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Citations de : Blaise Cendrars

A l’origine n’est pas le mot, mais la phrase, une modulation. Ecoutez le chant des oiseaux!

Blaise Cendrars vous parle

Alors une forte odeur d’évier me pinçait les narines, me lardait de pointes d’alcali.

Moravagine (1926)

Dans chaque Allemand il y a un Alboche qui se réveille. Vous ne paraissez pas les connaître.

La Main coupée (1946)

L’aiguilleur monte dans sa vigie et fait se choquer les fils de fer devant nous …

Moravagine (1926)

Une affiche administrative était fixée au tableau noir réservé aux annonces officielles des ventes publiques. Une vente était annoncée pour la fin du mois.

Bourlinguer (1948)

C’était un soldat à la con. Quand son cafard le tenait il était plus emmerdant qu’une femme qui a ses affaires.

La Main coupée (1946)

C’était un jeune homme aux tempes pâles dans son visage aduste comme chez ceux habitués au port de la casquette à longue visière en usage à bord des locomotives.

Bourlinguer (1948)

Il n’y a plus que la Patagonie, la Patagonie, qui convienne à mon immense tristesse.

Femme qui pète n’est pas morte.

Le seul fait d’exister est un véritable bonheur.

Le métier d’homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrices, comme la poésie.

… la vie absurde qui remue ses oreilles d’âne.

Aujourd'hui

L’emprise de sa parole enflammée était irréfragable.

Moravagine (1926)

Je n’ai jamais vu un tel monument de chairs croulantes, débordantes.

Bourlinguer (1948)

C’était un scrupuleux, un consciencieux.

Bourlinguer (1948)

En 1863, un jeune escroc danois arrivé la veille de New York et qu’il a rencontré dans une assemblée religieuse, lui prend ses papiers, le présente le lendemain à un compère qui se fait passer pour le secrétaire du Ministre de la Justice.

L'Or (1925)

Nous autres, les filles, nous devons nous arrêter pour faire les deux commissions. Les chevaux, les vaches font la grosse tout en courant.

Bourlinguer (1948)

Les collectionneurs qui collectionnent pour collectionner, ces maniaques, et il n’en manque pas, qui dépensent une fortune pour ranger sous vitrine aussi bien des boutons de culotte que des livres rares, peu importe.

Bourlinguer (1948)

D’ailleurs, il n’aura pas même le courage d’y aller, à la police. Je le connais, moi, c’est une chiffe, une poule mouillée, il se dégonfle toujours.

Moravagine (1926)

Il s’envoyait des petits verres de vieille chartreuse. Il préférait la verte à la jaune.

Bourlinguer (1948)

Il veut aller en Californie. Et, aujourd’hui, si près du but, il se trouve encore une fois en face d’obstacles censément infranchissables.

L'Or (1925)

Oui, quel casse-pieds! Imagine-toi, Blaise, que voici deux jours que je l’ai sur le dos et qu’elle n’a pas arrêté de me raconter des horreurs sur mon mari.

Bourlinguer (1948)

Pour «la came», cocaïne et morphine, le client verse directement la somme au chef de bande qui lui rapportera sa marchandise dans un délai de deux à cinq jours.

Panorama de la pègre et autres reportages (1986)

L’eau pénètre dans la cambuse et abîme les vivres emmagasinés, caisse de biscuits, pommes de terre, sacs de riz.

L'Or (1925)

C’était un esprit calculateur, desséchant et d’ordre pratique.

La Main coupée (1946)

Le reliquat du lot des bijoux volés sera constitué par les «cailloux» d’un placement difficile parce que trop gros, trop purs, trop aisés à identifier, et par certaines pièces de choix.

Panorama de la pègre et autres reportages (1986)

Toute l’année durant chaque brindille de caféier porte à la fois des cerises jumelles acaules et des fleurs et des bourgeons.

Bourlinguer (1948)

Sous le fallacieux prétexte d’acheter le cheval, Moravagine entraîne le vieux cocher chez tous les maquignons, dans tous les quartiers, dans toutes les rues. Ils font toutes les maisons de thé, toutes les buvettes, roulent de bar en traktir.

