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Citations de : Jean-François Deniau

Devant un enfant on ne parle ni d’argent, ni d’amitié trahie, ni d’amour déçu, ni de vieillesse à charge. Ni de la fin de l’enfance. Il vaut son poids d’or et de ciel, ce droit de penser, agir, rêver sans conséquence.

Mémoires de sept vies, 1. Les temps aventureux (1994)

Le moment le plus délicieux de la vie est d’être déjà amoureux alors qu’on ne le sait pas encore.

Le grand jeu (2005)

Les vents des deux mers et des deux continents sont si rudes qu’ils font tourbillonner les pensées comme feuilles mortes dans le patio. Et les mots se bousculent en bruissant, autres feuilles mortes secouées par le vent.

Un héros très discret (1989)

Quand une mécanique est lancée, même à partir d’un mensonge, rien ne peut l’arrêter. Très vite les acteurs, hommes et femmes, pris par le mouvement, sont dépassés. La vérité n’a plus d’importance: c’est seulement la vraisemblance au départ qui comptait.

Un héros très discret (1989)

Le début de la fin de l’enfance commence lorsque l’on se rend compte que tout ce qu’on a rêvé n’est pas possible. Accepter quoi que ce soit, c’est refuser tout le reste.

L'Atlantique est mon désert (1996)

J’aime le désert qui est le frère de la mer, et où on navigue à l’air du temps et au chant des constellations.

Mémoire de sept vies (1994), Le temps aventureux

Dans la montagne j’apprends au pas de la caravane à marcher sans effort inutile et, le soir, à baisser d’un coup le métabolisme pour récupérer de la fatigue du jour. Une pipe avec tabac et kif mélangés y aide.

Mémoire de sept vies (1994), Le temps aventureux

Coque en bois, quille en plomb, un mât, deux voiles et un rouf pontant le bateau à demi, sous lequel il y avait deux banquettes côte à côte. On s’y introduisait comme dans un sac de couchage.

La mer est ronde (1975)

C’était ainsi chaque année, sur mon petit mouille-cul, trois cents à cinq cents milles de navigation qui faisaient alterner les joies de la mer et les plaisirs de l’escale.

La mer est ronde (1975)

Je suis devant le roi, je tends mes lettres de créance de la main droite, mon bicorne à plumes sous le bras gauche, comme le veut la règle. Et le roi dit à mi-voix: «Tu aurais cru qu’un jour on se retrouverait tous les deux costumés comme ça?»

Mémoire de sept vies (1997), Croire et oser

A l’est la mer Rouge, au sud l’Ethiopie, à l’ouest, loin, le Nil, au nord le désert. – – A qui appartient ce pays où nous sommes? Tout ce qui bouge sous le soleil est bon à tirer pour l’aviation.

Deux heures après minuit (1985)

Tous les terrains d’opération du «tiers-monde instable», je les ai pratiqués. Les nuits dans la boue, la sable, la neige, je les ai vécues. Et les heures avant l’attaque, et les marches forcées, et la fatigue la faim, la peur.

Mémoire de sept vies (1997), Croire et oser

Les chefs militaires ont à la main leur kalachnikov, les porte-parole des communautés villageoises, les Anciens, qu’on appelle aussi les barbes grises, tiennent un parapluie, signe de leur respectabilité.

Deux heures après minuit (1985)

Dans le silence de l’Europe. Je ne peux que répéter ce que je dis depuis quarante ans: sa mission doit être de défendre un type de civilisation et de démocratie.

Mémoire de sept vies (1997), Croire et oser

Que de ruines sans même l’espoir d’une cité de soleil.

Mémoire de sept vies (1997), Croire et oser

Dans ce monde dépourvu de tout code et de tout gendarme, où l’ONU se contente trop souvent de compter les cadavres sans oser distinguer ce qui différencie le bien du mal, les passionnés et les amateurs peuvent jouer un rôle décisif.

Reader Digest, 1996.

Ce que je déteste par-dessus tout: l’hypocrisie.

Que signifie l’expression «maintenir la paix» dans un pays en guerre? Rien d’autre que le mensonge et l’hypocrisie.

Reader Digest, 1996.

J’aime la mer et j’aime être en mer. J’aime partir, larguer l’amarre et passer les feux; j’aime naviguer, voir le vent tourner, la brise adonner, le ciel changer, la mer se former et se déformer; …

La mer est ronde (1975)

Amateur, cela veut dire «qui aime», et c’est bien de cela qu’il s’agit.

La mer est ronde (1975)

Ce qui m’étonne le plus dans le courage humain est celui que l’on pourrait appeler du dernier message.

Ce que je crois

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis: l’amitié.

Je devais, après un triple pontage, passer trois semaines dans un institut spécialisé, aller régulièrement aux Invalides où existe le meilleur service de rééducation. Patiemment réapprendre, une fois de plus, à respirer et à me servir de mes jambes.

L'Atlantique est mon désert (1996)

Je voulais donner un message d’espoir. Si je n’étais pas arrivé, le message aurait été de désespoir. Un moment de crainte, de froid. Les oiseaux tournent dans le ciel, les nuages passent, oublions la crainte.

L'Atlantique est mon désert (1996)

Je suis décidé à traverser l’Atlantique à la voile en solitaire. D’un coup, comme on nettoie une table d’un coup de serviette, plus de nuages, plus de vent. Le soleil.

L'Atlantique est mon désert (1996)

La vertu, c’est le propre de l’homme. D’où le premier sens: courage, considéré comme une sorte d’attribut viril. Erreur. Les femmes ont toujours été au moins aussi courageuses que les hommes, sinon plus, et il y a tant de formes diverses de courage.

Discours sur la vertu, 30 novembre 1995.

Dans une épée d’académicien, il y a toujours des signes. Elle ne sert pas à pourfendre ses confrères, à se protéger des critiques. Non, c’est un objet symbolique.

Discours de réception à l'Académie française, 7 décembre 1992.

La capacité à faire pleurer les crocodiles ne m’a jamais ému.

Comme 1914 a marqué l’entrée dans le XXe siècle, le 11 septembre 2001 marque l’entrée dans le XXIe siècle.

D’abord les emmerdements s’additionnent, ensuite ils se multiplient.

Mémoire de 7 vies

La vérité est une. Le mensonge est multiple. La partie n’est pas égale.

Ce que je crois