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Citations de : Erasme

Tout, dans le monde, est si obscur; si variable, qu’il est impossible de rien savoir de certain.

L'Eloge de la folie (1508)

Celui qui court deux lièvres à la fois n’en prend aucun.

Adages

A chacun son pet sent bon.

Adages (Cuicumque crepitus bonum olet)

Alors qu’en ce moment la campagne tout entière reverdit et prend un air riant, je m’étonne fort que des gens trouvent de l’attrait aux villes enfumées.

Les Colloques

Après les publicains viennent aussi les soldats, race d’hommes brutale et impie, indifférente aux lois, portée à la violence, ayant l’âme vénale, aimant la rapine, hautaine et effrontée parce que tout leur est permis.

Paraphrase sur l'Evangile de Luc, III, 14

Tu as horreur du poison visible qui cause la perte du corps, aie bien davantage horreur de la toxine qui tue l’âme. La ciguë est un poison pour le corps, mais beaucoup plus fort est le poison de l’âme, le plaisir.

Le Poignard du soldat chrétien

On me dit: En quoi la connaissance de la Philosophie aide-t-elle à celle des Saintes Lettres? Je réponds: En quoi son ignorance y aide-t-elle?

Le Libre Arbitre, Diatribe (1525)

Celui qui aime avec ardeur, ne vit plus en lui-même, il vit dans l’objet qu’il aime.

L'Eloge de la folie (1508)

Plus l’amour est parfait, plus la folie est grande et le bonheur sensible.

L'Eloge de la folie (1508)

La folie des amants est la plus douce de toutes les folies.

L'Eloge de la folie (1508)

La vraie prudence consiste, puisque nous sommes hommes, à ne pas vouloir être plus sage que notre nature ne le comporte. Il faut ou supporter de bonne grâce les folies de la multitude, ou se laisser entrainer avec elle par le torrent des erreurs.

L'Eloge de la folie (1508)

L’esprit de l’homme est ainsi fait que le mensonge a cent fois plus de prise sur lui que la vérité.

L'Eloge de la folie (1508)

Le monde entier est notre patrie à tous.

Querela pacis (1641)

C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fou.

L'Eloge de la folie (1508)

Tels sont surtout les comédiens, les musiciens, les orateurs et les poètes. Moins ils ont de talent, plus ils ont d’orgueil, de vanité, d’arrogance. Tous ces fous trouvent cependant d’autres fous qui les applaudissent.

L'Eloge de la folie (1508)

En conclusion – et vous pouvez en croire la Folie – plus on est fou, plus on est heureux, pourvu que l’on s’en tienne au genre de démence qui relève de ma compétence.

La philosophie chrétienne

L’expérience fait voir aussi que toujours un fou se moque de l’autre, et que tous deux se divertissent réciproquement : souvent même c’est le plus fou qui rit de meilleur coeur du moins fou.

L'Eloge de la folie (1508)

Enfin, je suis ce proverbe populaire débattu selon lequel on a raison de se louer soi-même quand on ne trouve personne d’autre pour le faire.

L'Eloge de la folie (1508)

C’est faire preuve d’un bon sens exquis que de ne pas ambitionner plus de sagesse que n’en comporte la nature de l’homme; que d’être volontiers du même avis que le genre humain ou de se tromper complaisamment avec lui.

L'Eloge de la folie (1508)

La guerre n’est-elle pas la source et le théâtre de tous les hauts faits ? Or, quoi de plus fou que d’engager, à propos de je ne sais quoi, une pareille lutte, d’où il résulte toujours, pour les deux partis plus de mal que de bien ?

L'Eloge de la folie (1508)

Le vin est la caverne de l’âme.

Il y a autant de grammaires que de grammairiens, et même davantage.

L'Eloge de la folie (1508)

Les femmes courent après les fous; elles fuient les sages comme des animaux venimeux.

L'Eloge de la folie (1508)

(La guerre est) une injustice, puisque les pires bandits font d’habitude les meilleurs guerriers … .

L'Eloge de la folie (1508)

… on ne flatte jamais mieux qu’en affichant une franche critique.

L'Eloge de la folie (1508)

… il y a comme cela des hommes de caractère si fâcheux et si faciles à irriter, qu’il vaudrait mieux les ignorer complètement que de les avoir pour amis.

L'Eloge de la folie (1508)

… si quelqu’un arrive à la connaissance, c’est bien souvent aux dépens de son bonheur.

