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Citations de : Georges Bernanos

Désirer la mort en bonne santé, c’est se remplir l’âme de vent, comme un fou qui croit se nourrir à la fumée du rôti.

Le polémiste est admirable à 20 ans, supportable à 30 ans, ennuyeux jusque 50 ans, et obscène au-delà…

A sa place, ils iraient aussi chez le marchand de vins, car un ventre de misérable a plus besoin d’illusion que de pain.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Pourquoi répondez-vous toujours à une question par une autre question? – Pourquoi pas.

Les idées sont comme les jolies filles: elles peuvent aussi mal tourner.

Ce qu’exige tôt ou tard le plus fort, ce n’est pas qu’on soit à ses côtés mais dessous.

C’est lorsqu’il y a trop à dire qu’il faut s’efforcer d’être le plus court possible. Le légendaire Cambronne l’avait compris bien avant moi.

Le Chemin de la Croix-des-Ames (1948)

Si le monde pouvait être sauvé, il le serait par les poètes.

L’homme moderne est seul, bien seul, à travers le gigantesque arsenal désert où continue de tourner, du matin au soir, silencieusement, vainement, l’ombre immense de la Croix. – Briser cette solitude, ou périr.

L’art, a un autre but que lui-même. Sa recherche est l’expression ou le symbole de sa perpétuelle recherche de l’Etre.

C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Les plus irréparables sottises sont celles que l’on commet au nom des principes. Les plus dangereuses erreurs, celles où la proportion de vérité reste assez forte pour qu’elles trouvent un chemin jusqu’au coeur de l’homme.

Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 31 juillet 1936

Je n’ai rien fait de passable en ce monde qui ne m’ait d’abord paru inutile, inutile jusqu’au ridicule, inutile jusqu’au dégoût. Le démon de mon coeur s’appelle – A quoi bon?

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Déblayer pour reconstruire, sans savoir grand-chose du monument futur sinon qu’il sera le plus beau, cela s’appelle faire une Révolution.

Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 27 novembre 1936

On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.

La France contre les robots (1946)

L’optimisme m’est toujours apparu comme l’alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d’eux-mêmes. Ils sont optimistes pour se dispenser d’avoir pitié des hommes, de leur malheur.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

J’ai toujours pensé que le machiavélisme finit par se dévorer lui-même, car pour manquer utilement à sa parole, encore faut-il avoir une parole!

Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 16 octobre 1936

Alexandre Dumas fils disait jadis que les affaires, c’est l’argent des autres. L’expérience des guerres modernes nous autorise à modifier un peu cette maxime: les affaires, c’est le sang des hommes.

Le Chemin de la Croix-des-Ames (1948), Mai 1944

Qu’une guerre soit réellement une juste guerre, nul, je pense, ne saurait l’affirmer avant la paix. Ce sont les paix justes qui font les guerres justes.

Les Enfants humiliés (1940)

Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c’est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun.

Le Chemin de la Croix-des-Ames (1948), Mars 1942

Les démocraties ne peuvent pas plus se passer d’être hypocrites que les dictatures d’être cyniques.

Nous autres Français

Il faut savoir risquer la peur comme on risque la mort, le vrai courage est dans ce risque.

Dialogues des Carmélites (1948)

Mais, ce que nous appelons hasard, c’est peut-être la logique de Dieu?

Dialogues des Carmélites (1948)

… il me semble parfois qu’il est moins triste de ne pas croire en Dieu du tout que de croire en un Dieu mécanicien, géomètre et physicien.

Dialogues des Carmélites (1948)

On peut faire très sérieusement ce qui vous amuse, les enfants nous le prouvent tous les jours… Exactement comme on peut faire avec bonne humeur ce qui vous ennuie…

Dialogues des Carmélites (1948)

Il ne viendrait à l’esprit de personne d’allumer une lampe pour en éclairer une autre.

Dialogues des Carmélites (1948)

… en humilité comme en tout, la démesure engendre l’orgueil, et cet orgueil-là est mille fois plus subtil et plus dangereux que celui du monde, qui n’est le plus souvent qu’une vaine gloriole…

Dialogues des Carmélites (1948)

Il n’est pas d’incident si négligeable où ne s’inscrit la volonté de Dieu comme toute l’immensité du Ciel dans une goutte d’eau.

Dialogues des Carmélites (1948)

Pour valoir quelque chose, il faut d’abord savoir ce que l’on vaut…

Dialogues des Carmélites (1948)

Il est vrai qu’alors c’était moi qui me sentais tomber: je cherchais une aide, un appui, une main fraternelle.

Un mauvais rêve (1950)

… s’arracher aux douceurs d’un spiritualisme nuancé pour atteindre aux rivages plus amers de l’agnosticisme.

L'Imposture (1927)

Il m’arrive souvent d’affûter les ramiers, en lisière de notre bois, sous les grands chênes qui bordent la route.

Monsieur Ouine (1943)

Le peu de vin que j’avais pris me causait d’affreuses douleurs d’estomac.

Journal d'un curé de campagne (1936)

On échappe pas au ridicule par une affectation de gravité.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Jour et nuit, elle était assise, accouvée comme une vieille poule sur ses richesses.

