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Citations de : Gilbert Cesbron

Ceux qui disent: J’ai des principes n’ont, le plus souvent, que des habitudes ou des préjugés.

Journal sans date (1963)

Il arrive toujours un moment où il faut, si on le peut encore, choisir entre l’argent qu’on gagne et le temps qu’on perd à le gagner. Le temps, c’est tout sauf de l’argent.

Journal sans date (1963)

Eclats de voix expression juste: car plus on parle, plus on risque de blesser. Le sourire et le regard sont les deux gardiens de la parole.

Journal sans date (1963)

Que l’évêque qui condamna Jeanne d’Arc se nomme Cauchon, que le gendarme qui brise la mâchoire de Robespierre s’appelle Merda, ce sont les clins d’oeil que l’Histoire fait aux écoliers.

Journal sans date (1963)

Ce n’est jamais le même homme qu’on arrête, et puis qu’on juge, et puis qu’on tue ou qu’on libère.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Tout au long de l’Histoire, les meilleurs se sont entre-tués pour faire aux pires un rempart de leur corps puis un piédestal de leur cadavre. C’est même cela que les hommes ont réussi à faire passer pour l’Honneur et la Fidélité.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

C’est l’argent que je n’aime pas: l’argent est contagieux.

Avoir été (1960)

Le corps vit de secrets, le coeur de confidences, et l’amour joue sur les deux tableaux.

Journal sans date (1963)

La vie est le seul jeu de société où les tricheurs soient prévus dans les règles.

Journal sans date (1963)

Comble de l’injustice: un monde où la chance elle-même est héréditaire et c’est le nôtre.

Journal sans date (1963)

Fidélité vivante à des morts, fidélité morte à des vivants.

Journal sans date (1963)

Nous pouvons vivre seuls, pourvu que ce soit dans l’attente de quelqu’un.

Journal sans date (1963)

Qui est le plus à plaindre de celui dont l’appel reste sans réponse ou de celui qui n’appelle même plus?

Journal sans date (1963)

Les petites annonces expriment assez l’ordre des besoins humains: nourri, vêtu, logé, chauffé, éclairé, blanchi. Où se placerait aimé?

Journal sans date (1963)

Tout ce qu’on aime est un aimant.

Journal sans date (1963)

Une des magies de la musique est de parvenir à donner la nostalgie de ce qu’on n’a jamais connu.

Journal sans date (1963)

A ciel pluvieux coeur plus vieux.

Journal sans date (1963)

C’est en essayant de faire le bonheur de chacun qu’on détruit parfois le bonheur de tous.

Journal sans date (1963)

Ce qu’ils appellent le progrès permet aux hommes de se protéger des catastrophes naturelles et d’en déclencher d’artificielles tout aussi terrifiantes.

Journal sans date (1963)

Dès l’enfance, il faudrait prendre l’habitude de ne pas prendre d’habitudes.

Journal sans date (1963)

On écrit des lettres qu’on aimerait recevoir. On n’écrit jamais qu’à soi-même.

Journal sans date (1963)

Ne nous touche vraiment que la beauté qui s’ignore.

Journal sans date (1963)

N’est-ce pas? ajouta-t-il en fronçant des sourcils qui brousaillaient dans tous les sens.

Je suis mal dans ta peau (1969)

Vie en société. Finalement il n’y a que deux espèces d’hommes: ceux qui s’en veulent et ceux qui en veulent aux autres.

Journal sans date (1963)

Quoi qu’il semble, il y a beaucoup moins de gens qui abîment leur voiture que de gens que leur voiture abîme.

Mourir étonné (1980)

Lorsque je vois un méchant, je me demande d’abord de qui ou de quoi il se venge.

Journal sans date (1963)

Il vaut mieux donner son âme au diable que d’essayer de la vendre à Dieu.

Journal sans date (1963)

Les saints vont en enfer.

Les saints vont en enfer (1955)

La vraie révolution, c’est quand les rôles changent et pas seulement les titulaires.

