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Citations de : Eugène Fromentin

Le caravansérail est formé d’une cour immense entre quatre murs. Sur deux faces, une galerie couverte pour les chevaux; aux quatre angles, une chambre pour les voyageurs.

Un été dans le Sahara (1857)

Son caractère ombrageux à l’excès prenait de jour en jour des angles plus vifs, son visage des airs plus impénétrables.

Dominique (1862)

J’entendais en m’endormant le bruit du vent dans les arbres et ce ronflement de la mer dont l’enfance de Dominique avait été bercée.

Dominique (1862)

C’était une bécasse arrivée la nuit; elle montait en battant les branches et se glissait entre les rameaux des grands arbres nus.

Dominique (1862)

Derrière ces clôtures taciturnes, ces portes massives comme des portes de citadelles, ces guichets barricadés avec du fer, il y a des choses qu’on ignore.

Une année dans le Sahel (1858)

Par moments, les palmiers se balancent comme pour secouer la poussière du jour.

Un été dans le Sahara (1857)

Baigné d’air chaud, pénétré de silence et sous l’empire de sensations extraordinairement douces et perfides …

Une année dans le Sahel (1858)

Il n’y avait plus rien que le noir, ce noir absolu qui doit exister seulement dans l’oeil éteint des aveugles.

Un été dans le Sahara (1857)

Je n’entends pas d’autre bruit que celui du vent dans la toile des tentes et dans les arbres du jardin.

Un été dans le Sahara (1857)

Et vous aussi, mon cher Augustin, lui dis-je, vous n’êtes pas heureux?

Dominique (1862)

Un attendrissement subit, impossible à motiver, plus impossible encore à contenir, montait en moi comme un flot prêt à jaillir.

Dominique (1862)

Je ne sais quelle envie perverse me prit de la gêner, de l’assiéger, de la contraindre dans sa dernière réserve.

Dominique (1862)

L’eau serpente et dessine en courant des arabesques mobiles.

Une année dans le Sahel (1858)

Sa couleur violâtre appuie la couleur ardente du premier plan.

Voyage en Egypte

Une ardeur … d’anticiper sur son âge et de s’improviser un homme à seize ans à peine.

Dominique (1862)

Il était plus animé que de coutume; une certaine excitation forte, joyeuse et résolue éclairait ses yeux.

Dominique (1862)

Son caractère ombrageux à l’excès prenait de jour en jour des angles plus vifs.

Dominique (1862)

Narcisse devint amoureux de son image; il ne la quitta pas des yeux, et mourut de cette illusion même qui l’avait charmé.

Dominique (1862)

Le bonheur consiste dans l’égalité des désirs et des forces.

Etre beau, tel était le premier et le dernier mot, l’alpha et l’oméga d’un catéchisme que nous ne connaissons plus guère aujourd’hui.

Une année dans le Sahel (1858)

On dansait devant la grille de la ferme sur une esplanade en forme d’aire, entourée de grands arbres.

Dominique (1862)

(L’absence) accumule des mondes d’indifférence sur des promesses de souvenirs éternels.

Dominique (1862)

Il n’y a de définitif et d’absolu que les lois du beau.

Après avoir à ses débuts abordé le théâtre, pour lequel il ne se jugeait ni assez recommandé ni assez mûr, il s’était jeté dans le journalisme.

Dominique (1862)

J’étais heureux, si le bonheur consiste à vivre rapidement, à aimer de toutes ses forces, sans aucun sujet de repentir et sans espoir.

Trop haut, c’est l’impossible; trop bas ce sont les feuilles mortes. La vie n’est pas là; regardez directement devant vous, à hauteur d’hommes, et vous la verrez.

Sais-tu quel est mon plus grand souci? C’est de tuer l’ennui. Celui qui rendrait ce service à l’humanité serait le vrai destructeur des monstres.

Dominique (1862)

On dirait que l’art de peindre est depuis longtemps un secret perdu et que les derniers maîtres tout à fait expérimentés qui le pratiquèrent en ont emporté la clef avec eux.

Les Maîtres d'autrefois (1876)

La peinture est à fleur de toile, la vie n’est qu’à fleur de peau.

L’art italien a cela de commun avec tous les arts fortement constitués, qu’il est à la fois cosmopolite parce qu’il est allé partout, et très altier parce qu’il s’est suffi.

L’art de peindre n’est que l’art d’exprimer l’invisible par le visible.

