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Citations de : Antonin Artaud

Moi, Antonin Artaud, je suis mon fils, mon père, ma mère et moi.

Suppôts et Supplications (1947)

S’il est difficile de vivre, il devient de plus en plus impossible et inefficace de mourir.

Suppôts et Supplications (1947)

La poésie, c’est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Là ou d’autres proposent des oeuvres, je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit.

L'Ombilic des limbes

Là où ça sent la merde ça sent l’être.

Pour en finir avec le jugement de Dieu

L’obsession des femmes est vitale, elle correspond à un besoin de vertu.

Les Nouvelles Révélations de l'être (1937)

L’esprit a tendance à se délivrer du palpable pour arriver à ses fins.

Lettre, à Léon Daudet, 26 avril 1931

L’absolu n’a besoin de rien. Ni de dieu, ni d’ange, ni d’homme, ni d’esprit, ni de principe, ni de matière, ni de continuité.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Je sais bien que le plus petit élan d’amour vrai nous rapproche beaucoup plus de Dieu que toute la science que nous pouvons avoir de la création et de ses degrés.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Je n’ai jamais rien étudié, mais tout vécu et cela m’a appris quelque chose.

Dans revue 84, n° 16

Il ne faut pas trop se hâter de juger les hommes, il faut leur faire crédit jusqu’à l’absurde, jusqu’à la lie.

Lettre, à Jacques Rivière, 6 juin 1924

Il faut suivre la foule pour la diriger. Lui tout céder pour tout lui reprendre.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Les Nombres, c’est-à-dire les degrés de la vibration.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Le tricheur est celui qui corrige le sort, donc le réel: c’est un mystique en son genre.

Lettre, à Steve Passeur, 13 décembre 1931

Le bien est voulu, il est le résultat d’un acte, le mal est permanent.

Lettre, à Jean Paulhan, 12 septembre 1932

La vie est de brûler des questions.

L'Ombilic des limbes

Il faut plus de vertu à l’acteur furieux pour ne pas accomplir réellement un crime, qu’il ne faut de courage à l’assassin pour parvenir à réaliser le sien.

Lettre, à André Rolland, 8 avril 1933

Dans la matière, il n’y a pas de dieux. Dans l’équilibre, il n’y a pas de dieux. Les dieux sont nés de la séparation des forces et ils mourront de leur réunion.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Avoir le sens de l’unité profonde des choses, c’est avoir le sens de l’anarchie, et de l’effort à faire pour réduire les choses en les ramenant à l’unité.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

… ce fantastique dont on s’aperçoit toujours plus qu’il est en réalité tout le réel, …

Sorcellerie et Cinéma

Toute matière commence par un dérangement spirituel.

A la grande nuit ou le Bluff surréaliste

Tout vrai langage est incompréhensible.

Ci-Gît

Qui ne sent pas la bombe cuite et le vertige comprimé n’est pas digne d’être vivant.

Van Gogh

On ne nie bien que dans le concret.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

On gagne l’amour par la conscience d’abord, et par la force de l’amour après.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné

Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer.

Van Gogh, le suicidé de la société (1956)

Les derniers vivants s’exaspèrent, le fils, jusque-là soumis et vertueux, tue son père; le continent sodomise ses proches. Le luxurieux devient pur.

Le Théâtre et son double (1938)

Si le signe de l’époque est la confusion, je vois à la base de cette confusion une rupture entre les choses, et les paroles, les idées, les signes qui en sont la représentation.

Le Théâtre et son double (1938)

Quand je vis je ne me sens pas vivre. Mais quand je joue c’est là que je me sens exister.

Le Théâtre et son double (1938)

Notre théâtre ne va jamais jusqu’à se demander si ce système social et moral ne serait par hasard pas inique. Or je dis que l’état social actuel est inique et bon à détruire.

Le Théâtre et son double (1938), Ma mise en scène et la métaphysique

Ne cherchez pas les raisons de notre rupture autre part que dans les deux abominables lettres que vous venez de m’écrire, ainsi sans raison, gratuitement, me couvrant d’imputations injurieuses et non motivées.

