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Citations de : Anne Barratin

Si l’on y pénétrait, certains coeurs ressembleraient à un champ de bataille après l’action.

De Vous à Moi (1892)

La pudeur s’atténue avec l’âge, comme la timidité, mais où elle a régné, elle laisse la délicatesse.

De Vous à Moi (1892)

On commence à partager quand on aime, pour offrir ensuite sa part avec amour.

De Vous à Moi (1892)

Que de joies seraient à peu près insignifiantes sans le malin plaisir de faire enrager un envieux.

De Vous à Moi (1892)

Une coquette définissait la vieillesse: des printemps accumulés.

De Vous à Moi (1892)

J’aime le parfum qui revient, l’étoile qui reparaît, le regret qui recommence, j’aime tous les serviteurs de la fidélité.

De Vous à Moi (1892)

Douter de l’ami, c’est l’outrager; douter de l’amant, c’est le connaître.

De Vous à Moi (1892)

Si, maître Amour! on apprend le métier d’amoureux.

De Vous à Moi (1892)

Les larmes sont la jeunesse du chagrin.

De Vous à Moi (1892)

La tâche du berger serait bien plus dure sans l’amour de ses moutons.

De Vous à Moi (1892)

Ce qu’il y a de plus beau dans la jeunesse, ce n’est pas ce qu’elle tient, c’est ce qu’elle voit.

De Vous à Moi (1892)

Il y a des phrases qui sentent bon comme des fleurs.

De Vous à Moi (1892)

La jeunesse s’allume à son propre flambeau.

De Vous à Moi (1892)

Les premières feuilles qui tombent semblent y mettre de la coquetterie, comme les premiers cheveux blancs quand ils paraissent.

De Vous à Moi (1892)

Les querelles d’amour: des copeaux pour faire repartir le feu.

De Vous à Moi (1892)

Nul oiseau voyageur ne traverse le ciel aussi vite qu’un élan d’amour.

De Vous à Moi (1892)

On a une louable timidité devant une belle oeuvre d’art; tout en vous attirant, elle vous tient à distance.

De Vous à Moi (1892)

Le sourire est plus intéressant que le rire, il laisse quelque chose à deviner.

De Vous à Moi (1892)

Le mot est le bateau dans lequel l’idée navigue.

De Vous à Moi (1892)

L’amour a besoin de croire, la volupté s’en passe.

De Vous à Moi (1892)

Les extravagances de l’amour ne sont pas une preuve de sa force, mais de son délire.

De Vous à Moi (1892)

Le présent vit entre deux voleurs, le passé et l’avenir.

De Vous à Moi (1892)

Un bonheur peut être vulgaire sans perdre de son charme: c’est un bonheur commun d’avoir dix-huit ans.

De Vous à Moi (1892)

C’est une ivresse d’être mère, une dignité d’être père.

De Vous à Moi (1892)

On se crée des amis comme on fait des dettes, sans en comprendre toute l’importance.

De Vous à Moi (1892)

L’amour qui ne prend pas tout n’est pas de l’amour.

De Vous à Moi (1892)

L’amour n’est économe qu’en se retirant, c’est alors qu’il commence à compter ses baisers.

De Vous à Moi (1892)

Tout dans l’être doit dire «j’aime»: le coeur, les yeux, le geste, tous ces muets charmants dont la bouche n’est que l’interprète.

De Vous à Moi (1892)

Aimer! c’est voir en beau, sentir en large, juger en grand.

De Vous à Moi (1892)

Dangereux dans l’âge mûr, indécent dans la vieillesse, l’amour n’est à sa place qu’au printemps de la vie, à moins qu’ayant commencé alors, il dure.

De Vous à Moi (1892)

L’amour maternel est fait de tout ce qu’il y a de plus délicat dans l’amour, de tout ce qu’il y a de plus tendre dans l’amitié.

De Vous à Moi (1892)

Qu’il y a de caresses dans le mot «j’aime»; de pourpre dans le mot «amour»!

De Vous à Moi (1892)

Avec un certain idéal, on est poète; avec trop d’idéal, on est fou.

Oeuvres postumes

Avoir de l’ordre et l’apprendre aux hommes, c’est les aimer.

Oeuvres postumes

On n’a souvent pas de raison pour aimer; ayons-en pour croire!

Oeuvres postumes

Crois avec amour, aime avec délice, accepte avec pudeur.

Oeuvres postumes

Trop de respect en amour, c’est de l’amour frigorifique.

Oeuvres postumes

Est-ce qu’on prend jamais une femme au mot? La soumission est sans charme; il faut la contradiction à l’amour.

Oeuvres postumes

On ne se connaît vraiment pas, avant d’avoir fait un bridge ensemble.