Mourir étonné (1980)

L’impuissance et l’athéisme ont cela en commun, ils conduisent tous deux à la provocation.

Don Juan en automne (1975)

Chacun de nous possède une musique d’accompagnement intérieure. Et si les autres l’entendent aussi, cela s’appelle la personnalité.

Journal sans date: Bonheur de rien (1979)

Nous leur demandons seulement d’aimer leur prochain autant que leur voiture.

Les riches ne connaîtront jamais ce qui n’a pas de prix.

Journal sans date (1963)

Il se mit à manquer de respect aux femmes: à ne plus se retourner sur leur passage…

Journal sans date (1963)

Il est souvent nécessaire d’entreprendre pour espérer et de persévérer pour réussir.

Ce qu’il y a de meilleur dans le dimanche, c’est encore le samedi soir.

Journal sans date (1963)

A force d’accepter les honneurs, on finit par croire qu’on les mérite.

Mourir étonné (1980)

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous avons peur; mais elles sont difficiles parce que nous avons peur.

Nous nous servons des mots avec l’habileté mais aussi l’imprudence des ouvriers qui manipulent chaque jour des explosifs. Il faut avoir peur des mots.

Journal sans date (1963)

Comme unité de mesure du monde et des autres, chaque homme n’a que soi. C’est même sa définition. Ce n’est pas le rire mais la solitude qui est le propre de l’homme, ainsi que sa passion d’en sortir.

Journal sans date (1963)

Si l’on ne parvient pas à exprimer plus qu’on ne voulait dire, il ne faut pas entreprendre d’écrire.

Tant qu'il fait jour (1967)

En Occident, l’on vit exaspéré et l’on meurt désespéré.

Mourir étonné (1980)

Les Français n’ont plus envie de ressembler à la France.

Mourir étonné (1980)

Parfois, un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait un homme.

Journal sans date (1976)

L’ennui porte conseil.

Journal sans date (1963)

Les chrétiens de ce temps deviennent un peu trop familiers avec leur créateur. Leur «mon Dieu» tournerait volontiers au «mon vieux».

Journal sans date (1976)

Le pamphlet est l’arme de ceux qui ont découvert l’erreur, pas encore la vérité.

Journal sans date (1963)

Il ne faut pas tenter de couler le capital: il est insubmersible; il faut l’arraisonner.

Mourir étonné (1980)

La devise de l’époque, c’est «le sexe et l’argent», c’est-à-dire corps et biens. Cela sent le naufrage.

Mourir étonné (1980)

Il est plus tard que tu ne penses.

Il est plus tard que tu ne penses (1958)

Pour moi, le monde est une blessure ouverte.

Journal sans date (1963)

Pour beaucoup, Dieu est une sorte d’oncle d’Amérique dont on espère vaguement qu’il se manifestera au moment même où on ne l’espérait plus.

Tant qu'il fait jour (1967)

La télévision fabrique de grands hommes pour petites gens.

Les chefs des peuples se prennent pour des bergers; ils ne sont souvent que des chiens de troupeau.

On demande toujours aux gens comment ils se portent, on devrait leur demander comment ils se supportent.

L’aveugle vous regarde de toutes ses oreilles.

Les immeubles bâtis le long des voies de chemin de fer ont mauvaise mine parce qu’ils dorment mal.

Il suivait d’un regard angoissé une femme triste qui errait trop lentement le long d’un quai. Elle s’arrêta et comtempla l’eau; il prit peur. Puis elle mit un doigt dans son nez. «Ce n’est pas un geste de suicidée», pensa-t-il.

Si le fameux cochon se contentait de sommeiller dans notre coeur, mais il rêve!

Il était si aimable qu’on ne pouvait s’empêcher de lui pardonner le mal qu’on lui faisait.

Il s’était goinfré de caviar, et il lui en restait au moins pour 500 francs dans les dents.

Quand on lui pose une question concernant l’un de ses livres, tout écrivain devrait répondre: «Je ne sais pas: je l’ai écrit, je ne l’ai pas lu.»

