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Citations de : André Breton

Ne pas alourdir ses pensées du poids de ses souliers.

Nadja (1928)

Les mots font l’amour.

Les Pas perdus

Les dons les plus précieux de l’esprit ne résistent pas à la perte d’une parcelle d’honneur.

Manifeste du surréalisme (1924)

Les confidences de fous, je passerais ma vie à les provoquer. Ce sont gens d’une honnêteté scrupuleuse, et dont l’innocence n’a d’égale que la mienne.

Manifeste du surréalisme (1924)

Le temps serait venu de faire valoir les idées de la femme aux dépens de celles de l’homme, dont la faillite se consomme assez tumultueusement aujourd’hui.

Arcane 17 (1945)

Le plus beau présent de la vie est la liberté qu’elle vous laisse d’en sortir à votre heure.

Introduction à Jacques Rigaut dans "Anthologie de l'humour noir"

Le merveilleux est toujours beau, n’importe quel merveilleux est beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau.

Manifeste du surréalisme (1924)

La vie est donnée à l’homme avec des séductions comparables à celles que doit offrir aux fourmis la langue du fourmilier.

Première Exposition Dali, préface, 1929.

La poésie n’a de rôle à jouer qu’au-delà de la philosophie.

Les Pas perdus

La beauté sera convulsive ou ne sera pas.

Nadja (1928)

L’oeil existe à l’état sauvage.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

L’imaginaire est ce qui tend à devenir réel.

Le Revolver à cheveux blancs

L’homme, ce rêveur définitif…

Manifeste du surréalisme (1924)

L’homme propose et dispose. Il ne tient qu’à lui de s’appartenir tout entier.

Manifeste du surréalisme (1924)

L’histoire tombe au-dehors comme la neige.

Avis aux lecteurs pour "La Femme 100 têtes" de Max Ernst

L’art à tort tant décrié de brûler la chandelle par les deux bouts …

Les Etats généraux

L’amour est toujours devant vous. Aimez.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule.

Second manifeste du surréalisme (1929)

Je cherche l’or du temps.

Introduction au "Discours sur le peu de réalité"

Il semble que de toutes parts la civilisation bourgeoise se trouve plus inexorablement condamnée du fait de son manque absolu de justification poétique.

Position politique de l'art d'aujourd'hui

Il faut que l’homme passe, avec armes et bagages, du côté de l’homme.

Prolégomènes à un troisième manifeste du Surréalisme ou non

Est-il vrai que l’au-delà, tout l’au-delà soit dans cette vie?

Nadja (1928)

Errez, à vos côtés viendront se fixer les ailes de l’augure.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d’ancêtres.

Second manifeste du surréalisme (1929)

Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout.

Manifeste du surréalisme (1924)

Dis ce qui est dessous, parle…

Les Etats généraux

… coïncidences – Véritables fanaux dans la nuit du sens.

Fata Morgana

Deux mains qui se cherchent c’est assez pour le toit de demain.

Signe ascendant

Chère imagination, ce que j’aime surtout en toi, c’est que tu ne pardonnes pas.

Manifeste du surréalisme (1924)

Ce qu’on cache ne vaut ni plus ni moins que ce qu’on trouve.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.

Manifeste du surréalisme (1924)

C’est par la force des images que, par la suite des temps, pourraient bien s’accomplir les «vraies» révolutions.

Les Nouvelles littéraires, Hommage à Saint-Pol Roux, 1925

C’est l’univers qui doit être interrogé tout d’abord sur l’homme et non l’homme sur l’univers.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

C’est avant tout la poursuite de l’expérience qui importe: la raison suivra toujours, son bandeau phosphorescent sur les yeux.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Aucune vérité ne mérite de demeurer exemplaire.

Les Pas perdus

Aucune règle n’existe, les exemples ne viennent qu’au secours des règles en peine d’exister.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Au grand scandale des uns sous l’oeil à peine moins sévère des autres soulevant son poids d’ailes ta liberté.

