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Citations de : Euripide

… l’effort de l’homme, selon toute apparence, rend plus efficace le secours divin.

Iphigénie en Tauride

De l’excès du malheur peuvent naître, oui, peuvent naître d’étonnants changements de fortune, lorsqu’ils sont inscrits dans la destinée.

Iphigénie en Tauride

Jamais on obtient de meilleurs résultats que lorsque tout le monde trouve son compte dans une affaire.

Iphigénie en Tauride

Tout ce qui vient des dieux se recouvre d’obscurité; nul ne peut jamais prévoir le malheur; le sort se dérobe à notre connaissance.

Iphigénie en Tauride

… même dans les louanges qu’on reçoit l’excès a quelque chose de pénible.

Oreste

… un homme en pleine communion de sentiments avec un autre est pour lui un ami plus précieux à posséder que tous les parents du monde.

Oreste

… une seule nuit dissipe l’aversion d’une femme pour le lit d’un homme.

Les Troyennes

Parmi les heureux de la terre, ne considérez personne comme favorisé du sort avant qu’il ne soit mort.

Les Troyennes

… un service auquel on répugne n’est plus un service …

Les Troyennes

Eviter la guerre, tel est donc le devoir de tout homme sage: mais si l’on doit en arriver là, ce n’est pas une couronne sans gloire qu’une belle mort pour la cité; une mort sans beauté déshonore.

Les Troyennes

Une mort glorieuse – puisqu’il faut mourir – est toujours triste, à mon avis, pour celui qui meurt; comment le nier? mais pour ceux qui survivent, elle est un sujet d’orgueil et fait la gloire d’une maison.

Rhésos

Prends garde à l’avenir: que de bouleversements amène le destin!

Rhésos

C’est auprès d’un sage qu’il faut apprendre la sagesse.

Rhésos

Il faut que le prix en vaille la peine, quand on joue sa vie aux dés de la fortune.

Rhésos

A toute tâche proposez en outre un salaire, vous doublez le plaisir de l’accomplir.

Rhésos

Je n’aime pas la témérité chez un chef d’armée.

Rhésos

Il ne faut plus croire aux dieux, si l’injustice doit triompher de la justice.

Electre (413 av. J.-C.)

Il n’y a pas de signe certain de la vertu: tout est confusion dans la nature humaine.

Electre (413 av. J.-C.)

La pitié ne se rencontre jamais avec l’ignorance …

Electre (413 av. J.-C.)

Quand rentre le travailleur, de la porte, il aime à trouver son intérieur en ordre.

Electre (413 av. J.-C.)

(Il est question des huées du peuple) – – La multitude, cruel fléau!

Iphigénie à Aulis

Bien des maux, bien des maux sont le lot des mortels éphémères, et dur est pour les hommes l’apprentissage de la Nécessité.

Iphigénie à Aulis

Une misérable vie vaut mieux qu’une belle mort!

Iphigénie à Aulis

Car à s’entendre louer, les gens de coeur, en un sens, prennent en grippe le donneur d’éloges, si l’éloge est hyperbolique.

Iphigénie à Aulis

Un devin, qu’est-ce? Un homme qui mêle à beaucoup de mensonges quelques vérités, quand il a de la chance!

Iphigénie à Aulis

Elles sont terribles, les discussions et les luttes entre frères, lorsqu’ils se prennent de querelle!

Iphigénie à Aulis

Dans toutes les conjonctures où se trouvent mêlés les hommes, le génie féminin est l’obstacle qui fait dévier leur vie vers le malheur.

Oreste

Digne d’envie, celui qui, béni dans ses enfants, ne s’est pas en eux préparé des calamités singulières!

Oreste

Subir une contrainte est toujours d’un esclave, au jugement des sages.

Oreste

Ils ont le nom d’amis, mais ils n’en ont pas l’âme, ceux dont l’amitié ne résiste pas aux disgrâces du sort.

Oreste

L’auteur d’un crime n’a pas à se plaindre d’en être la victime.

Oreste

L’apparence n’est rien; c’est au fond du coeur qu’est la plaie.

Oreste

Instinct, tu es bien la perte des hommes, quoique tu sois capable, quand tu revêts de noblesse, d’être leur grandeur!

Oreste

Celui qui peut se livrer à la joie sans que le destin le frappe de quelque infortune, seul des mortels connaît la félicité.

Electre (413 av. J.-C.)

