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Citations de : Augusta Amiel-Lapeyre

Notre âme est comme le fruit: en mûrissant, elle se détache.

Pensées sauvages (1909)

Les coeurs de grande capacité dédaignent les demi-mesures.

Pensées sauvages (1909)

Dans le domaine de la sensibilité, l’indifférence est une paralysie du coeur.

Pensées sauvages (1909)

Plus vite que les morts les absents disparaissent.

Pensées sauvages (1909)

La banalité, c’est le vêtement de sortie des timides.

Pensées sauvages (1909)

L’âme de l’homme ne s’enrichit que tard de toute la tendresse et la constance de la femme.

Pensées sauvages (1909)

Avec des «Si» on voudrait construire, avec des «Mais» on démolit.

Pensées sauvages (1909)

Il y a des larmes qui sont le dilettantisme de la douleur.

Pensées sauvages (1909)

La véritable intelligence vient du coeur.

Pensées sauvages (1909)

Certains n’ont pas de défaillances; ils n’ont que des lacunes.

Pensées sauvages (1909)

La bonté est remplacée chez l’avare par la serviabilité.

Pensées sauvages (1909)

L’amour est la nostalgie inconsciente du ciel.

Pensées sauvages (1909)

La tyrannie a bien des esclaves, mais l’amour reste un affranchi.

Pensées sauvages (1909)

Comme la beauté, la bonté des femmes n’est souvent qu’un maquillage.

Pensées sauvages (1909)

Savoir donner nous confère un privilège exquis, puisqu’il force les coeurs à nous dire : Entrez.

Pensées sauvages (1923)

Quand notre esprit peut se mouvoir dans la phrase avec souplesse et élégance, soyons satisfaits de la cage que nous lui construisons et ne demandons pas à la rime de venir y ajouter d’autres barreaux.

Pensées sauvages (1923)

L’homme – je n’ai pas dit la femme – exerce sa malignité sur l’infériorité intellectuelle de son semblable ; mais il accorde un pardon inavoué à ses fautes morales.

Pensées sauvages (1923)

Les pensées qui ont le plus de force sont encloses dans l’inexprimé.

Pensées sauvages (1923)

On endort les maux de l’enfant avec des chants. L’homme soulage les siens par des cris.

Pensées sauvages (1923)

Nos joies ne sont pas cette gerbe de fleurs serrées que voudraient enlacer nos bras douloureux. Elles sont les rares fils d’or que nous arrachons à la trame sombre de nos jours.

Pensées sauvages (1923)

Nous tendons dans le vide de multiples fils d’araignée pour former la toile qui pourrait retenir le bonheur.

Pensées sauvages (1923)

La souffrance de ceux qui vieillissent est le résultat du désaccord qui s’établit entre le corps et l’âme.

Pensées sauvages (1923)

Dans l’océan des vulgarités les pensées nobles apparaissent comme des îles.

Pensées sauvages (1923)

Les prophètes de malheur commencent parfois ainsi leur prédiction : Un beau jour…

Pensées sauvages (1923)

A une heure de notre existence, nous croyons avoir des ailes. La vie les brise : et nous montre qu’elles sont destinées seulement à un monde prochain.

Pensées sauvages (1923)

Le talent est le produit d’une intelligence supérieure appliquée à un labeur. Le génie est une sorte d’étincelle divine.

Pensées sauvages (1923)

L’amitié mal cultivée est envahie par les broussailles.

Pensées sauvages (1923)

Les nouveaux riches de la pensée puisent sans discernement dans les trésors littéraires du passé.

Pensées sauvages (1923)

Le sens chrétien est l’oxygène de l’âme.

Pensées sauvages (1923)

Le fort déverse sa colère sur celui qui la fait naître. Le faible la répand sur plus faible que lui.

Pensées sauvages (1923)

La femme dit Je t’aime. L’homme dit Aime-moi.

Pensées sauvages (1923)

La femme a la mémoire du coeur : l’homme plutôt celle des yeux.

Pensées sauvages (1923)

L’échelle sur laquelle monte notre âme est toujours dressée par la souffrance.

Pensées sauvages (1923)

Celui qui est grandi la douleur trouve son fond de douceur dans son mal : c’est la souffrance dorée.

Pensées sauvages (1923)

Pareille à un chien de chasse racé, la femme mauvaise est douée d’un flair particulier pour découvrir un bonheur caché et le détruire.

Pensées sauvages (1923)

A la rencontre des douleurs morales, nos souffrances physiques recherchent l’appui des vieux murs familiers.

Pensées sauvages (1923)

L’homme éveillé choisit ses rêves. Celui qui dort les subit.

Pensées sauvages (1923)

Paris est aussi le refuge discret des familles déchues ou amoindries par le malheur.

