Acceuil / Citation

Citations de : Georges Brassens

Les filles quand ça dit «je t’aime», – C’est comme un second baptême, – Ca leur donne un coeur tout neuf, – Comme au sortir de son oeuf.

Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro-saint – Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins.

Et gloire à ce soldat qui jeta son fusil – Plutôt que d’achever l’otage à sa merci.

Dieu, s’il existe, il exagère.

Les seuls généraux qu’on doit suivre aux talons – Ce sont les généraux des p’tits soldats de plomb.

Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi – Mieux vaut attendre un peu qu’on le change en ami.

Aucune idée sur terre n’est digne d’un trépas.

Les deux oncles

Il est des jours où Cupidon s’en fout.

Les filles de bonne vie ont le coeur consistant – Et la fleur qu’on y trouve est garantie longtemps.

Y a pas plus de honte – A se refuser, – Ni plus de mérite – Qu’à se faire baiser.

L’enfant naturel, l’orphelin – Est malheureux et je le plains, – Mais, du moins, il n’est pas tenu – Au respect d’un père inconnu.

Pour reconnaître – Que l’on n’est pas intelligent, – Il faudrait l’être.

Pourquoi philosopher alors qu’on peut chanter?

Le premier Mai c’est pas gai, Je trime a dit le muguet, Dix fois plus que d’habitude, Regrettable servitude. Muguet, sois pas chicaneur, Car tu donnes du bonheur, Pas cher à tout un chacun. Brin de muguet, tu es quelqu’un.

Discours des fleurs

Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l’amour de la patrie Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs.

Le Vent (1953), Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sans savoir nous regardent passer Répétant après moi les mots que j’ai tressés Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent.

Le Vent (1953), Il n'y a pas d'amour heureux

Rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur. Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un étrange et douloureux divorce.

Le Vent (1953), Il n'y a pas d'amour heureux

Ses fluctuat nec mergitur C’était pas de la littérature, N’en déplaise aux jeteurs de sort, Aux jeteurs de sort, Son capitaine et ses matelots N’étaient pas des enfants de salauds, Mais des amis franco de port, Des copains d’abord.

Les Copains d'abord (1964)

Comme jadis a fait un roi, Il serait bien fichu, je crois, De donner le trône et le reste Contre un seul cheval camarguais Bancal, vieux, borgne, fatigué, C’est un modeste.

Trompe la mort (1976), Le Modeste

Aux appels de cet étourneau, Grand branle-bas dans Landerneau: Tout le monde et son père accourt Aussitôt lui porter secours.

Le pornographe (1958), A l'ombre du coeur de ma mie

Avant de chanter Ma vie, de faire des Harangues, Dans ma gueule de bois J’ai tourné sept fois Ma langue…

Oncle Archibald (1957), Le Vin

Chez l’épicier, pas d’argent, pas d’épices, Chez la belle Suzon, par d’argent, pas de cuisse.

Oncle Archibald (1957), Grand-père

Sans ses proches voisins, les pires gens qui soient, Des roseaux mal pensant, pas même des bambous.

Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966), Le Grand Chêne

Profitant de ce que ces deux imbéciles Se passaient rhubarbe et séné, On s’partageait leur dulcinée Qui se laissait faire docile.

Trompe la mort (1976), Lèche-cocu

Pour pénétrer dans mes chansons, il faut-être un peu mon complice.

Les Samedis de France-Culture, 17 février 1979.

Ma musique doit être in-entendue, comme la musique d’un film.

Les Samedis de France-Culture, 17 février 1979.

Il faut que mes chansons aient l’air d’être parlées, il faut que ceux qui m’entendent croient que je parle, croient que je ne sais pas chanter, que je fais des petites musiquettes comme ça…

Les Samedis de France-Culture, 17 février 1979.

N’étant pas trop connard de nature, j’arrivais jeune à distinguer un bon texte.

Les Samedis de France-Culture, 17 février 1979.

Au rendez-vous des bons copains, Y’avait pas souvent de lapins, Quand l’un d’entre eux manquait a bord, C’est qu’il était mort. Oui, mais jamais, au grand jamais, Son trou dans l’eau n’se refermait, Cent ans après, coquin de sort ! Il manquait encor.

Les Copains d'abord (1964)

Au moindre coup de Trafalgar, C’est l’amitié qui prenait l’quart, C’est elle qui leur montrait le nord, Leur montrait le nord. Et quand ils étaient en détresse, Qu’leur bras lancaient des S. O. S. , On aurait dit les sémaphores, Les copains d’abord.

Les Copains d'abord (1964)

C’étaient pas des amis de lux’, Des petits Castor et Pollux, Des gens de Sodome et Gomorrh’, Sodome et Gomorrh’, C’étaient pas des amis choisis Par Montaigne et La Boeti’, Sur le ventre ils se tapaient fort, Les copains d’abord.

