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Citations de : Eugène Delacroix

Ce qui fait les hommes de génie, ou plutôt ce qu’ils font, ce ne sont point les idées neuves, c’est cette idée, qui les possède, que ce qui a été dit ne l’a pas encore été assez.

Journal, 22 décembre 1823

C’est l’instable qui est le fixe.

Lettre à J.-B. Pierret

Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité.

Il y a deux choses que l’expérience doit apprendre : la première, c’est qu’il faut beaucoup corriger la seconde, c’est qu’il ne faut pas trop corriger.

Journal 1822-1863

Pourquoi ne pas profiter des contrepoisons de la civilisation, les bons livres.

Journal 1822-1863

Peut-être les très grands hommes, et je le crois tout à fait, sont-ils ceux qui ont conservé à l’âge où l’intelligence a toute sa force, une partie de cette impétuosité dans les impressions, qui est le caractère de la jeunesse.

Journal 1822-1863

Il y deux choses que l’expérience doit apprendre: la première, c’est qu’il faut beaucoup corriger; la seconde, c’est qu’il ne faut pas trop corriger.

Journal, 8 mars 1860

Dans les arts en particulier, il faut un sentiment bien profond pour maintenir l’originalité de sa pensée en dépit des habitudes auxquelles le talent lui-même est fatalement enclin à s’abandonner.

Journal, 1er mars 1859

Les passions corporelles sont toutes viles. Celles de l’âme qui sont viles sont de vrais cancers: envie, etc… La lâcheté est si vile, qu’elle doit participer des deux.

Journal, 8 octobre 1822

Qu’est-ce, en définitive, que la peinture dans sa définition la plus littérale? L’imitation de la saillie sur une surface plane.

Ecrits, 15 septembre 1850

Dans la peinture, il s’établit comme un pont mystérieux entre l’âme des personnages et celle du spectateur.

Journal, 8 octobre 1822

On voit de mauvais généraux gagner des batailles; la chance y a autant et plus de part que le talent. On ne voit jamais de mauvais artistes faire de beaux ouvrages.

Ecrits, II

En littérature, la première impression est la plus forte.

Journal, 5 février 1847

Il faut, dans les arts, se contenter, dans les ouvrages même les meilleurs, de quelques lueurs, qui sont les moments où l’artiste a été inspiré.

Journal, 21 avril 1853

Les grands hommes qui écrivent leurs mémoires ne parlent pas assez de l’influence d’un bon souper sur la situation de leur esprit.

Journal, 8 août 1850

L’art du peintre vraiment idéaliste est aussi différent de celui du froid copiste que la déclamation de Phèdre est éloignée de la lettre d’une grisette à son amant.

Journal, 12 octobre 1853

Il faut une grande hardiesse pour oser être soi: c’est surtout dans nos temps de décadence que cette qualité est rare.

Journal, 15 janvier 1860

Chez la plupart des hommes, l’intelligence est un terrain qui demeure en friche presque toute la vie.

Ecrits

Le soir, dans l’atelier, où j’ai fait un fusain d’après un torse de la Renaissance, pour un essai du fixatif que Riesener emploie.

Journal, 14 décembre 1853

Ce fanatisme presque toujours aveugle qui nous pousse tous à l’imitation des grands maîtres et à ne jurer que par leurs ouvrages.

Ecrits

J’ai été ce soir voir la princesse Marcelline; par extraordinaire, elle était seule.

Journal, 1853

F… me conseille d’imprimer, comme elles sont, mes réflexions, pensées, observations, et je trouve que cela me va mieux que des articles ex professo.

Journal, 1853

La vraie supériorité, comme je l’ai dit quelque part dans ces petits souvenirs, n’admet aucune excentricité.

Ecrits, 1855

Il faut supposer que ce que vous avez à dire est intéressant car s’il n’en était pas ainsi, peu importe que vous soyez long ou concis.

Ecrits

L’église, extérieurement, du côté du chevet, très ancienne: gothique roman, en pierres de diverses couleurs.

Journal, 5 août 1850

Je surmonterais la cacochymie du corps et de l’esprit en faisant de temps en temps un voyage.

Journal, 1849

Je n’ai pas parlé à Alcassar de la visite au pacha dans sa tente. La selle à droite, son sabre sur son matelas blanc, couvertures; un homme à ses pieds dormant enveloppé dans un burnous noué par derrière.

Journal, 11 mars 1832

Grande interruption dans ces pauvres notes de tous les jours: j’en suis très attristé; il me semble que ces brimborions, écrits à la volée, sont tout ce qui me reste de ma vie, à mesure qu’elle s’écoule.

Journal, 11 mars 1854

Cette prétendue franchise, à l’aide de laquelle on débite des opinions tranchantes ou blessantes est ce qui m’est le plus antipathique.

Journal, 8 mars 1849

Il m’a donné sa recette pour imprimer les panneaux, cartons ou toiles: colle de peau et blanc d’Espagne, appliqués à la brosse et unis au papier de verre.

Journal, 7 février 1847

On ne peut assez répéter que les règles du beau sont éternelles, immuables et que les formes en sont variables.