La Joie (1928)

Chez beaucoup de malades, l’insomnie même n’est qu’une des mille formes de l’aboulie.

Sous le soleil de Satan (1926)

Pour mériter le nom biblique de patriarche, il ne suffit pas d’avoir le poil blanc et de souffrir de la vessie.

Le lendemain, c'est vous (1969)

Le goût du suicide est un don, un sixième sens, je ne sais quoi, on naît avec.

Journal d'un curé de campagne (1936)

La science ne saurait être rendue responsable de l’illusion des imbéciles qui prétendent, on ne sait pourquoi, qu’elle doit assurer leur bonheur.

Français, si vous saviez (1945)

Ce que la voix peut cacher, le regard le livre; c’est dans le regard, non dans la voix, que se trahit la crainte …

Dialogues des Carmélites (1948)

Le malheur, ma fille, n’est pas d’être méprisée, mais seulement de se mépriser soi-même.

Dialogues des Carmélites (1948)

D’être sage à vingt ans, hélas! il y a plus souvent de honte que d’honneur.

Dialogues des Carmélites (1948)

Quand les sages sont au bout de leur sagesse, il convient d’écouter les enfants.

Dialogues des Carmélites (1948)

On a peur, on s’imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon.

Dialogues des Carmélites (1948)

On est toujours indigne de ce qu’on reçoit, mon enfant, car on ne reçoit jamais rien que de Dieu.

Dialogues des Carmélites (1948)

La véritable humilité est d’abord une décence, un équilibre.

Dialogues des Carmélites (1948)

Le diable, voyez-vous, c’est l’ami qui ne reste jamais jusqu’au bout.

Monsieur Ouine (1943)

Les ennemis de la société ne sont pas ceux qu’elle exploite ou tyranise, ce sont ceux qu’elle humilie.

L’enfer, Madame, c’est de ne plus aimer.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il n’y a pas de vérités moyennes.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il faut expier pour les morts.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Il est beau de s’élever au-dessus de la fierté. Encore faut-il l’atteindre.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Chacun de nous vaut le sang de Dieu.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Ce que nous appelons hasard, c’est peut-être la logique de Dieu.

Dialogues des Carmélites (1948)

C’est une grande duperie de croire que l’homme moyen n’est susceptible que de passions moyennes.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Béni soit celui qui a préservé du désespoir un coeur d’enfant!

Journal d'un curé de campagne (1936)

Une collectivité n’a pas de conscience. Lorsqu’elle paraît en avoir une, c’est qu’il y subsiste le nombre indispensable de consciences réfractaires.

La France contre les robots (1946)

Un monde gagné pour la Technique est perdu pour la Liberté.

La France contre les robots (1946)

Qui n’a pas vu la route à l’aube, entre ses deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance.

Monsieur Ouine (1943)

On ne va jamais jusqu’au fond de sa solitude.

Journal d'un curé de campagne (1936)

On ne subit pas l’avenir, on le fait.

La liberté pour quoi faire?

On ne refera pas la France par les élites, on la refera par la base.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Nous ne sommes pas responsables de la manière dont nous sommes compris, mais de celle dont nous sommes aimés.

Nous autres Français

Mieux vaut un mauvais caractère que pas de caractère du tout.

Les vrais ennemis de la société ne sont pas ceux qu’elle exploite ou tyrannise, ce sont ceux qu’elle humilie.

Nous autres Français

Les plus dangereux de nos calculs sont ceux que nous appelons des illusions…

Dialogues des Carmélites (1948)

Les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix … – Dans chaque petite chose, il y a un Ange.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Les familles me font peur.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Les dictatures sont un grand effort manqué des peuples pour échapper au dégoût, à ce désoeuvrement de l’âme.

Nous autres Français

Les autres, hélas! c’est nous.

Lettre de Palma, janvier 1945

Le monde va être jugé par les enfants.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Le hasard nous ressemble.

Sous le soleil de Satan (1926)

La vie n’apporte aucune désillusion, la vie n’a qu’une parole, elle la tient.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

La réforme des institutions vient trop tard, lorsque le coeur des peuples est brisé.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

La force et la faiblesse des dictateurs est d’avoir fait un pacte avec le désespoir des peuples.

Nous autres Français

La colère des imbéciles remplit le monde.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

La charité, comme la raison, est un des éléments de notre connaissance.

Sous le soleil de Satan (1926)

L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles.

La liberté pour quoi faire?

L’intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu’à ce qu’il nous ait prouvé le contraire.

La France contre les robots (1946)

L’imbécile est d’abord d’habitude et de parti pris.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

L’idée de grandeur n’a jamais rassuré la conscience des imbéciles.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

L’espérance … est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme.

La liberté pour quoi faire?

… les avatars des économistes depuis la guerre prouvent assez que la loi, médiocrement efficace contre les bêtes de proie, ne peut absolument rien contre les insectes.

Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 27 novembre 1936

Il n’en fut pas moins condamné à mort et fusillé, un matin du dernier printemps, lié sur une chaise.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Ce fut d’abord une joie furtive, insaisissable, comme venue du dehors, rapide, assidue, presque importune. Que craindre ou qu’espérer d’une pensée non formulée, instable, du désir léger comme une étincelle ?

Sous le soleil de Satan (1926)

Les plus hautes fleurs de la civilisation humaine ont poussé sur les fumiers de la misère.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Que le geste de ce rude Samaritain est attentif, délicat, fraternel ! Quel moyen de résister tout à fait à cette tendresse inconnue ?

Sous le soleil de Satan (1926)

L’argent file entre mes doigts comme du sable, c’est effrayant.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Des enfants de huit ans mal nourris, employés comme dévideurs de trame ou comme porteurs de bobines dans les filatures, restaient seize heures debout.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Je vois là d’abord une fatalité historique contre laquelle vous vous allez briser.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

On n’a pas peur, on s’imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon.

Dialogues des Carmélites (1948)

Parfois son pied glissait: la fange limoneuse sautait jusqu’à sa face et l’aveuglait.

Sous le soleil de Satan (1926)

Une fille qui faute, dans la famille, c’est comme un failli.

Sous le soleil de Satan (1926)

Lorsqu’on réfléchit au succès fabuleux, ininterrompu, d’un livre comme le «Don Quichotte».

Journal d'un curé de campagne (1936)

A telle enseigne que j’ai supprimé dans ma dernière chronique le paragraphe sur les affaires de Syrie.

L'Imposture (1927)

Certes, l’homme est partout l’ennemi de lui-même, son secret et sournois ennemi.

Journal d'un curé de campagne (1936)

En somme, nous n’étions jamais sortis de l’enfance, nous inventions la Vie, au lieu de la vivre.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Cette odeur de moisissure et d’eau morte qui sort ici des murs mêmes, empoisonne jusqu’à l’air du jardin.

Monsieur Ouine (1943)

Vous voyez cette jument, Steeny? Hé bien! vous la retrouverez ici-même, elle n’aura pas remué une patte, sinon pour s’émoucher. On ne l’attache jamais.

Monsieur Ouine (1943)

Hors l’Eglise, un peuple sera toujours un peuple de bâtards, un peuple d’enfants trouvés.

Journal d'un curé de campagne (1936)

La lumière fouille encore le misérable visage torturé où la bouche peinte éclate lugubrement.

Monsieur Ouine (1943)

Ce diable d’homme, dit-il plus tard, il donnerait de la drèche pour de l’orge, qu’on lui dirait encore merci…

Sous le soleil de Satan (1926)

Il s’est mis à arpenter la chambre de long en large, les bras enfouis dans les poches de sa douillette.

Journal d'un curé de campagne (1936)

L’orage vous a donné sur les nerfs, ma pauvre femme. Allez vous coucher.

La Joie (1928)

Les doctrinaires ont cela de bon qu’ils réveillent, par contraste, certaines facultés que l’usage et l’expérience de la vie affaiblissent en nous.

L'Imposture (1927)

Moi, les gendarmes je les respecte. Seulement, ils me font deuil, j’aime pas les voir, c’est comme les notaires et les curés.

Un crime (1935)

Nul ne sait mieux que lui soigner un cheval, désenfler d’un coup de trocart la bête bourrée de trèfle frais.

Monsieur Ouine (1943)

Il avait gardé ses chaussettes. Nous les lui arrachâmes hier au fond d’un baquet d’eau tiède dans l’espoir de faciliter le décollage – hélas! facile à prévoir – du derme.

Monsieur Ouine (1943)

On dirait d’un de ces dénicheurs de nids barbouillés de mûres, un compagnon des anciens dimanches, des beaux dimanches!

Monsieur Ouine (1943)

Je puis avoir des illusions. Je ne demanderais pas mieux qu’on m’en dépouille.

Dialogues des Carmélites (1948)

Quand tombe le soir, à cette heure du crépuscule, la terre harassée dégorge une vapeur tiède et grasse, une espèce de sueur qu’il faut toute la nuit pour dissoudre.

Monsieur Ouine (1943)

Elle tenait un petit estaminet tout près de Lens, une affreuse baraque de planches où l’on débitait du genièvre aux mineurs trop pauvres pour aller ailleurs dans un vrai café.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Nous couponsau court à travers champs, vers Chalindry. Je connais les clôtures; j’irais les yeux fermés.

Sous le soleil de Satan (1926)

Je ne suppose pas que vous coupiez dans le bobard de son génie créateur?

Un mauvais rêve (1950)

Alors je vous pardonne de vous être laissé, comme on dit, monter le coup.

Sous le soleil de Satan (1926)

Ils sont forts quand même, allez, les vieux jetons, ils tiennent le coup!

Un mauvais rêve (1950)

Vous filez un mauvais coton … vous n’êtes pas seul, d’ailleurs. On croirait que ce maudit village est sous le coup d’un sort.

Monsieur Ouine (1943)

L’une des soeurs, un pan de cotillon passé dans la ceinture, faisait à grands seaux d’eau claire la toilette de la devanture.

