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Citations de : Chantal Dupuy-Dunier

Le phare d’Alexandrie ne délivre plus qu’à des poissons aveugles des rêves de lumière, mais ses pierres éboulées leur servent d’abri.

Ephéméride (2009)

On n’est qu’un petit point dans ce monde, mieux une minuscule partie d’un petit point. Vu des étoiles, c’est quasiment la même durée de vie pour tout le monde. Une histoire d’années ou de minutes-lumière.

Où qu'on va après? (2008)

Le cimetière, c’est la décharge où on met les hommes.

Où qu'on va après? (2008)

Jamais, c’est comme toujours, mais à l’envers en quelque sorte, un toujours pas optimiste, on dirait comme ça!

Où qu'on va après? (2008)

Comme un chat qui s’étire, l’ombre de la maison s’allonge dans la cour, griffant les marches devant le portail. C’est l’heure où le jardin attend notre venue.

Ephéméride (2009)

Ce sont les matins qui importent, la poudre déposée par leurs ailes fragiles sur le bout de nos doigts, leurs déplacements fugaces vers d’autres matins.

Ephéméride (2009)

Sieste d’avril, découvrons-nous de plusieurs fils.

Ephéméride (2009)

Les bras du lierre soutiennent les arbres à mourir. Beauté hypocrite du geste.

Ephéméride (2009)

Le froid est sur le toit et la maison frissonne. Toi, tu es sur moi. Nous frissonnons mais nous n’avons pas froid.

Ephéméride (2009)

Enfant, j’avais peur des poules. Etrange phobie des plumes. A présent, me voici femme de plume!

Ephéméride (2009)

Rien n’est minuscule.

Ephéméride (2009)

En chaque homme qui meurt, c’est toujours un enfant dont la tête s’abandonne sur un oreiller de friandises et de flonflons.

Ephéméride (2009)

Le rideau mouvant de l’orage occulte soudain la clarté de la nuit. Galop de chevaux noirs à l’horizon. Fulgurances derrière les volets.

Ephéméride (2009)

Chacun de nos pas met en mouvement un film accéléré de sauterelles et de grillons. De quel monde sommes-nous les insectes?

Ephéméride (2009)

Saigneur… Le boucher suprême qui étripe, au dernier jour, tous les hommes pour les suspendre à l’étal de leur désir d’éternité.

Saorge, dans la cellule du poème (2009)

Une journée commence-t-elle au coucher ou au lever du soleil? Qui résoudra la quadrature des cadrans?

Saorge, dans la cellule du poème (2009)

La neige ne dissout pas les souvenirs.

Pluie et neige sur Cronce Miracle (2015)

Les poètes sont chiens de chasse, braves corniauds au regard éperdu de reconnaissance pour quelques mots jetés à leur gueule. C’est par la langue qu’ils respirent.

Pluie et neige sur Cronce Miracle (2015)

Même le temps meurt ; des dates sont gravées sur les tombes.

Pluie et neige sur Cronce Miracle (2015)

Les hirondelles volent si bas qu’elles semblent porter les nuages sur leurs ailes. Rase-motte en zigzags pour meeting aérien au-dessus de la luzerne.

Pluie et neige sur Cronce Miracle (2015)

La pierre est sous la pierre, la maison sous la maison, les cimetières sous les cimetières.

Des villes, parfois... (2014)

Le vieux parquet ciré se souvient d’anciens bals dont les danseurs sont morts. Leurs cavalières tournent aux bras du ciel, taille serrée dans leur robe à trois temps.

Des villes, parfois... (2014)

Des villes, angéliques ou démoniaques, apparitions légères à l’angle du voyage, ou pesantes architectures proposant au bourlingueur le pacte fallacieux de leurs mondes artificiels.

Des villes, parfois... (2014)

Adossés aux immeubles, les fumeurs, écharpes autour du cou, font le pied de grue. D’autres, en manteaux, consument aux terrasses.

Des villes, parfois... (2014)

Au Supermarée, les mouettes font leurs courses dans les rayons du soleil.

Des villes, parfois... (2014)

Un lapin blond vénitien caracole sur le sentier des douaniers, lapin des mers, cul blanc couleur d’écume.

Des villes, parfois... (2014)

Sur la marelle des rues, nous avons joué, un peu. La fête ne fut pas assez longue. Les disques s’enrayent. On démonte les manèges.

Mille grues de papier (2013)

Après tout, mourir n’est sans doute pas plus douloureux que naître. L’acte était si violent, nous l’avons oublié. Mourir, nous oublierons aussi.

Mille grues de papier (2013)

La nuit, tous les chats sont funambules, enfants de la balle et des cerceaux, sorciers du lieu dit Les sept marches. Auréolés de lune rousse.

Mille grues de papier (2013)

Ecrire, travailler la terre, je sarcle le langage, bouscule les mottes des signifiants. La glaise colle à mon stylo.

Mille grues de papier (2013)

La rivière ne voit jamais le dessus du pont.

Mille grues de papier (2013)

Corbeaux, flocons noirs au faîte des arbres nus. Serrés dans leurs ailes étoffées par le froid.

Mille grues de papier (2013)

Et la lumière fut. Elle était noire.

Mille grues de papier (2013)

On ne trouve plus de fers à chevaux sur nos chemins de campagne. Les enclumes dorment au Musée des traditions populaires, près des fléaux et des varlopes.

Mille grues de papier (2013)

Je n’aime que les arbres et les forêts intègres, les merveilleuses forêts qui passent au fil du ciel.

Mille grues de papier (2013)

Juillet, mois féminin, aux jupes légères que soulève le vent, par jeu, sans penser à mal.

Mille grues de papier (2013)

Ouvre ta paume, je te donnerai une île.

Ephéméride (2009)

Que peut la poésie? Pour l’impossible, je persiste.

Ephéméride (2009)

Dès que l’enfant articule Tu es, il formule le meurtre d’Abel, l’arrêt de mort primitif de l’Autre.

Ephéméride (2009)

Ce matin, la maison, un volet ouvert, un volet fermé, cligne de l’oeil au soleil.

Ephéméride (2009)

Les maisons passent de mains en mains, d’histoires en histoires, jusqu’à l’avènement des ruines. Curieusement, on les nomme demeures.

Ephéméride (2009)

Le rêve de la lumière brille-t-il moins que la lumière?

Ephéméride (2009)