Les Maîtres d'autrefois (1876)

L’absence unit et désunit, elle rapproche aussi bien qu’elle divise, elle relâche certains liens très solides, elle les tend et les éprouve au point de les briser.

Je me suis mis d’accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l’impossible.

Dominique (1862)

Il faut comprendre que son élément, c’est la lumière, que son moyen d’exaltation c’est sa palette, son but la clarté et l’évidence des choses.

Les Maîtres d'autrefois (1876)

Je connus tout, y compris une douleur inattendue, très cuisante, et qui ressemblait beaucoup à l’âcre frisson de l’amour-propre blessé.

Dominique (1862)

Je la saisis, je la tins quelques secondes ainsi collée contre ma poitrine, la tête renversée, les yeux clos, les lèvres froides, à demi morte et pâmée, la chère créature, sous mes baisers.

Dominique (1862)

On cite une marquise du commencement de ce siècle, qui prétendait qu’en le voulant bien on pouvait s’empêcher de mourir. Elle n’est peut-être morte que d’une distraction.

Dominique (1862)

Anesse le jour, femme la nuit.

Une année dans le Sahel (1858)

Les maîtres seuls sont d’intelligence avec la nature; ils l’ont tant observée, qu’à leur tour ils la font comprendre.

Un été dans le Sahara (1857)

C’étaient des visions instantanées, rapides, mais d’une vivacité qui m’allait au coeur comme un aiguillon.

Une année dans le Sahel (1858)

Il y a des attractions impossibles en morale comme en chimie, et toute la politique des siècles ne changera pas en loi d’amour la loi des inimitiés humaines.

Une année dans le Sahel (1858)

Il me plongeait dans les livres, me les faisait lire et relire, me faisait traduire, analyser, copier, et ne me lâchait en plein air que lorsqu’il me voyait trop étourdi par cette immersion violente dans une mer de mots.

Dominique (1862)

Il y a des lieux dans le monde où je suis comme humilié d’avoir promené des chagrins si ordinaires et versé des larmes si peu viriles.

Dominique (1862)

C’était l’hiver, il pleuvait des semaines entières, il neigeait; puis un dégel subit emportait la neige, et la ville apparaissait de plus en plus noire après ce rapide éblouissement qui l’avait couverte un moment des fantaisies de cette âpre saison.

Dominique (1862)

Elle avait les yeux bordés d’antimoine, les mains enluminées de henné, les pieds aussi; ses talons rougis par la peinture, «ressemblaient à deux oranges».

Une année dans le Sahel (1858)

La rivière avait des frissons de lumière qui la blanchissaient.

Dominique (1862)

Quand à nous, nous avons pris pour cette nuit nos logements dans le fondouk. Y sommes-nous plus abrités qu’en plein air ? Ce serait à essayer, si je l’osais.

Un été dans le Sahara (1857)

J’étais là quand on fauchait, là quand on relevait les fourrages, et je me laissais emmener par les chariots qui revenaient avec leur immense charge.

Dominique (1862)

L’air tiède y venait du dehors avec les exhalaisons du jardin en fleur.

Dominique (1862)

La chaleur s’accroît rapidement, mais elle ne fait encore que m’exciter au lieu de m’abattre.

Un été dans le Sahara (1857)

Alger s’étoilait de lumières, et partout où se cachait une habitation, la campagne obscure était piquée d’un feu rouge.

Une année dans le Sahel (1858)

Si quelque chose égale la sobriété des Arabes, c’est leur gloutonnerie. Admirables estomacs, qui tantôt ne mangent pas de quoi satisfaire un enfant, et tantôt se satisfont tout juste de ce qui étoufferait un ogre.

Un été dans le Sahara (1857)

Un oiseau blanc volait entre le ciel et l’eau, dessinant sa grêle envergure sur le ciel immuablement bleu et la reproduisant dans la mer calme.

Dominique (1862)

Allant toujours du même pas, par longues enjambées, avec cette élasticité du genou qui est l’art des grands marcheurs.

Un été dans le Sahara (1857)

Il écrivait rapidement, d’une écriture déliée, symétrique, très nette à l’oeil, et semblait se dicter à lui-même à demi-voix.

Dominique (1862)

Au bord et parmi des joncs pliés en deux par le cours de l’eau, il y avait des bateaux amarrés chargés de planches et de vieux chalands échoués dans la vase, comme s’ils n’eussent jamais flotté.

