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Citations de : Honoré de Balzac

Tout pouvoir est une conspiration permanente.

Sur Catherine de Médicis

Tous les vrais grands hommes aiment à se laisser tyranniser par un être faible.

L'Illustre Gaudissart (1833)

Rien ne grise comme le vin du malheur.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité.

La Muse du département

Quand on observe la nature, on y découvre les plaisanteries d’une ironie supérieure: elle a, par exemple, placé les crapauds près des fleurs…

Massimilla Doni

Les hommes ne veulent jamais distinguer entre la constance et la fidélité.

Autre étude de femme

Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard.

La Vendetta

Les gens qui aiment ne doutent de rien, ou doutent de tout.

Une ténébreuse affaire

Les gens généreux font de mauvais commerçants.

Illusions perdues (1837-1843)

Les femmes sont des poêles à dessus de marbre.

Autre étude de femme

Les dynasties qui commencent ont, comme les enfants, des langes tachés.

Le Député d'Arcis

Les chouans sont restés comme un mémorable exemple du danger de remuer les masses peu civilisées d’un pays.

Les âmes grandes sont toujours disposées à faire une vertu d’un malheur.

Illusions perdues (1837-1843)

Les âmes fortes ne sont ni jalouses ni craintives: la jalousie est un doute, la crainte est une petitesse.

Le Contrat de mariage

Le vrai littéraire ne saurait être le vrai de la nature.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Nous avons fait tant d’histoire que les historiens manqueront!

Autre étude de femme

Nos sentiments ne sont-ils pas, pour ainsi dire, écrits sur les choses qui nous entourent?

Béatrix

Ne commencez jamais le mariage par un viol.

Physiologie du Mariage (1830)

Les vocations manquées déteignent sur toute l’existence.

La Maison Nucingen (1838)

Les vieillards sont assez enclins à doter de leurs chagrins l’avenir des jeunes gens.

La Femme de trente ans

Les sentiments nobles poussés à l’absolu produisent des résultats semblables à ceux des plus grands vices.

La Cousine Bette (1846)

Les rois aiment plus qu’on ne le croit la contradiction.

Le Bal de Sceaux

Les pleurs des vieillards sont aussi terribles que ceux des enfants sont naturels.

Ursule Mirouët

Les peintres ne doivent méditer que les brosses à la main.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.

La Maison Nucingen (1838)

Le suicide est l’effet d’un sentiment que nous nommerons l’estime de soi-même, pour ne pas le confondre avec le mot honneur.

Le sort d’un ménage dépend de la première nuit.

Physiologie du Mariage (1830)

Le sentiment que l’homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance; mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.

La Peau de chagrin (1831)

Le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme.

César Birotteau (1838)

Le hasard est le plus grand romancier du monde; pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier.

La Comédie humaine

Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d’en faire légalement de très petites.

La Peau de chagrin (1831)

Le désir, ce torrent de votre volonté, est si puissant chez l’homme, qu’un seul jet émis avec force peut tout faire obtenir…

Le coeur d’une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon.

La Femme de trente ans

Le beau, c’est le vrai bien habillé.

La volupté, comme une fleur rare, demande les soins de la culture la plus ingénieuse.

La Femme abandonnée

La volonté peut et doit être un sujet d’orgueil bien plus que le talent.

La Muse du département

La vie militaire exige peu d’idées.

Melmoth réconcilié

La société ne fait-elle pas de l’homme, suivant les milieux où son action se déploie, autant d’hommes différents qu’il y a de variétés en zoologie? … Il a donc existé, il existera de tout temps des espèces sociales comme il y a des espèces zoologiques.

La Comédie humaine

La puissance ne consiste pas à frapper fort ou souvent, mais à frapper juste.

Physiologie du Mariage (1830)

La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais.

César Birotteau (1838)

La Police et les Jésuites ont la vertu de ne jamais abandonner ni leurs ennemis ni leurs amis.

Une ténébreuse affaire

La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer!

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

La méchanceté combinée avec l’intérêt personnel équivaut à beaucoup d’esprit.

Les Employés

La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux.

La Vendetta

La jeunesse a d’étonnants privilèges; elle n’effraye pas.

Le Cousin Pons (1847)

L’avarice a comme l’amour un don de seconde vue sur les futurs contingents, elle les flaire, elle les presse.

Illusions perdues (1837-1843)

L’amour véritable s’enveloppe toujours des mystères de la pudeur, même dans son expression, car il se prouve par lui-même; il ne sent pas la nécessité, comme l’amour faux, d’allumer un incendie.

Les Petits Bourgeois

L’amour qui économise n’est jamais le véritable amour.

Melmoth réconcilié

L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.

La Recherche de l'absolu

L’amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir.

Les Chouans

L’amour est la poésie des sens.

L’admiration est toujours une fatigue pour l’espèce humaine.

Le Bal de Sceaux

Jamais les hommes d’imagination, pour lesquels l’espérance est le fond de la vie, ne veulent se dire qu’en affaires le moment le plus périlleux est celui où tout va selon leurs souhaits.

Une fille d'Eve (1834)

Jamais la police n’aura d’espions comparables à ceux qui se mettent au service de la haine.

Les Paysans

J’avais entrepris une lutte insensée! Je combattais la misère avec ma plume.

La haine, comme l’amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va.

Le Contrat de mariage

La gloire est le soleil des morts.

La Recherche de l'absolu

La douleur ennoblit les personnes les plus vulgaires, car elle a sa grandeur, et pour en recevoir du lustre, il suffit d’être vrai.

César Birotteau (1838)

La dignité n’est qu’un paravent placé par l’orgueil et derrière lequel nous enrageons à notre aise.

La coquetterie ne va bien qu’à la femme heureuse.

La Femme abandonnée

La bêtise a deux manières d’être: elle se fait ou elle parle. La bêtise muette est supportable.

Pierrette (1840)

L’intérêt et le talent sont les seuls conseillers consciencieux et lucides.

Le Curé de Tours

L’illusion est une foi démesurée!

Les Employés

L’homme n’est ni bon ni méchant, il naît avec des instincts et des aptitudes.

La Comédie humaine

L’avarice commence où la pauvreté cesse.

Il y a toujours un fameux singe dans la plus jolie et la plus angélique des femmes!

Autre étude de femme

Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Il ne se rencontre pas plus dans la vie de l’homme deux moments de plaisir semblables, qu’il n’y a deux feuilles exactement pareilles sur un même arbre.

Physiologie du Mariage (1830)

Il n’y a rien de violent à Paris comme ce qui doit être éphémère.

Béatrix

Il n’y a que les pauvres de généreux.

Le Bal de Sceaux

Il n’y a que les gens médiocres pour penser à tout.

Pierre Grassou

Il n’est pas de douleur que le sommeil ne sache vaincre.

Le Cousin Pons (1847)

Il n’est pas de créature qui n’ait plus de force pour supporter le chagrin que pour résister à l’extrême félicité.

Les Secrets de la princesse de Cadignan

Il l’atteignit si furieusement de son poignard qu’il le manqua.

La Femme de trente ans

Il est aussi facile de rêver un livre qu’il est difficile de le faire.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Il en est des passions nobles comme des vices: plus elles se satisfont, plus elles s’accroissent.

Les Marana

Il arrive un moment, dans la vie intérieure des familles, où les enfants deviennent, soit volontairement, soit involontairement, les juges de leurs parents.

La Recherche de l'absolu

En toute chose, l’on reçoit qu’en raison de ce que l’on donne.

Physiologie du Mariage (1830)

En se résignant, le malheureux consomme son malheur.

César Birotteau (1838)

En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu’on ne saurait empêcher.

Physiologie du Mariage (1830)

En France, le provisoire est éternel, quoique le Français soit soupçonné d’aimer le changement.

Les Paysans

De même que le mal, le sublime a sa contagion.

L'Envers de l'histoire contemporaine

Dans ces grandes crises, le coeur se brise ou se bronze.

La Maison du Chat-qui-pelote

Choisir! c’est l’éclair de l’intelligence. Hésitez-vous?.. tout est dit, vous vous trompez.

L'Illustre Gaudissart (1833)

Au premier coup d’oeil jeté sur un intérieur, on sait qui y règne de l’amour ou du désespoir.

La Cousine Bette (1846)

… Comme tous les êtres réellement forts, il avait l’humeur égale.

Les Paysans

… Ces êtres vulgaires m’intéressent plus qu’ils ne vous intéressent. Je les grandis, je les idéalise en sens inverse, dans leur laideur ou leur bêtise. Je donne à leurs difformités des proportions effrayantes ou grotesques.

Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.

(Le désert,) c’est Dieu sans les hommes.

Une passion dans le désert

(La femme de chambre) lui cria deux mots à voix basse.

La Muse du département

La gloire d’un avocat consiste à gagner de mauvais procès.

Entre gens continuellement ensemble, l’amour et la haine vont toujours croissant.

En amour comme à la chasse, le vrai plaisir est de braconner.

Aucun homme ne devrait se marier avant d’avoir étudié l’anatomie et disséqué au moins une femme.

La conscience est un bâton que chacun prend pour battre son voisin.

Pensées

Il ne faut pas courir deux lèvres à la fois.

Proverbes

Toute femme a sa fortune entre ses jambes? – Je réponds: Les hommes utilisent leurs jambes pour marcher, les femmes pour faire leur chemin.

La destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le coeur des hommes.

Les hommes commencent par aimer l’amour et finissent par aimer une femme. – Les femmes commencent par aimer les hommes et finissent par aimer l’amour.

On est jamais aussi bien servi que par le hasard.

La couleur est fixe, le mot à des bornes, la langue musicale est infinie.

Pour ne point rougir devant sa victime, l’homme qui a commencé par la blesser, la tue.

Le Médecin de campagne (1833)

Le bonheur est la poésie des femmes.

L’ennui naquit un jour de l’université.

L’effet le plus essentiel de l’élégance est de cacher les moyens. Tout ce qui révèle une économie est inélégant.

Un magistrat d’Issoudun: – «Mon pauvre Pierre, ton affaire est claire, tu auras le cou coupé. Que cela te serve de leçon.»

Qui perd ses dettes s’enrichit.

Proverbes

L’abbé ne fait pas le moine.

Proverbes

Le courage des Turcs s’explique par le fait qu’un homme qui a plusieurs femmes est mieux disposé à braver la mort que celui qui n’en a qu’une.

Ainsi, la mort n’est jamais ce qui donne un sens à la vie; c’est, au contraire, ce qui lui ôte toute signification.

Les souvenirs rendent la vie plus belle; oublier la rend plus supportable.

Vouloir nous brûle et pouvoir nous détruit.

La Peau de chagrin (1831)

Non, je suis décidé. Je n’aurai plus jamais recours à cet affreux disiaque.

La Cousine Bette (1846)

Il n’y a de vie que dans les marges.

J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot.

La femme mariée est un esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône.

Il est plus facile d’être amant que mari, pour la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.

Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme est un sentiment qui manque à l’amour: la certitude.

Huit jours avec de la fièvre! J’aurais encore eu le temps d’écrire un livre!

Avant son agonie.

Il faut battre son frère quand il est chaud!

On n’est point l’ami d’une femme lorsqu’on peut être son amant.

Je fais concurrence à l’état civil.

Ce gaillard-là (Honoré Daumier) a du Michel-Ange sous la peau!

Si l’opinion ne donne pas le talent, elle le gâte toujours. L’opinion d’un artiste doit être la foi dans ses oeuvres, et son seul moyen de succès le travail, quand la nature lui a donné le feu sacré.

La physionomie des femmes ne commence qu’à trente ans.

La Femme de trente ans

Et qu’est-ce que l’enfer … si ce n’est qu’une vengeance éternelle pour quelques fautes d’un jour!

La Femme de trente ans

… un poétique chaos …

La Femme de trente ans

… je ne connais … rien de plus horrible qu’une pensée de vieillard sur un front d’enfant.

La Femme de trente ans

Le ciel et l’enfer sont deux grands poèmes qui formulent les deux seuls points sur lesquels tourne notre existence: la joie et la douleur.

La Femme de trente ans

Pascal a dit: «Douter de Dieu, c’est y croire.» De même, une femme ne se débat que quand elle est prise.

La Femme de trente ans

L’amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s’épouvante de rien.

La Femme de trente ans

Mais la raison est toujours mesquine auprès du sentiment; l’une est naturellement bornée, comme tout ce qui est positif, et l’autre est infini. Raisonner là où il faut sentir est le propre des âmes sans portée.

La Femme de trente ans

La démarche la plus capitale et la plus décisive dans la vie des femmes est précisément celle qu’une femme regarde toujours comme la plus insignifiante. Mariée, elle ne s’appartient plus, elle est la reine et l’esclave du foyer domestique.

La Femme de trente ans

La mélancolie se compose d’une suite de semblables oscillations morales dont la première touche au désespoir et la dernière au plaisir: dans la jeunesse, elle est le crépuscule du matin; dans la vieillesse, celui du soir.

La Femme de trente ans

Le malheur et la mélancolie sont les interprètes les plus éloquents de l’amour, et correspondent entre deux êtres souffrants avec une incroyable rapidité.

La Femme de trente ans

… les froids calculs de l’indifférence.

La Femme de trente ans

Une des plus fortes armes de l’homme est ce pouvoir terrible d’occuper de lui-même une femme dont l’imagination naturellement mobile s’effraie ou s’offense d’une poursuite.

La Femme de trente ans

Il y a beaucoup d’hommes dont le coeur est puissamment ému par la seule apparence de la souffrance chez une femme: pour eux la douleur semble être une promesse de constance et d’amour.

La Femme de trente ans

Chercher le plaisir, n’est-ce pas trouver l’ennui?

La Fille aux yeux d'or

Beaucoup de gens accordent au café le pouvoir de donner de l’esprit; mais tout le monde a pu vérifier que les ennuyeux ennuient bien davantage après en avoir pris.

Traité des excitants modernes

L’espérance est un mensonge appuyé sur l’avenir.

La Duchesse de Langeais

A force de s’intéresser à tout, le Parisien finit par ne s’intéresser à rien.

La Fille aux yeux d'or

Mais comme toutes les femmes ne sont pas assises sur un trône, elles se vouent, la plupart, à des malheurs domestiques qui, pour être obscurs, n’en sont pas moins terribles.

La Femme de trente ans

Le silence devient plus dangereux que la parole, en communiquant aux yeux toute la puissance de l’infini des cieux qu’ils reflètent.

La Femme de trente ans

Il est des pensées comme des blessures dont on ne revient pas.

La Duchesse de Langeais

Les embrassades couvrent une profonde indifférence, et la politesse un mépris continuel. On n’y aime jamais autrui.

La Fille aux yeux d'or

Ne se rencontre-t-il pas beaucoup d’hommes dont la nullité profonde est un secret pour la plupart des gens qui les connaissent?

La Femme de trente ans

Un grand artiste est réellement un oligarque, il représente tout un siècle, et devient presque toujours une loi.

La Duchesse de Langeais

L’harmonie est la poésie de l’ordre.

La Duchesse de Langeais

Tout excès se base sur un plaisir que l’homme veut répéter au-delà des lois ordinaires promulguées par la nature.

Traité des excitants modernes

Le fisc est de sa nature stupide et antisocial; il précipiterait une nation dans les abîmes du crétinisme, pour se donner le plaisir de faire passer des écus d’une main dans une autre, comme font les jongleurs indiens.

Traité des excitants modernes

… il n’y a là de vrai parent que le billet de mille francs, d’autre ami que le Mont-de-Piété.

La Fille aux yeux d'or

Les passions ne naissent et ne grandissent que sous l’influence de causes romanesques.

La Vendetta

Une femme qui aime devient naïve.

La Duchesse de Langeais

Sentir, aimer, souffrir, se dévouer, sera toujours le texte de la vie des femmes.

Eugénie Grandet (1833)

A dix-huit ans, l’amour ne jette-t-il pas son prisme entre le monde et les yeux d’une jeune fille?

La Maison du Chat-qui-pelote

… les plus beaux portraits de Titien, de Raphaël et de Léonard de Vinci sont dus à des sentiments exaltés, qui, sous diverses conditions engendrent d’ailleurs tous les chefs-d’oeuvre.

La Maison du Chat-qui-pelote

Ses cheveux gris étaient si exactement aplatis et peignés sur son crâne jaune, qu’ils le faisaient ressembler à un champ sillonné.

La Maison du Chat-qui-pelote

Le temps est le seul capital des gens qui n’ont que leur intelligence pour fortune.

Privilège semblable à celui de la noblesse, la beauté ne se peut acquérir, elle est partout reconnue, et vaut souvent plus que la fortune et le talent, elle n’a besoin que d’être montrée pour triompher, on ne lui demande que d’exister.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Vois-tu, mon ami, quand le vin est tiré… S’il est mauvais, il ne faut pas le boire.

Une manie, c’est le plaisir passé à l’état d’idée!

Le Cousin Pons (1847)

Une génération est un drame à quatre ou cinq mille personnages saillants. Ce drame, c’est mon livre.

Lettre à Hippolyte Castille, 1846

Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine.

La Peau de chagrin (1831)

Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier.

Le malheur a cela de bon qu’il nous apprend à connaître nos vrais amis.

Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout: l’habitude.

Le reste du monde a la valeur des personnages d’une tapisserie pour deux amants.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Les humbles et modestes fleurs, écloses dans les vallées, meurent peut-être, se dit-il, quand elles sont transplantées trop près des cieux, aux régions où se forment les orages, où le soleil est brûlant.

La Maison du Chat-qui-pelote

Les choses extérieures sont, pour les sots, la moitié de la vie; et pour cela, plus d’un homme de talent se trouve un sot malgré tout son esprit.

La Maison du Chat-qui-pelote

En toute chose, nous ne pouvons être jugés que par nos pairs.

La Maison du Chat-qui-pelote

Pour arriver au bonheur conjugal, il faut gravir une montagne dont l’étroit plateau est bien près d’un revers aussi rapide que glissant … .

La Maison du Chat-qui-pelote

Les artistes gênés sont impitoyables: ils fuient ou se moquent.

La Maison du Chat-qui-pelote

La poésie, la peinture et les exquises jouissances de l’imagination possèdent sur les esprits élevés des droits imprescriptibles.

La Maison du Chat-qui-pelote

(En parlant du commerce) – Le monde a commencé par là, puisque Adam a vendu le paradis pour une pomme. Ca n’a pas été une fameuse spéculation, par exemple!

La Maison du Chat-qui-pelote

Quand l’avarice se propose un but, elle cesse d’être un vice, elle est le moyen d’une vertu.

Béatrix

Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles.

Pierrette (1840)

Pour savoir jusqu’où va la cruauté de ces charmants êtres que nos passions grandissent tant, il faut voir les femmes entre elles.

Modeste Mignon (1844)

Plus un bénéfice est illégal, plus l’homme y tient.

César Birotteau (1838)

Plus on juge, moins on aime.

Parler d’amour, c’est faire l’amour.

Physiologie du Mariage (1830)

Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices.

César Birotteau (1838)

On respecte un homme qui se respecte lui-même.

Sur Catherine de Médicis

On reproche sévèrement à la Vertu ses défauts, tandis qu’on est plein d’indulgence pour les qualités du Vice.

La Vieille Fille

On ne peut devenir que ce qu’on est.

Un grand politique doit être un scélérat abstrait, sans quoi les sociétés sont mal menées.

La Maison Nucingen (1838)

Un enfant est un grand politique dont on se rend maître comme du grand politique… par ses passions.

Mémoires de deux jeunes mariées

L’ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement.

La Cousine Bette (1846)

Toutes les femmes, même les dévotes et les sottes, s’entendent en fait d’amour.

César Birotteau (1838)

Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps. Les gens puissants veulent et veillent.

Eugénie Grandet (1833)

Tu serais bien étonné de savoir ce qui les amourache.

La Vieille Fille (1836)

On la nomme ma bonne amie dans le canton; mais ne croyez pas que ce surnom, en usage ici pour désigner une future épouse, puisse couvrir ou autoriser laa moindre médisance.

Le Médecin de campagne (1833)

Monsieur Gobseck, je vous amène un de mes plus intimes amis.

Gobseck (1830)

Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie: le mari ne donne la vie à rien.

Physiologie du Mariage (1830)

La passion est sourde et muette de naissance.

La Muse du département

Le monde se contente de grimaces, il se paie de ce qu’il donne, sans en vérifier l’aloi.

La Recherche de l'absolu (1834)

Demain je reprends mes anciennes allures et mes travaux nocturnes, moyennant le café, bien entendu.

Correspondance, 1846

L’allure noble qu’on appelle ironiquement un pas d’ambassadeur.

Gambara (1837)

Je suis obligé d’aller faire aligner le fossé de mes prés sur la route.

Eugénie Grandet (1833)

Tant que le beau-père de son fils s’était montré rogue et agressif, elle avait trouvé de la force dans la résistance qu’elle opposait à la brutalité du boutiquier.

La Cousine Bette (1846)

Nous n’en étions encore, l’un et l’autre, qu’à la femme d’un certains âge, c’est-à-dire à la femme qui se trouve entre trente-cinq et quarante ans.

Le Message

Ni mon âme ni mon visage ne sont faits à supporter les affronts, la froideur, le dédain qui attendent l’homme ruiné, le fils du failli!

Eugénie Grandet (1833)

Cette femme est un démon … elle est si vicieuse, si affriolante.

La Cousine Bette (1846)

Notre mobilier, saisi par lui, sera sans doute affiché demain.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

J’espère, ma chère mère, que nos affaires seront en assez bon état, malgré tous les malheurs, pour que je puisse, mes travaux aidant, te continuer … la petite pension que je te fais actuellement.

Lettre, à sa mère, 1848.

Elle est d’une adresse à désespérer un diplomate.

La Peau de chagrin (1831)

Son respect pour elle allait d’ailleurs jusqu’à l’adoration.

Illusions perdues (1837-1843)

Elle est adorablement capricieuse.

Comme il n’avait plus rien à perdre, il admettait tous les moyens.

Les Petits Bourgeois

Quand Charles Quint avait commis une faute, il envoyait une chaîne d’or au Voltaire de ce temps-là, l’Arétin, et un jour l’Arétin dit en recevant une chaîne:«Elle est bien légère pour une si lourde faute!»

Illusions perdues (1837-1843), préface de l'édition Dumont

Ceux qui ont sondé le plus avant les vices et les vertus de la nature humaine sont des gens qui l’ont étudié en eux-mêmes et avec bonne foi. Notre conscience est le point de départ. Nous allons de nous aux hommes, jamais des hommes à nous.

Le Médecin de campagne (1833)

Aucun code, aucune institution ne peut prévenir le crime moral qui tue par un mot.

Le Contrat de mariage

Le passage de l’activité à la retraite est, en effet, le temps critique de l’employé.

Les Petits Bourgeois

La femme vit par le sentiment, là où l’homme vit par l’action.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

L’on peut acquérir les billets sur la place, moyennant tant pour cent.

Eugénie Grandet (1833)

Figurez-vous que je m’étais bien acoquiné près du feu, pour vous écrire longuement …

Correspondance, 5 octobre 1833

Les gens superficiels l’accusent de froideur.

La Recherche de l'absolu

Mon irritation, loin d’être passagère, s’accrut avec le temps.

Madame de La Chanterie

La prudence est peut-être moins une vertu que l’exercice d’un sens de l’esprit, s’il est possible d’accoupler ces deux mots.

Une ténébreuse affaire

Je ne sais comment l’accident eut lieu, mais il fut écrasé par la voiture qui tomba sur lui.

Eugénie Grandet (1833)

Il me semble, ma femme, que tu veux accaparer monsieur, dit en riant le gros et grand banquier.

Eugénie Grandet (1833)

L’âme a besoin d’absorber les sentiments d’une autre âme, de se les assimiler, pour les lui restituer plus riches.

Eugénie Grandet (1833)

On n’aborde pas la solitude sans provisions morales.

Madame de La Chanterie

Son gilet de piqué blanc boutonné carrément descendait très bas sur son abdomen assez proéminent, car il avait un léger embonpoint.

César Birotteau (1838)

J’avais dormi toute la journée, tant la faiblesse et la chaleur m’avaient abattu.

Lettre, 30 juillet 1864

Ce sera à vos oreilles à qui j’ajusterai la cadence de mes périodes.

Quand je vous écris, je me laisse conduire à ma plume.

Au boeuf l’agriculture patience, à l’aigle la vie insouciante.

Aucun homme n’a pu découvrir le moyen de donner un conseil d’ami à aucune femme, pas même à la sienne.

Trop timide pour inviter une danseuse, et craignant d’ailleurs de brouiller les figures, je devins naturellement très grimaud et ne sachant que faire de ma personne.

Le Lys dans la vallée

Soixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux.

La Vieille Fille

Je me haussai tout palpitant pour voir le corsage et fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d’une gaze, mais dont les globes azurés et d’une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelle.

Le Lys dans la vallée

La sculpture est comme l’art dramatique, à la fois le plus difficile et le plus facile de tous les arts.

La Cousine Bette (1846)

Si tu me possèdes, tu posséderas tout. Mais ta vie m’appartiendra, Dieu l’a voulu ainsi. – Désire, et tes désirs seront accomplis. Mais règle tes souhaits sur ta vie. Elle est là. A chaque vouloir je décroîtrai comme tes jours. Me veux-tu?

La Peau de chagrin (1831)

Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot!

Louis Lambert

Chez les peuples qui ont des moeurs, les filles sont faciles et les femmes sévères. C’est le contraire chez ceux qui n’en ont pas.

Physiologie du Mariage (1830)

La misanthropie est presque toujours une grande vanité cachée sous une peau de hérison.

Pensées

L’amour, dans le mariage, est une chimère.

Physiologie du Mariage (1830)

Le lit est tout le mariage.

Physiologie du Mariage (1830)

Souvent, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe.

Louis Lambert

Le journalisme est une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines.

L’insouciance est l’art de se balancer dans la vie comme sur une escarpolette, sans s’inquiéter du moment où la corde cassera.

Pensées

Il y a deux histoires: l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements.

Un homme, quelque malicieux qu’il puisse être, ne dira jamais des femmes autant de bien ni autant de mal qu’elles en pensent elles-mêmes.

Physiologie du Mariage (1830)

Comme on connaît les siens on les abhorre.

Proverbes

De blanches épaules rebondies sur lesquelles j’aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois…

Le Lys dans la vallée

En marchant les femmes peuvent tout montrer, mais ne rien laisser voir.

La conviction est la volonté humaine arrivée à sa plus grande puissance.

Le Curé de village

Cette figure blême annonçait la patience, la sagesse commerciale, et l’espèce de cupidité rusée que réclament les affaires.

La Maison du Chat-qui-pelote

Le mariage est une vie, le voile est une mort.

Eugénie Grandet (1833)

La campagne, cet éternel remède des affections auxquelles la médecine ne connaît rien.

Le Lys dans la vallée

Les cuivres ardents et les éclats bourboniens de la musique militaire étaient étouffés sous les hourra.

Le Lys dans la vallée

En un moment, je fus suffoqué par la chaleur, ébloui par les lumières, par les tentures rouges, par les ornements dorés, par les toilettes et les diamants…

Le Lys dans la vallée

Une société d’athées inventerait aussitôt une religion.

La cathéchisme social

L’amant qui n’est pas tout n’est rien.

On peut pardonner, mais oublier, c’est impossible.

Les vieillards seuls ont le temps d’aimer.

Une fille d'Eve (1834)

Beaucoup de suicidés se sont arrêtés sur le seuil de la mort par le souvenir du café où ils vont jouer tous les soirs leur partie de dominos.

Le Cousin Pons (1847)

Aimer sans espoir, être dégoûté de la vie, constituent aujourd’hui des positions sociales.

Ferragus, chef des Dévorants

Tout bonheur matériel repose sur des chiffres.

La Maison Nucingen (1838)

Le costume étant le plus énergique de tous les symboles, la Révolution fut aussi… un débat entre la soie et le drap.

Traité de la vie élégante

Sa taille était médiocre, comme celle de presque tous les hommes qui sont élevés au-dessus des autres; sa poitrine et ses épaules étaient larges, et son col était court comme celui des hommes dont le coeur doit être rapproché de la tête.

Séraphita (1833)

L’amour n’est peut-être que la reconnaissance du plaisir.

Le Père Goriot (1835)

Il est philanthropique d’utiliser le condamné à mort au lieu de le guillotiner brutalement. Que les condamnés soient donc livrés aux savants au lieu d’être livrés au bourreau.

Traité des excitants modernes

Le flâneur parisien est aussi souvent un homme au désespoir qu’un oisif.