Ecrits

Un objet parfaitement beau comporte une parfaite simplicité qui, au premier moment, ne cause pas l’émotion que l’on ressent en présence de choses gigantesques, dans lesquelles la disproportion même est un élément de beauté.

Journal, 7 septembre 1854

C’est à lui que nous devons cette extension des accords, soit plaqués, soit en arpèges, soit en batterie; ces sinuosités chromatiques et enharmoniques dont ses études offrent de si frappants exemples …

Journal, 28 février 1851

Le génie d’ailleurs sait employer avec un égal succès les moyens les plus divers.

Ecrits, Journal, 1857

Rubens ne se châtie pas, et il fait bien. En se permettant tout, il vous porte au delà de la limite qu’atteignent à peine les plus grands peintres; il vous domine, il vous écrase sous tant de liberté et de hardiesse.

Ecrits, 21 octobre 1860

J’ai sous les yeux les Chasses de Rubens; une entre autres, celle aux lions, gravée à l’eau-forte par Soutman.

Journal, 1847

Il faudrait seulement trouver un moyen de rendre le vernis de dessous inattaquable dans les opérations subséquentes de dévernissage.

Journal, 5 février 1849

La détrempe prête admirablement à cette simplicité d’effets, les teintes ne se mêlant pas comme dans l’huile.

Journal, 30 juillet 1854

La lumière dégradée sur les jambes du Christ depuis les genoux.

Journal, 12 août 1850

Mais à partir de ce jour a commencé l’indisposition qui m’a fort retenu et fort donné à penser sur la sottise de vouloir se crever de travail.

Journal, 17 novembre 1852

Les écoles, les coteries ne sont autre chose que des associations de médiocrités, pour se garantir mutuellement un semblant de renommée qui, à la vérité, est de courte durée mais qui fait traverser la vie agréablement.

Ecrits, Lettre à Madame Cavé

Se rappeler ce beau caractère raphaélesque et plus encore corrégien: le beau et simple modelé et la hardiesse de l’indication.

Journal, 13 octobre 1849

Tout ce qu’on peut exiger d’un écrivain, c’est-à-dire d’un homme, c’est que la fin de la page soit conséquente avec le commencement.

Journal, 3 juillet 1846

Il y a au fond du choeur des vitraux, d’après les dessins de Navez, qui entrent dans les inconvénients de ce genre bâtard.

Journal, 7 juillet 1850

Le bel homme à manches vertes, chemise de dessus en basin.

Journal, 26 janvier 1832

Tous les sujets deviennent bons par le mérite de l’auteur.

Ecrits

L’ornement tient toute la place dans cette musique; ce ne sont que festons et astragales …

Journal, 27 décembre 1853

Une personne sotte vous assotit.

Journal, 19 février 1847

La campagne m’est nécessaire de temps en temps. Comme j’y travaille, elle ne m’assomme pas.

Journal, 17 octobre 1853

La pratique d’un art demande un homme tout entier; c’est un devoir de s’y consacrer pour celui qui en est véritablement épris.

Journal, 16 janvier 1860.

Le jaunissement et l’ardent des teintes.

Journal, 5 octobre 1847.

L’architecture ne prend rien dans la nature directement, comme la sculpture ou la peinture; en cela elle se rapproche de la musique.

Journal, 20 septembre 1852

En retournant, songé avec Soulier à faire de l’aquatinte d’après mes dessins.

Journal, 4 mai 1824

Le charme particulier de l’aquarelle, auprès de laquelle toute peinture à l’huile parait toujours rousse et pisseuse, tient à cette transparence continuelle du papier.

Journal, 6 octobre 1847

Quand le Poussin disait, dans une boutade, que Raphaël était un âne, à côté de l’antique, il savait ce qu’il disait.

Journal, 1852

J’ai fait amitié à un chat angora charmant qui me suivait et qui s’est laissé caresser.

Journal, 10 mai 1853

L’amollissement général qui est probablement le produit du progrès des jouissances.

Journal, 2 septembre 1854

Il me parle de l’alumine. En la broyant avec tous les tons possibles, on obtient un transparent qui en fait une laque.

Journal, 18 septembre 1850

Que d’alambiquages, que de petites intentions les modernes auraient prodigués sur ce sujet!

Journal, 26 janvier 1852

Traversez en un clin d’oeil les terres et les mers, mais dirigez les passions comme vous dirigez les aérostats!

Journal, 1853

Il y a beaucoup d’académique dans Rubens, surtout dans son exécution.

Journal, 14 mai 1830

Les femmes savent bien à quoi s’en tenir sur ce qui fait le fond même de l’amour. Elles vantent les faiseurs d’odes et d’invocations: mais elles attirent et recherchent soigneusement les hommes bien portants et attentifs à leurs charmes.

Journal

L’esprit humain ne sait rien conserver: les traditions sont nulles. Le grand homme éclipsé, tout est fini avec lui.

Journal (1893)

Un Grec et un Anglais ont chacun une manière d’être beau qui n’a rien de commun.