C’est le Hasard qui prend femme pour vous. Tantôt on tombe bien, tantôt on est moins heureux.

Electre (413 av. J.-C.)

Quand il fait un mariage brillant et supérieur à sa condition, l’homme n’est rien, on ne parle que de la femme.

Electre (413 av. J.-C.)

La souveraineté, cette injustice heureuse…

Les Phéniciennes, 549

La pitié ne naît point dans l’esprit sans culture, mais dans celui du sage.

Electre (413 av. J.-C.), 294-295

L’homme supérieur est celui qui reste toujours fidèle à l’espérance; ne point persévérer est d’un lâche.

Héraclès, 105-106

L’amour de soi passe chez tout le monde avant l’amour du prochain.

Dans la vie, des principes rigoureux donnent, dit-on, plus de déceptions que de joies.

Hippolyte, 261-262

– Qu’est-ce donc qu’on appelle amour chez les humains? – – Rien n’est plus doux, ma fille, ni amer tout ensemble.

Hippolyte, 347-348

Il ne sied pas à un homme de coeur, devenu tout-puissant, de prendre des moeurs nouvelles; à ses amis mieux que jamais il doit être fidèle, à l’heure où sa prospérité lui permet mieux que jamais de les servir.

Iphigénie à Aulis

Quelle plaie chez les méchants qu’une langue affilée!

Iphigénie à Aulis

Ah! Parmi les mortels, d’heureux jusqu’au terme, il n’en est pas, ni de favorisé des dieux; à la souffrance nulle créature encore n’a pu se dérober.

Iphigénie à Aulis

… j’envie parmi les hommes quiconque sans péril mena jusqu’au terme une existence anonyme et obscure.

Iphigénie à Aulis

Rossignol, le plus harmonieux des oiseaux, toi dont la voix n’est qu’un sanglot, viens…

Hélène, 1109-1111

Rien pour l’Etat n’est plus dangereux qu’un tyran.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.), 429

Nous avons la notion et le discernement de l’honnête, mais ne le mettons pas en pratique.

Hippolyte, 380

Le temps ne s’occupe pas de réaliser nos espérances; il fait son oeuvre et s’envole.

Héraclès, 506-507

Le peuple au plus ardent de sa colère est pareil à un feu trop vif pour être éteint.

Oreste, 696-697

Le changement est toujours agréable.

Oreste, 34

Oh! Zeus! Pourquoi donc as-tu, sous la lumière du soleil, établi auprès des hommes ces êtres de vice et de mensonge, les femmes?

Hippolyte

Il n’est, dit-on, qu’un seul bien qui puisse défier la vie: c’est une conscience juste et droite, chez tout homme qui la possède.

Car lorsque le vice a pour lui la caution des gens respectables, il est bien clair que la canaille en fera une vertu!

On aurait bien tort de se fier à la langue; elle sait bien critiquer les pensées d’autrui, mais ne nous attire à nous-mêmes par son intempérance que d’innombrables ennuis.

Hippolyte

Phèdre: – Qu’est-ce donc qu’on appelle aimer chez les mortels? – La Nourrice: – O mon enfant, c’est la plus grande douceur, c’est aussi la plus grande douleur.

Hippolyte

Parmi les mortels, il n’est pas un homme heureux. L’opulence, quand elle afflue, peut donner à l’un plus de succès qu’à l’autre, mais le bonheur, non.

Médée

Que douce est la mort quand on meurt avec ceux qu’on aime, si c’est l’arrêt du destin!

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

La valeur ne sert de rien aux mortels s’ils n’ont pas la faveur des dieux.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

C’est chose dangereuse que la témérité chez un chef, chez un pilote. Garder son sang-froid quand il convient, est d’un sage. Pour moi, le vrai courage, c’est la prudence.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

Hélas! quand les méchants sont favorisés par le sort, ils sont insolents: ils croient leur bonheur éternel.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

Oui, c’est un bien grand mal, pour les honnêtes gens, qu’un homme pervers s’élève aux honneurs en charmant le peuple par son éloquence alors qu’il n’était rien la veille.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

… chez les mortels, il n’y a pas de bonheur définitif.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

… les hommages rendus aux morts sont la parure des vivants.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

… toujours, c’est par l’intermédiaire des hommes que doivent agir les femmes, si elles sont sages.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

… la mort, je ne la désire pas, mais je n’aurai pas de souffrance à quitter la vie.