L'Eloge de la folie (1508)

(La flatterie) est le miel et le condiment de toutes les relations entre les hommes.

L'Eloge de la folie (1508)

… c’est toujours ce qu’il y a de plus inepte qui rencontre le plus d’admirateurs.

L'Eloge de la folie (1508)

Accordez aussi aux fous une qualité qui n’est pas à dédaigner: seuls, ils sont francs et véridiques.

L'Eloge de la folie (1508)

Feuillages et fleurs promettent l’apparition du fruit. Quand celui-ci pèse sur l’arbre, nul ne regrette les fleurs. Et aucun homme ne déplore que son fils soit sorti de l’enfance quand il est parvenu à maturité.

Les Colloques, L'ichthyophagie

N’est-ce pas là le but de ces parures, de ces fards, de ces bains, de ces frisures, de ces parfums, de ces odeurs, et enfin de toutes ces préparations cosmétiques, qui servent à embellir, à peindre ou à déguiser le visage, les yeux et la peau?

L'Eloge de la folie (1508)

Ajouter des étoiles au ciel.

L’homme ne naît pas homme il le devient.

Ce n’est pas parce que l’araignée ne ressemble pas à l’éléphant qu’elle n’est pas un animal admirablement beau, et même il y a plus de merveilles dans l’araignée que dans l’éléphant.

Le Libre Arbitre, Diatribe (1525)

La philosophie est une méditation de la mort.

Le mariage des esprits est plus grand que celui des corps.

Procus et Puella

Il est bien connu que chez les aveugles les borgnes sont rois.

J’ai couvé un oeuf de colombe, Luther en a fait sortir un serpent.

Celui qui connaît l’art de vivre avec soi-même ignore l’ennui.

Colloques, Convivium religiosum (1526)

Recevoir une pierre sur la tête, c’est un mal qui existe; la honte, l’infamie, l’opprobre, l’insulte, ne sont des maux qu’autant qu’on les sent. Il n’y a point de mal quand on ne sent rien.

L'Eloge de la folie (1508)

Ce qui distingue le fou du sage, c’est que le premier est guidé par les passions, le second par la raison.

L'Eloge de la folie (1508)

Comme il est d’une suprême sottise d’exprimer une vérité intempestive, il est de la dernière maladresse d’être sage à contretemps.

L'Eloge de la folie (1508)

… peu de gens comprennent l’immense avantage qu’il y a à ne jamais hésiter et à tout oser.

L'Eloge de la folie (1508)

Le sage se réfugie dans les livres des Anciens et n’y apprend que de froides abstractions; le fou, en abordant les réalités et les périls, acquiert à mon avis le vrai bon sens.

L'Eloge de la folie (1508)

Si la vie demeurait triste, elle ne s’appellerait pas la vie, et ce n’est que par de tels moyens qu’elle échappe à la tristesse et à son proche cousin, l’ennui.

L'Eloge de la folie (1508)

Si les mortels se décidaient à rompre avec la Sagesse et vivaient sans cesse avec moi (la folie), au lieu de l’ennui de vieillir, ils connaîtraient la jouissance d’être toujours jeunes.

L'Eloge de la folie (1508)

N’est-il pas un monstre détestable, l’enfant qui raisonne comme un homme fait?

L'Eloge de la folie (1508)

D’où vient le charme des enfants, sinon de moi (la folie), qui leur épargne la raison, et, du même coup, le souci?

L'Eloge de la folie (1508)

Les gens trouvent leur suprême plaisir à ce qui leur est suprêmement étranger.

L'Eloge de la folie (1508)

… on a raison de se louer soi-même quand on ne trouve personne pour le faire.

L'Eloge de la folie (1508)

Critiquer les moeurs des hommes sans attaquer personne nominativement, est-ce vraiment mordre? N’est-ce pas plutôt instruire et conseiller?

L'Eloge de la folie (1508)

Rien n’est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles; mais rien n’est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses.

L'Eloge de la folie (1508)

Comment Cupidon fait-il? Quel secret a-t-il pour ne point sortir de l’enfance? C’est que, se moquant du sérieux et du solide, il s’en tient uniquement au badinage.

L'Eloge de la folie (1508)

La plupart des vins méritent d’être bus par des hérétiques, car ils constituent une punition suffisante pour n’importe quel méfait.

La fortune aime les gens peu sensés; elle aime les audacieux et ceux qui ne craignent pas de dire: «Le sort en est jeté.» La sagesse, au contraire, rend timide.

L'Eloge de la folie (1508), LXI