Journal, Tome I (1893)

Les bonnes parties (d’un tableau) sautent aux yeux en un moment … . Il n’en est pas tout à fait ainsi d’un livre. Les beautés n’en sont pas assez détachées pour exciter constamment le même plaisir.

Des détails frappants, frappants comme un coup de poing qu’on reçoit; mais l’intérêt, l’unité, l’enchaînement de tout cela est absent … . Il semble qu’en faisant un bras et une jambe, il ne pense qu’à ce bras et à cette jambe …

A propos du "Jugement dernier" de Michel-Ange, 1854.

Le tableau le plus gigantesque se voit en un instant.

Dans un tableau qui … plaît … ne regarder que les belles parties dont on ne peut se lasser.

Journal, 1863

… Les grands peintres seuls partent d’un point fixe, et c’est à cette expression pure qu’il leur est difficile de revenir dans l’exécution.

Journal, 1854

D’abord ils se sont dressés et battus avec acharnement qui me faisait frémir pour ces messieurs, mais vraiment admirable por la peinture. J’ai vu là, j’en suis certain, tout ce que Gros et Rubens ont pu imaginer de fantastique et de plus léger.

Journal, 1832

Dans la peinture, c’est l’esprit qui parle à l’esprit et non la science qui parle à la science.

Le peintre est bien plus maître de ce qu’il veut exprimer que le poète ou le musicien livré à des interprètes.

Sublime vivant qui court ici dans les rues et qui vous assassine de sa réalité.

Sur le Maroc.

Il prend un tableau, le décrit à sa manière, fait lui-même un tableau qui est charmant, mais il n’a pas fait oeuvre de véritable critique.

Sur Théophile Gautier.

Grande délicatesse dans l’expression des détails qui rendent le tempérament, la finesse de la peau et des cheveux, la grâce des mains, etc. La peinture traitée largement ne peut donner ce genre d’impression.

A propos de l'oeuvre de Gérard David.

– Mais quand une chose t’ennuiera, ne la fais pas. Ne cours pas après une vaine perfection. Il est certains défauts pour le vulgaire qui donnent souvent la vie.

Journal 1822-1863, 7 mai 1824

Tel livre où on n’avait rien trouvé d’utile, lu avec les yeux d’une expérience plus avancée, portera leçon.

Journal 1822-1863, 8 octobre 1822

Quand j’ai fait un beau tableau, je n’ai pas écrit une pensée. C’est ce qu’ils disent. Qu’ils sont simples! Ils ôtent à la peinture tous ses avantages.

Journal 1822-1863, 8 octobre 1822

Conseil d’ami: – «Ne négligez rien de ce qui peut vous faire grand», m’écrivait le pauvre Beyle.

Journal 1822-1863, 31 janvier 1850

Le plus beau triomphe de l’écrivain est de faire penser ceux qui peuvent penser.

Ecrits

L’adversité rend aux hommes toutes les vertus que la prospérité leur enlève.

Journal intime

Il faut se servir des moyens qui sont familiers aux temps que vous vivez; sans cela, vous n’êtes pas compris et vous ne vivez pas.

Point de règles pour les grandes âmes: elles sont pour les gens qui n’ont que le talent qu’on acquiert.

Journal, 22 décembre 1823

Les talents nés trouvent d’instinct le moyen d’arriver à exprimer leurs idées.

Le secret de n’avoir pas d’ennuis, pour moi du moins, c’est d’avoir des idées.

Journal, 22 décembre 1823

Le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’oeil.

Le livre d’un grand homme est un compromis entre le lecteur et lui.

Lettre à Balzac, 1832

Le bonheur d’un homme qui sent la nature, c’est de la rendre.

Le beau … est le fruit d’une inspiration persévérante qui n’est qu’une suite de labeurs opiniâtres.

Oeuvres littéraires

La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières, comme la maîtresse la plus exigeante.

La peinture lâche est la peinture d’un lâche.

Journal, 22 décembre 1823

La peinture est le métier le plus long et le plus difficile. Il lui faut l’érudition comme au compositeur, mais il lui faut aussi l’exécution comme au violon.

La mer est là, magnifique, imposante et superbe, avec ses bruits obstinés. Rumeur impérieuse et terrible, elle tient des propos étranges. Les voix d’un infini sont devant vous. Rien de la vie humaine.

La matière retombe toujours dans la tristesse.

Oeuvres littéraires

L’homme: un animal sociable qui déteste ses semblables.

Journal, 22 décembre 1823

L’exécution, dans la peinture, doit toujours tenir de l’improvisation.

Journal, 22 décembre 1823

Il y a deux choses que l’expérience doit apprendre: la première, c’est qu’il faut beaucoup corriger; la seconde, c’est qu’il ne faut pas trop corriger.

Journal, 22 décembre 1823

Il y a dans l’aurore du talent quelque chose de naïf et de hardi en même temps qui rappelle les grâces de l’enfance et aussi son heureuse insouciance des conventions qui régissent les hommes faits.

Il faut toujours gâter un peu un tableau pour le finir.

Cette vie d’homme qui est si courte pour les plus frivoles entreprises est pour les amitiés humaines une épreuve difficile et de longue haleine.

Journal, 22 décembre 1823