Un crime (1935)

La dame de Souvile devait se coucher de bonne heure, ou du moins consigner sa porte.

Un mauvais rêve (1950)

Je ne parle pas ici en directeur de conscience, notez-le. Je parle en homme, humainement.

La Joie (1928)

Je ne dédaigne pas les autres. Bien loin de les dédaigner, je souhaiterais mieux les comprendre, car comprendre, c’est déjà aimer.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme les hommes, et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. La décomposition, chez elles, précède leur mort, au lieu qu’elle suit la nôtre.

Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?

On nous renvoie parmi vous avec la seule consigne, comme on dit, de nous débrouiller, d’agir pour le mieux.

Monsieur Ouine (1943)

Les socques de la vieille Marthe claquaient déjà sur les marches – clic, clac – et plus sourds, dans l’herbe humide – floc, floc.

Sous le soleil de Satan (1926)

Ne chicanons pas sur les mots. Haïr ou aimer, dans votre langue, c’est tout un.

Monsieur Ouine (1943)

Le monde n’est pas aux vicieux, comme se l’imaginent les chastetés torturées.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

On s’habitue très bien aux morts, à la vue, à l’odeur des morts, mais les charniers sont les charniers. Une brute y devient lâche, un lâche y pourrit sur place, se liquéfie.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Or, rentrer à Paris, en pleine canicule, serait me tuer. Pourrai-je seulement attendre sans nouvelles crises la fin de cet abominable été?

La Joie (1928)

J’ai cessé de plaire, parce que j’ai cessé d’être utile. Je suis brûlé – voilà le mot – je suis brûlé ici et ailleurs, je suis brûlé partout!

L'Imposture (1927)

Je me sentais de glace, sauf ce creux dans ma poitrine, tout brûlant.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Vous-même, mon enfant, vous ne me suivez plus, vous piétinez, nous perdons du temps à des broutilles.

Un mauvais rêve (1950)

Et de quelle moquerie ne serait-il pas l’objet, par un détour, dans la personne de son vicaire, déjà assez brocardé!

Sous le soleil de Satan (1926)

Vous pouvez les garder, vos cinq cents louis; ils vous font plus besoin qu’à moi!

Sous le soleil de Satan (1926)

Sur ces étonnantes paroles, il sortit, laissant M. de Clergerie béant.

La Joie (1928)

Son corps maigre flotte dans la chemise et à travers la batiste apparaît sur sa poitrine et jusqu’à ses flancs la répugnante morsure des ventouses.

Madame Dargent

J’ai énormément à faire, maman, vous le savez; beaucoup de travail. – Baste! fit-elle, le travail? Tu dois travailler. Tu dois briser tes nerfs, le travail est ta santé.

La Joie (1928)

La vie future? L’enseignement de l’Eglise? s’écria-t-il en le défiant de ses yeus pâles, y croyez-vous? là… Y croyez-vous sans barguigner? Tout bêtement? Oui ou non?

Sous le soleil de Satan (1926)

Quand j’étais gosse il m’arrivait de recevoir au bahut – pas souvent, mais quand même – mes étrennes par la poste.

Un mauvais rêve (1950)

Depuis quelques mois je commets des imprudences, je me laisse mettre en avant, je tente sottise sur sottise…

L'Imposture (1927)

L’audacieux préfère son risque à sa vie, et même à sa gloire. Il arrive que la vie et la gloire relèvent le défi.

Scandale de la Vérité (1939)

Huit heures qui sonnent! interrompit cruellement la patronne. L’haricot est sûr d’attacher!

L'Imposture (1927)

Irez-vous travailler à l’atelier de Soeur Blanche l’armet sur la tête et l’épée au côté?

Dialogues des Carmélites (1948)

Nous trouverons très naturel qu’ils nous abandonnent ici-bas au bras séculier, s’ils ne trouvent aucun autre moyen de prouver leur bienveillance à l’égard des vainqueurs.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Alors, tapie dans la haie, retenant son souffle, le coeur submergé d’une délicieuse angoisse, elle épiera la troupe braillarde.

Nouvelle histoire de Mouchette (1937)

Une petite bonniche n’a pas le moyen de se payer des mélancolies de millionnaire, voyez-vous!

La Joie (1928)

D’une manière, l’idée n’était pas si mauvaise de le laisser continuer seul son bonhomme de chemin: il aurait pu aussi bien nous conduire quelque part.

Un crime (1935)

A en croire les bien-pensants, l’ouvrier français, comblé, crèverait de bien-être.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Vous voyez devant vous un pauvre homme, avec les qualités et les défauts de son état… un courtier en bidets normands et bretons.

Sous le soleil de Satan (1926)

Si doux, si tranquille, si respectueux! A Grenoble, les belles dames de Sainte-Eulalie et de Saint-Marc, elles vous l’auraient gâté, bichonné; ça rapporte gros à l’évêque, allez, des prêtres comme ça.

Un crime (1935)

Ainsi, tenez, au début, ça bichait très bien entre nous, mon oncle et moi.

Un mauvais rêve (1950)

Seulement, un litre, dame! lorsqu’on a déjà son compte! J’ai dû m’arrêter de biberonner, à bout de souffle.