Oeuvres postumes

C’est savoir aimer que de savoir dire la vérité.

Oeuvres postumes

Faire ce qu’on veut, ce n’est agréable que si quelqu’un veut vous en empêcher.

Oeuvres postumes

On peut détester sans haine, comme on peut aimer sans tendresse.

De Vous à Moi (1892)

L’amour sait plaindre, l’amitié sait guérir.

De Vous à Moi (1892)

Une relation est une fleur que l’on aime à cueillir soi-même.

De Vous à Moi (1892)

Un premier livre est l’enfant de notre coeur, un second est l’enfant de notre esprit, un troisième est l’enfant de notre science.

De Vous à Moi (1892)

L’amitié utilitaire ressemble à l’amour vénal.

Oeuvres postumes

Ne jongle pas avec le bonheur, il se brise.

Oeuvres postumes

L’amour ne jure que pour mentir.

Oeuvres postumes

L’amour sait mieux offrir, l’amitié mieux donner.

Oeuvres postumes

On ne juge ni dans l’amour ni dans la haine.

Oeuvres postumes

L’homme qui aime a le coeur plein d’étincelles, celui qui espère a le coeur plein de parfums.

Oeuvres postumes

L’amitié n’est pas un soleil, c’est une jolie lune qui éclaire surtout le soir de la vie.

Oeuvres postumes

Toutes les vérités s’entraident: la petite s’appuie sur la grande, la grande protège la petite.

De Vous à Moi (1892)

Le blanc n’embellit pas l’innocence, l’innocence embellit le blanc.

De Vous à Moi (1892)

La parure enlaidit souvent, comme l’excuse aggrave.

De Vous à Moi (1892)

On oublie encore son âge, non les égards qui lui sont dus.

De Vous à Moi (1892)

Aimer, c’est donner et désirer donner encore.

Oeuvres posthumes

L’amour irrégulier parlant de constance: le carnaval prêchant l’austérité.

Oeuvres posthumes

Un grand horizon, c’est comme un grand coeur, on devient confiant avec lui.

De Vous à Moi (1892)

Un compliment: un mensonge habillé de velours.

Oeuvres posthumes

On se méprise à coups de compliments: après tout, pourquoi se battre à coups de hache?

De Vous à Moi (1892)

Qu’il est difficile de faire de son coeur malade un pauvre honteux!

De Vous à Moi (1892)

La vanité est de petite taille, mais elle a des talons qui font du bruit.

De Vous à Moi (1892)

L’opinion qu’on a de soi est celle qui change le moins.

De Vous à Moi (1892)

Le blâme se lève matin.

De Vous à Moi (1892)

La suffisance semble engraisser son homme.

De Vous à Moi (1892)

Ne fais payer ton malheur à personne.

De Vous à Moi (1892)

Réussir n’est pas prouver.

De Vous à Moi (1892)

Les larmes ont plus de poésie que d’autorité.

De Vous à Moi (1892)

On demande tout à l’argent: le bonheur, la joie, l’esprit, le plaisir; le meilleur acteur, cependant, ne peut pas jouer tous les rôles.

De Vous à Moi (1892)

Pouvoir n’est qu’un sujet, vouloir est un roi.

De Vous à Moi (1892)

Ils ne sont pas rares, les gens qui ne tentent rien, qui n’essaient rien, qui meurent pudiquement dans leurs belles intentions.

De Vous à Moi (1892)

Honorer est à l’esprit ce qu’aimer est au coeur.

Oeuvres posthumes

Que de sottises du coeur viennent de sa fatigue!

De Vous à Moi (1892)

Charité à part, que c’est petit monde de laisser dire du mal de ses amis devant soi!

De Vous à Moi (1892)

Le vrai courage est calme; la violence n’en est jamais la preuve.

Oeuvres posthumes, Pensées

Etre digne du bonheur donne la patience de l’atteindre.

De Vous à Moi (1892)

Ah! Le bonheur des amis, quelle jolie vague bleue, sur le coeur!

Oeuvres posthumes, Pensées

Donnez à votre générosité un petit air de bonheur, il en doublera le prix.

Oeuvres posthumes, Pensées

La richesse promet plus de moyens d’être heureux qu’elle ne donne de bonheurs.

Oeuvres posthumes, Pensées

La bonté n’a pas de remords, mais elle a des repentirs.

De Vous à Moi (1892)

Il est naturel d’être bon avec les petits, la bonté ne compte qu’avec les égaux.

De Vous à Moi (1892)

Ce qu’on aime dans la bonté, c’est plus que sa main, c’est son regard. Il faut se laisser plus que surprendre par elle, se laisser dévaliser.

