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Citations de : Graham Greene

La souffrance est pire dans le noir; on ne peut poser les yeux sur rien.

Le Fond du problème (1948)

Nous n’arrivons jamais à nous faire à l’idée que nous comptons moins pour les autres qu’ils ne comptent pour nous.

Ce doit être réconfortant pour un soldat de savoir que des deux côtés, les atrocités sont les mêmes: personne n’est jamais seul.

La Puissance et la Gloire (1940)

Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance.

On ne peut pas se fier à ses supérieurs lorsqu’on a réussi là où ils ont échoué.

La haine n’est qu’une défaite de l’imagination.

La Puissance et la Gloire (1940)

A quoi sert de se confesser lorsqu’on aime le fruit de sa faute?

Réconforter l’être devient à la longue une routine, autant que l’acte sexuel.

Le coeur est une bête dont il est prudent de se méfier. L’intelligence en est une autre, mais elle au moins, ne parle pas d’amour.

Celui qui cherche Dieu l’a déjà trouvé.

Le temps passe, pour deux personnes, d’une façon si différente: il est rapide ou lent, suivant l’amitié qu’elles ressentent.

La mort est un fait. Nous n’essayons pas de corriger les faits.

Quand un événement devient un cas, il semble avoir cessé de se rapporter à un être humain.

On passe tant d’heures dans la vie à remettre à plus tard ce qui doit souffrir; on ne perd jamais à surseoir.

Souffrir est un délit.

Tandis qu’un animal se tapit dans le noir pour mourir, un homme cherche la lumière. Il veut mourir chez lui, dans son élément, et les ténèbres ne sont pas son élément.

L’honnêteté est une arme à deux tranchants, tandis que l’intelligence veille sur les intérêts personnels d’un individu.

Il est possible que les manoeuvres ne servent pas à gagner les batailles, mais les exercices forment le caractère.

Une déficience est souvent un don.

L'Autre et son Double (1981)

Rien n’est pire qu’un rire stupide.

L'Autre et son Double (1981)

Le désespoir est le prix qu’il faut payer lorsqu’on s’est fixé un but impossible.

N’importe quelle prière vaut mieux que l’absence de prière. C’est une façon de reconnaître la puissance de Dieu, et c’est à mon avis une façon de le louer.

Quand deux êtres se sont aimés, ils ne peuvent se dissimuler la moindre absence de tendresse dans un baiser.

On n’accueille pas invariablement avec joie la présence d’une femme, même lorsqu’on en est amoureux.

Il y a des hommes qui nous inspirent l’irrésistible besoin de les taquiner: ceux dont les vertus ne sont pas les nôtres.

C’est une chose étrange de découvrir et de croire qu’on est aimé, quand on sait que personne ne peut aimer personne qu’un père, une mère ou un Dieu.

La haine ressemble beaucoup à l’amour physique: elle a ses moments de crise et ses périodes de calme.

Quand on est jeune, on échafaude un programme de travail dont on s’imagine qu’il durera toute la vie et résistera à n’importe quel cataclysme.

On parle du courage d’un condamné à mort qui marche jusqu’au lieu de l’exécution: il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.

L’amitié est une émanation de l’âme. C’est en quelque chose qu’on sent. On ne la donne pas en échange d’un autre don.

Croire que parce que ses yeux n’expriment rien, un être ne souffre pas, est une erreur facile à commettre.

La Puissance et la Gloire (1940)

C’est lorsque nous aimons notre péché que nous sommes damnés irrémédiablement.

La nature humaine a, elle aussi, d’étranges raisons biscornues que le coeur ignore certainement.

La mort n’est pas la fin de la souffrance. Croire à la paix est une sorte d’hérésie.

Les femmes sont d’une ingéniosité effrayante: sur les ruines de plans qui échouent, elles en bâtissent immédiatement de nouveaux.

On ne peut pas aimer l’humanité. On ne peut aimer que des gens.

Aucun être humain ne peut réellement en comprendre un autre; personne ne peut tout arranger pour le bonheur d’un être.

Le mal ressemble à Peter Pan. Il possède le privilège horrible et horrifiant de l’éternelle jeunesse.

Lorsqu’une femme occupe vos pensées toute la journée, on ne devrait pas, par surcroît, rêver d’elle la nuit.

Il n’y a pas de littérature sans péché.