Nouvelle histoire de Mouchette (1937)

Et pourtant sa pensée, déjà rebelle, opposait une résistance sournoise, biaisait vers les images délirantes.

L'Imposture (1927)

L’admirable à-propos des mendiants.

L'Imposture (1927)

Toute vocation est un appel – vocatus – et tout appel veut être transmis.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Oui, oui je connais l’antienne, vous l’avez répétée assez souvent.

Un mauvais rêve (1950)

L’infection légère nous immunise contre de plus graves, en favorisant la multiplication des anticorps, si précieux.

La Joie (1928)

Il y faudrait le génie des deux sexes à la fois, la puissance de l’un, la pudeur, la délicatesse de l’autre – une espèce d’androgynat, mon rêve!

La Joie (1928)

L’homme est né d’abord orgueilleux et l’amour-propre toujours béant est plus affamé que le ventre.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Qu’importe ma vie! Je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Je me suis levé, j’ai bu un verre d’eau, et j’ai prié jusqu’à l’aube. C’était comme un grand murmure de l’âme. Cela me faisait penser à l’immense rumeur des feuillages qui précède le lever du jour. Quel jour va se lever en moi? Dieu me fait-il grâce?

Journal d'un curé de campagne (1936)

Holà! dit une voix dans la nuit. Qui va là?

Une Nuit

Or, les circonstances du crime semblent prouver que son auteur, s’il ne connaissait les aîtres, devait avoir été très exactement renseigné.

Un crime (1935)

Les ratés ne vous rateront pas.

Le Chemin de la Croix-des-Ames (1948)

Le mépris tourne vite à l’éloquence.

La Vocation spirituelle de la France (1975)

Il en est peu d’entre nous qui n’aient été tentés à un moment donné de prendre pour la paix de leur conscience le confort et la sécurité de leur derrière.

Le lendemain, c'est vous (1969)

Il y a un honneur chrétien: il est la fusion mystérieuse de l’honneur humain et de la charité du Christ.

Les beaux militaires, depuis un siècle, remplissent merveilleusement leurs culottes, mais ils ne remplissent pas leurs destins.

La Grande Peur des biens-pensants (1931)

On parle toujours du feu en enfer, mais personne ne l’a vu … . L’enfer, c’est le froid.

Monsieur Ouine (1943)

Que le péché qui nous dévore laisse à la vie peu de substance!

Sous le soleil de Satan (1926)

Les consciences se soulagent comme des ventres.

Cité par Gilles Perrault dans La Longue Traque (1975).

Quand ça ne va plus, je change de café.

Correspondance (1904-1939)

L’amour est ou n’est pas, il lui manque tout ou rien…

Correspondance (1971)

L’espérance est un risque à courir.

J’ai juré de vous émouvoir – d’amitié ou de colère, qu’importe?

Etre capable de trouver sa joie dans la joie de l’autre; voilà le secret du bonheur.

L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne suit pas l’avenir, on le fait.

La liberté pour quoi faire?

L’optimiste est un imbécile heureux. Le pessimiste, un imbécile malheureux. Vous pouvez très bien vous les représenter sous les traits de Laurel et Hardy.

La haine qu’on se porte à soi-même est probablement celle entre toutes pour laquelle il n’est pas de pardon.

Que de gens se prétendent attachés à l’ordre, qui ne défendent que des habitudes.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Presque à chaque heure, si l’on tient compte de la longitude, des milliers d’idiots prononcent en cent langues la phrase de toutes les impuissances: «Je l’avais bien dit.»

Journal de la guerre d'Espagne

Les gens sérieux et considérés se refusent à croire qu’ils partagent avec la canaille l’usage des sept péchés capitaux.

Grattez un démocrate, vous trouverez un théologien.

Quand je n’aurai plus qu’une paire de fesses pour penser, j’irai l’asseoir à l’Académie.

Correspondance inédite (1934-1948)

L’espérance est une vertu héroïque. On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prennent faussement pour de l’espérance.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. L’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

Il me semble qu’à la première conscience qu’il aurait de lui-même, l’homme retomberait en poussière.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Qui n’est pas sur le plan de l’honneur est au-dessous.

Scandale de la Vérité (1939)

On ne se met aisément qu’à la place de ses égaux.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait.

Correspondance (1971)

Le mal, comme le bien, est aimé pour lui-même et servi.

Sous le soleil de Satan (1926)

Hélas ! on croit ne tenir à rien, et l’on s’aperçoit un jour qu’on s’est pris à soi-même à son propre jeu, que le plus pauvre des hommes a son trésor caché. Les moins précieux en apparence ne sont pas les moins redoutables, au contraire.

Journal d'un curé de campagne (1936)

On méprise d’en bas, on ne saurait s’indigner qu’à partir d’une certaine hauteur, où il faut se maintenir coûte que coûte, sauf à rougir de soi.

Les Enfants humiliés (1940)

Son tort, ça n’a pas été de combattre la saleté, bien sûr, mais d’avoir voulu l’anéantir, comme si c’était possible.