Lettre, à Jean Paulhan, février 1928

Le cinéma se rapprochera de plus en plus du fantastique, ce fantastique dont on s’apercçoit toujours plus qu’il est en réalité tout le réel, ou alors il ne vivra pas.

Le Théâtre et son double (1938)

Car si l’on devait toujours penser à sa pensée, n’est-ce pas, pas moyen de penser, de se livrer à une opération mentale, supérieure à ce qui est proprement la pensée. Et non pas l’exsudat, la sécrétion de l’esprit, mais le mécanisme de cet exsudat.

Bilboquet

Et nous paternes assistants De la transfusion de nos moelles Voyons fondre aussi les étoiles De nos rêves exhilarants.

Bilboquet

Du fin fond de sa bouche entr’ouverte, de l’entre-deux de ses cils se dégagent comme des fumées miroitantes.

Scenarii

On doit en finir avec cette idée des chefs-d’oeuvre réservés à une soi-disant élite et que la foule ne comprend pas.

Le Théâtre et son double (1938)

L’atmosphère asphyxiante, dans laquelle nous vivons sans échappée possible.

Le Théâtre et son double (1938)

Alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes et rendu à sa véritable liberté.Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musetteEt cet envers sera son véritable endroit.

Pour en finir avec le jugement de Dieu

Il y a par-dessus tout la complétude du nerf. Complétude qui tient toute la conscience, et les chemins occultes de l’esprit dans la chair.

Bilboquet

On doit en finir avec cette idée des chefs-d’oeuvre réservés à une soi-disant élite, et que la foule ne comprend pas.

Le Théâtre et son double (1938)

Sortant de son repos et se distendant jusqu’à l’être, Brahma souffre d’une souffrance qui rend des harmoniques de joie peut-être, mais qui à l’extrémité ultime de la courbe ne s’exprime plus que par un affreux broiement.

Le Théâtre et son double (1938)

Quant à Poizat et à son Electre, la platitude de sa poésie, le bousillage et la guimauve foraine des mises en scène dont il se satisfait, prouvent la triste conception qu’il se fait de la tragédie.

Bilboquet

Et ce point de vue de la réalisation théâtrale d’un chef-d’oeuvre blackboulé est un point de vue auquel on ne pense jamais.

Lettre, à Louis Jouvet, 1er mars 1932

Un jeune avocat, pour compléter son instruction professionnelle, entre comme collaborateur dans l’étude d’un des plus grands maîtres du barreau.

Scenarii

Il ne balance pas un instant, il n’hésite pas une minute; et il montre par là combien peu comptent toutes les barrières qui pourraient lui être opposées.

Le Théâtre et son double (1938)

Sous tout cela la poésie demeure une diffuse notion de sublime qui ne se perçoit plus que sous son aspect atterrant.

Le Théâtre et son double (1938)

Les situations dramatiques et psychologiques ici ont passé dans la mimique même du combat, qui est fonction du jeu athlétique et mystique des corps.

Le Théâtre et son double (1938)

Il ne s’agit pas d’assassiner le public avec les préoccupations cosmiques transcendantes.

Le Théâtre et son double (1938)

Une des raisons de l’atmosphère asphyxiante, dans laquelle nous vivons sans échappée possible et sans recours … est dans ce respect de ce qui est écrit, formulé ou peint, et qui a pris forme, comme si toute expression n’était pas enfin à bout.

Le Théâtre et son double (1938)

Jamais quand c’est la vie elle même qui s’en va, on n’a autant parlé de civilisation et de culture.

Le Théâtre et son double (1938)

Il faut que l’on comprenne que toute l’intelligence n’est qu’une vaste éventualité, et que l’on peut la perdre, non pas comme l’aliéné qui est mort, mais comme un vivant qui est dans la vie et qui en sent sur lui l’attraction et le souffle.

Le Pèse-Nerfs (1925)

J’ai pour me guérir du jugement des autres, toute la distance qui me sépare de moi-même.

Nous ne sommes pas libres. Et le ciel peut encore nous tomber sur la tête. Et le théâtre est fait pour nous apprendre d’abord cela.

Faire servir le cinéma à raconter des histoires, une action extérieure, c’est se priver du meilleur de ses ressources, aller à l’encontre de son but profond.