De Vous à Moi (1892)

Dans la bêtise on s’arrête rarement en chemin.

De Vous à Moi (1892)

Souvent la bêtise s’en tirerait encore sans les excuses dont elle se sert.

De Vous à Moi (1892)

On peut être gauche sans être naïf, et bon enfant sans être bête.

De Vous à Moi (1892)

Les préjugés marchent en troupeaux, comme les bêtes.

De Vous à Moi (1892)

On est bête d’emblée, et même avec enthousiasme.

De Vous à Moi (1892)

L’esprit a besoin de problèmes, le coeur de secrets.

De Vous à Moi (1892)

Tout besoin d’aimer peut se tromper d’adresse.

De Vous à Moi (1892)

Les fleurs de l’amour sont rouges: est-ce pudeur, honte ou glorification?

De Vous à Moi (1892)

Il y a des intelligences broussailles, les belles fleurs n’y poussent pas.

De Vous à Moi (1892)

Les anciens avaient le culte du beau, nous en avons l’appétit.

De Vous à Moi (1892)

Comme on met le ruban sur le cadeau, Dieu a mis le baiser dans la création.

De Vous à Moi (1892)

Qui ne se croit jolie femme, quand un baiser l’a juré et rejuré?

De Vous à Moi (1892)

L’avare n’a généralement pas d’autre passion: l’avarice lui suffit.

Oeuvres postumes, Pensées

Quand on a peu d’appétit, on trouve facilement les autres gourmands.

Oeuvres posthumes, Pensées

Des airs de langueur: des appétits qui n’osent pas s’avouer.

De Vous à Moi (1892)

Qui compte ses ans de service aspire au repos.

De Vous à Moi (1892)

Les femmes de quarante ans sont les plus audacieuses.

De Vous à Moi (1892)

Jeunes ailes, osez! vous êtes dans l’âge.

De Vous à Moi (1892)

L’innocence provoque plus de respect, le repentir plus d’admiration.

Oeuvres postumes, Pensées

Nos actions ne suivent pas toujours nos paroles: en construisant, l’architecte s’éloigne du plan.

De Vous à Moi (1892)

Il est toujours grave d’affronter les responsabilités; on s’éloigne quelquefois du mariage que l’on a fait, comme l’architecte de la maison qu’il a bâtie.

De Vous à Moi (1892)

Le souvenir fait tous les métiers: il insulte, il caresse, il honore, il blâme.

Oeuvres postumes

L’amour a des jours de tigresse et des heures de gazelle.

De toutes les Paroisses (1913)

Le soin est de l’amour qui veille.

De toutes les Paroisses (1913)

Laisse à la jeunesse ses joies, ses ivresses, ses amours : elle seule sait s’en servir.

De toutes les Paroisses (1913)

Le regard commence l’amour, la voix l’achève.

De toutes les Paroisses (1913)

La jalousie qui vient de l’amour peut s’excuser par sa fièvre.

De toutes les Paroisses (1913)

On a l’amour plus ou moins goulu ; certains amoureux rappellent l’enfant perdu jusqu’au menton dans sa tartine.

De toutes les Paroisses (1913)

L’amour du prochain est le dernier en date de nos amours.

De toutes les Paroisses (1913)

Il est des heures qui semblent être futées tant elles sonnent à propos.

De Vous à Moi (1892)

Aux grands esprits les grandes sottises: revanche!

De Vous à Moi (1892)

On peut savoir et être sot, comme avoir une belle voix et mal chanter.

Ce que je pense

La science de certains maris consiste à savoir consulter leurs femmes.

De Vous à Moi (1892)

Savoir mal, c’est la pire des ignorances.

De Vous à Moi (1892)

La vie rit quelquefois avec nous, mais elle ne plaisante jamais.

De Vous à Moi (1892)

S’il n’y avait eu que des gens gais sur terre, la psychologie serait morte de faim et de soif.

De Vous à Moi (1892)

Il est des gens dont la présence est nécessaire pour qu’on se souvienne d’eux.

De Vous à Moi (1892)

Heureux les poètes car ils peuvent déraisonner impunément.

Oeuvres posthumes

Le piano a beaucoup augmenté la valeur du silence.

De Vous à Moi (1892)

Rêver, c’est prendre l’air dans l’infini.

Chemin faisant (1894)

Penser ! c’est sentir les souffles de la vie nous pénétrer, les horizons se colorer, l’espace nous appartenir, les mondes se grouper autour de nous, les éléments invisibles nous envelopper.

Chemin faisant (1894)

L’expérience est un vieux professeur qui aime moins sa science que son enseignement.

Chemin faisant (1894)

On a de la voix sans portée, comme on a de l’esprit sans autorité.