Journal d'un curé de campagne (1936)

La vie était pour elle comme remplie à pleins bords d’un breuvage délicieux qui se changeait en amertume dès qu’elle y trempait les lèvres.

Dialogues des Carmélites (1948)

On dirait que les survivants de ces générations formées pour le plaisir, en ne se refusant rien ont appris à se passer de tout.

Dialogues des Carmélites (1948)

La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c’est-à-dire pleinement responsables de leurs actes : la France refuse d’entrer dans le Paradis des Robots.

La France contre les robots (1946)

Lorsque le fisc l’a dépouillé même de sa chemise, le contribuable optimiste s’abonne à une revue nudiste et déclare qu’il se promène ainsi par hygiène, qu’il ne s’est jamais mieux porté.

La liberté, pour quoi faire ? (1953)

Il faut se hâter de sauver l’homme, parce que demain il ne sera plus susceptible de l’être, pour la raison qu’il ne voudra plus être sauvé. Car si cette civilisation est folle, elle fait aussi des fous.

La liberté, pour quoi faire ? (1953)

La France veut un monde juste et libre, parce qu’elle ne peut être juste que dans un monde juste. Elle ne peut être libre que dans un monde libre.

La liberté, pour quoi faire ? (1953)

Tout Français digne de ce nom sait très bien, que pour restaurer la France il importe de restaurer avec elle les valeurs spirituelles qui donnent leur signification historique au nom de France et au nom de Français.

La liberté, pour quoi faire ? (1953)

Qui n’a pas vu la route, à l’aube entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. L’espérance est une détermination héroïque de l’âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

Le démon de notre coeur s’appelle A quoi bon !

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

L’enfer, c’est de ne plus aimer.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

On ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance, si profond qu’il faille chercher.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

Qui ne défend la liberté de penser que pour soi-même est déjà disposé à la trahir.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

Il n’y a qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer.

Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.

C’est dans ma raison, non dans mon coeur, que se trouve le principe de mon invincible espérance.

Lettre aux Anglais (1942)

Hélas ! c’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

La Civilisation des machines est la civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité.

La France contre les robots (1946)

Ainsi, le progrès n’est plus dans l’homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain.

La France contre les robots (1946)

Les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble.

La France contre les robots (1946)

La Civilisation des Machines est la civilisation de la quantité opposée à celles de la qualité. Les imbéciles y dominent donc par le nombre, ils y sont le nombre.

La France contre les robots (1946)

La guerre Totale est la Société moderne elle-même, à son plus haut degré d’efficience.

La France contre les robots (1946)

Une idée juste dans laquelle on s’installe, à l’abri des contradictions, comme à l’abri du vent et de la pluie, pour regarder les autres hommes piétiner dans la crotte, ce n’est plus une idée juste, c’est un préjugé, rien davantage.

Réflexions sur le cas de conscience français (1943)

En dépouillant la race juive, la race élue, l’Evangile a brisé tous les racismes, ceux de la chair comme ceux de l’esprit.

Réflexions sur le cas de conscience français (1943)

La vocation de l’homme est de dominer et d’ordonner le réel. Commencer à s’en faire l’esclave, pour réussir à le dominer, c’est vraiment une gribouillade.

Réflexions sur le cas de conscience français (1943)

Aujourd’hui, comme il y a vingt siècles, il s’agit de savoir qui l’emportera de la Justice selon l’Ordre ou de l’Ordre selon la Justice.

Lettre aux Anglais (1942)

La Démocratie est la forme politique du Capitalisme, dans le même sens que l’âme est la Forme du Corps selon Aristote, ou son Idée, selon Spinosa.

Lettre aux Anglais (1942)

Que les élites soient nationales ou non, la chose a beaucoup moins d’importance que vous ne pensez. C’est le peuple qui donne à chaque patrie son type original.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Qu’est-ce que cela fait ? Tout est grâce.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et notre malheur.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Le monde du péché fait face au monde de la grâce ainsi que l’image reflétée d’un paysage, au bord d’une eau moire et profonde. Il y a la communion des saints, il y a aussi une communion des pécheurs.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Quel homme de prières a-t-il pourtant jamais avoué que la prière l’ait déçu ?

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il y aura toujours des pauvres parmi vous, pour cette raison qu’il y aura toujours des riches, c’est-à-dire des hommes avides et durs qui recherchent moins la possession que la puissance.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Je vois maintenant que chaque crime crée autour de lui comme une sorte de tourbillon qui attire invinciblement vers son centre innocents ou coupables et dont personne ne saurait calculer à l’avance la force ni la durée.

Un crime (1935)

La vie, même avec la gloire qui est la plus belle chose humaine, est une chose vide et sans saveur quand on n’y mêle pas, toujours, absolument Dieu.

Lettre à un prêtre, mars 1905

Nous sommes des malheureux, toi et moi. Nous sommes hors de ce monde. Je ne te demande pas de m’aimer. Mais ce qui me lie à toi est encore bien plus fort que l’amour.

Un mauvais rêve (1950)

La honte atteint son point de perfection quand la lucidité d’autrui nous découvre en plein notre propre avilissement.