Les Héraclides

Il n’est pas possible aux yeux de blesser, quand n’agit pas le bras.

Les Héraclides

Les amours quand ils fondent sur eux avec trop de violence n’apportent ni bon renom ni vertu aux hommes.

Médée

Ah! il faudrait que les mortels pussent avoir des enfants par quelque autre moyen, sans qu’existât la gent féminine; alors il n’y aurait plus de maux chez les hommes.

Médée

Terrible et difficile à guérir est généralement la colère quand ce sont des êtres chers que met aux prises la discorde.

Médée

Hélas! hélas! pour les mortels, quel mal terrible que les amours!

Médée

Car d’une femme prompte à s’irriter – j’en dis autant d’un homme – on se met plus facilement en garde que de celle qui se tait par habileté.

Médée

Apportez aux ignorants d’ingénieuses nouveautés, vous passerez pour un inutile et non pour un savant.

Médée

Une femme d’ordinaire est pleine de crainte, lâche au combat et à la vue du fer; mais quand on attente aux droits de sa couche, il n’y a pas d’âme plus altérée de sang.

Médée

L’excès de biens ne vaut jamais rien de profitable aux mortels: de plus grandes calamités, quand le Destin s’irrite contre une maison, voilà ce qu’il lui attire.

Médée

Terribles sont les passions des rois; obéissant peu, commandant toujours, il leur est difficile de déposer leurs colères.

Médée

Il n’y a qu’une chose dont doive rougir un esclave, son nom; mais pour le reste, l’esclave ne vaut jamais moins que les hommes libres, s’il a le coeur généreux.

Ion

Car il est doux de partager son bonheur avec des êtres chers. Mais, si – ce qu’aux dieux ne plaise! – il arrive un malheur, voir la sympathie aux yeux d’un ami, que c’est doux aussi!

Ion

… la supériorité est toujours odieuse.

Ion

La honte est une déesse paresseuse.

Ion

La prudence vaut mieux que la témérité, chez un chef.

Les Phéniciennes

Si tous les hommes s’accordaient naturellement sur la beauté et la sagesse, il n’y aurait pas de malentendus et de discordes entre eux; mais en fait l’identité ou l’égalité ne sont chez les humains que des mots; dans la réalité elles n’existent pas.

Les Phéniciennes

Simple est naturellement le langage de la vérité et la justice n’a pas besoin d’explications subtiles. Elle possède en elle-même sa force; au lieu que l’injustice, malade en soi, réclame des remèdes, les sophismes.

Les Phéniciennes

La précipitation ne comporte pas la justice et de calmes discussions le plus souvent amènent avec elles la sagesse. Contiens la fureur de ton regard et les halètements de ta colère …

Les Phéniciennes

Celui qui préfère la richesse ou la puissance à des amis sûrs n’a pas son bon sens.

Héraclès Furieux

Celui qui ne sait pas supporter les infortunes ne pourrait pas non plus affronter l’arme d’un ennemi.

Héraclès Furieux

Pour l’homme qu’on a jadis appelé heureux, les revers sont chose douloureuse. Celui qui ne cesse pas d’être malheureux ne souffre pas, son infortune étant congénitale.

Héraclès Furieux

Quand la vertu succombe aux griffes du malheur, il doit gémir, le coeur qui fut toujours tenu pour généreux.

Alkestis

Je ne suis qu’un esclave, mais peu importe, les esclaves fidèles partagent les malheurs de leurs maîtres.

Les Bacchantes

Quand on a une vie modeste, quand on ne cherche pas de mauvaises défaites sur les dieux et qu’on reste dans la mesure humaine, on a une vie sans tourments.

Les Bacchantes

Ce qui est beau, toujours on l’aime.

Les Bacchantes

Il convient à un sage de chercher à modérer ses emportements.

Les Bacchantes

… ce que n’ordonne pas le destin, le destin ne vous l’infligera pas.

Les Bacchantes

Un langage sensé paraît dénué de sens à l’ignorant.

Les Bacchantes

Tu es fou désormais; tout à l’heure, tu n’étais qu’insensé.

Les Bacchantes

L’homme audacieux, à la fois puissant et habile à parler, est un citoyen dangereux s’il n’a pas de bon sens.

Les Bacchantes

Il est terrible, le vin; c’est un rude lutteur!