Moravagine (1926)

Un tout petit bouquet discret mais embaumant de cette fleur qu’on ne trouve qu’à Paris, la bouvardia, et que les engageantes marchandes du quai aux Fleurs qui en laissent dépouiller leur panier s’entêtent à appeler le boulevardia.

Trop c'est trop (1957)

Le président et dictateur Santa Anna envoie 300 galériens par la mer. Il leur a promis des terres, des outils, du bétail et leur réhabilitation s’ils arrivent à bouter les Américains dehors.

L'Or (1925)

Quand je commence à deviner que ma bourgeoise en sait trop et se méfie, je reste peinard et sa mauvaise humeur passe.

La Main coupée (1946)

Cette fille, alors que je rencontrais à chaque pas des types qui me payaient à boire mais jamais à boulotter, cette fille m’a ravitaillé.

La Main coupée (1946)

On peut aussi se laisser bouler pour ne pas se faire mal quand on tombe de trop haut.

Bourlinguer (1948)

Il recevait un courrier de ministre et il répondait à toutes les babillardes de ses amoureuses, leur écrivant des longues épîtres, pleines de hauts faits héroïques imaginaires.

La Main coupée (1946)

Comme un gosse il était fier de voir son nom imprimé au bas d’une page et chaque articulet, il le redécouvrait avec la même surprise et le relisait avec le même orgueil enfantin.

Bourlinguer (1948)

Les machines les plus compliquées et les symphonies de Beethoven se meuvent d’après les mêmes lois, progressent arithmétiquement.

Moravagine (1926)

Ce désert est fermé par des rochers de grès crayeux absolument nus. Quand on se rapproche de ces masses arénacées, on découvre …

Moravagine (1926)

Comme je ne disposais point d’antiseptique, j’ai eu soin de pisser sur la plaie.

Moravagine (1926)

Un tremblotant rayon, fade, anémié, bleui, de la grande lumière du dehors.

Moravagine (1926)

Il y avait toujours quelque chose qui flanchait … on me coupait le jus; je n’avais pas mon ampérage pour les scènes de nuit.

Pompon

Rien n’est admissible; sauf la vie, à condition de la réinventer chaque jour.

Cette amblyopie n’est pas telle cependant qu’elle empêche le malade de se promener et de reconnaître les personnes qui l’entourent.

Moravagine (1926)

Des camions bâchés. – Naturellement qu’ils sont bâchés. Mais c’est-y des allèges de pontonniers ou des prolonges d’artillerie?

La Main coupée (1946)

Mon escouade devint le noyau de la section franche et les amateurs étaient nombreux qui se présentaient pour en faire partie, bien entendu à cause du supplément de pinard et du triple boujaron de rhum dont nous jouissions.

La Main coupée (1946)

Cette deuxième fois le Christ lui était apparu au cinéma, où il s’était mêlé sur l’écran à la Bande des Habits noirs de Paul Féval. Du moment que la chose s’était passée au cinéma, tout le monde prit l’affaire au sérieux et cela fit un boom énorme.

Trop c'est trop (1957)

On mettait ses impairs sur le compte d’un manque d’éducation ou d’un bon-garçonnisme un peu bohème inhérent à son métier de comédien.

Emmène-moi au bout du monde!... (1956)

Je n’emporterai pas mon fonds de liquoriste au Paradis, n’est-ce pas?… Alors, buvons-le. C’est mon défunt qui me l’a légué. Il y a du bon. Il s’y connaissait. Je ne suis qu’une bistrote d’occasion.

Bourlinguer (1948)

Je suis Breton, moi, et le métier de bistrot n’était pas pour me déplaire.

Moravagine (1926)

Dis donc, Mora, il est bath c’te wagon? – Tu parles d’un sliping!

Moravagine (1926)

Le juriste fait prime. On s’arrache tout ce qui de près ou de loin touche à la basoche. Dans tout l’immense territoire des Etats-Unis on ne trouve plus un seul avocat sans cause, ni un seul homme de loi qui batte la dèche dans les bars.

