe et la postérité pouvaient ignorer qu’elles ne sont pas l’ouvrage de la nation, mais de la partie honteuse de la nation, malheureusement accréditée.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1775

La partie du public qui enseigne, dicta à la partie qui écoute ce qu’elle devait penser et dire.

Eloges, Montesquieu

L’auteur paraît avoir connu particulièrement Marivaux, et doit avoir su de lui plus exactement les détails de sa jeunesse.

Eloges, Marivaux

Il comparait les injures dont elle (Mme Dacier) l’accablait, à ces charmantes particules grecques qui ne signifient rien, mais qui ne laissent pas, à ce qu’on dit, de soutenir et d’orner les vers d’Homère.

Eloges, Lamotte

Ces extraits ont été imprimés dans un journal sans ma participation.

Lettre au roi de Prusse, 28 novembre 1777

Dans la distribution du bonheur, les sots n’ont pas été les plus mal partagés.

Essai sur la société des gens de lettres

Il ne me reste plus qu’à être, pour ainsi dire, spectateur de mon existence sans y prendre part.

Apologie de l'étude

L’art de la parole qui est si près de l’art du mensonge.

Eloges, Campistron

Dufrény, l’abbé Pellegrin, l’abbé d’Alainval, Delille, auteur de Timon le misanthrope, et cent autres, sont morts dans la misère et ont été inhumés aux dépens de leurs amis ou de la charité de leur paroisse.

Eloges, Charpentier

Les gens de lettres, qui avaient reçu avec une sorte d’indignation la parodie d’Homère, ne virent celle de Fénelon qu’avec un dédain bien plus mortifiant pour le parodiste.

Eloges, Marivaux

Vos pièces seules ont du mouvement et de l’intérêt; et, ce qui vaut bien cela, de la philosophie, non pas de la philosophie froide et parlière, mais de la philosophie en action.

Lettre à Voltaire, 31 octobre 1761

L’affectation de style, dans le langage et dans la conversation, est un vice assez ordinaire aux gens qu’on appelle beaux parleurs.

Mélanges littéraires

Puisque les choses sont ainsi, je prétends moi aussi avoir mon franc parler, et, à l’exception des choses et des personnes auxquelles je dois respect, je dirai mon avis sur le reste.

Lettre à Voltaire, 27 février 1765

La mort de l’un et de l’autre a fait taire l’amitié et la haine, et ne laisse plus parler que la justice.

Eloges, Crébillon

Charles IX, auteur de quelques vers, dont on n’aurait peut-être jamais parlé s’ils n’eussent été d’un souverain.

Essai sur la société des gens de lettres

Parler beaucoup et bien, disait-il, est d’un bel esprit; peu et bien, d’un sage; beaucoup et mal, d’un fat; peu et mal, d’un sot.

Eloges, Terrasson

Le plus grand effort d’esprit est peut-être celui que nous faisons en apprenant à parler.

Eléments de philosophie

Aussi me revient-il que quelques-uns de nos cannibales parlementaires trouvent bien rigoureuse (car ils n’osent pas se servir d’un autre mot) la punition que Votre Majesté a faite de ces magistrats prévaricateurs.

Lettre au roi de Prusse, 29 février 1780

Savez-vous, pour comble de sottises, que cet article Genève a pensé être dénoncé au parlement, à ce parlement plus intolérant et plus ridicule encore que le clergé qu’il persécute?

Lettre à Voltaire, 11 janvier 1758

Parier l’infini qu’une chose n’est pas, c’est assurer qu’elle est impossible.

M. le chevalier de Rochefort, que je viens de voir, et qui, par parenthèse, vous aime à la folie, est inquiet de deux paquets qu’il vous a envoyés contresignés.

Lettre à Voltaire, 4 mai 1767

C’est à Votre Majesté qu’il appartient de donner à ses pareils de si utiles leçons.

Lettre au roi de Prusse, 15 décembre 1774

Les parallèles de Perrault sont un livre, quoi qu’on en dise, très estimable à plusieurs égards.

Eloges, Lamotte

Croira-t-on que l’ouvrage célèbre de Bossuet pour la défense des quatre propositions n’a paru qu’en 1730, vingt-six ans après sa mort?

Eloges, Bossuet

Il est allé à cinq heures du soir à Versailles, où on lui prépare opéras, comédies, ballets, parades, etc.

Lettre au roi de Prusse, 30 juillet 1781

Il ne dédaignait pas même de se prêter à ce genre de farce appelé parade, genre que le bon goût a enfin remis à sa place et relégué sur les balcons de la foire.

Eloges, Moncrif

Je n’ai point repassé par chez vous, parce que je comptais vous voir en allant en Italie.

Lettre à Voltaire, 7 août 1763

Des contradictions que ma pauvre machine éprouve, et qui commencent même à me faire croire qu’il faudra peut-être bientôt songer à faire mon paquet.

Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1762

J’ai bien peur, et j’ai plus d’une raison pour le craindre, qu’il ne pousse ses haines encore plus loin, et que la philosophie ne soit guère mieux sur ses papiers.

Lettre à Voltaire, 24 janvier 1778

Il jeta sur le papier des observations sur les règles les plus fines de la grammaire, et sur la langue latine.

Eloges, Bossuet

Un philosophe qui écrirait l’histoire des papes, les présenterait sous un jour, sinon plus favorable, au moins plus intéressant et plus vrai: il les peindrait luttant contre la force et la puissance, avec les seules armes que la religion leur fournissait

Eloges, Fléchier

Le dernier jésuite qui sortira du royaume emmènera avec lui le dernier janséniste dans le panier du coche.

Lettre à Voltaire, 2 mars 1764

Il est assez difficile de deviner ou de prévoir, dans le panégyriste de Nicolas Cornet, celui de Henriette et de Condé.

Eloges, Bossuet

Laissons les pandoures détruire les troupes régulières; quand la raison n’aura plus que les pandoures à combattre, elle en aura bon marché.

Lettre à Voltaire, 31 mars 1762

Les gens de goût jugeront peut-être que nous aurions pu nous dispenser de faire sentir à nos lecteurs la différence si évidente et si palpable de Fléchier et de Racine.

Eloges, Fléchier

Son esprit ressemblait à ces palais sains et vigoureux qui expriment avec force et goûtent avec plaisir le suc des viandes pleines de substance, mais qui ne savent ni distinguer ni apprécier des aliments plus délicats.

Eloges, d'Olivet

Les remèdes que j’ai faits n’ont servi qu’à empirer mon état, et je ne me trouve mieux que depuis que j’ai envoyé paître les remèdes et le médecin.

Lettre à Voltaire, 29 août 1764

Il est agréable d’être jugé par ses pairs.

Lettre au roi de Prusse, 22 août 1772

J’oubliais de vous dire que Mlle Clairon a déjà rendu le pain bénit, voilà ce que c’est que de quitter le théâtre.

Lettre à Voltaire, 13 juin 1766

Je sais bien mauvais gré à l’auteur du Système de la nature du prétendu pacte qu’il imagine que les rois ont fait avec les prêtres pour opprimer les peuples.

Lettre au roi de Prusse, 10 juillet 1775

Les auteurs outragés par une satire ingénieuse n’en sentent que trop toute la malice; mais plus ils la sentent, moins ils se pressent de la faire sentir aux autres.

Eloges, Trublet

Fontenelle, qui, par modération ou par prudence, ne se vengeait jamais et se plaignait rarement, oubliait encore moins.

Eloges, Despréaux

N’oubliez pas d’insister plus que vous ne faites dans votre épître, sur la protection qu’on accordait aux persécuteurs de Corneille, et sur l’oubli profond où sont tombées toutes les infamies qu’on imprimait contre lui.

Lettre à Voltaire, 8 septembre 1761

Par où cette philosophie avait-elle pu déplaire au courtisan misanthrope? c’est ce qu’il est difficile de deviner, et très peu important de savoir.

Eloges, Huet

L’oubli profond où sont tombés ces traits méprisables, lancés contre un grand homme…

Eloges, Bossuet

Dans le temps où il est tombé malade, je sais qu’il travaillait sur les prophéties de Daniel, mais j’ignore où il en était.

Lettre au roi de Prusse, 16 août 1778

Attaché avec superstition aux anciennes maximes, il s’élevait par une espèce d’ostracisme contre toute innovation littéraire, soit dans les principes, soit dans les ouvrages.

Eloges, d'Olivet

Faites-moi, je vous prie, un mot de réponse ostensible, soit pour accepter ce que je vous propose, soit pour le refuser honnêtement.

Lettre à Voltaire, 5 avril 1768

Rameau est d’autant plus digne d’estime, qu’il a osé tout ce qu’il a pu, et non tout ce qu’il aurait voulu oser.

De la liberté de la musique

Je détermine les oscillations que doit faire le fluide pour passer, de la figure sphérique qu’il avait d’abord, à la nouvelle figure sphéroïdale; oscillations que personne n’avait encore enseigné à calculer.

L’Europe espère, Sire, que votre Majesté ne se contentera pas de l’éclairer, qu’elle va encore la pacifier.

Lettre au roi de Prusse, 1er juin 1772

Il joint à l’amabilité à laquelle nos Français prétendent à tort ou à droit, une maturité de raison à laquelle malheureusement ils ne prétendent pas.

Lettre au roi de Prusse, 15 septembre 1775

Moncrif a publié quelques lettres sur des sujets intéressants de morale, en particulier sur cette usure si commune dans le bas peuple, et connue sous le nom de prêt à la petite semaine.

Eloges, Moncrif

Cela est net, pressant et serré, et je bénis l’auteur de l’extrait, quel qu’il puisse être.

Lettre à Voltaire, 31 mars 1762

Dans l’affaire du quiétisme, il (l’abbé Fleury) adopta la doctrine de Bossuet, sans perdre l’amitié de Fénelon; ses lumières le préservèrent des pieuses erreurs de l’un, et sa modération, de l’impétuosité de l’autre.

Eloges, Fleury

Une pensée commune ne doit jamais être présentée que pour ce qu’elle est, c’est-à-dire avec une expression simple.

Mélanges littéraires

Jouir du présent, et s’inquiéter peu de l’avenir, telle est la logique commune, logique moitié bonne, moitié mauvaise, dont il ne faut pas espérer que les hommes se corrigent.

Que le soleil vienne éclairer tout à coup les habitants d’une caverne obscure, qu’il darde impétueusement ses rayons dans leurs yeux non préparés, il ne fera que les aveugler pour jamais.

Réflexions sur la poésie

Bien préparés contre l’admiration, ils allèrent entendre Fléchier, et se virent forcés d’avouer qu’il était vainqueur.

Eloges, Fléchier

Sa vessie le fait souffrir, et il s’en prend à qui il peut.

Lettre à Voltaire, 31 octobre 1761

Ce piége (une adroite flatterie) ne sera jamais usé; l’amour propre des rois et des grands s’y prendra toujours.

Eloges, Despréaux

La même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d’avoir pris une scène entière à Cyrano de Bergerac: cette scène m’appartient, puisqu’elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve.

Eloges, Despréaux

L’effet de la morale du théâtre est moins d’opérer un changement subit dans les coeurs corrompus, que de prémunir contre le vice les âmes faibles par l’exercice des sentiments honnêtes.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

Le premier mérite auprès des hommes n’est pas d’être bon, c’est de leur être utile ou agréable.

Eloges, Despréaux

Il (Voltaire) est resté seul avec un jésuite nommé le P. Adam. qui n’est pas, à ce qu’il dit, le premier homme du monde.

Lettre au roi de Prusse, 15 avril 1768

Il avait préludé à l’une et à l’autre de ces versions poétiques par des églogues publiées avant son Enéide.

Eloges, Segrais

Les préjugés, de quelque espèce qu’ils puissent être, ne se détruisent pas en les heurtant de front.

Mélanges

Si l’on était réduit à ne conserver qu’un seul poëte parmi tous ceux que l’antiquité nous a laissés, il faudrait peut-être choisir Horace de préférence à tous les autres.

Eloges, Despréaux

Le repos et l’indépendance dont jouissait notre littérateur philosophe, lui parurent préférables au pénible honneur d’élever un prince.

Eloges, Segrais

Vous comparez la préface de l’Encyclopédie à tout ce que vous avez fait de grand et de mémorable dans la paix, dans la guerre, dans la politique, dans le gouvernement, dans les lettres.

Lettre au roi de Prusse, 15 décembre 1780

Il avait fait plus que de rendre justice à la docilité de Fénelon, il l’avait prédite; les âmes droites et pures se connaissent et se devinent.

Eloges, Fléchier

Je crois que je serai votre précurseur dans l’autre monde, si cela continue.

Lettre à Voltaire, 13 juin 1770

Qu’un grand nom, pour qui sait penser, est un poids aussi redoutable qu’une célébrité précoce.

Essai sur la société des gens de lettres

Tous les frères de Despréaux marquaient des talents précoces, et semblaient promettre d’être de grands hommes; lui seul ne promettait rien, et a tenu ce que promettaient ses frères.

Eloges, Despréaux

Elle (la géométrie) est, pour ainsi dire, la mesure la plus précise de notre esprit, de son degré d’étendue, de sagacité, de profondeur, de justesse.

Eloges, Bernoulli

Heureuse négligence, puisqu’elle anime et précipite cette marche vigoureuse, où il s’abandonne à toute la véhémence et l’énergie de son âme.

Eloges, Bossuet

L’abbé de Saint-Pierre était si attaché à l’Académie, si persuadé qu’elle l’avait jugé avec une précipitation dont elle se repentait, que, dix-huit mois après sa destitution, il crut pouvoir lui écrire de nouveau, pour la prier de revenir sur son affaire.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Je ne prêcherai point ici aux gens de lettres tous ces lieux communs sur le mépris de la gloire, si souvent et si peu sincèrement recommandé par les philosophes.

Essai sur la société des gens de lettres

Il (Newton) trouve par une méthode dont on ne saurait trop admirer la finesse, que la précession annuelle des équinoxes doit être de 50 secondes, telle qu’elle est en effet.

Bossuet fut nommé précepteur du Dauphin.

Eloges, Bossuet

Puissiez-vous donner encore longtemps l’exemple et le précepte!

Lettre au roi de Prusse, 27 novembre 1777

L’ouvrage où Votre Majesté loue avec tant d’esprit et de gaieté cette paresse qu’elle pratique si peu.

Lettre au roi de Prusse, 16 septembre 1768

Ce qui le caractérise, c’est d’avoir été à la tête des philosophes pratiques de son siècle; l’éloge est d’autant plus grand qu’il est plus rare aujourd’hui de le mériter.

Eloges, Terrasson

A un caractère naturellement doux, à une âme aussi droite que sensible, il joignait une franchise peu commune et une philosophie pratique, d’autant plus vraie qu’elle était sans éclat et sans ostentation.

Eloges, Mirabeau

Nous ne savons, si je puis m’exprimer de la sorte, ni le pourquoi, ni le comment de rien.

Mélanges

Au surplus pourvu qu’il soit pendu n’importe le pourquoi.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1763

On dit que ses lettres lui ont valu quelques pourboires du cardinal de la Roche-Aymon, un des plus dignes prélats qui soient dans l’Eglise de Dieu, et à qui il ne manque rien que de savoir lire et écrire.

Lettre à Voltaire, 5 novembre 1776

Parmi les portraits qui se trouvent à la fin des Mémoires de Mademoiselle, et qui ne sont pas de cette princesse, on trouve le portrait de M. Huet, adressé à lui-même.

Eloges, Huet

Je ne vous dis rien de la porteuse de cette lettre: elle porte sa recommandation avec elle.

Lettre à Voltaire, 16 juillet 1765

Une pensée neuve, forte, juste, lumineuse porte avec elle son expression.

Mélanges littéraires

On dit que les Sirven ont été déclarés innocents au parlement de Toulouse; on ajoute que la tragédie des Guèbres a été ou doit être représentée sur le théâtre de cette ville; c’est ici le cas des poltrons révoltés.

Lettre à Voltaire, 22 février 1770

L’art de la guerre, qui est l’art de détruire les hommes, comme la politique est celui de les tromper.

Mélanges littéraires

La politique, espèce de morale d’un genre particulier et supérieur, à laquelle les principes de la morale ordinaire ne peuvent quelquefois s’accommoder qu’avec beaucoup de finesse.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Artistes ou plutôt artisans malheureux, dont le sort est de refroidir tout ce qu’ils touchent, et d’user tout ce qu’ils polissent.

Eloges, Despréaux

Le genre appelé poissard, qui immortalisera le nom de Vadé, son créateur, tant que la basse populace en fournira le modèle, et que cette bonne compagnie qui se croit fidèle garde du bon goût, lui fera l’honneur de s’en amuser.

Eloges, la Chaussée

On dit à propos de pape, que le cordelier Ganganelli ne promet pas poires molles à la société de Jésus.

Lettre au roi de Prusse, 16 juin 1769

Réponse, mon cher maître, sur tous ces points, et la plus prompte qu’il sera possible.