Ode à Charles Fourier

Je n’en ai jamais démérité, je n’ai jamais cessé de ne faire qu’un de la chair de l’être que j’aime et de la neige des cimes au soleil levant.

L'Amour fou (1937)

Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n’a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d’haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s’il est mort. Je vis de ce désespoir qui m’enchante.

Le Revolver à cheveux blancs (1932)

Dans les lettres que je reçois d’elle, ce qui me touche le plus, ce pour quoi je donnerais tout le reste, c’est le post-scriptum.

Nadja (1928)

Ils disent – que ne disent-ils pas! – que le monde n’a plus aucune curiosité à donner du côté où nous sommes, ils nous objectent lugubrement que le temps des contes est fini. Fini pour eux!

L'Amour fou (1937)

La recréation, la recoloration perpétuelle du monde dans un seul être, telles qu’elles s’accomplissent par l’amour, éclairent en avant de mille rayons la marche de la terre.

L'Amour fou (1937)

Le fait de nier en amour la persistance du coup de foudre et dans la vie la continuité parfaite de l’impossible et du possible témoignent de la perte de ce que je tiens pour le seul état de grâce.

L'Amour fou (1937)

J’ai trouvé le secret De t’aimer Toujours pour la première fois.

L'Air de l'eau (1934)

Au pied du Teide et sous la garde du plus grand dragonnier du monde la vallée de la Orotava reflète dans un ciel de perle tout le trésor de la vie végétale.

L'Amour fou (1937)

Le 4 octobre dernier, à la fin d’un de ces après-midi tout à fait désoeuvrés et très mornes, comme j’ai le secret d’en passer, je me trouvais rue Lafayette.

Nadja (1928)

L’intraitable manie qui consiste à ramener l’inconnu au connu, au classable, berce les cerveaux.

Manifeste du surréalisme (1924)

A quelques boutiques de là, un choix presque électif se porta pour moi sur une grande cuiller en bois, d’exécution paysanne, mais assez belle, me sembla-t-il, assez hardie de forme …

L'Amour fou (1937)

L’interrogatoire de Michel Henriot avait repris sur ces entrefaites, entraînant assez vite des aveux: c’est lui qui avait tué, il niait seulement le mobile d’intérêt.

L'Amour fou (1937)

Il s’agissait, en l’espèce, d’un poème automatique: tout de premier jet ou si peu s’en fallait qu’il pouvait passer pour tel …

L'Amour fou (1937)

J’ai insisté tout spécialememnt dans les Vases communicants, sur le fait que l’auto-analyse est, à elle seule, dans bien des cas, capable d’épuiser le contenu des rêves.

L'Amour fou (1937)

Ce n’est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l’imagination.

Manifeste du surréalisme (1924)

C’est dans la douce évasion nommée avenir, évasion toujours possible, que se résorbent les astres penchés jusque-là sur notre détresse.

Poisson soluble

Ce que j’ai aimé un jour, que je l’aie gardé ou non, je l’aimerai toujours.

L'Amour fou (1937)

Je ne nie pas que l’amour ait maille à partir avec la vie. Je dis qu’il doit vaincre et pour cela s’être élevé à une telle conscience poétique de lui-même que tout ce qu’il rencontre nécessairement d’hostile se fonde au foyer de sa propre gloire.

L'Amour fou (1937)

Je n’ai jamais cessé de ne faire qu’un de la chair de l’être que j’aime et de la neige des cimes au soleil levant.

L'Amour fou (1937)

Rien ne sert d’être vivant, s’il faut qu’on travaille.

Nadja (1928)

L’amour est toujours devant vous. Aimez!

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Le désir, seul ressort du monde, le désir, seule rigueur que l’homme ait à connaître.

L'Amour fou (1937)

Au départ il ne s’agit pas de comprendre mais bien d’aimer.