Le Cyclope

L’or et les faveurs du sort égarent la raison des mortels et entraînent la puissance à l’injustice. Personne n’ose envisager les vicissitudes du temps, quand il a rejeté la loi et se complaît dans l’iniquité.

Héraclès Furieux

Quelle jouissance que la mort d’un ennemi qui subit le châtiment de ses crimes!

Héraclès Furieux

Quels amis peut avoir l’homme malheureux?

Héraclès Furieux

… c’est peu de choses que la vie; vous la passerez avec tous les plaisirs possibles si de l’aube à la nuit vous évitez les chagrins. Car le temps ne sait pas sauvegarder les espoirs; son oeuvre faite, il s’envole.

Héraclès Furieux

Celui qui lutte pour échapper aux maux envoyés par les dieux est courageux, mais son courage est insensé. Ce qui doit arriver, personne ne l’empêchera jamais d’arriver.

Héraclès Furieux

Il faut fuir un ennemi si c’est un vilain, et ne s’incliner que devant l’homme sage et de bonne éducation: de celui-ci, il est plus facile par la soumission et la réserve, d’obtenir satisfaction.

Héraclès Furieux

N’est-il pas vrai que les hommes de bien trouvent le moyen de bien parler, lors même qu’ils sont lents à s’exprimer?

Héraclès Furieux

… un arc, la plus lâche des armes …

Héraclès Furieux

L’homme le plus grand est celui qui à l’espoir garde toujours sa confiance; désespérer est d’un lâche.

Héraclès Furieux

Ce sont donc des paroles creuses, quand les vieillards souhaitent la mort, gourmandant la vieillesse et une vie trop longue; vienne la mort tout près, aucun ne veut plus mourir, et la vieillesse alors ne leur est plus pesante.

Alkestis

… quand on aime, on éprouve je ne sais quel désir d’apprendre les souffrances de ceux qu’on aime.

Hélène

Tu n’as pas besoin de prier longtemps une volonté consentante.

Hélène

C’est la beauté qui fait le bonheur des autres femmes; et moi, c’est justement la beauté qui m’a perdue!

Hélène

Comment donc mourir en beauté?

Hélène

… c’est un sort plus triste que celui d’un vrai coupable, d’être accusé d’un crime que l’on n’a pas commis.

Hélène

Quand leurs amis sont en voyage, ceux qui sont restés à la maison doivent prendre soin de leurs intérêts.

Andromaque

Les liens du sang ont une force étrange, et dans les malheurs il n’y a rien qui vaille l’affection d’un parent.

Andromaque

Il vaut mieux ne pas remporter une victoire déshonorante que d’employer la haine et la force à faire chanceler la justice.

Andromaque

C’est chose effrénée que l’engeance des vieillards et quand les emporte la colère, se garder d’eux est difficile.

Andromaque

Entre deux poètes qui composent en même temps un hymne, les Muses se plaisent à allumer la discorde.

Andromaque

… il faut tenir le hasard pour un dieu et les dieux pour moins puissants que le hasard.

Le Cyclope

Le Cyclope: – C’est être fou, après boire, de n’aimer pas l’orgie. – Ulysse: – Mais quand on est ivre, rester au logis, c’est être sage.

Le Cyclope

Bien boire, bien manger, au jour le jour, c’est cela Zeus, pour les hommes sensés; mais se faire du souci, ah! non. Ceux qui ont établi les lois pour agrémenter l’existence des hommes, maudits soient-ils!

Le Cyclope

La richesse, homoncule, pour les sages, c’est un dieu; le reste, bruit sonore et paroles bien agencées.

Le Cyclope

Plût aux dieux que nulle part et jamais n’eût existé la race des femmes… si ce n’est pour moi seul!

Le Cyclope

… se dévouer au trépas pour leurs maîtres, c’est, pour des esclaves généreux, le plus beau titre de gloire.

Hélène

Une sage défiance est bien ce qu’il y a de plus utile pour les mortels.

Hélène

Jamais en dehors de la justice nul ne trouva le bonheur; mais sur l’équité l’homme peut fonder l’espoir d’éviter sa ruine.

Hélène

Il n’est pas de gloire plus haute, pour les enfants d’un homme vertueux, que d’égaler les vertus paternelles.

Hélène

Tenter l’impossible est d’un homme déraisonnable.

Hélène

Il ne faut pas, pour de petits malheurs, s’en préparer de grands.