Les Copains d'abord (1964)

Non, ce n’était pas le radeau De la Méduse, ce bateau, Qu’on se le dis’ au fond des ports, Dis’ au fond des ports, Il naviguait en pèr’ peinard Sur la grand-mare des canards, Et s’app’lait les Copains d’abord Les Copains d’abord.

Les Copains d'abord (1964)

Des bateaux j’en ai pris beaucoup, Mais le seul qui’ait tenu le coup, Qui n’ai jamais viré de bord, Mais viré de bord, Naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards, Et s’app’lait les Copains d’abord Les Copains d’abord.

Les Copains d'abord (1964)

Le veuf toujours en deuil, le veuf Inconsolable, inconsolable.

Retouches à un roman d'amour de quatre sous

Le temps ne fait rien à l’affaire, Quand on est con, on est con.

Le temps ne fait rien à l'affaire (1961)

Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l’île déserte il faut tout emporter.

Misogynie à part (1969), Rien à jeter

Du temps que je vivais dans le troisième dessous, Ivrogne, immonde, infâme, Un plus soûlaud que moi, contre une pièce de cent sous, M’avait vendu sa femme.

Le temps ne fait rien à l'affaire (1961), La Fille à cent sous

O n’insultez jamais une verge qui tombe! Ce n’est pas leur principe, ils crient sur tous les tons Que l’une de mes deux est déjà dans la tombe Et que l’autre à son tour file un mauvais coton.

Dernières chansons (1982), L'andropause

Gloire au premier venu qui passe et qui se tait Quand la canaille crie «haro sur le baudet»! Et gloire a don Juan pour ses galants discours A celle a qui les autres faisaient jamais la cour! Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Trompe la mort (1976), Don Juan

O vous, les arracheurs de dents Tous les cafards, les charlatans Les prophètes Comptez plus sur oncle Archibald Pour payer les violons du bal A vos fêtes.

Oncle Archibald (1957)

Nul n’y contestera tes droits Tu pourras crier “Vive le roi!” Sans intrigue Si l’envie te prend de changer Tu pourras crier sans danger “Vive la Ligue!”

Oncle Archibald (1957)

Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on Est plus de quatre on est une bande de cons.

Supplique pour être enterré sur la plage de Sète (1966), Le Pluriel

Est-ce trop demander: sur mon petit lopin, Plantez, je vous en prie, une espèce de pin – Pin parasol de préférence – Qui saura prémunir contre l’insolation Les bons amis venus faire sur ma concession, D’affectueuses révérences.

Supplique pour être enterré sur la plage de Sète (1966)

J’suis l’pornographe Du phonographe, Le polisson De la chanson.

Le pornographe (1958)

On effeuilla vingt fois la marguerite, Elle tomba vingt fois sur «pas du tout». Et notre pauvre idylle a fait faillite, Il est des jours où Cupidon s’en fout. Il est des jours où Cupidon s’en fout.

Cupidon s'en fout (1976)

Alors toutes tes fredaines, Guilledous et prétentaines, Tes écarts, tes grands écarts, Te seront pardonnés, car Les filles quand ça dit Je t’aime, C’est comme un second baptême, Ca leur donne un coeur tout neuf, Comme au sortir de son oeuf.

Embrasse-les tous (1960)

Tout le restant m’indiffère, J’ai rendez-vous avec vous!

Le Vent (1953), J'ai rendez-vous avec vous

Cette tombe en sandwich entre le ciel et l’eau, Ne donnera pas une ombre triste au tableau, Mais un charme indéfinissable.

Supplique pour être enterré sur la plage de Sète (1966)

D’autant plus vaine était leur crainte, Que le gorille est un luron Supérieur à l’homme dans l’étreinte, Bien des femmes vous le diront! Gare au gorille!…

Le Gorille (1952)

Au village, sans prétention, J’ai mauvaise réputation; Qu’ je m’ démène ou qu’ je reste coi Je passe pour un je-ne-sais-quoi.

La Mauvaise Réputation (1953)

Toi l’étranger quand tu mourras Quand le croqu’mort t’emportera Qu’il te conduise à travers ciel Au père éternel.

Chanson pour l'Auvergnat (1954)

C’est dans un char à boeufs, s’il faut parler franc, Tiré par les amis, poussé par les parents, Que les vieux amoureux firent leurs épousailles Après long temps d’amour, long temps de fiançailles.

La Marche nuptiale

J’aime mieux m’amuser tout seul, crénom de nom! Je suis celui qui reste à l’écart des partouzes.

Le Pluriel.

Ding ding dong, les matines sonnentEn l’honneur de notre bonheurDing ding dong, faut l’dire à personneJ’ai graissé la patte au sonneur.

Il suffit de passer le pont (1953)

Un p’tit coin d’parapluieContre un coin d’paradisElle avait quelque chos’ d’un angeUn p’tit coin d’paradisContre un coin d’parapluieJe n’perdais pas au chang’, pardi.