Flagrant délit (1949)

La mise en évidence de l’irrationalité immédiate, confondante, de certains événements nécessite la stricte authenticité du document humain qui les enregistre.

L'Amour fou (1937)

La surprise doit être recherchée pour elle-même, inconditionnellement. Elle n’existe que dans l’intrication en un seul objet du naturel et du surnaturel.

L'Amour fou (1937)

Elle va la tête haute, contrairement à tous les autres passants. Si frêle qu’elle se pose à peine en marchant.

Nadja (1928)

Le moindre de mes soucis est de me trouver conséquent avec moi-même…

Les Pas perdus

La pornographie, c’est l’érotisme des autres.

L’acte d’amour et l’acte de poésie sont incompatibles avec la lecture du journal à haute voix.

Picabia fut un des deux ou trois pionniers de ce qu’on a appelé, faute d’un autre mot, l’esprit moderne. Une oeuvre fondée sur la souveraineté du caprice, le refus de suivre, tout entière axée sur la liberté, même de déplaire.

Sur la tombe de Francis Picabia.

L’oeuvre plastique, pour répondre à la nécessité de révision absolue des valeurs réelles sur laquelle aujourd’hui tous les esprits s’accordent, se réfèrera donc à un modèle purement intérieur ou ne sera pas.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Je crois en la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité si l’on peut ainsi dire.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Le problème n’est plus guère de savoir si un tableau tient par exemple dans un champ de blé, mais bien s’il tient à côté du journal de chaque jour, ouvert ou fermé, qui est une jungle.

C’est peut-être l’enfance qui approche le plus de la «vraie vie».

Un mot et tout est sauvé – Un mot et tout est perdu.

Le Revolver à cheveux blancs

Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement.

Second manifeste du surréalisme (1929)

La poésie se fait dans un lit comme l’amour. Ses draps défaits sont l’aurore des choses.

On a dit que je changeais d’homme comme on change de bottines. Passez-moi le luxe, par charité; je ne puis porter éternellement la même paire.

Littérature, Nouvelle série, n° 2, 1er avril 1922.

Le hasard serait la forme de manifestation de la nécessité extérieure qui se fraie un chemin dans l’inconscient humain.

Dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme.

Les accidents du travail, nul ne contredira, sont plus beaux que les mariages de raison.

Bulletin Dada n° 6, matinée du 5 février 1920

C’est d’un élan tout intuitif que j’ai opté en amour pour la forme passionnelle et exclusive.

Arcane 17 (1945)

Ceux qui disent m’avoir connu doivent se tromper. Ils ajoutent même qu’ils m’avaient cru mort.

Littérature, Nouvelle série, n° 2, 1er avril 1922.

Il viendra un jour où les images remplaceront l’homme et celui-ci n’aura plus besoin d’être mais de regarder. Nous ne serons plus des vivants mais des voyants.

Poésie: Les mots font l’amour.

Les Pas perdus

L’Amour, la Poésie, c’est par ce seul ressort que la pensée humaine parviendra à reprendre le large.

Je demande, pour ma part, à être conduit au cimetière dans une voiture de déménagement.

Manifeste du surréalisme (1924)

Tout doit pouvoir être libéré de sa coque … Ne vous croyez pas à l’intérieur d’une caverne, mais à la surface d’un oeuf.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Rien ne sert d’être vivant, s’il faut que l’on travaille.

Nadja (1928)

Rien de ce qui nous entoure ne nous est objet, tout nous est sujet.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Privez-vous. La révélation est fille du refus.

Le Surréalisme et la Peinture (1928)

Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut dire ainsi.

Manifeste du surréalisme (1924)

Je veux qu’on se taise quand on cesse de ressentir.