Andromaque

Chose étrange! contre la morsure des serpents les mortels ont des remèdes inventés par l’un des dieux, et contre un être pire que la vipère et le feu, une femme méchante, personne n’a encore rien trouvé.

Andromaque

… ceux qui respirent l’orgueil admettent avec aigreur les raisons les plus fortes quand elles viennent d’inférieurs.

Andromaque

Hélas! hélas! quel mal pour les mortels que la jeunesse et, dans la jeunesse, que de ne pas avoir le sens de la justice!

Andromaque

C’est un être terriblement jaloux qu’une femme et dans son coeur pour ses rivales, elle a toujours une haine implacable.

Andromaque

Il ne faut jamais déclarer heureux aucun mortel avant sa mort, avant d’avoir vu comment il franchira son dernier jour pour descendre aux Enfers.

Andromaque

… il est dans la nature des femmes de charmer leurs maux présents en les ayant sans cesse à la bouche et sur les lèvres.

Andromaque

C’est le malheur qui met en pleine lumière la véritable amitié, et la vertu se fait aimer, toujours, par son seul prestige.

Hécube

En proie à des souffrances trop insupportables, un homme est excusable de mettre fin à un existence horrible.

Hécube

On est bien fort quand on a le nombre; invincible, quand on a la ruse.

Hécube

Parmi les mortels il n’en est pas qui soit un homme libre; l’un est l’esclave des richesses, l’autre, le jouet de la destinée; cet autre, c’est la voix populaire, ce sont les textes de lois qui lui interdisent d’adopter la conduite qu’approuve sa raison.

Hécube

… la Persuasion, cette souveraine toute-puissante des hommes.

Hécube

Les malheurs engendrent les malheurs, et jamais sans gémissements et sans larmes ne s’écoulera un seul jour!

Hécube

Le plus fortuné, c’est celui qui s’abandonne au fil des jours sans connaître aucun malheur.

Hécube

Une illustre origine met sur l’homme une empreinte puissante et le distingue de la foule; mais comme la noblesse du coeur rehausse encore la gloire de la naissance!

Hécube

… une vie sans beauté n’est qu’un lourd fardeau.

Hécube

Le puissant ne doit pas exercer injustement sa puissance; les vainqueurs ne doivent pas croire que la fortune leur sourira toujours.

Hécube

C’est prudence, même dans le malheur, de prendre les sentiments qu’il faut avoir.

Hécube

Je crois qu’il importe peu aux morts d’obtenir les honneurs de riches offrandes. Il n’y a là qu’un vain sujet d’orgueil pour les vivants.

Les Troyennes

Je réprouve la crainte quand la crainte n’est pas justifiée par un examen de la raison.

Les Troyennes

Devant l’ennemi, il n’y a qu’un mot qui vaille: «aux armes!»

Rhésos

La mer lave toutes les souillures des hommes.

Iphigénie en Tauride

… pour émouvoir la pitié, la femme a de véritables sortilèges.

Iphigénie en Tauride

Qu’elles sont habiles, les femmes, à imaginer des ruses!

Iphigénie en Tauride

Ah ! si les mortels pouvaient procréer autrement, sans qu’il y eût de femmes !

Médée (431 av. J.-C.)

Et souviens-toi aussi que tous il nous faudra mourir.

Alceste (438 av. J.-C.)

Il y a des gens qui semblent pleins de sens et qui brillent, mais au dedans ils sont pareils à tous les autres, sinon par les richesses où est leur force unique.

Andromaque (426 av. J.-C.)

Que trouvera bien un poète à graver sur ta tombe ? Ici gît un enfant que les Grecs ont tué tant ils en avaient peur.

Les Troyennes (415 av. J.-C.)

A quoi me sert, ô mes petits, de vous avoir nourris, d’avoir peiné, d’avoir souffert, de m’être usée, de m’être déchirée dans les douleurs en vous mettant au monde ?

Médée (431 av. J.-C.)

Tous ne sont pas si attachés aux rois qu’ils leur restent fidèles jusque dans le malheur.

Alceste (438 av. J.-C.)

Je ne veux pas d’une sagesse qui porte ombrage, mais un bonheur plus égal et durable.

Les Bacchantes (405 av. J.-C.)

Ah ! une femme est en général pleine de crainte, elle ne vaut rien par la force physique, pour regarder en face une arme blanche. Mais quand ce sont ses droits conjugaux qui se trouvent bafoués, il n’y a pas d’âmes plus sanguinaire que la sienne !