Le parapluie (1952)

Elle est à toi cette chansonToi, l’Auvergnat qui sans façonM’as donné quatre bouts de boisQuand dans ma vie il faisait froid.

Chanson pour l'Auvergnat (1954)

Le bruit court que j’atteins l’heure de l’andropause,Qu’il ne faut plus compter sur moi dans le déduit.O n’insultez jamais une verge qui tombe!

L'andropause

Notre voisin l’ancêtre était un fier galant,Qui n’emmerdait personne avec sa barbe blanche,Et quand le bruit courut qu’ ses jours étaient comptés,On s’en fut à l’hospice afin de l’assister.

L'ancêtre (1969)

Et c’est là que jadis, à quinze ans révolus,A l’âge où s’amuser tout seul ne suffit plus,Je connus la prime amourette.Auprès d’une sirène, une femme-poisson,Je reçu de l’amour la première leçon,Avalai la première arête.

Supplique pour être enterré sur la plage de Sète (1966)

Qu’il me pardonne ou nonD’ailleurs, je m’en fousJ’ai déjà mon âme en peineJe suis un voyou.

Je suis un voyou (1954)

Les amoureux qui s’bécottent sur les bancs publicsBancs publics, bancs publicsEn s’disant des «Je t’aime» pathétiquesOnt des p’tites gueule bien sympatiques.

Les amoureux des bancs publics (1952)

Les amoureux qui s’bécottent sur les bancs publicsBancs publics, bancs publicsEn s’fouttant pas mal du regard obliqueDes passants honnêtes.

Les amoureux des bancs publics (1952)

L’amitié n’exige rien en échange, que de l’entretien.

Fort de ce que je n’ai pas sonné les gendarmesNe te crois pas du tout tenir de revenirTa moindre récidive abolirait le charme.

Stances à un cambrioleur

Avec le pampre de la vigne, – Un bout de cotillon lui fit, – Mais la belle était si petite – Qu’une seule feuille a suffi.

Dans l'eau de la claire fontaine

Dans l’eau de la claire fontaine – Elle se baignait toute nue. – Une saute de vent soudaine – Jeta ses habits dans les nues.

Dans l'eau de la claire fontaine

Il avait pris l’habitude tous les soirs de téléphoner au commissariat de son quartier. Il demandait le commissaire, déclinait son identité, donnait son adresse et disait: «Monsieur, j’ai l’honneur de vous déclarer que vous êtes un con.»

A propos d'Armand Robin.

Le jour du quatorze juillet – Je reste dans mon lit douillet – La musique qui marche au pas – Cela ne me regarde pas.

La Mauvaise Réputation (1953)

Le véritable anarchiste marche toujours entre les clous, parce qu’il a horreur de discuter avec les flics.

Le meilleur vin n’est pas nécessairement le plus cher, mais celui qu’on partage.

Que vienne le temps – Du vin coulant dans la Seine, – Les gens par milliers – Courront y noyer – Leur peine – … – En guise de sang – O noblesse sans – Pareille, – Il coule en mon coeur – La chaude liqueur – Des treilles.

Le gorille est supérieur à l’homme dans l’étreinte. Bien des femmes vous le diront.

Moi, mon colon, celle que je préfère, c’est la guerre de 14-18.

La vie, c’est toujours amour et misère – La vie, c’est toujours les mêmes chansons.

Le cocu, d’ordinaire, on le choie, on le gâte.

Trouver son père sympathique, – C’est pas automatique. – Avoir un fils qui nous agrée, – Ce n’est pas assuré.

L’arc-en-ciel qui dure un quart d’heure – Personne ne l’admire plus.

L’encre des billets doux pâlit vite entre les feuillets des livres de cuisine.

Le temps ne fait rien à l’affaire; quand on est con, on est con.

Le pluriel ne vaut rien à l’homme – Et sitôt qu’on – Est plus de quatre – On est une bande de cons.

Un anarchiste est un homme qui traverse scrupuleusement entre les clous, parce qu’il a horreur de discuter avec les agents.

La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère, je suis derrière.

Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente.

Il n’y a que les imbéciles qui sachent bien faire l’amour.

Mourir pour des idées, l’idée est excellente – Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eu.

Mourir pour des idées

Sans technique un don n’est rien qu’une sale manie.

Les braves gens n’aiment pas que – L’on suive une autre route qu’eux.

La Mauvaise Réputation (1953)

On n’a pas qu’un seul ami. Pourquoi n’aurait-on une seule femme?

Le premier mai c’est pas gai, – Je trime, a dit le muguet, – Muguet, sois pas chicaneur, – Car tu donnes du bonheur.

Les serments d’amour m’irritent, – Se plaignait la marguerite. – Aussitôt que débute une affaire sentimentale, – J’y laisse tous mes pétales.

Le coeur à vingt ans se pose où l’oeil se pose.

Les amours d'antan

La musique qui marche au pas, cela ne m’intéresse pas.

Pour connaître une femme, il faut toute une vie.