César Birotteau (1838)

Les idées, à Paris, sont dans l’air, elles vous sourient au coin d’une rue, elles s’élancent sous une roue de cabriolet avec un jet de boue!

La Muse du département

La mère qui laisse voir toute sa tendresse à ses enfants crée en eux l’ingratitude; l’ingratitude vient peut-être de l’impossibilité où l’on est de s’acquitter.

Physiologie du Mariage (1830)

En tout pays, avant de juger un homme, le monde écoute ce qu’en pense sa femme… .

Les Employés

Quoique le malheur passe pour développer les vertus, il ne les développe que chez les gens vertueux.

Modeste Mignon (1844)

Dans les classes inférieures, la femme est non seulement supérieure à l’homme, mais encore elle le gouverne presque toujours.

La Cousine Bette (1846)

Pour être heureux en ménage, il faut être ou homme de génie marié à une femme tendre et spirituelle, ou se trouver, par l’effet d’un hasard qui n’est pas aussi commun qu’on pourrait le penser, tous les deux excessivement bêtes.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Plus sa vie est infâme, plus l’homme y tient; elle est alors une protestation, une vengeance de tous les instants.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Le jeu suppose l’égalité.

Modeste Mignon (1844)

Inventer en toute chose, c’est vouloir mourir à petit feu; copier c’est vivre.

Pierre Grassou

Quand on pense aux immenses services que rendent les fenêtres aux amoureux, il semble assez naturel d’en faire l’objet d’une contribution.

Ursule Mirouet (1842)

Ce privilège d’être partout chez soi n’appartient qu’aux rois, aux filles et aux voleurs.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Le Français fit ce qu’en toute occasion font les Français, il se mit à rire.

Massimila Doni (1839)

Au collège, ainsi que dans la société, le fort méprise déjà le faible, sans savoir en quoi consiste la véritable force.

Louis Lambert

Le fou et l’écrivain sont des hommes qui voient un abîme et y tombent.

Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.

Quand on se croit destiné à produire de grandes choses, il est difficile de ne pas les laisser présentir; le boisseau a toujours des fentes par où passe la lumière.

Gambara (1837)

La malheureuse tendance de notre temps à tout chiffrer rend un assassinat d’autant plus frappant que la somme volée est plus considérable.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Pour une femme qui n’est ni hollandaise, ni anglaise, ni belge, ni d’aucun pays marécageux, l’amour est un prétexte à la souffrance, un emploi des forces surabondantes de son imagination et de ses nerfs.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

La question du costume est énorme chez ceux qui veulent paraître avoir ce qu’ils n’ont pas, car c’est souvent le meilleur moyen de le posséder plus tard.

Illusions perdues (1837-1843)

«Je réussirai!» Le mot du joueur, du grand capitaine, mot fataliste qui perd plus d’hommes qu’il n’en sauve.

L'Illustre Gaudissart (1833)

L’homme qui aime bien peut commettre des crimes, il est toujours blanc comme neige aux yeux de celle qui l’aime.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Il faut toujours bien faire ce qu’on fait, même une folie.

En amour, la croyance équivaut à la réalité.

Rien ne fortifie l’amitié comme lorsque, de deux amis, l’un se croit supérieur à l’autre.

La Peau de chagrin (1831)

Les vérités ne sortent de leur puits que pour prendre des bains de sang.

La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance; mais la pitié tue, elle afaiblit encore notre faiblesse.

La Peau de chagrin (1831)

Comme tous les hommes, triés pour la cavalerie d’élite, sa taille, belle et svelte encore, pouvait faire dire du garde qu’il était bien découplé.

Les Paysans

Elle dépouilla nécessairement ce décorum que toute femme, même la plus naturelle, garde en ses paroles, dans ses regards, dans son maintien quand elle est en présence du monde ou de sa famille, et qui n’est plus de mise en déshabillé.

Le Lys dans la vallée

Carlos baissa les stores et fut mené d’un train à déconcerter toute espèce de poursuite.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Cinq terrassiers rejetaient les bonnes terres au bord des champs, en déblayant un espace de dix-huit pieds, la largeur de chaque chemin.

Le Curé de village

La table était couverte d’une nappe de cette toile damassée sous Henri IV par les frères Graindorge, habiles manufacturiers.

Le Médecin de campagne (1833)

Il faut n’avoir ni foyer ni patrie pour rester à Paris. Paris est la ville du cosmopolite ou des hommes qui ont épousé le monde et qui étreignent incessamment avec le bras de la Science, de l’Art et du Pouvoir.

La Recherche de l'absolu (1834)

Les manches des couteaux, tous en corne travaillée, représentaient des figures bizarres.

Le Médecin de campagne (1833)

J’ai su, par mes propres douleurs, combien mes coquetteries vous ont fait souffrir; mais j’étais alors dans une complète ignorance de l’amour.

La Duchesse de Langeais

Là, rien ne trahissait la vie. Une seule puissance, la force improductive de la glace, régnait sans contradiction.

Séraphita (1833)

Je préfère la pensée à l’action, une idée à une affaire, la contemplation au mouvement.

Louis Lambert (1832)

Son âme était contemplative, il vivait plus par la pensée que par l’action.

La Vieille Fille (1836)

La solution de ce terrible problème ne se trouve que dans un travail constant, soutenu, car les difficultés matérielles doivent être tellement vaincues.

La Cousine Bette (1846)

Maître Chesnel avait la confiance de toute la ville, il y était considéré.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Il portait des conserves à verres bleus à l’aide desquelles il cachait son regard.

Illusions perdues (1837-1843)

Le brouillard, en s’attachant aux arbres, s’y condensait en gouttes qui tombaient lentement sur les feuilles.

Le Médecin de campagne (1833)

Tel était le dédale effroyable où les passions engageaient un des hommes les plus probes jusqu’alors … : la concussion pour solder l’usure, l’usure pour fournir à ses passions et pour marier sa fille.

La Cousine Bette (1846)

Quelle parole peut peindre le délicieux concert que produisaient les bruits étouffés du bourg animé par les travailleurs à leur retour des champs?

Le Curé de village

Puis, il s’était habitué par degrés à comprimer ses sentiments, à se faire de son coeur un sanctuaire où il se retirait.

Le Cousin Pons (1847)

Merci, cher comte, je ne veux de rivale ni au delà ni en deçà de la tombe.

Le Lys dans la vallée

Le Commis voyageur, personnage inconnu dans l’antiquité, n’est-il pas une des plus curieuses figures créées par les moeurs de l’époque actuelle?

L'Illustre Gaudissart (1833)

A Paris, chaque ministère est une petite ville d’où les femmes sont bannies; mais il s’y fait des commérages et des noirceurs comme si la population féminine s’y trouvait.

La Cousine Bette (1846)

La grande salle qui servait de cuisine et de lieu de réunion à toute la famille, il faudrait dire la colonie, car la longueur de la table indiquait le séjour habituel d’une quarantaine de personnes.

Le Médecin de campagne (1833)

Hardi et chipeur comme un gamin de Paris.

La Maison Nucingen (1838)

Cet homme avait la foi du charbonnier. Il aimait la sainte Vierge comme il eût aimé sa femme.

La Messe de l'athée (1836)

Je veux quelque certitude de votre dévouement.

Illusions perdues (1837-1843)

A l’aise dans son vieux fauteuil, il se carrait dans ses espérances.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Une dizaine d’entre eux portaient cette veste républicaine connue sous le nom de carmagnole.

Les Chouans

Sa tête, grosse et carrée, avait pour principal trait caractéristique une énorme et abondante chevelure noire.

La Duchesse de Langeais

Laurence avait une amazone vert-bouteille pour se promener à cheval, une robe en étoffe commune à canezou orné de brandebourgs pour aller à pied.

Une ténébreuse affaire (1841)

Veux-tu mieux, sans déroger à ta dignité de jeune fille charmante, lis Plutarque, et quelque deux ou trois volumes de cette force, et tu seras calée pour toute ta vie.

Correspondance, 1819

Jacques Collin fut placé, comme le plus dangereux des deux prévenus, dans un cabanon tout en pierre de taille.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Un monstre dont les yeux magnétiques la charmaient, dont la gueule ouverte semblait broyer sa proie par avance.

Séraphîta (1834)

La pluie fine fut convertie en ce qu’on nomme à Tours une brouée.

Le Lys dans la vallée

Enfin le baron, une fois lancé dans ce chemin, ôta son gilet de peau, son corset; il se débarrassa de toutes ses bricoles.

La Cousine Bette (1846)

Madame est difficile comme toutes les personnes de goût, dit le chef de l’établissement en s’avançant avec ses grâces boutiquières où le prétentieux et le patelin se mélangeaient agréablement.

L'Illustre Gaudissart (1833)

Tous les lundis elle donnait un thé; sa société était aussi bien choisie qu’elle le pouvait, elle ne négligeait rien pour rendre sa maison agréable. On y jouait la bouillotte dans un salon, on causait dans un autre …

Un prince de la Bohème (1840)

Les deux personnes ressemblaient à deux amants brouillés qui se boudent, se tournent le dos et vont s’embrasser au premier mot d’amour.

La Peau de chagrin (1831)

Allons, revenez près de moi, je le veux. Vous me boudez quand je devrais me fâcher.

Séraphîta (1834)

Dans la campagne, le vin n’est que d’une seule qualité, mais il se vend sous deux espèces: le vin au tonneau, le vin bouché.

Les Paysans

Ce bien être de l’âme que donnent une vie réglée, des habitudes douces et l’harmonie des caractères chez ceux qui nous entourent.

L'Initié

On voudrait les lions de l’Atlas peignés et parfumés comme des bichons de marquise.

La Cousine Bette (1846)

Ah! ma petite bichette, une fille sage ne doit épouser un artiste qu’au moment où il a sa fortune faite.

La Cousine Bette (1846)

Vous êtes bien bon, mon cousin. Vous dois-je beaucoup d’argent pour cette petite bêtise?

Le Cousin Pons (1847)

Une énorme cravate en mousseline blanche dont le noeud prétentieux avait été cherché par un Beau pour charmer les femmes charmantes de 1809.

Le Cousin Pons (1847)

Je n’ai pas douté de moi, mais des autres, j’ai eu peur des bavardages, des caquets.

Le Curé de village

Le journal fut baptisé chez elle dans des flots de vin et de plaisanteries, de serments de fidélité, de bon compagnonnage et de camaraderie sérieuse.

Une fille d'Eve (1834)

Il n’existe pas dans la création une loi qui ne soit balancée par une loi contraire: la vie en tout est résolue par l’équilibre de deux forces contendantes.

Physiologie du Mariage (1830)

De chaque côté de la croisée, deux étagères montrent leurs mille bagatelles précieuses, les fleurs des arts mécaniques, écloses au feu de la pensée.

Une fille d'Eve (1834)

Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse.

La Peau de chagrin (1831)

Les sentiments les plus naturels sont ceux qu’on avoue avec le plus de répugnance, et la fatuité est un de ces sentiments-là.

Gambara (1837)

Le père Grandet pensait alors à se marier et voulait déjà monter son ménage. Il avisa cette fille rebutée de porte en porte.

Eugénie Grandet (1833)

En héritier avide, chaque vice avait marqué sa part du cadavre encore vivant.

Massimilla Doni (1837-1839)

L’homme va de l’aversion à l’amour; mais, quand il a commencé par aimer et qu’il arrive à l’aversion, il ne revient jamais à l’amour.

Physiologie du Mariage (1830)

Prédestiné signifie destiné par avance au bonheur ou au malheur.

Physiologie du Mariage (1830)

Le mépris flamboyait dans les yeux de Laurence, son front pâle et ses lèvres dédaigneuses insultaient à ces hommes encore plus que le geste autocratique avec lequel elle avait traité Corentin en bête venimeuse.

Une ténébreuse affaire (1841)

Savoir, Vouloir et Pouvoir, les trois attributs de l’Esprit Angélique.

Séraphita (1833)

Son bras menu pendait avec l’inertie qu’une pensée profonde imprime à l’attitude.

L'Enfant maudit

Chaque blessure, chaque nouvelle atteinte a redoublé chez elle la patience, la résignation.

L'Envers de l'histoire contemporaine (1848)

Elle avait de jolis pieds, plus remarquables par la grâce avec laquelle ils étaient attachés …

La Grenadière (1832)

Beaucoup de gens aiment mieux nier les dénouements que de mesurer la force des liens, des noeuds, des attaches qui soudent secrètement un fait à un autre dans l’ordre moral.

Eugénie Grandet (1833)

Il y a une atmosphère des idées. Dans une cour de justice, les idées de la foule pèsent sur les juges, sur les jurés, et réciproquement.

Une ténébreuse affaire (1841)

Le comte, qui, après nous avoir servi avec empressement le potage, s’en donna une très ample assiettée et l’expédia merveilleusement vite.

Le Message

Ses camarades eussent été fort embarrassés d’asseoir un jugement vrai sur lui.

Les Marana

La montagne qui dans le Stromfiord reçoit à ses pieds les assauts de la mer et à sa cime des vents du nord.

Séraphita (1833)

Notre conscience est un juge infaillible, quand nous ne l’avons pas encore assassinée.

La Peau de chagrin (1831)

L’hôtel des Cormon … est, dans son genre, un archétype des maisons bourgeoises d’une grande partie de la France.

La Vieille Fille (1836)

L’archéologie est à la nature sociale ce que l’anatomie comparée est à la nature organisée.

La Recherche de l'absolu (1834)

Ce lien mystérieux entre les moindres parcelles de la matière et les cieux constitue ce que Swedenborg appelle un Arcane Céleste.

Séraphîta (1834)

L’homme de génie tait son orgueil, l’intrigant arbore le sien.

La Peau de chagrin (1831)

Sa conduite ne saurait être soumise à l’approbation ni à la désapprobation du monde, il n’en est comptable qu’à Dieu.

Eugénie Grandet (1833)

La seule faiblesse de cet homme vraiment honnête, était de croire aux apparitions des esprits.

Séraphita (1833)

Là, le génie humain apparaissait dans toutes les pompes de sa misère …

La Peau de chagrin (1831)

S’il avait la fermeté d’une vertu vraiment apostolique, il la tempérait par les grâces d’une inépuisable indulgence.

Illusions perdues (1837-1843)

Une renonciation à la succession de son père. Répudiation terrible! Espèce d’apostasie domestique.

Eugénie Grandet (1833)

La Providence qui sait toujours aplanir les voies au génie délaissé.

Louis Lambert (1832)

A Paris, on trouve moyen de vous assassiner un homme en disant: – Il a bon coeur.

Eugénie Grandet (1833)

La troisième mouche pouvait se comparer à l’ex-assassine de nos grand’mères.

La Cousine Bette (1846)

La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

Le travail constant est la loi de l’art comme celle de la vie …

La Cousine Bette (1846)

Il agrandit son parc de tous les jardins que l’entrepreneur avait acquis pour s’arrondir.

Un début dans la vie (1844)

Il n’y a plus de noblesse, il n’y a que de l’aristocratie.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Il faut de l’argent, même pour se passer d’argent.

Louis Lambert (1832)

Ce grain de sable, qui lui déchirait les fibres du coeur, ne s’était jamais arrondi; les angles en devenaient de plus en plus aigus, et les gens de cette maison en ravivaient incessamment les arêtes.

Le Cousin Pons (1847)

Il y a des douleurs muettes d’une éloquence despotique.

L’amour d’une jeune fille est plus fort que toutes les réprobations sociales.

Le mariage est un sacrement en vertu duquel nous ne communiquons que des chagrins.

Emanciper les femmes, c’est les corrompre.

La Femme de trente ans

Une femme vertueuse a dans le coeur une fibre de moins ou de plus que les autres femmes: elle est stupide ou sublime.

Femme en vue, femme souhaitée! De là vient la terrible puissance des actrices.

La Cousine Bette (1846)

L’amour crée dans la femme une femme nouvelle: celle de la veille n’existe plus le lendemain.

Les Marana

La jouissance du bonheur amoindrira toujours le bonheur.

Massimilla Doni

Rien ne renforce plus l’amitié entre deux hommes que lorsque chacun des deux considère qu’il est supérieur à l’autre.

L’égoïsme est le poison de l’amitié.

Illusions perdues (1837-1843)

Il est plus facile d’être amant que mari par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.

Physiologie du Mariage (1830)

J’allais être dans l’alternative d’écrire des niaiseries ou de faire d’immortelles découvertes.

Théorie de la démarche

La flatterie n’émane jamais des grandes âmes, elle est l’apanage des petits esprits.

Eugénie Grandet (1833)

Les exclus avaient donné le sobriquet de Cabinet des Antiques au salon du marquis.

Le Cabinet des Antiques (1839)

La foule préfère généralement la force anormale qui déborde à la force égale qui persiste.

La Recherche de l'absolu (1834)

Je fus réveillé par les aigres bruissements que produisirent les anneaux de mes rideaux violemment tirés sur leurs tringles de fer.

Le Message

La majesté ne va pas sans une certaine amplitude de chair.

Théorie de la démarche

Une méditation profonde, une belle extase sont peut-être, dit-il en terminant, des catalepsies en herbes.

Louis Lambert (1832)

Les paysans, qui se cèdent leurs lopins de terre entre eux, ne s’en dessaisissent à aucun prix ni à aucune condition pour le bourgeois … L’expropriation seule fait rentrer le bien du paysan sous la loi commune des transactions.

Les Paysans (1855)

La langue musicale est infinie, elle contient tout, elle peut tout exprimer.

Massimilla Doni (1837-1839)

Ecrire une lettre et la faire jeter à la poste; recevoir la réponse, la lire et la brûler; voilà la correspondance réduite à sa plus simple expression.

Physiologie du Mariage (1830)

Ces espérances vagues que l’on ne s’expliquent point.

Les Marana (1834)

Eclairé dès 1792 par l’affaire du testament, Gaubertin avait su sonder la ruse que contenait la figure enfiellée de cet habile hypocrite.

Les Paysans (1855)

Elle s’était encroûtée dans les habitudes de la province, elle n’en était jamais sortie, elle en avait les préjugés, elle en épousait les intérêts, elle l’adorait.

La Vieille Fille (1836)

Elle moissonnait des mots flatteurs, quelques expressions passionnées qu’elle encourageait du geste, du regard.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

Aux quatre angles de cette salle, se trouvaient des encoignures, espèces de buffets terminés par de crasseuses étagères.

Eugénie Grandet (1833)

Ils examinaient alors à la dérobée les bois, les sentiers et les rochers qui encaissaient la route.

Les Chouans (1829)

Tes réponses, dit-elle, sont toujours empreintes de je ne sais quelle profondeur. Près de toi, je comprends tout sans effort.

Séraphîta (1835)

L’homme qui peut empeindre perpétuellement la pensée dans le fait est un homme de génie.

Une fille d'Eve (1834)

Madame Vauquer alla tirer le rideau pour empêcher que Goriot ne fût incommodé par le soleil.

Le Père Goriot (1835)

Mademoiselle Cormon était, sans s’en douter, très heureuse de ces petites querelles qui servaient d’émonctoire à ses acrimonies.

La Vieille Fille (1836)

Les chemins de ses quatre fermes pouvaient tous aboutir à une grande avenue qui de Clochegourde irait en droite ligne s’embrancher sur la route de Chinon.

Le Lys dans la vallée (1836)

Rasé, lesté de sa tasse de café dès huit heures du matin, il sortait avec une exactitude d’horloge.

Les Employés ou la Femme supérieure (1838)

Il n’y a rien de plus terrible que l’Etiquette pour ceux qui l’admettent comme la loi la plus formidable de la société.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Des rayons chargés de bouteilles étiquetées faisaient deviner que la pharmacie y occupait plus de place que la science.

Le Médecin de campagne (1833)

Chez vous l’esprit tue l’âme, comme le raisonnement y tue la raison.

Massimilla Doni (1837-1839)

Elle prit donc le parti d’établir autour de la chambre de son mari la plus exacte surveillance. Elle régna despotiquement dans sa maison, qui fut soumise à son espionnage de femme.

Gobseck (1830)

L’amour durable est celui qui tient toujours les forces de deux êtres en équilibre.

Physiologie du Mariage (1830)

Il sortait brisé comme une jeune fille qui s’était épuisée à suivre la course d’un géant.

Séraphîta (1835)

Caroline offrait tous les développements d’une beauté qu’un bonheur sans nuages et des plaisirs constants avaient fait épanouir.

Une double famille (1830)

Ce bien-être de l’âme que donnent une vie réglée, des habitudes douces et l’harmonie des caractères chez ceux qui nous entourent.

L'Initié

Ignorant et léger comme l’est un garçon, je devais me ruiner au jeu,, me laisser entortiller par quelque Parisienne.

La Fausse Maîtresse (1842)

Peut-être convient-il d’écheniller cette histoire où le moral joue un grand rôle, des vils intérêts matériels dont se préoccupait monsieur de La Baudraye …

La Muse du département (1837)

De chaque côté des pavillons, serpente une haie vive d’où s’échappent des ronces semblables à des cheveux follets.

Les Paysans (1855)

L’étranger échangea seulement avec Caroline un regard, rapide il est vrai, mais par lequel leurs âmes eurent un léger contact.

Une double famille (1830)

J’achète pour quatre-vingts francs un délicieux meuble d’ébénisterie antique, et l’on crie au luxe…

Lettres à l'Etrangère, 1850

Napoléon a-t-il été en proie ou non aux horribles souffrances d’une dysurie pendant la campagne de Russie?

Physiologie du Mariage (1830)

Les femmes sont constamment les dupes ou les victimes de leur excessive sensibilité …

Physiologie du Mariage (1830)

Les miracles accomplis sur les champs de bataille nous ont appris que les plus mauvais drôles pouvaient s’y transformer en héros …

Les Paysans (1855)

L’acquéreur attendait ses vendeurs avec leur argent. Le notaire achevait de dresser les quittances.

Le Curé de village (1841)

Dès son installation à Cinq-Cygne, le bonhomme d’Hauteserre fit d’une longue ravine par laquelles les eaux de la forêt tombaient dans la douve, un chemin qui sépare deux grandes pièces de terre appartenant à la réserve du château…

Une ténébreuse affaire (1841)

Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme, est un sentiment qui manque à l’amour, la certitude.

Illusions perdues (1837-1843)

Il s’éleva, sous le Directoire, à la hauteur d’où les hommes profonds savent voir l’avenir en jugeant le passé.

Une ténébreuse affaire (1841)

Messieurs, c’est aller à la mort, mais nous ne devons pas abandonner notre colonel … Il fondit le premier sur les Arabes et ses gens électrisés le suivirent.

Un début dans la vie (1844)

Pons était d’ailleurs partout une espèce d’égout aux confidences domestiques, il offrait les plus grandes garanties dans sa discrétion connue et nécessaire …

Le Cousin Pons (1847)

Un cimetière entoure le chevet de cette église, et plus loin se trouve le presbytère.

Séraphîta (1834)

Ma fierté est une trompeuse égide, je suis sans défense contre la douleur.

Béatrix (1839)

La faiblesse commence l’égarement, la passion entraîne dans la mauvaise voie, le vice, qui est une habitude, y embourbe.

Séraphîta (1834)

La jupe, garnie de trois rangs d’effilés, faisait des plis charmants, et annonçait par sa coupe et sa façon la science d’une couturière de Paris.

Le Député d'Arcis

Steinbock ne voulut pas se laisser éclipser par son camarade, il déploya son esprit, il eut des saillies, il fit de l’effet, il fut content de lui.

La Cousine Bette (1846)

Les premiers jours du mariage sont un écueil pour les petits esprits comme pour les grands amours.

Béatrix (1839)

Le débiteur est écroué à la prison où l’on incarcère les inculpés, les prévenus, les accusés et les condamnés.

Illusions perdues (1837-1843)

Les diaphanes attaches du crabe.

Séraphita (1833)

Elle avait au-dessus de son front bien modelé mais presque impérieux, un magnifique diadème de cheveux volumineux, abondants et devenus châtains.

Le Curé de village

Je me cachai pour demeurer seul à dévorer mes pensées.

Le Lys dans la vallée

Dès qu’un des nôtres commet une lourde faute, l’Administration … le retire du service actif en le faisant inspecteur. Voilà comment la récompense due au talent est dévolue à la nullité.

Le Curé de village

La cause fait deviner un effet, comme chaque effet permet de remonter à une cause.

La Recherche de l'absolu (1834)

Cette admirable ruine avait toute la majesté des grandes choses détruites.

Le Cabinet des Antiques (1839)

En effet, il faut une quantité déterminée de force pour soulever un poids déterminé.

Le Médecin de campagne (1833)

Les époques déteignent sur les hommes qui les traversent.

La Vieille Fille (1836)

Mon ami, ne donnez pas votre démission, faites-vous seulement détacher de votre corps en expliquant à votre Administration que vous allez étudier des questions de votre ressort, en dehors des travaux de l’Etat.

Le Curé de village

Ses yeux humides de larmes annonçaient un dessillement suprême, elle apercevait déjà les joies célestes de la terre promise.

Le Lys dans la vallée

Sur le talus du fossé, de belles fleurs baignent leurs pieds dans une eau dormante et verte.

Les Paysans (1855)

Avant de prendre Ulm, nous eûmes à livrer quelques combats où la cavalerie donna singulièrement.

Le Médecin de campagne (1833)

La vie sociale est comme la terre, lui avait dit son camarade, elle nous donne en raison de nos efforts.

L'Envers de l'histoire contemporaine (1848)

Il y a le rire amer d’une divinité opposé à la surprise d’un trouvère qui se donjuanise.

Gambara (1837)

Ainsi mourut l’un des derniers représentants de cette belle et grande domesticité, mot que l’on prend souvent en mauvaise part, et auquel nous donnons ici sa signification réelle en lui faisant exprimer l’attachement féodal du serviteur au maître.

Le Cabinet des Antiques (1839)

La France a quarante-neuf millions d’hectares qu’il serait convenable de réduire à quarante; il faut en distraire les chemins, les routes, les dunes, les canaux et les terrains infertiles, incultes ou désertés par les capitaux.

Le Curé de village

Je suis, je vous l’avoue, d’une ignorance incroyable. Je ne distingue pas le seigle du blé, ni le peuplier du tremble; je ne sais rien des cultures ni des différentes manières d’exploiter une terre.

Le Lys dans la vallée

Rien ne forme l’âme comme une dissimulation constante au sein de la famille.

Une ténébreuse affaire (1841)

On sait quel absurde prétexte prit l’empereur, à son retour, en plein conseil d’état, pour disgracier son ministre et le punir d’avoir sauvé la France sans lui.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Vous me devez une histoire, dit enfin la Fosseuse, d’un son de voix câlin. – Je vais vous la dire, répondit Genestas.

Le Médecin de campagne (1833)

Mon ami, la jeunesse est toujours encline à je ne sais quelle promptitude de jugement qui lui fait honneur, mais qui la dessert.

Le Lys dans la vallée

Sa main de fer, son visage de bronze, son activité sombre et brusque à la fois, nous comprimaient tous, femme, enfants, commis et domestiques, sous son despotisme sauvage.

Le Curé de village

Quand l’effet produit n’est plus en rapport avec sa cause, il y a désorganisation.

Louis Lambert (1832)

Les petites gens qui ont de l’honneur valent mieux que les grandes gens qui se déshonorent.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Déjà déshérité de toute affection, je ne pouvais rien aimer et la nature m’avait fait aimant!

Le Lys dans la vallée

La haine de Michaud le portait à surveiller le régisseur, espionnage auquel il ne serait pas descendu, si le général le lui avait demandé.

Les Paysans

La morgue de la noblesse de cour désaffectionna du trône la noblesse de province, autant que celle-ci désaffectionnait la bourgeoisie, en en froissant toutes les vanités.

Illusions perdues (1837-1843)

Le moment où la réalité de la vie est en désaccord avec ses espérances.

Illusions perdues (1837-1843)

Avec l’âme d’Héloïse et les sens de sainte Thérèse, tu te livres à des égarements sanctionnés par les lois; en un mot, tu dépraves l’institution du mariage.

Mémoires de deux jeunes mariées

Cet enfant si fort et si faible, déplanté par Corinne de ses belles campagnes pour entrer dans le moule d’un collège.

Louis Lambert (1832)

A vingt-deux ans, elle s’affaisse déjà sous le poids de son âme, et dépérit victime de ses fibres trop vibrantes, de son organisation trop forte ou trop délicate.

Le Médecin de campagne (1833)

Ici le roc s’est dentelé comme une scie, là ses tables trop droites ne souffrent ni le séjour de la neige, ni les sublimes aigrettes des sapins du nord.

Séraphîta (1834)

Dans quinze ans d’ici, elle … pourra payer ses contributions sans qu’il en coûte un denier aux habitants.

