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Citations de : Henri Boucher

L’homme ne cède pas toujours lorsqu’on l’a convaincu. Pareil à un soldat russe frappé de mort, il faut encore le pousser pour qu’il tombe.

Pensées et réflexions (1866)

Il ne suffit pas de mettre son idéal dans la charité, il faut mettre la charité dans la lutte.

Pensées et réflexions (1866)

Le génie est un aiguillon. Il n’y a point d’homme de génie flegmatique.

Pensées et réflexions (1866)

Tout despote a l’âme d’un insubordonné.

Pensées et réflexions (1866)

Voulez-vous une image de l’union de l’âme et du corps? Prenez une larme et essayez d’y séparer, par l’analyse, ce qui est physique de ce qui est moral.

Pensées et réflexions (1866)

Les preuves que la raison troublée vous refuse, cherchez-les dans le sentiment et dans l’impression.

Pensées et réflexions (1866)

L’invention est une fleur merveilleuse qui éclot d’ordinaire sur une tige méprisée.

Pensées et réflexions (1866)

Certaines douleurs sont comme des portes hautes; il n’y a que les grands fronts qui s’y meurtrissent.

Pensées et réflexions (1866)

Le plus grand bien que l’homme puisse faire à l’homme, c’est de sonder doucement les blessures de son amour-propre et de son coeur.

Pensées et réflexions (1866)

La flatterie est infâme, elle ment et elle mendie. La louange est auguste, elle dit vrai.

Pensées et réflexions (1866)

Il n’y a pas d’émeraude qui embellisse un front comme la louange. C’est un présent magnifique que le plus pauvre peut toujours offrir à ceux qu’il aime.

Pensées et réflexions (1866)

Tout est science, même la conscience.

Pensées et réflexions (1866)

Le voile des vertus, ce n’est pas l’humilité, c’est le naturel.

Pensées et réflexions (1866)

Pour ne rien affecter, l’homme renonce à être sincère.

Pensées et réflexions (1866)

Les gens simples s’imaginent que, pour être naturel, il faut nécessairement leur ressembler.

Pensées et réflexions (1866)

La vie des écrivains s’éclaire surtout par leurs ouvrages.

Pensées et réflexions (1866)

Ceux qui connaissent le moins un grand homme, ce sont ses connaissances.

Pensées et réflexions (1866)

On juge mieux d’un homme par ses admirations que par ses antipathies.

Pensées et réflexions (1866)

L’admiration est plus sagace que la haine.

Pensées et réflexions (1866)

Il y a des gens dont toute la modestie se dépense à railler l’orgueil de leurs rivaux.

Pensées et réflexions (1866)

Les génies modernes ne sont peut-être pas plus grands que ceux de l’antiquité, mais ils sont plus développés.

Pensées et réflexions (1866)

Plus on a de vanité, plus on en croit voir chez les autres.

Pensées et réflexions (1866)

L’esprit est fréquent chez les enthousiastes, l’enthousiasme est rare chez les gens d’esprit.

Pensées et réflexions (1866)

La critique est l’art d’admirer.

Pensées et réflexions (1866)

Plus un homme a de vertus, moins on lui passe de faiblesses. Plus un écrivain a de beautés, moins on lui passe de défauts.

Pensées et réflexions (1866)

La colère des grandes âmes contre le criminel triomphant est sans bornes comme leur compassion pour le criminel vaincu.

Pensées et réflexions (1866)

Si violentes qu’elles soient, les passions contraires s’équilibrent dans une grande âme comme les mondes emportés s’équilibrent dans l’univers.

Pensées et réflexions (1866)

La confiance, c’est la bravoure de l’âme.

Pensées et réflexions (1866)

Quand vient la fortune, les petits hommes se redressent, les grands hommes se penchent.

Pensées et réflexions (1866)

Les hautes natures, alors qu’elles paraissent briguer nos applaudissements, ne songent qu’à nous offrir un idéal. Elles ne demandent rien, elles donnent.

Pensées et réflexions (1866)

Le dictionnaire est un lien d’iniquité, une sorte de bagne où chaque vertu est attachée avec le vice qui lui est contraire sous la même casaque et sous le même nom.

Pensées et réflexions (1866)

La dureté du destin encourage celle des hommes.

Pensées et réflexions (1866)

La culpabilité, c’est le rapport de l’acte à la conscience. Le juge connaît le premier terme du rapport, Dieu seul connaît le second.

Pensées et réflexions (1866)

C’est souvent une garantie contre le soupçon que d’être coupable.

Pensées et réflexions (1866)

Pour avoir le droit de tout soupçonner, il faudrait se sentir la force de tout expliquer.

Pensées et réflexions (1866)

Il faut presque toujours croire le mal qu’un homme dit de lui-même.

Pensées et réflexions (1866)

Le doute plane au-dessus des actions muettes. Grave une devise sur ton épée.

Pensées et réflexions (1866)

L’absolu désintéressement est un luxe que les âmes les plus fières ne peuvent pas toujours se procurer.

Pensées et réflexions (1866)

L’âme qui s’abandonne à l’approfondissement de la nature ne connaît bientôt plus que deux états: l’épouvante et l’extase.

Pensées et réflexions (1866)

On n’a pas plus tôt fermé ses volets à la lumière du dehors que la lumière du dedans s’évanouit. L’esprit d’exclusion est un esprit de ténèbres.

Pensées et réflexions (1866)

Entrer dans une corporation, c’est échanger la liberté contre la puissance.

Pensées et réflexions (1866)

Les bonnes actions dont le souvenir réchauffe le plus notre coeur sont celles que nous avons entreprises avec incertitude, presque avec remords.

Pensées et réflexions (1866)

Quand on part pour une bonne action, le ciel est souvent douteux; il faut s’attendre à ne voir briller le soleil qu’à moitié de la route.

Pensées et réflexions (1866)

Lorsqu’un malfaiteur nous renverse en coupable dans la rue, gardons-nous d’accepter le bras du complice officieux qui s’avance.

Pensées et réflexions (1866)

Il faut craindre de confier au premier venu les soulèvements indignés de son coeur; trop souvent on prend pour juge d’un hypocrite un plus hypocrite encore.

Pensées et réflexions (1866)

Si vous ne voulez tromper personne, ne dites jamais de l’homme le meilleur qu’il est bon. Dites seulement: il a plusieurs genres de bonté.

Pensées et réflexions (1866)

Les remords impuissants sont le supplice des âmes faibles.

Pensées et réflexions (1866)

Il ne faut pas juger les hommes aux fautes qu’ils commettent, mais à la façon dont ils les reconnaissent et dont ils les réparent.

Pensées et réflexions (1866)

La fortune, à ce que dit La Fontaine, vient quelquefois nous chercher dans notre lit, mais nous serions bien fous d’y attendre la justice.

Pensées et réflexions (1866)

Quand il est entré dans la bataille, le soldat doit être un héros, sous peine d’être un assassin.

Pensées et réflexions (1866)

Il y a entre la vaillance et le goût du sang exactement le même rapport qu’entre l’amour et la débauche.

Pensées et réflexions (1866)