L'Imposture (1927)

L’exaltation de la jeunesse n’est plus, ni son espérance avide, mais la pente a été une fois donnée, la vie coule dans le même sens, comme entraînée par son poids.

L'Imposture (1927)

La prière est, en somme, la seule révolte qui se tienne debout.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Je ne suis pas un écrivain. La seule vue d’une feuille de papier blanc me harasse l’âme. L’espèce de recueillement physique que m’impose un tel travail m’est si odieux que je l’évite autant que je puis.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Je ne crois qu’à ce qui me coûte. Je n’ai rien fait de passable en ce monde qui ne m’ait d’abord paru inutile, inutile jusqu’au ridicule, inutile jusqu’au dégoût.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Et ce chaume croulant, au milieu des belles tuiles vernies, c’est encore un autre mendiant, un autre homme libre.

Sous le soleil de Satan (1926)

Que craindre au monde, sinon la solitude et l’ennui?

Sous le soleil de Satan (1926)

L’impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d’autrui.

Sous le soleil de Satan (1926)

Le mal, comme le bien, est aimé pour lui-même, et servi.

Sous le soleil de Satan (1926)

Ah ! le toit de chaume aspire au repos ! Elle aspire au repos, la minime flamme dansante sur l’étang morne ! Il aspire au repos, l’esprit vigilant qui se débat dans la chair des hommes depuis le commencement du monde.

Dialogues d'ombres (1955)

Déception d’amour, la seule qui ne sera jamais pardonnée !

La Grande Peur des bien-pensants (1931)

Les curieux sont toujours dupes de leur curiosité. Ils expliquent tout et ne comprennent rien.

La France contre les robots (1946)

Dites-moi toutefois, si vous ne trouvez point, à la réflexion, enfantin de prétendre quitter son passé, comme on quitte le gîte d’une nuit? Ce n’est pas nous qui disposons du passé, ce n’est pas nous qui le tenons; c’est le passé plutôt qui nous tient.

L'Imposture (1927)

Hélas! la charité nous peut unir et confondre en un même coeur mais l’univers intellectuel est une solitude claire et glacée.

L'Imposture (1927)

L’univers intellectuel est une solitude claire et glacée. Oui, l’intelligence peut tout traverser, ainsi que la lumière l’épaisseur du cristal, mais elle est incapable de toucher, ni d’étreindre. Elle est une contemplation stérile.

L'Imposture (1927)

La réciprocité est la loi de l’amour, il n’est pas de réciprocité possible à la pitié. La pitié est un amour déchu, avili, un mince filet de l’eau divine qui se perd dans les sables.

Dans Nous autres Français.

Le péché, nous sommes tous dedans, les uns pour en jouir, les autres pour en souffrir, mais à la fin du compte c’est le même pain que nous rompons au bord de la fontaine, en retenant notre salive, le même dégoût.

La Joie (1928)

Le berceau est moins profond que la tombe.

Monsieur Ouine (1943)

L’homme c’est bien malaisé à définir. Admettons que ça reste un enfant. Gentil et câlin à ses heures, mais plein de vices.

Monsieur Ouine (1943)

Les dictateurs font de la force le seul instrument de la grandeur.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Les souvenirs de guerre ressemblent aux souvenirs de l’enfance.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Comprendre c’est déjà aimer.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

La niaiserie, l’ignorance ou la peur, fût-elle même celle de l’enfer, ne forment pas les vierges. Ou du moins cette sorte de virginité me paraît aussi bête que l’espèce de chasteté obtenue par la castration.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Ils n’ont pas de patience, c’est-à-dire qu’ils resteront toujours étrangers aux grandes oeuvres de la Vie, car la Vie est toute patience.

Lettre aux Anglais (1942)

Je pensais à ces bestiaux que j’entendais tousser dans le brouillard et que le petit vacher, revenant de l’école, son cartable sous le bras, mènerait tout à l’heure à travers les pâtures trempées, vers l’étable chaude, odorante.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il en sera bientôt du mythe totalitaire ce qu’il en est présentement du mythe démocratique, car le cynisme ne soulage qu’un moment les consciences écoeurées par l’hypocrisie.

Nous autres Français

On nous a tellement mis en garde contre la malice de celles que nos vieux traités de morale appellent si drôlement les personnes du sexe!

Journal d'un curé de campagne (1936)

Les préceptes de l’Eglise concernant le mariage sont excellents, mais il est clair que leur observation ne saurait suffire à résoudre les difficultés humaines d’un tel état, qu’on peut être bon chrétien moyen, et cocu.

Nous autres Français

Nous ne reprochons pas aux maris graves d’être généralement cocus, nous leur reprochons d’être à la fois graves et cocus.

Les Enfants humiliés (1940)

Le désespoir est la charité de l’enfer; il sait tout, il veut tout, il peut tout.

Nous autres Français

Le monde vit d’illusion, c’est-à-dire de prestiges, et c’est un grand malheur pour beaucoup que se substitue au prestige des personnes ou même des uniformes, le prestige plus médiocre encore des mots.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Un prêtre qui descend de la chaire de Vérité, la bouche en machin de poule, un peu échauffé, mais content, il n’a pas prêché, il a ronronné, tout au plus.