Médée (431 av. J.-C.)

Nous nous sommes follement épris de cette vie, qui brille sur la terre, parce que nous n’en connaissons pas d’autre, que nous ne savons pas ce qui se passe aux enfers, et que nous sommes abusés par des fables.

Hippolyte (428 av. J.-C.)

Si la querelle naît entre deux frères, la lutte entre eux est bien plus âpre qu’entre des étrangers.

Iphigénie à Aulis (406 av. J.-C.)

Aucun homme n’est dans le bonheur jusqu’au bout, Ni n’est assuré de sa destinée. Jamais personne n’a été au monde sans vivre la souffrance.

Iphigénie à Aulis (406 av. J.-C.)

Vivre honteux vaut mieux que mourir avec gloire.

Iphigénie à Aulis (406 av. J.-C.)

C’est une chance rare que de trouver quelqu’un qui veuille avec nous partager heur et malheur.

Electre (413 av. J.-C.)

Le temps dira tout à la postérité. C’est un bavard ; il parle quand on ne l’interroge pas.

Fragments

Essayer de lutter contre les maux envoyés par les dieux, c’est faire preuve de courage, mais c’est aussi folie : jamais personne ne pourra empêcher ce qui doit fatalement arriver.

Héraclès Furieux, Mégara

Le malheur lui-même finit par se lasser; les vents ne soufflent pas toujours avec la même violence; le bonheur des heureux a un terme. Tout passe, tout se modifie; l’homme de coeur est celui qui se fie jusqu’au bout à l’espérance.

Héraclès Furieux, Amphitryon

Ce qui commence mal finit mal.

Eole, 32

Ne vois-tu pas quelle déesse est Aphrodite ? Elle sème la vie, elle donne l’amour à qui nous devons tous sur terre la naissance.

Hippolyte (428 av. J.-C.), 449-450

C’est un poids bien lourd pour un seul coeur de souffrir pour deux !

Hippolyte (428 av. J.-C.), 258

Montrons-nous follement amoureux de tout ce qu’on voit briller sur cette terre parce qu’une autre vie est de nous inconnue.

Hippolyte (428 av. J.-C.), 193

Aux vrais amis tout est commun.

Andromaque (426 av. J.-C.), 377

Je hais le sage qui n’est pas sage pour lui-même.

Fragments

Qui sait si vivre est ce qu’on appelle mourir et si mourir c’est vivre ?

Fragments

Celui qui d’aventure se prend pour un grand homme, le premier prétexte l’abattra complètement.

Fragments

Même d’un rustre, Amour saura faire un poète.

Fragments

L’amour, oisif lui-même, est né pour les oisifs.

Fragments

Je hais le secours d’amis tardifs.

Rhésos (Apocryphe), Hector

Celui dont la maison est accablée par le malheur doit prendre confiance s’il honore les dieux. Les bons finissent par recevoir les récompenses qui leur sont dues; les méchants ne sont pas nés pour être heureux.

Ion (418 av. J.-C.), Le choeur

Les Dieux accomplissent bien des choses contre notre espérance; et celles que nous espérons ne s’accomplissent pas. Un Dieu donne aux choses une fin imprévue.

Les Bacchantes (405 av. J.-C.), Le Choeur

Zeus ? Qui est Zeus ? Je n’en sais rien que par ouï-dire.

Mélanippe enchaînée (412 av. J.-C.)

Insensés, vous tous qui cherchez la gloire des combats et croyez par les lances guerrières faire cesser les douleurs des mortels !

Hélène (412 av. J.-C.), 1151

Toi, qui sous la chevelure des arbres qui t’abritent, trouves des portiques et des sièges, toi, poète mélodieux, rossignol, oiseau de larmes, je t’appelle !

Hélène (412 av. J.-C.), 1107

Le caractère, voilà ce qui dure, et non pas la fortune; l’une reste toujours avec nous et triomphe du malheur; mais la fortune injuste, compagne des méchants, s’envole des palais, après avoir jeté un éclat éphémère.

Electre (413 av. J.-C.), Electre

La pitié est naturelle chez les hommes, moins chez ceux qui sont grossiers que chez ceux qui ont l’âme cultivée; cette culture même les fait souffrir davantage.

Electre (413 av. J.-C.), Oreste

Le sage doit fuir la guerre; mais si elle éclate, il doit, pour l’honneur de sa patrie, mourir bravement; mourir lâchement est une honte.