Pensées sauvages. Suite de la deuxième série... (1935)

C’est quand arrive l’âge de demander à la vie de s’arrêter qu’elle reprend plus rapidement sa marche.

Pensées sauvages. Suite de la deuxième série... (1935)

A la campagne, les jours de pluie et de bourrasque, si notre oisiveté le permet, nous abritons notre ennui au fond de notre Moi… où d’ailleurs nous trouvons parfois d’autres rafales.

Pensées sauvages (1923)

Entre femmes il est de ces petites amitiés qui prennent comme la poudre et s’éteignent avec la même rapidité : ce sont les fusées du coeur.

Pensées sauvages (1923)

C’est quand le corps est entre quatre murs que l’esprit fait ses plus lointains voyages.

Pensées sauvages (1923)

Au déclin de la vie, les gradins qui invitent l’homme à descendre ne sont pas d’égale hauteur.

Pensées sauvages (1923)

Ne cherche pas à abriter tes maux près des grandes joies… ni des grandes peines.

Pensées sauvages (1923)

Le confessionnal c’est la boîte aux lettres de la conscience.

Pensées sauvages (1923)

Les heures qui peuvent contenir les plus grandes choses sont les plus courtes.

Pensées sauvages (1923)

Chaque âme rend un son particulier. C’est la rencontre de ces sons qui produit l’harmonie… ou le désaccord.

Pensées sauvages (1923)

Se recueillir profondément dans la solitude c’est donner une âme à cette solitude.

Pensées sauvages (1923)

L’homme ne connaît pas l’homme ; et souvent ne veut même pas le connaître : d’où les conflits qui déchirent le monde.

Pensées sauvages (1923)

«Un grand coeur ! » Est-ce parce qu’il ne contient souvent qu’une seule affection que nous le désignons ainsi ?

Pensées sauvages. Suite de la deuxième série... (1935)

Les vieillards aiment les sucreries; ils ont absorbé tant d’amertumes!

Pensées sauvages (1909)

Les croix dorées sont généralement en plomb.

Pensées sauvages (1909)

L’homme a tellement besoin d’un maître qu’il accepte parfois un tyran.

Pensées sauvages (1909)

Ceux qui ont la prétention de tout savoir n’ont pas souvent le talent de tout comprendre.

Pensées sauvages (1909)

La rosserie est l’un des sous-produits de la civilisation.

Pensées sauvages (1909)

Beaucoup lisent pour dire «J’ai lu». Et d’autres pour dire «J’ai pensé».

Pensées sauvages (1909)

C’est si bon de donner aux bons que, cet acte n’étant guère accompagné de mérite, Dieu nous oblige aussi à donner aux méchants.

Pensées sauvages (1909)

Dans une causerie, épuiser son sujet, c’est épuiser aussi… la patience de son interlocuteur.

Pensées sauvages (1909)

La femme moderne a ouvert si bas son corsage que son coeur s’est échappé.

Pensées sauvages (1909)

La bâtise ouvre la bouche et ferme les oreilles.

Pensées sauvages (1909)

– J’attends. – Quoi? – L’inattendu.

Pensées sauvages (1909)

Les artistes sont souvent les lutins de la pensée.

Pensées sauvages (1909)

J’ignore les amours de Machiavel… mais je suppose qu’il n’a pu être séduit que par une âme droite et confiante.

Pensées sauvages (1909)

La femme dit: «Je t’aime.» L’homme dit: «Aime-moi.»

Pensées sauvages (1909)

Mieux que la plume, le crayon se penche, s’épanche, se confie pleinement.

Pensées sauvages (1923)

Ceux qui élargissent l’horizon de la pensée sont des précurseurs. Mais bien souvent, comme Jean-Baptiste, ils prêchent dans le désert.

Pensées sauvages (1923)

Quand on dit à une femme qu’elle ne vieillit pas, ses étés se transforment en printemps.

Pensées sauvages (1923)

Même en musique où tout est harmonie, il y a des pauses, des silences. Acceptons donc aussi ces arrêts du coeur dont nous souffrons parfois de la part de ceux qui nous aiment.

Pensées sauvages (1923)

Les caprices non réprimés de l’enfant deviendront l’obstination du vieillard.

Pensées sauvages (1923)

Chrysalide en hiver dans ses fourrures, la femme actuelle devient en été tout à fait papillon.

Pensées sauvages (1923)

Si quelques mots lumineux n’ont pas suffi à convaincre ton interlocuteur, dis-toi bien que des flots de paroles t’auraient servi moins encore.

Pensées sauvages (1923)

Plus une étoile est placée haut dans le ciel de notre âme, plus nous sommes heureux de l’admiration que l’on a pour elle.

Pensées sauvages (1923)

Le parisien ne vit que dans le présent, le provincial vit surtout dans l’avenir et souvent avec ferveur dans le passé.

