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Citations de : Jacques Brel

Aimer jusqu’à la déchirure – Aimer, même trop, même mal, – Tenter, sans force et sans armure, – D’atteindre l’inaccessible étoile…

La bêtise, c’est de la paresse.

L’aventure c’est le trésor – Que l’on découvre à chaque matin.

Mais n’est-ce pas le pire piège – Que vivre en paix pour des amants.

Un enfant c’est le dernier poète d’un monde qui s’entête à vouloir devenir grand.

Il nous faut écouter l’oiseau au fond des bois, le murmure de l’été, le sang qui monte en soi…

Moi je t’offrirai – Des perles de pluie – Venues de pays – Où il ne pleut pas.

Ne me quitte pas (1959)

Heureux les amants séparés – Et qui ne savent pas encore – Qu’ils vont demain se retrouver.

On ne meurt pas de se casser la figure. On ne meurt pas d’humiliation. On meurt d’un coup de couteau dans le dos.

Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose.

Je suis un mort – Encore vivant!

Les hommes prudents sont des infirmes.

Les hommes ne disent que des bêtises quand ils parlent des femmes. Par contre les femmes ne disent pas toujours des sottises quand elles parlent des hommes.

Ce qu’il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong-Kong, ça n’est pas d’aller à Hong-Kong, c’est de quitter Vilvoorde.

Dans la vie d’un homme, il y a deux dates importantes, celle de sa naissance et celle de sa mort. Tout ce qu’on fait entre ces deux dates n’a pas beaucoup d’importance.

La vie qui s’en vient – Et qui s’en va – Nous laisse pantois – Comme des chiens…

C’est par leur murmure – Que les étangs mettent les fleuves en prison.

L’humour est la forme la plus saine de la lucidité.

Il faudrait arriver à n’avoir que des tentations relativement nobles. Et à ce moment-là, il est urgent d’y succomber. Même si c’est dangereux. Même si c’est impossible. Surtout si c’est impossible.

Heureux les amants que nous sommes – Et qui demain, loin l’un de l’autre – S’aimeront par dessus les hommes.

Il nous fallut bien du talent – Pour être vieux sans être adultes.

Il y en a qui ont le coeur si vaste qu’ils sont toujours en voyage.

Extrait du film: Un idiot à Paris

Les timides – Ca se tortille – Ca s’entortille – Ca sautille – Ca se met en vrille – Ca se recroqueville – Ca rêve d’être un lapin.

Les timides

Je hais la prudence, elle ne vous amène à rien.

On n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout.

Mourir cela n’est rien – Mourir la belle affaire – Mais vieillir… O vieillir!

Vieillir

Il est vrai que parfois – Près du soir les oiseaux – Ressemblent aux vagues – Et les vagues aux oiseaux – Et les hommes aux rires – Et les rires aux sanglots.

La ville s'endormait

Les gens qui ont bonne conscience ont souvent mauvaise mémoire.

Les gens

C’est trop facile quand les guerres sont finies – D’aller gueuler que c’était la dernière – Ami bourgeois vous me faites envie – Vous ne voyez donc point vos cimetières.

Grand Jacques, c'est trop facile (1955)

S’il te faut l’ennui pour te sembler profond – Et le bruit des villes pour saouler tes remords – Et puis des faiblesses pour te paraître bon – Et puis des colères pour te paraître fort – – Alors tu n’as rien compris.

S'il te faut

S’il te faut l’aurore pour croire au lendemain – Et des lendemains pour pouvoir espérer – Retrouver l’espoir qui t’a glissé des mains – Retrouver la main que ta main a quittée – – Alors tu n’as rien compris.

S'il te faut

Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps – Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère – Cela n’importe pas, celui des deux qui reste là se retrouve en enfer.

Les vieux

Et puis si j’étais le bon Dieu – Je crois que je serais pas fier – Je sais on fait ce qu’on peut – Mais il y a la manière.

Fernand

Il y en a qui ont le coeur si large qu’on y rentre sans frapper. – Il y en a qui ont le coeur si frêle qu’on le briserait d’un doigt.

Extrait du film: Un idiot à Paris

On a beau faire, on a beau dire, – Qu’un homme averti en vaut deux, – On a beau faire, on a beau dire, – Ca fait du bien d’être amoureux.

Le prochain amour

Je veux qu’on rie – Je veux qu’on danse – Je veux qu’on s’amuse comme des fous – Je veux qu’on rie – Je veux qu’on danse – Quand c’est qu’on me mettra dans le trou.