On ne peut pas empêcher un homme de montrer ce qu’il vaut.

Quand un homme est amoureux, il ne lui vient pas à l’idée que la femme ne s’en est pas aperçu: il croit l’avoir dit nettement par un ton de voix, un frôlement de main.

Nous ne choisissons pas les choses qui nous touchent.

Les lettres peuvent mentir et elles donnent de la durée au mensonge; elles demeurent comme un témoignage contre vous; elles vous font paraître encore plus déloyal que la parole.

La femme est un papier buvard: elle retient parfaitement les choses, mais toujours à l’envers.

La joie est tributaire de la souffrance. La souffrance est partie de la joie. Quand nous avons faim, songez comme la nourriture nous paraît bonne!

Nous sommes tous résignés à la mort; c’est à la vie que nous n’arrivons pas à nous résigner.

Le Fond du problème (1948)

On peut douter de la valeur d’une vie vertueuse qui se termine dans le vice autant que d’une vie de péché qui finit bien.

La Puissance et la Gloire (1940)

La vérité est un symbole que poursuivent les mathématiciens et les philosophes. Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités.

Le Fond du problème (1948)

Un homme a toujours le droit de se venger, si peu que ce soit; la vengeance est bonne pour le caractère; d’elle naît le pardon.

Le Fond du problème (1948)

Les saints parlent de la beauté de la souffrance. Mais vous et moi, nous ne sommes pas des saints. Pour nous, la souffrance n’est que laide; elle est la puanteur, la foule grouillante, la douleur physique.

La Puissance et la Gloire (1940)

Les principes sont faits pour être violés. Etre humain est aussi un devoir.

Le troisième homme (1950)

Toute passion meurt, tout amour s’épuise, mais la pitié survit à tout. Rien ne parvient à l’user. La vie la nourrit sans cesse.

Le Fond du problème (1948)

Le malheur, comme la pitié, peut devenir une habitude.

La Puissance et la Gloire (1940)

Je me demande comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine.

Un Américain bien tranquille

Notre monde n’est pas tout l’univers. Peut-être y a-t-il un endroit où le Christ n’est pas mort.

La Puissance et la Gloire (1940)

Montrez-moi un homme heureux, moi, je vous montrerai la suffisance, l’égoïsme, la malignité, à moins que ce ne soit la totale ignorance.

Le Fond du problème (1948)

Les femmes ont un grand besoin de fierté: elles veulent être fières d’elles-mêmes, de leur mari, de leur entourage. Elles sont rarement fières de l’invinsible.

Le Fond du problème (1948)

Je puis regretter d’avoir menti, d’être la cause de ruines et de souffrances, mais fussé-je sur le point de mourir, je ne pourrais me repentir d’avoir aimé.

Le Fond du problème (1948)

Il y a toujours, dans notre enfance, un moment où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir.

La Puissance et la Gloire (1940)

L’espoir est un instinct que seul peut tuer un raisonnement de l’esprit. Les animaux ne connaissent pas le désespoir.

Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités.

Ce qu’on ne voit pas, on peut l’ignorer.

Il faut aimer toutes les âmes comme si chacune était celle de son propre enfant.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

Qui sait s’il n’y a pas un moment de l’enfance où le monde change pour toujours, comme on fait une grimace au moment où la pendule sonne.

Notre agent à La Havane (1958)

Toute plaisanterie a son envers, le côté de la victime.

Notre agent à La Havane (1958)

Montrez-moi un homme heureux, moi, je vous montrerai la suffisance, l’égoïsme, la malignité… à moins que ce ne soit la totale ignorance.

Le Fond du problème (1948)

L’Eglise condamne la violence, mais elle condamne sévèrement l’indifférence. La violence peut être l’expression de l’amour, l’indifférence jamais. L’une est une imperfection de la charité, l’autre la perfection de l’égoïsme.

Les Comédiens (1965)

Je vous implore, même si vous avez abandonné une foi, n’abandonnez pas toute foi. Nous substituons toujours autre chose à la foi que nous perdons. Ou serait-ce la même foi sous un autre masque ?

Les Comédiens (1965)

Semblable à certains vins, notre amour ne pouvait ni mûrir ni voyager.

Les Comédiens (1965)

Le seul vrai amour vous vient en coup de foudre.