Les Troyennes (415 av. J.-C.), Cassandre

Il est insensé celui des mortels qui dévaste les villes, les temples, les sépulcres sacrés des morts, et en fait une solitude. Il périra bientôt lui-même.

Les Troyennes (415 av. J.-C.), Poseïdon

Puissent les dieux récompenser dignement vos bienfaits!

Hélène

Une conscience trop fine est plutôt un mal qu’un bien et nuit à la santé de l’âme.

Hippolyte

J’ai peur de toi – à quoi bon alléguer des prétextes? – peur que tu ne fasses à ma fille un mal irréparable. Bien des raisons font que je te redoute. Tu es savante, habile aux arts néfastes.

Médée

Je le sais: on prétend qu’il est d’un noble coeur de pleurer dans l’adversité: mais je préfère, pour moi, la force d’âme à la beauté des larmes.

Hélène

L’homme de coeur est celui qui se fie jusqu’au bout à l’espérance. Désespérer, c’est lâcheté.

Hercule furieux

Oreste: – Je mourrai inconnu, sans livrer mon nom à la raillerie. Iphigénie: – Pourquoi ne pas m’accorder de réponse? Si grand est ton orgueil? Oreste: – Ton rôle est d’immoler mon corps, non pas mon nom.

Iphigénie en Tauride

Polydore: – Je viens des cavernes des morts et des portes de l’ombre où l’Hadès a mis sa demeure, loin du séjour des autres dieux.

Hécube

Je verserai sur ton bûcher la liqueur que la rousse abeille, la fille des montagnes, cueille parmi le suc des fleurs.

Iphigénie en Tauride

Une marâtre arrive, hostile aux enfants qui sont nés avant sa venue, et sa douceur est celle de la vipère.

Alceste, 310-311

La fortune se joue de nous; le malheureux lui rend hommage pour obtenir ses faveurs; et celui qui prospère, craignant que son souffle ne l’abandonne, chante bien haut ses louanges.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.), 552-554

Celui qui sait accepte alors de souffrir de ce qu’il a appris.

Electre (413 av. J.-C.)

Pour façonner un homme valeureux, le plus important, c’est la force de l’âme.

Electre (413 av. J.-C.)

Un homme qui vous est uni de coeur, fût-il un étranger, est un ami bien plus précieux que beaucoup de parents.

Oreste

La nuit, le plus souvent: l’obscurité a quelque chose de grand.

Les Bacchantes

Les choses divines ont bien des aspects. Souvent les dieux accomplissent ce qu’on n’attendait pas. Ce qu’on attendait demeure inachevé.

Les Bacchantes

Fou qui s’imagine, dans la prospérité, pouvoir s’en réjouir comme d’un bien durable. Les destins se comportent au fil du temps ainsi qu’un lunatique qui bondit au hasard. Et jamais un même mortel ne goûte deux fois le même bonheur.

Les Troyennes

A présent, je sens ma sottise; aussi bien chez les mortels les secondes pensées sont-elles sans doute les plus sages.

Hippolyte, 434-436

Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence.

Fragments

Il l’aurait fait pour prévenir le sac de la cité, Pour servir sa maison, racheter ses enfants, Immolant l’un pour sauver tous les autres, on aurait pu lui pardonner.

Electre (413 av. J.-C.)

Le vrai philtre, je vais te le dire: ce n’est pas la beauté, ce sont nos qualités qui plaisent au compagnon de notre lit.

Andromaque

Je suis seule, exilée, bonne à être insultée par un mari qui m’a conquise en pays étranger. Je n’ai mère, ni frère, ni parent, Qui me donne un refuge en ce présent naufrage.

Médée

Si les dieux commettent un acte non respectable, ce ne sont pas des dieux.

Bellérophon

Les ruses et les machinations ténébreuses ont été imaginées par les hommes pour venir en aide à leur lâcheté.

Bellérophon

Bâtard est souvent meilleur fils que l’enfant légitime.

Andromaque

Les pères nobles ont des enfants nobles.

Détends, brebis, ta lourde mamelle,laisses-y têter les agneauxRestés seuls dans la bergerieils ont dormi au long du jour …

Le Cyclope

Qu’est-ce que l’abondance? Un nom, et rien de plus; le nécessaire suffit au sage.