Le Médecin de campagne (1833)

Laurence tomba dans l’abattement intérieur qui doit mortifier l’âme de toutes les personnes d’action et de pensée, quand l’inutilité de l’action et de la pensée leur est démontrée.

Une ténébreuse affaire (1841)

Le Mathématicien vous dira que l’infini des Nombres existe et ne se démontre pas.

Séraphita (1833)

Quoiqu’il fût un démonologue de première force, l’étranger ne savait pas quels mauvais diables sont les clercs.

Melmoth réconcilié

Vous m’obligerez beaucoup de presser cette demi-reluire et j’espère que vous ne me ferez pas trop attendre mon Voltaire.

Correspondance

Il existe une classe à demi vertueuse, à demi vicieuse, à demi savante, ignorante à demi, qui sera toujours le désespoir des gouvernements.

Le Médecin de campagne (1833)

Tout à coup, semblable au voyageur délassé par un bain, Minna n’eut plus que la mémoire de ses vives douleurs.

Séraphita (1833)

De toutes parts, des montagnes de schiste s’élèvent en amphithéâtre, elles déguisent leurs flancs rougeâtres sous des forêts de chênes.

Les Chouans

Le dîner, de même que le déjeuner et le souper, toujours composés de choses exquises, étaient cuisinés avec cette science qui distingue les gouvernantes de curé entre toutes les cuisinières.

Les Paysans

Donc, il dit à ses damnés, à ceux qui avaient le cuir plus dur que les autres: «Allez me nettoyer la route».

Le Médecin de campagne (1833)

Une rangée de maisons assises sur la croupe de la colline, présentait le gai spectacle de jardins étagés.

Le Curé de village

Elle avait caché là sa tête, afin d’assourdir ses horribles cris, obéissant à une sorte d’instinct pudique: c’étaient des sanglots, des pleurs d’enfant, mais plus pénétrants, plus plaintifs.

Le Message

Là où se trouvent les crétins, la population croit que la présence d’un être de cette espèce porte bonheur à la famille.

Le Médecin de campagne (1833)

Ainsi, sans compromettre son système de défense, il couvrait encore sa complice, en permettant à chacun d’attribuer son crime à la nécessité d’avoir des fonds pour accomplir un ambitieux projet.

Le Curé de village

Une jachère crayeuse où sur des mousses ardentes et sonores, des couleuvres repues rentrent chez elles en levant leurs têtes élégantes et fines.

Le Lys dans la vallée

Denise et son frère montèrent vers les quatre heures à la haute ville en se coulant le long des murs.

Le Curé de village

Moi-même, j’étais à quelques pas de mon inconnue, combattant pour ne pas être écrasé, et jouant des coudes et du corps.

Souvenirs d'un paria

Pour savoir le sens vrai des lois phénoménales, ne faudrait-il pas connaître les corrélations qui existent entre les phénomènes et la loi d’ensemble?

Séraphîta (1834)

Enfin c’était des travaux à dégoûter du travail, des chefs-d’oeuvre accumulés à faire prendre en haine les arts et à tuer l’enthousiasme.

La Peau de chagrin (1831)

De grâce, défaites-vous d’une détestable habitude; n’imitez pas les veuves qui parlent toujours de leur premier mari.

Le Lys dans la vallée

La puissance de vision qui fait le poète, et la puissance de déduction qui fait le savant.

La Recherche de l'absolu (1834)

De toutes les blessures, celles que font la langue et l’oeil, la moquerie et le dédain sont incurables.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Le mépris flamboyait dans les yeux de Laurence, son front pâle et ses lèvres dédaigneuses insultaient à ces hommes.

Une ténébreuse affaire (1841)

Il existe des pensées auxquelles nous obéissons sans les connaître: elles sont en nous à notre insu.

La Femme de trente ans (1834)

Il a renvoyé l’ancien greffier, l’ancien huissier, et les a remplacés par des hommes beaucoup plus instruits et surtout plus industrieux que leurs prédécesseurs.

Le Médecin de campagne (1833)

Malgré les manoeuvres de votre préfet, à qui sans doute il est parvenu des instructions confidentielles contre moi, j’aurai la majorité.

Les Employés ou la Femme supérieure (1838)

La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance.

La Peau de chagrin (1831)

Chaque fois que le jeune Ernest sortait de chez son père, il subissait un interrogatoire inquisitorial sur tout ce que le comte avait fait et dit.

Gobseck (1830)

Vous ne me paraissez pas fort en Histoire. Il y a deux Histoires: l’Histoire oficielle, menteuse qu’on enseigne, l’Histoire ad usum delphini; puis l’Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse.

Illusions perdues (1837-1843)

Tenez, à parler franchement, j’aime mieux passer un an ou deux à vivre ainsi dans les hauts, sans rencontrer ni gouvernement, ni douanier, ni garde champêtre, ni procureur du roi, que de croupir cent ans dans votre marécage.

Le Médecin de campagne (1833)

Dans ce cabaret, vrai nid de vipères, s’entretenait donc, vivace et venimeuse, chaude et agissante, la haine du prolétaire et du paysan contre le maître et le riche.

Les Paysans (1855)

La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance; mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.

La Peau de chagrin (1831)

Vous avez sur le cou une ligne rouge que je vois. La guillotine vous attend. Oui, vous mourrez en place de Grève.

Melmoth réconcilié (1835)

Qu’on se figure ce personnage affublé d’un habit dont les basques étaient si courtes, qu’elles laissaient passer cinq à six pouces du gilet, et les pans si longs qu’ils ressemblent à une queue de morue, terme alors employé pour les désigner.

Les Chouans (1829)

Ne ferais-tu pas bien de le montrer à monsieur le vicaire? lui dit sa mère pour qui tout livre imprimé sentait toujours un peu le grimoire.

Le Curé de village (1841)

Apprenez, monsieur, que nous sommes graves, plus que graves, ennuyeux; nous ne voulons point qu’on nous amuse, et nous sommes furieux d’avoir ri.

Albert Savarus (1842)

La vie ne va pas sans de grands oublis!

La Cousine Bette (1846)

Je retournerai chez moi stupéfait. Ce petit vieillard sec avait grandi. Il s’était changé à mes yeux en une image fantastique où se personnifiait le pouvoir de l’or.

Gobseck (1830)

Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie.

Z. Marcas (1841)

Sans l’illusion, où irions-nous? Elle donne la puissance de manger la vache enragée des Arts, de dévorer les commencements de toute science en nous donnant la croyance. L’illusion est une foi démesurée!

Les Employés ou la Femme supérieure (1838)

Il n’y a pas de sciences ou de vertus qui vaillent une goutte de sang.

La Peau de chagrin (1831)

Son coeur s’enflait de ce stupide amour collectif qu’il faut nommer l’humanitarisme, fils aîné de la défunte Philanthropie, et qui est à la divine Charité catholique ce que le Système est à l’Art, le Raisonnement substitué à l’Oeuvre.

Les Employés ou la Femme supérieure (1838)

Je consommais plus d’huile que de pain: la lumière qui m’éclairait pendant ces nuits obstinées me coûtait plus cher que ma nourriture.

La Messe de l'athée (1836)

Le bonhomme aimait passionnément l’horticulture, il était en correspondance avec les plus célèbres amateurs, il avaéit l’ambition de créer de nouvelles espèces, il s’intéressait aux découvertes de la botanique, il vivait enfin dans le monde des fleurs.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Je ne puis vous dire tout ce que j’ai vu, car j’ai vu des crimes contre lesquels la justice est impuissante. Enfin, toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité.

Le Colonel Chabert (1835)

L’honoraire est ce que le client doit, en sus des frais, à son avoué pour la conduite plus ou moins habile de son affaire. Le Fisc est pour moitié dans les frais, tandis que les honoraires sont tout entiers pour l’avoué.

Illusions perdues (1837-1843)

Le dernier et le plus grand défaut des hommes d’Etat de la Restauration fut leur honnêteté dans une lutte où leurs adversaires employaient toutes les ressources de la friponnerie politique.

Les Employés ou la Femme supérieure (1838)

Oui, monsieur Eugène, dit Christophe, c’était un brave et honnête homme, qui n’a jamais dit une parole plus haut que l’autre, qui ne nuisait à personne et n’a jamais fait de mal.

Le Père Goriot (1835)

Enfin, apprenez encore que ces âmes qui paraissent si grandes ont toutes un petit grain de folie que nous devons savoir exploiter.

La Maison du Chat-qui-pelote (1830)

Louis m’a dit hier que tu viendrais le chercher et faire tes troisièmes couches à Paris, affreuse mère Gigogne que tu es!

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Je comprenais l’amour conjugal autrement que ne le comprend la plupart des hommes, et je trouvais que sa beauté, que sa magnificence gît précisément en ces choses qui le font périr dans une foule de ménages.

Le Médecin de campagne (1833)

Il n’y a rien au monde que les sauvages, les paysans et les gens de province pour étudier à fond leurs affaires dans tous les sens; aussi quand ils arrivent de la pensée au fait, trouvez vous les choses complètes.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Tu peux rendre des services, être nommé pair de France, épouser une femme riche. Sois ultra. D’ailleurs, c’est bon genre, ajouta-t-elle en lançant le mot qui pour elle était la raison suprême.

Illusions perdues (1837-1843)

Il faudrait peut-être avant tout, répondit Canalis, définir l’homme de génie, et l’une de ses conditions est l’invention: l’invention d’une forme, d’un système ou d’une force.

Modeste Mignon (1844)

Moi seul ai causé les désordres de mes filles, je les ai gâtées. Elles veulent aujourd’hui le plaisir, comme elles voulaient autrefois du bonbon. Je leur ai toujours permis de satisfaire leur fantaisie de jeunes filles.

Le Père Goriot (1835)

Brillat-Savarin a justifié par parti pris les goûts des gastronomes; mais peut-être n’a-t-il pas assez insisté sur le plaisir réel que l’homme trouve à table.

Le Cousin Pons (1847)

Au risque de te peiner, mon enfant, ne dois-je pas t’apprendre à connaître le monde et te mettre en garde contre les inimitiés imméritées!

Ursule Mirouet (1842)

Dans le tiroir à demi fermé de la table, elle aperçut une reconnaissance du mont-de-piété qui attestait que le valet avait mis sa montre en gage quelque jours auparavant.

La Recherche de l'absolu (1834)

La timide épouse demi-morte, qui épiait le front changeant, le front terrible de son mari en vit par degré les rides expressives s’amoncelant comme des nuages.

La Maison du Chat-qui-pelote (1830)

Chacun de ces murs est tapissé d’espaliers et de vignes dont les fructifications grêles et poudreuses sont l’objet des craintes annuelles de madame Vauquer.

Le Père Goriot (1835)

Au premier froncement de sourcils que se permettrait ton mari, fière comme je le suis, ne quitterais-je pas à l’instant la maison ?

Le Contrat de mariage (1835)

Ah ! monsieur vous ne ferez pas cela. Ce serait un vol, une friponnerie dont est incapable un grand homme.

Les Ressources de Quinola

Je vous aurais joliment dévisagé cette farceuse-là. Je connais leurs frimousses.

Le Père Goriot (1835)

Aussi voyez-vous de bonne heure à ces gens des goûts et non des passions, des fantaisies romanesques et des amours frileux.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Voilà la vie telle qu’elle est. Ca n’est pas plus beau que la cuisine, ça pue tout autant, et il faut se salir les mains si l’on veut fricoter.

Le Père Goriot (1835)

Vous voyez, un peintre de Paris est venu pour peindre en fleurs à fresque son corridor.

Ursule Mirouet (1842)

Vous eussiez frémi de voir ces faces humaines, aux yeux caves et cernés qui semblaient ne rien voir.

La Peau de chagrin (1831)

Jamais les deux amants ne s’entendirent mieux qu’en ce moment; et plus d’une fois ils sentirent le bout de leurs doigts frémir et trembler lorsque les lois de la contredanse les mariaient.

Le Bal de Sceaux (1830)

Mais je ne veux pas être malheureux dans mon intérieur, et dans dix ans y voir un jeune freluquet, comme Julliard, tournant autour de ma femme, et lui adressant des vers dans le journal.

Pierrette (1840)

Enfin, j’aime plus que je ne suis aimée; j’ai peur de toute chose, j’ai les frayeurs les plus ridicules, j’ai peur d’être quittée, je tremble d’être vieille et laide quand Gaston sera toujours jeune et beau, je tremble de ne pas lui plaire assez !

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Raoul appartient au petit nombre d’hommes qui vous frappent au passage, qui dans un salon forment aussitôt un point lumineux où vont tous les regards.

Une fille d'Eve (1834)

Vous avez déjà été la cause de la mort d’un pauvre garçonet du deuil éternel de sa mère, reprit Chesnel en voyant combien il frappait juste et qui eût frappé jusqu’à briser ce coeur pour sauver Victurnien.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Il habitait un de ces rêves d’or où les jeunes gens, montés sur des si, franchissent toutes les barrières.

Illusions perdues (1837-1843)

Ceux que je voyais aimés étaient de francs polissons, ma fierté s’appuya sur cette observation, je demeurai seul.

Le Lys dans la vallée (1836)

Tout cela était propre et frais comme une coquille jetée par la mer en un coin de grève.

Le Médecin de campagne (1833)

Ce langage secret forme en quelque sorte la franc-maçonnerie des passions.

Eugénie Grandet (1833)

Il est entre lui et moi des espaces que je ne saurais franchir.

Séraphîta (1835)

La cheminée en pierre, dont le foyer toujours propre atteste qu’il ne s’y fait de feu que dans les grandes occasions.

Le Père Goriot (1835)

Attentif comme un père, il fournissait à tous mes besoins.

Honorine (1844)

Je partais en emportant un panier peu fourni, tandis que mes camarades apportaient d’abondantes provisions.

Le Lys dans la vallée (1836)

Bon, dit Michu en se parlant à lui-même, des espions ! le pays en fourmille.

Une ténébreuse affaire (1841)

Elle voulait anéantir sous les foudroiements de son amour impétueux les impressions laissées dans son coeur par l’âme chaste et recueillie d’Henriette.

Le Lys dans la vallée (1836)

Mon valet, Excellence, a pu, jadis, commettre des fautes, mais depuis qu’il s’est attaché à ma fortune, il a purifié sa vie au feu de mes épreuves.

Les Ressources de Quinola

Le plateau mobile où se place la forme pleine de lettres sur laquelle s’applique la feuille de papier était encore en pierre et justifiait son nom de marbre.

Illusions perdues (1837-1843)

Qui donc a pu forger de semblables sornettes ?

Ursule Mirouet (1842)

Il n’y a pas de crime à être amoureux de sa femme, me répondit-elle en souriant forcément.

Honorine (1844)

Rigou devint un commanditaire d’autant plus important qu’il laissa ce fonds se grossir des intérêts accumulés.

Les Paysans (1855)

Aussitôt que j’ai pu établir une fondation, j’ai donné à Saint-Sulpice la somme nécessaire pour y faire dire quatre messes par an.

La Messe de l'athée (1836)

Le bonhomme La Baudraye, qui passa pour avoir fait une folie, financièrement parlant, fit donc une excellente affaire en épousant sa femme.

La Muse du département (1837)

Nanon resta plantée sur ses pieds, contemplant Charles, sans pouvoir ajouter foi à ses paroles.

Eugénie Grandet (1833)

Il vous a fallu de l’argent. Où en prendre ? Vous avez saigné vos soeurs. Tous les frères flouent plus ou moins leurs soeurs.

Le Père Goriot (1835)

Qui donc a pu donner cette flaccidité, cette pâleur à des joues dont la peau tendue comme celle d’un tambour crevait de bonne grosse santé des gens sans souci ?

Ursule Mirouet (1842)

Dès que j’aurai ma retraite, je viendrai finir mes jours parmi vous.

Le Médecin de campagne (1833)

L’escroquerie emporte après elle l’idée d’une certaine finesse, d’un esprit subtil, d’un caractère adroit.

Oeuvres diverses, Code des gens honnêtes

C’est une finaude ! elle est bien belle, elle se fera épouser.

La Rabouilleuse (1842)

Le finale de Don Juan est une de ces formes classiques trouvées pour toujours.

Gambara (1837)

Comprenez-vous que je vais mourir sans les voir, mes filles ? Avoir soif toujours, et ne jamais boire, voilà comment j’ai vécu depuis dix ans … Mes deux gendres ont tué mes filles. Oui, je n’ai plus eu de filles après qu’elles ont été mariées.

Le Père Goriot (1835)

Tous ceux qui assistent aux séances des Chambres reconnaîtront les habitudes de la lutte parlementaire dans ces phrases filandreuses avec lesquelles on calme les irritations en gagnant du temps.

La Cousine Bette (1846)

Oui, jouez l’étonné, pour me faire croire que vous ne leur avez pas écrit de venir ? C’te malice cousue de fil blanc !

La Rabouilleuse (1842)

Athanase avait cette fierté qu’exalte la pauvreté chez les hommes d’élite.

La Vieille Fille (1836)

Voilà le fidèle de la rue de la Poterie.

César Birotteau (1838)

Dieu me donna dès ce moment la force de tout supporter: la prison, le jugement, le ferrement, et le départ, et la vie du bagne.

Le Curé de village (1841)

Besançon est une ville assise dans l’intérieur d’un fer à cheval décrit par le Doubs.

Albert Savarus (1842)

Ses favoris épars et grisonnants s’appelaient en 1799 des nageoires.

Pierrette (1840)

Le jour de son installation coïncida fatalement avec l’exécution du duc d’Enghien.

Une ténébreuse affaire (1841)

Vous vous apercevrez bientôt de l’intérêt que je prends à votre situation presque sans exemple dans les fastes judiciaires.

Le Colonel Chabert (1835)

Elle mit à toutes ses complaisances le faste d’une force exagérée, elle entrait violemment dans son rôle pour n’en point sortir.

Le Lys dans la vallée (1836)

Il fallait faire la part à son organe enchanteur, à sa beauté séduisante, à son geste fascinateur, à tous ces moyens oratoires par l’emploi desquels un acteur met dans une phrase un monde de sentiments et de pensées.

Séraphîta (1835)

Je bois la coupe amère des expiations; mais en la buvant, j’ai terriblement épelé cette sentence: «Expier n’est pas effacer.»

Honorine (1844)

Il faut en effet avoir bien expérimenté la vie avant de reconnaître que, suivant un beau mot de Raphaël, comprendre c’est égaler.

Illusions perdues (1837-1843)

Ce poète si communicatif, si expansif, devint froid et réservé.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Maître Mathias était un vieux bonhomme âgé de soixante-neuf ans, et qui se faisait gloire de ses vingt années d’exercice en sa charge.

Le Contrat de mariage (1835)

Le Garde des Sceaux est toujours heureux de trouver des praticiens, et surtout des gens à leur aise pour exercer cette importante magistrature.

Ursule Mirouet (1842)

Ce Méridional, privé de soleil, exécrait Paris qu’il nommait une fabrique de rhumatismes.

Les Comédiens sans le savoir (1846)

Il y a dans la société anglaise beaucoup de fous que l’on n’enferme point et nommés excentriques.

Les Martyrs ignorés

Un amour sans possession se soutient par l’exaspération même des désirs.

Le Lys dans la vallée (1836)

D’ailleurs Athanase avait cette fierté qu’exalte la pauvreté chez les hommes d’élite, qui les grandit pendant leur lutte avec les hommes et les choses.

La Vieille Fille (1836)

Si l’exactitude, suivant un mot du Roi, homme d’esprit autant que grand politique, est la politesse des rois, elle est aussi la fortune des négociants.

César Birotteau (1838)

Vous préparerez un cataplasme de farine de moutarde, afin d’appliquer des sinapismes aux pieds de monsieur.

Ursule Mirouet (1842)

Tous les ridicules de cette digne femme, essentiellement charitable et pieuse, eussent peut-être passé presque inaperçus; mais la nature, qui plaisante parfois en lâchant de ces créations falottes, l’a douée d’une taille de tambour-major.

Modeste Mignon (1844)

Il faut peu de chose à l’homme tombé du faîte de ses espérances.

Le Médecin de campagne (1833)

Entre le parti et la faction il y a toute la différence qui existe entre les intérêts généraux et les intérêts particuliers.

Oeuvres diverses

La passion fait arriver les forces nerveuses de la femme à cet état extatique où le pressentiment équivaut à la vision des Voyants.

La Cousine Bette (1846)

Les anciens avaient raison dans le culte qu’ils rendaient à la sainte beauté. Je ne sais quel voyageur nous a dit que les chevaux en liberté prennent le plus beau d’entre eux pour chef.

Béatrix (1839)

A demain mes caresses, mes paroles chargées d’amour et de désirs. Je t’écrirai après avoir reçu la lettre qui, sans doute, viendra demain. Chère, céleste jour! Je voudrais inventer des mots et des caresses pour toi seule.

Lettres à l'Etrangère

L’ingratitude vient peut-être de l’impossibilité où l’on est de s’acquitter.

Physiologie du Mariage (1830)

Il se laissa faire comme un enfant qui, même en dormant, connaît encore sa mère et reçoit, sans s’éveiller, ses soins et ses baisers.

Eugénie Grandet (1833)

Un baiser ne s’efface jamais.

Le Médecin de campagne (1833)

Quand je ne serai plus jeune, je prêterai sur leurs nippes aux grandes dames, car la passion ne calcule pas et paye aveuglément.

Les Comédiens sans le savoir (1846)

Une espèce de pirogue d’une excessive légèreté, fabriquée à Marseille d’après un modèle malais, permit de naviguer dans les récifs jusqu’à l’endroit où ils cessaient d’être praticables.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

L’eau me donne alors les grâces piquantes de l’aurore; je me peigne, me parfume les cheveux; et, après cette toilette minutieuse, je me glisse comme une couleuvre, afin qu’à son réveil le maître me trouve pimpante comme une matinée de printemps.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

La marquise était femme: elle avait calculé sa vengeance avec cette perfection de perfidie qui distingue les animaux faibles.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Je ne puis rien conclure sans avoir consulté ma femme. Sa femme, qu’il avait réduite à un ilotisme complet, était en affaires son paravent le plus commode.

Eugénie Grandet (1833)

Quand elles me disent cérémonieusement: Mon père, elles me glacent; mais quand elles m’appellent papa, il me semble encore les voir petites, elles me rendent tous mes souvenirs. Je suis mieux leur père.

Le Père Goriot (1835)

Il faudrait l’amener à conclure que l’argent des sots est de droit divin le patrimoine des gens d’esprit.

La Maison Nucingen (1838)

L’art littéraire, en France, ne pourra jamais divorcer avec la raison.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les anciens avaient raison dans le culte qu’ils rendaient à la sainte beauté. Je ne sais quel’ voyageur nous a dit que les chevaux en liberté prennent le plus beau d’entre eux pour chef. La beauté, ma chère, est le génie des choses.

Béatrix (1839)

J’ai assez d’amour pour préférer ton bonheur au mien, ta vie à la mienne.

La Femme abandonnée (1833)

La vertu n’est peut-être que la politesse de l’âme.

Physiologie du Mariage (1830)

L’amour physique est un besoin semblable à la faim, à cela près que l’homme mange toujours, et qu’en amour son appétit n’est pas aussi soutenu ni aussi régulier qu’en fait de table.

Physiologie du Mariage (1830)

L’échange des âmes ne peut s’établir qu’entre gens disposés à ne se rien cacher. Vous montrerez-vous telle que vous êtes à un inconnu? Je m’arrête aux conséquences de cette idée.

Modeste Mignon (1844)

Comment ne pas satisfaire aux moindres caprices d’une femme que l’on aime?

Le Contrat de mariage (1835)

Il faut aimer avec constance, avec persistance et à distance pendant des aimées, sans autre plaisir que celui de se savoir aimé.

Albert Savarus (1842)

Les philosophes ont remarqué que les habitudes du jeune âge reviennent avec force dans la vieillesse de l’homme.

Illusions perdues (1837-1843)

Mon père a remarqué jadis qu’une des façons les plus blessantes dans la politesse mal entendue est l’abus des promesses.

Le Lys dans la vallée (1836)

L’orgue est certes le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruments créés par le génie humain. Il est un orchestre entier, auquel une main habile peut tout demander, il peut tout exprimer.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

Voilà la faute! tu t’es subordonné, quand tu es fait pour ordonner.

Les Employés ou la Femme supérieure (1838)

Mais paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur.

Le Père Goriot (1835)

Le cachet du génie est une certaine apparence de facilité. Son oeuvre doit paraître, en un mot, ordinaire au premier aspect, tant elle est toujours naturelle, même dans les sujets les plus élevés.

Les Petits Bourgeois (1855)

Si l’introduction des céréales est défendue en nature, les braves gens qui font les lois n’ont pas songé à prohiber les fabrications dont les blés sont le principe.

Le Père Goriot (1835)

Il me semble que je passerais les nuits à respirer ton souffle, je voudrais me glisser dans tous les actes de ta vie, être la substance même de tes pensées, je voudrais être toi-même.

Louis Lambert (1832)

Je n’ai pas trouvé, ma chère âme, un seul petit moment pour t’écrire.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Moi, reprit-elle, de quel moi parlez-vous? Je sens bien des moi en moi? Ces deux enfants, ajouta-t-elle en montrant Madeleine et Jacques, sont des moi.

Le Lys dans la vallée (1836)

Ce triomphe enivre l’orgueil, la vanité, l’amour-propre, enfin tous les sentiments du moi. Cette perpétuelle divinisation grise si violemment, que je ne m’étonne plus de voir les femmes devenir égoïstes, oublieuses et légères au milieu de cette fête.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Les moeurs sont l’hypocrisie des nations …

Physiologie du Mariage (1830)

La Sauviat laissait sa fille libre de s’acheter pour ses vêtements les étoffes qu’elle désirait. Le père et la mère furent heureux de la modestie de leur fille, qui n’eut aucun goût ruineux.

Le Curé de village (1841)

Enfin, là règne la misère sans poésie; une misère économe, concentrée, râpée. Si elle n’a pas de fange encore, elle a des taches; si elle n’a ni trous ni haillons, elle va tomber en pourriture.

Le Père Goriot (1835)

Nous voulons qu’il n’y ait plus de gens manquant de tout et des millionnaires, des suceurs de sang et des victimes!

Les Comédiens sans le savoir (1846)

C’est parce que je suis juste-milieu que je voudrais voir le juste-milieu de Paris dans un autre état.

La Cousine Bette (1846)

Quant à la Banque, elle jette au débiteur, du haut de ses comptoirs, cette parole pleine de raison: – Pourquoi n’êtes-vous pas en mesure? à laquelle malheureusement on ne peut rien répondre.

Illusions perdues (1837-1843)

Vous rencontrerez bien encore des malheureux dans notre canton, j’en vois certes beaucoup trop; mais personne n’y mendie, il s’y trouve de l’ouvrage pour tout le monde.

Le Médecin de campagne (1833)

Cet homme m’inquiète! il me paraît mieux posséder la mécanique de l’amour que l’amour de la mécanique.

Les Ressources de Quinola

Aussi peut-être n’y a-t-il pas de mauvais enfants sans mauvaises mères; car l’affection qu’ils ressentent est toujours en raison de celle qu’ils ont éprouvée.

La Grenadière (1832)

Il faut matériellement peu à celui qui vit pour accomplir de grandes choses dans l’ordre moral; mais qouique vingt sous par jour puissent me suffire, je ne possède pas la rente de cette oisiveté travailleuse.

Louis Lambert (1832)

Ses habits étaient une enveloppe nécessaire à laquelle il ne prêtait aucune attention, car ses yeux allaient trop haut dans les nues pour jamais se compromettre avec les matérialités.

Une fille d'Eve (1834)

Aujourd’hui le plus grand comme le plus petit banquier déploie son astuce dans les moindres choses: il marchande les arts, la bienfaisance, l’amour, il marchederait au pape une absolution.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Insensiblement, Granville, accablé de travail, sevré de plaisirs et fatigué du monde où il errait solitaire, tomba vers trente-deux ans dans le plus affreux marasme. La vie lui fut odieuse.

Une double famille (1830)

Ce plan si sage, conçu si rapidement, exécuté en partie, devait manquer par un jeu du Hasard qui modifie tout ici-bas.

Une fille d'Eve (1834)

N’est-ce pas vouloir détrôner la perfection que d’essayer à tuer les charmes de la mémoire et les espérances qui survivent à un amant perdu, précisément parce qu’il n’a réveillé que des désirs, tout ce que l’amour a de plus beau, de plus séduisant.

La Femme de trente ans (1834)

Un premier amour ne se remplace jamais.