Bougnat tu peux garder ton vin – Ce soir je boirai mon chagrin.

Il pleut des orangeades – Et des Champagnes tièdes – Et des propos glacés – Des femelles maussades – De fonctionnarisés.

A mon dernier repas – Et je veux qu’on y boive – En plus de vin de messe – De ce vin si joli – Qu’on buvait en Arbois.

Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter.

Adieu l’Emile je t’aimais bien, tu sais – On a chanté les même vins – On a chanté les mêmes filles.

Pourtant les auberges sont douces – Où le vin fait tourner manège.

Quand un homme n’a pas peur de coucher avec une femme, c’est qu’il ne l’aime pas.

Cité par Marc Robine dans Grand Jacques.

Il y a deux sortes de temps: y a le temps qui attend et le temps qui espère.

L'Ostendaise

Mourir de rire c’est possiblement vrai, d’ailleurs la preuve en est que les gens n’osent plus trop rire.

Le seul fait de rêver est déjà très important. – Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir – Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. – Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer. – Et d’oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite

La femme a peur de l’avenir. L’homme redoute le présent.

Il est extrêmement mal élevé, quand on est blessé, de le faire savoir.

Enfin, quoi, si j’avais du talent, je n’aurais tout de même pas fait des chansons.

Au fond, les gens devraient peut-être apprendre à aimer avant de songer à s’aimer.

Actuellement, un grand artiste est un artiste qui vend beaucoup de disques. Tout ça, c’est du bidon et c’est profondément malhonnête.

ORTF, 15 septembre 1963

Un homme qui n’est pas tendre, ce n’est pas un homme. Un homme dur, ça n’existe pas. Un homme qui ne pleure pas, ça n’existe pas.

07-janv-71

Pour un peu de tendresse Je t’offrirais le temps Qu’il reste de jeunesse A l’été finissant.

La Tendresse (1958)

Pour un peu de tendresse Je changerais de visage Je changerais d’ivresse Je changerais de langage.

La Tendresse (1958)

Pour un peu de tendresse Je donnerais les diamants Que le diable caresse Dans mes coffres d’argent.

La Tendresse (1958)

Pourvu que nous vienne un homme Aux portes de la cité Que l’amour soit son royaume Et l’espoir son invité.

L'Homme dans la cité (1958)

Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite

Alors sans avoir rien Que la force d’aimer Nous aurons dans nos mains Amis le monde entier.

Quand on n'a que l'amour (1956)

Quand on n’a que l’amour A s’offrir en partage Au jour du grand voyage Qu’est notre grand amour.

Quand on n'a que l'amour (1956)

Pourquoi ton corps qui sombre Ton corps qui disparaît Et n’est plus sur le quai Qu’une fleur sur une tombe Pourquoi ces prochains jours Où je devrais penser A ne plus m’habiller Que d’une moitié d’amour.

La Colombe (1959)

Je sais déjà que c’est par leur murmure Que les étangs mettent les fleuves en prison.

Le prochain amour (1961)

Je suis un mort Encore vivant.

La chanson de Van Horst (1972)

Nous savons tous les deux Que le monde sommeille Par manque d’imprudence.

Jojo (1977)

Malheur à qui veut préférer Le verbe être au verbe avoir, Je sais son désespoir.

Chacun sa Dulcinéa (1968)

Et ils pissent comme je pleure Sur les femmes infidèles.

Amsterdam (1964)

Et puis si j’étais l’Bon Dieu Je crois que je ne serais pas fier Je sais on fait ce qu’on peut Mais il y a la manière.

Ces gens-là (1965), Fernand

Veux-tu que je te dise gémir n’est pas de mise Aux Marquises.

Les Marquises (1977)

Qu’aimerait bien avoir l’air Mais qui a pas l’air du tout Faut pas jouer les riches Quand on n’a pas le sou.

Jef (1964), Ces gens-là

Et quand je ne délire pas j’en arrive à me dire Qu’il est plus humiliant d’être suivi que suivant.

Jef (1964), Au suivant

Ce soir j’attends Madeleine Mais il pleut sur mes lilas Il pleut comme toutes les semaines Et Madeleine n’arrive pas Ce soir j’attends Madeleine C’est trop tard pour le tram trente-trois Trop tard pour les frites d’Eugène Et Madeleine n’arrive pas.