Lettre à Voltaire, 4 août 1776

C’était l’ingénieux Lamotte qui disait qu’un sermon excellent à tous égards serait celui dont le raisonneur Bourdaloue aurait fait le premier point, et le touchant Massillon le second.

Eloges, Massillon

Les points où l’écliptique et l’équateur se coupent changent continuellement de place, et rétrogradent chaque année d’orient en occident d’environ 50 secondes.

Les philosophes qui ouvrent la main trop brusquement sont des fous; on leur coupe le poing, et voilà tout ce qu’ils gagnent.

Lettre au roi de Prusse, 6 mars 1770

Environ deux années auparavant, le cardinal de Polignac avait déjà porté plainte contre l’abbé de Saint-Pierre, à l’occasion du mémoire de ce dernier sur l’établissement de la taille proportionnelle.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Que le favori d’Auguste (Mécène) serait surpris de voir son nom si souvent profané, et le ton rampant que les gens de lettres prennent avec ceux qui le portent!

Essai sur la société des gens de lettres

La durée moyenne de chaque règne est d’environ 20 à 22 ans, en sorte que 15, 20, 30, 50 rois successifs et davantage ne règnent qu’environ 20 à 22 ans l’un portant l’autre.

Je ne saurais m’en charger, parce que, vraisemblablement, je ne serai pas à Paris dans un mois, et, par conséquent, hors de portée d’avoir sa réponse.

Lettre à Voltaire, 12 août 1770

Ces malheureux porte-Dieu, c’est ainsi qu’on les appelle, ayant pour perspective l’exil d’un côté et la faim de l’autre, (dans les querelles entre le clergé et les parlements).

Destruction des jésuites

Il n’est que fier et indépendant, plus porté d’ailleurs à s’apprécier au-dessous qu’au-dessus de ce qu’il vaut.

Portrait de l'auteur

Vous ignorez peut-être qu’un polisson, nommé Clément, va de porte en porte, lisant une mauvaise satire contre vous.

Lettre à Voltaire, 6 mars 1772

La liberté, la sûreté, la modération des impôts, la proscription du luxe, sont les vrais principes et les vrais soutiens de la population.

Ainsi devraient parler tous les écrivains éclairés et courageux, qui osent n’être pas de l’avis de la populace littéraire sur l’adoration superstitieuse des auteurs célèbres de l’antiquité.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Mettant dans sa lecture cette espèce de ponctuation délicate qui fait sentir les différents genres de mérite par des inflexions aussi fines que variées.

Eloges, Lamotte

On ajoute encore, et on assure même que le grand prôneur de la pièce, le grand protecteur de l’auteur, est M. l’abbé de Mably, qui mène M. Clément sur le poing de porte en porte, et qui le présente à toutes ses connaissances.

Lettre à Voltaire, 6 mars 1772

Ce n’est pas sans raison qu’on les a définis (les jésuites) une épée nue dont la poignée est à Rome.

Destruction des jésuites

Expulser tous les jésuites est peut-être bien sévère; les conserver tous est peut-être bien dangereux: mais avoir à leur égard deux poids et deux mesures est le plus mauvais de tous les partis.

Destruction des jésuites

J’en ris tout autant que vous, quoique je sois dans la poêle.

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

La connaissance spéculative de l’âme dérive en partie de la théologie naturelle, et en partie de la théologie révélée, et s’appelle pneumatologie ou métaphysique particulière.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La quantité considérée dans l’air, sa pesanteur, son mouvement, sa condensation, raréfaction, etc. donne la pneumatique.

Plus je suis pénétré de reconnaissance des bontés de Votre Majesté, moins je dois abuser de ses bienfaits.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Avec quel plaisir ne lit-on pas dans la vie de Racine que, de la même plume dont il écrivait Athalie, ce père sensible traçait à son fils aîné des leçons dictées par la vertu la plus simple!

Eloges, Despréaux

J’ai mis plusieurs fois, sire, la main à la plume, ou, comme disent les pédants, la plume à la main, pour répondre tant bien que mal à cette malheureuse lettre.

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1767

Il nous pleut ici d’Hollande des ouvrages sans nombre contre le fanatisme.

Lettre à Voltaire, 22 septembre 1767

Le style est non-seulement pur et correct, mais plein de douceur et d’élégance.

Eloges, Fléchier

Cet amour métaphysique et platonique, si commode pour réchauffer un poëte qui ne s’en permet point d’autre.

Eloges, Destouches

La gravitation des planètes secondaires ou satellites vers leurs planètes principales est un second fait évident et démontré par les mêmes raisons et par les mêmes faits.

Un roi philosophe, qui plane d’en haut sur toutes les sottises de notre espèce.

Lettre au roi de Prusse, 13 décembre 1782

Les talents de l’abbé Fleury ne se bornaient pas à la littérature, ils s’étendaient jusqu’aux beaux-arts; les planches qui sont dans le catéchisme historique ont été gravées sur ses dessins.

Eloges, Fleury

Plût à Dieu que l’histoire parlât davantage des hommes de génie, et moins de la méchanceté ou de l’imbécillité puissante, si ce n’est pour faire abhorrer l’une et mépriser l’autre!

Eloges, Trublet

Je ne connais personne, je le répète, qui plaise aussi généralement que vous, et peu de personnes qui y soient plus sensibles.

Portrait de Melle de Lespinasse

La plupart des plaidoyers dont les voûtes du palais retentissent, très intéressants pour les parties, médiocrement pour les juges et très peu pour tout ce qui n’est ni l’un ni l’autre, ne franchissent guère le cercle étroit où on les débite.

Eloges, Lamotte

On ne plaide guère devant le public que les causes perdues, ou du moins équivoques, et on se met peu en peine d’étayer son droit par de froids préceptes, quand on se sent en état de gagner son procès par des exemples.

Eloges, Lamotte

Il lut le livre, aima l’auteur, et apprit à mieux placer sa confiance.

Eloges, Montesquieu

Il me paraît impossible, d’un côté, que cet ouvrage (l’Encyclopédie) se continue sur le même pied qu’auparavant; de l’autre, qu’il puisse se continuer sur un autre pied.

Lettre à Voltaire, 8 février 1757

Une inflammation d’entrailles m’avait mis un pied dans la barque.

Lettre au roi de Prusse, 28 octobre 1765

Ce génie philosophique, répandu dans tous les livres et dans tous les états, est l’instant de la plus grande lumière d’un peuple.

Essai sur la société des gens de lettres

Dans ce pays-là, on dit à toutes les sottises qui se font: c’est la philosophie; comme Crispin dit: c’est votre léthargie.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1763

On aura beau faire, cette chienne de philosophie sera, comme le prince d’Orange, souvent battue et jamais défaite.

Lettre à Voltaire, 5 novembre 1776

La philosophie, ou la portion de la connaissance humaine qu’il faut rapporter à la raison, est très étendue; il n’est presque aucun objet aperçu par les sens dont la réflexion n’ait fait une science.

J’espère cependant que cette santé et cette machine me permettront de jouir des bontés de Votre Majesté, et d’aller philosopher avec elle sur les grands maux et les petits biens de la vie.

Lettre au roi de Prusse, 27 février 1777

Le grand défaut de ce siècle philosophe est de ne l’être pas encore assez.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

Je désirerais de voir cette question proposée à tous les philosophes de l’Europe par le plus philosophe des souverains.

Lettre au roi de Prusse, 27 novembre 1777

Je suis quelquefois tenté de dire du titre de philosophe ce que Jacques Rosbif dit de celui de Monsieur, dans la comédie du Français à Londres: Je ne veux point de ce titre-là, il y a trop de faquins qui le portent.

Lettre au roi de Prusse, 8 juin 1770

Il avait appris d’un politique philosophe, que les grandes places sont comme les rochers escarpés, qu’il n’y a que les aigles et les reptiles qui y parviennent.

Eloges, abbé de Choisy

Enfin, mon cher maître, voilà la bataille engagée, et le signal donné: il faut que Shakspeare ou Racine demeure sur la place.

Lettre à Voltaire, 20 août 1776

Cette aversion sourde pour les lumières, triste preuve de médiocrité ou de quelque chose de pis dans les monarques qui ouvrent leur âme à un sentiment si méprisable.

Eloges, Vaux de Saint-Cyr

L’insolence et la piraterie anglaise révoltent toutes les nations de l’Europe.

Lettre au roi de Prusse, 8 juin 1780

L’originalité piquante de Dufrény était auprès de son panégyriste une assez bonne recommandation.

Eloges, Marivaux

Il faut pincer bien fort, même jusqu’au sang, mais ne jamais écorcher.

Lettre à Voltaire, 4 août 1767

Celui qui trouva le premier les roues et les pignons, eût inventé les montres dans un autre siècle.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Je vous réponds que votre commission sera bien faite, et que les pierres mêmes le sauront.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1773

Je ne demande qu’une pierre sur ma tombe avec ces mots: Le grand Frédéric l’honora de ses bienfaits et de ses bontés.

Lettre au roi de Prusse, 12 août 1770

Le premier exploit de ce jésuite féroce et fougueux fut la destruction de Port-Royal, où l’on ne laissa pas pierre sur pierre.

Destruction des jésuites

Quels ouvrages que ceux dont plusieurs de nos écrivains périodiques ne rougissent pas de faire l’éloge!

Mélanges littéraires

L’harmonie souffre quelquefois de la justesse et de l’arrangement logique des mots, et réciproquement.

Mélanges littéraires

Les nouveaux traits contre Louis XIV, répandus dans le discours sur la polysynodie, étaient regardés comme une récidive, et comme un oubli impardonnable du repentir que l’abbé de Saint-Pierre avait paru témoigner dans la précédente accusation.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Il savait que l’avantage d’être recherché avec empressement jusqu’à la fin est le privilége d’un petit nombre d’hommes rares.

Eloges, Terrasson

Ce philosophe (Fontenelle), si célèbre par son esprit, et si recherché pour ses agréments, sans vices et presque sans défauts, parce qu’il était sans chaleur et sans passion…

Lettre à Condorcet sur Mme Geoffrin

Le danger d’en mourir (de la petite vérole) n’est pas non plus le même pour tous les âges, puisqu’on en réchappe bien plus aisément dans l’enfance que dans la vigueur de la jeunesse.

On m’a dit que Marmontel vous avait écrit le détail de la réception de Thomas (à l’Académie française); elle a été fort brillante.

Lettre à Voltaire, 26 janvier 1767

Un marchand de Rouen, calviniste zélé, et fort récalcitrant à sa conversion.

Eloges, La Monnoye

Cette troupe récalcitrante quand on la prie, mais très docile quand on lui commande.

Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1782

La fréquence et l’inutilité de ses sollicitations pour l’Académie, avait jeté un air de rebut sur ce candidat si opiniâtre et si malheureux.

Eloges, Trublet

Un homme d’esprit de ma connaissance voudrait qu’on étudiât et qu’on enseignât l’histoire à rebours, c’est-à-dire en commençant par notre temps et remontant de là aux siècles passés; cette idée me paraît très juste et très philosophique.

Mélanges littéraires

Louvois le raya de la petite académie des médailles; ce ministre n’aimait pas Colbert, et la haine qu’il portait au protecteur reflua sur le protégé, qui ne l’était plus.

Eloges, Charles Perrault

Les ravages de la superstition qui naît de l’ignorance et qui la reproduit à son tour.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La prétendue croix miraculeuse dont nous avons parlé dans l’éloge de Fléchier, et contre laquelle il donna une lettre pastorale, avait été érigée par un berger que le prélat fit sortir de son diocèse; on ratissait le bois de cette croix comme une relique.

Eloges, Fléchier

J’avais fort à coeur de ne pas voir rater ce canon, lorsque je m’étais chargé d’y mettre le feu.

Lettre à Voltaire, 27 août 1776

Les pauvres rats d’église pourront être un peu mécontents; mais, cette fois-ci, ils n’oseront pas trop sortir de leurs trous; il n’y aurait que des coups à gagner pour eux.

Lettre à Voltaire, 4 février 1773

Rassasié de gloire et comblé de biens et d’honneurs, le maréchal de Villars désira de joindre à toutes ses dignités le titre de notre confrère.

Eloges, duc de Villars

Il faut toujours que les grands hommes se rapprochent des autres par quelque faiblesse.

Inflexible sur les moyens qu’on proposait pour rapprocher la doctrine des protestants de celle des catholiques.

Eloges, Bossuet

Thomas observe dans son Essai sur les éloges, que Mascaron annonça Bossuet, comme Rotrou avait annoncé Corneille; ce rapprochement est aussi juste que bien vu.

Eloges, Fléchier

La Mère coquette de Quinault, donnée à peu près dans le même temps que l’Ecole des femmes, c’est-à-dire dans les premières années de Molière, peut être regardée comme un chef-d’oeuvre de style, surtout par rapport au temps où elle a été faite.

Eloges, Despréaux

Les injures mêmes dites à une nation ne sont quelquefois qu’un moyen plus piquant de se rappeler à son souvenir.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

C’est le propre des malheurs de ramener à la philosophie, comme le joueur qui a tout perdu revient à sa maîtresse.

Apologie de l'étude

L’art de raisonner consiste à comparer ensemble deux choses par le moyen d’une troisième.

Mélanges littéraires

Vous avez toute raison; mais ces messieurs ne l’entendent pas.

Lettre à Voltaire, 26 octobre 1762

Parmi les préjugés, tout ridicules qu’ils peuvent être, il n’en est point qui n’ait sa raison, ou, pour parler plus exactement, son origine.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La raison finira par avoir raison.

Lettre à Voltaire, 23 janvier 1757

On assure que Dacier et sa femme pensèrent un jour mourir d’un ragoût antique, dont ils avaient pris la recette dans Apicius ou dans Apulée.

Eloges, Despréaux

Le fils (de Crébillon), dans des romans pleins d’esprit et dictés par une connaissance profonde de tous les replis honteux du coeur humain, a tracé du pinceau le plus délicat et le plus vrai les raffinements, les nuances, et jusqu’aux grâces de nos vices.

Eloges, Crébillon

Les Français si délicats en matière de goût et si raffinés sur les plaisirs en tout genre.

Eloges, Régnier Desmarais

Je crois qu’il serait bon d’insérer dans un dictionnaire les mots radicaux de la langue même en les indiquant par un caractère particulier.

Mélanges littéraires

Si Marivaux n’était un modèle ni de style ni de goût, du moins il avait racheté ce défaut par beaucoup d’esprit, et par une manière qu’il n’avait empruntée à personne.

Eloges, Marivaux

Il n’écrivait point ses sermons, ou plutôt il ne les écrivait qu’en raccourci et comme en idée.

Eloges, Bossuet

Je ne doute point qu’ils ne disent alors comme cet ami de la Brinvilliers à qui on apprenait qu’elle avait empoisonné son père: si cela est, j’en rabats beaucoup.

Lettre au roi de Prusse, 2 janvier 1772

Les jésuites ont été, si on peut parler de la sorte, au rabais du marché de Pélage; ils ont dit aux chrétiens: vous pouvez tout, et Dieu vous demande peu de chose.

Destruction des jésuites

Je vois, par ce que vous me mandez, que nous ne tarderons pas à voir le Corneille (le Commentaire); n’oubliez pas de le louer beaucoup quand il est sublime, et, quand il est rabâcheur, faites-le sentir sans le dire.

Lettre à Voltaire, 17 novembre 1762

Il n’en ordonne pas moins des prières pour remercier Dieu de ce qu’il n’y a eu que trois ou quatre cents malheureux qui aient été brûlés; je m’imagine que Dieu répondra qu’il n’y a pas de quoi.

Lettre à Voltaire, 9 janvier 1773

Ce petit nombre d’hommes auxquels la Providence a soumis leurs semblables, et qui n’ont à redouter sur la terre que le moment où ils la quittent.

Eloges, Bossuet

La fameuse quiétiste Mme Guyon avait ébranlé l’archevêque de Cambrai, avait séduit et entraîné d’autres personnes de la cour, entre autres le pieux et austère duc de Chevreuse.

Eloges, Bossuet

J’apprends qu’en Espagne on vient de brûler il y a six mois une malheureuse femme pour hérésie de quiétisme.

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1781

Il était question de déterminer la courbe décrite par un projectile dans un milieu résistant, suivant une certaine loi qui renfermait une infinité de cas, et dont un seul jusqu’alors avait été résolu.

Eloges, Bernoulli

Le public, qui, soit humeur, soit justice (car nous ne voulons ici lui faire ni compliment ni querelle), ne joint pas toujours sa voix à celle des académiciens (dans les choix).

Eloges, Saint-Aulaire

Il est vrai que Fontenelle avait auprès de Despréaux et de Racine un tort irrémissible, celui d’être le complice de Charles Perrault dans la querelle sur les anciens.