La Femme de trente ans (1834)

Une ou deux rues et quelques endroits ont des chaussées; mais toutes les autres sont imparfaitement macadamisées, et c’est assez dire en quel état elles se trouvent par les temps de pluie.

Le Député d'Arcis (1847)

Saisirez-vous bien cette figure pâle et blafarde à laquelle je voudrais que l’académie me permit me permît de donner le nom de face lunaire, elle ressemblait à du vermeil dédoré?

Gobseck (1830)

Que devient la vertu, pendant ces délicieux voyages où la pensée franchit tous les obstacles?

La Peau de chagrin (1831)

Lorette est un mot décent inventé pour exprimer l’état d’une fille ou la fille d’un état difficile à nommer, et que, dans sa pudeur, l’Académie française a négligé de définir, vu l’âge de ses quarante membres.

Un homme d'affaires (1844)

Elle était, comme vous le savez déjà, sans rien savoir encore, le lys de cette vallée où elle croissait pour le ciel, en la remplissant du parfum de ses vertus.

Le Lys dans la vallée (1836)

Un mari, comme un gouvernement, ne doit jamais avouer de faute.

Physiologie du Mariage (1830)

Il y a les poètes qui sentent et les poètes qui expriment; les premiers sont les plus heureux.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

La table est le plus sûr thermomètre de la fortune dans les ménages parisiens.

La Cousine Bette (1846)

Je ne croirai pas t’aimer tant que ma vie ne sera pas assez intimement liée à la tienne pour que nous ayons la même vie, le même coeur, la même idée. Je dois être où tu es, voir ce que tu vois, ressentir ce que tu ressens, et te suivre par la pensée.

Louis Lambert (1832)

Si les hommes voulaient être francs, ils reconnaîtraient peut-être que jamais le malheur n’a fondu sur eux sans qu’ils aient reçu quelque avertissement patent ou occulte.

Une ténébreuse affaire (1841)

Les hommes, ma chère, m’ont paru généralement très laids. Ceux qui sont beaux nous ressemblent en mal.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Le détenu, c’est le condamné. Notre Droit criminel a créé des Maisons d’Arrêt, des Maisons de Justice et des Maisons de Détention.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Le majorat, madame, dit maître Solonet, est une fortune inaliénable, prélevée sur celle des deux époux et constituée au profit de l’aîné de la maison, à chaque génération, sans qu’il soit privé de ses droits au partage général des autres biens.

Le Contrat de mariage (1835)

Ses mains étaient celles du travailleur infatigable, larges, épaisses, carrées et ridées par des espèces de crevasses solides.

Le Curé de village (1841)

J’ai vu mourir un père dans un grenier, sans sou ni maille, abandonné par deux filles auxquelles il avait donné quarante mille livres de rente!

Le Colonel Chabert (1835)

Autre souffrance! Douleur incompréhensible pour ceux qui n’aiment pas avec ce despotisme envahisseur et féroce dont le moindre effet est une jalousie monstrueuse, un perpétuel désir de dérober l’être aimé à toute influence étrangère à l’amour.

La Femme de trente ans (1834)

Il ensevelit son chagrin et jeta son amour au fond de son coeur, comme un cercueil à la mer.

La Femme de trente ans (1834)

Plus la résistance a été longue, plus puissante alors est la voix de l’amour.

La Femme de trente ans (1834)

La justice humaine est une faible image de la justice céleste, elle n’en est qu’une pâle imitation appliquée aux besoins de la société.

Le Curé de village (1841)

Une lettre est une âme, elle est un si fidèle écho de la voix qui parle que les esprits délicats la comptent parmi les plus riches trésors de l’amour.

Le Père Goriot (1835)

Tu n’as que trop les qualités du journaliste; le brillant et la soudaineté de la pensée.

Illusions perdues (1837-1843)

L’influence et le pouvoir du journal n’est qu’à son aurore, dit Finot, le journalisme est dans l’enfance, il grandira. Tout, dans dix ans d’ici, sera soumis à la publicité.

Illusions perdues (1837-1843)

Lucien vécut au jour le jour, dépensant son argent à mesure qu’il le gagnait, ne songeant point aux charges périodiques de la vie parisienne.

Illusions perdues (1837-1843)

Son labeur journalier était sans doute un joug trop pesant pour elle, qui est toute indépendance et tout caprice.

Le Médecin de campagne (1833)

Les peines trop vives exagèrent le jeu du grand sympathique. Cette exaltation de la sensibilité entretient dans une constante irritation la muqueuse de l’estomac.

Le Lys dans la vallée (1836)

Aussi à toutes les agaceries de sa mère, répondait-elle par ces phrases si improprement appelées jésuitiques, car les jésuites étaient forts, et ces réticences sont les chevaux de frise derrière lesquels s’abrite la faiblesse.

Albert Savarus (1842)

Le jésuite, le plus jésuite des jésuites est encore mille fois moins jésuite que la femme la moins jésuite, jugez combien les femmes sont jésuites!

La Femme et l'Amour (1888)

La jalousie des personnes supérieures devient émulation, elle engendre de grandes choses; celle des petits esprits devient de la haine.

Le Contrat de mariage (1835)

Le hasard est le plus grand romancier du monde: pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier.

La Comédie humaine (1842-1852), Avant-propos

Une des plus détestables habitudes de ces esprits lilliputiens est de supposer leurs petitesses chez les autres.

Le Père Goriot (1835)

De chaque côté du lit se tenaient les enfants et les plus proches parents des époux, chaque ligne gardant son côté, les parents de la femme à gauche, ceux du défunt à droite.

Le Médecin de campagne (1833)

Gourdon possédait une collection de lépidoptères, mot qui faisait espérer des monstruosités et qui faisait dire en les voyant: «Mais c’est des papillons!»

Les Paysans (1855)

Un crime est avant tout un manque de raisonnement.

La Cousine Bette (1846)

L’histoire, bornée à n’être plus que la reproduction inanimée d’événements passés, n’est guère qu’une lanterne magique qui peut encore émouvoir et amuser, mais qui ne peut aspirer à instruire et à moraliser.

Le Feuilleton

Il existe dans notre société trois hommes, le Prêtre, le Médecin et l’Homme de justice, qui ne peuvent pas estimer le monde. Ils ont des robes noires, peut-être parce qu’ils portent le deuil de toutes les vertus, de toutes les illusions.

Le Colonel Chabert (1835)

Si la lumière est le premier amour de la vie, l’amour n’est-il pas la lumière du coeur?

Eugénie Grandet (1833)

Mon père m’a donné un coeur, mais vous l’avez fait battre.

Le Père Goriot (1835)

Le czar Pierre Ier abattait lui-même les têtes de ses sujets: en sa personne se confondent le juge et le justicier, et le justicier est vénéré parce qu’il est à la fois la tête qui condamne et le bras qui exécute la sentence.

Souvenirs d'un paria

Croyez-vous que le Tribunal qui instruira l’affaire et la jugera d’abord, soit influençable par des considérations étrangères à la justice?

Le Cabinet des Antiques (1839)

La passion est le pressentiment de l’amour et de son infini auquel aspirent toutes les âmes souffrantes.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

La notaresse était furieuse de ne pas être aussi belle que madame César, car toute femme sait toujours en elle-même à quoi s’en tenir sur la supériorité ou l’infériorité d’une rivale.

César Birotteau (1838)

Les Parisiennes sont inexplicables, dit Thadée. Quand elles sont aimées à la folie, elles veulent être aimées raisonnablement, et quand on les aime raisonnablement, elles vous reprochent de ne pas savoir aimer.

La Fausse Maîtresse (1842)

C’est la vie, elle est préférable avec ses blessures et ses douleurs, aux noires ténèbres du dégoût, au poison du mépris, au néant de l’abdication, à cette mort du coeur qui s’appelle l’indifférence.

Béatrix (1839)

Je doute que vous la trouviez vivante, me répondit-il. Elle meurt d’une affreuse mort, elle meurt d’inanition.

Le Lys dans la vallée (1836)

Involontairement je comparais entre elles ces deux existences, celle du comte, tout action, tout agitation, tout émotion; celle de la comtese, tout passivité, tout inactivité, tout immobilité.

Honorine (1844)

Pour obtenir la tranquillité dans l’Ouest, déjà plein de réfractaires, il parut nécessaire à Napoléon d’imprimer une profonde terreur.

Madame de La Chanterie

Ma première impression, à son aspect, ne fut ni la surprise, ni l’étonnement, ni la tristesse, ni l’intérêt, ni la pitié, mais une curiosité qui tenait de tous ces sentiments.

Z. Marcas (1841)

Quand une femme a inspiré une passion à un homme, elle lui est toujours sacrée, elle est, à ses yeux, revêtue d’un privilège imprescriptible.

Honorine (1844)

L’amour a ses intuitions comme le génie a les siennes, et je voyais confusément que la violence, la maussaderie, l’hostilité ruineraient mes espérances.

Le Lys dans la vallée (1836)

Tout ce qui agite puissamment notre organisme nous donne une conscience intime de notre existence: voilà le plaisir.

Physiologie du Mariage (1830)

La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation, nous devons la plupart des grandes découvertes au: Comment? et la sagesse dans la vie consiste à se demander à tout propos: Pourquoi?

La Peau de chagrin (1831)

Les grands artistes sont des êtres qui, suivant un mot de Napoléon, interceptent à volonté la communication que la nature à mise entre les sens et la pensée.

Une fille d'Eve (1834)

La prunelle de ses yeux, douée d’une grande contractilité, semblait alors s’épanouir, et repoussait le bleu de l’iris, qui ne formait plus qu’un léger cercle.

Le Curé de village (1841)

La femme qui aime doit toujours dissimuler ses sentiments.

Eugénie Grandet (1833)

Il faut avoir fouillé toute la vie sociale pour être un vrai romancier, vu que le roman est l’histoire privée des nations.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Un mari doit toujours savoir ce qu’a sa femme, car elle sait toujours ce qu’elle n’a pas.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Dans le monde, on aime qui vous écoute.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Un des caractères de la Vertu est de ne pas être propriétaire.

Le Colonel Chabert (1835)

Dès qu’un homme tombe entre les mains de la justice, il n’est plus qu’un être moral, une question de Droit ou de Fait, comme aux yeux des statisticiens il devient un chiffre.

Le Colonel Chabert (1835)

La justice militaire est franche, rapide, elle décide à la turque, et juge presque toujours bien.

Le Colonel Chabert (1835)

Le Parisien s’étonne que tout ne soit pas partout comme à Paris, et le Français, comme en France.

Modeste Mignon (1844)

Quel crime de lèse-million que de démontrer aux riches l’impuissance de l’or!

Modeste Mignon (1844)

Les hommes pour se marier jouent autant de rôles que les mères en font jouer à leurs filles pour s’en débarrasser.

Modeste Mignon (1844)

Les hommes sont des toupies, il ne s’agit que de trouver la ficelle qui s’enroule à leur torse.

Modeste Mignon (1844)

L’innocence des filles est comme le lait que font tourner un coup de tonnerre, un vénéneux parfum, un temps chaud, un rien, un souffle même.

Modeste Mignon (1844)

Ne pas écouter est non seulement un manque de politesse, mais encore une marque de mépris.

Modeste Mignon (1844)

Il faut souvent, hélas! deux hommes pour en faire un amant parfait.

Modeste Mignon (1844)

Les malheurs de la passion leur ont appris les douceurs d’un heureux mariage.

Une fille d'Eve (1834)

Il est si commode de se poser charitable gratis.

La Vieille Fille (1836)

Si le retour exact et journalier des mêmes pas dans un même sentier n’est pas le bonheur, il le joue si bien que les gens amenés par les orages d’une vie agitée à réfléchir sur les bienfaits du calme diront que là était le bonheur.

La Vieille Fille (1836)

L’amour-propre est un escroc qui ne manque jamais sa dupe.

La Vieille Fille (1836)

Acceptez le moins que vous pourrez des autres. Ne soyez le vassal d’aucune âme, ne relevez que de vous-même.

Le Lys dans la vallée (1836)

Ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé, trois écueils! La trop grande confiance diminue le respect, la banalité nous vaut le mépris, le zèle nous rend excellents à exploiter.

Le Lys dans la vallée (1836)

Le bonheur des autres est la consolation de ceux qui ne peuvent plus être heureux.

Le Lys dans la vallée (1836)

L’amour a, comme la vie, une puberté pendant laquelle il se suffit à lui-même.

Le Lys dans la vallée (1836)

Les hommes sont ainsi. Dans presque toutes les classes, ils accordent au compérage ou à des âmes viles qui les flattent les facilités, les faveurs refusées à la supériorité qui les blesse quelle que soit la manière dont elle se révèle.

L'Interdiction (1836)

Une mère est aussi rusée pour arriver à ses enfants qu’une jeune fille peut l’être pour conduire à bien une intrigue d’amour.

L'Interdiction (1836)

Qui n’écoute qu’une cloche n’entend qu’un son.

L'Interdiction (1836)

Il est si naturel de supposer que les gens qui dépensent leur vie à tout mettre en dehors n’aient rien au-dedans!

Une fille d'Eve (1834)

Le génie a pour mission de chercher, à travers les hasards du vrai, ce qui doit sembler probable à tout le monde.

Une fille d'Eve (1834)

La pensée d’une femme est douée d’une incroyable élasticité: quand elle reçoit un coup d’assommoir, elle plie, paraît écrasée, et reprend sa forme dans un temps donné.

Une fille d'Eve (1834)

La bonté n’est pas sans écueils: on l’attribue au caractère, on veut rarement y reconnaître les efforts secrets d’une belle âme, tandis qu’on récompense les gens méchants du mal qu’ils ne font pas.

Une fille d'Eve (1834)

On aime ceux que l’on plaint.

Une fille d'Eve (1834)

L’ambition est comme la mort, elle doit mettre sa main sur tout, elle sait que la vie la talonne.

Une fille d'Eve (1834)

Les personnes dont l’esprit est obtus suivent la terrible logique des enfants qui consiste à aller de réponse en demande, logique souvent embarrassante.

La Vieille Fille (1836)

Le hasard est le plus grand de tous les artistes.

La Vieille Fille (1836)

Dans l’intimité, toutes les femmes ont de l’esprit.

La Vieille Fille (1836)

Les qualités du coeur sont aussi indépendantes de celles de l’esprit que les facultés du génie le sont des noblesses de l’âme.

La Vieille Fille (1836)

La bienfaisance a son entraînement comme les vices ont le leur.

L'Interdiction (1836)

L’amour ne va jamais consulter les registres de l’état civil; personne n’aime une femme parce qu’elle a tel ou tel âge, parce qu’elle est belle ou laide, bête ou spirituelle: on aime parce qu’on aime.

L'Interdiction (1836)

Pour qu’une femme commande, elle doit avoir l’air de toujours faire ce que veut son mari.

Le Contrat de mariage (1835)

Les natures faibles, une fois prévenues, se jettent dans l’entêtement, et n’en reviennent jamais.

Le Contrat de mariage (1835)

L’avarice des pères prépare la prodigalité des enfants.

Le Contrat de mariage (1835)

L’amour est aussi grand par le bavardage que par la concision.

Le Contrat de mariage (1835)

L’amour enfanté par les désirs est une espérance, et celui qui succède à leur satisfaction est la réalité.

Le Contrat de mariage (1835)

La jalousie, passion éminemment crédule, soupçonneuse, est celle où la fantaisie a le plus d’action; mais elle ne donne pas d’esprit, elle en ôte.

Pierrette (1840)

Il ne faut toucher à son ennemi que pour lui abattre la tête.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

La femme qui aime a toute l’intelligence de son pouvoir; et plus elle est vertueuse, plus agissante est sa coquetterie.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Une femme est toujours vieille et déplaisante à son mari, mais toujours pimpante, élégante et parée pour l’autre, pour le rival de tous les maris, pour le monde qui calomnie ou déchire toutes les femmes.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Mais qui peut se flatter d’être jamais compris? Nous mourons tous inconnus. C’est le mot des femmes et celui des auteurs.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Nous désirons d’autant plus violemment les choses qu’il nous est plus difficile de les avoir.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

L’amour a le travail et la misère en horreur. Il aime mieux mourir que de vivoter.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Soupçonner une femme est un crime en amour.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Si, grâce à ces conspirations domestiques, beaucoup de niais passent pour des hommes supérieurs, ils compensent le nombre d’hommes supérieurs qui passent pour des niais, en sorte que l’Etat social a toujours la même masse de capacités apparentes.

La Femme de trente ans (1834)

On aime toujours qui nous amuse ou qui nous rend heureux.

Le Contrat de mariage (1835)

Il est peu d’âmes chez lesquelles l’amour résiste à l’omniprésence, ce miracle n’appartient qu’à Dieu.

Le Contrat de mariage (1835)

A quoi sert la Vertu? A gagner le Ciel.

Une double famille (1830)

On ne peut être à la fois l’épouse d’un homme et celle de Jésus-Christ, il y aurait bigamie: il faut savoir opter entre un mari et un couvent.

Une double famille (1830)

Un air aussi stupide que peut l’être celui d’un paysan breton écoutant le prône de son curé.

La Femme de trente ans (1834)

Les meilleurs coeurs sont parfois bien cruels.

La Femme de trente ans (1834)

On ne partage pas un coeur de mère.

Le Colonel Chabert (1835)

Ce sont les qualités et non la beauté d’une femme qui font les mariages heureux. D’ailleurs on en épouse de plus laides. Et puis, la femme qui nous aime sait se faire jolie!

Le Faiseur

Ce sont les qualités et non la beauté d’une femme qui font les mariages heureux. La femme qui nous aime sait se faire jolie.

Le Faiseur

L’Aristocratie, l’Industrie et le Talent sont éternellement attirés vers Paris, qui engloutit ainsi les capacités nées sur tous les points du royaume, en compose son étrange population et dessèche l’intelligence nationale à son profit.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Il n’y a jamais rien de bon à attendre des jeunes gens qui avouent leurs fautes, s’en repentent et les recommencent.

Le Cabinet des Antiques (1839)

D’une jalousie incroyable, en fait de politique conjugale, les Françaises veulent tout savoir.

Le Cabinet des Antiques (1839)

Les hommes les plus forts aiment à se tromper eux-mêmes sur certaines choses où la vérité connue les humilierait, les offenserait d’eux à eux.

Le Cabinet des Antiques (1839)

En France, ce qu’il y a de plus national est la vanité. La somme des vanités blessées y a donné la soif d’égalité.

Le Cabinet des Antiques (1839)

L’estime, la considération, les égards s’obtiennent, disparaissent, reviennent; mais quant à l’amour, je me prêcherais mille ans que je ne le ferais pas renaître, surtout pour une femme qui s’est vieillie à plaisir.

Une double famille (1830)

Nous avons tous notre passion malheureuse.

La Rabouilleuse (1842)

Il suffit de livrer un homme à un vice pour se défaire de lui.

La Rabouilleuse (1842)

Les femmes sont des enfants méchants, c’est des bêtes inférieures à l’homme, et il faut s’en faire craindre, car la pire condition pour nous est d’être gouvernés par ces brutes-là!

La Rabouilleuse (1842)

Les gens de la campagne ont une horreur profonde pour toute espèce de changement, même pour celui qui leur paraît utile à leurs intérêts.

La Rabouilleuse (1842)

Les alternatives de craintes soulevées et de terreurs apaisées sont un peu la vie des sentiments, et tout aussi nécessaires à la maternité qu’à l’amour.

La Rabouilleuse (1842)

Il y a toujours un fripon non loin d’une dupe, et la sottise attire toujours un homme d’esprit de l’espèce des Renards.

Pierrette (1840)

La femme de trente ans satisfait tout, et la jeune fille, sous peine de ne pas être, doit ne rien satisfaire.

La Femme de trente ans (1834)

Toutes les fautes, et les crimes peut-être, ont pour principe un mauvais raisonnement ou quelque excès d’égoïsme.

La Femme de trente ans (1834)

La famille est une association temporaire et fortuite que dissout promptement la mort.

La Femme de trente ans (1834)

Vous dites aimer? Aimer! c’est se dévouer sans attendre la moindre récompense; aimer, c’est vivre sous un autre soleil auquel on tremble d’atteindre.

Les Ressources de Quinola, II, 10

A Paris, les masses s’emparent tout d’abord de l’attention: le luxe des boutiques, la hauteur des maisons, l’affluence des voitures, les constantes oppositions que présentent un extrême luxe et une extrême misère saisissent avant tout.

Illusions perdues (1837-1843)

Les charmes de la jeunesse sont l’unique bagage de l’amour.

Physiologie du Mariage (1830)

La charité qui ne coûte rien, le ciel l’ignore.

La Cousine Bette (1846)

L’étranger, grandi sous la loi monarchique, nous trouvera sans roi avec la Royauté, sans lois avec la Légalité, sans propriétaires avec la Propriété, sans gouvernement avec l’Election, sans force avec le Libre Arbitre, sans bonheur avec l’Egalité.

Le Curé de village (1841)

N’ai-je pas entendu dire ce soir à ce jeune écervelé qui si l’argent était rond, c’était pour rouler! S’il est rond pour les gens prodigues, il est plat pour les gens économes qui l’empilent.

La Maison du Chat-qui-pelote (1830)

Plus tard Lucien apprit que ce sobriquet de rossignol était donné par les libraires aux ouvrages qui restent perchés sur les casiers dans les profondes solitudes de leurs magasins.

Illusions perdues (1837-1843)

Je réussirai! Le mot du joueur, du grand capitaine, mot fataliste qui perd plus d’hommes qu’il n’en sauve.

Le Père Goriot (1835)

Le respect est une barrière qui protège autant un père et une mère que les enfants, en évitant à ceux-là des chagrins, à ceux-ci des remords.

La Vendetta (1830)

Le praticien, vulgairement appelé recors, est l’homme de justice par hasard, il est là pour assister l’exécution des jugements; c’est, pour les affaires civiles, un bourreau d’occasion.

Le Cousin Pons (1847)

La reconnaissance est une dette que les enfants n’acceptent pas toujours à l’inventaire.

Gobseck (1830)

Le Rapport est dans l’administration actuelle ce que sont les limbes dans le christianisme.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Rabouiller est un mot berrichon qui peint admirablement ce qu’il veut exprimer: l’action de troubler l’eau d’un ruisseau en la faisant bouillonner à l’aide d’une grosse branche d’arbre dont les rameaux sont disposés en forme de raquette.

La Rabouilleuse (1842)

Pour le vulgaire, la profondeur est incompréhensible. De là vient peut-être l’admiration du peuple pour tout ce qu’il ne comprend pas.

Une ténébreuse affaire (1841)

Elle était jolie par juxtaposition. Heureuse, elle eût été ravissante: le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.

Le Père Goriot (1835)

Les baisers d’une femme sincère ont un miel divin qui semble mettre dans celte caresse une âme, un feu subtil par lequel le coeur est pénétré. Les baisers dénués de cette onction savoureuse sont âpres et secs.

La Femme de trente ans (1834)

Carlos Herrera devant être mis au secret, il fut inutile de lui demander s’il réclamait les bénéfices de la pistole, c’est-à-dire le droit d’habiter une de ces chambres où l’on jouit du seul confort permis par la Justice.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Tout ce que trouvent les gens de génie, est si simple, que chacun croit qu’il l’aurait trouvé. Mais, le génie a cela de beau qu’il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble.

Le Curé de village (1841)

Le bonheur ne crée rien que des souvenirs.

La Cousine Bette (1846)

Si tu l’aimes et si tu as eu la force de maîtriser ton amour, tu ne dois pas risquer ton bonheur. Or, le bonheur dépend beaucoup des premiers jours du mariage…

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.

Le Père Goriot (1835)

L’avare voulait rester seul comme un alchimiste à son fourneau.

Eugénie Grandet (1833)

Personne ne renonce au bonheur sans combat.

La Marâtre

La jalousie est essentiellement bête et brutale.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

La foi n’est que chez le pauvre, il en a tant besoin!

Les Ressources de Quinola, IX

L’oeuvre de la nature, en ce genre s’appelle: aimer à première vue. En amour, la première vue est tout bonnement la seconde vue.

La Cousine Bette (1846)

J’aimais un homme vrai, sans mensonge au front, probe comme vous l’êtes, incapable de se déguiser comme un acteur, de se mettre à la joue le fard de la gloire d’un autre.

Modeste Mignon (1844)

A cette époque florissait une société de jeunes gens riches ou pauvres, tous désoeuvrés, appelés viveurs, et qui vivaient en effet avec une incroyable insouciance, intrépides mangeurs, buveurs plus intrépides encor.

Illusions perdues (1837-1843)

Le corps peut avoir peur et trembler, pendant que l’esprit reste calme et courageux, et vice versa.

La Rabouilleuse (1842)

Ah! sachez-le: ce drame n’est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son coeur peut-être.

Le Père Goriot (1835)

Ne rien avoir dans le ventre, mot consacré dans l’argot du journalisme, constitue un arrêt souverain dont il est difficile d’appeler, une fois qu’il a été prononcé.

Illusions perdues (1837-1843)

Mais je puis fermer les yeux, reprit Bonaparte. Le préjugé de la vendetta empêchera longtemps le règne des lois en Corse, ajouta-t-il en se parlant à lui-même. Il faut cependant le détruire à tout prix.

La Vendetta (1830)

L’homme se trouve seul avec son imagination, tandis que l’amour est la réunion de deux corps et de deux âmes.

Physiologie du Mariage (1830)

Il était, comme toutes les natures essentiellement vaniteuses et légères, sujet à ce singulier point d’honneur qui consiste à ne pas déchoir aux yeux de son public.

La Muse du département (1837)

Coquette?… Je hais la coquetterie. Etre coquette, mais c’est se promettre à plusieurs hommes et ne pas se donner. Se donner à tous est du libertinage.

Histoire des Treize (1833-1835)

Les hommes peuvent fatiguer de leur constance. Les femmes jamais.

Une fille d'Eve (1834)

Je conserve les illusions avec lesquelles j’ai vécu, fouiller ainsi dans les consciences, ça regarde les prêtres et les magistrats.

La Marâtre

Se promener avec la femme qu’on aime, lui donner le bras, lui choisir son chemin! ce sont des joies illimitées qui suffisent à une vie.

Le Lys dans la vallée (1836)

Je compris qu’il existait je ne sais quoi d’inconnu pour moi dans le monde, une force plus belle même que la pensée, c’était toutes les pensées, toutes les forces dans une émotion partagée.

Le Lys dans la vallée (1836)

Posons d’abord pour premier principe que la plus mauvaise transaction, rédigée même par un notaire ignorant, est meilleure que le meilleur procès.

Oeuvres diverses, Code des gens honnêtes, III

Etre tocqué est une ancienne expression populaire qui signifie avoir reçu un coup sur la tête. En d’autres termes, être timbré.

Souvenirs d'un paria, VIII

Les titres des livres sont souvent d’effrontés imposteurs. Qui n’a eu à maudire leurs mensongères annonces, et cet art de bateleur qui promet, pour ainsi dire, sur l’enseigne d’un ouvrage ce que l’on ne trouvera pas dedans.

Appendices, V, 32

David était une de ces natures pudiques et tendres qui s’effraient d’une discussion, et qui cèdent au moment où l’adversaire leur pique un peu trop le coeur.

Illusions perdues (1837-1843)

Dans les grandes tempêtes de la vie, on imite les capitaines qui, par les ouragans, allègent le navire des grosses marchandises.

La Cousine Bette (1846)

En amour, toute âme mise à part, la femme est comme une lyre, qui ne livre ses secrets qu’à celui qui en sait bien jouer.

Physiologie du Mariage (1830)

– Je ne mène pas là Votre Seigneurerie, dit-il, car c’est le quartier des tantes… – Hao! fit lord Durham, et qu’est-ce? – C’est le troisième sexe, milord.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

J’ai été enterré sous des morts, mais maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière, qui veut me faire rentrer sous terre.

Le Colonel Chabert (1835)

Jadis les gens du peuple n’étaient connus que par un sobriquet tiré de leur profession, de leur pays, de leur conformation physique ou de leurs qualités morales.

La Recherche de l'absolu (1834)

Ce n’est pas aimer que d’aimer pour quelques jours: l’amour qui ne s’accroît pas de jour en jour est une passion misérable.

Béatrix (1839)

Quelque pauvre que soit un client, c’est toujours un homme que diable!

Le Colonel Chabert (1835)

La seule épigramme permise à la misère est d’obliger la Justice et la Bienfaisance à des dénis injustes.

Le Colonel Chabert (1835)

Certains hommes ont une âme assez forte pour de tels dévouements, dont la récompense se trouve pour eux dans la certitude d’avoir fait le bonheur d’une personne aimée.