Les bourgeois (1962), Madeleine

Les bourgeois c’est comme les cochons Plus ça devient vieux plus ça devient bête Les bourgeois c’est comme les cochons Plus ça devient vieux plus ça devient c…

Les bourgeois (1962)

Je pars parce que je ne veux pas devenir un vieux chanteur. J’ai trente-huit ans et j’ai besoin de vivre, de me balader, de respirer.

Interview à la RTB, 1971.

Les femmes sont toujours en dessous de l’amour dont on rêve et comme je suis assez romantique et sentimental, je ne m’en cache pas du tout, la femme est un peu à côté de l’amour, à côté du rêve que j’ai.

Interview à la RTB, 1971.

Je n’aime pas beaucoup les femmes car elles sont un peu l’ennemi. Je ne suis pas misogyne mais je me méfie d’elles, profondément. Je me méfie d’elles parce que j’ai horreur de souffrir, d’avoir mal aux dents, et puis ça ne sert à rien…

Interview à la RTB, 1971.

Un homme est fait pour être mobile. Tout le malheur vient de l’immobilité. On use les choses en étant immobile.

Interview à la RTB, 1971.

Ce sont des grands professionnels, mais chez eux, la lampe électrique a tué l’étincelle.

Interview à la RTB, 1971 - A propos des Américains.

Quand je ne chante pas, je fais de l’avion, ou j’en rêve. Ce qui est beau, c’est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd…

Interview à la RTB, 1971.

Je suis plutôt écoeuré par le monde de la chanson, et je ne suis pas le seul. J’éprouve profondément le besoin de m’en dégager.

Interview à la RTB, 1971.

On m’a crié: «casse-cou»! Ca m’a excité. C’est terriblement gai de faire les choses qu’on sait dangereuses.

Interview à la RTB, 1971.

Contempler ma gueule pendant une heure et demie sur un écran, c’est au-dessus de mes forces.

Interview à la RTB, 1971.

Les femmes, j’ai l’impression d’être passé un peu à côté.

Interview à la RTB, 1971.

Au troisième temps de la valse Nous valsons enfin tous les trois Au troisième temps de la valse Il y a toi y a l’amour et y a moi Et Paris qui bat la mesure Paris qui mesure notre émoi Et Paris qui bat la mesure Laisse enfin éclater sa joie.

La valse à mille temps (1959)

Je vous ai apporté des bonbons Parce que les fleurs, c’est périssable Puis les bonbons c’est tellement bon Bien que les fleurs soient plus présentables.

Le plat pays (1963), Les bonbons

Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère Cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer.

Le plat pays (1963), Les vieux

C’est pour pouvoir enfin botter les fesses A ces vieillards qui nous ont dit Que nos vingt ans que notre jeunesse Etaient le plus beau temps de la vie.

Vieille (1963)

On n’oublie rien, de rien On n’oublie rien du tout On n’oublie rien de rien On s’habitue c’est tout.

On n'oublie rien (1961)

Faut dire Faut dire qu’elle était belle Comme une perle d’eau Faut dire qu’elle était belle Et je ne suis pas beau.

La Fanette (1963)

Tout peut s’oublier Qui s’enfuit déjà.

Ne me quitte pas (1959)

Et un point à l’envers Et un point à l’endroit Un point pour saint Joseph Un point pour saint Thomas.

La Dame patronnesse (1958)

Mais on s’égareOn s’effareOn se désempare.

Les timides (1964)

En voyageant, j’ai compris que l’homme libre est nomade. Je choisis donc la liberté avant qu’il ne soit trop tard. Je ne veux pas devenir un vieux chanteur.

Interview à la RTB, 1971.

Si je lisais chaque soir Rimbaud, Baudelaire et Verlaine, si j’écoutais sans cesse Ravel, Fauré et Debussy, je n’écrirais plus une note, plus un mot. Quand je lis Baudelaire, je comprends tout ce que j’ai raté.

Interview à la RTB, 1971.

La bêtise, c’est la mauvaise fée du monde, la sorcière. Il n’y a pas de gens méchants, il y a des gens bêtes. Mais ce n’est pas de leur faute. Mais il y a des gens qui ont peur. Et ça c’est de leur faute.

Interview à la RTB, 1971.

Un homme passe sa vie à compenser son enfance. Vers seize, dix-sept ans, un homme se termine. Il a eu tous ses rêves. Il ne les connaît pas mais ils sont passés en lui.

Interview à la RTB, 1971.

On a vu souventRejaillir le feuDe l’ancien volcanQu’on croyait trop vieux.