Chemin faisant (1894)

Les rassasiés sont toujours les plus intolérants.

Chemin faisant (1894)

Il suffit d’un sourire pour nous dévoiler, d’un mot pour nous peindre.

Chemin faisant (1894)

Trois catégories de gens autour de moi, les amis, les chaises louées.

Chemin faisant (1894)

Une femme qui parle de sa vertu cherche à la placer.

Oeuvres posthumes

La vanité est de petite taille mais elle a des talons qui font du bruit.

De Vous à Moi (1892)

Les vacances sont faites pour les gens actifs, mais les paresseux sont les premiers à en prendre.

De Vous à Moi (1892)

Il y a des gens qui n’ont jamais besoin de permissions, ils se les accordent.

De Vous à Moi (1892)

On cherche la paix comme on cherche, souvent, son chemin. En lui tournant le dos.

De Vous à Moi (1892)

On sent souvent dans la patience gigoter l’impatience, comme l’enfant dans ses langes.

Oeuvres posthumes

On peut auprès de certaines gens faire une cure de monotonie: ce n’est pas à dédaigner.

De Vous à Moi (1892)

Le mensonge ne tient debout qu’en s’appuyant sur un autre.

De Vous à Moi (1892)

L’intrigant a du jarret dans l’esprit.

De Vous à Moi (1892)

On recherche les personnes gaies plus qu’on ne les estime.

De Vous à Moi (1892)

Il est difficile de ne pas trop décolleter son esprit, quand il est joli.

Ce que je pense

Les compliments ne font que confirmer ce que nous pensons de nous-mêmes.

De Vous à Moi (1892)

En cherchant à raccommoder une bêtise, tu allonges sa queue.

Oeuvres posthumes

On demande à l’argent le bonheur, la joie, l’esprit, le plaisir; le meilleur acteur cependant ne peut pas jouer tous les rôles.

Ce que je pense

Je m’éloigne des gens encombrés d’amis. Que faire autour d’eux sinon, comme dans les incendies, la chaîne?

Oeuvres posthumes

L’inspiration vient quelquefois à des heures bien gênantes, tel l’enfant qui veut le sein en wagon.

De Vous à Moi (1892)

On en veut à la beauté sotte, comme à une déception.

De Vous à Moi (1892)

Qui accepte le plus doit accepter le moins.

De Vous à Moi (1892)

Les paresseux ne sont pas haineux, la paresse leur suffit.

De Vous à Moi (1892)

Voir le piège n’empêche pas d’y tomber.

De Vous à Moi (1892)

Qui dit prétention, dit disproportion.

De Vous à Moi (1892)

Il faut tenter l’impossible pour savoir où le possible finit.

De Vous à Moi (1892)

Ne prends rien à pleines mains, au nom de la modestie.

De Vous à Moi (1892)

Pour être laide, une femme n’en est pas moins femme; la laideur n’est qu’un accident de route.

De Vous à Moi (1892)

La vie peut toujours faire pire.

De Vous à Moi (1892)

L’esprit petit construit petit, il voit tout en miniature.

De Vous à Moi (1892)

Une tristesse non définie, c’est souvent de l’amour qui cherche.

De toutes les Paroisses (1913)

L’amour est sans rival, ce qui le rend si hardi.

De toutes les Paroisses (1913)

Si l’amour n’avait pas de caprices, comment contenterait-il tous ses clients ?

De toutes les Paroisses (1913)

L’amitié n’aime que ce qu’elle comprend ; l’amour peut aimer ce qu’il ne comprend pas.

De toutes les Paroisses (1913)

L’amoureux implore d’abord la confiance, c’est le prélude.

De toutes les Paroisses (1913)

Une femme peut être aussi profonde qu’un homme, à condition pourtant qu’elle soit revenue de l’amour, de ses jeux et de ses fantaisies.

De toutes les Paroisses (1913)

L’amour ne voit pas, l’amitié ne veut pas voir.

De toutes les Paroisses (1913)

Une seule chose que nous puissions donner sans l’avoir : le bonheur.

Chemin faisant (1894)

Heureux ceux qui conservent jusqu’à l’hiver quelque cigale dans le coeur et dans la voix !

Chemin faisant (1894)

Une tête sans imagination, un arbre sans nid d’oiseau.

Chemin faisant (1894)

L’amitié peut avoir un doux crépuscule ; l’amour ne connaît que le jour ou la nuit.

De toutes les Paroisses (1913)

On ne guérit pas de l’amour, il lui faut sa victime.

De toutes les Paroisses (1913)

Les femmes prennent souvent le chemin de l’amitié dans l’espoir d’y rencontrer l’amour.

De toutes les Paroisses (1913)