Le Colonel Chabert (1835)

Il devait être et fut, pour l’Eve ennuyée de son paradis de la rue du Rocher, le serpent chatoyant, coloré, beau diseur, aux yeux magnétiques, aux mouvements harmonieux, qui perdit la première femme.

Une fille d'Eve (1834)

Elle imagina que la prison était ce que les enfants l’imaginent tous, elle confondit la mise au secret avec l’emprisonnement. La mise au secret est le superlatif de l’emprisonnement, et ce superlatif est le privilège de la justice criminelle.

La Cousine Bette (1846)

Croyez-le. le véritable amour est éternel, infini, toujours semblable à lui-même; il est égal et pur, sans démonstrations violentes; il se a voit en cheveux blancs, toujours jeune de coeur.

Le Lys dans la vallée (1836)

Le langage parisien n’a jamais que deux rythmes: l’intérêt ou la vanité.

Les Comédiens sans le savoir (1846)

La reine des avares, celle qui ne rend rien de ce qu’elle a reçu, la Mer.

Séraphîta (1835)

Les honnêtes gens n’ont qu’une devise: Fais ce que dois, advienne que pourra!

Sur Catherine de Médicis (1836-1844)

C’est toujours quand les femmes ont quelque pensée importante qu’elles disent hypocritement: Je n’ai rien.

Les Paysans (1855)

Les gens de la campagne appliquent le mot de noce à toutes les réjouissances. Boire, se quereller, se battre, manger et rentrer ivre et malade, c’est faire la noce.

Les Paysans (1855)

L’amour qui ne comporte pas une indissoluble amitié me semble un libertinage momentané.

La Maison Nucingen (1838)

Beaucoup de gens ont pris la confiance que donne l’illusion pour de l’énergie. Peut-être l’espoir est-il la moitié du courage.

César Birotteau (1838)

Une fois que dans le malheur un homme peut se faire un roman d’espérance par une suite de raisonnements plus ou moins justes avec lesquels il bourre son oreiller pour y reposer sa tête, il est souvent sauvé.

César Birotteau (1838)

Les événements ne sont jamais absolus, leurs résultats dépendent entièrement des individus: le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme.

César Birotteau (1838)

Une belle action fait accepter toutes les ignorances possibles.

César Birotteau (1838)

En France, on ne rit que des choses et des hommes dont on s’occupe, et personne ne s’occupe de ce qui ne réussit point.

César Birotteau (1838)

En commerce, l’occasion est tout.

César Birotteau (1838)

L’argent ne connaît personne, il n’a pas d’oreilles, l’argent, il n’a pas de coeur, l’argent.

César Birotteau (1838)

Chez un jeune homme de vingt ans, l’amour se repaît de dévouement.

César Birotteau (1838)

Pour être quelque chose de grand, il faut savoir commencer par n’être rien.

César Birotteau (1838)

Chez l’homme, le Beau n’est qu’une flatteuse exception, une chimère à laquelle il s’efforce de croire.

Les Paysans (1855)

Le Fait, quelque dommageable qu’il soit aux intérêts, se pardonne à la longue, il s’explique de mille manières; mais l’amour-propre, qui saigne toujours du coup qu’il a reçu, ne pardonne jamais à l’Idée.

Les Paysans (1855)

Cette changeante déesse, l’opinion publique, dont la tyrannie, un des malheurs de la France, allait s’établir et faire de notre pays une même province.

Ursule Mirouet (1842)

La Nature n’a fait que des bêtes, nous devons les sots à l’Etat social.

La Maison Nucingen (1838)

La plus grande marque de stérilité spirituelle est l’entassement des faits.

La Maison Nucingen (1838)

Les lois sont des toiles d’araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.

La Maison Nucingen (1838)

En toute affaire, les bénéfices sont en proportion avec les risques!

La Maison Nucingen (1838)

L’argent n’est une puissance que quand il est en quantités disproportionnées.

La Maison Nucingen (1838)

La passion qui ne se croit pas éternelle est hideuse.

La Maison Nucingen (1838)

Les gens qui craignent une liaison complète ont sans doute la croyance qu’elle peut finir, et adieu l’illusion!

La Maison Nucingen (1838)

On ne peut se figurer combien les Parisiens sont ignorants et exclusifs; ils ne savent que ce qu’on leur apprend, quand ils veulent l’apprendre.

Le Cousin Pons (1847)

Un homme se façonne à son sort, il accepte la vulgarité de sa vie.

Le Cousin Pons (1847)

Jamais aucun effort administratif ou scolaire ne remplacera les miracles du hasard auquel on doit les grands hommes.

Le Cousin Pons (1847)

Les amis véritables jouissent, dans l’ordre moral, de la perfection dont est doué l’odorat des chiens; ils flairent les chagrins de leurs amis, ils en devinent les causes, ils s’en préoccupent.

Le Cousin Pons (1847)

Au présent: Je carotte, tu asperges, il mache, nous oignons, vous chicorée, ils ou elles les tue. A l’imparfait: je panais. Au passé composé: ils ont rit. A l’impératif: ail.

Pierre Grassou (1839)

La pitié élève autant de médiocrités que l’envie rabaisse de grands artistes.

Pierre Grassou (1839)

Le bonheur n’a pas d’histoire, et les conteurs de tous les pays l’ont si bien compris que cette phrase: Ils furent heureux! termine toutes les aventures d’amour.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Les gens doués d’un extérieur agréable ne rencontrent aucune difficulté au début de la vie, ils ne déploient alors aucun talent, ils sont corrompus par les avances que leur fait le monde, et il faut leur payer plus tard les intérêts de leurs qualités!

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

La hardiesse du vrai s’élève à des combinaisons interdites à l’art, tant elles sont invraisemblables ou peu décentes, à moins que l’écrivain ne les adoucisse, ne les émonde, ne les châtre.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Dès qu’il s’agit d’un caprice, d’une passion, l’argent n’est plus rien pour les Crésus: il leur est en effet plus difficile d’avoir des caprices que de l’or.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Aucune passion d’honnête femme, pas même celle d’une dévote pour son directeur, rien ne surpasse l’attachement de la maîtresse qui partage les périls des grands criminels.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

La connaissance du visage d’un homme est, chez la femme qui l’aime, comme celle de la pleine mer pour un marin.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Qui va partout ne trouve d’intérêt vif nulle part.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Il faut bien être sur ses gardes pour reconnaître la fausse monnaie que donne un ami.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

A part le comédien, le prince et l’évêque, il est un homme à la fois prince et comédien, un homme revêtu d’un magnifique sacerdoce, le Poète qui semble ne rien faire et qui néanmoins règne sur l’Humanité quand il a su la peindre.

Illusions perdues (1837-1843)

Les blessures d’amour-propre deviennent incurables quand l’oxyde d’argent y pénètre.

Illusions perdues (1837-1843)

L’amour véritable offre de constantes similitudes avec l’enfance: il en a l’irréflexion, l’imprudence, la dissipations, les rires et les pleurs.

Illusions perdues (1837-1843)

Le génie a cela de beau qu’il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble.

Le Curé de village (1841)

On ne pose pas une pierre en France sans que dix paperassiers parisiens n’aient l’ait de sots et inutiles rapports.

Le Curé de village (1841)

Le Droit, inventé pour protéger les Sociétés, est établi sur l’Egalité. La Société, qui n’est qu’un ensemble de faits, est basée sur l’Inégalité. Il existe donc un désaccord entre le Fait et le Droit.

Le Curé de village (1841)

Des trente-trois années de Jésus, il n’en est que neuf de connues; sa vie silencieuse a préparé sa vie glorieuse.

Louis Lambert (1832)

La politique est une science sans principes arrêtés, sans fixité possible; elle est le génie du moment, l’application constante de la force, suivant la nécessité du jour.

Louis Lambert (1832)

Les hommes assez forts pour monter jusqu’à la ligne où ils peuvent jouir du coup d’oeil des mondes, ne doivent pas regarder à leurs pieds.

Louis Lambert (1832)

Il est dans la destinée de l’homme de s’offrir à celle qui le fait croire au bonheur.

Louis Lambert (1832)

Vouloir nous brûle et pouvoir nous détruit; mais savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme.

La Peau de chagrin (1831)

L’amour, selon l’un de nos poètes, est un privilège que deux êtres se donnent, de se faire réciproquement beaucoup de chagrin à propos de rien.

Les Petits Bourgeois (1855)

Et qu’est-ce que la femme? Une petite chose, un ensemble de niaiseries. Avec deux mots dits en l’air, ne la fait-on pas travailler pendant quatre heures?

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Peut-être aussi, les pères n’aiment-ils que les enfants avec lesquels ils ont fait une ample connaissance.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Chez les vieillards, il se tourne au vice: l’impuissance conduit à l’extrême.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Chez les hommes, l’amour devient une passion: la force mène à l’abus.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Le hasard est, en amour, la providence des femmes.

Une ténébreuse affaire (1841)

L’espoir est une mémoire qui désire, le souvenir est une mémoire qui a joui.

Un prince de la Bohème (1840)

Le sublime est toujours semblable à lui-même.

Massimilla Doni (1837-1839)

Chacun emploie ses poumons et ses forces à politiquer, sans plus pouvoir changer à soi seul la marche des choses qu’un grain de sable ne peut faire la poussière.

Massimilla Doni (1837-1839)

Toutes les classes inférieures sont tapies devant les riches et en guettent les goûts pour en faire des vices et les exploiter.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Les prémices en toute chose ont une délicieuse saveur.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Le plaisir est comme certaines substances médicales: pour obtenir constamment les mêmes effets, il faut doubler les doses, et la mort ou l’abrutissement est contenu dans la dernière.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Si nous saluons avec respect l’homme qui a versé son sang sur un champ de bataille, nous nous moquons de celui qui use lentement le feu de sa vie à dire les mêmes paroles à des enfants du même âge.

Le Médecin de campagne (1833)

Le bien obscurément fait ne tente personne.

Le Médecin de campagne (1833)

Toute science humaine repose sur la déduction, qui est une vision lente par laquelle on descend de la cause à l’effet, par laquelle on remonte de l’effet à la cause.

Louis Lambert (1832)

Chez les jeunes gens, l’amour est le plus beau des sentiments, il fait fleurir la vie dans l’âme, il épanouit par sa puissance solaire les plus belles inspirations et leurs grandes pensées: les prémices en toute chose ont une délicieuse saveur.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

L’ironie est le fond du caractère de la Providence.

Eugénie Grandet (1833)

Affreuse condition de l’homme! Il n’y a pas un de ses bonheurs qui ne vienne d’une ignorance quelconque.

Eugénie Grandet (1833)

Il est dans le caractère français de s’enthousiasmer, de se colérer, de se passionner pour le météore du moment, pour les bâtons flottants de l’actualité.

Eugénie Grandet (1833)

La flatterie n’émane pas des grandes âmes, elle est l’apanage des petits esprits qui réussissent à se rapetisser encore pour mieux entrer dans la sphère vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent.

Eugénie Grandet (1833)

La mort est aussi soudaine dans ses caprices qu’une courtisane l’est dans ses dédains; mais plus fidèle, elle n’a jamais trompé personne.

L'Elixir de longue vie (1831)

Vive la gaieté! Je prends une existence nouvelle à chaque aurore! Oublieuse du passé, ivre encore des assauts de la veille, tous les soirs j’épuise une vie de bonheur, une vie pleine d’amour!

L'Elixir de longue vie (1831)

S’il faut absolument choisir, j’aime mieux croire en Dieu qu’au diable; la puissance unie à la bonté offre toujours plus de ressource que n’en a le Génie du Mal.

L'Elixir de longue vie (1831)

Elle pleura des larmes de sang, et reconnut trop tard qu’il est des mésalliances d’esprit aussi bien que des mésalliances de moeurs et de rang.

La Maison du Chat-qui-pelote (1830)

La prostitution et le vol sont deux protestations vivantes, mâle et femelle, de l’état naturel contre l’état social.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

L’ambition et le jeu sont inépuisables. Aussi, chez un homme bien organisé, les passions qui procèdent du cerveau survivront-elles toujours aux passions émanées du coeur.

La Vieille Fille (1836)

Entre la dépravation de certaines liaisons et un amour sincère, un homme de coeur sans fortune ne peut hésiter: il préfère les malheurs de la vertu aux malheurs du vice.

La Vieille Fille (1836)

Toutes les fois que tu verras la presse acharnée après quelques gens puissants, sache qu’il y a là-dessous des escomptes refusés, des services qu’on n’a pas voulu rendre.

Illusions perdues (1837-1843)

La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l’arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe.

Le Père Goriot (1835)

Notre coeur est un trésor, videz-le d’un coup, vous êtes ruinés. Nous ne pardonnons pas plus à un sentiment de s’être montré tout entier qu’à un homme de ne pas avoir un sou à lui.

Le Père Goriot (1835)

J’ai entrepris l’histoire de toute la Société. J’ai exprimé souvent mon plan dans cette seule phrase: une génération est un drame à quatre ou cinq mille personnages saillants. Ce drame, c’est mon livre.

Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846

A Paris, il y a des impôts sur tout, on y vend tout, on y fabrique tout, même le succès!

Illusions perdues (1837-1843)

Si tout, dans la société comme dans le monde, doit avoir une fin, il y a certes ici-bas quelques existences dont le but et l’utilité sont inexplicables.

Le Curé de Tours (1832)

Les gens sans esprit ressemblent aux mauvaises herbes, qui se plaisent dans les bons terrains, et ils aiment d’autant plus être amusés qu’ils s’ennuient eux-mêmes.

Le Curé de Tours (1832)

Ah! si j’étais riche, si j’avais gardé ma fortune, si je ne la leur avais pas donnée, elles seraient là, elles me lècheraient les joues de leurs baisers!

Le Père Goriot (1835)

Si nous vous sommes inférieurs par l’esprit, nous pouvons vous égaler par le dévouement en amitié.

Honorine (1844)

Croyez-le, le véritable amour est éternel, infini, toujours semblable à lui-même; il est égal et pur, sans démonstrations violentes; il se voit en cheveux blancs, toujours jeune de coeur.

Le Lys dans la vallée (1836)

A chaque chose, sa loi: l’éternel diamant doit être sans tache, la création momentanée de la mode a le droit d’être légère, bizarre et sans consistance.

Illusions perdues (1837-1843), Eve et David

L’amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d’un moelleux tissu d’Orient, et la plupart du temps il la possède sur un grabat.

La Peau de chagrin (1831), Le talisman

Un peu de morale ne gâte rien. C’est le sel de la vie pour nous autres, comme le vice pour les dévots.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Si les mélancoliques ont besoin du tonique des coquetteries, peut-être les gens nerveux ou sanguins décampent-ils si la résistance dure trop. En d’autres termes, l’élégie est aussi essentiellement lymphatique que le dithyrambe est bilieux.

Le Père Goriot (1835)

Le journal, au lieu d’être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis; de moyens, il s’est fait commerce, et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi.

Illusions perdues (1837-1843)

Le jeune avocat sans causes, le jeune médecin sans clients, sont les deux plus grandes expressions du désespoir décent, particulier à la ville de Paris.

Le Cousin Pons (1847)

Elle se servit, comme toutes les femmes, de l’amour qu’elle inspirait pour avoir gain de cause.

César Birotteau (1838)

Un poète est un homme qui ne compte pas, qui laisse sa femme maîtresse des capitaux, un homme facile à mener et qu’on occupe de niaiseries.

Le Cousin Pons (1847)

La mémoire humaine, en nous rendant parfois les images d’un bonheur évanoui, fait l’office d’un ami fidèle, elle nous console. Puis elle nous encourage aux espérances de l’avenir par le spectacle de nos espérances accomplies.

Voyage de Paris à Java (1832)

Il existe un lien secret entre toutes les femmes, comme entre tous les prêtres d’une même religion. Elles se haïssent, mais elles se protègent.

Physiologie du Mariage (1830)

Souvent, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui posé sur quelque brin d’herbe flotte au gré d’un fleuve.

Louis Lambert (1832)

Une femme honnête est essentiellement mariée.

Physiologie du Mariage (1830)

Les hommes sont comme les nèfles, ils mûrissent sur la paille.

Les Chouans (1829)

Les drames de la vie ne sont pas dans les circonstances, ils sont dans les sentiments, ils se jouent dans le coeur, ou, si vous voulez, dans ce monde immense que nous devons nommer le monde spirituel.

Honorine (1844)

Il est une loi divine et humaine à laquelle la haine elle-même feint d’obéir, et qui ordonne de ne pas condamner sans entendre la défense.

Honorine (1844)

Un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme!

Honorine (1844)

Une épouse jeune et belle, sage et rieuse, n’admet pas de supériorités au-dessus de celles dont elle est douée par la nature.

Honorine (1844)

L’âme a sa clairvoyance, elle pressent la douleur, le chagrin, la joie, l’animadversion, la haine chez autrui.

Honorine (1844)

Les mythes modernes sont encore moins compris que les mythes anciens, quoique nous soyons dévorés par les mythes. Les mythes nous pressent de toutes parts, ils servent à tout, ils expliquent tout.

La Vieille Fille (1836)

Il ne faut pas couvrir deux lèvres à la fois.

Un début dans la vie (1844)

Plus on est debout, plus on rit.

Un début dans la vie (1844)

Les voyages déforment la jeunesse.

Un début dans la vie (1844)

Les bons comtes font les bons tamis.

Un début dans la vie (1844)

La pépie vient en mangeant!

La Rabouilleuse (1842)

Les bons comtes ont les bons habits.

La Rabouilleuse (1842)

Hélas! il faut avoir expérimenté la vie pour savoir que le mariage exclut la passion, que la famille ne saurait avoir les orages de l’amour pour base.

Honorine (1844)

Une jeune fille est comme une fleur qu’on a cueillie; mais la femme coupable est une fleur sur laquelle on a marché.

Honorine (1844)

L’amitié des femmes est de beaucoup supérieure à leur amour.

Honorine (1844)

De toutes les choses qui se communiquent, la réflexion et la gravité sont les plus contagieuses.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Une fête de Paris ressemble toujours un peu à un feu d’artifice: esprit, coquetterie, plaisir, tout y brille el s’y éteint comme des fusées. Le lendemain, chacun a oublié son esprit, ses coquetteries et son plaisir.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Rien dans les langages humains, aucune traduction de la pensée faite à l’aide des couleurs, des marbres, des mots ou des sons, ne saurait rendre le nerf, la vérité, le fini, la soudaineté du sentiment dans l’âme! Oui! qui dit art, dit mensonge.

La Peau de chagrin (1831)

Depuis la mollesse d’une éponge mouillée jusqu’à la dureté d’une pierre ponce, il y a des nuances infinies. Voilà l’homme.

La Peau de chagrin (1831)

Le pouvoir nous laisse tels que nous sommes et ne grandit que les grands.

La Peau de chagrin (1831)

Le journalisme, vois-tu, c’est la religion des sociétés modernes, et il y a progrés.

La Peau de chagrin (1831)

Quand le despotisme est dans les lois, la liberté se trouve dans les moeurs et vice et versa.

La Peau de chagrin (1831)

Nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres.

La Peau de chagrin (1831)

Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.

La Peau de chagrin (1831)

Si le monde tolère un malheur, n’est-ce pas pour le façonner à son usage, en tirer profit, le bâter, lui mettre un mors, une housse, le monter, en faire une joie?

La Peau de chagrin (1831)

Les sceptiques sont les hommes les plus consciencieux.

La Peau de chagrin (1831)

Le monde lui appartenait, il pouvait tout et ne voulait plus rien. Comme un voyageur au milieu du désert, il avait un peu d’eau pour la soif et devait mesurer sa vie au nombre des gorgées. Il voyait ce que chaque désir devait lui coûter de jours.

La Peau de chagrin (1831)

Pour les malades, le monde commence au chevet et finit au pied de leur lit.

La Peau de chagrin (1831)

Les individualités disparaissent chez un peuple nivelé par l’instruction!

La Peau de chagrin (1831)

Il pensa tout à coup que la possession du pouvoir, quelque immense qu’il pût être, ne donnait pas la science de s’en servir.

La Peau de chagrin (1831)

Le premier qui inventa les fossés était sans doute un homme faible, car la société ne profite qu’aux gens chétifs. Placés aux deux extrémités du monde moral, le sauvage et le penseur ont également horreur de la propriété.

La Peau de chagrin (1831)

Quand le despotisme est dans les lois, la liberté se trouve dans les moeurs, et vice versa.

La Peau de chagrin (1831)

Le soir, les maisons de jeu n’ont qu’une poésie vulgaire, mais dont l’effet est assuré comme celui d’un drame sanguinolent.

La Peau de chagrin (1831)

Le monde a dit: «Mais nous sommes blanc et rose, et vous nous avez prêté des tons fort vilains. J’ai le teint uni pour tous les gens qui m’aiment, et vous m’avez mis cette petite verrue dont mon mari seul s’aperçoit.»

Le Père Goriot (1835), Préface

L’écrivain doit être familiarisé avec tous les effets, toutes les natures. Il est obligé d’avoir en lui je ne sais quel miroir concentrique où, suivant sa fantaisie, l’univers vient se réfléchir.

Le Père Goriot (1835), Préface

La gloire est le soleil des morts, de ton vivant, tu seras malheureux comme tout ce qui fut grand, et tu ruineras tes enfants.

La Recherche de l'absolu (1834)

Chaque suicide est un poème sublime de mélancolie.

La Peau de chagrin (1831)

Il faut de l’argent pour être heureux. Sans argent bernique.

Eugénie Grandet (1833)

Mais il faut donc avoir des chevaux fringants, des livrées et de l’or à flots pour obtenir le regard d’une femme de Paris? Le démon du luxe le mordit au coeur, la fièvre du gain le prit, la soif de l’or lui sécha la gorge.

Le Père Goriot (1835)

La société, le monde roulent sur la paternité, tout croule si les enfants n’aiment pas leurs pères.

Le Père Goriot (1835)

Oui la femme est un être faible qui doit en se mariant, faire un entier sacrifice de sa volonté à l’homme, qui lui doit en retour le sacrifice de son égoïsme.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Le mariage ne saurait avoir pour base la passion, ni même l’amour.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Il n’y a pas de douleur que le sommeil sache vaincre.

Le Cousin Pons (1847)

Ne commencez jamais un mariage par un viol.

Physiologie du Mariage (1830)

Un amant apprend à une femme tout ce qu’un mari lui a caché.

Physiologie du Mariage (1830)

La haine est tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance, mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.

La Peau de chagrin (1831)

Au mot «argent» elle eut un regard qui passa comme la lueur du canon dans sa fumée.

La Cousine Bette (1846)

L’ambitieux se rêve au faîte du pouvoir, tout en s’aplatissant dans la boue du servilisme.

La Peau de chagrin (1831)

Tu as mis le doigt sur la plaie de la France, la Fiscalité qui a plus ôté de conquêtes à notre pays que les vexations de la guerre.

La Maison Nucingen (1838)

L’argent des sots est de droit divin le patrimoine des gens d’esprit.

La Maison Nucingen (1838)

La pâture des avares se compose d’argent et de dédain.

Eugénie Grandet (1833)

Où est l’homme sans désir, et quel désir social se résoudra sans argent ?

Eugénie Grandet (1833)

Qui n’a pas pratiqué la rive gauche de la Seine, entre la rue Saint-Jacques et la rue des Saints-Pères, ne connaît rien à la vie humaine !

Le Père Goriot (1835)

Tout pouvoir humain est composé de patience et de temps.

Eugénie Grandet (1833)

Qui pourrait déterminer le point où la volupté devient un mal et celui où le mal est encore la volupté ?

La Peau de chagrin (1831)

Le mot de sagesse ne vient-il pas de savoir ? et qu’est-ce que la folie, sinon l’excès d’un vouloir ou d’un pouvoir ?

La Peau de chagrin (1831)

La pensée est la clef de tous les trésors, elle procure les joies de l’avare sans en donner les soucis.

La Peau de chagrin (1831)

Quel crime ai-je commis avant de naître pour n’avoir inspiré d’amour à personne ? Dès ma naissance étais-je donc un vieux débris destiné à échouer sur une grève aride ? Je retrouve en mon âme les déserts paternels, éclairés par un soleil.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Dans quelle proportion l’amour doit-il mélanger ses larmes et ses plaisirs ?

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié, parce qu’il a été proprement fait.

Le Père Goriot (1835)

La mission de l’art n’est pas de copier la nature mais de l’exprimer.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

La croyance sans bornes est le principal attribut, du grand homme: s’il est trompé, car la force aussi bien que la faiblesse peuvent rendre l’homme également dupe, son mépris lui sert de hache, il tranche tout.

Le Contrat de mariage (1835)

Sachez-le! Le désir, ce torrent de votre volonté, est si puissant chez l’homme, qu’un seul jet émis avec force peut tout faire obtenir…

Séraphîta (1835)

Ah! la gloire, triste denrée. Elle se paye cher et ne se garde pas. Ne serait-elle point l’égoïsme des grands hommes, comme le bonheur est celui des sots?

La Peau de chagrin (1831)

Un homme qui aime bien n’est jamais tout à fait méprisable.

La Femme de trente ans (1834)

L’amour est l’accord du besoin et du sentiment; et le bonheur, en mariage, résulte d’une parfaite entente des âmes entre les époux.

Physiologie du Mariage (1830)

Le mariage est une science.

Physiologie du Mariage (1830)

L’amour est la conscience du plaisir donné et reçu, la certitude de le donner et de le recevoir; l’amour est un désir incessamment mouvant, incessamment satisfait et insatiable.

Le Contrat de mariage (1835)

Un amoureux est discret à peu près comme un coup de canon.

Le Contrat de mariage (1835)

L’amour est un trésor de souvenirs.

Albert Savarus (1842)

L’ordre des plaisirs est du distique au quatrain, du quatrain au sonnet, du sonnet à la ballade, de la ballade à l’ode, de l’ode à la cantate, de la cantate au dithyrambe. Le mari qui commence par le dithyrambe est un sot.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine. Cette maxime est gravée plus profondément au coeur d’une femme qu’à la tête des rois.

La Comédie humaine (1842-1852)

Là où commence le mensonge commence l’infamie.

La Comédie humaine (1842-1852)

Beaucoup d’hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il suffit d’une résistance quelconque pour qu’une femme désire la vaincre.

La Comédie humaine (1842-1852)

Pour le désespoir de l’homme, il ne peut rien faire que d’imparfait, soit en bien, soit en mal. Toutes ses oeuvres intelleetuelles ou physiques sont signées par une marque de destruction.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il y a peu de passions qui ne deviennent improbes à la longue.

La Comédie humaine (1842-1852)

La légèreté de l’esprit et les grâces de la conversation sont un don de la nature ou le fruit d’une éducation commencée au berceau.

La Comédie humaine (1842-1852)

En amour, la première vue est tout bonnement la seconde vue.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’âme a le pouvoir inconnu d’étendre comme de resserrer l’espace.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un mari ne doit jamais se permettre une seule parole hostile contre sa femme en présence d’un tiers.

La Comédie humaine (1842-1852)

Aussitôt qu’un malheur nous arrive, il se rencontre toujours un ami prêt à venir nous le dire, et à nous fouiller le coeur avec un poignard en nous faisant admirer le manche.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand les femmes peuvent apprécier les qualités morales, elles en ont fini avec les dehors, et elles sont vieilles.

La Comédie humaine (1842-1852)

La femme n’est égale à l’homme qu’en faisant de sa vie une continuelle offrande, comme celle de l’homme est une perpétuelle action.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il est des êtres qui ont le privilége d’étre parmi les hommes comme des astres bienfaisants dont la lumière éclaire les esprits, dont les rayons échauffent les coeurs.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour attire l’amour ; c’est l’abyssus abyssum de la Bible.

La Comédie humaine (1842-1852)

Celui qui sent vivement la volupté de la terre n’est-il pas tôt ou tard attiré par le goût des fruits du ciel ?

La Comédie humaine (1842-1852)

Entre deux êtres susceptibles d’amour, la durée de la passion est en raison de la résistance primitive de la femme ou des obstacles que les hasards sociaux mettent à votre bonheur.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les souffrances morales ne sont pas absolues, elles sont en raison de la délicatesse des âmes.

La Comédie humaine (1842-1852)

La mélancolie se compose d’une suite de semblables oscillations morales dont la première touche au désespoir et la dernière au plaisir ; dans la jeunesse, elle est le crépuscule du matin ; dans la vieillesse, celui du soir.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il vient à la surface des coeurs les plus nobles et les plus purs des boues soulevées par les ouragans.