Ne me quitte pas (1959)

Je préfère les hommes qui donnent à ceux qui expliquent.

Interview à la RTB, 1971.

Je hais tout ce qui est soumis. Je déteste l’homme assis.

Interview à la RTB, 1971.

Vivre entre hommes est merveilleux. Mais ce n’est pas plus facile. Vivre réfugié dans l’amour d’une femme, c’est un acte paresseux, un acte de vampire. Alors, si c’est ça être tendre et généreux…

Interview à la RTB, 1971.

La prudence me fait suer. Je hais la précaution.

Interview à la RTB, 1971.

Il y a plusieurs sortes de Flamands. Il y a le Flamand et le flamingant. Le Flamand, c’est un Français rugueux. Le flamingant, c’est un Allemand mou.

Interview à la RTB, 1971.

J’aime bien leur mettre la main quelque part, aux dames, pas de problème, mais pas tout le temps, ça fatigue.

Interview à la RTB, 1971.

De tous les peuples de la Gaule, ce sont les Belges qui portent le mieux les valises.

Interview à la RTB, 1971.

Moi, j’ai envie d’aimer et je crois que je crèverai en aimant.

Interview à la RTB, 1971.

Faire du bateau en solitaire, c’est être inadapté. Une vague vous tue mais ne vous traite pas d’imbécile alors qu’une concierge le fera.

Interview à la RTB, 1971.

Liège est la ville la plus folle de Belgique.

Interview à la RTB, 1971.

Il n’y a pas de Flamands. Ca n’existe pas les Flamands.

Interview à la RTB, 1971.

Je suis francophone parce qu’il me semble que, comme nous sommes dans des démocraties non populaires, on a le droit de choisir l’expression qu’on veut.

Interview à la RTB, 1971.

Nous sommes tous trop fragiles et on n’explique pas une fragilité. On la vit, on l’assume. Comment veux-tu expliquer ça?

Interview à la RTB, 1971.

Je ne suis pas venu à Paris. Je suis venu dans un pays où il y a une langue. Parce que je viens d’un pays où il n’y a pas de langue.

Interview à la RTB, 1971.

Etre de quelque part, ça se décide. Ca se décide assez tard.

Interview à la RTB, 1971.

Il y a des sentiments qu’on a à l’estomac.

Interview à la RTB, 1971.

Je suis un peu fou sans doute et un peu excessif.

Interview à la RTB, 1971.

Je me fous complètement de l’argent. Si un jour vous apprenez que je suis devenu pauvre, ne me plaignez pas.

Interview à la RTB, 1971.

Cela dit, il y a des soirs et des matins où on doute de tout. Il y a des matins où j’entre dans ma baignoire et où j’aimerais mieux rester en dessous de l’eau, ça m’arrive.

Interview à la RTB, 1971.

Je crois qu’en fait un homme passe sa vie à guérir de son enfance.

Interview à la RTB, 1971.

La tendresse est un jeu égalitaire.

Interview à la RTB, 1971.

Je n’aime pas les gens prudents!

Interview à la RTB, 1971.

Le Belge vient de nulle part. Le Belge ne peut pas s’en référer. On est un peu cul de jatte sur le plan de la mémoire.

Interview à la RTB, 1971.

J’ai chanté dix-sept ou dix-huit ans, mais j’ai été vomir avant chaque tour de chant, de peur.

Interview à la RTB, 1971.

Tout le monde est de gauche … sauf quand on vote.

Interview à la RTB, 1971.

La Belgique vaut mieux qu’une querelle linguistique.

Interview à la RTB, 1971.

Parfois, je me casse la gueule. Eh bien, ça fait partie des sensations de la vie.

Interview à la RTB, 1971.

Quand on lit Rimbaud, on est plus riche que la veille, mais on sait aussi qu’on écrit beaucoup moins bien.

Interview à la RTB, 1971.

Ce qui compte, c’est l’intensité d’une vie, pas la durée d’une vie.

Interview à la RTB, 1971.

C’est devenu très, très difficile d’être belge, c’est devenu … à la limite de l’impossible. Il va falloir arranger ça un de ces jours.

Interview à la RTB, 1971.

C’est le tango des récompensesQui allaient à ceux qui ont la chanceD’apprendre dès leur enfanceTout ce qui ne leur servira pas.

Rosa (1962)

Tout le monde a mal aux dents de la même façon. Tout le monde regarde sa mère de la même façon. Tout le monde regarde une femme de la même façon.

A propos du conflit Wallons - Flamands.