Dominique (1862)

Je le répète, il était assez indifférent pour moi que ce monde fût un échiquier, comme me le disait encore Augustin; que la vie fût une partie jouée bien ou mal, et qu’il y eût des règles pour un pareil jeu.

Dominique (1862)

Une troupe d’enfants s’ébattait aux alentours comme des poussins sur la limite d’un poulailler.

Une année dans le Sahel (1858)

Le douar ne comptait pas plus de quinze ou vingt tentes, ce qui représente à peine le plus petit des hameaux nomades.

Un été dans le Sahara (1857)

Quant à la vie de Paris … je ne me faisais point d’illusions, et ne la considérais nullement comme un secours. J’y comptais un peu pour me distraire, mais pas du tout pour m’étourdir, et encore moins pour me consoler.

Dominique (1862)

Ces deux livres terminés, à deux ans de distance et pour ainsi dire écrits d’une haleine, je les publiai comme ils étaient venus …

Un été dans le Sahara (1857)

Songez que la soumission n’engage à rien pour l’avenir, et que la discipline imposée n’est rien non plus quand on a le bon esprit de se l’imposer soi-même.

Dominique (1862)

C’est à la pluie que j’ai dû de connaître, une première fois, il y a cinq ans, le pays du perpétuel Eté.

Un été dans le Sahara (1857)

Les enfants ont une disposition qui les porte à tellement égayer comme à grandir ce qui les entoure.

Dominique (1862)

Je la vis entourée; je me rapprochais d’elle. J’entendis autour de moi des mots qui me brûlèrent; j’étais jaloux.

Dominique (1862)

Il était venu s’ensevelir, au fond de ses marais… dans la plus inconcevable solitude.

Dominique (1862)

Le soir approchant, nous revenions au petit pas, par des chemins pierreux enclavés entre des champs fraîchement remués dont la terre était brune.

Dominique (1862)

L’émulation au collège est la forme ingénue d’une ambition que vous connaîtrez plus tard.

Dominique (1862)

Au pied on aperçoit une multitude de tombes serrées, accumulées, empiétant les unes sur les autres; la foule des morts s’y presse; c’est à qui dormira le plus près du saint.

Un été dans le Sahara (1857)

Personne ne conspire avec la pauvre Julie pour s’emparer de ta volonté et la lui amener pieds et poings liés.

Dominique (1862)

Dans la soirée, il se fit une embellie qui nous permit de sortir.

Dominique (1862)

La femme fuit, elle élude, mais un mot plus doux la blesse au coeur.

Un été dans le Sahara (1857)

Il y a dans l’esprit de certains hommes je ne sais quelle brume élégiaque toujours prête à se répandre en pluie sur leurs idées.

Dominique (1862)

La stabilité des habitudes n’a pour limite que la fin même des choses, la ruine et la destruction par le temps.

Une année dans le Sahel (1858)

La chaîne dentelée et toujours bleue des montagnes kabyles ferme par un dessin sévère ce magnifique horizon de quarante lieues.

Une année dans le Sahel (1858)

J’étais tourmenté, agité, désoeuvré surtout, même en plein travail.

Dominique (1862)

Ce brusque rappel aux réalités dérisoires du lendemain écrasa ma douleur sous une sensation unique de petitesse.

Dominique (1862)

Elle disciplinait ma vie mal réglée, ou plus déréglée et portée sans mesure à tous les excès contraires du travail acharné ou de la pure inertie.

Dominique (1862)

Les arbres entièrement dépouillés, j’embrassais mieux l’étendue du parc.

Dominique (1862)

On voyait luire ses petits yeux devenus couleur de braise, et, dans ses mâchoires ouvertes tout à coup par ce large accès de gaieté, je vis briller des dents pareilles à des crocs de carnassiers.

Un été dans le Sahara (1857)

Madame, dit-il à ma tante, qui l’accompagnait avec moi, je vous remercie encore une fois d’un intérêt qui ne s’est pas démenti pendant quatre années.

Dominique (1862)

Les joueurs étaient de jeunes enfants de huit à douze ans, agréables de visage et déliés de tournure.

Une année dans le Sahel (1858)

C’est un diable d’homme assez bizarre, grand, sec, à nez crochu, sanglé, botté, coiffé haut, qui se déhanche en marchant avec des airs d’acrobate et une certaine mine de mauvais sujet.