Manifeste du surréalisme (1924)

Qu’est-ce que l’absence? Une eau calme, limpide, un miroir mouvant.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que le suicide? Plusieurs sonneries assourdissantes.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce qu’un lit? Un éventail vite déplié. Le bruit d’une aile d’oiseau.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que le jour? Une femme qui se baigne nue à la tombée de la nuit.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que la femme? Une étoile dans l’eau.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que les yeux? Le veilleur de nuit dans une usine de parfums.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que l’exaltation? C’est une tache d’huile dans un ruisseau.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que la liberté? Une multitude de points multicolores dans les paupières.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que la beauté? C’est un cri aérien!

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Qu’est-ce que le baiser? Une divagation, tout chavire.

La Révolution surréaliste (1924-1929)

Ma femme aux fesses de grès et d’amiante Ma femme aux fesses de dos de cygne Ma femme aux fesses de printemps Au sexe de glaïeul.

L'Union libre (1931)

Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut ainsi dire.

Manifeste du surréalisme (1924)

Pourquoi n’accorderais-je pas au rêve ce que je refuse parfois à la réalité, soit cette valeur de certitude en elle-même, qui, dans son temps, n’est point exposée à mon désaveu?

Manifeste du surréalisme (1924)

Les aspirations de l’homme à la liberté doivent être maintenues en pouvoir de se recréer sans cesse; c’est pourquoi elle doit être conçue non comme état mais comme force vivre entraînant une progression continuelle.

Arcane 17 (1945)

Servantes de la faiblesse, servantes du bonheur, les femmes abusent de la lumière dans un éclat de rire.

Poisson soluble (1924)

Je rapporte des fruits sauvages, des baies ensoleillées que je lui donne et qui sont entre ses mains des bijoux immenses.

Poisson soluble (1924)

L’aimer, j’y ai songé comme on aime. Mais la moitié d’un citron vert, ses cheveux de rame, l’étourderie des pièges à prendre les bêtes vivantes, je n’ai pu m’en défaire complètement.

Poisson soluble (1924)

Quand je lui dis: «Prends ce verre fumé qui est ma main dans tes mains, voici l’éclipse», elle sourit et plonge dans les mers pour en ramener la branche de corail du sang.

Poisson soluble (1924)

L’écho présent est celui des larmes, et de la beauté propre aux aventures illisibles, aux rêves tronqués.

Poisson soluble (1924)

La nuit est venue tout d’un coup comme une grande rosace de fleurs retournée sur nos têtes.

Poisson soluble (1924)

Dans ses rêves il y a des noyers noirs.

Poisson soluble (1924)

Un château sans signification roulait à la surface de la terre. Près de Dieu le cahier de ce château était ouvert sur un dessin d’ombres, de plumes, d’iris.

Poisson soluble (1924)

Le parc, à cette heure, étendait ses mains blondes au-dessus de la fontaine magique.

Poisson soluble (1924)

Elle est comme le coeur d’une fleur sans coeur.

Nadja (1928)

Il faut être allé au fond de la douleur humaine, en avoir découvert les étranges capacités, pour pouvoir saluer du même don sans limites de soi-même ce qui vaut la peine de vivre.

Arcane 17 (1945)

Sur le plan intellectuel, c’est en me laissant aller au fond de l’ennui qu’il m’est arrivé de rencontrer des solutions insolites, tout à fait hors de recherche à pareil moment et dont certaines m’ont valu des raisons de vivre.

Arcane 17 (1945)

Dans la jungle de la solitude, un beau geste d’éventail peut faire croire à un paradis.

Arcane 17 (1945)

La sympathie qui existe entre deux, entre plusieurs êtres semble bien les mettre sur la voie de solutions qu’ils poursuivraient séparément en vain.

L'Amour fou (1937)

La vie est autre que ce qu’on écrit.

Nadja (1928)

La tentation de retoucher à distance l’expression d’un état émotionnel, faute de pouvoir au présent la revivre, se solde inévitablement par la dissonance et l’échec.

Nadja (1928)

Au sud, dans une anse, l’amour secoue ses cheveux remplis d’ombre et c’est un bateau propice qui circule sur les toits.