Eloges, J. Test. de Mauroy

Il n’avait point pour principe, disait-il, ni de laisser aller le monde comme il veut, ni de dire toujours du bien de M. le prieur, ni de faire son devoir tellement quellement.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Que de fous et de méchants dans ce meilleur des mondes possibles!

Lettre à Voltaire, 11 août 1766

Je respecterai toujours, comme de raison, la religion, le gouvernement, et même les ministres; mais je ne ferai point de quartier à toutes les autres sottises, et assurément j’aurai de quoi parler.

Lettre à Voltaire, 27 février 1765

La philosophie est entrée en quartier d’hiver; Dieu veuille qu’on l’y laisse respirer!

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

Je crains même qu’il (le genre humain) ne se trouve trop hideux étant montré de trois quarts, et qu’il ne lui prenne envie de brûler le tableau.

Lettre à Voltaire, 12 février 1763

Votre Majesté achève actuellement la quarantième année du plus beau règne dont l’histoire fasse mention.

Lettre au roi de Prusse, 7 décembre 1779

Le long quanquan que je viens de faire à l’Académie pour la réception de l’ex-jésuite Millot.

Lettre à Voltaire, 24 janvier 1778

L’homme de qualité qui n’a que ses aïeux pour mérite n’est tout au plus aux yeux de la raison qu’un vieillard en enfance qui aurait fait autrefois de grandes choses.

Essai sur la société des gens de lettres

Pour réduire cette question à l’énoncé le plus simple, il s’agit de savoir si la force d’un corps qui a une certaine vitesse devient double ou quadruple, quand sa vitesse devient double.

Eloges, Bernoulli

On m’accuse de matérialisme, disait un jour un pyrrhonien; c’est à peu près comme si on accusait un constitutionnaire de jansénisme.

Abus de la critique

Le sort d’un pygmée qui veut faire le géant, est de paraître encore plus pygmée.

Eloges, Lamotte

Il fit, sur une jeune actrice qui n’avait ni talent ni figure, une plaisanterie qu’il se reprocha, et dont même il se punit, si c’est se punir que de réparer une faute par une action généreuse.

Eloges, Marivaux

Enfin ce sera un nid de chenilles de moins, et de chenilles très pullulantes et très dangereuses.

Lettre au roi de Prusse, 1er janvier 1773

Que dirait Socrate de l’éducation publique qu’on donne à notre jeune noblesse, des puérilités dont on se plaît à la nourrir, comme si on n’avait rien de bon à lui apprendre?

Essai sur la société des gens de lettres

Ces inventions guerrières qui, en devenant bientôt communes à tous les peuples, perdent par cette publicité même, sinon leur mérite, au moins leurs avantages.

Eloges, Caillères

Un publiciste allemand trouverait là de quoi faire un gros volume, et le sage d’assez courtes, mais d’assez tristes réflexions.

Destruction des jésuites

Je dirais à Votre Majesté avec le psalmiste David: – Vous avez reçu la louange de la bouche même des enfants.

Lettre au roi de Prusse, 30 juillet 1781

Sa prudence était trop éclairée pour ressembler à la finesse.

Eloges, Dangeau

Plusieurs de ses bons mots (de Pascal) ont même fait proverbe dans la langue; et les Lettres provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût et de style.

Eloges, Bossuet

Déjà un très grand nombre de ministres protestants n’a plus d’autre croyance qu’un déisme tempéré et mitigé, qui ne diffère du pur déisme que par le respect qu’ils affectent encore de conserver pour le Christ et pour la Bible.

Eloges, Massillon

Nos évêques viennent de demander au roi que les enfants des protestants soient déclarés bâtards, et que les voeux monastiques puissent se faire à seize ans.

Lettre au roi de Prusse, 15 décembre 1775

On dit défendre une cause, soutenir une entreprise, protéger les sciences et les arts.

Synonymes

On est protégé par ses supérieurs, on peut être défendu et soutenu par ses égaux; on est protégé par les autres, on peut se défendre et se soutenir par soi-même.

Synonymes

Borné à la société peu nombreuse de ses amis et, par conséquent, de ses égaux, il n’essuya ni la hauteur des hommes puissants ni le triste honneur d’en être protégé.

Eloges, la Chaussée

Une protection mal entendue est une véritable guerre qu’on fait aux talents.

Essai sur la société des gens de lettres

Nous avions demandé au roi notre protecteur 1500 livres par an pour augmenter nos prix, et exciter l’émulation des jeunes gens; le roi nous a refusé cette somme.

Lettre à Voltaire, 1er octobre 1776

J’ai averti, et je ne saurais trop le répéter, que M. Diderot est auteur du prospectus de l’Encyclopédie, qui termine ce discours, et qui en fait une partie essentielle.

La différence peut-être la plus marquée entre la prosodie de la langue française et celle des langue grecque et latine, différence que l’abbé d’Olivet paraît n’avoir pas assez connue, c’est la quantité de syllabes communes que renferme la première.

Eloges, d'Olivet

On s’aperçoit facilement des fautes contre la prosodie dans une chanson mal parodiée sur un air connu.

Eloges, Régnier Desmarais

Despréaux écrivait ordinairement ses ouvrages en prose, avant que de les mettre en vers; on assure que Racine en usait de même pour ses tragédies.

Eloges, Despréaux

Les proscriptions de Sylla, qui avilirent l’esprit de la nation et la préparèrent à l’esclavage.

Eloges, Montesquieu

Le plus célèbre écrivain de notre nation et de notre siècle (Voltaire) faisait des sermons de ce grand orateur une de ses lectures les plus assidues; Massillon était pour lui le modèle des prosateurs, comme Racine est celui des poëtes.

Eloges, Massillon

Rentrés enfin tout à fait dans le monde corporel, nous apercevons bientôt l’usage que nous pouvons faire de la géométrie et de la mécanique, pour acquérir sur les propriétés des corps les connaissances les plus variées et les plus profondes.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Cette louange (du courage, en Louis XIV, vieux et malheureux) eut du moins le mérite que n’avaient pas eu tant d’autres; elle appartenait en propre au monarque, et n’était ni basse, ni exagérée.

Eloges, Saint-Aulaire

Si le propre du génie est de créer en grand, celui de l’esprit dans les petits ouvrages est d’imaginer, celui du talent est de mettre en oeuvre, et celui du goût de mettre en place.

Eloges, Saint-Aulaire

Descartes les jugeait (les femmes) plus propres que nous à la philosophie, et une princesse malheureuse a été son plus illustre disciple.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

Cette diversité d’effets provenant tous d’une même cause, peut servir pour le dire en passant, à montrer le peu de justesse de l’axiome prétendu, si souvent mis en usage sur la proportionnalité des causes à leurs effets.

Traité de dynamique

La première règle, et la seule raisonnable, est d’écrire comme on prononce: les Italiens nous en donnent l’exemple, et nous devrions le suivre.

Lettre à Voltaire, 26 octobre 1770

Parmi les verbes qui se conjuguent avec le pronom personnel se, et qu’il (l’abbé de Dangeau) appelle pronominaux, il en distingue de quatre sortes.

Eloges, Dangeau

On dit qu’il a permission d’aller se promener dans ses abbayes; on aurait dû l’envoyer promener quatre ans plutôt.

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

L’économie est plus éclairée que la profusion.

Essai sur la société des gens de lettres

Ma tête fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes.

M. de Villoison, que son profond savoir a fait recevoir à l’Académie des belles-lettres de Paris avant l’âge de vingt ans.

Lettre au roi de Prusse, 25 avril 1774

L’éloquence n’en use pas autrement; elle ne peint jamais que le profil.

Apologie de l'étude

Il (M. de Voltaire) donna à cet abbé Gaultier, qui la lui demanda, une profession de foi écrite tout entière de sa propre main, et par laquelle il déclare qu’il veut mourir dans la religion catholique où il est né.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

Le génie qui produit restera toujours aussi supérieur au copiste qui ne fait qu’imiter, que la nature est au dessus de l’art.

Eloges, d'Olivet

Despréaux fut dans ses premières années le contraire de ces petits prodiges de l’enfance, qui souvent dans l’âge mûr sont à peine des hommes ordinaires.

Eloges, Despréaux

Le calcul des probabilités est appuyé sur cette supposition, que toutes les combinaisons différentes d’un même effet sont également possibles.

L’esprit de critique, vraiment utile à la littérature et au bon goût, qui n’est autre chose que le discernement juste et fin des beautés et des défauts d’un ouvrage.

Eloges, Moncrif

C’est l’histoire privée de Christine et non l’histoire de son royaume que j’ai pour objet dans cet écrit.

Il (Marmontel) répondra sûrement à Votre Majesté avec plus de satisfaction qu’il ne fera à la Sorbonne sur son Bélisaire; le pauvre garçon est actuellement aux prises avec elle.

Lettre au roi de Prusse, 10 avril 1767

Plus on diminue le nombre des principes d’une science, plus on leur donne d’étendue, puisque, l’objet d’une science étant nécessairement déterminé, les principes appliqués à cet objet seront d’autant plus féconds qu’ils seront en plus petit nombre.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Cette gaieté annonce en elle (Votre Majesté) un principe de vie encore très animé.

Lettre au roi de Prusse, 26 octobre 1781

L’abbé Testu, dans les sociétés où il vivait, cherchait à jouer un rôle distingué, et à se rendre l’objet principal; ce défaut a été celui de plus d’un homme d’esprit, qui par cette raison aimait mieux vivre avec des sots qu’avec ses pareils.

Eloges, Testu

La morale est comme la médecine, beaucoup plus sûre dans ce qu’elle fait pour prévenir les maux, que dans ce qu’elle tente pour les guérir.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

Votre Majesté croira-t-elle que l’archevêque de Paris (qui, par parenthèse, se meurt en ce moment d’hydropisie) a demandé et obtenu que, dans les pièces de théâtre nouvelles, le mot de prêtre ne fût pas prononcé?

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1781

Ces prétoriens ou janissaires du saint-siége (les jésuites) devenus odieux au saint-siége même.

Eloges, d'Olivet

Il avait su faire rire le public aux dépens de ses adversaires; il leur prêta le flanc en travestissant maladroitement l’objet de leur culte.

Eloges, Lamotte

Je réponds de moi, disait-il, jusqu’à un million; ceux qui le connaissaient auraient bien répondu de lui par de là.

Eloges, Terrasson

Personne ne répond de nos articles que nous, et nous ne répondons que de nos articles; l’Encyclopédie est à cet égard dans le même cas que les recueils de toutes nos académies.

Le moyen le plus sûr d’accréditer une opinion auprès de la frivolité française, est d’inventer quelques phrases que tous les sots puissent répéter en croyant dire quelque chose.

Eloges, Crébillon

C’était à lui que la Bretagne était redevable de la sage administration établie depuis quarante ans, pour la répartition et la perception des impôts.

Eloges, Vauréal

Il est vrai qu’on (Colbert et Louis XIV) aurait pu mettre, à quelques égards, plus de discernement et de lumières dans cette répartition de grâces, et ne pas confondre avec les talents éminents plusieurs talents médiocres.

Eloges, Charles Perrault

Il est vrai qu’un écrivain satirique, après avoir outragé des hommes célèbres, croit réparer ses insultes par les éloges qu’il leur donne après leur mort.

Mélanges littéraires

Cette lettre (de Boileau) était à peu près une nouvelle critique de Perrault, tant la réparation avait la tournure équivoque.

Eloges, Charles Perrault

Corneille plus répandu aurait été plus loué, mais n’eût jamais fait Polyeucte.

Essai sur la société des gens de lettres

Le premier avantage que les gens de lettres trouvent à se répandre dans le monde, c’est que leur mérite est, sinon plus connu, au moins plus célébré.

Ce prétendu esprit républicain (dans l’Académie française), suivant la réflexion de l’abbé de Dangeau, était un grand et terrible mot employé bien gratuitement contre des confrères très paisibles et très modérés.

Eloges, Dangeau

L’illustre auteur de Phèdre avait assez d’épigrammes satiriques à se reprocher, pour qu’on doive se faire un scrupule de lui imputer en ce genre des péchés qu’il n’a pas commis.

Eloges, Gaspard Abeille

Arnauld l’avait bien senti, quand il disait à Racine: Pourquoi cet Hippolyte amoureux? le reproche était moins d’un casuiste que d’un homme de goût.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

C’est à vous, sire, que l’humanité et la philosophie doivent rendre grâces de tout ce que les souverains font et feront encore pour favoriser la tolérance et réprimer la superstition.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Il (Fontenelle) a eu, comme tous les grands écrivains, le style de sa pensée; ce style original et simple ne peut représenter agréablement et au naturel un autre esprit que le sien.

Les représentations théâtrales formeraient le goût des citoyens, et leur donneraient une finesse de tact, une délicatesse de sentiment qu’il est très difficile d’acquérir sans ce secours.

Ces représentations, supposées sur la toile, sont peut-être la vraie pierre de touche pour juger de la beauté des images poétiques.

Eloges, Despréaux

Il corrigea tout ce qui lui paraissait réellement répréhensible, et qu’une critique plus amère qu’éclairée n’avait pas toujours aperçu.

Avec un extérieur peu attirant et presque fait pour repousser ceux qui n’y étaient pas aguerris, l’abbé d’Olivet portait au fond du coeur une envie d’obliger sincère et active, que plusieurs gens de lettres ont éprouvée.

Eloges, d'Olivet

Outragés sans repousser l’outrage.

Eloges, Crébillon

Louis XIV, jeune encore et avide de renommée, qu’il prenait pour la véritable gloire, se préparait à faire la guerre à la Hollande.

Eloges, Despréaux

Je ne sais par quelle raison on est convenu presque généralement de réduire l’histoire à une espèce de gazette renforcée, exacte pour les faits et pour le style.

La devise de l’homme vertueux est renfermée dans ces deux mots, donner et pardonner.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Les sentences criminelles se rendent dans la place publique par les syndics, avec beaucoup d’appareil.

Aux sentiments de qui rendriez-vous justice, si vous ne la rendiez pas aux miens?

Lettre à Voltaire, 9 mars 1770

Si le traducteur ne rend pas ce style et ce goût, il n’a rien rendu; il a anéanti son auteur en croyant le faire revivre.

Eloges, Saci

Les mots arrivent plus aisément pour rendre une émotion vive qu’une idée claire.

On rend avec netteté ce que l’on conçoit bien.

Les coups qu’on sent le plus sont ceux qu’on ne peut pas rendre.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Il faut convenir que sur ce point nous sommes un peu en avance avec eux, et qu’ils ne nous rendent pas fort exactement les louanges que nous leur donnons.

Essai sur la société des gens de lettres

La vanité humaine, dit quelque part Marivaux lui-même, n’est pas difficile à nourrir, et se repaît des aliments les plus grossiers comme des plus délicats; il en était la preuve.

Eloges, Marivaux

Les renvois dans ce dictionnaire (Encyclopédie) ont cela de particulier, qu’ils servent principalement à indiquer la liaison des matières; au lieu que, dans les autres ouvrages de cette espèce, ils ne sont destinés qu’à expliquer un article par un autre.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

M. de Condorcet a lu, à la rentrée de la Saint-Martin, un éloge charmant du P. Lesueur, un des deux minimes commentateurs de Newton, et ami de notre pauvre P. Jacquier.

Lettre à Voltaire, 23 novembre 1776

Cette vanité rentrée, qui, pour se consoler de l’indifférence qu’on lui montre, feint de repousser ce qu’on ne pense point à lui offrir.

Je profite du premier moment pour me renouveler dans votre souvenir.

Lettre à Voltaire, 2 septembre 1760

Rien n’irrite davantage les gens raisonnables que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent à le gouverner.

Destruction des jésuites

Elle (Christine) renonça à la Suède pour jamais, et revint à Rome, où elle passa le reste de ses jours mécontente et mal payée de ses anciens sujets.

Les épigrammes (de Racine) contre cette même Judith de Boyer et contre l’Aspar de Fontenelle, faites dans le temps de sa plus haute dévotion, prouvent que, s’il avait renoncé au théâtre, il n’avait pas renoncé à la satire.

Eloges, Boileau

L’abbé de Rancé, qui dès lors méditait cet entier renoncement au monde, dont il donna depuis un si terrible exemple.

Eloges, Testu

Pour jouir de ce bonheur qu’on cherche tant et qu’on trouve si peu, la sagesse vaut mieux que le génie, l’estime que l’admiration, et les douceurs du sentiment que le bruit de la renommée.

Eloges, Saci

Une autre difficulté encore plus grande, c’est l’argent que je n’ai pas; beaucoup d’amis m’en offrent; mais je ne serais pas en état de le rendre, et je ne veux l’aumône de personne.

Lettre à Voltaire, 4 août 1770

Jurisprudence, philologie, critique, langues savantes et étrangères, histoire ancienne et moderne, histoire littéraire, traductions, éloquence et poésie, il remua tout, il embrassa tout.