Nous n’irons plus au bois, la colombe est blesséeNous n’allons pas au bois, nous allons la tuer.

La Colombe (1959)

Ca sent la bière de Londres à BerlinCa sent la bière, Dieu qu’on est bienCa sent la bière de Londres à BerlinCa sent la bière, donne-moi la main.

La Bière

Ca me fait peur, les gens prudents, les gens précautionneux, ils ont plus d’avenir que de présent, ils sont assis, ils se croient debout. C’est effrayant, non?

Un homme passe sa vie à compenser son enfance et à réaliser les rêves qu’il a eus jusqu’à plus ou moins 20 ans.

Un enfant, c’est le dernier poète d’un monde qui s’entête à vouloir devenir grand.

On ne réussit que ses rêves. C’est l’intensité de la vie, plus que sa durée, qui compte.

Tais-toi donc Grand Jacques – Que connais-tu de l’amour – Des yeux bleus, des cheveux fous – Tu n’en connais rien du tout.

Grand Jacques, c'est trop facile (1955)

C’est trop facile d’entrer aux églises – De déverser toutes ses saletés – Face au curé qui dans la lumière grise – Ferme les yeux pour mieux nous pardonner.

Grand Jacques, c'est trop facile (1955)

Je prendrai, dans les yeux d’un ami, ce qu’il a de plus chaud, de plus beau et de plus tendre aussi. Qu’on ne voit que deux ou trois fois durant toute une vie et qui fait que cet ami est votre ami…

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.

Mon père était un chercheur d’or. L’ennui, c’est qu’il en a trouvé.

A la minceur des épluchures, on voit la grandeur des nations.

Faut pas jouer les riches quand on a pas le sou.

Fils de sultan, fils de fakir, tous les enfants ont un empire.

Même s’il est sincère, aucun rêve jamais ne mérite une guerre.

J’aime trop l’amour pour beaucoup aimer les femmes…

Je crois que Dieu, ce sont les hommes et qu’ils ne le savent pas.

Les bourgeois, c’est comme les cochons – Plus ça devient vieux, plus ça devient con.

La Belgique, c’est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n’existent pas.

Mais tu n’es pas le Bon Dieu – Toi, tu es beaucoup mieux – Tu es un homme.

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux.

Tous les enfants sont des sorciers.

Tout ce que l’on cherche à redécouvrir – Fleurit chaque jour au coin de nos vies.

Aimer jusqu’à la déchirure Aimer, même trop, même mal, Tenter, sans force et sans armure, D’atteindre l’inaccessible étoile.

La Quête (1967)

Ne me quitte pas Je ne vais plus pleurer Je ne vais plus parler Je me cacherai là A te regarder Danser et sourire Et à t’écouter Chanter et puis rire Laisse-moi devenir L’ombre de ton ombre L’ombre de ta main L’ombre de ton chien.

Ne me quitte pas (1959)

Ne me quitte pas Je t’inventerai des mots insensés Que tu comprendras Je te parlerai de ces amants-là Qui ont vu deux fois leur coeur s’embraser Je te raconterai l’histoire de ce roi Mort de n’avoir pas pu te rencontrer.

Ne me quitte pas (1959)

Ne me quitte pas Il faut oublier Tout peut s’oublier Qui s’enfuit déjà Oublier le temps des malentendus Et le temps perdu A savoir comment Oublier ces heures qui tuaient parfois A coups de pourquoi Le coeur du bonheur.

Ne me quitte pas (1959)

On a vu souvent rejaillir le feu D’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux Il est paraît-il des terres brûlées Donnant plus de blé qu’un meilleur avril Et quand vient le soir pour qu’un ciel flamboie Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ?

Ne me quitte pas (1959)

Moi qui n’ai jamais prié Dieu que lorsque j’avais mal aux dents Moi qui n’ai jamais prié Dieu que quand j’ai eu peur de Satan Moi qui n’ai jamais prié Satan que lorsque j’étais amoureux.

La Statue (1962)

Quand on n’a que l’amour Pour tracer un chemin Et forcer le destin A chaque carrefour.

Quand on n'a que l'amour (1956)

Mais les femmes toujours Ne ressemblent qu’aux femmes Et d’entre elles les connes Ne ressemblent qu’aux connes Et je ne suis pas bien sûr Comme chante un certain Qu’elles soient l’avenir de l’homme.

La ville s'endormait (1977)

J’ai une envie d’aimer qui est abominable.

France Culture, 27 juillet 1967