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Citations de : Georges Soulès, dit Raymond Abellio

Cela ne veut pas dire que la pauvreté des familles populaires fût à l’époque un étouffoir pour l’âme.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

On parlait des enterrements de première classe, forcément fort rares, comme d’un opéra fastueux.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Déjà, d’ailleurs, la puissance ne se rassemblait plus à l’échelle des nations mais des empires. Vastes et soudés comme des continents, les U.S.A. et la Russie étaient spontanément des empires.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

En 1931, nous électrifiâmes d’un coup quatre-vingt-quatorze communes de montagne.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Il en était d’elle, intimement, comme d’un métal écroui devenu sous le battement répété du marteau plus dense et plus dur.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Nous arrivâmes à Hambourg … Des centaines de bateaux désarmés encombraient les bras de l’Elbe.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

L’histoire enseigne qu’un pays capable de dépersonnaliser ainsi les passions jusqu’à les faire objectives, devient lentement, sous le couvert de ce formalisme, le plus dissimulé et le plus redoutable de tous.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Quelques nez saignants, des genoux couronnés, les blessures restaient bénignes.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Déjà je n’avais pas vu poser sans malaise ces lignes électriques, ces conduites forcées qui blessent les pentes d’un trait artificiel et rigide.

Ma dernière mémoire, II. Les militants 1927-1939 (1975)

Toute politique décadente multiplie sans fin le nombre des lois.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Agis, médite ou contemple, fais quelque chose, ne rêve point, mais obtiens que ta vie échappe à la servitude de l’effort.

Les Yeux d'Ezéchiel sont ouverts (1949)

Il y a ceux qui sont au pouvoir et ceux qui voudraient y être. Les brutes qui sont en place et celles qui n’y sont pas encore.

Les Yeux d'Ezéchiel sont ouverts (1949)

Tel fut l’un des effets de ma seconde naissance : les hommes ne m’apparaissent plus que comme les serviteurs inutiles d’une histoire écrite de toute éternité et qu’ils vivent sans la comprendre.

Ma dernière mémoire, II. Les militants 1927-1939 (1975)

Il n’y a pas de rencontres, il n’y a que des rendez-vous. Et tout le dévoilement des signes tient dans l’élucidation de l’absolue nécessité de ces rendez-vous.

Dans une âme et un corps - Journal 1971 (1973)

L’éclat de la lumière qu’un être est capable de tirer de soi en se meurtrissant aux silex de la route se mesure à l’épaisseur de la nuit, à la profondeur des abîmes dans lesquels il peut avancer sans sombrer.

Les Yeux d'Ezéchiel sont ouverts (1949)

La pensée de la violence, quand elle s’ajoute à l’image de la beauté, est celle qui peut le plus bouleverser un adolescent.

Les Yeux d'Ezéchiel sont ouverts (1949)

L’état de singe intellectuel a ceci de particulier qu’on s’y connaît de mieux en mieux comme singe. Cet état n’est pas si méprisable. On se sent tellement en avance sur l’immense majorité des mammifères! Tellement grandi par la sincérité!

Les Yeux d'Ezéchiel sont ouverts (1949)

Un soir, au moment des questions, une sorte d’agité lui demanda d’une façon abrupte s’il connaissait la température de fusion de l’or. Il ne fallait s’étonner de rien; un député doit tout savoir.

Ma dernière mémoire, II. Les militants 1927-1939 (1975)

1923: la misère, en Allemagne, touche son fond. L’économie en pleine faillite, le mark s’effondre: en janvier il faut 18 000 marks pour un dollar, il en faut 8 millions en novembre.

Ma dernière mémoire, II. Les militants 1927-1939 (1975)

Au lycée, j’étais encore ce qu’on appelait un externe libre (par opposition aux externes surveillés) de sorte que j’eus assez peu l’occasion, durant ces deux années, d’entrer en familiarité avec mes nouveaux camarades de la ville.

Ma dernière mémoire, I. Un faubourg de Toulouse 1907-1927 (1971)

Tout de suite, Alexis Abéli quitta la terre pour prendre le métier de son beau-père, qui était colporteur et partit sur les grands chemins.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Avec une équipe de la section socialiste, je passai une partie de mes nuits à coller des affiches.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

La Gauche devait tirer au mieux, les jours de gala, à quelques milliers d’exemplaires, dont une moitié partait en services gratuits, parlementaires, ministres et grands commis, et l’autre bouillonnait presque toute.

Ma dernière mémoire, II. Les militants 1927-1939 (1975)

Je voulais être «bottier». Je devins alors une machine à gagner du temps. Le matin, au réveil, j’étais le premier habillé et descendais en salle aussitôt. J’ignorais les récréations. Les jours de sortie, je restais de même à l’Ecole devant mon pupitre.

Ma dernière mémoire (1971-1980)

Mes camarades qui en étaient en moyenne à leur troisième année de spéciales (ils s’échelonnaient selon l’ancienneté en carrés, en cubes ou en bicarrés, nommés plutôt bicas) …

Ma dernière mémoire (1971-1980)

On ne disait jamais de quelqu’un qu’il était intelligent, mais astucieux. Ce n’était pas tout à fait un mot de marchand puisque la ruse et le gain immérité s’y coloraient d’une sorte d’élégance, de détachement, d’esprit de jeu.

Ma dernière mémoire, II. Les militants 1927-1939 (1975)