Notre agent à La Havane (1958)

Si Dieu avait ressemblé à un crapaud, il eût été facile de supprimer tous les crapauds du monde, mais dès le moment que Dieu est semblable à vous, il ne sert à rien de détruire des images de pierre, il faudrait vous suicider au milieu des tombes.

La Puissance et la Gloire (1940)

Il fut animé du loyalisme que nous ressentons tous envers le malheur, ce sentiment qui est notre véritable apanage.

Le Fond du problème (1948)

Dans les mots croisés comme avec les humains, on arrive toujours à la fin.

Notre agent à La Havane (1958)

Il n’y a pas de douleur que l’argent ne puisse guérir.

Notre agent à La Havane (1958)

Ce n’est pas la beauté que nous aimons, mais l’échec : l’effort inutile pour rester toujours jeune, échec des nerfs, échec du corps. La beauté est comme la réussite ; nous ne pouvons l’aimer longtemps.

Le Fond du problème (1948)

L’amour est fait du désir de comprendre et bientôt, à force d’échecs répétés, ce désir meurt, et l’amour meurt aussi, à moins qu’il ne devienne cette affection pénible, cette fidélité, cette pitié…

Le Fond du problème (1948)

Un être humain ne peut être héroïque sans discontinuer : ceux qui ont tout abandonné, à Dieu ou à l’amour, doivent avoir la licence de revenir parfois en pensée sur leur reddition.

Le Fond du problème (1948)

Lorsque nous apprenons le pire, nous demeurons seuls avec lui et ce tête-à-tête est comparable à la paix.

Le Fond du problème (1948)

L’amour humain ne connaît rien qui se puisse appeler victoire ; à peine quelques petits succès stratégiques avant le désastre final de la mort ou de l’indifférence.

Le Fond du problème (1948)

Il règne en nos coeurs un dictateur implacable prêt à envisager la catastrophe pour un millier d’étrangers pourvu que cette catastrophe assure le bonheur des quelques êtres que nous aimons.

Le Fond du problème (1948)

Le mot PITIE est employé aussi abusivement que le mot AMOUR : cette terrible passion confuse dont si peu d’êtres subissent l’épreuve.

Le Fond du problème (1948)

Quand nous disons à quelqu’un : «je ne peux pas vivre sans toi», ce que nous avons dans l’esprit est en réalité : «Je ne peux pas vivre si je sens que tu souffres, que tu es malade ou dans le besoin».

Le Fond du problème (1948)

On n’est un être humain que si l’on vide la coupe. Si l’on est lâche un jour, si un autre jour on profite de quelque hasard heureux, la coupe vous est présentée une troisième fois.

Le Fond du problème (1948)

L’amitié est une émanation de l’âme. C’est quelque chose qu’on sent. On ne la donne pas en échange d’un autre don.

Le Fond du problème (1948)

Le désespoir est le prix qu’on doit payer lorsqu’on s’est fixé un but impossible. C’est le péché impardonnable, mais c’est un péché où ne tombent ni l’homme vraiment mauvais, ni le corrompu.

Le Fond du problème (1948)

On peut livrer une guerre sans pitié aux êtres beaux, brillants, à ceux qui réussissent, mais pas à ceux qui sont dénués d’attraits : c’est alors que la meule de pierre pèse sur la poitrine.

Le Fond du problème (1948)

Les femmes ont un si grand besoin de fierté : elles veulent être fières d’elles-mêmes, de leurs maris, de leur entourage. Elles sont rarement fières de l’invisible.

Le Fond du problème (1948)

On passe tant d’heures dans la vie à remettre à plus tard ce qui doit faire souffrir ; on ne perd jamais à surseoir.

Le Fond du problème (1948)

Combien d’occasions, d’éclairs de lucidité l’on perd, simplement parce qu’une besogne n’est plus qu’une besogne.

Le troisième homme (1950)

L’amateur a sur le professionnel un avantage de plus : il peut rejeter toute prudence. Il peut révéler d’inutiles vérités et émettre d’extravagantes théories.

Le troisième homme (1950)

Il y a des gens qu’on reconnaît immédiatement comme des amis. Vous vous sentez à l’aise avec eux parce que vous savez que vous ne serez jamais, jamais en danger.

Le troisième homme (1950)

Le coeur est une bête dont il est prudent de se méfier. L’intelligence en est une autre, mais elle, du moins, ne parle pas d’amour.