Eloges, Bouhier

Je ne sais plus que faire à présent de mes soirées ni de mes matinées, et tout ce qui les occupe n’est que du remplissage.

Lettre au roi de Prusse, 27 novembre 1777

Quoiqu’il menât dans le monde une vie assez dissipée, il se crut obligé, d’après la décision de sa famille, de remplir sa vocation ecclésiastique.

Eloges, abbé de Choisy

Hélas! j’ai perdu avec vous seize ans de ma vie; qui remplira et consolera le peu d’années qui me restent?

Aux mânes de Mlle de l'Espinasse

La pièce, après quelques représentations, disparut du théâtre pour ne s’y remontrer jamais.

Eloges, Genest

Quand même notre littérature se remonterait, je doute qu’elle puisse de longtemps produire un homme aussi rare (Voltaire), et qui réunisse tant de talents à un si haut degré.

Lettre au roi de Prusse, 19 septembre 1779

Reprendre les choses de plus loin, de plus haut. Pour ne point remonter trop haut, fixons-nous à la renaissance des lettres.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

En quelque matière que ce soit, nous devons désespérer de remonter jamais aux premiers principes, qui sont toujours pour nous derrière un nuage.

Réflexions sur le goût

On vient, dit-on, de faire imprimer sa généalogie (de Pompignan), qui remonte, par une filiation non interrompue, depuis lui jusqu’à son père.

Lettre à Voltaire, 16 juin 1760

Ces hommes orgueilleux et vils, qui regardent les gens de lettres comme des espèces d’animaux destinés à combattre dans l’arène pour le plaisir de la multitude, descendraient alors de l’amphithéâtre, et verraient leurs juges y remonter.

Essai sur la société des gens de lettres

Il me semble, comme à vous, que votre ancien disciple (le roi de Prusse) est un peu remonté sur sa bête.

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

Remonté sur sa bête, qui a repris force, santé, fortune. Je ne puis être fâché, ni pour la France ni pour la philosophie, de voir votre ancien disciple remonté sur sa bête (le roi de Prusse rétablissant ses affaires).

Lettre à Voltaire, 25 septembre 1762

La catastrophe pleine d’horreur qui la termine, ce sang qu’Atrée veut faire boire à Thyeste, a toujours nui au plein succès de la pièce dans toutes ses remises.

Eloges, Crébillon

Je me suis remis à la géométrie, que j’avais comme abandonnée depuis longtemps.

Lettre au roi de Prusse, 30 décembre 1776

On nous flatte de remettre Rome sauvée après la St-Martin.

Lettre à Voltaire, 24 août 1752

On ne sait par quelle fatalité ce sujet (Cléopatre), si favorable en apparence aux mouvements dramatiques, remanié par une foule d’auteurs, n’a pu fournir encore une tragédie dont la fortune ait été durable.

Le savant et pauvre Théodore de Gaza, qui, ayant dédié à Sixte IV sa traduction du livre d’Aristote sur les animaux, en reçut pour tout remerciement le prix de la reliure, que ce pape lui fit rendre.

Eloges, Dangeau

Ce pèlerin espagnol, tout glorieux d’avoir visité plus de reliques qu’aucun de ses pareils.

Eloges, Saint-Aulaire

Mabillon, comme le religieux le plus savant de son royaume…. ajoutez et le plus humble, dit l’archevêque de Reims, le Tellier, qui croyait faire une épigramme bien adroite contre la modestie du prélat.

Eloges, Bossuet

La médisance ou la calomnie accusait l’homme en place de n’être pas fort religieux.

Je crois que cette raison seule devrait engager le souverain pontife à relever au moins de leurs voeux tous les jésuites français, espagnols et portugais.

L’opinion peu relevée qu’on se forme communément dans le monde de l’état des gens de lettres.

L’abbé de Vertot, qui, emporté dans sa jeunesse par une fièvre de dévotion, avait commencé par se faire capucin, et qui, relevé de ses voeux, devint membre de l’Académie des belles-lettres et un de nos historiens les plus estimés.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

On a dit en particulier d’Escobar, également connu par l’austérité de ses moeurs et par le relâchement de sa morale, qu’il achetait le ciel bien cher pour lui-même, et le donnait à bon marché aux autres.

Destruction des jésuites

Les femmes qui se rejettent au fond de leurs loges quand elles voient la coupe sanglante d’Atrée tomber et se répandre sur le théâtre.

Eloges, Crébillon

L’humeur que lui donnait sa situation (censeur) rejaillissait sur les ouvrages qui avaient le malheur de tomber entre ses mains.

Eloges, Crébillon

Il se crut obligé de ne plus faire cause commune avec eux (les jacobites), depuis qu’il avait obtenu ou plutôt accepté sa réhabilitation.

Eloges, Milord Maréchal

On fit, après sa mort (du P. Gouye), un règlement qui exclut à l’avenir les réguliers des places d’honoraires et ne leur laisse que celle d’associés libres.

Dans l’homme machine même, la crainte d’une part et de l’autre l’intérêt sont les deux grands régulateurs, les deux roues principales qui font aller la machine.

Lettre au roi de Prusse, 2 août 1770

Il est aussi atroce qu’absurde, de voir les uns regorger de superflu, et les autres manquer du nécessaire.

Lettre au roi de Prusse, 30 avril 1770

Durant tout le temps que la philosophie d’Aristote a régné, c’est-à-dire pendant plusieurs siècles.

Abus de la critique

Ils (les jésuites) eurent, dans les dernières années de leur trop long règne, le malheur ou la sottise d’attaquer…

Eloges, Crébillon

Il me semble que les auteurs dramatiques sont pour les règles comme les Français pour les impôts: ils y obéissent en murmurant.

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

Ce n’est point à produire des beautés, c’est à faire éviter les fautes, que les grands maîtres ont destiné les règles.

Elle se rétablit peu à peu, et j’espère qu’elle se conservera par un régime exact, le seul remède auquel j’ai confiance.

Lettre au roi de Prusse, 17 septembre 1764

On les représentait (les jésuites) à la fois comme idolâtres du despotisme pour les rendre vils, et comme prédicateurs du régicide pour les rendre odieux; ces deux accusations pouvaient paraître un peu contradictoires.

Destruction des jésuites

Plein des espérances dont on l’avait enivré, il partit pour Versailles et n’y fut regardé de personne.

Eloges, Crébillon

Je voudrais qu’on apprît une bonne fois, dans ce pays-ci, à respecter les talents dont on a besoin pour son plaisir et pour son instruction, et à ne pas croire qu’après les avoir outragés et avilis on les regagne par des caresses.

Lettre à Voltaire, 13 août 1765

On assure que, Voltaire ayant fait présenter aux comédiens sa tragédie de Mérope, sans leur apprendre qu’il en était l’auteur, elle fut refusée, parce qu’il n’y avait point dans cette pièce d’autre amour que la tendresse maternelle.

Eloges, la Chaussée

Il consentait même qu’on se moquât de ses redites, pourvu qu’en se moquant on les citât.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Non-seulement on lui pardonne ces douces et tendres redites, mais on lui sait gré du motif touchant qui les multiplie.

Eloges, Massillon

Le roi se fit redire ces vers jusqu’à trois fois, loua beaucoup l’épître, et fit la guerre.

Eloges, Despréaux

Le cardinal Alberoni, dont la fortune a été si brillante, en était redevable à Campistron.

Eloges, Campistron

Je n’ai point dit que les sciences fussent plus redevables aux Français qu’à aucune des autres nations; j’ai dit seulement, et cela est vrai, que l’astronomie physique leur est aujourd’hui plus redevable qu’aux autres peuples.

Lettre à Voltaire, 13 mai 1759

Savoir reculer à propos pour gagner ensuite plus de terrain.

Eloges, L. Verjus

Entre plusieurs traits dont brille son discours, on reconnaîtrait l’écrivain qui pense, au seul portrait du cardinal de Richelieu.

Eloges, Montesquieu

Le Tartufe, cet ouvrage unique au théâtre, d’une utilité qui devrait réconcilier avec les spectacles les véritables gens de bien.

Eloges, Despréaux

La réconciliation (avec Boileau) fut sincère de la part de Perrault: il supprima même plusieurs traits qu’il réservait aux anciens, dans le tome IV de ses Parallèles.

Eloges, Charles Perrault

Les Italiens en ont un qu’ils appellent récitatif obligé, c’est-à-dire accompagné d’instruments, et qu’ils emploient souvent avec succès dans les morceaux d’expression.

De la liberté de la musique

Pourquoi notre siècle, en se refroidissant sur l’églogue, semble-t-il se refroidir aussi sur le genre le plus opposé au bucolique, sur le genre de l’ode?

Réflexions sur la poésie

La destruction de Carthage était le refrain de tous les discours de Caton au sénat.

Lettre à Voltaire, 8 septembre 1762

Quelques mémoires qu’il donna à l’Académie des sciences en 1739 et en 1740, entre autres un mémoire sur la réfraction des corps solides, qui contenait une théorie curieuse et nouvelle de cette réfraction.

Mémoires

Le premier usage que fit Louis XIV des talents du jeune prélat, fut de le nommer pour médiateur entre le nonce du pape et quatre évêques français, réfractaires très obstinés à la condamnation de Jansénius.

Eloges, cardinal d'Estrées

Il pensait que les établissements les plus utiles avaient besoin de réforme; il les comparait à des horloges, qu’il faut de temps en temps nettoyer et remonter.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Dans un roman comme dans une histoire, les longues réflexions impatientent et glacent le lecteur.

Eloges, Marivaux

Les objets dont notre âme s’occupe, sont ou spirituels ou matériels, et notre âme s’occupe de ces objets ou par des idées directes ou par des idées réfléchies.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Je perds tous les jours quelque ami, et on n’en refait plus à mon âge.

Lettre au roi de Prusse, 3 juillet 1778

Je me souviens qu’après la bataille de Zorndorf, où Votre Majesté avait assommé 30000 Russes, un grand Danois me disait froidement: Il n’y a pas de mal, il est si aisé à Dieu de refaire des Russes.

Lettre au roi de Prusse, 14 février 1774

Il rassemblait chez lui les membres les plus estimables de l’Académie de Caen, à laquelle il redonna une espèce de vie.

Eloges, Segrais

On entend quelquefois les partisans de Lulli se récrier d’admiration sur ce que c’est un étranger qui a créé notre récitatif; il y paraît, on sait à quel point la prosodie y est estropiée, surtout dans les finales.

De la liberté de la musique

La sensibilité extrême exclut la sécheresse.

Portrait de Melle de Lespinasse

Ames sèches et frivoles, ce n’est pas pour vous que j’écris; âmes tendres et sensibles, lisez-moi et pardonnez-moi.

Lettre à Condorcet sur Mme Geoffrin

Le discours que le cardinal Dubois prononça à la première séance de l’assemblée du clergé, à laquelle il présida en 1723, était l’ouvrage de Fontenelle.

Il (l’abbé Abeille) pensait, et avec très grande raison, que la scène peut être une école de vertu, et qu’à ce titre jamais un citoyen honnête ne doit avoir de scrupule d’y consacrer ses talents.

Eloges, Gaspard Abeille

Il est nécessaire d’y faire (dans un dictionnaire) entrer tous les mots scientifiques que le commun des lecteurs est sujet à entendre prononcer, ou à trouver dans les livres ordinaires.

J’entends ici par la science du monde, l’art de se conduire avec les hommes pour tirer de leur commerce le plus grand avantage possible, sans s’écarter néanmoins des obligations que le monde impose à leur égard.

Mélanges

Bossuet, qui voyait s’élever dans Bourdaloue un successeur digne de lui et formé sur son modèle, remit le sceptre de l’éloquence chrétienne aux mains de l’illustre rival à qui il avait ouvert et tracé cette glorieuse carrière.

Eloges, Bossuet

Depuis qu’il (Boileau) avait quitté ce sceptre du Parnasse, qui avait été longtemps un sceptre de fer entre ses mains, mais nécessaire au maintien du bon goût.

Eloges, Saint-Aulaire

Le savoir que l’auteur y a répandu, la précision des règles et la justesse des applications, ont fait regarder avec raison cette partie de l’Encyclopédie comme une des mieux traitées.

Eloges, Dumarsais

Les voeux furent déclarés abusifs, les jésuites sécularisés et dissous, leurs biens aliénés et vendus.

Les partisans de la bulle se croyaient fondés à traiter les jansénistes comme des sectaires déclarés.

Le secrétariat de l’Académie étant venu à vaquer par la mort de Mézerai, il (Regnier Desmarais) fut jugé plus propre que personne à remplir cette place.

Eloges, Régnier Desmarais

Les éloges historiques sont en usage dans nos académies des sciences et des belles-lettres, et, à leur exemple, dans un grand nombre d’autres; c’est le secrétaire qui en est chargé.

Il (M. de Créci) avait eu d’abord auprès de Louis XIV une place de secrétaire du cabinet, qui mettait tous les jours le monarque à portée de le sonder et de le juger.

Eloges, L. Verjus

Despréaux, entre autres conseils qu’il s’applaudissait d’avoir donnés à Racine, se vantait de lui avoir appris à faire toujours le second vers avant le premier; c’était, selon lui, un des plus grands secrets de la poésie.

Eloges, Despréaux

Son âme avait besoin d’être remplie et non pas tourmentée; il ne lui fallait que des émotions douces; les secousses l’auraient usée et amortie.

Portrait de l'auteur

Picard avait découvert le premier en 1675 que son baromètre, secoué dans l’obscurité, donnait de la lumière, principalement à sa partie supérieure.

Eloges, Bernoulli

Deux secondes d’erreur dans la seule mesure de l’arc céleste donnent trente-deux toises d’erreur sur le degré; et quel observateur peut répondre de deux secondes?

L’impression est le juge naturel du premier moment; la discussion l’est du second.

Ils (les jésuites) disaient pour se défendre, que l’Eglise universelle était saisie de leur cause par l’appel qu’ils avaient fait au futur concile.

Destruction des jésuites

Ils (les jansénistes de Port-Royal) ne se refusaient pas dans leur solitude comme l’a remarqué Racine, le plaisir de faire des sabots, et celui de tourner les jésuites en ridicule.

Les Trublet, se trouvant très illustrés de l’ancienneté sans tache de leur roture, n’ont jamais eu la sotte vanité, comme tant d’autres, de se faire, de bourgeois anciens, gentilshommes nouveaux.

Eloges, Trublet

Voiture lui dirait (à Mlle Clairon, dans le rôle d’Olympie) qu’on ne lui reprochera pas de n’être bonne ni à rôtir ni à bouillir.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1764

Cette harmonie douce et flexible, cette rondeur et cette mollesse d’expression et de cadence, cette diction toujours noble et facile (dans Cicéron).

Eloges, Saci

Malheur à tout roman que le lecteur n’est pas pressé d’achever!

Eloges, Marivaux

Sa disgrâce à la cour, qui avait commencé par ses opinions mystiques, fut consommée sans retour par son roman de Télémaque.

Eloges, Fénelon

Les prêtres et les robins aux prises pour les sacrements.

Lettre à Voltaire, 13 décembre 1756

Plusieurs célèbres écrivains, à la tête desquels étaient Fontenelle et Lamotte, et qui unissaient la philosophie aux charmes de la littérature, l’urbanité aux talents, l’estime réciproque à la rivalité.

Eloges, Saci

Le rire sardonique, qui est la grimace de ceux qui meurent de faim.

Lettre à Voltaire, 4 août 1767

Lorsqu’on lui demandait quel était celui de ses sermons qu’il croyait le meilleur, il répondait: celui que je sais le mieux.

Eloges, Massillon

De vices, j’avoue que je ne vous en sais point.

Portrait de Melle de Lespinasse

La philosophie, bien loin d’être, comme l’imbécile méchanceté l’en accuse, l’ennemie des rois et des peuples, est au contraire leur sauvegarde la plus assurée, par l’horreur qu’elle inspire pour la tyrannie qui rend les souverains odieux.

Eloges, Vaux de Saint-Cyr

Pour être satisfait, il faut avoir désiré; on peut être content sans avoir désiré rien.

Synonymes

Mon cher et grand philosophe, je satisfais, autant qu’il est en moi, aux questions que vous me faites.

Lettre à Voltaire, 6 mai 1760

En les louant (les anciens) à l’excès sans vouloir trop leur ressembler, il a tout à la fois la satisfaction si douce de médire de son siècle et la prudence si nécessaire de rechercher son suffrage.

Réflexions sur l'histoire

Une autre preuve moins équivoque du caractère satirique de Racine, c’est l’épigramme qu’il fit contre le Sésostris de Longepierre.

Eloges, Despréaux

Racine, Corneille, Molière, etc. ont été accablés de leurs temps par des volumes de satires; qui est-ce qui en connaît aujourd’hui une seule?

Eloges, Despréaux

Dumarsais, sans être aussi modeste que l’abbé Girard, ignorait encore plus que lui les moyens de se procurer les honneurs littéraires.