Poisson soluble (1924)

La pluie commence à tomber, c’est une grâce éternelle et elle comporte les plus tendres reflets.

Poisson soluble (1924)

Le délire d’interprétation ne commence qu’où l’homme mal préparé prend peur dans cette forêt d’indices.

L'Amour fou (1937)

La nuit est venue, pareille à un saut de carpe à la surface d’une eau violette et les étranges lauriers s’entrelacent un ciel qui descend de la mer.

Poisson soluble (1924)

Tout ce que je sais est que cette substitution de personnes s’arrête à toi, parce que rien ne t’est substituable.

Nadja (1928)

Le mécanisme logique de la phrase se montre à lui seul de plus en plus impuissant, chez l’homme, à déclencher la secousse émotive qui donne réellement quelque prix à sa vie.

Manifeste du surréalisme (1924)

Tourne, sol, et toi, grande nuit, chasse de mon coeur tout ce qui n’est pas la foi en mon étoile nouvelle!

L'Amour fou (1937)

Le sexe de l’homme et celui de la femme ne sont aimantés vers l’autre que moyennant l’introduction entre eux d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes, vrai lâcher d’oiseaux mouches qui seraient allés se faire lisser les plumes jusqu’en enfer.

L'Amour fou (1937)

Ni dynamique, ni statique, la beauté je la vois comme je t’ai vue. Comme j’ai vu ce qui, à l’heure dite et pour un temps dit, dont j’espère et de toute mon âme je crois qu’il se laissera redire, t’accordait à moi.

Nadja (1928)

Si vous vouliez, pour vous je ne serais rien, ou qu’une trace.

Nadja (1928)

Vous êtes issue du seul miroitement de ce qui fut assez tard pour moi l’aboutissement de la poésie à laquelle je m’étais voué dans ma jeunesse, de la poesie que j’ai continué à servir, au mépris de tout ce qui n’est pas elle.

L'Amour fou (1937)

Je vous souhaite d’être follement aimée.

L'Amour fou (1937)

Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte.

Manifeste du surréalisme (1924)

Le coeur humain est beau comme un sismographe.

Nadja (1928)

Le choix initial en amour n’est pas réellement permis dans la mesure même où il tend exceptionnellement à s’imposer, il se produit dans une atmosphère de non-choix.

L'Amour fou (1937)

En te voyant pour la première fois, c’est sans la moindre hésitation que je t’ai reconnue.

Arcane 17 (1945)

Tout porte à croire qu’il existe un point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et l’avenir,le haut et le bas, le communicable et l’incommunicable cesseront d’être perçus contradictoirement.

Manifeste du surréalisme (1924)

Il a fallu que Colomb partît avec des fous pour découvrir l’Amérique. Et voyez comme cette folie a pris corps et durée.

Manifeste du surréalisme (1924)

Je suis menacé (que ne disent-ils pas ? ) d’un rose vif, d’une pluie continuelle ou d’un faux pas sur mes bonds. Ils regardent mes yeux comme des vers luisants s’il fait nuit ou bien ils font quelques pas en moi du côté de l’ombre.

Les Champs magnétiques (1920)

Dans la nuit démente, leurs visages apitoyés témoignaient de la peur d’être compromises.

Poisson soluble (1924)

On lie un fagot de branches enflammées dans le bois et la femme ou la fée qui le charge sur ses épaules paraît voler maintenant, alors que les étoiles couleur champagne s’immobilisent.

Poisson soluble (1924)

Les plantes, autour de lui, vaquaient à leurs occupations, les unes dans les manufactures de soie, les autres dans les étables trayant les chèvres de l’ombre.

Poisson soluble (1924)

Il ne faut jamais avoir pénétré dans un asile pour ne pas savoir qu’on y fait les fous tout comme dans les maisons de correction on fait les bandits.

Nadja (1928)

Le camée Léon, il me suffisait de le fasciner pour qu’il prît les fenêtres béantes par les ouïes et allât les vendre à la criée.