La Puissance et la Gloire (1940), III, 3

La peur peut fatiguer plus qu’une longue et monotone chevauchée.

La Puissance et la Gloire (1940), III, 3

Le malheur, comme la piété, peut devenir une habitude.

La Puissance et la Gloire (1940), III, 1

Même si Dieu pardonne à la lâcheté et à la passion, est-il possible qu’Il pardonne à la piété machinale ?

La Puissance et la Gloire (1940), III, 1

Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance. Elle peut durer le temps d’un purgatoire ou toute l’éternité.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 2

Si Dieu avait ressemblé à un crapaud, il eût été facile de supprimer tous les crapauds, mais dès le moment que Dieu est semblable à vous, il ne sert à rien de détruire des images de pierre, il faudrait vous suicider au milieu des tombes.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

Ce doit être réconfortant pour un soldat de savoir que des deux côtés les atrocités sont les mêmes : personne n’est jamais seul.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

Il suffit de retourner, comme un rocher, n’importe quelle situation pour que de petites contradictions absurdes et grouillantes s’en échappent de tous côtés.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

Tout enfant vient au monde avec, dans une certaine mesure, le sens de l’amour ; mais il dépend des parents, des amis, que cet amour soit celui qui sauve ou celui qui damne.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

La joie est tributaire de la souffrance. La souffrance est partie essentielle de la joie. Quand nous avons faim, songez comme la nourriture nous paraît bonne !

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

Il avait cru qu’en se faisant prêtre il deviendrait riche et important : voilà ce qu’on appelle avoir la vocation.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

On peut se fier à l’indulgence de Dieu, mais l’on ne peut se fier à la famine, aux hommes.

La Puissance et la Gloire (1940), II, 1

Rien ne s’oublie plus facilement que les sentiments.

Une sorte de vie (1971)

Les lumières couraient loin sur la mer et le bord de l’eau luisait de phosphorescences laiteuses. Les vagues étaient constamment tirées sur l’étendue de la plage puis retirées, comme un lit qu’on ferait sans parvenir à étaler convenablement les draps.

Voyages avec ma tante (1969)

Elle avait toujours soigneusement retenu mes critiques; seules mes louanges glissaient sur elle comme de la neige.

La Fin d'une liaison (1951)

L’amour n’avait pas autant que la haine la certitude de se faire entendre.

La Fin d'une liaison (1951)

J’ai attrapé la foi comme on attrape une maladie. Je suis tombée croyante comme on tombe amoureuse.

La Fin d'une liaison (1951)

L’athéisme peut être un produit du déséquilibre nerveux autant que le mysticisme.

La Fin d'une liaison (1951)

Nous n’appartenons à personne, nous ne sommes même pas à nous-mêmes.

La Fin d'une liaison (1951)

Une victoire retardée peut tendre les nerfs autant qu’une défaite prolongée.

La Fin d'une liaison (1951)

Je peux croire à n’importe quoi dans le noir.

La Fin d'une liaison (1951)

J’avais mal parce qu’il avait mal.

La Fin d'une liaison (1951)

Ils étaient habitués à voir mourir leurs enfants mais ils n’étaient pas habitués à la chose que le reste du monde connaît mieux que tout : voir un espoir s’évanouir.

La Puissance et la Gloire (1940), I, 4

On ne peut exercer de contrôle sur l’objet aimé. On le voit courir imprudemment vers le pont démoli, la route en précipice, l’horreur qui viendra dans soixante-dix ans, sans pouvoir l’arrêter.

La Puissance et la Gloire (1940), I, 3

Elle revêtait sa peur d’un déguisement pour pouvoir la regarder… Elle la baptisait fièvre, rats, chômage. Le vrai visage qui restait tabou était la mort.

La Puissance et la Gloire (1940), I, 3

Il est heureux pour nous que nous ne puissions distinguer les horreurs et les hontes éparses autour de notre enfance, dans les placards, sur les rayons des bibliothèques, partout.

La Puissance et la Gloire (1940), I, 1

Il y a toujours dans notre enfance un moment où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir.

La Puissance et la Gloire (1940), I, 1

L’absolue réalité appartient aux rêves et non à la vie. L’or des rêves n’est pas un alliage, fût-il titré par le meilleur orfèvre; il n’y a pas de diamants en strass dans les rêves, tout est son apparence: Celui dont l’air est le plus royal est le roi.