La Comédie humaine (1842-1852)

La curiosité plaide toujours la cause des amants.

La Comédie humaine (1842-1852)

Dès qu’il s’agit de mariage, tous les hommes se déguisent, et les femmes leur en donnent l’exemple. J’entends dire depuis que je suis au monde : «Monsieur ou mademoiselle une telle a fait un bon mariage.» Il faut donc que l’autre l’ait fait mauvais ?

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour a son blason.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’ivresse vous plonge en des réves dont les fantasmagories sont aussi curieuses que peuvent l’être celles de l’extase.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un bonheur étendu, complet, ne nous fait pleurer que parce qu’il est une image du ciel, duquel nous avons tous de confuses perceptions.

La Comédie humaine (1842-1852)

Si le triomphe de la vanité est un des enivrants plaisirs de la vie des grands hommes, il est toute la vie des étres bornés.

La Comédie humaine (1842-1852)

Tout grand sentiment est chez l’homme un poème tellement individuel , que son meilleur ami lui-méme ne s’y intéresse pas.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour est le plus joli larcin que la société ait su faire à la nature ; mais la maternité, n’est-ce pas la nature dans sa joie ?

La Comédie humaine (1842-1852)

Un mari ne risque jamais rien de faire croire à la fidélité de sa femme et de garder un air patient ou le silence. Le silence surtout inquiète prodigieusement les femmes.

La Comédie humaine (1842-1852)

La morale a ses ruisseaux d’où les gens déshonorés essayent de faire jaillir sur les nobles personnes la boue dans laquelle ils se noient.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il est dans le caractère français de s’enthousiasmer, de se colérer, de se passionner pour le météore du moment, pour les bâtons flottants de l’actualité. Les êtres collectifs, les peuples seraient-ils donc sans mémoire ?

La Comédie humaine (1842-1852)

Les baisers d’une femme sincère ont un miel divin qui semble mettre dans cette caresse une âme, un feu subtil par lequel le coeur est pénétré. Les baisers dénués de cette onction savoureuse sont âpres et secs.

La Comédie humaine (1842-1852)

Tout est piége et douleur à Paris pour les âmes qui veulent y chercher des sentiments vrais.

La Comédie humaine (1842-1852)

Saisir habilement les nuances du plaisir, les développer, leur donner un style nouveau, une expression originale, constitue le génie d’un mari.

La Comédie humaine (1842-1852)

La haine, comme l’amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va. De méme que la personne aimée ne fait rien de mal, de méme la personne haie ne fait rien de bien.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le respect est une barrière qui protége également le grand et le petit ; chacun de son côté peut se regarder en face.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les honnêtes gens manquent de tact ; ils n’ont aucune mesure dans le bien, parce que pour eux tout est sans détour ni arrière-pensée.

La Comédie humaine (1842-1852)

La jeunesse est plus gourmande que friande.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il existe des pensées auxquelles nous obéissons sans les connaître ; elles sont en nous à notre insu. Quoique cette réflexion puisse paraître plus paradoxale que vraie, chaque personne de bonne foi en trouvera mille preuves dans sa vie.

La Comédie humaine (1842-1852)

Ce qu’il y a de plus beau dans la vie, ce sont les illusions de la vie. Ce qu’il y a de plus respectable, ce sont nos croyances les plus futiles.

La Comédie humaine (1842-1852)

La flatterie n’émane jamais des grandes âmes ; elle est l’apanage des petits esprits, qui réussissent à se rapetisser encore pour mieux entrer dans la sphère vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent. La flatterie sous-entend un intérêt.

La Comédie humaine (1842-1852)

Heureux ou misérable, l’homme prête une physionomie aux moindres objets avec lesquels il vit; il les écoute et les consulte, tant il est naturellement superstitieux.

L'Enfant maudit (1831)

L’oppresseur étend ses mesures aussi loin que va la crainte de l’opprimé.

L'Enfant maudit (1831)

Toutes les femmes sont belles quand elles suspendent leurs enfants à leur sein en veillant à ce qu’ils y apaisent leurs cris et leurs commencements de douleur.

L'Enfant maudit (1831)

Il est enfin très naturel à la jeunesse de se jeter sur les fruits, et l’automne de la femme en offre d’admirables et de très savoureux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il est si difficile de passer du plaisir au travail, que le bonheur a dévoré plus de poésies que le malheur n’en a fait jaillir en jets lumineux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes aiment à faire des prodiges, à briser les rochers, à fondre les caractères qui paraissent être de bronze.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les drames de la vie ne sont pas dans les circonstances, ils sont dans les sentiments, ils sont dans le coeur,ou,si vous voulez, dans ce monde immense que nous devons nommer le monde spirituel.

La Comédie humaine (1842-1852)

Rien ne peut se faire simplement chez les gens qui montent d’un étage social à l’autre.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les sentiments vrais ont leur magnétisme.

La Comédie humaine (1842-1852)

Sachez-le bien : de toutes les blessures, celles que font la langue et l’oeil, la moquerie et le dédain, sont incurables.

La Comédie humaine (1842-1852)

On peut être un grand homme et un méchant, comme on peut être un sot et un amant sublime.

La Comédie humaine (1842-1852)

Aux légers plaisirs, les légères souffrances ; aux immenses bonheurs, des maux inouis.

La Comédie humaine (1842-1852)

La jeunesse n’ose pas se regarder au miroir de la conscience quand elle verse du côté de l’injustice, tandis que l’âge mûr s’y est vu : là gît toute la différence entre ces deux phases de la vie.

La Comédie humaine (1842-1852)

Je mérite tous les noms que tu voudras me donner: je suis absurde, infâme, sans esprit. Hélas! on est tout cela quand on est jalouse.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Or, dans la solitude où nous vivons, si une femme ne commande pas, le mariage devient insupportable en peu de temps.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Les roses du plaisir ont couronné notre amour, elles fleurissent notre vie à deux.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Etre le principe constant du bonheur d’un homme quand cet homme le sait et mêle de la reconnaissance à l’amour, ah! chère, cette certitude développe dans l’âme une force qui dépasse celle de l’amour le plus entier.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Il est plus d’une larme que j’ai dévorée au loin, seule, et que j’aurais voulu donner en échange d’un sourire consolateur.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Nous sommes habitués à juger les autres d’après nous, et si nous les absolvons complaisamment de nos défauts, nous les condamnons sévèrement de ne pas avoir nos qualités.

Le Médecin de campagne (1833)

La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L’infini n’est-il pas le secret des grandes mélancolies?

Le Médecin de campagne (1833)

Les nations, de même que les individus, ne doivent leur énergie qu’à de grands sentiments. Les sentiments d’un peuple sont ses croyances.

Le Médecin de campagne (1833)

Entre faire le mal ou faire le bien, il n’existe d’autre différence que la paix de la conscience ou son trouble: la peine est la même. Si les coquins voulaient se bien conduire, ils seraient millionnaires au lieu d’être pendus: voilà tout.

Le Médecin de campagne (1833)

La base des sociétés humaines sera toujours la famille. Là commence l’action du pouvoir et de la loi, là du moins doit s’apprendre l’obéissance.

Le Médecin de campagne (1833)

La mère est un être double dont les sensations embrassent toujours deux existences.

L'Enfant maudit (1831)

Tout amour durable commence par de rêveuses méditations.

L'Enfant maudit (1831)

Les fleurs et la musique devinrent le langage de leur amour.

L'Enfant maudit (1831)

La musique, le plus sensuel des arts pour les âmes amoureuses, fut le truchement de leurs idées, et ils prenaient plaisir à répéter une même phrase en épanchant la passion dans ces belles nappes de sons où leurs âmes vibraient sans obstacle.

L'Enfant maudit (1831)

Il est dans l’amour un moment où il se suffit à lui-même, où il est heureux d’être. Pendant ce printemps où tout est en bourgeon, l’amant se cache parfois de la femme aimée pour en mieux jouir, pour la mieux voir.

L'Enfant maudit (1831)

La pensée est la clé de tous les trésors.

La Peau de chagrin (1831)

L’amour est profondément égoïste, tandis que la maternité tend à multiplier nos sentiments.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Il n’y a plus de famille aujourd’hui, il n’y a plus que des individus.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

La beauté d’une femme endolorie n’est-elle pas la plus attachante de toutes pour les hommes qui se sentent au coeur un trésor inépuisable de consolations et de tendresses à répandre sur une créature gracieuse de faiblesse et forte par le sentiment.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

Le mariage se propose la vie, tandis que l’amour ne se propose que le plaisir; mais aussi le mariage subsiste quand les plaisirs ont disparu, et donne naissance à des intérêts bien plus chers que ceux de l’homme et de la femme qui s’unissent.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Les femmes peuvent mesurer l’étendue de leur pouvoir dans la petitesse à laquelle arrive un immense amour qui se replie sur lui-même, se cache dans un regard altéré, dans une contraction nerveuse, derrière une banale formule de politesse.

Une fille d'Eve (1834)

Le premier amour d’une femme est un fruit délicieux.

Une fille d'Eve (1834)

Vous connaissez le proverbe? Il n’y a pas de bonne fête sans lendemain.

Une fille d'Eve (1834)

Les sentiments purs se compromettent avec un superbe dédain qui ressemble à l’impudeur des courtisanes.

Une fille d'Eve (1834)

La morale de ceci est qu’une jolie femme ne voudra jamais reconnaître son mari, ni même son amant dans un homme en vieux carrick, en perruque de chiendent et en bottes percées.

Le Colonel Chabert (1835)

Les femmes croient les gens quand ils farcissent leurs phrases du mot amour. Alors elles trottent, elles vont, elles se mettent en quatre, elles intriguent, elles affirment les faits, elles font le diable pour celui qui leur plaît.

Le Colonel Chabert (1835)

La beauté est une chose sévère et difficile qui ne se laisse point atteindre ainsi, il faut attendre ses heures, l’épier, la presser et l’enlacer étroitement pour la forcer à se rendre.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

Une femme qui vient le dimanche aux Tuileries n’a pas de valeur, aristocratiquement parlant.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Le journaliste est une pensée en marche comme le soldat en guerre.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

A Paris, la vanité résume toutes les passions.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Le génie reste pauvre en éclairant le monde, la vertu garde le silence en se sacrifiant pour le bien général.

Le Médecin de campagne (1833)

La vertu, le génie, me semblent les deux plus belles formes de ce complet et constant dévouement que Jésus-Christ est venu apprendre aux hommes.

Le Médecin de campagne (1833)

Mon enfant, pour être quelque chose de grand il faut savoir commencer par n’être rien.

César Birotteau (1838)

On vivote avec son mari, ma chère, on ne vit qu’avec son amant, lui disait ma belle-soeur.

Une fille d'Eve (1834)

Avec un mari, petite niaise, nous vivons pour ainsi dire de notre vie; mais aimer, c’est vivre de la vie d’un autre.

Une fille d'Eve (1834)

La pensée d’une femme est douce d’une incroyable élasticité: quand elle reçoit un coup d’assommoir, elle plie, paraît écrasée, et reprend sa forme dans un temps donné.

Une fille d'Eve (1834)

Le bonheur dépend de la douceur, de la complaisance et de l’amour d’une femme.

Une double famille (1830)

L’amour et le travail ont la vertu de rendre un homme assez indifférent aux choses extérieures.

Une double famille (1830)

Prodigues de tout ce qui s’obtient à crédit, ils sont avares de tout ce qui se paye à l’instant même, et semblent se venger de ce qu’ils n’ont pas, en dissipant tout ce qu’ils peuvent avoir.

Le Père Goriot (1835)

Les femmes ne permettent pas à leur amant de descendre de son piédestal. On ne pardonne pas à un dieu la moindre petitesse.

Une fille d'Eve (1834)

L’habitude du triomphe amoindrit le doute, et la pudeur est un doute peut-être.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

L’homme qui ne s’appartient pas est précisément l’homme dont les femmes sont friandes. L’amour est essentiellement voleur.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Un homme aimé par plusieurs femmes passe pour avoir des qualités supérieures; et alors c’est à qui l’aura, le malheureux!

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Un fat qui s’occupe de sa personne s’occupe d’une niaiserie, de petites choses.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Et qu’est-ce que la femme? Une petite chose, un ensemble de niaiseries. Avec deux mots dits en l’air, ne la fait-on pas travailler pendant quatre heures? Elle est sûre que le fat s’occupera d’elle, puisqu’il ne pense pas à de grandes choses.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

La femme est pour son mari ce que son mari l’a faite.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand l’avarice se propose un but, elle cesse d’être un vice, elle est le moyen d’une vertu, ses privations excessives deviennent de continuelles offrandes, elle a enfin la grandeur de l’intention cachée sous ses petitesses.

La Comédie humaine (1842-1852)

Certains bavards, et ceux-là sont des bavards de génie, ramassent les interpellations, les objections et les observations en manière de provision, pour alimenter leurs discours, comme si la source en pouvait jamais tarir.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes ont des pressentiments dont la justesse tient du prodige.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les spéculations les plus sûres sont celles qui reposent sur la vanité, sur l’amour-propre, l’envie de paraitre. Ces sentiments-là ne meurent jamais.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il est une charmante coquetterie permise, celle de l’âme, et qui peut s’appeler la politesse de l’amour.

La Comédie humaine (1842-1852)

La seule épigramme permise à la misère est d’obliger la justice et la bienfaisance à des dénis injustes. Quand les malheureux ont convaincu la société de mensonge, ils se rejettent plus vivement dans le sein de Dieu.

La Comédie humaine (1842-1852)

La vertu n’est peut-étre que la politesse de l’âme. Souvent l’orgueil s’élève jusqu’à la vertu.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour s’effraye ou s’égaye de tout; pour lui tout a un sens; tout lui est présage heureux ou funeste.

La Comédie humaine (1842-1852)

Aller au-devant de son aimé est une faute que peu d’hommes savent pardonner. La plupart d’entre eux voient une dégradation dans cette céleste flatterie.

La Comédie humaine (1842-1852)

Nos ridicules sont en grande partie causés par un beau sentiment, par des vertus ou par des facultés portées à l’extréme.

La Comédie humaine (1842-1852)

La femme mariée est une esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône.

La Comédie humaine (1842-1852)

Après le plaisir d’admirer soi-méme une femme aimée, vient celui de la voir admirée par tous.

La Comédie humaine (1842-1852)

Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l’amour vont toujours croissant : on trouve à tout moment des raisons pour s’aimer ou se haïr mieux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Personne à Paris ne se figure que rien est rien.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes seules savent combien le respect que leur porte un maître engendre de séductions.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il suffit à l’amour d’un mot, d’un regard, d’une inflexion de voix, d’une attention légère en apparence ; son plus beau privilège est de se prouver par lui-même.

La Comédie humaine (1842-1852)

Ceux qui ont sondé le plus avant les vices et les vertus de la nature humaine sont des gens qui l’ont étudiée en eux-mêmes avec bonne foi. Notre conscience est le point de départ. Nous allons de nous aux hommes, jamais des hommes à nous.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les âmes délicates, dont la force s’exerce dans une sphère élevée, manquent de cet esprit d’intrigues, fertile en ressources, en combinaisons ; leur génie, à elles, c’est le hasard ; elles ne cherchent pas, elles rencontrent.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les hommes ont entre eux une fatuité qui leur est d’ailleurs commune avec les femmes, celle d’être aimés absolument.

La Comédie humaine (1842-1852)

Si pour beaucoup d’hommes la misère est un tonique , il en est d’autres pour qui elle est un dissolvant.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les parvenus sont comme les singes, desquels ils ont l’adresse ; on les voit en hauteur, on admire leur agilité pendant l’escalade ; mais, arrivés à la cime, on n’aperçoit plus que leurs côtés honteux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les jeunes gens sont tous disposés à se fier aux promesses d’un joli visage, à conclure de la beauté de l’âme par celle des traits. Un sentiment indéfinissable les porte à croire que la perfection morale concorde toujours à la perfection physique.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le deuil est dans le coeur et non dans les habits.

Eugénie Grandet (1833)

L’amour est un faux-monnayeur qui change continuellement les gros sous en louis d’or, et qui souvent aussi fait de ses louis des gros sous.

La Comédie humaine (1842-1852)

La crainte inspirée par l’amour est un instrument infaillible pour manier l’esprit d’une femme. Qui aime craint, et qui craint est plus près de l’affection que de la haine.

La Comédie humaine (1842-1852)

Personne ne superpose à son coeur – ni à son épiderme la douleur d’autrui. La mesure des douleurs est en nous.

La Comédie humaine (1842-1852)

La parole la plus douce à prononcer, le sentiment le plus doux à exprimer, expirent quand nous les croyons commandés.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’instinct, chez les femmes, équivaut à la perspicacité des grands hommes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Plus un bénéfice est illégal, plus l’homme y tient. Le coeur humain est ainsi fait.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le monde est plein de respect pour l’habileté, sous quelque forme qu’elle se montre. Pour lui le résultat fait en tout la loi.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le doute a deux côtés : le côté de la lumière et le côté des ténèbres.

La Comédie humaine (1842-1852)

Toutes les infortunes sont soeurs, elles ont le méme langage, la même générosité , la générosité de ceux qui, ne possédant rien, sont prodigues de sentiments, payent de leur temps et de leur personne.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les révolutions les plus rapides ne troublent que les intéréts de l’homme, tandis qu’une passion en renverse les sentiments. Or, pour ceux qui ont plus d’âme et de sang que d’esprit et de lymphe, un amour réel produit un changement complet d’existence.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les natures vierges ont plus que toutes les autres un inexplicable don de seconde vue dont la cause gît peut-étre dans la pureté de leur appareil nerveux, en quelque sorte neuf.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les fous tranquilles sont les seuls hommes de qui les femmes ne conçoivent aucune méfiance en fait de sentiment.

La Comédie humaine (1842-1852)

La bienfaisance a son entraînement comme les vices ont le leur. La charité dévore la bourse d’un saint comme la roulette mange les biens d’un joueur, graduellement.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quoique le malheur passe pour développer les vertus, il ne les développe que chez les gens vertueux ; car ces sortes de nettoyages de conscience n’ont lieu que chez les gens naturellement propres.

La Comédie humaine (1842-1852)

Rien n’attriste plus une femme que le froissement de ses vanités : je n’ai vu nulle part une femme mal mise étre aimable et de bonne humeur.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour pour certaines âmes ne s’essaye pas ; ou il est, ou il n’est pas. Quand il se montre, quand il se lève, il est tout entier.

La Comédie humaine (1842-1852)

Nous accusons trop facilement la misère. Soyons indulgents pour les effets du plus actif de tous les dissolvants sociaux. Là où règne la misère, il n’existe plus ni pudeur, ni crimes, ni vertus, ni esprit.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il est des femmes qui préfèrent l’éclat d’une faute à la tranquillité du bonheur ; elles insultent la société pour en obtenir la fatale aumône d’une médisance ; elles veulent faire parler d’elles à tout prix.

La Comédie humaine (1842-1852)

Une femme vertueuse a dans le coeur une fibre de plus ou de moins que les autres femmes : elle est stupide ou sublime.

La Comédie humaine (1842-1852)

La dévotion cause une ophthalmie morale. Par une grâce providentielle, elle ôte aux âmes en route pour l’éternité la vue de beaucoup de petites choses terrestres. En un mot, les dévotes sont stupides sur beaucoup de points.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les gens timides sont ombrageux, les propositions brusques les effrayent. Ils se sauvent devant le bonheur s’il arrive à grand bruit, et se donnent au malheur s’il se présente avec modestie, accompagné d’ombres douces.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les catastrophes poussent tous les hommes forts et intelligents à la philosophie.

La Comédie humaine (1842-1852)

Une des plus fortes armes de l’homme est ce pouvoir terrible d’occuper de lui-méme une femme dont l’imagination, naturellement mobile, s’effraye ou s’offense d’une poursuite.

La Comédie humaine (1842-1852)

Dans la vie de toutes les femmes, il est un jour où elles ont brillé de tout leur éclat, et qui leur donne un éternel souvenir auquel elles reviennent complaisamment.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le premier mouvement est la voix de la nature, et le second est celle de la société.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’on reproche sévèrement à la vertu ses défauts, tandis qu’on est plein d’indulgence pour les qualités du vice.

La Comédie humaine (1842-1852)

La mélodie est à la musique ce que l’image et le sentiment sont à la poésie, une fleur qui peut s’épanouir spontanément. Aussi les peuples ont-ils eu des mélodies nationales avant l’invention de l’harmonie. La botanique est venue après les fleurs.

La Comédie humaine (1842-1852)

Se promener avec la femme qu’on aime, lui donner le bras, lui choisir son chemin ! Ces joies illimitées suffisent à une vie. Le discours est alors si confiant !

La Comédie humaine (1842-1852)

Tous les sentiments doux reposent sur l’égalité des âmes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Géner une femme, la vouloir contraindre, n’est-ce pas lui donner le droit et le courage de franchir en un moment des barrières qu’elle mettrait des années à sauter ?

La Comédie humaine (1842-1852)

Aucune femme n’est quittée sans raison. Cet axiome est écrit au fond du coeur de toutes les femmes, et de là vient la fureur de la femme abandonnée.

La Comédie humaine (1842-1852)

La vertu des femmes est peut-étre une question de tempérament.

La Comédie humaine (1842-1852)

La discussion amoindrit tout.

La Comédie humaine (1842-1852)

Aimer sans espoir est encore un bonheur.

La Comédie humaine (1842-1852)

Deux sentiments purs qui se confondent ne sont-ils pas comme deux belles voix qui chantent ?

La Comédie humaine (1842-1852)

Une grande espérance prouve un grand amour.

La Comédie humaine (1842-1852)

La femme la plus vertueuse peut étre indécente à son insu.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le remords est une impuissance, il recommencera sa faute. Le repentir seul est une force : il termine tout.

La Comédie humaine (1842-1852)

Combien de contes des Mille et une Nuits tient-il dans une adolescence ?

La Comédie humaine (1842-1852)

Tant que l’amour recule devant un crime, il nous semble avoir des bornes, et l’amour doit étre infini.

La Comédie humaine (1842-1852)

Peut-être ne haïssons-nous pas la sévérité quand elle est justifiée par un grand caractère, par des moeurs pures, et qu’elle est adroitement entremélée de bonté.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les événements ne sont jamais absolus, leurs résultats dépendent entièrement des individus : le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour ne subsiste qu’en se croyant éternel, et vous aperceviez à quelques pas dans votre vie une séparation horrible : le dégoût et la vieillesse terminant bientôt un poème sublime.

Béatrix (1839)

Tout ce qui tourne en malheur pour une femme abandonnée se change en bonheur chez un homme abandonné.

La Comédie humaine (1842-1852)

La puissance du faible qui peut se glisser partout est plus grande que celle du fort qui se repose sur ses canons.

La Comédie humaine (1842-1852)

Chez un amant, le désir le plus vulgaire se produit toujours comme l’élan d’une admiration consciencieuse.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand les gens d’esprit en arrivent à vouloir s’expliquer eux-mémess à donner la clef de leurs coeurs, il est sûr que l’ivresse les a pris en croupe.

La Comédie humaine (1842-1852)

La douleur, de même que le plaisir, a son initiation.

La Comédie humaine (1842-1852)

Une jeune fille séduite est comme une fleur qu’on a cueillie ; mais la femme coupable est une fleur sur laquelle on a marché.

La Comédie humaine (1842-1852)

S’il y a du plaisir à se rappeler les dangers passés, n’y a-t-il pas aussi bien des délices à se souvenir des plaisirs évanouis ? N’est-ce pas en jouir deux fois ?

La Comédie humaine (1842-1852)

La conviction est la volonté humaine arrivée à sa plus grande puissance. Tout à la fois effet et cause, elle impressionne les âmes les plus froides, elle est une sorte d’éloquence muette qui saisit les masses.

La Comédie humaine (1842-1852)

Avoir une prétention et la justifier est l’impertinence de la force ; mais être au-dessous de ses prétentions avouées constitue un ridicule constant dont se repaissent les petits esprits.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour que les femmes inspirent à un homme comporte des éloges sans hypocrisie, et qu’il est difficile de ne pas savourer ; mais quand cet homme appartient à une amie, ses hommages causent plus que de la joie, c’est de célestes délices.

La Comédie humaine (1842-1852)

Une âme divine s’exhale par tous les mouvements. L’innocence a toujours un beau sommeil.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les maladies morales ont sur les maladies physiques un avantage immense, elles guérissent instantanément par l’accomplissement du désir qui les cause , comme elles naissent par la privation.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les jeunes gens amoureux sont comme les affamés ; les préparatifs du cuisinier ne les rassasient pas : ils pensent trop au dénoûment pour comprendre les moyens.

La Comédie humaine (1842-1852)

Peu de femmes connaissent la volupté des douleurs entretenues par le désir ; c’est une des magnifiques passions réservées à l’homme.

La Comédie humaine (1842-1852)

Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices, oublier à la manière de la nature, qui ne connaît point de passé, qui recommence à toute heure les mystères de ses infatigables enfantements.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour préfère ordinairement les contrastes aux similitudes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un homme ne peut se flatter de connaître sa femme et de la rendre heureuse que quand il la voit souvent à ses genoux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Toutes les singeries de sensibilité qu’une femme fait abusent toujours un amant ; et là où un mari hausse nécessairement les épaules, un amant est en extase.

La Comédie humaine (1842-1852)

Pour quiconque observe le monde social, ce sera toujours un objet d’admiration que la plénitude, la perfection et la rapidité des conceptions chez les natures vierges.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un mari de talent ne suppose jamais ouvertement que sa femme a un amant.

La Comédie humaine (1842-1852)

J’accorde aux faits constants, quotidiens, secrets ou patents, aux actes de la vie individuelle. à leurs causes et à leurs principes, autant d’importance que jusqu’alors les historiens en ont attaché aux événements de la vie publique des nations.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les amoureux, ainsi que les martyrs, se sentent frères de supplices ! Rien au monde ne se comprend mieux que deux douleurs semblables.

La Comédie humaine (1842-1852)

Toutes les figures militaires se ressemblent.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes tiennent autant aux amants qu’on leur dispute que les hommes tiennent aux femmes qui sont désirées par plusieurs fats.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’extase religieuse est la folie de la pensée dégagée de ses liens corporels ; tandis que, dans l’extase amoureuse, se confondent, s’unissent et s’embrassent les forces de nos deux natures.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour comporte un choix fait à tout moment, confirmé de jour en jour. Le lendemain approuve la veille et grossit le trésor de nos plaisirs.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand l’amour est pur, un soupçon le flétrit.

La Comédie humaine (1842-1852)

En France, l’amour-propre mène à la passion.

La Comédie humaine (1842-1852)

Nous ne nous attachons d’une manière durable aux choses que d’après les soins, les travaux ou les désirs qu’elles nous ont coûtés.

La Comédie humaine (1842-1852)

La finesse qui réussit toujours est peut-être la plus grande de toutes les forces.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes ont corrompu plus de femmes que les hommes n’en ont aimé.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur, comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s’épouvante de rien. Aussi, quand un sentiment est vrai, sa destinée n’est-elle pas douteuse.

La Comédie humaine (1842-1852)

La littérature roule sur sept situations ; la musique exprime tout avec sept notes ; la peinture n’a que sept couleurs. Comme ces trois arts, l’amour se constitue peut-étre de sept principes ; nous en abandonnons la recherche au siècle suivant.

La Comédie humaine (1842-1852)

La beauté sans expression est peut-être une imposture.

La Comédie humaine (1842-1852)

A Paris, quelle que soit la fortune d’un homme, il rencontre toujours une fortune supérieure de laquelle il fait son point de mire et qu’il veut surpasser.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le malheur est une espèce de talisman dont la vertu consiste à corroborer notre constitution primitive: il augmente la défiance et la méchanceté chez certains hommes, comme il accroît la bonté de ceux qui ont un coeur excellent.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il ne suffit pas d’étre honnéte homme, il faut le paraître. La société ne vit pas seulement par des idées morales; pour subsister, elle a besoin d’actions en harmonie avec ses idées.

La Comédie humaine (1842-1852)

Combien de lampes merveilleuses faut-il avoir maniées avant de reconnaître que la vraie lampe merveilleuse est ou le hasard, ou le travail, ou le génie?

La Comédie humaine (1842-1852)

Le langage, dans la magnificence de ses phases, n’a rien d’aussi varié, d’aussi éloquent, que la correspondance des regards et l’harmonie des sourires.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le pauvre ne doit se coucher que pour mourir.

La Comédie humaine (1842-1852)

La nature morale n’a-t-elle pas, comme la nature physique, ses gouffres ou ses abîmes, où les caractères forts aiment à se plonger en risquant leur vie, comme un joueur aime à jouer sa fortune?