Eloges, Girard

C’est une espèce de dictionnaire dont les articles sont courts, mais où il y en a un grand nombre de très plaisants et de très salés.

Lettre à Voltaire, 14 août 1767

L’orgueil est toujours révoltant; la vanité, toujours ridicule.

Synonymes

Qu’on établisse aujourd’hui ces mêmes docteurs pour réviseurs généraux de tout l’ouvrage (l’Encyclopédie), et qu’on nous donne par ces moyens des entraves intolérables, c’est à quoi je ne me soumettrai jamais.

Lettre à Voltaire, 20 janvier 1758

Depuis la mort d’une certaine dame (Pompadour), qui n’aimait pourtant pas les philosophes, le parti jésuitique commence à revirer tant soit peu de bord.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1764

Les voleurs de nuit redoutent les réverbères.

Il était aussi prompt à revenir qu’à s’offenser.

Eloges, Marivaux

Molière, par les chefs-d’oeuvre comiques qu’il avait osé écrire en prose, avait forcé le public à revenir d’une prévention (sur la comédie en vers) si contraire à son propre plaisir.

Eloges, Lamotte

Il y a ici un religieux italien, homme d’esprit et de mérite, qui ne revient point de cette atrocité.

Lettre à Voltaire, 16 juillet 1766

Revenons à Despréaux; il sut se procurer à la cour une protection plus puissante que celle du duc de Montausier, celle de Louis XIV lui-même.

Eloges, Despréaux

On les croyait (les jésuites) si peu anéantis, malgré leur dispersion, qu’un supérieur de séminaire à qui on offrit leur maison du noviciat, répondit qu’il n’en voulait pas, parce qu’il avait peur des revenants.

Il est vrai que l’encens était habilement préparé pour chatouiller la modestie revêche du Caton rigide (le duc de Montausier) à qui Despréaux avait besoin de plaire.

Eloges, Despréaux

Hélas! je ris et je n’en ai guère envie.

Lettre à Voltaire, 28 décembre 1776

Elle rit, et avec raison, des sottises des hommes, dont je ferais bien de rire aussi, et dont je rirais comme elle, si je digérais et si je dormais mieux.

Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1780

Je ne sais ce qui arrivera des vers sans rime; mais je ne désespère pas que, s’ils s’établissent jamais, l’usage ne commence par nos vers lyriques, par ceux qui sont faits pour être chantés.

Il fut ferme sans intolérance, vigilant sans rigorisme.

Eloges, Vauréal

Dumarsais, disait un riche avare, est un fort honnête homme; il y a quarante ans qu’il est mon ami, il est pauvre, et il ne m’a jamais rien demandé.

Eloges, Dumarsais

Que les caractères qui sont susceptibles de ridicules en grand sont presque entièrement épuisés; qu’il ne nous reste guère à peindre que des ridicules fugitifs, des ridicules de société et de mode, plus faits pour les sages que pour le parterre.

Eloges, la Chaussée

Quoique vous sentiez très bien les ridicules, personne n’est plus éloigné que vous d’en donner.

Portrait de Melle de Lespinasse

Quelques versificateurs modernes, qui riment richement et s’expriment pauvrement.

Eloges, Destouches

Quand on sait ou qu’on croit savoir assez de latin, on passe en rhétorique; c’est alors qu’on commence à produire quelque chose de soi-même.

Il faut dans la chaire montrer l’homme à lui-même, moins pour le révolter par l’horreur du portrait, que pour l’affliger par la ressemblance.

Eloges, Massillon

Le néant de l’ambition et de la gloire, les consolations de la retraite, et le bonheur de l’obscurité.

Eloges, Bossuet

Il n’y a point de malheurs réels ou fictifs qu’on ne leur impute (aux philosophes), depuis l’expulsion des jésuites jusqu’à la retraite de Mlle Clairon.

Mon peu de santé a presque éteint le peu d’ardeur et de génie que la nature m’avait donné, et il faut que je songe à faire retraite.

Lettre au roi de Prusse, 12 septembre 1766

On prétend que le Mécène ne doit donner qu’un habit retourné, quand on ne lui dédie qu’une seconde édition.

Eloges, Bouhier

Alors cette âme affaissée retombe douloureusement sur elle-même, et ne voit plus que le désert qui l’environne, et le desséchement qui la flétrit.

Je ne l’ai point encore vu, parce que je vis fort retiré.

Lettre au roi de Prusse, 28 avril 1777

C’est à Bernoulli qu’on doit Euler, dont le nom retentit aujourd’hui dans toute l’Europe et à juste titre.

Eloges, Bernoulli

Je lui dirai, comme les gens du peuple: j’en retiens part, tant ses satires me paraissent redoutables.

Lettre à Voltaire, 4 décembre 1770

Attendez que nous partions ensemble, quand je me verrai prêt à mourir, je vous manderai, si je puis, le jour que j’aurai retenu ma place au coche.

Lettre à Voltaire, 25 janvier 1770

La passion pour le changement corrompt la musique au delà des Alpes, et une timidité superstitieuse en retarde les progrès parmi nous.

De la liberté de la musique

Pourquoi aurions-nous recours à ce principe dont tout le monde fait usage aujourd’hui, que la force accélératrice ou retardatrice est proportionnelle à l’élément de la vitesse?

Traité de dynamique

En revenant de la campagne où j’avais été passer quelques semaines pour rétablir ma santé, qui ne se rétablit guère.

Lettre au roi de Prusse, 22 septembre 1777

L’avantage unique qui le distingue (le Panégyrique de Trajan, par Pline le jeune), d’être le seul panégyrique de prince qui soit resté après la mort du prince et de l’orateur.

Eloges, Saci

Il (le roi de Prusse) m’a fait payer il y a un mois ma pension de 1758; vous voyez qu’il n’est en reste avec personne.

Lettre à Voltaire, 24 février 1759

Il fut le restaurateur et presque le second fondateur de l’Académie qui subsiste encore à Nîmes.

Eloges, Fléchier

L’auteur connaissait trop bien les lois du style et les ressources de la langue…

Eloges, Girard

Désespérant enfin de rentrer en grâce, après ses vaines et mortifiantes tentatives, il embrassa, comme tant d’autres de ses pareils, l’obscure ressource de la dévotion.

Eloges, abbé Rabutin

Il ne sut point, à la vérité, suppléer au mérite par le manége et par l’intrigue; il n’avait pas besoin de cette méprisable ressource.

Eloges, abbé Dubos

J’approche de cinquante ans; je comptais sur la pension de l’Académie comme la seule ressource de ma vieillesse; si cette ressource m’est enlevée, il faut que je songe à m’en procurer d’autres.

Lettre à Voltaire, 30 juin 1765

Il chérissait et honorait votre personne, et vous regardait comme la ressource et l’espérance de la vérité et de la raison.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

L’inoculation n’est pas plus du ressort de la théologie, que les matières de la prédestination et de la grâce ne sont du ressort de l’arithmétique et de la médecine.

Son érudition était immense: histoire civile et littéraire, ancienne et moderne, connaissance des livres et des auteurs, critique, philologie, tout était de son ressort.

Eloges, La Monnoye

Il démontra qu’un corps qui ferme ou bande un ressort avec une certaine vitesse, peut avec une vitesse double fermer tout à la fois, ou successivement, quatre ressorts semblables au premier.

Eloges, Bernoulli

Il se peut que la superstition littéraire et le préjugé aient trop resserré les limites des beaux-arts; mais ce n’est pas non plus par des dissertations qu’on pourra étendre ces limites.

Eloges, Lamotte

Les pièces de Saint-Foix se ressemblent encore plus que celles de Marivaux, qui du moins a mis dans les siennes toute la variété que pouvait lui permettre le cercle étroit qu’il s’était tracé.

Eloges, Marivaux

Il est rare que les hommes célèbres aient des enfants qui leur ressemblent; le nôtre en a plusieurs d’un mérite distingué.

Eloges, Bernoulli

Maudit géomètre, triste ressasseur d’x et d’y.

Lettre au roi de Prusse, 3 janvier 1771

Pour arriver à cette connaissance (des tours de la langue latine), il faut avoir vu ces mots, ces tours et ces phrases, maniés et ressassés, si je puis ainsi parler, dans mille occasions différentes.

Latin des modernes

Notre pauvre France aura vraisemblablement encore un an à respirer.

Lettre au roi de Prusse, 22 septembre 1777

Ensuite, résolvant la question d’une manière plus générale, je donne les équations pour déterminer la vitesse du vent, sans supposer que sa direction soit toujours dans le vertical de l’astre.

Cause générale des vents

Quelques personnes, si l’on en croit Racine le fils, prétendent que Lulli, chargé de mettre en musique l’idylle du grand Racine sur la paix, trouva dans la force des vers une résistance que la poésie de Quinault ne lui avait pas fait éprouver.

Eloges, Lamotte

Autant il était réservé à parler des fautes et des travers d’autrui, autant il aimait a célébrer les belles actions.

Eloges, Milord Maréchal

Cette reconnaissance n’est pas un sentiment réservé pour moi seul, tous mes amis le partagent avec la plus tendre vénération.

Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776

Les lettres de l’amant sont pleines de chaleur et de force, celles de Julie, de tendresse et de raison; cependant il y en a quelques-unes où elle me semble manquer de réserve et de modestie.

Messieurs les gens du roi Séguier et Joli de Fleuri, auteurs de ce beau réquisitoire contre l’Encyclopédie.

Lettre à Voltaire, 6 mai 1760

A la réquisition de l’impératrice de Russie, il avait déjà commencé quelques pages de son histoire.

Lettre au roi de Prusse, 16 août 1778

Vous avez bientôt une autre visite dont je vous préviens; c’est celle de M. Turgot, maître des requêtes, plein de philosophie, de lumière et de connaissances, et fort de mes amis.

Lettre à Voltaire, 22 septembre 1760

La satire de Benserade, car on ne peut guère lui donner d’autre nom, fut comparée dans le temps à la Requête des dictionnaires du savant Ménage.

Eloges, Charpentier

La répudiation, une fois admise, devrait être permise aux femmes comme aux hommes.

L’auteur de Cinna aux pieds d’un financier! ô pauvre république des lettres! qu’étiez-vous donc alors?

Eloges, Malet

Comme les oscillations de l’air finiraient en fort peu de temps, si le soleil répondait toujours au même endroit de la terre…

Cause générale des vents

Il (l’abbé Boileau) ne fut pas toujours heureux dans ses stations à Versailles.

Eloges, Boileau

Ils nous aimeraient autant athées que spinosistes, comme nous le sommes; pour les adoucir, faisons-nous sceptiques, et répétons avec Montaigne: que sais-je?

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

On sait par les observations que la terre est un sphéroïde aplati, et la théorie de la gravitation concourt, même avec les mesures actuelles, à lui donner cette figure.

Chez nous la comédie est le spectacle de l’esprit, la tragédie celui de l’âme, l’opéra celui des sens.

De la liberté de la musique

Soumis et docile à la critique quand elle lui paraissait juste, il la méprisait souverainement quand il la croyait déraisonnable.

Eloges, Marivaux

Les hommes n’ont qu’un certain degré de lumière, mais n’ont aussi qu’un certain degré d’audace et de mauvaise foi; ils soutiennent par honneur et par persuasion ce qu’ils ont adopté par prévention ou par fanatisme.

Destruction des jésuites

Il soutint son ami et justifia Socrate.

Eloges, Montesquieu

Le parlement veut mettre Palissot au pilori; et les protecteurs de Palissot le font exiler pour le soustraire au parlement.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1764

C’est un usage ancien et comme sacré pour l’Académie, de recevoir parmi ses membres le précepteur et le sous-précepteur des enfants de France.

Eloges, Vaux de Saint-Cyr

Ils (ces passages des Mémoires de Choisy) feront connaître…. le rôle un peu mesquin qu’il a joué dans sa sous-ambassade.

Eloges, abbé de Choisy

On a cité souvent dans l’Encyclopédie française les sources primitives.

Encyclopédie

On sent que tant de beautés ont coulé de source, et n’ont rien coûté à celui qui les a produites.

Eloges, Massillon

Il ignora la souplesse du manége, la bassesse de l’intrigue et tous ces moyens méprisables qui mènent aux dignités par l’avilissement.

Ce pauvre roi (d’Espagne) qui apprenait la prise de Mons par Louis XIV, et, ignorant que cette ville était à lui, disait en soupirant: voilà une grande perte pour le roi d’Angleterre!

Eloges, abbé de Choisy

Pourvu que nos riches oisifs aillent tous les jours pendant trois heures se soulager, au théâtre, du poids du temps qui les accable, peu leur importe qu’on s’amuse ailleurs.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

Son ardeur pour s’instruire et son application à son métier, qui ne souffre point de ses autres études.

Lettre au roi de Prusse, 20 novembre 1772

Qu’ils aient le courage de s’élever au-dessus de l’instant où ils vivent, ils verront de loin la postérité souffler sur ces nuages, et condamner à un mépris éternel ceux qui ont eu la honte de les rassembler.

Eloges, Bossuet

Je ne sais de quel côté le vent va souffler pour la philosophie.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1764

D’Alembert conforme sa conduite à ce principe; il dit beaucoup de sottises, n’en écrit guères, et n’en fait point.

Portrait de l'auteur

Il me semble qu’un monument à l’honneur de Descartes décorera bien autrement cette église (Ste-Geneviève) que de belles orgues ou une belle sonnerie.

Je sais qu’on fait sonner très haut deux grands avantages en faveur de l’éducation des colléges, la société et l’émulation.

Il était bien mieux que modeste; car il ne songeait pas même à l’être.

Eloges, Fénelon

Il (l’abbé de Dangeau) s’occupa surtout très longtemps du soin délicat et pénible de faire l’énumération exacte des sons de notre langue.

Eloges, Dangeau

Le cardinal de Fleury, dont la sollicitude ministérielle s’étendait jusqu’aux plus petits objets et peut-être y mettait quelquefois une importance qu’ils n’avaient pas.

Eloges, cardinal de Soubise

Voyez mon malheur et mes larmes, la solitude de mon âme, le vide affreux que vous y avez fait, et l’abandon cruel où vous me laissez!

Aux mânes de Mlle de l'Espinasse

Cela me rappelle le mot d’un solitaire qui disait aux personnes dont il recevait quelquefois la visite: Vous voyez un homme presque aussi heureux que s’il était mort.

Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776

Ceux qui accusaient sa bienveillance d’être froide et banale, ne pouvaient au moins la taxer d’être solitaire et personnelle.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

La mécanique des corps solides n’étant appuyée que sur des principes métaphysiques et indépendants de l’expérience.

Des circonstances dont il ne fut pas le maître, ne lui permirent pas d’exécuter la promesse qu’il avait donnée solennellement.

Eloges, Bouhier

A quoi bon, disait un de ces hommes qui croient penser mieux que les autres parce qu’ils pensent autrement, à quoi bon s’embarrasser de toutes les sottises qu’on a dites et faites avant nous?

Réflexions sur l'histoire

Il (Galilée, à ceux qui lui demandaient à quoi servaient les recherches mathématiques) répondait que la géométrie servait principalement à peser, à mesurer et à compter: à peser les ignorants, à mesurer les sots, et à compter les uns et les autres.

Eloges, Bernoulli

A l’égard de vos articles, ils sont tous entre mes mains, n’en sont pas sortis, et, comme je vous l’ai mandé, n’en sortiront que par votre ordre exprès.

Lettre à Voltaire, 25 février 1758

Une femme de beaucoup d’esprit, ayant eu avec lui un long entretien sur des matières sérieuses, en sortit si contente, qu’elle ne put s’empêcher de lui marquer tout le plaisir qu’elle venait d’avoir.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Helvétius essuya cette sortie avec la tranquillité la plus philosophique, et se contenta de dire, quand Marivaux fut parti: Comme je lui aurais répondu, si je ne lui avais pas l’obligation d’avoir bien voulu accepter mes bienfaits!

Eloges, Marivaux

On voit que la douleur, si je puis parler de la sorte, vous a nourrie, et que les affections ne font que vous consoler.

Portrait de Melle de Lespinasse

Il y a deux de ces messieurs (du parlement de Paris) qui sont à Berlin; ils ont désiré voir le roi de Prusse, et le roi n’y a consenti qu’après qu’ils ont assuré qu’ils n’avaient pas été d’avis de consulter la Sorbonne sur l’inoculation.

Lettre à Voltaire, 8 décembre 1763

Le sujet de son discours pour la clôture des sorboniques en 1739 était: Combien il est avantageux aux rois et aux gouvernements que les peuples soient éclairés.

Eloges, cardinal de Soubise

Si on savait en France imposer silence à ces sonneurs de tocsin, ils n’auraient ni partisans, ni imitateurs.

Lettre au roi de Prusse, 11 mai 1781

Le Misanthrope pensa être sifflé dans la critique du sonnet, parce que le parterre avait eu la bêtise d’en applaudir les vers, et l’auteur l’imprudence de ne pas le prévenir que les vers étaient mauvais.