Un été dans le Sahara (1857)

Ces femmes en robe collante, aux joues découvertes, aux beaux yeux fixes, accoutumées aux hardiesses du regard, semblent toutes singulières dans ce monde universellement voilé.

Une année dans le Sahel (1858)

A l’extrémité de cette immense campagne stérile, l’arête vaporeuse du Djebel-Amour se découpait sur un ciel d’une extraordinaire transparence.

Un été dans le Sahara (1857)

Cette perpétuelle critique exercée sur moi-même, cet oeil impitoyable, tantôt ami, tantôt ennemi … tout cela me jeta dans une série de malaises, de troubles, de stupeurs ou d’excitations qui me conduisaient tout droit à une crise.

Dominique (1862)

Douce et vaillante bête, dès que l’homme a posé la main sur son cou pour empoigner ses crins, son oeil s’allume.

Un été dans le Sahara (1857)

Il était tellement criblé de balles, qu’on l’aurait dit fusillé par jugement.

Un été dans le Sahara (1857)

L’été, on se demande où sont les rivières qui ont pu creuser de pareils lits.

Un été dans le Sahara (1857)

Les sommets se couronnent avec gravité de chênes vert, de chênes-lièges et d’arbres résineux.

Un été dans le Sahara (1857)

La vue de cette ardente et inflexible physionomie me rendit en quelque sorte une lueur de courage.

Dominique (1862)

A onze heures, la cloche des Trembles annonçait le déjeuner: c’était le premier moment de la journée qui réunît la famille au complet.

Dominique (1862)

Ce passage est une déchirure étroite, qu’on dirait faite de main d’homme, dans une énorme muraille de rochers.

Un été dans le Sahara (1857)

Les murs transpiraient humectés de vendanges. Des vapeurs capiteuses formaient un brouillard autour des lampes.

Dominique (1862)

C’est l’adieu brûlant de l’été caniculaire.

Une année dans le Sahel (1858)

Je plongeais les yeux dans toutes les loges peuplées de femmes; cela formait, vu d’en bas, une irritante exposition de bustes à peu près sans corsage et de bras nus gantés très court.

Dominique (1862)

Ce brusque retour des pluies nous a surpris au moment de monter à cheval.

Un été dans le Sahara (1857)

Je la vis entourée; je me rapprochai d’elle. J’entendis autour de moi des mots qui me brûlèrent: j’étais jaloux.

Dominique (1862)

Des brises chaudes montaient, avec je ne sais quelles odeurs confuses et quelle musique aérienne du fond de ce village en fleurs.

Un été dans le Sahara (1857)

Une douleur fixe me bridait le coeur et me tenait les yeux aussi secs que si je n’eusse jamais pleuré.

Dominique (1862)

Cette architecture bizarre se répète d’un bout à l’autre avec la plus exacte symétrie.

Un été dans le Sahara (1857)

Les blés étaient verts; ils s’étendaient au loin dans la plaine onduleuse, où les sainfoins se teignaient d’amarante.

Dominique (1862)

Les maisons sont d’un blanc à éblouir et coupées d’ombres fines, rayées comme un burin.

Une année dans le Sahel (1858)

Au delà s’élève une double rangée de collines dorées, derniers mouvements du sol, qui, douze lieues plus loin, vont expirer dans la plaine immense et plate.

Un été dans le Sahara (1857)

Le fouet du postillon cingla les quatre chevaux d’attelage, et la voiture se mit à rouler vers Paris.

Dominique (1862)

Les maisons arabes ont tant de cicatrices qu’on ne peut reconnaître, et ici moins qu’ailleurs, si c’est le temps, la négligence ou la main d’un ennemi qui les a faites.

Un été dans le Sahara (1857)

Les pentes sont entièrement couvertes de broussailles, et les sommets se couronnent avec gravité de chênes verts, de chênes-lièges et d’arbres résineux.

Un été dans le Sahara (1857)

La nuit était admirable, calme, chaude, ardemment étoilée comme une nuit de canicule.

Un été dans le Sahara (1857)

Je n’ai pas charge d’âmes, et c’est trop d’avoir à gouverner tout seul deux fous comme toi et moi.

Dominique (1862)

La chaîne dentelée et toujours bleue des montagnes kabyles ferme par un dessin sévère, ce magnifique horizon de quarante lieues.

Une année dans le Sahel (1858)

Madeleine, j’en étais certain, ne pouvait ressentir aucun intérêt pour un étranger que le hasard avait jeté dans sa vie comme un accident.

Dominique (1862)