Pensées sauvages (1923)

Ceux qui diminuent le plus les autres veulent les mesurer à leur propre taille.

Pensées sauvages (1923)

Etre riche est un art. Ceux qui ne le sont plus, sont à peu près les seuls à le comprendre.

Pensées sauvages (1923)

Le lait c’est le sang chaste et inviolable que la maternité fait jaillir.

Pensées sauvages (1923)

Les yeux de la mère retardent : quand l’enfant est déjà grand, longtemps encore elle cherche de la main les boucles soyeuses qui faisaient son orgueil.

Pensées sauvages (1923)

Une femme qui ne dit plus à son fils Mon petit quand il est devenu vieux, n’est pas une vraie mère.

Pensées sauvages (1923)

Trop chercher à briller, n’est-ce pas vouloir coiffer les autres d’un éteignoir ?

Pensées sauvages (1923)

La teinte bronzée que la femme moderne recherche pour sa peau est un symbole… Car elle s’efforce, hélas ! de bronzer aussi son âme.

Pensées sauvages (1923)

Chaque vingt-quatre heures, au réveil, l’esprit muni de ses ailes part à la conquête du jour. Mais ces ailes vont bientôt frôler un peu de glu qui les attachera aux réalités de la vie.

Pensées sauvages (1923)

Les larmes qui tombent au dedans ne s’évaporent pas.

Pensées sauvages (1923)

L’amitié connaît le pardon… Et l’amour ?

Pensées sauvages (1923)

Eprouver le besoin de ressembler à quelqu’un, c’est déjà lui ressembler.

Pensées sauvages (1923)

Les oiseaux migrateurs emplissent leurs yeux d’images diverses et oublient vite l’horizon qu’ils ont fui.

Pensées sauvages (1923)

Les coeurs comprimés sont toujours grands.

Pensées sauvages (1923)

Ceux qui t’entourent, s’ils chantent leur chanson, chante-la avec eux.

Pensées sauvages (1923)

Quand il s’agit d’eux-mêmes, de leur valeur, de leur talent, plusieurs croient à la génération spontanée.

Pensées sauvages (1923)

Beaucoup lisent pour dire : J’ai lu. Et d’autres pour dire J’ai pensé.

Pensées sauvages (1923)

C’est dans le bois dur que se produisent les fentes profondes.

Pensées sauvages (1923)

Nos jours se superposent comme les feuilles d’un missel ; le texte change, mais ce qui l’inspire demeure.

Pensées sauvages (1923)

Il y a des âmes fermées à double tour qui ne donnent jamais la clef de leur serrure. Pourtant elles ne renferment rien de précieux.

Pensées sauvages (1923)

Ceux qui sentent leur vulgarité cherchent à la voiler par la préciosité.

Pensées sauvages (1923)

Même lorsqu’elle n’est vêtue que de haillons, la femme considère ses haillons.

Pensées sauvages (1923)

Le bienfait de la solitude contrebalance-t-il le mal qu’elle engendre ?

Pensées sauvages (1923)

La vieillesse frappe longtemps à la porte des retardataires avant qu’on lui dise : Entrez ; mais une fois introduite, elle est maîtresse de la place.

Pensées sauvages (1923)

Le poète a sans doute du divin dans les yeux, puisqu’il voit de la beauté à tout, même à l’homme déchu.

Pensées sauvages (1923)

Celui qui se noie, ne trouvant pas de branche à saisir, chercherait à s’accrocher à une toile d’araignée !

Pensées sauvages (1923)

Jadis, la femme ne se croyait vraiment chez elle que devant son armoire ouverte. Aujourd’hui, son armoire c’est le monde entier.

Pensées sauvages (1923)

Les portes des vieilles maisons, comme celles des vieux coeurs, sont les plus accueillantes.

Pensées sauvages (1923)

Avec des Si on voudrait construire, avec des Mais on démolit.

Pensées sauvages (1923)

Un encrier est un univers : il contient en puissance tous les modes de la pensée.

Pensées sauvages (1923)

L’ennui c’est la vie revêtue d’un costume gris.

Pensées sauvages (1923)

Nous demandons à nos amis la franchise absolue et nous donnons un sens péjoratif à leurs paroles.

Pensées sauvages (1923)

Ne dédaigne pas les phrases, les pensées qui semblent usées par le temps. Fouille-les : Elles te montreront la vérité en un relief puissant.

Pensées sauvages (1923)

Il n’appartient pas aux seuls aviateurs de regarder la terre de très haut.

Pensées sauvages (1923)

Celui qui plante un clou dans l’appartement où il s’installe croit toujours plus ou moins y fixer le bonheur.

Pensées sauvages (1923)

Quand les ailes ont poussé aux petits oiseaux, le nid se désagrège.

Pensées sauvages (1923)

Comme les croix, les ailes sont à la mesure de chacun.

Pensées sauvages (1923)