Un certain sens du réel (1963)

Une autobiographie n’est qu’une sorte de vie – il se peut quelle contienne moins de faits erronés qu’une biographie, mais elle est nécessairement encore plus sélective: l’autobiographie commence plus tard et se termine prématurément.

Une sorte de vie (1971)

L’échec aussi est une sorte de mort: meubles vendus, tiroirs vidés, camion de déménagement qui attend comme un corbillard dans l’allée pour vous emporter vers une destination moins coûteuse.

Une sorte de vie (1971)

Savoir jusqu’à quel point un mariage est heureux, c’est là une tout autre question et qui échappe au spectateur. Les enfants, les graves soucis d’argent, tant de choses secrètes peuvent ruiner le bonheur; l’amour non plus n’échappe parfois pas à la ruine.

Une sorte de vie (1971)

L’influence des premières lectures est profonde. Grande est la part d’avenir qui repose sur les rayons d’une bibliothèque. Elles pèsent infiniment plus sur le comportement, ces premières lectures, que n’importe quelle éducation religieuse.

Une sorte de vie (1971)

Nous pouvons aimer avec notre esprit, mais ne pouvons-nous aimer qu’avec notre esprit? L’amour s’étend et grandit sans cesse, de sorte que nos ongles insensibles sont eux-mêmes capables d’aimer.

La Fin d'une liaison (1951)

C’est étrange comme l’esprit humain oscille, et fait le va-et-vient d’un extrême à l’autre.

La Fin d'une liaison (1951)

Deux personnes se font des amabilités l’une à l’autre toute une vie.

La Fin d'une liaison (1951)

Je n’ai jamais compris pourquoi les gens qui peuvent avaler l’énorme invraisemblance d’un Dieu en personne rechignent devant l’idée d’un Diable en personne.

La Fin d'une liaison (1951)

L’insécurité est le pire sentiment qu’éprouvent les amants; le mariage le plus pot-au-feu, le plus vide de désir semble parfois préférable. L’insécurité déforme le sens de tout et empoisonne la confiance.

La Fin d'une liaison (1951)

On dit que l’éternité n’est pas un prolongement du temps, mais une absence de temps.

La Fin d'une liaison (1951)

Le bonheur nous annihile, nous y perdons notre identité. Le malheur nous fait prendre conscience de notre propre réalité, même si cette conscience revêt la forme d’un égoïsme monstrueux.

La Fin d'une liaison (1951)

L’idée de la souffrance est beaucoup plus facile à communiquer que celle du bonheur.

La Fin d'une liaison (1951)

La jalousie est inséparable du désir.

La Fin d'une liaison (1951)

Notre amour était devenu une liaison avec un commencement et une fin.

La Fin d'une liaison (1951)

L’amour ne prend pas tant de temps pour se déclarer.

La Fin d'une liaison (1951)

Les époux finissent par se ressembler.

La Fin d'une liaison (1951)

Les choses «qui ne se font pas» se font tous les jours. Elles font partie de la vie moderne.

La Fin d'une liaison (1951)

Les amants jaloux sont plus respectables, moins ridicules que les maris jaloux. Ils sont étayés par tout le poids de la littérature. Les amants trompés sont tragiques, ils ne sont jamais comiques.

La Fin d'une liaison (1951)

Un mari et une femme sont-ils faits de la même chair au point que l’on doive haïr le mari parce que l’on hait la femme?

La Fin d'une liaison (1951)

On finit par être las, désespérément las du mensonge.

La Fin d'une liaison (1951)

Lorsqu’on possède une chose en toute sécurité, on n’a pas besoin d’en faire usage.

La Fin d'une liaison (1951)

Quand on est malheureux, on envie le bonheur des autres.

La Fin d'une liaison (1951)

Je me suis parfois demandé si l’éternité n’existait pas après tout sous la forme d’un prolongement infini du moment de la mort.

La Fin d'une liaison (1951)

Une carte postale illustrée est le symbole de la solitude.

Notre agent à La Havane (1958)

Les gens parlent du courage d’un condamné à mort qui marche vers le lieu de l’exécution. Il faut parfois autant de courage pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne d’un autre être.

Le Fond du problème (1948)

La meilleure odeur est celle du pain, le meilleur goût, celui du sel, le meilleur amour, celui des enfants.