La Comédie humaine (1842-1852)

Le génie en toute chose est une intuition. Au-dessous de ce phénomène, le reste des oeuvres remarquables se doit au talent. En ceci consiste la différence qui sépare les gens du premier des gens du second ordre.

La Comédie humaine (1842-1852)

La plupart des hommes, comme des animaux, s’effrayent et se rassurent avec des riens.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’abdication d’une mère est un acte épouvantable ou sublime.

La Comédie humaine (1842-1852)

Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, l’irriter, le satisfaire, c’est un poème tout entier.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il suffit à un jeune homme de rencontrer une femme qui ne l’aime pas, ou une femme qui l’aime trop, pour que toute sa vie soit dérangée. Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les riches veulent ne s’étonner de rien; ils doivent reconnaître au premier aspect d’une belle oeuvre le défaut qui les dispensera de l’admiration, sentiment vulgaire.

La Comédie humaine (1842-1852)

La stupidité de l’homme d’argent, quoique devenue quasi proverbiale, n’est cependant que relative. ll en est des facultés de notre esprit comme des aptitudes de notre corps.

La Comédie humaine (1842-1852)

La conscience est chez l’homme le truchement de Dieu.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le premier amour n’est-il pas une seconde enfance jetée à travers nos jours de peine et de labeur?

La Comédie humaine (1842-1852)

Dans le brûlant désert de ses désirs infinis et sans objet, la jeunesse envoie toutes ses forces sur la première femme qui s’y présente.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le malheur et la mélancolie sont les interprètes les plus éloquents de l’amour.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les plus beaux portraits de Titien, de Raphaël et de Léonard de Vinci sont dus à des sentiments exaltés, qui, sous diverses conditions, engendrent d’ailleurs tous les chefs d’oeuvre.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quitter une femme aimée est une situation horrible ou simple, selon les natures.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes sans âme n’ont rien de moelleux dans leurs gestes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les historiens sont des menteurs privilégiés qui prétent leur plume aux croyances populaires, absolument comme la plupart des journaux d’aujourd’hui n’expriment que les opinions de leurs lecteurs.

La Comédie humaine (1842-1852)

Ne faut-il pas avoir tout senti pour tout entendre? Et sentir vivement, n’est-ce pas souffrir? Aussi les poésies ne s’enfantent-elles qu’après de pénibles voyages entrepris dans les vastes régions de la pensée et de la société.

Illusions perdues (1837-1843)

Le dépit d’une femme souhaitée a de bien puissants attraits; sa soumission comme sa colère est si impérieuse, elle attaque tant de fibres dans le coeur de l’homme, elle le pénètre et le subjuge.

La Comédie humaine (1842-1852)

Si un homme ne sait pas distinguer la différence des plaisirs de deux nuits consécutives, il s’est marié trop tôt.

La Comédie humaine (1842-1852)

Ce qu’il y a de plus étranger en France, pour les Français, c’est la France.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un dévouement absolu, la foi sans bornes, un amour insensé, toutes ces richesses d’un coeur aimant et vrai ne sont rien; elles servent à aimer et ne font pas qu’on soit aimé.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le mal possède une voix éclatante qui réveille les âmes vulgaires et les remplit d’admiration, tandis que le bien est muet.

Le Médecin de campagne (1833)

L’homme qui détruit et l’homme qui construit sont deux phénomènes de volonté: l’un prépare, l’autre achève son oeuvre; le premier apparaît comme le génie du mal, et le second semble être le génie du bien; à l’un la gloire, à l’autre l’oubli.

Le Médecin de campagne (1833)

L’amour est immense, mais il n’est pas infini; tandis que la science a des profondeurs sans limites.

La Comédie humaine (1842-1852)

En toute chose l’on ne reçoit qu’en raison de ce que l’on donne.

La Comédie humaine (1842-1852)

La femme est une sainte et belle créature, mais presque toujours incomprise, et presque toujours mal jugée parce qu’elle est incomprise.

La Comédie humaine (1842-1852)

Toute obligation, même la plus douce, pèse au jeune âge: il faut avoir expérimenté la vie pour reconnaître la nécessité d’un joug et celle du travail.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le malheur aussi bien que le bonheur vrai nous mène à la rêverie.

La Comédie humaine (1842-1852)

Entre hommes, la prétention des plus chastes bourgeois est de paraître égrillards.

La Comédie humaine (1842-1852)

Telle femme incapable de se rappeler les événements les plus graves se souviendra toute sa vie des choses qui importent à ses sentiments.

La Comédie humaine (1842-1852)

Une fête de Paris ressemble toujours un peu à un feu d’artifice; esprit, coquetterie, plaisir, tout y brille et s’y éteint comme des fusées. Le lendemain chacun a oublié son esprit, ses coquetteries et son plaisir.

La Comédie humaine (1842-1852)

Toute limite imposée n’inspire-t-elle pas le désir d’aller au delà? Les souffrances les plus vives ne viennent-elles pas du libre arbitre contrarié?

La Comédie humaine (1842-1852)

La coquetterie tue la gourmandise.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le plaisir étant causé par l’alliance des sensations et d’un sentiment, on peut hardiment prétendre que les plaisirs sont des espèces d’idées matérielles.

La Comédie humaine (1842-1852)

On ne devrait marier que des jeunes gens innocents et des jeunes filles pures. Mais c’est une décevante utopie, il vaut mieux avoir sa rivale dans le passé que dans l’avenir.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les moeurs sont l’hypocrisie des nations; l’hypocrisie est plus ou moins perfectionnée.

La Comédie humaine (1842-1852)

C’est du choc des caractères, et non de la lutte des idées, que naissent les antipathies.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le sort d’un mariage dépend de la première nuit.

La Comédie humaine (1842-1852)

Lorsque l’âme et le corps ont été brisés dans une longue et douloureuse lutte, l’heure où les forces sont dépassées est suivie ou de la mort, ou d’un anéantissement pareil à la mort, mais où les natures capables de résister prennent alors des forces.

La Comédie humaine (1842-1852)

On se sent aimer. Le sentiment s’empreint en toutes choses et traverse les espaces.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le doute philosophique de Descartes est une politesse par laquelle il faut toujours honorer la vertu.

La Comédie humaine (1842-1852)

N’est-ce pas une immense conquête pour un homme que d’occuper une femme? Chez elle , il doit nécessairement se faire un progrès dans un sens ou dans l’autre.

La Comédie humaine (1842-1852)

Juger son père est un parricide moral.

La Comédie humaine (1842-1852)

En amour, il n’y a rien de plus persuasif qu’une courageuse bêtise.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand deux amies peuvent se tuer réciproquement et se voient un poignard empoisonné dans la main, elles offrent le spectacle touchant d’une harmonie qui ne se trouble qu’au moment où l’une d’elles a, par mégarde, lâché son arme.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les peines vraies sont en apparence tranquilles dans le lit profond qu’elles se sont fait, où elles semblent dormir, mais où elles continuent à corroder l’âme, comme cet épouvantable acide qui perce le cristal.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour procède par les élans de l’espérance, et plus ils sont insensés, plus il y ajoute foi.

La Comédie humaine (1842-1852)

Faire le bien est une passion aussi supérieure à l’amour que l’humanité est supérieure à la créature.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand une femme ou une jeune fille est prise en flagrant délit, elle conçoit une haine profonde contre le témoin, l’auteur ou l’objet de sa faute.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes ont un inimitable talent pour exprimer leurs sentiments sans employer de trop vives paroles; leur éloquence est surtout dans l’accent, dans le geste, l’attitude et les regards.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le coeur d’une femme de vingt-cinq ans n’est pas plus celui de la jeune fille de dix-huit que celui de la femme de quarante n’est celui de la femme de trente ans. Chaque âge crée une nouvelle femme.

La Comédie humaine (1842-1852)

La femme a cela de commun avec l’ange, que les êtres souffrants lui appartiennent.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes les plus vertueuses ont en elles quelque chose qui n’est jamais chaste.

La Comédie humaine (1842-1852)

La plus juste comparaison qu’on puisse faire de l’amour, c’est celle de la fièvre; nous n’avons non plus de pouvoir sur l’une que sur l’autre, soit pour sa violence ou par sa durée.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les existences faibles vivent dans les douleurs, au lieu de les changer en apophthegmes d’expérience; elles s’en saturent, et s’usent en rétrogradant chaque jour dans les malheurs consommés.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les amants ignorent la pudeur.

La Comédie humaine (1842-1852)

On peut tout attendre et tout supposer d’une femme amoureuse.

La Comédie humaine (1842-1852)

Assassins de salons ou de grande route, nous aimons que nos victimes se défendent: le combat semble alors justifier la mort.

La Comédie humaine (1842-1852)

Flâner est une science: c’est la gastronomie de l’oeil.

La Comédie humaine (1842-1852)

Dans le grand monde, un attachement constaté gâte plus la réputation d’une femme que dix aventures secrètes; à plus forte raison deux attachements.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un grand amour est un crédit ouvert à une puissance si vorace, que le moment de la faillite arrive toujours.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour ne va jamais consulter les registres de l’état civil; personne n’aime une femme parce qu’elle a tel ou tel âge, parce qu’elle est belle ou laide, bête ou spirituelle; on aime, parce qu’on aime.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi. Quelque mot simple, une précaution, un rien, révèle à une femme le grand et sublime artiste qui peut toucher son coeur sans le flétrir.

La Comédie humaine (1842-1852)

En fait de grâce comme en tout, il n’y a que le coeur qui ne vieillisse pas.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les êtres sensibles ne sont pas des étres sensés.

La Comédie humaine (1842-1852)

La noblesse des sentiments ne donne pas inévitablement la noblesse des manières.

La Comédie humaine (1842-1852)

Souvent le plus léger voile qui s’interpose entre deux âmes devient un mur d’airain.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand une femme revient de la nourriture de son premier enfant à la vie ordinaire, elle reparaît charmante; elle retourne au monde embellie.

La Comédie humaine (1842-1852)

De même que les yeux habitués à ne voir que des couleurs douces sont blessés par le grand jour, de méme il est certains esprits auxquels déplaisent de violents contrastes.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’homme supérieur se moque de ceux qui le complimentent, et complimente quelquefois ceux dont il se moque au fond du coeur.

La Comédie humaine (1842-1852)

La raison est mesquine auprès du sentiment; l’une est naturellement bornée, comme tout ce qui est positif, et l’autre est infini. Raisonner là où il faut sentir est le propre des âmes sans portée.

La Comédie humaine (1842-1852)

Ce qui touche le plus les femmes, n’est-ce pas de rencontrer en nous des délicatesses gracieuses, des sentiments exquis autant que le sont les leurs; car chez elles la grâce et la délicatesse sont les indices du vrai.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix divine.

La Comédie humaine (1842-1852)

La compatissance et la tendresse d’une jeune fille possèdent une influence vraiment magnétique.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour a ses intuitions, comme le génie a les siennes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quand on éprouve une passion vraie, la présence de la personne aimée n’assouvit-elle pas nos désirs les plus violents? Quand nous sommes admis devant elle, n’est-ce pas le bonheur du chrétien devant Dieu? Voir, n’est-ce pas adorer?

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour qui s’appuie sur l’argent et sur la vanité forme la plus opiniâtre des passions.

La Comédie humaine (1842-1852)

Pour un homme passionné, toute femme vaut ce qu’elle lui coûte.

La Comédie humaine (1842-1852)

Une vie d’amour est une fatale exception à la loi terrestre; toute fleur périt, les grandes joies ont un lendemain mauvais, quand elles ont un lendemain.

Le Lys dans la vallée (1836)

Privilége semblable à celui de la noblesse, la beauté ne se peut acquérir; elle est partout reconnue, et vaut souvent plus que la fortune et le talent; elle n’a besoin que d’être montrée pour triompher; on ne lui demande que d’exister.

La Comédie humaine (1842-1852)

Par un beau temps, le moindre bruit a de la gaieté; mais, par un temps sombre, la nature n’est pas silencieuse, elle est muette.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quel physiognomoniste est plus prompt à deviner un caractère qu’un chien l’est à savoir si un inconnu l’aime ou ne l’aime pas?

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour aura toujours plus d’esprit à lui seul que tout le monde.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour a horreur de tout ce qui n’est pas lui-même.

La Comédie humaine (1842-1852)

Lorsque nous ne croyons pas avoir le droit d’exprimer le bonheur causé par la présence de l’être aimé , nous déversons les sensations dont surabonde notre coeur dans les objets extérieurs, que nos sentiments cachés embellissent.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les petits esprits ont besoin de despotisme pour le feu de leurs nerfs, comme les grandes âmes ont soif d’égalité pour l’action du coeur.

La Comédie humaine (1842-1852)

Chose étrange, presque tous les hommes d’action inclinent à la fatalité, de même que la plupart des penseurs inclinent à la Providence.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un amant a toujours le désir de paraître aimable. ll y a dans ce sentiment un principe d’exagération qui mène au ridicule; il faut en savoir profiter.

La Comédie humaine (1842-1852)

La modestie, ou mieux la crainte, est une des premières vertus de l’amour.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour a ses grands hommes inconnus, comme la guerre a ses Napoléons, comme la poésie a ses André Chéniers, et comme la philosophie a ses Descartes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Souvent nos forces sont stimulées par la nécessité de soutenir un être plus faible que nous.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le problème de la béatitude éternelle est un de ceux dont la solution n’est connue que de Dieu dans l’autre vie. lci-bas, des poëles sublimes ont éternellement ennuyé leurs lecteurs à la peinture du paradis.

La Comédie humaine (1842-1852)

Physiquement, un homme est plus longtemps homme que la femme n’est femme. Moralement, l’homme est plus souvent et plus longtemps homme que la femme n’est femme.

La Comédie humaine (1842-1852)

A Paris, la vertu la plus pure est l’objet des plus sales calomnies.

La Comédie humaine (1842-1852)

Dans les grandes circonstances de la vie, notre âme s’attache fortement aux lieux où les plaisirs et les chagrins fondent sur nous.

Eugénie Grandet (1833)

Une femme du monde mène à tout, elle est le diamant avec lequel un homme coupe toutes les vitres, quand il n’a pas la clef d’or avec laquelle s’ouvrent toutes les portes.

L'Interdiction (1836)

En amour le dévouement est bien près de la spéculation.

L'Interdiction (1836)

Faire arriver un homme médiocre ! c’est pour une femme, comme pour les rois, se donner le plaisir qui séduit tant les grands acteurs, et qui consiste à jouer cent fois une mauvaise pièce. C’est l’ivresse de l’égoïsme !

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Dans un mari, il n’y a qu’un homme; dans une femme mariée, il y a un homme, un père, une mère et une femme. Une femme mariée a de la sensibilité pour quatre, et pour cinq même, si l’on y regarde bien.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Dans le monde, on sait mettre des paletots à toutes les vérités, même les plus jolies.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

La misère fait des parenthèses.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Quand un mari et une femme se tiennent, le diable seul sait celui qui tient l’autre.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Le Vice, le Courtisan, le Malheur et l’Amour ne connaissent que le présent.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

On ne gouverne les hommes, on ne se fait des amis, qu’en les prenant tous par leurs vices, en flattant leurs passions.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Les femmes ont toujours peur de ce qui se partage.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Tout ménage a sa cour de cassation qui ne s’occupe jamais du fond et qui ne juge que la forme.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Le sentiment n’est pas le raisonnement, la raison n’est pas le plaisir, et le plaisir n’est, certes, pas une raison.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Les femmes, sachant toujours bien expliquer leurs grandeurs, c’est leurs petitesses qu’elles nous laissent à deviner.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Toute fortune rapidement faite est : ou l’effet d’un hasard et d’une découverte, ou le résultat d’un vol légal.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

La justice est un être de raison représenté par une collection d’individus sans cesse renouvelés, dont les bonnes intentions et les souvenirs sont, comme eux, excessivement ambulatoires.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Là est la différence entre le poète et l’homme d’action : l’un se livre au sentiment pour le reproduire en images vives, il ne juge qu’après ; tandis que l’autre sent et juge à la fois.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Le grand monde a son argot. Mais cet argot s’appelle le style.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Un seul mensonge détruit la confiance absolue qui, pour certaines âmes, est le fond même de l’amour.

Autre étude de femme (1839-1842)

Les hommes ne devinent pas toujours ce que signifie chez une femme une demande positive, mais une autre femme ne s’y trompe jamais : elle fait le contraire.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Les idées d’un homme qui n’a plus de bretelles ni de bottes ne sont plus celles d’un homme qui porte ces deux tyrans de notre esprit. Remarquez que ceci n’est un axiome que dans la vie conjugale. En morale, c’est ce que nous appelons un théorème relatif.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Dès qu’une femme ne querelle plus son mari, le minotaure est assis dans un fauteuil au coin de la cheminée de la chambre à coucher, et il tracasse avec le bout de sa canne ses bottes vernies.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Quant à la femme mariée, aimée ou non, elle sent si bien que l’honneur, la considération de son mari sont la fortune de ses enfants, qu’elle agit comme la femme qui aime, tant l’intérêt social est violent.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Pour les femmes, l’amour est une absolution générale : l’homme qui aime bien peut commettre des crimes, il est toujours blanc comme neige aux yeux de celle qui aime, s’il l’aime bien.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Un homme doit avoir du caractère ! Cette mâle sentence a causé le malheur de bien des femmes.

La Rabouilleuse (1842)

Ceux qui n’ont pas d’enfants ignorent bien des plaisirs, mais ils évitent aussi bien des souffrances.

La Rabouilleuse (1842)

Les femmes persuadent toujours aux hommes, de qui elles ont fait des moutons, qu’ils sont des lions et qu’ils ont un caractère de fer.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il existe en nous plusieurs mémoires : le corps, l’esprit, ont chacun la leur; et la nostalgie, par exemple, est une maladie de la mémoire physique.

La Comédie humaine (1842-1852)

La femme vit par le sentiment, là où l’homme vit par l’action. Or, le sentiment peut à tout moment faire d’une petite misère soit un grand malheur, soit une vie brisée, soit une éternelle infortune.

La Comédie humaine (1842-1852)

Un homme est, dans notre civilisation, responsable de toute sa femme.

La Comédie humaine (1842-1852)

Plus un livre est beau, moins il a de chances d’être vendu. Tout homme supérieur s’élève au-dessus des masses: son succès est donc en raison directe avec le temps nécessaire pour apprécier l’oeuvre.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les tendresses absolues ont horreur de toute espèce de désaccord, méme dans les idées qui leur sont étrangères.

La Comédie humaine (1842-1852)

La douleur est comme cette tige de fer que les sculpteurs mettent au sein de leur glaise, elle soutient, c’est une force!

La Comédie humaine (1842-1852)

Le mouvement doux est à la démarche ce que le simple est au vêtement.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Les supplices moraux surpassent les douleurs physiques de toute la hauteur qui existe entre l’âme et le corps.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Une femme mariée a plusieurs amours-propres.

Petites Misères de la vie conjugale (1845)

Avoir sa belle-mère en province quand on demeure à Paris, et vice versa, est une de ces bonnes fortunes qui se rencontrent toujours trop rarement.

Physiologie du Mariage (1830)

Depuis la molesse d’une éponge mouillée jusqu’à la dureté d’une pierre ponce, il y a des nuances infinies. Voilà l’homme.

La Peau de chagrin (1831)

Le but de la société n’est-il pas de procurer à chacun le bien-être ?

La Peau de chagrin (1831)

L’amour est comme le vent, nous ne savons pas d’où il vient.

La Peau de chagrin (1831)

Le sourire est l’apanage, la langue, l’expression de la maternité.

La Comédie humaine (1842-1852)

Peu d’oeuvre donne beaucoup d’amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’oeil des jeunes gens sait tout voir; leurs esprits s’unissent aux rayonnements de la femme comme une plante aspire dans l’air des substances qui lui sont propres.

La Comédie humaine (1842-1852)

Puisse une société basée uniquement sur le pouvoir de l’argent frémir en apercevant l’impuissance de la justice sur les combinaisons d’un système qui déifie le succès en en graciant tous les moyens !

La Rabouilleuse (1842)

Les animaux sont gracieux dans leurs mouvements, en ne dépensant jamais que la somme de force nécessaire pour atteindre à leur but. Ils ne sont jamais ni faux ni gauches, en exprimant avec naïveté leur idée.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

La grâce veut des formes rondes. Voyez la joie d’une femme qui peut dire de sa rivale: elle est bien anguleuse!

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

En marchant, les femmes peuvent tout montrer, mais ne rien laisser voir.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Tout mouvement saccadé trahit un vice, ou une mauvaise éducation.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Les hommes qui vont habituellement vite doivent avoir généralement la tête pointue et le front déprimé. D’ailleurs, logiquement, l’homme qui marche beaucoup arrive nécessairement à l’état intellectuel du danseur de l’opéra.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Un homme qui marche vite ne dit-il pas déjà la moitié de son secret? Il est pressé.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Le repos est le silence du corps.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Il existe une anatomie comparée morale, comme une anatomie comparée physique. Pour l’âme, comme pour le corps, un détail mène logiquement à l’ensemble.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Pour moi, dès lors, le mouvement comprit la pensée, action la plus pure de l’être humain; le verbe, traduction de ses pensées; puis la démarche et le geste, accomplissement plus ou moins passionné du verbe.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Lavater a bien dit, avant moi, que, tout étant homogène dans l’homme, sa démarche devait être au moins aussi éloquente que l’est sa physionomie; la démarche est la physionomie du corps. Tout en nous correspond à une cause interne.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Qui de nous pense à marcher en marchant? Personne. Bien plus, chacun se fait gloire de marcher en pensant.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Théorie de la démarche

Une passion change souvent en un moment le caractère: l’indiscret devient diplomate, le poltron est tout à coup brave.

La Comédie humaine (1842-1852)

La bêtise a deux manières d’être: elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable.

Pierrette (1840)

L’adultère est une faillite, à cette différence près, dit Champfort, que c’est celui à qui l’on fait banqueroute qui est déshonoré.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les âmes créées pour admirer les grandes oeuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils éprouvent autant de plaisir aujourd’hui qu’hier, ils ne se lassent jamais , et les chefs-d’oeuvre sont, heureusement, toujours jeunes.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’avarice et la charité se trahissent par des effets semblables: la charité ne se fait-elle pas dans le ciel le trésor que se fait l’avare sur la terre?

La Comédie humaine (1842-1852)

L’estime, fond nécessaire à nos sentiments, est la solide étoffe qui leur donne je ne sais quelle certitude, quelle sécurité, dont on vit.

La Comédie humaine (1842-1852)

N’y a-t-il pas des pensées, des actions qui, en amour, équivalent pour certaines âmes à de saintes fiançailles?

La Comédie humaine (1842-1852)

L’expression des sentiments est d’autant moins démonstrative qu’ils sont plus profonds.

La Comédie humaine (1842-1852)

En amour, toute âme mise à part, la femme est comme une lyre qui ne livre ses secrets qu’à celui qui en sait bien jouer.

La Comédie humaine (1842-1852)

La bienfaisance qui réunit deux étres en un seul est une passion céleste aussi incomprise, aussi rare, que l’est le véritable amour; l’un et l’autre est la prodigalité des belles âmes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Moins les femmes ont de vêtements, plus elles déploient de pudiques noblesses.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les atomes crochus, expression proverbiale dont chacun se sert, sont un de ces faits qui restent dans les langages pour démentir les niaiseries philosophiques dont s’occupent ceux qui aiment à vanner les épluchures des mots primitifs.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le calcul lui a desséché le coeur et le cerveau. Je n’ose confier qu’à vous le secret de sa nullité, abritée par le renom de l’Ecole Polytechnique. Cette étiquette impose, et sur la foi du préjugé, personne n’ose mettre en doute sa capacité.

Le Curé de village (1841)

Plus l’homme vieillit, plûs il reconnaît la prodigieuse influence des idées sur les événements.

La Comédie humaine (1842-1852)

Malheureusement les hommes vous estiment en raison de votre utilité sans tenir compte de votre valeur.

Le Lys dans la vallée (1836)

Y a-t-il beaucoup de courages qui mesurent l’étendue de leurs dangers?

La Comédie humaine (1842-1852)

La pudeur est une vertu relative: il y a celle de vingt ans, celle de trente ans, celle de quarante-cinq ans.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’homme a l’horreur de la solitude, et de toutes les solitudes, la solitude morale est celle qui l’épouvante le plus. Les premiers anachorètes vivaient avec Dieu; ils habitaient le monde le plus peuplé, le monde spirituel.

La Comédie humaine (1842-1852)

De nos jours, le monde s’ennuie, et veut néanmoins de la gravité dans les plus futiles discours. Horrible époque! où l’on se courbe devant un homme poli, médiocre et froid, que l’on hait, mais à qui l’on obéit.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le hardi philosophe qui voudra constater les effets de nos sentiments dans le monde physique, trouvera sans doute plus d’une preuve de leur effective matérialité dans les rapports qu’ils créent entre nous et les animaux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Inventer en toute chose, c’est vouloir mourir à petit feu; copier, c’est vivre.

La Comédie humaine (1842-1852)

La pédanterie est l’écueil de toute gravité prématurée.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les souffrances morales, auprès desquelles pâlissent les douleurs physiques, excitent cependant moins de pitié, parce que l’on ne les voit point.

La Comédie humaine (1842-1852)

De toutes les pratiques du monde, la louange est la plus habilement perfide. Les politiques en tout genre savent étouffer un talent, dès sa naissance, sous des couronnes profusément jetées dans son berceau.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les femmes qui sont exclusivement mères ne s’attachent-elles pas plus par des sacrifices que par les plaisirs?

La Comédie humaine (1842-1852)

Ce qu’il y a de plus rare chez les femmes est une certaine gaieté qui n’altère point la tendresse.

La Comédie humaine (1842-1852)

Beaucoup de femmes sont plus amantes que mères, comme la plupart sont meilleures mères que bonnes femmes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les vanités de la douleur sont étrangères aux âmes fidèles.

La Comédie humaine (1842-1852)

Méfiez-vous d’une femme qui parle de sa vertu.

La Comédie humaine (1842-1852)

Tout journal est une boutique où l’on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. S’il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus.

Illusions perdues (1837-1843)

Le Journal au lieu d’être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis; de moyen, il s’est fait commerce; et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi.

Illusions perdues (1837-1843)

En France, l’esprit est plus fort que tout, et les journaux ont de plus que l’esprit de tous les hommes spirituels, l’hypocrisie de Tartufe.

Illusions perdues (1837-1843)

A force de parler, un homme finit par croire à ce qu’il dit; tandis qu’on peut agir contre sa pensée sans la vicier, et faire gagner un mauvais procès sans soutenir qu’il est bon, comme le fait l’avocat plaidant.

Illusions perdues (1837-1843)

Qui se mésestime ne saurait vivre seul.

La Comédie humaine (1842-1852)

Il se rencontre dans la vie en plein air de ces suavités champêtres et passagères qui nous arrachent le souhait de l’apôtre disant à Jésus-Christ sur la montagne: Dressons notre tente et restons ici.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour chez les jeunes gens est tellement extatique et religieux, qu’il veut tout obtenir de la conviction morale; et de là vient sa sublimité.

La Comédie humaine (1842-1852)

Quoi que fassent les femmes avec leurs cosmétiques, elles ne peuvent rien sur ces incorruptibles témoins de leurs agitations. Là chacune de leurs années a laissé ses stigmates.

L'Interdiction (1836)

N’y a-t-il pas toujours un peu d’amour pour l’enfance chez les soldats qui ont assez expérimenté les malheurs de la vie pour avoir su reconnaître les misères de la force et les priviléges de la faiblesse?

La Comédie humaine (1842-1852)

Il est dans l’amour un moment où il se suffit a lui même, où il est heureux d’être. Pendant ce printemps où tout est bourgeon, l’amant se cache parfois de la femme aimée pour en mieux jouir, pour la mieux voir.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les lois ne sont peut-être pas aussi cruelles que le sont les usages du monde.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le sentiment maternel est si large dans les coeurs aimants qu’avant d’arriver a l’indifférence une mère doit mourir ou s’appuyer sur quelque grande puissance la religion ou l’amour.

La Comédie humaine (1842-1852)

L’amour parlé ne vaut pas l’amour prouvé; toutes les jeunes filles de vingt ans en ont cinquante pour pratiquer cet axiome. Là est le grand argument des séducteurs.

La Comédie humaine (1842-1852)

Par un phénomène inexplicable, beaucoup de gens ont l’espérance sans avoir la foi. L’espérance est la fleur du désir, la foi est le fruit de la certitude.