L'Or (1925)

A bord, il y a Johann August Suter, banqueroutier, fuyard, rôdeur, vagabond, voleur, escroc.

L'Or (1925)

On roulait beaucoup. Le cargo piquait droit dans le sud, traversant le golfe du Mexique. Comme il était sur lest, il me semblait qu’il donnait toujours plus de la bande.

Moravagine (1926)

Ca n’est pas possible, il doit y avoir autre chose dans ce pays que cette affreuse passion pour l’argent, balzacienne, démodée, odieuse, grandiloquente.

Moravagine (1926)

Une femme ne se donne jamais, elle s’offre toujours en sacrifice.

J’ai vu – J’ai vu les trains silencieux les trains noirs qui revenaient de l’Extrême-Orient et qui passaient en fantômes – Et mon oeil, comme le fanal d’arrière, court encore derrière ces trains.

La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France (1913)

Un contemplatif… oui, c’est une autre forme de l’aventure!

Blaise Cendrars vous parle

Si l’on a baptisé Jules Renard «l’oeil», j’appellerai Picasso le «regard».

Aujourd'hui

Nous sommes tous l’heure qui sonne.

Aujourd'hui

La voie ferrée est une nouvelle géométrie.

Du monde entier au coeur du monde

La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré.

Une nuit dans la forêt

Je ne trempe pas ma plume dans un encrier, mais dans la vie.

L'Homme foudroyé

C’est dans ce que les hommes ont de plus commun qu’ils se différencient le plus.

Aujourd'hui

Ce n’est pas du premier coup que l’on trouve son équilibre et la simplicité de la vie au milieu de toutes les complications de la richesse. Il y faut de l’entêtement

Du monde entier au coeur du monde (1957)

Il faut savoir être bête et content.

Du monde entier au coeur du monde (1957)

Il ne faut point vouloir juger. On peut à peine comprendre son prochain. En se penchant sur son semblable tout n’est que reflets ou leurre, vu que chaque homme a sa vérité propre et qu’aucune vérité n’est de ce monde.

Bourlinguer (1948)

Si j’avais pu suivre mes plans jusqu’au bout, j’aurais été en très peu de temps l’homme le plus riche du monde : la découverte de l’or m’a ruiné.

L'Or (1925)

L’important c’est de se sentir heureux, d’extérieure, la vie devient intérieure, son intensité reste la même et vous savez, c’est bizarre où le bonheur de vivre va parfois se nicher.

Moravagine (1926)

Riche comment un millardaire, Libre comme un homme.

Feuilles de route (1924)

Comme son rôle est de séduire, la femme se croit toujours au centre de l’univers, surtout quand elle est tombée très bas. L’avilissement de la femme est sans fond, de même sa vanité.

Moravagine (1926)

Vivre c’est être différent. C’est pourquoi toutes les grandes espèces végétales et zoologiques sont monstrueuses. Et il en est de même au moral.

Moravagine (1926)

Un être vivant ne s’adapte jamais à son milieu ou alors, en s’adaptant, il meurt. La lutte pour la vie est la lutte pour la non-adaptation.

Moravagine (1926)

La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et pour être désespéré il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.

Une nuit dans la forêt. Premier fragment d'une autobiographie (1929)

La critique d’art est aussi imbécile que l’espéranto.

Dix-neuf poèmes élastiques (1919), Bombay-Express

En somme, rien n’est inadmissible, sauf peut-être la vie, à moins qu’on ne l’admette pour la réinventer tous les jours.

Vol à voiles. Prochronie (1932)

Je mets dans l’amour un seul epoir : l’espoir du désespoir. Tout le reste est littérature.

Dix-neuf poèmes élastiques (1919), Bombay-Express

Je me demande jusqu’à quel point la guerre n’est pas une manifestation du ludisme?

La Main coupée (1946)

On ne peut écrire qu’un livre ou plusieurs fois le même livre. C’est pourquoi tous les beaux livres se ressemblent. Ils sont tous autobiographiques.

Moravagine (1926)

Nous lisions souvent ensemble, des poètes de l’amour courtois, mais souvent nous n’allions pas plus loin pour faire une partie de touche-pipi.