Qui suis-je?D’où viens-je?Je suis Antonin ArtaudVous verrez mon corps actuelVoler en éclatsEt se ramasserSous dix mille aspectsNotoiresUn corps neufOù vous ne pourrezPlus jamaisM’oublier.

Quand mes dents ne sont pas menacées, tous les chats du monde ne sont pas dangereux.

Lettres de rodez

Un jour nous nous retrouverons dans le ciel. Notre amitié recommencera accompagnée cette fois des bénédictions de ma mère.

Le Moine (1931)

La tragédie, pierre angulaire de votre empoisonnante bâtisse.

Lettre, à l'administrateur de la Comédie-Française

La poésie est anarchique dans la mesure où elle remet en cause toutes les relations d’objet à objet et des formes avec leur significations.

Le Théâtre et son double (1938)

Notre anarchie et notre désordre d’esprit est fonction de l’anarchie du reste.

Le Théâtre et son double (1938)

Question? Réponse. Simple travail d’adéquation …

Bilboquet

La poésie c’est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes.

Héliogable ou l'anarchiste couronné (1934)

(Le metteur en scène) n’est qu’un artisan, un adaptateur, une sorte de traducteur éternellement voué à faire passer une oeuvre dramatique d’un langage dans un autre …

Le Théâtre et son double (1938)

Il y a 380 points dans l’acupuncture chinoise, dont 73 principaux et qui servent à la thérapeutique courante.

Le Théâtre et son double (1938)

… une sorte d’harmonie visuelle foudroyante, je veux dire dont l’acuité agit tout entière et se rassemble dans un seul regard.

Le Théâtre et son double (1938)

D’ailleurs tous ces bruits sont liés à des mouvements, ils sont comme l’achèvement naturel des gestes qui ont la même qualité qu’eux.

Le Théâtre et son double (1938)

Cette harmonie constitue un des éléments nouveaux des toujours délicieusement abracadabrantesques compositions de Waroquier …

Littérature et Arts plastiques, Les salons du printemps, 1921

Toute humanité veut vivre, mais elle ne veut pas payer le prix et ce prix est le prix de la mort.

Lettres de Rodez (1946)

Je me débats donc, d’abord pour vivre, et le pain quotidien, c’est dur.

Lettre à Jean-Louis Barrault

Ce monde où l’on ne parle tant de progrès que parce qu’on désespère de progresser.

Chez les Tarahumaras (1955)

Gérard de Nerval, Edgar Poe, Baudelaire, Lautréamont, Nietzsche, Arthur Rimbaud, ne sont pas mort de rage, de maladie, de désespoir ou de misère, ils sont morts parce qu’on a voulu les tuer.

Suppôts et Supplications (1947)

Monde abject qui n’a jamais vécu que l’érotisme des charniers. Sans lui, la mort n’aurait jamais commencé.

Suppôts et Supplications (1947)

La Nature obstinément manifeste la même idée.

D'un voyage au pays des Tarahumaras (1945)

Les prêtres fuient dans la liturgie de la messe les spasmes du Crucifié.

Suppôts et Supplications (1947)

Le monde… a toujours fait tous les «crimes», je dis les crimes, pour n’avoir pas à entrer dans l’affre.

Supports et Supplications (1978)

Qui n’a été terrifié par cette idée qu’il allait un jour oublier sa vie?

Préface à Jean de Boschère, Marthe et l'enragé (1977).

Vous êtes une fleur unique que le monde ne veut pas laisser vivre.

Suppôts et Supplications (1947)

Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.

L'Ombilic des limbes (1925)

Il est venu un temps, martèle-t-il, ou il fallut choisir entre renoncer à être homme ou devenir un aliéné évident.

Van Gogh, le suicidé de la société (1947)

Paysages de convulsions fortes, de traumatisme forcenés, comme d’un corps que la fièvre travaille pour l’amener à l’exacte santé.

Van Gogh, le suicidé de la société (1947)

J’ai choisi le domaine de la douleur et de l’ombre comme d’autres celui du rayonnement et de l’entassement de la matière. Je ne travaille pas dans l’étendue d’un domaine quelconque. Je travaille dans l’unique durée.