Eloges, Marivaux

Tant pis pour qui ne fait pas de solécisme en parlant (dans la conversation); on pourrait dire que ces personnes-là lisent toujours et ne parlent jamais.

Si elle employait quelquefois, sans scrupule, des expressions familières, populaires même, que la soi-disant bonne compagnie se serait refusées avec dédain, elle n’en faisait jamais usage qu’en les relevant par le grand sens qu’elles renfermaient.

Lettre à Condorcet sur Mme Geoffrin

Il y a actuellement dans ce pays-là dix-sept ou dix-huit ci-devant soi-disant jésuites, comme les classes du parlement les appellent.

Lettre à Voltaire, 25 septembre 1762

Il avait prédit que les principes des protestants pour rejeter l’autorité de l’Eglise, les conduiraient tôt ou tard au socinianisme.

Eloges, Bossuet

La promenade même m’est presque entièrement interdite, quoiqu’elle soit ma seule ressource, mes sociétés d’hiver étant toutes dispersées.

Lettre au roi de Prusse, 28 juillet 1777

L’évêque de Meaux, malgré les coups que la Société lui portait sourdement, était lié, au moins d’estime, avec quelques jésuites.

Eloges, Bossuet

Ils sont à présent aux prises avec les gens du parlement, qui trouvent que la société de Jésus est contraire à la société humaine.

Lettre à Voltaire, 9 juillet 1761

La Société royale de médecine établie à Paris, et composée de ce qu’il y a dans la Faculté de meilleur et de plus instruit.

Lettre au roi de Prusse, 22 septembre 1777

Ajoutons, car il faut être juste, qu’aucune société religieuse, sans exception, ne peut se glorifier d’un aussi grand nombre d’hommes célèbres dans les sciences et dans les lettres (que celle des jésuites).

Despréaux n’était guère moins dévoué aux écrivains de l’illustre société de Port-Royal, dont les ouvrages ont tant contribué à rétablir parmi nous l’étude et le goût de la saine antiquité.

Eloges, Despréaux

Nous demanderons si la perfection de ces deux objets n’est pas essentielle aux agréments de la société, dans une nation dont la sociabilité fait le principal caractère.

Eloges

C’était autrefois du nom de janséniste que la méchanceté gratifiait les objets de sa haine; ce sobriquet a vieilli; celui d’encyclopédiste y a succédé, et ne tardera pas à vieillir de même.

L’orateur peut se permettre quelquefois la finesse des pensées et des tours, pourvu que ce soit avec sobriété.

Il est bien singulier que M. Euler, comblé de biens par Votre Majesté, lui et sa famille, ait obtenu son congé si aisément après vingt-six ans de séjour.

Lettre au roi de Prusse, 26 mai 1766

De chercher surtout ces hommes rares et singuliers dont le commerce supplée quelquefois à plusieurs années d’observation et de séjour.

Eloges, Montesquieu

Calvin… écrivant en latin aussi bien qu’on le peut faire dans une langue morte, et en français avec une pureté singulière pour son temps.

Rémond de St-Mard, auteur de quelques ouvrages assez médiocres, où il n’a été que le singe de Fontenelle, se déchaînait contre son modèle avec une espèce d’acharnement.

Eloges, Despréaux

Malheureusement celui qu’elle (l’Académie) proposait avait eu la simplicité de prendre quelque part aux querelles du jansénisme, auxquelles on attachait encore, il y a trente ans, quelque espèce d’importance.

Eloges, Saint-Aulaire

La simplicité tient plus au caractère; la modestie, à la réflexion.

Synonymes

La simplicité consiste à montrer ce que l’on est; la modestie à le cacher.

Synonymes

La modestie est quelquefois hypocrite, et la simplicité ne l’est jamais.

Fénelon a caractérisé lui-même en peu de mots cette simplicité qui le rendait si cher à tous les coeurs: La simplicité, disait-il, est la droiture d’une âme qui s’interdit tout retour sur elle et sur ses actions.

Eloges, Fénelon

S’il ne pouvait se résoudre à dire simplement les choses même les plus communes, du moins la facilité avec laquelle il parlait de la sorte, semblait demander grâce pour ses écrits.

Eloges, Marivaux

L’affluence des spectateurs fut si grande, que les comédiens, après avoir fait payer le double aux vingt premières représentations (d’Andronic), et avoir ensuite mis la pièce au simple, furent obligés de la remettre au double pour diminuer la foule.

Eloges, Campistron

Nous oserions peut-être dire qu’il est plus difficile à un écrivain d’être simple que d’être grand, si l’on pouvait être grand sans être simple.

Eloges, Massillon

De ce que le beau est toujours simple, ils en concluent que le simple est toujours beau; et ils appellent simple ce qui est froid et commun, sans force, sans âme et sans idée.

Il ne voulut jamais posséder que des bénéfices simples, parce qu’en le dispensant des pénibles et redoutables fonctions du ministère, ils lui permettaient de donner sans scrupule tout son temps aux lettres.

Eloges, Dangeau

Le peu que nous venons de dire est suffisant pour engager les lecteurs éclairés à se tenir sur leurs gardes, à se défier et de la louange et du blâme, et du silence même; car le silence a aussi sa malignité et son injustice.

La signification des mots s’établit par de bonnes définitions; leur usage, par une excellente syntaxe; leur nature enfin, par l’objet du dictionnaire lui-même.

Il y a longtemps, mon cher et illustre maître, que je n’ai entendu parler de vous, et que de mon côté je ne vous ai donné signe de vie.

Lettre à Voltaire, 12 février 1774

Parmi nos poëtes modernes, Voltaire a, comme Corneille, le rare avantage d’offrir souvent de ces vers heureux qui appartiennent au poëte, et qui sont comme sa signature.

Eloges, Despréaux

Il faut, comme Dumarsais l’observe après plusieurs écrivains, distinguer avec soin la cour de Rome, le pape et le saint-siége.

Eloges, Dumarsais

Il y a un siècle, mon cher et grand philosophe, que je ne vous ai rien dit.

Lettre à Voltaire, 2 septembre 1760

Il semble que le propre des siècles d’ignorance est de représenter la nature plus grossière, mais aussi plus vraie; et celui des siècles de lumière, de la peindre plus délicate, mais plus déguisée.

Notre siècle, j’en conviens encore avec Votre Majesté, ne vaut pas le siècle de Louis XIV pour le génie et pour le goût; mais il me semble qu’il l’emporte pour les lumières, pour l’horreur de la superstition et du fanatisme.

Lettre au roi de Prusse, 14 février 1774

Le sage, qui voit de sang-froid tous les siècles, et même le sien, pense que les hommes y sont à peu près semblables.

Ce sexe sans lequel, comme l’a dit une femme aussi spirituelle que sensible, le commencement de notre vie serait privé de secours, le milieu de plaisirs, et la fin de consolation.

Eloges, Marivaux

La seule chose dont nous puissions répondre, c’est l’assiduité de notre travail et l’emploi sévère de notre temps.

La première séve de l’enthousiasme créateur.

Je voudrais bien servir la raison, mais je désire encore plus d’être tranquille.

Lettre à Voltaire, 22 décembre 1765

Christine, comme tous les princes, aimait mieux être flattée que servie.

Il recueillait dans son palais les malheureux habitants des campagnes que la guerre avait obligés de fuir leurs demeures, les nourrissait, et les servait lui-même à table.

Eloges, Fénelon

L’Académie française n’a pu encore obtenir de faire pour M. de Voltaire le service qu’elle a coutume de faire pour tous les membres qu’elle perd.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

J’ai résolu de ne me mettre jamais au service de personne, et de mourir libre comme j’ai vécu.

Lettre à Voltaire, 22 décembre 1765

En quoi consiste le style serré? à mettre chaque idée à sa véritable place.

Fléchier ne se faisait aucun scrupule de prendre dans les vieux sermonnaires toutes les pensées heureuses qu’il y trouvait, et dont il ornait ses discours.

Eloges, Fléchier

Les sermons qu’on a imprimés de lui, restes d’une multitude immense, car jamais il ne prêcha deux fois le même, sont plutôt les esquisses d’un grand maître que des tableaux terminés.

Eloges, Bossuet

Le rôle du jeune Machabée (dans une pièce), à peine sorti de l’enfance, fut rempli par le fameux Baron, presque septuagénaire.

Eloges, Lamotte

Plus l’autorité agitera le vase où les vérités nagent pêle-mêle avec les erreurs, plus elle retardera la séparation des unes et des autres.

Eloges, Bossuet

Combien d’excellents vers on peut citer où il n’y pas l’ombre d’images! combien même y en a-t-il, comme les vers de sentiment, que toute espèce d’image affaiblirait, qui n’ont que l’expression la plus simple et qui n’en valent que mieux!

Des hommes plus faits pour juger Despréaux ont mieux rencontré ce talon d’Achille dans la partie du sentiment dont il paraît avoir été privé; c’était, qu’on nous permette cette expression, une espèce de sens qui manquait à cet illustre écrivain.

Eloges, Despréaux

Si Marivaux, comme l’a très bien dit un écrivain célèbre, connaissait tous les sentiers du coeur, il en ignorait les grandes routes.

Eloges, Marivaux

Ces nuances… saisies par l’homme de génie, senties par l’homme de goût.

Il est certain que Saturne éprouve, dans son mouvement, des variations sensibles, et il est fort vraisemblable que Jupiter est la principale cause de ces variations.

Docile à la censure quand elle était juste, Moncrif y était pourtant très sensible.

Eloges, Moncrif

La tendresse se borne au sentiment qui fait aimer; la sensibilité a pour objet tout ce qui peut affecter l’âme en bien ou en mal.

Synonymes

Le mot sensation, pris abstractivement, n’exprime proprement aucune idée; ce mot est seulement une expression commune à toutes les idées que nous recevons par les sens.

Mélanges de littérature, d'histoire et de philosophie

Grands hommes semés de loin à loin comme ils le sont toujours.

Quand on fait à des satires l’honneur d’y répondre, ce doit être avec le sel et la gaieté de la Motte, et non avec le fiel et la fange de Scaliger.

Eloges, d'Olivet

La vie sédentaire et obscure de la plupart des gens de lettres offre pour l’ordinaire peu d’événements, surtout quand leur fortune n’a pas répondu à ce qu’ils avaient mérité par leurs travaux.

Eloges, Dumarsais

La fable de la mort et du bûcheron a été mise en vers par la Fontaine et par Despréaux; qu’on les compare ensemble: la sensibilité respire à chaque vers dans la fable de la Fontaine; chaque vers de celle de Despréaux semble flétri par la sécheresse.

Eloges, Despréaux

Voilà les cuistres de l’université qui viennent de sonner un nouveau tocsin.

Lettre à Voltaire, 26 décembre 1771

Les sermons, ou plutôt les tocsins qu’on sonne à Versailles contre nous en présence du roi.

Lettre à Voltaire, 11 janvier 1758

Bourgelat,… c’est un des meilleurs tireurs de la voiture philosophique.

Lettre à Voltaire, 29 décembre 1763

Je ne sais si Votre Majesté est informée que M. Thiriot, chargé de sa correspondance littéraire, tire absolument à sa fin.

Lettre au roi de Prusse, 9 octobre 1772

J’attends qu’un de mes amis… soit de retour de la campagne, pour tirer au clair cette histoire abominable.

Lettre à Voltaire, 9 novembre 1769

Le champ est labouré, on n’a plus besoin des boeufs qui ont tiré la charrue, et on ne se soucie pas de les nourrir; j’ai tiré, sire, la charrue le mieux que j’ai pu.

Lettre au roi de Prusse, 8 novembre 1771

Vous avez cru comme moi, sans fondement, que l’abbé de Condillac était mort: heureusement il est tiré d’affaire, et reviendra bientôt chez nous jouir de la fortune et de la réputation qu’il mérite.

Lettre à Voltaire, 3 janvier 1765

On trouve dans ses pièces plus de détails que de grands effets, plus de tirades que de scènes, et plus de portraits que de caractères.

Eloges, Boissy

La timidité tient au caractère; l’embarras, aux circonstances.

Ces détails précis, exacts et profonds qui sont la pierre de touche de la vérité d’un système, et que quelques auteurs affectent d’en appeler l’appareil.

Le système général des sciences et des arts est une espèce de labyrinthe, de chemin tortueux, où l’esprit s’engage sans trop connaître la route qu’il doit tenir.

Et de bals où il a dansé en bâillant à se tordre la bouche.

Lettre au roi de Prusse, 19 décembre 1768

Votre Majesté a bien raison de dire que le mauvais tonneau de Jupiter, celui qui verse les maux sur les hommes, est plus grand et plus plein que celui qui verse les biens.

Lettre au roi de Prusse, 11 octobre 1782

Il est vrai que, quand tout le monde se ferait Diogène, comme Rousseau, il faudrait parcourir bien des tonneaux avant de rencontrer un Diogène comme celui-là.

Votre excessive sensibilité sur ce qu’on nomme le bon ton dans les manières et dans les discours; le défaut de cette qualité vous parait à peine effacé par le sentiment le plus tendre et le plus vrai qu’on puisse vous marquer.

Portrait de Melle de Lespinasse

Votre esprit plaît et doit plaire par bien des qualités, par l’excellence de votre ton, par la justesse de votre goût par l’art que vous avez de dire à chacun ce qui lui convient.

Portrait de Melle de Lespinasse

Je ne conçois pas comment on peut les trouver du même ton que celles des deux personnages principaux.

Les critiques, les sarcasmes, les injures même tombèrent sur lui de toutes parts.

Eloges, Moncrif

La philosophie ne retrouvera pas aisément un prince tolérant comme lui par indifférence, ce qui est la bonne manière de l’être.

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

L’auteur a cru remplir par ce moyen un des deux grands objets que les Grecs regardaient comme le but de la tragédie, la terreur.

Eloges, Crébillon

Un très habile artiste de ce pays-ci, nommé Houdon, déjà connu par plusieurs beaux ouvrages, a fait en terre, en attendant le marbre, un magnifique buste du patriarche (Voltaire).

Lettre au roi de Prusse, 16 août 1778

Le refus qu’on a fait à Voltaire et à Molière de les enterrer l’un et l’autre dans ce que nous appelons terre sainte.

Lettre au roi de Prusse, 9 octobre 1778

Pourquoi ont-ils attendu que la Société (les jésuites) fût à terre pour l’écraser?

Notre pieux académicien, en opposant à l’impiété les raisons les plus terrassantes que son zèle pouvait lui fournir.

Eloges, Destouches

(Louis XIV) n’ayant point encore éprouvé les malheurs qui ternirent les dernières années de son règne.

Apologie de Clermont Tonnerre

L’histoire de l’Académie française publiée par Pellisson et d’Olivet se termine au commencement du siècle où nous vivons.

Les termes dont il s’agit sont ceux qui dépendent de la distance du soleil à l’apogée de la lune; je crois être le premier qui les aie calculés exactement.

Puisque la fière et redoutable maison d’Autriche a la modestie de se tenir pour battue.

Lettre au roi de Prusse, 22 décembre 1762

La philosophie, sire, respecte qui elle doit, estime qui elle peut, et s’en tient là.

Lettre au roi de Prusse, 29 avril 1763

Dans les ordres rigoureux, ajoutait un saint cardinal, il y a un tiers de saints, un tiers de fous, un tiers de mécontents.

Eloges, Segrais

Vous nous reprochez de la tiédeur; mais je crois vous l’avoir déjà dit, la crainte des fagots est très rafraîchissante.

Lettre à Voltaire, 31 juillet 1762

J’ai entendu quelquefois regretter les thèses que l’on soutenait jadis en grec; j’ai bien plus de regret qu’on ne les soutienne pas en français; on serait obligé d’y parler raison, ou de se taire.

La théologie naturelle n’a de connaissance de Dieu que celle que produit la raison seule.

Despréaux observait avec raison que les faux thaumaturges avaient très rarement tenté l’opération critique de la résurrection des morts.

Eloges, Despréaux

Il voulait que les sujets de nos prix d’éloquence ne fussent plus, comme ils l’ont été durant près d’un siècle, des textes de sermons, mais qu’on les consacrât à l’éloge des hommes célèbres qui ont honoré la nation par leurs talents et par leurs vertus.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Il imaginait des sujets de romans qu’il composait ensuite de tête et sans les écrire; car sa mémoire était aussi prodigieuse que sa paresse était insurmontable.

Eloges, Crébillon

Vous voyez bien, messieurs, qu’il n’a pas sa tête.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

A propos de quoi me supposez-vous l’amour en tête? je n’ai pas ce bonheur ou ce malheur-là.

Lettre à Voltaire, 29 août 1764

Pour tenir tête, sire, à un adversaire tel que Votre Majesté, il faudrait du moins que j’eusse tout entière à ma disposition la pauvre petite tête que Dieu m’a donnée.

