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Citations de : Aimé Césaire

En politique, quand j’entends un de ces grands mots techniques, je me braque, et je cherche toujours quelle infamie ça cache.

Une saison au Congo (1966)

Je me souviens encore de mon ahurissement lorsque, pour la première fois au Québec, j’ai vu à une vitrine de librairie un livre dont le titre était Nous autres nègres blancs d’Amérique.

Discours sur la négritude (1987)

Il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière.

Cahier d'un retour au pays natal (1939)

Il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube.

Nouvelle bonté

Un nègre comique et laid et des femmes derrière moi ricanaient en le regardant. Il était comique et laid, comique et laid pour sûr. J’arborai un grand sourire complice… Ma lâcheté retrouvée !

Cahier d'un retour au pays natal (1939)

Il est certain que tu es un prophète Patrice. Celui qui marche devant et profère. C’est là ta force et ta faiblesse.

Une saison au Congo (1966)

L’Afrique est comme un homme qui, dans le demi-jour se lève, et se découvre assailli des quatre points de l’horizon !

Une saison au Congo (1966), III, 2

Je définis la culture ainsi : c’est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s’accommoder du monde et pour le rendre digne de l’homme.

Interview par Patrice Louis, Magazine Lire, 1 juin 2004

J’ai toujours un espoir parce que je crois en l’homme. C’est peut-être stupide. La voie de l’homme est d’accomplir l’humanité, de prendre conscience de soi-même.

Interview par Patrice Louis, Magazine Lire, 1 juin 2004

Je refuse de désespérer parce que désespérer, c’est refuser la vie. Il faut garder la foi.

Interview par Patrice Louis, Magazine Lire, 1 juin 2004

On a la foi ou on ne l’a pas, mais moi, je refuse de désespérer de l’Afrique. Ce serait refuser d’espérer, tout simplement. C’est enraciné, fondamental.

Interview par Patrice Louis, Magazine Lire, 1 juin 2004

C’est ça, la culture : c’est tout ce que l’homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable.

Interview par Patrice Louis, Magazine Lire, 1 juin 2004

Non, jamais dans la balance de la connaissance, le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant qu’une étincelle de sympathie humaine.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Pour nous, le choix est fait. Nous sommes de ceux qui refusent d’oublier. Nous sommes de ceux qui refusent l’amnésie même comme méthode. Il ne s’agit ni d’intégrisme, ni de fondamentalisme, encore moins de puéril nombrilisme.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Il y a chez nous un proverbe: «L’Etat est un oeuf. Trop serré, il se casse; pas assez, il tombe et se brise.»

Une saison au Congo (1966)

N’y eût-il dans le désert qu’une seule goutte d’eau qui rêve tout bas, dans le désert n’y eût-il qu’une graine volante qui rêve tout haut.

Ferrements (1960), Blanc à remplir sur la carte voyageuse du pollen

Les moralistes n’y peuvent rien. Il y a une loi de déshumanisation progressive en vertu de quoi désormais, à l’ordre du jour de la bourgeoisie, il n’y a, il ne peut y avoir maintenance que la violence, la corruption et la barbarie.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.

Discours sur le Colonialisme (1950)

On te frappe sur la joue droite, tu tends la joue gauche. On te botte la fesse gauche, tu tends la fesse droite; comme ça, pas de jaloux.

Une tempête (1969)

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Aucun contact humain, mais des rapports de domination, et de soumission qui transforment … l’homme indigène en instrument de production.A mon tour de poser une équation.Colonisation = Chosification.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Premier banquier:- C’est foutu. Un gouvernement de traîtres nous brade notre empire.Deuxième banquier:- Ainsi, de l’Indépendance ils ont fixé la date!

Une saison au Congo (1966)

Le mouvement de la négritude affirme la solidarité des noirs de la diaspora avec le monde africain.

La poésie est une insurrection contre la société.

Je suis de la race de ceux qu’on opprime.

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

J’accepte mes origines, mais que vais-je en faire?

J’ai plié la langue française à mon vouloir-dire.

C’est quoi une vie d’homme? C’est le combat de l’ombre et de la lumière

Entretien dans Présence africaine.

Le motif végétal est un motif qui est central chez moi, l’arbre est là. Il est partout, il m’inquiète, il m’intrigue, il me nourrit.

Si vous voulez comprendre ma politique, lisez ma poésie.

Je ne suis pas antifrançais, je suis d’abord martiniquais.

J’habite une blessure sacrée j’habite des ancêtres imaginaires j’habite un vouloir obscur…

Il y a chez moi ce besoin de rugir parce que les antillais, descendants d’esclaves, êtres déchirés, ont été opprimés, dépouillés de notre langue et de notre terre.

Interview.

J’ai eu je garde j’ai le libre choix de mes ennemis.

Moi, laminaire... (1982)

Les voitures, c’est pour les ministres et les députés.Les femmes, c’est pour les députés et les ministres.Le père noël, c’est pour les nègres à monocle.Que le père noël soit pour tous!Voilà comme nous l’entendons, nous, l’indépendance du congo!

Une saison au Congo (1966)

Colonisation: tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation.

Discours sur le Colonialisme (1950)

Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse.

Cahier d'un retour au pays natal (1939)

Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir.

Cahier d'un retour au pays natal (1939)

Son arsenal anti-émeutes… Il a un tas de trucs comme ça: Pour assourdir, pour aveugler, pour faire éternuer, pour faire pleurer…

Une tempête (1969)

La justice écoute aux portes de la beauté.

Moi, laminaire... (1982)

Une conception trop apollinienne ou trop gymnastique de la beauté risque paradoxalement d’empailler ou de durcir le beau.

Sur la poésie

Liberté mon seul pirate.

Cadastre, Batouque

La connaissance poétique est celle où l’homme éclabousse l’objet de toutes ses richesses mobilisées.

Sur la poésie

Il nous reste toujours des terres arbitraires.

Cadastre, Ode à la Guinée