Poisson soluble (1924)

Je toussai plusieurs fois et le train en question glissa à travers des tunnels, endormit des ponts suspendus.

Poisson soluble (1924)

Entre la pluie et moi il a été passé un pacte éblouissant et c’est en souvenir de ce pacte qu’il pleut parfois en plein soleil.

Poisson soluble (1924)

La classe est sur les plus hautes branches du retour, entre les verdiers et les brûlures. C’est l’école buissonnière dans toute son acception.

Poisson soluble (1924)

Un jour pourtant, nous avons ramené de nos expéditions une bague qui sautait de doigt en doigt le danger de la bague ne nous apparut que longtemps après. La bague nous fit beaucoup de mal, avant ce jour où nous la rejetâmes précipitamment.

Poisson soluble (1924)

La terre, sous mes pieds, n’est qu’un immense journal déplié. Parfois une photographie passe, c’est une curiosité quelconque et des fleurs monte uniformément l’odeur, la bonne odeur de l’encre d’imprimerie.

Poisson soluble (1924)

Un jour, on verra deux grandes ailes obscurcir le ciel et il suffira de se laisser étouffer dans l’odeur musquée de partout.

Les Champs magnétiques (1920)

Tu sais que ce soir il y a un crime vert à commettre. Comme tu ne sais rien, mon pauvre ami. Ouvre cette porte toute grande, et dis-toi qu’il fait complètement nuit, que le jour est mort pour la dernière fois.

Les Champs magnétiques (1920)

L’orme mort et le très vert catalpa sont seuls à soupirer dans l’avalanche de lait des étoiles farouches.

Poisson soluble (1924)

Assez de crocodiles là-bas, assez de dents de crocodile sur les cuirasses de guerriers samouraïs, assez de jets d’encre enfin, et des renégats à oeil de cassis, à cheveux de poule !

Poisson soluble (1924)

Un vrai lis élevé à la gloire des astres défait les cuisses de la combustion qui s’éveille et le groupe qu’ils forment s’en va à la découverte du rivage.

Poisson soluble (1924)

Léon changeait l’eau des magnolias. Cette prunelle qui se dilate lentement à la surface du meurtre, prunelle de licorne ou de griffon, m’engageait à me passer de ses services.

Poisson soluble (1924)

Madame de Rosen dormait toujours et ses boucles lilas sur l’oreiller, dans la direction de Romainville, n’étaient plus que des fumées de chemin de fer lointaines.

Poisson soluble (1924)

De bas en haut s’envolaient de grandes guêpes isocèles. La jolie aurore du soir me précédait, les yeux au ciel de mes yeux sans se retourner. Ainsi les navires se couchent dans la tempête d’argent.

Poisson soluble (1924)

J’ai entendu dire dans ma jeunesse que l’odeur du pain chaud est insupportable aux malades mais je répète que les fleurs sentent l’encre d’imprimerie.

Poisson soluble (1924)

Sale nuit, nuit des fleurs, nuit de râles, nuit capiteuse, nuit sourde dont la main est un cerf-volant abject retenu par des fils de tous côtés, des fils noirs, des fils honteux !

Poisson soluble (1924)

Ses prises de courant sur vous, du côté du canal de l’Ourcq, ne sont-elles pas de nature à éloigner la petite voiture de glaces et de nougat qui stationnait sous le viaduc du métropolitain ?

Poisson soluble (1924)

Chacun sait que la tête des dindons est un prisme à sept ou huit faces tout comme le chapeau haut de forme est un prisme à sept ou huit reflets.

Poisson soluble (1924)

Ses regards étaient des serpentins verts et bleus au milieu desquels, mais continuellement brisé, spiralait même un serpentin blanc, comme une faveur spéciale qui m’eû été réservée.

Poisson soluble (1924)

Il n’y avait plus que la mort ingrate qui nous respectait.