Lettre au roi de Prusse, 14 décembre 1767

Cet ami si modéré et si philosophe pour supporter les maux d’autrui, se vit peu de temps après, pour quelque sottise qu’il fit, le sujet d’une mauvaise épigramme; sa philosophie n’y tint pas.

Eloges, Marivaux

Je sais seulement, et toute l’Europe le sait comme moi, qu’il ne tient pas à Votre Majesté que l’humanité ne respire enfin après tant de malheurs.

Lettre au roi de Prusse, 22 décembre 1762

Je dirai que la chaleur de J. J. Rousseau me paraît tenir plus aux sens qu’à l’âme.

On m’a prêté des discours que je n’ai jamais tenus, et que je n’aurais rien gagné à tenir.

Lettre à Voltaire, 8 décembre 1763

Je tiens les hommes de tous les siècles pour ce qu’ils sont, faibles, fourbes et méchants, trompeurs et dupes les uns des autres.

Le roi tient actuellement son lit de justice pour cette belle affaire du parlement et du clergé.

Lettre à Voltaire, 13 décembre 1756

Adieu, mon cher maître: le ciel vous tienne en joie!

Lettre à Voltaire, 9 janvier 1773

Il ne faut ni tenir la main fermée ni l’ouvrir tout à la fois; il faut ouvrir les doigts l’un après l’autre; la vérité s’en échappe peu à peu, sans faire courir aucun risque à ceux qui la tiennent et qui la laissent échapper.

Nos ténébreuses querelles théologiques ne bornent pas au dedans du royaume le tort et le mal qu’elles nous causent.

Cette production de ténèbres est l’ouvrage ou d’un diable en trois personnes ou d’une personne en trois diables.

Lettre à Voltaire, octobre 1764

La tendresse ne se manifeste pas toujours au dehors; la sensibilité se déclare par des signes extérieurs.

Synonymes

La tendresse a sa source dans le coeur; la sensibilité tient aux sens et à l’imagination.

Synonymes

Voilà donc les pauvres Sirven déboutés de leur demande; ô temps, ô moeurs!

Lettre à Voltaire, 18 février 1768

Le temps, les temps, la durée qu’un phénomène exige pour s’accomplir. Sans connaître la cause de la pesanteur, nous apprenons par l’expérience que les espaces décrits par un corps qui tombe sont entre eux comme le carré des temps.

Nous (les encyclopédistes) avons essuyé cet hiver une tempête; j’espère qu’enfin nous travaillerons en repos; je me suis bien douté qu’après nous avoir aussi maltraités qu’on a fait, on reviendrait nous prier de continuer.

Lettre à Voltaire, 24 août 1752

Il (Boileau) se piquait de penser rarement comme ses confrères, et il l’avait témoigné assez plaisamment dans une autre occasion, où ils avaient tous été de son avis: J’en fus très étonné, disait-il, car j’avais raison, et c’était moi.

Eloges, Saint-Aulaire

Pour peu que Corneille soit justifiable par des raisons telles quelles, dans les endroits où vous l’attaquez, vous êtes sûr d’avoir contre vous les pédants.

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

Il nous trouverait (nous Français) tels qu’il nous a laissés il y a vingt-cinq ans, faisant et disant beaucoup de sottises.

Lettre au roi de Prusse, 22 avril 1775

Le style prend la teinture du caractère.

Je n’attends que la paix pour voyager; je tâterai de différents pays.

Lettre à Voltaire, 22 décembre 1759

Il avait pour oncle un autre abbé de Roquette, évêque d’Autun, qui, par son zèle de commande et sa dévotion politique, eut l’honneur, dit-on, de fournir à Molière l’heureux original d’après lequel il a peint le précieux tableau du Tartufe.

Eloges, Roquette

Si vous voulez savoir mon tarif, je trouve qu’un philosophe vaut mieux qu’un roi, un roi qu’un ministre, un ministre qu’un intendant, un intendant qu’un conseiller, un conseiller qu’un jésuite, et un jésuite qu’un janséniste.

Lettre à Voltaire, 12 janvier 1763

L’esprit ne crée et n’imagine des objets qu’en tant qu’ils sont semblables à ceux qu’il a connus par des idées directes et par des sensations.

Une autre raison me fait désirer beaucoup de voir, comme on dit, leurs talons.

Lettre à Voltaire, 2 mars 1764

Le sage n’oublie point que, s’il est un respect extérieur que les talents doivent aux titres, il en est un autre plus réel que les titres doivent aux talents.

Ce n’est pas que nous manquions de postulants pour s’enrôler, mais il ne sont pas de taille.

Lettre à Voltaire, 21 mars 1776

Les ennemis de Lamotte l’ont accusé d’avoir ambitionné la monarchie universelle en littérature; peut-être aspirait-il tacitement à cette gloire, sans trop s’en douter.

Eloges, Lamotte

Descartes est proprement le premier qui ait traité du système du monde avec quelque soin et quelque étendue.

La médecine systématique me paraît (et je ne crois pas employer une expression trop forte) un vrai fléau du genre humain.

Mélanges

Dans la démonstration, ou l’on remonte de la chose à démontrer aux premiers principes, ou l’on descend des premiers principes à la chose à démontrer; d’où naissent l’analyse et la synthèse.

A la tête de la république (de Genève) sont quatre syndics, qui ne peuvent l’être qu’un an.

Il est dans nos opéras un genre de symphonie sur lequel nous nous arrêterons un moment, ce sont les ouvertures.

De la liberté de la musique

La forme syllogistique, si chère aux scolastiques pour leurs vaines disputes, est bien moins nécessaire dans les véritables sciences que ces mêmes scolastiques ne le pensent ou ne le disent.

Mélanges

Des parties susceptibles de figure, de mouvement et de repos.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Cette éternelle surprise de l’amour, sujet unique des comédies de Marivaux, est la principale critique qu’il ait essuyée sur le fond de ses pièces.

Eloges, Marivaux

Il est surprenant que Marivaux, donnant, pour ainsi dire, toujours la même comédie sous différents titres, n’ait pas été plus malheureux sur la scène.

Eloges, Marivaux

Je fais abstraction de l’étendue ou de l’espace que ce corps renferme, pour ne considérer que ses bornes en tous sens; et ces bornes me donnent l’idée de surface.

Mélanges

L’abbé Girard, plus heureux que beaucoup d’autres philosophes aussi peu coupables, mais plus illustres et plus enviés, eut l’avantage d’échapper à la haine, par le peu de surface qu’il présentait à ses coups.

Eloges, Girard

Je sais par expérience que c’est un ami sûr.

Lettre à Voltaire, 24 août 1752

Je suis sur les lieux, et mieux à portée que vous de juger de l’effet que cette demande produira.

Lettre à Voltaire, 6 mai 1760

Ce sera l’abbé de Condillac qui succédera à l’abbé d’Olivet (dans l’Académie française); je crois que nous n’aurons point à nous plaindre de l’échange.

Lettre à Voltaire, 22 octobre 1768

Le reste est un extrait substantiel et raisonné de l’histoire de la philosophie par Brucker.

Encyclopédie

Des révolutions qu’elle (la religion chrétienne) a souffertes, non dans la substance des dogmes, mais dans la manière de les enseigner.

Eloges, Fleury

Le sublime doit être dans le sentiment ou dans la pensée; et la simplicité, dans l’expression.

Je ne me pique, mon cher et illustre maître, d’être ni aussi sublime que Platon, s’il est vrai qu’il soit aussi sublime qu’on le prétend, ni aussi obscur qu’il me paraît l’être; vous me faites donc trop d’honneur de me comparer à lui.

Lettre à Voltaire, 7 août 1763

On assure qu’en travestissant ce grand poëte, il (Scarron) le priait quelquefois de pardonner à sa goutte l’espèce de mascarade qu’il faisait subir à l’Enéide.

Eloges, Marivaux

Un seul article raisonné sur un objet particulier de science ou d’art renferme plus de substance que toutes les divisions et subdivisions qu’on peut faire des termes généraux.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Le premier mouvement du public, semblable en cela aux critiques subalternes, est de juger par imitation.

Qui ne sait que, dans le maudit pays où nous écrivons (la France), ces sortes de phrases sont de style de notaire, et ne servent que de passe-port aux vérités qu’on veut établir d’ailleurs?

Lettre à Voltaire, 10 octobre 1764

Style se dit des qualités du discours plus particulières, plus difficiles et plus rares, qui marquent le génie ou le talent de celui qui écrit ou qui parle.

Mélanges littéraires

L’estime des autres est un supplément à l’opinion peu favorable que nous avons de nous-mêmes, c’est un roseau dont l’amour-propre cherche à s’étayer.

Un des avantages de la philosophie appliquée aux matières de goût est de nous guérir ou de nous garantir de la superstition littéraire.

Le savant Isaac Vossius, théologien incrédule et superstitieux, de qui Charles II, roi d’Angleterre, disait qu’il croyait tout, excepté la Bible.

Quoique la tragédie d’Irène ne vaille ni Zaïre, ni Mahomet, elle est encore fort supérieure à toutes les tragédies qu’on nous donne aujourd’hui.

Lettre au roi de Prusse, 2 juillet 1778

L’affaiblissement de ma santé, les visites à rendre ou à recevoir, la sujétion des académies auxquelles malheureusement ma subsistance est attachée, me rendent la vie de Paris insupportable.

Lettre à Voltaire, 21 décembre 1765

On ne lirait point aujourd’hui sans étonnement la liste des sujets de dévotion ou de morale que l’Académie a proposés pour le prix d’éloquence depuis l’année 1671 jusqu’à l’année 1758, où ces sujets ont cessé.

Eloges, Mongin

Il est certain que Charpentier contribua beaucoup, par son travail et par son zèle, à la belle suite de médailles qui furent frappées sous le règne de Louis XIV.

Eloges, Charpentier

Le vrai moyen de suggérer des réflexions au lecteur, c’est d’en faire.

L’Académie, en le dispensant (l’abbé d’Olivet) de solliciter les suffrages que ses travaux sollicitaient assez, fit en cette occasion ce qu’elle devrait toujours faire; les lettrés et la compagnie y gagneraient.

Eloges, d'Olivet

La princesse palatine, successivement galante, incrédule, intrigante et dévote.

Eloges, Bossuet

Toutes les recettes dont j’ai usé d’ailleurs, quoique réputées stomachiques ou stomacales, car leur nom n’est pas plus assuré que leur effet, m’ont fait plus de mal que de bien.

Lettre au roi de Prusse, 17 septembre 1764

Ce vide d’idées et ce vain bruit de paroles, si ordinaire dans les ouvrages de cette espèce.

Eloges, Mongin

Vous n’avez que trop raison, sire, sur la décadence où tout est tombé, et sur le grand vide que laisse la mort de Voltaire.

Lettre au roi de Prusse, 19 septembre 1779

Il semble que, dans cette affaire, les jésuites et leurs amis aient été frappés d’un esprit de vertige, et qu’ils aient fait eux-mêmes tout ce qu’il fallait pour précipiter leur ruine.

Comme il peut y avoir versification sans poésie, et poésie sans versification, nous avons cru ne devoir regarder la versification que comme une qualité du style, et la renvoyer à l’art oratoire.

Ce qu’on appelle petits vers a prodigieusement perdu de faveur; pour se résoudre à les lire, il faut être bien averti qu’ils sont excellents.

M. Godeau, évêque de Vence, dont nous avons tant de vers et si peu de poésies.

L’ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu’ils racontent.

Mélanges

Ils prétendent que six petites véroles artificielles produiront à peine autant d’effet pour la contagion qu’une seule petite vérole naturelle.

Ils estiment qu’en faisant l’évaluation la plus forte, le nombre de ceux qui ont deux fois la petite vérole peut être 1 sur 9 à 10 mille.

On n’inocule guère avant l’âge de quatre ans; depuis cet âge jusqu’au terme ordinaire de la vie, la petite vérole naturelle détruit, selon les inoculateurs, entre la septième et la huitième partie du genre humain.

Mille plumes et encore plus de clameurs se sont élevées contre moi, et m’ont fait éprouver que la vérité est comme les enfants, qu’on ne la met point au monde sans douleurs.

Je pense, pour moi, qu’il faut toujours enseigner la vérité aux hommes, et qu’il n’y a jamais d’avantage à les tromper.

Lettre au roi de Prusse, 18 décembre 1769

Sa véracité intrépide (de Diogène) le rendait le fléau des philosophes mêmes.

Tandis que les vautours (les conquérants, les guerriers) s’égorgeaient, les vers à soie filaient pour nous dans le silence; nous jouissons de leur travail sans les connaître, et nous ne savons que l’histoire des vautours.

Mélanges

Nous pouvons regarder l’action du soleil et de la lune, sinon comme l’unique cause des vents, au moins comme une des causes que nous cherchons.

Ils feront comme le roi d’Espagne, lequel se trouva mieux, dit Pascal, de croire sur les antipodes Christophe Colomb qui en venait, que le pape Zacharie qui n’y avait jamais été.

Tout auteur qui s’érige un tribunal où ses confrères sont cités, doit s’attendre, quelque indulgent qu’il se montre, à être lui-même cité par eux, et rigoureusement jugé sur les fautes les plus vénielles.

Eloges, L. Cousin

Pourquoi dire d’un accusé qu’il est véhémentement suspecté d’un tel crime, pour dire qu’il en est violemment suspect?

Eloges, Boileau

Les inégalités de la lune dont Newton a donné le calcul, du moins dans un certain détail, sont en premier lieu celle qui est connue sous le nom de variation, qui a été découverte par Tycho.

Ces affections mélancoliques et vaporeuses de notre académicien avaient une cause secrète, mais qu’il n’avouait qu’à l’oreille d’un petit nombre d’amis ou d’amies.

Eloges, Testu

Les excellentes leçons que Votre Majesté veut bien me donner sur l’hypocondrie plus élégamment appelée vapeurs, me font craindre pour l’honneur de ma raison, que Votre Majesté ne me croie attaqué de cette maladie.

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique.

Lettre au roi de Prusse, 17 septembre 1764

Je suis raccommodé, vaille que vaille, avec Mme du Deffant.

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

Selon lui, les Anglais n’avaient plus rien fait qui vaille, depuis qu’ils avaient renoncé au grec et à l’arabe pour la géométrie et la physique.

Eloges, Alary

Si Virgile était janséniste, Horace, qui le valait bien, était moliniste.

Les hommes ne valent pas la peine qu’on prend pour les éclairer; et ceux même qui pensent comme nous, nous persécutent.

Lettre à Voltaire, 22 décembre 1765

L’année 1714 vit paraître l’excellent Essai d’une nouvelle théorie de la manoeuvre des vaisseaux (par Jean Bernoulli).

Eloges, Bernoulli

C’est aux personnes seules de l’art qu’il est réservé d’apprécier les vraies beautés d’un ouvrage et le degré de difficulté vaincue.

Présenter des notions vagues pour des démonstrations exactes, c’est substituer de fausses lueurs à la lumière.

Eloges, Bernoulli

Rollin, un des hommes qui ont travaillé le plus utilement pour l’éducation de la jeunesse.

Il faut, au lieu de force, user de finesse et de patience, attaquer l’erreur indirectement et sans paraître y penser.

Lettre au roi de Prusse, 30 avril 1770

Les sens usés sans avoir joui, l’esprit affaibli sans avoir produit rien de bon, et blasé sans avoir rien goûté.

Le grand usage du monde qu’il avait acquis, usage qui suppose, du moins à certain degré, la connaissance des hommes, de leurs passions et de leurs travers.

Eloges, Moncrif

On dit les usages d’un corps et la coutume d’un pays.

En matière de langue, il est une infinité de nuances imperceptibles et fugitives, qui, pour être démêlées, ont besoin, si on peut parler de la sorte, du frottement continuel de l’usage.

Dans les monarchies, l’éducation doit avoir pour objet l’urbanité et les égards réciproques.

L’unité est pour moi la première qualité des romans; aussi, quelque excellents que soient les romans anglais, je les lis avec presque autant de fatigue que de plaisir.

Renfermer dans un système qui soit un, les branches infiniment variées de la science humaine.

Souverains, ayez après cela des jésuites ou ex-jésuites pour confesseurs, et des ministres plus ultramontains que français!

Eloges, Bossuet

Jean-Baptiste Rousseau, ulcéré depuis plusieurs années contre l’Académie, dont ses satires lui avaient fermé la porte.

Il faut en ce monde-ci avoir le moins de tyrans qu’il est possible.

Lettre à Voltaire, 23 juin 1766

On pourra regarder comme une espèce de paradoxe ce que nous venons de dire, que les Lettres Provinciales, publiées en 1656, ont tué les jésuites cent ans après, en 1760.

Eloges, Bossuet

Votre Majesté paraît surprise de ce que la lettre d’un Tudesque (c’est l’expression dont elle se sert) a été lue en pleine Académie française.

Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770

Puisque la montagne ne veut pas venir à Mahomet, il faudra donc, mon cher et illustre confrère, que Mahomet aille trouver la montagne.

Lettre à Voltaire, 28 juillet 1756

Ils sont actuellement aux trousses de Marmontel, qui, je crois, s’est trop avancé avec eux, et qui aura de la peine à s’en tirer.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1767

Ne me troublez pas, lui cria-t-il (Crébillon), je suis dans un moment intéressant; je vais faire pendre un ministre fripon, et chasser un ministre imbécile.

Eloges, Crébillon

Je demande… si le sentiment trouble et mal décidé qui résulte de cet alliage des ris avec les pleurs, est préférable au plaisir seul de pleurer, ou même au plaisir seul de rire?

Votre Majesté aura sans doute appris les troubles qu’il y a eu en différents endroits du royaume au sujet de la cherté du pain; troubles dont cette cherté n’a été que le prétexte.

Lettre au roi de Prusse, 27 mai 1775

Vous m’écrivez, mon cher et grand philosophe, de votre lit où vous voyez dix lieues de lac, et moi je vous réponds de mon trou où je vois le ciel long de trois aunes.

Lettre à Voltaire, 8 février 1757

Les succès de l’enfance, présages quelquefois si trompeurs, ne le furent point dans Charles de Secondat.

Eloges, Montesquieu

Des questions très intéressantes et très utiles, celle-ci par exemple: S’il peut être utile de tromper le peuple? nous n’avons jamais osé à l’Académie française proposer ce beau sujet.

Lettre au roi de Prusse, 22 septembre 1777

Je suis plus fâché que vous des déclamations et des trivialités qu’on a insérées dans l’Encyclopédie.

Lettre à Voltaire, 8 février 1757

On ne peut pas dire des jésuites que leur mort ait été aussi brillante que leur vie; si quelque chose même doit les humilier, c’est d’avoir péri si tristement, si obscurément, sans éclat et sans gloire.

Trépas, qui est noble dans le style poétique, a fait trépassé, qui ne s’emploie point dans le style noble.

On assure que Despréaux et son ami Racine trempèrent dans l’élection de l’abbé de Mauroy, par le seul motif d’écarter Fontenelle, son concurrent.

Eloges, J. Test. de Mauroy

Une femme de la cour ayant demandé à l’évêque de Meaux, dans le fort de sa querelle théologique avec Fénelon, si cet archevêque avait en effet autant d’esprit qu’on le disait: Ah! ma dame, répondit Bossuet, il en a à faire trembler.

Eloges, Fénelon

Le travestisseur d’Homère, ennemi déclaré et blasphémateur intrépide de l’Iliade, pouvait être comparé à ces incrédules endurcis, qui, en attaquant le culte public, outragent avec audace ce qu’ils ont le malheur de mépriser.

Eloges, Marivaux

Il me semble que déguisement suppose une difficulté d’être reconnu, et que travestissement suppose seulement l’intention de ne pas l’être, ou même seulement l’intention de s’habiller autrement qu’on n’a coutume.

Il ne craignait pas même de se montrer à Versailles avec ce singulier travestissement (en femme).

Eloges, abbé de Choisy

Il tombe quelquefois dans l’écueil dangereux de la familiarité du style, qui contraste et qui tranche avec la délicatesse ou la grandeur de la pensée.

Eloges, Lamotte

Leibnitz, offensé des soupçons que les Anglais avaient jeté sur ses travaux, leur proposa comme une espèce de défi le problème des trajectoires.

Eloges, Bernoulli

Le poëte et le philosophe se traitent mutuellement d’insensés.

Quel homme peut être assez hardi et assez borné pour entreprendre de traiter seul de toutes les sciences et de tous les arts?

Partout il avait obtenu l’amitié de tous ceux avec qui il avait à vivre, et la confiance de tous ceux avec qui il avait à traiter.

Eloges, Lafaye

Nos Parisiens ont aujourd’hui la tête tournée du roi de Prusse; il y a cinq mois qu’ils le traînaient dans la boue; et voilà les gens dont on ambitionne le suffrage.

Lettre à Voltaire, 11 janvier 1758

Cette teinte de pathétique se faisait sentir encore davantage quand Fléchier prononçait ses oraisons funèbres; son action un peu triste, et sa voix un peu faible et traînante, mettaient l’auditeur dans la disposition convenable pour s’affliger avec lui.

Eloges, Fléchier

S’ils (les poëtes écrivant en prose) s’abandonnent à la négligence de leur plume, leur style est traînant et sans âme.

Que dites-vous du train que fait Wilkes en Angleterre? il me semble que le despotisme n’a pas plus beau jeu dans ce pays-là que la superstition.

Lettre à Voltaire, 26 mai 1768

Phèdre est peut-être le seul ouvrage de ce grand homme (Racine) où l’amour soit vraiment terrible et tragique.

Lettre à Jean-Jacques Rousseau

Cette religion qu’ils travestissaient en la prêchant.

On dit d’une personne qui est au bal qu’elle est déguisée; et d’un magistrat habillé en nomme d’épée, qu’il est travesti.

Il est certain que plusieurs de nos travailleurs y ont mis (dans l’Encyclopédie) bien des choses inutiles, et quelquefois de la déclamation.

Lettre à Voltaire, 11 janvier 1758

Bientôt on sentit qu’il fallait transporter dans notre langue les beautés et non les mots des langues anciennes.

Il faut distinguer les erreurs transitoires et passagères des erreurs permanentes.

Lettre au roi de Prusse, 27 novembre 1777

De l’évêché de Lavaur, il fut transféré à celui de Nîmes.

Eloges, Fléchier

Vous savez qu’il y a actuellement quatre-vingt-trois jésuites à Rennes, pas davantage, et que ces marauds, comme vous croyez bien, ne s’endorment pas dans l’affaire de M. de la Chalotais; il est transféré à Rennes.

Lettre à Voltaire, 11 août 1766

Bertrand (d’Alembert lui-même) pouvait au moins et devait s’attendre à une réponse honnête et raisonnable, et non au persiflage que vous lui transcrivez.

Lettre à Voltaire, 27 avril 1773

Cette tranquillité philosophique, l’objet des désirs du sage, parce que c’est un bien que personne ne lui envie.

Eloges, Campistron

Je verrai Panckoucke, et je le tranquilliserai, si cependant un pauvre diable qui a cent mille écus en papier sous un hangar à la Bastille (l’Encyclopédie séquestrée) peut être dûment tranquillisé.

Lettre à Voltaire, 9 mars 1770

La touche, quelquefois trop peu soignée dans Fontenelle, est, dans Marivaux, peinée et tourmentée.

Eloges, Marivaux

Ce grand philosophe (Descartes), dans un temps où les observations astronomiques, la mécanique et la géométrie étaient encore très imparfaites, imagina, pour expliquer les mouvements des planètes, l’ingénieuse et célèbre hypothèse des tourbillons.

Songez que vous ne pouvez faire aux sots et aux fripons un meilleur tour que de vivre.

Lettre à Voltaire, 20 avril 1773

Le toucher, considéré en lui-même, ne nous donne proprement qu’une sensation, celle de l’impénétrabilité et de la résistance plus ou moins grande des corps, d’où nous concluons la réalité de la résistance.

Mélanges

La Feuillade, colonel de ce régiment, n’aimait pas Catinat, et ne devait pas l’aimer; car ces deux âmes n’avaient pas un seul point commun par où elles se touchassent.

Les triomphes théologiques de Bossuet, quelque prix qu’on y doive attacher, sont la partie de son éloge à laquelle nous devons toucher avec le plus de réserve.

Eloges, Bossuet

Il suffit ici qu’un livre touche à certaines matières et qu’il attaque bien ou mal certaines gens, pour être en conséquence hors de prix.

Lettre au roi de Prusse, 8 juin 1770

Nous touchons au moment de n’avoir plus de jésuites; et ce qui m’étonne, c’est que les herbes poussent comme à l’ordinaire, et que le soleil ne s’obscurcit pas.

Lettre à Voltaire, 6 avril 1764

Peu instruit ou peu touché de la rigueur inflexible des principes catholiques en matière de foi, il (un protestant) croyait que chacune des parties belligérantes devait faire à la paix quelques sacrifices, et céder un point pour en obtenir un autre.

Eloges, Bossuet

Il a peint d’une touche trop faible la noble et dangereuse fonction d’élever l’héritier d’un grand royaume.

Eloges, Fléchier

Le sublime se traduit toujours, presque jamais le style.

Si vous voulez qu’on vous traduise un jour, commencez par traduire vous-même.

Eloges, Saci

Le docte et pesant Dacier, grand ennemi de Lamotte pour l’amour des anciens, qu’il n’a pourtant point traités en ami dans ses traductions.

Eloges, Lamotte

C’est le portrait d’Anaxagore tracé par Périclès.

Eloges, Montesquieu

Cela me ferait de nouvelles tracasseries que je veux éviter.

Lettre à Voltaire, 18 octobre 1760

J’ai conclu, après la lecture, que ce n’était pas le tout d’être fanatique, qu’il fallait tâcher encore de n’être pas ridicule.

Lettre à Voltaire, 18 janvier 1773

Le bruit a couru ici que vous deviez venir entendre Mlle Clairon dans la nouvelle salle, et voir jouer ce rôle d’Idamé qui a fait tourner la tête à tout Paris.

Lettre à Voltaire, 28 juillet 1756

Les hypocrites nombreux que ce séjour renferme lui tournèrent le dos comme à un philosophe ennemi de l’Eglise et de ses pasteurs.

Eloges, Massillon

Nos Parisiens ont aujourd’hui la tête tournée du roi de Prusse.

Lettre à Voltaire, 11 janvier 1758

Je ne puis croire que vous cherchiez à le tourmenter (J. J. Rousseau) dans sa solitude, où il est déjà assez malheureux par sa santé, par sa pauvreté, et surtout par son caractère.

Lettre à Voltaire, 3 janvier 1765

Ceux qui nous l’ont transmise (l’histoire) ressemblent à des naturalistes qui décriraient avec complaisance les combats des araignées qui se dévorent, et qui oublieraient de nous faire connaître l’industrie avec laquelle elles fabriquent leur toile.

Daniel Bernoulli nous a donné un savant mémoire où il cherche par quelle raison les orbites des planètes sont renfermées dans une très petite zone parallèle à l’écliptique, et qui n’est que la dix-septième partie de la sphère.

Comment avez-vous pu imaginer, mon cher et illustre maître, que j’aie eu l’intention de vous comparer à Zoïle? je ne suis ni injuste ni sot à ce point-là.

Lettre à Voltaire, 31 juillet 1762

Tous ces coups indirects et dérobés, donnés et reçus de part et d’autre, entretenaient entre le poëte (Boileau) et la Société (des jésuites) une zizanie sourde, qui aurait fini par une guerre déclarée.

Eloges, Despréaux

D’un côté la haine sous le nom de zèle, de l’autre le zèle sans discernement ou sans lumières, se soulevèrent et se réunirent contre les Lettres persanes.

Eloges, Montesquieu

Le premier mérite d’un auteur est d’être vrai; être éloquent n’est que le second.

Eloges, Saci

Ennemi déclaré de toutes les erreurs qui avilissent et dévorent l’espèce humaine, il avait voué à la religion musulmane une aversion particulière.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

M. de la Harpe, avec qui j’ai le plaisir de parler souvent de vous, pourra vous dire combien je vous suis attaché, et combien je suis vôtre à la vie, à la mort.

Lettre à Voltaire, 28 janvier 1768

Il me semble que nous agissons toujours nécessairement quoique volontairement: c’est très volontairement que je ne m’empoisonne pas.

Lettre au roi de Prusse, 1er février 1771

Une volée de religieuses autrichiennes qui sont venues vous demander un asile.

Lettre au roi de Prusse, 13 décembre 1782

Elle (l’Académie française) arrêta d’une voix unanime que cette lettre (du roi de Prusse) serait insérée dans ses registres, comme un monument honorable pour vous et pour les lettres.

Lettre à Voltaire, 11 août 1770

Mais le peu d’habitude qu’on a d’écrire, de lire des écrits sur les Arts, rend les choses difficiles à expliquer d’une maniere intelligible.

Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772)

Il n’y a que la liberté d’agir, de penser qui soit capable de produire de grandes choses.

Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772)

Rien n’est plus incontestable que l’existence de nos sensations.

Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772)

On a souvent honoré du titre de sages ceux qui n’ont eu d’autre mérite que de contredire leurs contemporains.

Essai sur les éléments de philosophie (1759)

Ils faisaient à la cour un exposé faux, et par conséquent dangereux des forces que le parti de ce prince avait en Ecosse et en Angleterre.

Eloges, Milord Maréchal

L’exagération, en voulant agrandir les petites choses, les fait paraître plus petites encore.

Eloges, Fléchier

Les différents contrastes qu’offre votre caractère, de naturel sans simplicité, de réserve et d’imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l’art et de la nature.

Portrait de Melle de Lespinasse

On résout certains problèmes par approximation, en négligeant de petites quantités.

On a souvent honoré du titre de sage ceux qui n’ont eu d’autre mérite que de contredire leurs contemporains.

L’Univers n’est qu’un vaste océan, sur la surface duquel nous apercevons quelques îles plus ou moins grandes, dont la liaison avec le continent nous est cachée.

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

Il (Newton) a eu l’avantage singulier de voir sa philosophie généralement reçue en Angleterre de son vivant.

On ne sait bien une langue vivante que quand on la parle; on ne sait bien une langue morte, ou du moins autant qu’il est possible de la savoir, que quand on a tâché de l’écrire.

Eloges, Girard

Je ne vous ai trouvé que deux défauts impardonnables, c’est d’être Français et vivant.

Lettre à Voltaire, 2 septembre 1760

La plupart des princes sont comme les enfants: ils caressent vivement, et oublient vite.

La vanité qu’il eut de vouloir se soustraire à ces visites d’usage et de politesse, qu’à la vérité on n’exige pas des candidats, mais qu’ils ne doivent pas non plus regarder comme avilissantes pour eux.

Eloges, Saci

Croiriez-vous bien qu’il n’a pas été permis à ce dernier de se défendre à visage découvert contre ce coquin qui attaque sous le masque?

Lettre à Voltaire, 14 juillet 1767

Vous avez beau dire que vous n’avez plus de visage à offrir à M. Pigal (qui allait à Ferney, pour la statue de Voltaire); le génie, tant qu’il respire, a toujours un visage que le génie, son confrère, sait bien trouver.

Lettre à Voltaire, 30 mai 1770

Il s’était marié en Angleterre avec une personne aimable; mais ce mariage exigeait alors le secret, et le secret fut violé.

Eloges, Destouches

Il (Boileau) était aussi réservé que son caractère pouvait le permettre, à l’égard de cette société vindicative (les jésuites), alors très puissante et très dangereuse.

Eloges, Despréaux

Il doit surtout réclamer les mots qu’on a laissés mal à propos vieillir, et dont la proscription a énervé et appauvri la langue au lieu de la polir.

Une figure imposante, une voix forte et, pour ainsi dire, impérieuse, donnaient à Charpentier toute la confiance nécessaire dans ces circonstances critiques.

Eloges, Charpentier

Rien n’est si dangereux pour le vrai et ne l’expose tant à être méconnu, que l’alliage ou le voisinage de l’erreur.

Il ne faut pas être jeté à la voirie, comme j’y ai vu jeter la pauvre Lecouvreur.

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

J’ai assez vu la plupart des Mécènes et des grands pour n’avoir point à m’en louer, et assez peu pour n’avoir point à m’en plaindre.

Ce philosophe, trop injuste ennemi de la monarchie, qui, chargé, dans un dictionnaire de morale, de l’article citoyen, voulait le réduire à ces deux mots: Citoyen, voyez république.

Eloges, abbé de Saint-Pierre

Voilà donc enfin Marmontel de l’Académie.

Lettre à Voltaire, 8 décembre 1763

On sait que, chez les jésuites, les derniers voeux ne se faisaient qu’à trente-trois ans, âge où l’on prétend que Jésus-Christ a été mis en croix, et que ces pères avaient pris pour s’attacher à la leur.

Eloges, d'Olivet

Au moment où il arriva à l’Académie, il trouva plus de deux mille personnes dans la cour du Louvre, qui criaient en battant des mains: Vive M. de Voltaire!

Lettre au roi de Prusse, 1er juillet 1778

Nous vivons (nous Français) encore un peu de notre ancienne réputation littéraire; mais cette vie précaire ne durera pas longtemps.

Lettre au roi de Prusse, 20 novembre 1772

Il résultait de ses observations que l’Allemagne est faite pour y voyager, l’Italie pour y séjourner, l’Angleterre pour y penser et la France pour y vivre.

Eloges, Montesquieu

On sait que la longueur moyenne de la vie des hommes, à compter depuis le moment de la naissance, est d’environ vingt-sept ans.