L’apiculteur de notre village était communiste par amour des abeilles, à force d’admirer leur organisation. On le taquinait à propos de la reine.

Certains esprits sont des trains qui vont si vite qu’on n’a pas le temps de s’apercevoir qu’ils sont vides.

Je ne sais pas quand aura lieu l’embarquement, mais je suis entré dans la salle de transit.

La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants.

Les vivants n’ont de cartes de visite qu’imprimées; les morts, seuls, en ont de gravées.

Il ne lui restait plus de famille, seulement un caveau.

Mourir pour la patrie «est le sort le plus beau, le plus digne de la vie». L’auteur de ces vers illustres est mort dans son lit, entre deux guerres.

Quand un homme se découvre devant moi, j’ai toujours envie de lui dire: « Me prenez-vous pour un corbillard?»

A la mort de son mari, elle cessa enfin de se sentir seule.

Certaines larmes coulent comme une source jaillit de terre, d’autres, comme déborde une citerne.

Baudelaire: un diamant au doigt d’un cadavre.

On ne devine que ce qu’on savait à son insu.

On n’est jamais si bien asservi que par soi-même.

En chacun de nous, c’est Dieu qui pédale et le diable qui fait de la roue libre.

Vaincre sans péril est peut-être la seule chance de triompher sans péril.

On s’aperçoit qu’on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres.

Egalité et Liberté communiquent entre elles: c’est un seul et même océan dont les tempêtes se nomment Révolutions.

Liberté au-dessus de la porte d’une prison, – Fraternité au fronton d’un palais de justice, – Egalité sur le mur d’une caserne. – Quelle dérision!

Ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est de mourir jeune à un âge avancé.

Méfiez-vous des gens qui ne s’ennuient jamais. On s’ennuie toujours avec eux.

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle s’habitue.

On est jeune tant qu’on souhaite que chaque jour diffère de la veille; vieux quand on espère que chaque année ressemblera à la précédente.

Le bonheur, c’est quand le temps s’arrête.

Don Juan en automne (1975)

Il a tout de même fallu que David ait une pierre.

De violon, l’homme en vieillissant devient violoncelle, puis contrebasse: un corps épais, une voix grave et pas grand-chose à dire.

Exister, c’est être capable de s’oublier ; être quelqu’un, c’est pouvoir se mettre entièrement dans la peau des autres et, là, tenir le coup !

Notre prison est un royaume (1948)

Grandir, c’est devenir infidèle.

C'est Mozart qu'on assassine (1966)

Les âmes seules et désolées se donnent rendez-vous au bout du monde.

Il est minuit, docteur Schweitzer (1952)

Il n’y a plus que la radio qui chante. La chanson a cessé d’être un art populaire pour devenir une industrie lourde, avec ses cartels, ses investissements, ses transferts de vedettes et son imposture organisée.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Comme il y a des tableaux trompe-l’oeil, il y a des livres trompe-l’esprit.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Si les hommes avaient à défendre leur cause au tribunal de Dieu, on y plaiderait encore le procès d’Adam.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Deux plaideurs se disputaient une huître. Un juge survient, gobe l’huître et leur remet à chacun une écaille. Le premier, furieux, la jette au loin. Le second, résigné, examine avec soin sa coquille : elle contenait une perle.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Ils croient être simples; ils ne sont que sommaires.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

L’Histoire est déjà une imposture en ceci qu’elle est écrite par les survivants.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Sous prétexte que la passion conduit à des excès, ils prennent leurs excès pour de la passion.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Vivre pour les autres n’est pas vivre à demi mais deux fois.

Journal sans date (1963)

Il se mit à manquer de respect aux femmes : à ne plus se retourner sur leur passage.

Journal sans date (1963)

Le romancier révèle un monde le poète en crée un.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Toujours viser plus haut ! pas par ambition : par devoir…

Chiens perdus sans collier (1954)

Le destin qui conduit l’un vers l’autre les enfants perdus, le Destin souriant à deux mains : sa droite, la plus habile s’appelle le Medecin sa gauche, celle du coeur, le Juge des enfants. Sauvés parce qu’ils sont deux…

Chiens perdus sans collier (1954)

Ils croient être simples ils ne sont que sommaires.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Pour polir toute matière il faut mille dents de la lime pour rendre un enfant poli, les mille contraintes de l’éducation.