L'Ombilic des limbes (1925)

Ames par âmes j’ai poursuivi mon amour, jour après jour au fond de moi-même, non comme les notes d’une mélodie sans suite, mais comme les mesures d’un infini sans mesure.

Les cahiers de Rodez (septembre-novembre 1945) (1983)

Que je sois antisocial est un fait, mais est-ce la faute de la société ou la mienne ?

Suppôts et Supplications (1947)

La poésie, c’est la multiplicité broyée et qui rend les flammes.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné (1934)

L’histoire des peuples est l’histoire de la trahison de l’unité.

Vie et mort de Satan le Feu (1953)

La médecine est née du mal, si elle n’est pas née de la maladie et si elle a, au contraire, provoqué et créé de toutes pièces le malade pour se donner une raison d’être.

Van Gogh, le suicidé de la société (1947)

Je voudrais faire un livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte tout simplement abouchée à la réalité.

L'Ombilic des limbes (1925)

Je chie sur les vertus chrétiennes et sur ce qui chez les bouddhas et les lamas en tient lieu.

Histoire entre la groume et Dieu (1947)

Les personnages vont jusqu’au bout de leurs impulsions, de leurs pensées. Ils atteignent par là à cette vérité générale qui est le but même du théâtre, tout en demeurant extrêmement typés et marqués par leur temps.

Deux projets de mise en scène

Le tricheur est bien celui qui corrige le sort, donc le réel, donc c’est un mystique en son genre.

Lettre à Steve Passeur, 1931

La charité et la pitié ne sont plus de ce monde et l’Amour non plus. Et pourtant tout était basé sur l’Amour mais les hommes n’ont jamais su ce que c’était.

Lettres écrites de Rodez

Quand je lève les yeux vers vous On dirait que le monde tremble, Et les feux de l’amour ressemblent Aux caresses de votre époux.

L'Ombilic des limbes (1925), L'amour sans trêve

C’est alors qu’il donne l’ordre fou, l’ordre jugé délirant, absurde, imbécile et despotique par le peuple et par tout son entourage.

Le Théâtre et son double (1938)

Ce qui différencie les païens de nous, c’est qu’à l’origine de toutes leurs croyances, il y a un terrible effort pour ne pas penser en hommes, pour garder le contact avec la création entière, c’est-à-dire avec la divinité.

Héliogabale ou l'Anarchiste couronné (1934)

L’objectif classe et digère la vie, il propose à la sensibilité, à l’âme, une nourriture toute prête, et nous laisse devant un monde fini et sec.

A propos du cinéma

Et tout à coup ce filet d’eau sur un volcan, la chute mince et ralentie de l’esprit.

Le Pèse-Nerfs (1925)

Et ce que le théâtre peut encore arracher à la parole, ce sont ces possibilités d’expansion hors des mots, de développement dans l’espace, d’action dissociatrice et vibratoire sur la sensibilité.

Le Théâtre et son double (1938)

Le secret du théâtre dans l’espace c’est la dissonance, le décalage des timbres, et le désenchaînement dialectique de l’expression.

Le Théâtre et son double (1938)

Et ce souffle nous le localisons, nous le répartissons dans des états de contraction et de décontraction combinés. Nous nous servons de notre corps comme d’un crible où passent la volonté et le relâchement de la volonté.

Le Théâtre et son double (1938)

Il assiste à toutes les déroutes de la morale, à toutes les débâcles de la psychologie.

Le Théâtre et son double (1938)

Avant d’en revenir à la culture je considère que le monde a faim, et qu’il ne se soucie pas de la culture; et que c’est artificiellement que l’on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim.

Le Théâtre et son double (1938)

C’est la supériorité et la loi puissante de cet art que son rythme, sa vitesse, son caractère d’éloignement de la vie, son aspect illusoire exigent un criblage serré et l’essentialisation de tous ses éléments.

A propos du cinéma

Pas de basse besogne, pas de manifestations, pas de levées en masse de la crétinisation nationale qui ne trouvent chez vous un exutoire ou un tremplin.

Lettres, à l'administrateur de la Comédie-Française, 21 février 1925

On ne voit plus au loin sur la mer dans la nuit opaque que la voile crayeuse d’un contrebandier.

Scenarii