Les Phéniciennes

La chance est une déesse qui se lasse d’habiter constamment auprès des mêmes.

Le sage n’est pas sans souffrir de comprendre avec trop de sagesse.

Electre (413 av. J.-C.), 295

Voici le meilleur conseil pour un homme raisonnable: ne crois pas une femme même si elle te dit la vérité.

Fragments

Le vrai courage, pour moi, c’est la prudence.

Les Suppliantes (428 av. J.-C.)

C’est un état de folie que l’amour.

Où manque le vin, s’éteint l’attrait pour Vénus.

Le vin a été donné à l’homme pour calmer ses peines. – … – Sans le vin, plus d’amour, plus rien qui charme les hommes. – … – Le dieu (Bacchus) fils de Zeus donne également au riche et au misérable la jouissance apaisante du vin.

Qui sait si la vie n’est pas la mort et si ce n’est pas la mort que les hommes appellent la vie?

Le temps révèle tout: c’est un bavard qui parle sans être interrogé.

Il n’y a pire mal qu’une mauvaise femme, mais rien n’est comparable à une femme bonne.

Figuré par la main d’imagiers habiles, ton corps sera étendu sur mon lit; auprès de lui, je me coucherai, et l’enlaçant de mes mains, appelant ton nom, c’est ma chère femme que je croirai tenir dans mes bras, quoique absente: froide volupté sans doute…

Alceste

Il n’est pas facile de ressaisir une lourde pierre échappée de notre main ni une parole tombée de notre bouche.

Fragments

Qui donc des hommes ose se juger puissant quand n’importe quel accident peut l’anéantir, effacer jusqu’à sa trace?

Fragments

Quel fléau que la richesse unie à l’ignorance!

Fragments

La franchise est la meilleure arme du juste.

Fragments

… de toute chose on peut faire naître une controverse, si on est habile à parler.

Fragments

Il faut se donner de la peine quand on veut réussir.

Fragments

Quand deux hommes se parlent et que l’un se met en colère, celui qui ne répond pas est le plus sage.

Fragments

Tous, nous devons mourir: mais cette misère commune, la sagesse nous habitue à n’en souffrir que modérément.

Fragments

… l’attente du malheur est plus dure à supporter que le malheur lui-même.

Fragments

C’est une vraie tyrannie souvent que l’éloquence.

Fragments

Il n’y a pas de remparts, ni de trésors, ni rien qui soit plus difficile à garder qu’une femme.

Fragments

Le courage n’est rien sans la réflexion.

Fragments

Le silence est la réponse des sages.

Fragments

Qui sait si notre vie n’est pas la mort, et si mourir n’est pas vivre aux Enfers?

Fragments

… ne crois jamais une femme, même si elle dit la vérité.

Fragments

Quand on a mal commencé on finit mal.

Fragments

Enfants, l’homme habile est celui qui sait en peu de mots condenser beaucoup d’idées, artistement.

Fragments

Quand deux difficultés se présentent, applique ton attention à une, réserve l’autre.

Fragments

J’aimais: c’est un état de folie que l’amour.

Fragments

L’honnêteté est plus inébranlable que la loi. L’une, personne ne pourra jamais l’ébranler par la parole; l’autre, en la tournant et la retournant souvent, un rhéteur la met à mal.

Fragments

Le travail, selon le proverbe, est le père de la renommée.

Fragments

Nous sommes plus habiles, tous, à discerner les malheurs du voisin que nos infortunes domestiques.

Fragments

La mort ne passe-t-elle pas pour être aux maux le plus efficace des remèdes?

Les Héraclides

… l’honneur passe avant la vie dans l’opinion des hommes de coeur.

Les Héraclides

… avide de tout apprendre, la curiosité humaine, même dans le malheur, se révèle insatiable.

Hippolyte

Dans la vie, il n’est pas prudent de faire trop de zèle.

Hippolyte

Heureux ou malheureux, ton destin ne concerne que toi.

Alceste (438 av. J.-C.)

De deux honneurs, l’un du moins nous sera acquis, ou mourir avec gloire, ou avec gloire nous sauver.

Oreste (408 av. J.-C.)

C’est dans la détresse que les amis doivent venir à la rescousse. A quoi nous servent-ils quand le ciel est pour nous ?

Oreste (408 av. J.-C.)

Que jamais nos pensées n’imaginent rien qui soit supérieur aux lois !

Les Bacchantes (405 av. J.-C.)