Journal sans date (1963)

La seule vraie preuve de l’existence de Dieu, c’est la preuve par la joie.

Journal sans date (1963)

Il se pourrait qu’on jugeât mieux un homme d’après ses ennemis que d’après ses amis.

Journal sans date (1963)

Il agonise seul, dans l’angoisse et la sueur de sang, tandis que nous dormons. Regarde, regarde ce grand cèdre qui meurt dans le Jardin des oliviers !

Huit paroles pour l'éternité (1978)

L’activisme est aussi dangereux à l’âme que l’indolence. Le vent dessèche autant que le soleil.

Libérez Barabbas (1957)

Le verbe souffrir n’a de sens qu’à l’indicatif présent et à la première personne.

Libérez Barabbas (1957)

Le monde des pauvres – comme celui des animaux, comme celui des enfants – est le monde de l’immédiat.

Libérez Barabbas (1957)

Les années 50 furent le règne du n’importe quoi signé Picasso. A Saint-Germain-des-Prés on aurait vendu un bon prix ses empreintes digitales.

Libérez Barabbas (1957)

Pourquoi avoir choisi le laurier comme symbole de la gloire ? – Sans doute parce que le fruit du laurier est un poison.

Libérez Barabbas (1957)

Les discours des hommes de 1848 commencent, vers les années 1950, à paraître moins naïfs. Rendez-vous dans cent ans !

Libérez Barabbas (1957)

Jeanne d’Arc est un rouage de cristal que Dieu, trichant avec ses propres lois, place dans la machine d’acier de l’histoire.

Libérez Barabbas (1957)

De Marat il reste une baignoire, de Camille Desmoulins une histoire d’amour, de Fabre d’Eglantine une chanson… – C’était bien la peine !

Libérez Barabbas (1957)

Il y a une générosité facile qui consiste à donner, et une moins facile qui consiste à accepter.

Libérez Barabbas (1957)

Il est plus facile à un jongleur de jongler avec des objets lourds qu’avec des objets légers. Au véritable écrivain aussi.

Libérez Barabbas (1957)

Les tièdes ne sont même pas dignes du démon.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

A l’impossible nul n’est tenu. Sauf moi ! pense le héros. Le saint ne le pense pas mais le prouve, à son insu.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

La différence essentielle entre les grandes personnes et les enfants est que celles-là ne sourient que lorsqu’elles sont heureuses tandis que ceux-ci ne cessent de sourire que lorsqu’ils sont malheureux. Cette différence s’appelle la grâce.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

La plupart des ménages sont composés d’une guêpe et d’une abeille, tantôt elle, tantôt lui.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

De nos jours, pour persécuter les Chrétiens, les lions ne seraient plus assez sûrs.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Dans le milliardaire, l’empereur, le génie, le vieillard, à de certaines heures, il y a quelqu’un qui crie Maman.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Ils se prennent pour Verlaine, Rimbaud, Baudelaire : ils ne sont qu’ivrognes, pédérastes, drogués. S’ils écrivent leurs livres en vingt jours, ils se croient Giraudoux. Et parce qu’ils sont impies, légers, cyniques, ils osent évoquer Stendhal.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Le Ciel est le seul endroit où il y ait de la place pour tout le monde.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Corps et âme, c’est cheval et cavalier – et chacun peut tuer l’autre sous lui.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Le romancier révèle un monde; le poète en crée un.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Pourquoi est-il encourageant de progresser d’une marche, et décourageant de monter quatre marches pour en redescendre trois ?

Libérez Barabbas (1957)

L’Histoire n’est un perpétuel recommencement que pour les myopes et les presbytes : pour ceux qui la regardent de trop haut ou qui n’en voient que des détails.