Les Champs magnétiques (1920)

La Porte Albinos est là dans l’ombre. Elle efface pas à pas tout ce qui m’épouvante encore et me fait pleurer dans l’éblouissement de ses gongs de feu.

Poisson soluble (1924)

Allez donc parler, me dira-t-on, de la suffisance de l’amour à ceux qu’étreint, leur laissant tout juste le temps de respirer et de dormir, l’implacable nécessité !

L'Amour fou (1937)

Les aspirations de l’homme à la liberté doivent être maintenues en pouvoir de se recréer sans cesse c’est pourquoi elle doit être conçue non comme état mais comme force vivre entraînant une progression continuelle.

Arcane 17 (1945)

De son gilet aux vibrations déterminées jusqu’à la racine de ses moustaches le soleil achevait de décharger ses rondins. Il prononçait des paroles imprudentes, voulant absolument m’ennuyer.

Poisson soluble (1924)

Le pic du Teide à Tenerife est fait des éclairs du petit poignard de plaisir que les jolies femmes de Tolède gardent jour et nuit contre leur sein.

L'Amour fou (1937)

Mon regard, des magnifiques cubes blancs, rouges, verts des primeurs glisse malencontreusement sur le pavé luisant de déchets horribles.

L'Amour fou (1937)

Ah ! descendre les cheveux en bas, les membres à l’abandon dans la blancheur du rapide. De quels cordiaux disposez vous ? J’ai besoin d’une troisième main, comme un oiseau, que les autres n’endorment pas.

Les Champs magnétiques (1920)

Les précipices étaient dépassés, puisque de temps à autre une fleur tombait à côté de lui et qu’il ne se donnait pas la peine de la ramasser.

Poisson soluble (1924)

C’est qu’il s’agit de vivre où la vie est encore capable de provoquer la convulsion ou la conversion générale sans avoir recours à autre chose qu’à la reproduction des phénomènes naturels.

Poisson soluble (1924)

C’est fini, je ne cacherai plus ma honte, je ne serai plus calmé par rien, par moins que rien.

Poisson soluble (1924)

Le camée Léon venait de prendre la parole. Il balançait devant moi son petit plumeau en me parlant à la quatrième personne comme il sied à un valet de son espèce nuageuse.

Poisson soluble (1924)

Un bâtiment est la cloche de nos fuites : la fuite à cinq heures du matin, lorsque la pâleur assaille les belles voyageuses du rapide dans leur lit de fougère, la fuite à une heure de l’après-midi en passant par l’olive du meurtre.

Poisson soluble (1924)

Le paysage de Paris rossignol du monde variait de minute en minute et parmi les cires de ses coiffeurs élançait ses jolis arbres printaniers, pareils à l’inclinaison de l’âme sur l’horizon.

Poisson soluble (1924)

J’étais alors terrorisé par la douceur et le contrat de vigilance qu’avaient voulu me faire signer les amours du pied de table.

Poisson soluble (1924)

Loin de m’abriter les yeux de mon avant-bras, j’étais occupé à nouer de mes lèvres un bouquet de serments que deux jours plus tard je voulais trahir.

Poisson soluble (1924)

Quand une jeune fille, dans une ferme, laisse couler à travers sa chambre l’eau d’une source voisine et que son fiancé vient s’accouder à la barre arquée de sa fenêtre, ils partent eux aussi pour ne plus se retrouver.

L'Année des chapeaux rouges (1922)

Le fumeur met la dernière main à son travail Il cherche l’unité de lui même avec le paysage.

Le Soleil en laisse (1923)

Notre ami Marcel Duchamp est assurément l’homme le plus intelligent et (pour beaucoup) le plus gênant de cette première partie du vingtième siècle.

Anthologie de l'humour noir (1940)

Tout est à faire, tous les moyens doivent être bons à employer pour ruiner les idées de famille, de patrie, de religion.

Second manifeste du surréalisme (1929)