Bourlinguer (1948)

Vous poussez une porte, vous croyez entrer dans un endroit familier, et à peine êtes-vous engagé dans le tambour de cette porte tournante que vous vous rendez compte, à travers les glaces rutilantes, que vous pénétrez dans un pays inconnu.

Panorama de la pègre et autres reportages (1986)

Quand tu aimes il faut partir Quitte ta femme quitte ton enfant Quitte ton ami quitte ton amie Quitte ton amante quitte ton amant Quand tu aimes il faut partir.

Tu es plus belle que le ciel et la mer

Voyez-vous, le bonheur est une chimère, il n’existe pas, je n’y crois pas.

Miriam Cendrars

Ici, à Rio, la Noël tombe en plein été austral et le simple fait d’exister est un véritable bonheur.

Trop c'est trop (1957)

L’eau pénètre dans la cambuse et abîme les vivres emmagasinés, caisses de buiscuits, pommes de terre, sacs de riz … qui représentent trois mois de provisions.

L'Or (1925)

L’instruction obligatoire aboutit au plus bel élagage de la personnalité.

Moravagine (1926)

Une espèce d’ectoplasme translucide se formait tout autour, une espèce de visage, mon visage.

Moravagine (1926)

Le cheval, le cocher et Lang furent écrabouillés. On ramassa deux, trois écuellées de petits débris et les quelques gros morceaux furent noués dans une toile de tente.

La Main coupée (1946)

C’est un brave homme, mais un joyeux drille. Je crois qu’il n’a jamais dessoûlé.

L'Homme foudroyé (1945)

A Cronstadt, l’affaire se déclenche à neuf heures et demie. Ce sont les torpilleurs T 501 et T 513 qui ouvrent le feu. Ils torpillent à bout portant l’énorme dreadnought Tsaréwitch, vaisseau-amiral.

Moravagine (1926)

Il ajoutait que le rêve de Vigny n’était qu’une illusion d’optique connue en astronomie comme phénomène de diplopie monoculaire.

Moravagine (1926)

On entendait le crépitement habituel de la fusillade nocturne et les tirs désarticulés des mitrailleuses…

La Main coupée (1946)

La patronne, faisait bouillir tous les printemps, pour sa famille et celle de ses ouvriers, la tisane dépurative que l’on prenait en commun.

L'Or (1925)

C’était alors une bousculade, une défilade rapide d’ombres fuyantes devant nos réseaux de fils de fer; une déroute de godillots, de rires, de chutes.

L'Homme foudroyé (1945)

Les joueurs sont ainsi faits, moralement ce sont des lâches et n’est-ce pas inhibition de leur volonté qu’ils risquent tout sur une seule carte avec une insouciance déconcertante?

Emmène-moi au bout du monde!... (1956)

Elle avait le génie de la harangue et personne ne savait mieux qu’elle faire appel aux bas instincts de la foule. L’emprise de sa parole enflammée était irréfragable.

Moravagine (1926)

Si les idiots de la presse ont eu vent de l’incident, cela va faire du vilain, je ne te dis que ça. Il y aura des larmes et des grincements de dents, des ruines et de la «casse».

Emmène-moi au bout du monde!... (1956)

Je pense à ce drôle de bonhomme dans le train… Il était bien suspect… Cette casquette… cette barbe… cette bouteille vide… tout cela ressemble beaucoup à de la mise en scène, du grimage…

Moravagine (1926)

La balle avait pénêtré sous l’oreille droite et était ressortie en faisant sauter le frontal gauche. La blessure était horrible à voir.

La Main coupée (1946)

Moi, j’ai eu comme sein le bout noir d’une fellah d’Egypte.

Bourlinguer (1948)

Il commence les premières plantations de coton et, sur les rives du Sacramento, il expérimente le riz et l’indigo.

L'Or (1925)

Dis donc, toi, ta gueule, hein, tu n’as pas fini de charrier, espèce d’enviandé!

La Main coupée (1946)

Non, mais tu le vois cet enflé qui fume sa pipe sur la mélinite. Pas de ça, mon vieux, tu vas nous faire sauter.

La Main coupée (1946)