La Comédie humaine (1842-1852)

La puissance est clémente, elle se rend à l’évidence, elle est juste et paisible; tandis que les passions engendrées par la faiblesse sont impitoyables.

La Comédie humaine (1842-1852)

Si le présent est froid, nu, mesquin, l’avenir est bleu, riche et splendide.

Illusions perdues (1837-1843)

La polémique est le piédestal des célébrités.

Illusions perdues (1837-1843)

A force de parler, un homme finit par croire à ce qu’il dit.

Illusions perdues (1837-1843)

Quand une femme arrive à se repentir de ses faiblesses, elle passe comme une éponge sur sa vie, afin d’en effacer tout.

Illusions perdues (1837-1843)

Les philosophes ont observé que les habitudes du jeune âge reviennent avec force dans la vieillesse de l’homme.

Illusions perdues (1837-1843)

Le caractère de l’amour véritable offre de constantes similitudes avec l’enfance : il en a l’irréflexion, l’imprudence, la dissipation, le rire et les pleurs.

Illusions perdues (1837-1843)

L’amour est une poésie en action.

Illusions perdues (1837-1843)

Si l’on excuse les fautes du pouvoir, on le condamne après son abdication.

Illusions perdues (1837-1843)

On aime une charité qui satisfait l’amour-propre.

Illusions perdues (1837-1843)

Il n’y a pas une vertu qui ne soit doublée d’un vice. La littérature engendre bien les libraires.

Illusions perdues (1837-1843)

Si quinze hommes de talent se coalisaient en France, et avaient un chef qui pût valoir Voltaire, la plaisanterie qu’on nomme le gouvernement constitutionnel, et qui a pour base la perpétuelle intronisation de la médiocrité, cesserait bientôt.

Illusions perdues (1837-1843)

Les belles âmes arrivent difficilement à croire au mal, à l’ingratitude, il leur faut de rudes leçons avant de reconnaître l’étendue de la corruption humaine.

Illusions perdues (1837-1843)

Les femmes du grand monde ont un talent merveilleux pour amoindrir leurs torts en en plaisantant. Elles peuvent et savent tout effacer par un sourire, par une question qui joue la surprise.

Illusions perdues (1837-1843)

Là où l’ambition commence, les naïfs sentiments cessent.

Illusions perdues (1837-1843)

Qui veut s’élever au-dessus des hommes doit se préparer à une lutte, ne reculer devant aucune difficulté. Un grand écrivain est un martyr qui ne mourra pas, voilà tout.

Illusions perdues (1837-1843)

Le génie arrose ses oeuvres de ses larmes. Le talent est une créature morale qui a, comme tous les êtres, une enfance sujette à des maladies. La société repousse les talents incomplets comme la nature emporte les créatures faibles ou mal conformées.

Illusions perdues (1837-1843)

Certains êtres sont comme des zéros, il leur faut un chiffre qui les précède, et leur néant acquiert alors une valeur décuple.

Illusions perdues (1837-1843)

L’or est la seule puissance devant laquelle ce monde s’agenouille.

Illusions perdues (1837-1843)

La résignation est un suicide quotidien.

Illusions perdues (1837-1843)

Le bonheur tue les poètes.

Illusions perdues (1837-1843)

Il est extrêmement rare qu’un livre soit acheté pour sa propre valeur, il est presque toujours publié pour des raisons étrangères à son mérite.

Illusions perdues (1837-1843)

Ils prennent la vie au sérieux, et la vie est une plaisanterie.

Illusions perdues (1837-1843)

Un journal n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions.

Illusions perdues (1837-1843)

La conscience est un bâton que chacun prend pour battre son voisin, et dont il ne se sert jamais pour lui.

Illusions perdues (1837-1843)

Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire : tout dans ces deux mondes est corruption, chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu.

Illusions perdues (1837-1843)

Le talent, déjà si rare dans l’art extraordinaire du comédien, n’est qu’une condition du succès, le talent est même longtemps nuisible s’il n’est accompagné d’un certain génie d’intrigue.

Illusions perdues (1837-1843)

Aussi passe-ton une bonne partie de sa vie à sarcler ce que l’on a laissé pousser dans son coeur pendant son adolescence. Cette opération s’appelle acquérir de l’expérience.

Illusions perdues (1837-1843)

Quand un aigle tombe, qui peut savoir au fond de quel précipice il s’arrêtera ? La chute d’un grand homme est toujours en raison de la hauteur à laquelle il est parvenu.

Illusions perdues (1837-1843)

Plus nos lois tendront à une impossible égalité, plus nous nous en écarterons par les moeurs.

Histoire des Treize, Ferragus, chef des Dévorants (1834)

Demandez aux femmes quels hommes elles recherchent, les ambitieux. Les ambitieux ont les reins plus forts, le sang plus riche en fer, le coeur plus chaud que ceux des autres hommes.

Le Père Goriot (1835)

On a bien raison de dire qu’il n’y a rien de plus beau que frégate à la voile, cheval au galop et femme qui danse.

Le Père Goriot (1835)

Ce que les moralistes nomment les abîmes du coeur humain sont uniquement les décevantes pensées, les involontaires mouvements de l’intérêt personnel.

Le Père Goriot (1835)

Les femmes sont toujours vraies, même au milieu de leurs plus grandes faussetés, parce qu’elles cèdent à quelque sentiment naturel.

Le Père Goriot (1835)

L’amour et l’église veulent de belles nappes sur leurs autels.

Le Père Goriot (1835)

L’insuccès nous accuse toujours la puissance de nos prétentions.

Le Père Goriot (1835)

Quand on connaît Paris, on ne croit à rien de ce qui s’y dit, et on ne dit rien de ce qui s’y fait.

Le Père Goriot (1835)

Il est dans la nature des femmes de prouver l’impossible par le possible et de détruire les faits par des pressentiments.

Le Père Goriot (1835)

La plupart des hommes, comme les animaux, s’effraient et se rassurent avec des riens.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Mourir par les toniques ou mourir par les narcotiques, qu’importe ! n’est-ce pas toujours la mort ?

Massimilla Doni (1837-1839)

Dans un poète il y a, je crois, une jolie femme de la pire espèce.

Illusions perdues (1837-1843)

Aujourd’hui nous prenons un livre bien plus pour la façon que pour l’étoffe.

Physiologie du Mariage (1830), Introduction

Ce qu’il y a de plus respectable, c’est nos croyances les plus futiles.

Physiologie du Mariage (1830)

Ce qu ‘il y a de plus beau dans la vie, c’est les illusions de la vie.

Physiologie du Mariage (1830)

A la longue il en est d’une profession comme du mariage, on n’en sent plus que les inconvénients.

Le Cousin Pons (1847)

La musique s’adresse au coeur, tandis que les écrits ne s’adressent qu’à l’intelligence ; elle communique immédiatement ses idées à la manière des parfums.

Massimilla Doni (1837-1839)

L’homme qui ne voit que la mode dans la mode est un sot. La vie élégante n’exclut ni la pensée, ni la science ; elle les consacre. Elle ne doit pas apprendre seulement à jouir du temps, mais à l’employer dans un ordre d’idées extrêmement élevée.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Traité de la vie élégante

Le génie est tellement visible en l’homme, qu’en se promenant à Paris, les gens les plus ignorants devinent un grand artiste quand il passe. C’est comme un soleil moral dont les rayons colorent tout à son passage.

Le Cousin Pons (1847)

Les fruits de l’amour passent vite, ceux de l’art sont immortels.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer ! Tu n’es pas un vil copiste, mais un poète !

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

Imposer autrui, n’est-ce pas faire acte de pouvoir, se donner perpétuellement le droit de mépriser ceux qui, trop faibles, se laissent ici-bas dévorer ?

Eugénie Grandet (1833)

La vie de l’avare est un constant exercice de la puissance humaine mise au service de la personnalité. Il ne s’appuie que sur deux sentiments : l’amour-propre et l’intérêt.

Eugénie Grandet (1833)

L’amour donne tout, ajouta-t-il avec gaieté, mais aux amants seulement. Quant aux époux, il leur faut un peu plus que le dôme du ciel et le tapis des prairies.

Le Bal de Sceaux (1830)

Si la tendresse est inépuisable, l’amour ne l’est point.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

L’intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.

Illusions perdues (1837-1843)

Le coeur d’une femme de vingt-cinq ans n’est pas plus celui de la jeune fille de dix-huit, que celui de la femme de quarante n’est celui de la femme de trente ans. Il y a quatre âges dans la vie des femmes. Chaque âge crée une nouvelle femme.

Une fille d'Eve (1834)

La femme qu’on achète, et c’est la moins coûteuse, veut beaucoup d’argent : celle qui se donne prend tout notre temps !

Z. Marcas (1841)

Il n’y aura plus de grands hommes d’Etat, il y aura seulement des hommes qui toucheront plus ou moins aux événements.

Modeste Mignon (1844)

Il faut aimer ses amis comme on aime ses enfants, pour eux et non pour soi. Le moi cause les malheurs et les chagrins.

Le Lys dans la vallée (1836)

Ainsi, pour lui apprendre l’anglais, l’allemand, l’italien et l’espagnol, je mis successivement autour de lui des gens de ces divers pays, chargés de lui faire contracter, dès son enfance, la prononciation de leur langue.

Le Médecin de campagne (1833)

Le sot n’est-il pas celui qui ne justifie pas la bonne opinion qu’il prend de lui-même ?

Le Médecin de campagne (1833)

Eugénie, grande et forte, n’avait rien de joli qui plaît aux masses, mais elle était belle de cette beauté si facile à méconnaître, et dont s’éprennent les seulement les artistes.

Eugénie Grandet (1833)

Ce sourire prouvait que le coeur d’une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon.

La Femme de trente ans (1834)

Tout s’excuse et se justifie à une époque où l’on a transformé la vertu en vice, comme on a érigé certains vices en vertus.

Illusions perdues (1837-1843)

Il est des situations dans la vie où tout est amertume.

Le Père Goriot (1835)

L’artiste est une exception : son oisiveté est un travail, et son travail un repos.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Traité de la vie élégante

Ton mariage purement social, et mon mariage qui n’est qu’un amour heureux, sont deux mondes qui ne peuvent pas plus se comprendre que le fini ne peut comprendre l’infini. Tu restes sur la terre, je suis dans le ciel !

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Si vous n’êtes pas toujours femme en amour, vous la redevenez en vengeance.

Béatrix (1839)

Oui, dis-toi bien que je respire par l’air que tu aspires, que je ne suis jamais avoir d’autre pensée que toi. Tu es la fin de tout pour moi.

Lettre, à Madame Hanska

Je t’aime avec un fanatisme qui n’exclut pas cette ravissante quiétude d’un amour sans orages possibles.

Lettre, à Madame Hanska

Oui, je t’aimerai, seule et unique dans toute ma vie. Tu as tout ce qu’il me plaît. Tu exhales pour moi, le parfum le plus enivrant qu’une femme puisse avoir, cela seul est un trésor d’amour.

Lettre, à Madame Hanska

Les adorables plaisirs de l’amour ne sont que les moyens d’arriver à cette union, cette fusion des âmes.

Lettre, à Madame Hanska

C’est une immense preuve d’infériorité chez un homme que de ne pas savoir faire de sa femme sa maîtresse.

La Cousine Bette (1846)

On trouve toujours ce qu’on ne cherche pas. Cette phrase est trop souvent vraie pour ne pas se changer un jour en proverbe.

Etude de femme (1831)

Perdre un bonheur rêvé, renoncer à tout un avenir, est une souffrance plus aiguë que celle causée par la ruine d’une félicité ressentie quelque complète qu’elle ait été : l’espérance n’est-elle pas meilleure que le souvenir ?

La Bourse (1830)

La sincérité, la force de l’amitié ne doivent pas se mesurer d’après le temps.

La Bourse (1830)

Les âmes qui vivent beaucoup et vite ne souffrent pas moins que celles qui se consument dans une seule affection.

La Paix du ménage (1830)

Le plus inepte des chirurgiens sait que la souffrance causée par l’amputation d’un membre vivant est plus douloureuse que ne l’est celle d’un membre malade.

La Paix du ménage (1830)

Un véritable amour donne mille fois plus de jouissances que les passions éphémères qu’on excite !

La Paix du ménage (1830)

Une veuve ne doit pas faire de son mariage une affaire d’amourette. Une souris s’attrape-t-elle deux fois au même piège ?

La Paix du ménage (1830)

La vie sociale est comme la terre, Elle nous donne en raison de nos efforts.

L'Envers de l'histoire contemporaine (1848), XX, 223

Unissez une belle intelligence à une intelligence manquée, vous préparez un malheur ; car il faut que l’équilibre se retrouve en tout.

Physiologie du Mariage (1830)

Je suis un grand poète. Mes poésies, je ne les écris pas : elles consistent en actions et en sentiments.

Le Père Goriot (1835)

Les fées demeurent par-delà les cieux, car les cieux sont le parvis de leur temple, et les étoiles sont les marques de leurs pas.

La Dernière fée ou la Lampe merveilleuse

Le véritable amour payait pour le mauvais. Ce contre-sens sera malheureusement fréquent tant que les hommes ne sauront pas combien de fleurs fauchent dans l’âme d’une jeune femme les premiers coups de la tromperie.

Le Père Goriot (1835)

Toute ma vie est en vous. Mon père m’a donné un coeur, mais vous l’avez fait battre. Le monde entier peut me blâmer, que m’importe !

Le Père Goriot (1835)

Etre fidèle à la vertu, martyre sublime ! Bah ! tout le monde croit à la vertu ; mais qui est vertueux ? Les peuples ont la liberté pour idole ; mais où est sur la terre un peuple libre ?

Le Père Goriot (1835)

Je sens en moi une vie si lumineuse qu’elle pourrait animer un monde, et je suis enfermé dans une sorte de minéral.

Louis Lambert (1832)

La misère et l’infortune sont les séminaires des crimes.

La Comédie humaine (1842-1852)

Le bonheur est une bulle de savon qui change de couleur comme l’iris et qui éclate quand on la touche.

La Comédie humaine (1842-1852)

Les belles âmes ne peuvent pas rester longtemps en ce monde. Comment les grands sentiments s’allieraient-ils, en effet, à une société mesquine, petite, superficielle ?

Le Père Goriot (1835)

Quand on observe la nature, on y découvre les plaisanteries d’une ironie supérieure : elle a, par exemple, placé les crapauds près desfleurs, comme était ce duc près de cette rose d’amour.

Massimilla Doni (1837-1839)

La France est souvent trompée mais comme une femme l’est, par des idées généreuses, par des sentiments chaleureux dont la portée échappe d’abord au calcul.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

L’amour ne révèle ses plaisirs qu’à ceux qui confondent leurs pensées, leurs fortunes, leurs sentiments, leurs âmes, leurs vies.

Physiologie du Mariage (1830)

Celui qui a dit : Tout est vrai et tout est faux, a proclamé un fait que l’esprit humain naturellement sophistique interprète à sa manière ; car il semble vraiment que les choses humaines aient autant de facettes qu’il y a d’esprits qui les considèrent.

Physiologie du Mariage (1830)

Je l’attirai doucement à moi, puis sur son front d’amour, vierge comme la neige qui n’a pas touché terre, je mis un baiser de frère, un baiser de vieillard.

La Peau de chagrin (1831), II

Fiez-vous un peu aux femmes quand il s’agit de juger un homme.

Physiologie du Mariage (1830)

Le temps seul pourrait avoir raison contre nos folies, mais le bonheur nous absout.

La Peau de chagrin (1831), I

La vie des oisifs est la seule qui coûte cher, peut-être même est-ce un vol social que de consommer sans rien produire.

Le Médecin de campagne (1833)

La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation, nous devons la plupart des grandes découvertes au : Comment ? et la sagesse dans la vie consiste peut-être à se demander à tout propos : Pourquoi ?

La Peau de chagrin (1831), III

Le regard d’un homme à qui vous demandez de l’argent fait tant de mal ! Certains emprunts nous coûtent notre honneur, comme certains refus prononcés par une bouche amie nous enlèvent une dernière illusion.

La Peau de chagrin (1831)

Ainsi, mon cher, si je ne crois pas en Dieu, je crois encore moins à l’homme.

La Messe de l'athée (1836)

Armée de son expérience de vingt ans, elle condamnait le sort parce que, ne sachant pas que le premier principe du bonheur est en nous, elle demandait aux choses de la vie de le lui donner.

Le Bal de Sceaux (1830)

Vous l’avez cru fou, sachez le donc : il cherchait à se faire pardonner son génie.

Séraphîta (1835)

Puisque vous voulez qu’il y ait des fées, j’y croirai ! dit-elle en rougissant et quand cela ne serait pas, croire à votre erreur m’est plus doux que connaître la vérité.

La Dernière fée ou la Lampe merveilleuse (1823)

La volonté humaine est une force matérielle semblable à la vapeur.

La Peau de chagrin (1831)

Enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. La borgne ne vas pas sans l’argousin, vous n’imaginerez pas l’un sans l’autre.

Le Père Goriot (1835)

Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme.

La Peau de chagrin (1831)

L’obéissance était ennuyeuse, la Révolte impossible, et la Lutte incertaine.

Le Père Goriot (1835)

Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix de Dieu.

La Comédie humaine (1842-1852)

Comme tous les gens de génie, il était sans héritier.

La Messe de l'athée (1836)

Son linge avait ce ton roux contracté dans l’armoire par un long séjour, et qui annonçait en feu madame Popinot la manie du linge suivant la mode flamande, elle ne se donnait sans doute que deux fois par an l’embarras d’une lessive.

L' Interdiction (1836)

En effet, les jeunes gens de Paris ne ressemblent aux jeunes gens d’aucune autre ville. Ils se divisent en deux classes : le jeune homme qui a quelque chose et le jeune homme qui n’a rien ou, le jeune homme qui pense et celui qui dépense.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d' or (1835)

Au moment où, tout à fait absorbé par sa douce rêverie, Raphaël avait oublié son journal, Pauline le saisit, le chiffonna, en fit une boule, le lança dans le jardin, et le chat courut après la politique qui tournait comme toujours sur elle-même.

La Peau de chagrin (1831)

Le sentiment que l’homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.

La Peau de chagrin (1831)

Voilà l’homme qui prêchera quelque croisade en faveur de l’égalité, lui qui ne se croit l’égal de personne.

Illusions perdues (1837-1843)

Et l’on peut dire avec assurance que si la Vendée fit du brigandage une guerre, la Bretagne fit de la guerre un brigandage.

Les Chouans (1829)

Ce crime avait été conseillé par la passion, par une de ces sorcelleries féminines si cruellement irrésistibles, que nul homme ne peut dire : Je ne ferai jamais cela dès qu’une sirène est admise dans la lutte et y déploiera ses hallucinations.

Melmoth réconcilié (1835)

On ne se figure pas ce que sont les tiraillements de la loi sur une douleur vraie. C’est à faire haïr la civilisation, à faire préférer les coutumes des Sauvages.

Le Cousin Pons (1847)

La possession du pouvoir, quelque immense qu’il put être, ne donne pas la science de s’en servir.

La Peau de chagrin (1831)

C’est ignoble, mais je vis de ce métier, moi comme cent autres ! Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire : tout dans ces deux mondes est corruption, chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu.

Illusions perdues (1837-1843)

Les atomes crochus, expression proverbiale dont chacun se sert, sont de ces faits qui restent dans les langages pour démentir les niaiseries philosophiques dont s’occupent ceux qui aiment à vanner les épluchures des mots primitifs.

Le Père Goriot (1835)

Qui sait si l’abus de chocolat n’est pas entré pour quelque chose dans l’avilissement de la nation espagnole qui, au moment de la découverte du chocolat, allait recommencer l’Empire romain ?

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Traité des excitants modernes

Heureuse, elle eût été ravissante : le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.

La Comédie humaine (1842-1852)

Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité.

Le Colonel Chabert (1835)

Une lettre est une âme, elle est un si fidèle écho de la voix qui parle que les esprits délicats la comptent parmi les plus riches trésors de l’amour…

Le Père Goriot (1835)

L’être qui ne vient pas souvent à Paris ne sera jamais complètement élégant.

Pathologie de la vie sociale (1833-1839), Traité de la vie élégante

Et d’abord, cher enfant, vous n’aurez pas plus de deux ou trois amis dans le cours de votre existence, votre entière confiance est leur bien la donner à plusieurs, n’est ce pas les trahir ?

Le Lys dans la vallée (1836)

En plongeant au fond des voluptés, il en rapportait plus de gravier que de perles.

Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or (1835)

Quand elles me disent cérémonieusement : Mon père, elles me glacent mais quand elles m’appellent papa, il me semble encore les voir petites, elles me rendent tous mes souvenirs. Je suis mieux leur père.

Le Père Goriot (1835)

Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants. Ah ! mon ami, ne vous mariez pas, n’ayez pas d’enfants ! Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort. Vous les faites entrer dans le monde, ils vous en chassent.

Le Père Goriot (1835)

Il se méprisera lui-même, il se repentira mais la nécessité revenant, il recommencerait car la volonté lui manque, il est sans force contre les amorces de la volupté, contre la satisfaction de de ses moindres ambitions.

Illusions perdues (1837-1843)

Nous avons à saisir l’esprit, l’âme, la physionomie des choses et des êtres. Les effets ! les effets ! mais ils sont les accidents de la vie, et non la vie.

Le Chef-d'oeuvre inconnu (1832)

Il y a deux Histoires : l’Histoire officielle, menteuse qu’on enseigne, l’Histoire ad usum delphini puis l’Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse.

Illusions perdues (1837-1843)

Comprenez-vous que je vais mourir sans les voir, mes filles ? Avoir soif toujours, et ne jamais boire, voilà comment j’ai vécu depuis dix ans… Mes deux gendres ont tué mes filles. Oui, je n’ai plus eu de filles après qu’elles ont été mariées.

Le Père Goriot (1835)

A gauche, se trouve un jardinet carré qui ne permet pas de faire plus de quatre enjambées en tous sens , où, à défaut de végétation, il vient, à l’ombre de deux arbres, des papiers, de vieux linges, des tessons, des gravas tombés du toit.

L'Interdiction (1836)

Ces deux troupes se livrèrent alors à un acharnement aiguisé par toute la fureur et la cruauté de l’esprit qui firent de cette guerre une exception.

Les Chouans (1829)

Voilà comment nous sommes souvent trompés dans nos adorations. L’homme supérieur se moque de ceux qui le complimentent, et complimente quelquefois ceux dont il se moque au fond du coeur.

L'Elixir de longue vie (1831)

Avec un peu de temps, en louvoyant, nous arriverons. Pour réussir, il faut attendre le moment où l’on me demandera quelque service à moi. Je pourrai dire alors : Je vous passe la casse, passez-moi le séné…

La Cousine Bette (1846)

Son habit lui tenait sur le corps par un mystère aussi impénétrable que celui de l’Immaculée conception.

Illusions perdues (1837-1843)

La vieille expira en essayant de prendre un air malicieux. Si Mlle de Bellefeuille avait pu observer le visage de sa mère, elle eût vu ce que personne ne verra : rire la Mort.

Gobseck (1830)

La loi est bonne, elle est nécessaire, l’exécution en est mauvaise, et les moeurs jugent les lois d’après la manière dont elles s’exécutent.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Aucune puissance humaine, ni le roi, ni le garde des sceaux, ni le premier ministre ne peuvent empiéter sur le pouvoir d’un juge d’instruction, rien ne l’arrête, rien ne lui commande. C’est un souverain soumis uniquement à sa conscience et à la loi.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Le vaisseau sombrait sans laisser ni un cordage, ni une planche sur le vaste océan des espérances.

Le Père Goriot (1835)

Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : A nous deux maintenant !

Le Père Goriot (1835)

Peut-être eût-il fait un bon général mais, dans sa vie privée, il fut un de ces profonds scélérats qui abritent leurs entreprises et leurs mauvaises actions derrière le paravent de la légalité et sous le toit discret de la famille…

La Rabouilleuse (1842)

La société, le monde roulent sur la paternité, tout croule si les enfants n’aiment pas leur père.

Le Père Goriot (1835)

Le Doute n’est ni une impiété, ni un blasphème, ni un crime ; mais une transition d’où l’homme retourne sur ses pas dans les Ténèbres ou s’avance vers la Lumière.

Séraphîta (1835)

Rastignac vit le monde comme il est : les lois et la morale impuissantes chez les riches, et vit dans la fortune l’ultima ratio mundi. Vautrin a raison, la fortune est la vertu ! se dit-il.

Le Père Goriot (1835)

Il n’allait jamais chez personne, ne voulait ni recevoir ni donner à dîner ; il ne faisait jamais de bruit, et semblait économiser tout, même le mouvement.

Eugénie Grandet (1833)

L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi. Quelque mot simple, une précaution, un rien révèlent à une femme le grand et sublime artiste qui peut toucher son coeur sans le flétrir.

La Recherche de l'absolu (1834)

L’amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d’un moelleux tissu d’Orient, et, la plupart du temps, il la possède sur un grabat.

La Peau de chagrin (1831)

Quand un homme est assez heureux pour avoir une belle-mère très bien conservée, il lui est facile de la tenir pendant un certain temps en échec, pour peu qu’il connaisse quelque jeune célibataire courageux.

La Comédie humaine (1842-1852)

Dans la vie morale, aussi bien que dans la vie physique, il existe une aspiration et une respiration : l’âme a besoin d’aborder les sentiments d’une autre âme, de les assimiler pour les lui restituer plus riches.

Eugénie Grandet (1833)

Suivant la logique des gens à tête vide, tous indiscrets parce qu’ils n’ont que des riens à dire, ceux qui ne parlent pas de leurs affaires en doivent faire de mauvaises.

Le Père Goriot (1835)

J’ai des défauts ; mais, si j’étais homme, je les aimerais.

Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Vous devenez si économe que vous finirez par trouver le moyen de vous nourrir en humant l’air de la cuisine.

Le Père Goriot (1835)

Votre Lucien est un homme de poésie et non un poète, il rêve et ne pense pas, il s’agite et ne crée pas.

Illusions perdues (1837-1843)

Si la presse n’existait pas, il faudrait ne pas l’inventer.

Les Journalistes, Monographie de la Presse parisienne (2002)

Moi seule ai deviné tout ce que tu valais ! Elle sait cultiver les terres, dis-tu ? Moi je laisse cette science aux fermiers, j’aime mieux cultiver ton coeur.

Le Lys dans la vallée (1836)

Il est dans l’esprit du poète de préférer un supplice à un jugement.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

Penser est une fatigue, et les riches aiment à voir couler la vie sans grand effort.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

A mesure que l’on monte en haut de la société, il s’y trouve autant de boue qu’il y en a par le bas ; seulement elle s’y durcit et se dore.

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

Les mots dits par les grands hommes sont comme les cuillers de vermeil que l’usage dédore ; à force d’être répétés, ils perdent tout leur brillant.

Les Comédiens sans le savoir (1846)

Les hommes sont comme les livres, ils sont quelquefois appréciés trop tard.

Modeste Mignon (1844)

Légalement est un adverbe bien robuste, il supporte bien des fortunes.

Les Paysans (1855)

Le genre humain n’est pas placé, socialement parlant, entre le bien et le mal, mais entre le mal et le pire.

Physiologie du Mariage (1830)

Qui n’a pas savouré dans les plaisirs ce moment de joie illimitée où l’âme semble s’être débarrassée des liens de la chair, et se trouver comme rendue au monde d’où elle vient ? Le plaisir n’est pas notre seul guide en ces régions.

Un drame au bord de la mer (1834)

Qui dit doute, dit impuissance.

Un drame au bord de la mer (1834)

Quitter ses habitudes, devenir un autre que soi par l’ivresse des facultés morales, et jouer ce jeu à volonté, telle était ma distraction.

Facino Cane (1837)

La solitude est la souffrance multipliées par l’infini.

Splendeurs et Misères des courtisanes (1839-1847)

L’amour n’est-il pas comme la mer qui, vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires.

La Vendetta (1830)

La Religion, l’Amour et la Musique ne sont-ils pas la triple expression d’un même fait, le besoin d’expansion dont est travaillée toute âme noble ?

Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais (1834)

La reconnaissance est un mot d’imbécile, on le met dans le dictionnaire, mais il n’est pas dans le coeur humain.

Modeste Mignon (1844)

Blondet le savait. D’ailleurs, il ne se faisait aucune illusion. Entre autres paroles de mépris, il a dit que la gloire est un poison bon à prendre par petites doses.

Une fille d'Eve (1834)

J’ai malheureusement oublié qu’il y a toujours un fripon non loin d’une dupe, et que la sottise attire toujours un homme d’esprit de l’espèce des Renards.

Pierrette (1840)