Libérez Barabbas (1957)

Le propre des génies est moins de surprendre que de se surprendre : ils expriment plus qu’ils ne le croyaient.

Libérez Barabbas (1957)

Nous sommes d’un siècle où il fait bon mourir tôt. Si Charles Péguy avait vécu, il aurait peut-être été excommunié, ou fusillé, ou les deux.

Libérez Barabbas (1957)

L’Envie est une bête sauvage qu’il ne faut pas chasser à mort mais domestiquer pour en faire de l’Admiration.

Libérez Barabbas (1957)

Regarde-toi dans une glace à l’improviste : tu verras ton démon gardien…

Libérez Barabbas (1957)

Il n’y a pas de coïncidences : il n’y a que des grâces et des pressentiments.

Libérez Barabbas (1957)

La propagande est un tapis roulant qui vous emporte ou vous oblige, pour garder l’équilibre, à courir en sens inverse.

Libérez Barabbas (1957)

Le coeur humain est pareil aux montres, lesquelles s’usent peut-être en servant, mais se détraquent en ne servant pas.

Libérez Barabbas (1957)

Le chrétien est un voyageur qui a de l’argent plein les mains, mais ce n’est pas la monnaie du pays.

Libérez Barabbas (1957)

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas ! disent les imbéciles quand ils changent.

Libérez Barabbas (1957)

Choisir sa vie, c’est décider à l’avance et volontairement ce qui vous empêchera de dormir.

Libérez Barabbas (1957)

La liberté d’esprit consiste à continuer de juger qu’une chose est injuste, absurde, ou odieuse, même si elle dure depuis des milliers d’années, touche des millions d’hommes ou rapporte des milliards de francs.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

La plupart des hommes ne savent pas calculer le prix de revient de leur réussite.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Il ne s’agit même pas d’avoir le triomphe modeste, il faut l’avoir invisible.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

Tous les records sont, par définition, périssables. Dans le domaine littéraire, les tentatives de sincérité, de liberté, d’érotisme absolus, etc. , portent un nom : surenchère, et sont signe d’une grande naïveté d’orgueil.

Une sentinelle attend l'aurore (1965)

La patience est parfois le fruit le plus secret de l’impatience.

Libérez Barabbas (1957)

Beaucoup de romanciers et la plupart des lecteurs de ce temps confondent la Réalité avec la Vérité.

Libérez Barabbas (1957)

Les hommes de talent essaient de démonter la serrure; l’homme de génie enfonce la porte d’un coup d’épaule.

Libérez Barabbas (1957)

Avec le temps le fleuve accroît sa rive, la mer détruit la sienne. La docilité plus féconde que la violence ?

Libérez Barabbas (1957)

Le Génie est irréversible : Racine ne comprendrait rien à Rimbaud, qui admire Racine; et Léonard de Vinci n’entendrait pas le premier mot de l’étude que Valéry lui a consacrée.

Libérez Barabbas (1957)

Tout le monde sait que la partie visible d’un iceberg n’est rien en comparaison de sa masse immergée, invisible.

Huit paroles pour l'éternité (1978)

La démagogie est un mal bien français. Ce jeu sinistre, qui nous avilit et nous ruine, requiert, d’un côté des menteurs et, de l’autre, des dupes.

Huit paroles pour l'éternité (1978)

Nous vivons à une époque où, pour avoir du poids, il faut faire du volume.

Mourir étonné (1980)

La plupart des catholiques, au siècle dernier, auraient fait des juifs exemplaires.

Mourir étonné (1980)

La psychanalyse nous propose un pèlerinage aux sources mais en passant par les égouts.

Mourir étonné (1980)

Ce qui attire la première mouche sur le papier tue-mouches, c’est bien le produit; mais ce qui attire la seconde, c’est de voir ce qui est arrivé à l’autre.

Journal sans date (1963)

Les spécialistes commencent par n’apprendre que ce qu’ils aiment et finissent par n’aimer que ce qu’ils ont appris.

Journal sans date (1963)

Quand on est seul, on pensonne, comme d’autres chantonnent.

Journal sans date (1963)