Journal d'un curé de campagne (1936)

On ne possède réellement que ce qu’on désire, car il n’est pas pour l’homme de possession totale, absolue.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore.

Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?

Le communisme disparaîtrait demain, comme a disparu l’hitlérisme, que le monde moderne n’en poursuivrait pas moins son évolution vers ce régime de dirigisme universel auquel semble aspirer les démocraties elles-mêmes.

Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?

Et l’alcool, qu’est-ce que vous en faites, de l’alcool? Oh! Pas celui que vous avez bu, naturellement. Celui qu’on a bu pour vous, bien avant que vous ne veniez au monde.

Journal d'un curé de campagne (1936)

La division des riches et des pauvres, ça doit répondre à quelque grande loi universelle. Un riche, aux yeux de l’Eglise, c’est le protecteur du pauvre, son frère aîné, quoi!

Journal d'un curé de campagne (1936)

On n’échappe pas au ridicule par une affectation de gravité.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Les déroutes ne se rachètent que par des victoires, la paresse et la lâcheté que par un élan de courage et d’audace.

Lettre aux Anglais (1942)

Non, je n’ai pas perdu la foi! Cette expression de «perdre la foi» comme on perd sa bourse ou un trousseau de clefs m’a toujours paru d’ailleurs un peu niaise.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Avec leur ribambelle de dieux, les païens n’étaient pas si bêtes: ils avaient tout de même réussi à donner au pauvre monde l’illusion d’une grossière entente avec l’invisible.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il n’est de véritable déception que de ce qu’on aime, et je n’aurais absolument pas la force de supporter d’être déçu par ce que j’aime.

Les Enfants humiliés (1940)

Il n’est qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer.

Le Chemin de la Croix-des-Ames (1948)

L’optimisme m’est toujours apparu comme l’alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d’eux-mêmes.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Depuis quand les gens de droite s’appellent-ils nationaux? C’est leur affaire, mais ils me permettront de leur dire qu’ils devancent ainsi le jugement de l’histoire.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

J’étais seul, inexprimablement seul, en face de ma mort, et cette mort n’était que la privation de l’être – rien de plus.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Le grand malheur est que la justice des hommes intervienne toujours trop tard; elle réprime ou flétrit des actes, sans pouvoir remonter plus haut ni plus loin que celui qui les a commis.

Journal d'un curé de campagne (1936)

C’est certainement un jovial garçon, car sa voix, sans aucun éclat, a un accent de gaieté secrète, véritablement irrésistible.

Sous le soleil de Satan (1926)

Ah! je pense de mes livres ce que vous en pensez vous-même, je ne puis les relire sans honte. Plût au ciel qu’ils fussent tout à fait insincères.

Dialogue d'ombres

Sa surprise fut si grande, si prompte la déception même de sa crainte, qu’il resta une seconde encore ridiculement accroupi dans la boue froide, incapable d’aucun mouvement, d’aucune pensée.

Sous le soleil de Satan (1926)

Le pas des mendiants fera de nouveau trembler la terre.

Monsieur Ouine (1943)

Jamais aucun livre ne lui a coûté tant de peine. Il ne peut se résoudre à le délaisser tout à fait, il est devenu pour son cerveau malade une sorte de fétiche, le signe augural dont dépend l’avenir, heur ou malheur.

Un mauvais rêve (1950)

Aux gouvernantes qu’il entretenait jadis avec un certains décor succèdent aujourd’hui des gotons et des servantes, qui sont ses tyrans domestiques.

Sous le soleil de Satan (1926)

Qui méprise, commence par se mépriser lui-même, se met ainsi hors de jeu.

Les Enfants humiliés (1940)

Le mépris ne me vaut rien ; il est toujours chez moi le signe d’une dépression momentanée.

Lettre aux Anglais (1942)

J’ai cru jadis au mépris. C’est un sentiment très scolaire et qui tourne vite à l’éloquence, comme le sang d’un hydropique tourne en eau.

Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Il y a certains silences qui vous attirent, vous fascinent, on a envie de jeter n’importe quoi dedans, des paroles…

Journal d'un curé de campagne (1936)

Une fois sortis de l’enfance, il faut longtemps souffrir pour y rentrer, comme tout au long de la nuit on retrouve une autre aurore.

Dialogues des Carmélites (1948)

L’espérance est une nourriture trop douce pour l’ambitieux, elle risquerait d’attendrir son coeur.

Les Enfants humiliés (1940)

Il n’y a qu’une erreur et qu’un malheur au monde, c’est de ne pas savoir aimer.

Nous autres Français

Mais que vous servirait de fabriquer la vie même si vous avez perdu le sens de la vie ?

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il faut construire sa vie très clairement comme une phrase à la française.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Peut-être le vice est-il moins dangereux pour nous qu’une certaine fadeur ? Il y a des ramollissements du cerveau. Le ramollissement du coeur est pire.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Il y a de tels moments où l’adoration des niais vous fait envier le pilori.

Sous le soleil de Satan (1926)